Nouveau Glossaire Genevois, tome 2/2

Part 11

Chapter 113,347 wordsPublic domain

RATASSER, v. a. Signifie: 1º Fouiller, chercher; 2º Chicaner, taquiner, rabâcher, repasser.

RATE, s. f. Souris. _Un nid de rates. Prendre des rates. Avoir un sommeil de rate._ Le _Complément_ du dictionnaire de l'Académie, en enregistrant ce mot, dit qu'il est peu usité. J'ose assurer qu'il est d'un usage journalier en Suisse, en Savoie, en Franche-Comté, dans les Vosges et dans tout le Midi. Nous disons figurément et facétieusement: _Avoir les rates au ventre_, pour signifier: Avoir grand'faim, avoir le ventre qui grouille de faim.

RATE, s. f. Rat, marque blanche, que les écoliers et les gamins font malicieusement sur les habits des passants, au moyen d'un morceau d'étoffe frotté de craie et taillé en forme de rat.

RATE, s. f. Dent de petit enfant, quenottes. _Montre-nous tes petites rates, Fanny. Laisse-toi arracher cette rate qui branle, et nous la mettrons sous le chenet._ Terme vaudois, franc-comtois, limousin, etc. En Languedoc et en Provence on dit: _Ratète_ et _ratounette_.

RATE (FAIRE). Rater, faire faux feu. _Son fusil avait fait rate deux fois de suite._ Ce mot est une onomatopée.

RATE ou RATAQUO, s. f. Réflexion du soleil sur un miroir ou sur un corps quelconque réverbérant. _Faire la rate aux passants. Ces petits polissons nous aveuglaient avec leur rate, avec leur rataquo. Les vitres de ta fenêtre me font la rate._

RÂTE, s. f. _Un mal de râte. Souffrir de la râte._ Prononciation vicieuse du mot «Rate,» dont l'_a_ est bref.

RÂTEAU, s. m. Grille, fermeture, et principalement d'une porte de ville. _Fermer le râteau; ouvrir le râteau; enfoncer le râteau._

RÂTELET DE MOUTON, s. m. Terme de boucherie. Carré de mouton, haut côté. Terme suisse et savoisien.

RÂTELIER, s. m. Terme d'économie domestique. Dressoir, espèce de buffet sans porte, à plusieurs rayons.

† RATENIR, v. a. Retenir. _Ratiens-moi, David, je tombe! Tâche de te ratenir à ce poutre._ Terme vaudois, etc.

RATER, v. n. Se dit des chats, et signifie: Prendre les rats, poursuivre les rats. _Notre chat rate bien._ Les chasseurs le disent aussi des chiens qui s'amusent à poursuivre les rats, au lieu de s'attacher au gibier.

RATIONNER, v. a. Faire la part, donner la ration, mettre à la ration. _Ces garçons ont un si terrible appétit, qu'il faudra véritablement les rationner._

RATIN, s. m. Odeur des rats. _Sentir le ratin._

RÂTISSOIR (UN). Instrument de fer pour râtisser les allées des jardins. _Râtissoir usé, râtissoir démanché._ Ce mot est féminin. Une râtissoire usée, une râtissoire démanchée.

RATOULIVE ou RATOLIVE, s. f. Chauve-souris. Ce mot _ratoulive_ est une contraction des mots _rate-volive_, qui signifient: _Rate volante_, souris qui vole. A Rumilly (Savoie) et en Valais on dit: _rate-volière_; dans le patois vaudois, _ratta volaire_; à Lyon, _rate-volage_; dans le Jura, _ratevolate_; dans les Vosges, _volant-rette_.

RAUFE, s. f. Rotengle, poisson du genre de la tanche.

RAUFÉE, s. f. Algarade, grognerie, gronderie. _Faire une raufée. Recevoir une raufée._

RAUFER, v. a. Gronder, grogner. _Raufer ses domestiques; raufer ses enfants. Son mari ne cesse de la raufer._ Terme suisse-roman. En allemand, _raufen_ signifie: 1º Tirer par les cheveux; 2º Chamailler.

RAUFERIE, s. f. Gronderie, grognerie.

RAUFERIES, s. f. pl. Vieux chiffons, vieilles hardes, objets sales et inutiles.

RAUFIN, FINE, subst. Grognard, celui ou celle qui gronde par habitude ou par caractère.

RAVANTER, v. a. Aveindre, _avanter_ de nouveau. _Tâche de me ravanter mon cerf-volant._

RAVAUDAGE, s. m. Action de _ravauder_, de marchander.

RAVAUDER, v. n. Marchandailler, mésoffrir, offrir d'une marchandise beaucoup moins qu'elle ne vaut.

RAVAUDERIE, s. f. Bagatelle, brimborion. _As-tu payé ton tailleur?--Je ne lui dois plus qu'une ravauderie. Ta mère a-t-elle acheté quelque chose à cette vente publique?--Oui, quelques ravauderies._

RAVAUDEUR, DEUSE, subst. Celui ou celle qui marchandaille, qui aime à marchander, et qui déprécie la marchandise. _Allez, ma mie: je vois bien que vous n'êtes qu'une ravaudeuse, et que vous ne voulez rien m'acheter._ Terme suisse et franc-comtois.

RAVE, s. f. (fig.) Objet de nulle valeur, chose de rien. Se dit des personnes et des choses. _Deux francs à votre fils pour ses étrennes! La belle rave! Vous mariez votre Tiennette à Jean Des Verres? La belle rave de mari que vous lui donnez là!_ On dit de même: _Le beau fusil de rave! La belle campagne de rave!_ etc.

RAVE. Employé adverbialement, ce mot est synonyme de: Néant, rien du tout, non, point du tout. _Tu ne veux pas ces_ _pommes pour ton goûter?... Eh bien, rave_, c'est-à-dire: Eh bien, tu t'en passeras, tu n'auras rien autre. Terme vaudois. On dit quelquefois dans le même sens: _Une rave_. _Père, mère, prête-moi les tenailles.--Une rave_, c'est-à-dire: Tu ne les auras pas.

RAVE, s. f. Nous disons proverbialement: _Remettre à quelqu'un ses raves dans le sac_, pour: Lui rétorquer ses arguments, lui prouver son erreur ou son ignorance, le réduire à se taire.

RAVÉ, ÉE, adj. Terme des campagnards. Cassant, qui se casse facilement. _Une branche ravée_, est une branche pourrie, et que le moindre effort, le moindre ébranlement pourrait casser.

RAVOIR (S'EN). Revenir de sa surprise, se remettre d'un grand étonnement. _Vous me racontez là une chose si curieuse et si extraordinaire, que je ne puis m'en ravoir._ En français, «se ravoir» signifie: Se calmer, reprendre ses forces.

RAVONNET, s. m. Radis, sorte de petite rave. _Une liasse de ravonnets._ Terme suisse-roman.

RAYER, v. a. _Rayer un écolier_, signifie: Lui rayer son papier, le lui régler. _Viens ici, Fanny, je te rayerai, afin que tu écrives droit. Notre petit Eugène écrit déjà sans se rayer._ Dites: Sans régler son papier.

REBÂCHER, v. a. Rabâcher, répéter souvent et inutilement la même chose.

REBÂCHEUR, CHEUSE. Rabâcheur, rabâcheuse.

REBARBARATIF, IVE, adj. Rébarbatif, rude, rebutant, repoussant. _Visage rebarbaratif, figure rebarbarative._ Terme français populaire.

REBATTE, s. f. Meule d'un pressoir à huile ou à fruit. Terme savoisien. En patois, _rebatta_ signifie: Rouler, et _rebat_, rouleau.

REBATTE, s. f. Ressac, action des vagues battant contre un mur ou un rocher, et retournant violemment vers le large. Dans le vieux français, _rebattre_ avait le sens de: Répercuter, réverbérer, et _rebattement_ signifiait: Répercussion.

REBÉQUER ou REBECQUER, v. n. Se dit des aliments et signifie: Être antipathique, dégoûter, soulever le cœur. _Les choux me rebecquent. Le fromage rebecque à beaucoup de personnes._

REBIOLON, s. m. Seconde pousse des choux, seconde pousse de la vigne. Terme suisse-roman.

REBLOCHON, REBLOSSON ou REBLAICHON, s. m. Sorte de fromage de Savoie.

REBOUILLER ou RABOUILLER, v. a. Remuer, ravauder, farfouiller. _Rebouiller un tiroir, rebouiller un pupitre. Il a l'estomac rebouillé._ Terme vaudois, fribourgeois, berrichon, etc. Nos campagnards appellent _rabouillé-beuze_, le bouzier, sorte d'insecte volant qui vit de préférence dans la bouze (en patois, _la beuze_).

REBOURRÉE, s. f. Accueil dur, rebuffade. _Faire une rebourrée. Recevoir une rebourrée._

REBOURRER, v. a. _Rebourrer quelqu'un_, c'est: L'accueillir avec des paroles dures, le maltraiter en paroles, le rembarrer.

RECAFFÉE ou REKIAFFÉE, s. f. Gros éclat de rire, éclat de rire très-bruyant, forcé et commun. _Faire des recaffées. De ce groupe de bonnes d'enfants et de domestiques sortaient, par intervalles, d'énormes recaffées. Riez, si cela vous plaît, mesdemoiselles, mais ne faites pas des recaffées._

RECAFFER, v. n. Faire de gros éclats de rire.

RECAPER (SE), v. pron. Terme des campagnards. Se dit des femmes et signifie: Se recoiffer, se requinquer. L'opposé de ce verbe est (en patois), _se décapà_. R. _cape_, manteau, etc.

RECHANGE (À), loc. adv. À tour de rôle, tour à tour. _Va à pied, je monterai sur le mulet, et nous ferons à rechange._

RECHANGER (SE), v. récipr. Se relayer, se relever l'un l'autre. _Pour monter jusqu'à la cime du Jura, Mme N** prit quatre porteurs qui se rechangeaient._ Terme franc-comtois, etc.

RECHAT, s. m. Terme des campagnards. Repas donné aux ouvriers à la fin d'un travail fait en commun. Dans le canton de Vaud on dit: _Ressat_. _Faire le ressat._

RECHIEN ou RECHEIN, s. m. Mauvais accueil, répartie dure, affront, rebuffade. _Faire un rechien. Il m'a fait un rechien et une regauffrée de mâlevie._ Dans le vieux français, _rechin_ est un adjectif qui signifie: Triste, mélancolique, de mauvaise humeur. «Rechigner» est français.

RECHIGNÉE, s. f. Rechignement, action de rechigner. _Faire une rechignée._ Voyez RECHIEN.

RECHINCHÉE, s. f. Prise de tabac.

RECHUTER, v. n. Avoir une rechute, faire une rechute, retomber, être attaqué de nouveau d'une maladie dont on paraissait guéri. _Tu le croyais au-dessus, mais il a rechuté. S'il rechute encore, c'est fait de lui._ Terme suisse-roman et méridional.

RECORDAIN, s. m. Terme des campagnards. Deuxième regain. En latin, _cordum_ ou _fenum cordum_ veut dire: Regain.

RECOU, s. m. Terme patois. Regain, deuxième coupe du foin.

Quand il pleut à la mi-oû Y a (prou) raves et prou recou.

RECOUVERT, ERTE, partic. Recouvré, récupéré. _La maison de commerce N** a recouvert, en trois ans, les sommes qu'elle avait perdues._ Dites: Elle a recouvré. Dites aussi: Un tel a recouvré son crédit. Mme Z** pourra recouvrer une partie de l'héritage.

RECRÉER, v. a. Réjouir, divertir. _Cette promenade vous a-t-elle un peu recréé?_ Écrivez et prononcez avec trois accents: «Récréé.» Le verbe «Recréer» (_re_ sans accent) est français, mais avec une autre signification.

RÉCRÉPIR UN MUR. Dites: Crépir un mur. Voltaire, en se servant du mot _récrépir_, dans le passage suivant, le souligne. «M. le curé, vous savez que j'ai _récrépi_ à mes dépens l'église du Tilloi.» [_Lettre à M. de l'Écluse_, dans les _Facéties_.] «Recrépir» est français, dans le sens de: «Crépir de nouveau.»

RÉCRÉPISSAGE, s. m. Crépissure, crépi. _Dans notre pays les récrépissages faits avant le milieu de mai ne sont pas solides._

† RECTAL, adv. Recta, ponctuellement, avec régularité. _Valentin est un homme qui paie rectal._

† RECTALEMENT, adv. Recta, ponctuellement.

RECUITE, s. f. Masse de lait caillé qu'on tire du petit-lait bouilli.

RÉCURAGE, s. m. Second écurage.

REDASSE, s. f. Draine, espèce de grive plus grosse deux fois que l'ordinaire, et la moins délicate de toutes. Au figuré redasse se dit injurieusement d'une femme maigre et sèche. _Cette redasse, cette vieille redasse n'a-t-elle pas encore des prétentions!_ Terme vaudois. En provençal, _radasso_ signifie: 1º Une rossinante; 2º Une vieille et mauvaise bête de somme.

REDIT, s. m. Ne s'emploie guère que dans cette expression: _Les dits et les redits_, c'est-à-dire: Les cancans. _Avec ces dits et ces redits, on ne manquera pas de brouiller toute la famille._ Terme bordelais, etc.

REDONDER, v. n. Ressauter, rebondir. _Regarde cette paume, Albin, comme elle redonde!_ Le verbe redonder se trouve dans les dictionnaires, mais avec une signification différente.

REDOUX, s. m. Dégel, retour d'une température plus douce après quelques jours de gelée. _Le baromètre descend, nous allons avoir du redoux_, c'est-à-dire: Il va dégeler. Terme vaudois et savoisien.

RÉDUIRE, v. a. Serrer, resserrer, enfermer en lieu convenable, ôter de devant les yeux. _Réduire la vaisselle; réduire le relavage; réduire des vêtements; réduire des outils. Le mauvais temps peut arriver quand il voudra, ma récolte est toute réduite. Nous étions tous réduits avant minuit_, c'est-à-dire: Avant minuit nous étions tous rentrés dans nos maisons. Terme consacré en Suisse et en Savoie. R. _reducere_, remettre en place, replacer. En Languedoc, au lieu de _réduire_, on dit: _Conduire_. _Conduisez ce pain. Conduisez cette bouteille et ces verres._

REFAIRE, v. a. Nous disons figurément et proverbialement d'une chose qu'on nous présente comme avantageuse, mais qui en effet ne l'est pas: _Cela ne me refait pas la taille._ On dit en français: Cela ne me rend pas la jambe mieux faite. [ACAD.]

REFAIT, FAITE, part. Nous disons ironiquement, à l'occasion d'un mécompte, d'un contre-temps, d'un désagrément qui nous arrive: _Me voilà bien refait!_ c'est-à-dire: Me voilà bien avancé! Me voilà mis dans de beaux draps! _Te voilà bien refait, Théodore, de chicaner ton petit frère: il t'a égratigné et tu saignes._ Terme languedocien, etc.

REFALLOIR, v. imp. Falloir de nouveau. _Tu as acheté trop peu d'étoffe; il t'en refaut une demi-aune. Notre provision de fascines touche à sa fin: il en refaudra un demi-cent._

REFENTE, s. f. _Un mur de refente._ Terme français populaire. Dites: Un mur de refend.

REFIER (SE), v. pron. Se fier, compter sur. _Il se refie trop sur sa mémoire. Ne vous refiez pas sur cet homme._

RÉFLÉCHIR, v. actif. Ce verbe est neutre. Ne dites donc pas: _J'ai réfléchi une chose_. Dites: J'ai réfléchi À une chose; j'ai réfléchi À un moyen de tout arranger, etc.

REFONFONNER ou REFONFOUNER, v. n. Reprendre dans la cafetière, dans le pot, dans la marmite, etc. _Gouillarde que tu es! Après avoir bu tes deux écuelles, tu refonfounes encore._ On donne aussi à ce verbe le sens de: Mettre de l'eau sur le marc de café, dans une bouteille de vin, etc.

REFRÂCHAIS, s. m. Terme d'agriculture. Refroissis, récolte faite sur des jachères. Terre que l'on fait porter une troisième année.

RÉFROIDIR, v. a. La prononciation de réfroidir, avec accent sur l'_é_, est habituelle chez nous. Il faut écrire et prononcer: «REfroidir.»

REFROUGNÉ, ÉE, adj. _Mine refrougnée; visage refrougné._ Le mot français est: Refrogné. Visage refrogné.

REGAILLARDIR, v. a. Ragaillardir, remettra en bonne humeur, remettre en gaîté. _Cette bonne nouvelle les avait tous regaillardis._ Français populaire et vieux français.

RÉGALE, s. fém. Régal, régalade, festin, gala. _Faire une régale; faire une superbe régale._ Ce terme appartient à l'ancienne langue française; mais il était alors du genre masculin (un régale). Voyez la 1re édition du dictionnaire de l'Académie [1698].

REGAUFFRÉE, s. f. Gronderie, paroles de dépit, rebuffade. _Faire une regauffrée à quelqu'un; recevoir une regauffrée._ Dans le canton de Vaud, on dit: _Regauffée_.

RÉGLET, s. m. Terme de calligraphie. Transparent. _Écrire avec un réglet. Se passer de réglet._ Terme méridional.

RÉGITRE, s. m. Écrivez sans accent sur l'_e_, «Regître» ou «Registre.»

RÉGLEUSE, s. f. Terme de la fabrique d'horlogerie. Ouvrière dont la profession est de régler les montres. _À Genève, une habile régleuse peut gagner jusqu'à huit francs par jour._

REGLISSE, s. f. Écrivez et prononcez: «Réglisse.» De la réglisse. La réglisse est adoucissante.

REGORGE (À), loc. adv. Excessivement, à satiété, jusqu'au rassasiement. _Manger à regorge. Avoir des écus à regorge._

REGRETTER, v. a. Dans notre langage: _Regretter une chose à quelqu'un_, signifie: La lui envier, être fâché, être triste de voir qu'il en est le possesseur. _Chacun lui regrette cette aubaine. Ne regrettez pas cette jeune et jolie femme à ce vieux barbon, c'est une pouine, une diablesse._ Expression méridionale.

REGROLLAGE, s. m. Raccommodage de vieux souliers.

REGROLLER, v. a. Raccommoder grossièrement de vieux souliers. _Grolle_, dans notre langage, signifie: «Savate.»

† REGUINGOTTE, s. f. Redingote. _J'acheta cette reguingotte à l'encan._ Terme dauphinois, rouchi, etc.

† RÉGULIARITÉ, s. f. Régularité. Le mot _réguliarité_ appartient au vieux français, et on l'emploie encore dans diverses provinces du nord de la France.

REINE, s. f. Nous appelons _la reine du bal_ celle des danseuses dont la beauté ou la grâce y est le plus remarquée. En France, la reine du bal, c'est la personne pour qui se donne le bal.

REJICLÉE, s. f. Éclaboussure, rejaillissement. En Dauphiné et en Languedoc, on dit: _Un rejiscle_.

REJICLER, v. a. et n. Éclabousser, faire rejaillir. _L'eau lui rejicla dessus. Fais donc attention, Gaspard: ne vois-tu_ _pas que tu me rejicles?_ Terme suisse-roman, savoisien et méridional.

RELÂCHER LE VENTRE. Lâcher le ventre.

RELATIONNÉ, ÉE, adj. Se dit de celui ou de celle qui a des relations. _L'établissement que vient de fonder Mr Z** ne peut manquer de réussir, car c'est un jeune homme actif, intelligent et bien relationné._

RELAVAGE, s. m. Lavage de la vaisselle après le repas.

RELAVER, v. a. Laver la vaisselle après le repas. Terme vaudois, neuchâtelois, lorrain, wallon, etc.

RELAVURES, s. f. pl. Lavure, eau grasse qui provient du lavage de la vaisselle.

RELEVER, v. a. Terme de lingère. Reprendre. _Relever une maille à un bas._ Expression dauphinoise, etc.

RELEVER, v. a. Saisir, prendre en contravention. _Le garde champêtre de la commune a relevé un chasseur qui foulait du blé noir. À la campagne les enfants se font souvent relever par les gardes._ [P. G.]

RELEVER (S'EN), v. pron. En relever, se rétablir, en parlant d'un malade. _On ne croit pas que notre cousine s'en relève._ Dites: On ne croit pas que notre cousine EN relève.

RELIQUAT, s. m. On prononce _relika_.

RELOIN, adv. Ne s'emploie que dans cette expression très-familière: _Il est loin et reloin_, c'est-à-dire: Il est parti, il est depuis longtemps parti.

RELUCHER, v. a. Reluquer, lorgner attentivement et du coin de l'œil. _Relucher de belles pêches, relucher de beaux raisins._ Dans notre langage, _relucher une demoiselle_, c'est: La regarder avec un tendre intérêt, et chercher à attirer son attention.

REMAGNONS, s. m. pl. Reste d'aliment, vieux reste de fricot. Terme vaudois. Dans notre patois, _remagni_ veut dire: Rester. R. lat. _remanêre_.

REMAIGRIR, v. n. _Ton beau-père avait repris un peu d'embonpoint, mais le voilà qui remaigrit._ Dites: «Ramaigrit.» L'infinitif est: «Ramaigrir.»

REMARQUER À QUELQU'UN. Dites: Faire remarquer à quelqu'un, lui faire observer. _Je vous remarquerai que_, est un barbarisme.

REMBOURS, s. m. Remboursement. Terme suisse, parisien populaire et vieux français.

REMERCIER POUR. Remercier de. _Remerciez votre oncle pour toute la peine qu'il s'est donnée._

REMÉMORIER (SE), v. pron. Se remémorer. _Tâche de te remémorier une partie de ce beau discours._ Français populaire.

REMOLLION, s. m. (_ll_ mouillés.) Terme de lessiveuse, se dit essentiellement du linge de couleur et des vêtements de laine qui ne se coulent pas au _lissu_. _Madame a-t-elle préparé les remollions? Y a-t-il beaucoup de remollions? Le remollion n'est pas encore compté._ R. _remouiller_.

REMOLLION, s. m. (_ll_ mouillés.) Réveillon, lendemain de noces; petit repas que l'on fait après un autre plus grand.

REMONTANT (UN). Un stimulant, une chose qui ranime et fortifie soit le corps, soit l'esprit. _Pour beaucoup d'estomacs, un verre de bon vin est un remontant. L'arrivée de son père tirera notre jeune écolier de son apathie, et lui donnera un peu de remontant._

REMONTER, v. a. Ravigoter, raviver, redonner des forces, remettre en meilleur état. _Un petit verre de curaçao les a tous réjouis et remontés. Ce petit legs a remonté cette pauvre famille. Cinq cents francs remonteraient bien votre fermier._ Terme méridional, etc. Les dictionnaires disent: «Remonter le courage, remonter l'imagination,» et rien de plus. A Genève, ce verbe _remonter_ a des significations plus étendues.

REMOUCHÉE, s. f. Remontrance sévère, algarade. _Faire une remouchée._ En provençal: _Remouchinado_.

REMOUCHER, v. a. (fig.) Gourmander, rabattre le caquet, réprimander sévèrement, rembarrer. _Il voulait élever la voix, mais son bourgeois l'a remouché._ Terme neuchâtelois, etc. En lorrain, _moucher quelqu'un_ signifie: Le battre, l'étriller; et dans le patois du bas Limousin, _moutsa_, s. m., veut dire: Un soufflet, une mornifle.

REMUER, v. n. Déménager, changer d'appartement. _Quand remuez-vous, voisin?--Je remue après Pâques._ Terme suisse-roman, savoisien et lyonnais. Dans le Limousin, à Bordeaux et en d'autres endroits du midi de la France, on dit: _Se remuer_. _C'est demain qu'il se remue_ (c'est demain qu'il déménage). En vieux français, _remuer_, v. n., signifiait: Changer.

REMUEUR, s. m. Déménageur. _Les remueurs sont payés quatre à cinq francs par jour. Tous les Genevois connaissent le joli conte des Remueurs, de Gaudy._

RENAILLER, v. n. Renarder, vomir après une orgie.

RENARDS, s. m. pl. (fig.) Vomissements d'un homme ivre. _Faire les renards_, vomir après une orgie. Dans le français populaire, on dit en ce même sens: _Écorcher le renard_.

RENASQUER, v. n. Regimber, refuser, récalcitrer, renâcler, faire quelque chose en rechignant. _Tu as beau renasquer, mon pauvre Alfred, il faudra bien que tu en passes par là._ Terme vieux français, admis dans la 1re édition du dictionnaire de l'Académie [1694], mais rejetée depuis.

† RENCONTRE (UN). _Tu n'as payé ce bois de lit que trois francs; c'est un bon rencontre. Dis-voir, Guillaume, tu me viendras ce tantôt au rencontre._ Ce mot, qui est aujourd'hui du genre féminin, était autrefois des deux genres.

RENCONTRER (SE), v. pron. Être, se trouver, se rendre dans quelque endroit. _M'étant rencontré là par hasard, je_ _prêtai main-forte au gendarme. Tâche de te rencontrer sur la Treille à midi précis. Il se rencontra tout à point un honnête paysan qui nous hébergea._ Expression vaudoise et méridionale.

RENDEMENT, s. m. _Rendement de compte._ Reddition de compte. [P. G.]

RENETTE, s. f. Écrivez et prononcez: Rainette ou Reinette. Pomme rainette ou pomme reinette. En vieux français, _raine_ signifie: «Grenouille.» Or les pommes rainettes sont tachetées comme les grenouilles.

RENEVIER, IÈRE, adj. Terme des campagnards. Économe, ménager, qui tient en réserve. _Comment donc! à Pâques il vous offrait encore des raisins!--Oui, sans doute, parce qu'il est renevier, lui, et qu'il conserve quand les autres prodiguent._ Dans le patois vaudois, _Renevei_ veut dire: Prêteur sur gages, usurier, accapareur. Chez nous ce terme ne se prend qu'en bonne part, mais il est peu répandu. Dans le patois dauphinois, _renevie_ signifie: Regrattier, revendeur.

† RENFORCIR, v. a. Enforcir, renforcer, donner des forces. _Les bains d'Arve ont renforci notre garçon._ Terme parisien populaire et vieux français.

RENFROGNÉ, ÉE, adj. _Visage renfrogné._ Dites: Refrogné.

RENITENT, ENTE, adj. et subst. Mutin, récalcitrant. _Faire le renitent. Punir les renitents. Gare aux renitents!_ Expression remarquable, fort usitée à Genève, mais inconnue en France, quoique recueillie par Boiste, etc. Dans le dialecte des environs de Valenciennes, _renicter_ signifie: Trouver des difficultés où il n'y en a pas. R. lat. _reniti_.

RENONCE, s. f. Rassasiement, dégoût. _Boire à renonce. On menait une vie de chanoine; on avait du vin à renonce_, c'est-à-dire: On en avait à gogo et jusqu'à n'en plus vouloir.

RENONCER, v. a. Se dégoûter de, prendre en dégoût. _Notre André est un brave garçon qui ne renonce jamais le travail._ Expression des campagnards.