Nouveau Glossaire Genevois, tome 1/2

Part 17

Chapter 173,339 wordsPublic domain

ÉTRAMER, v. a. Terme des campagnards. Serrer, renfermer, abriter, mettre à couvert. En vieux français, _estran_ signifie: Couverture de paille, chaume. En Picardie, en Normandie, en Franche-Comté et en Lorraine, _étrain_ a le même sens. R. _stramen_.

ÉTRANGER, v. actif. Surfaire. _Étranger les Anglais, étranger les voyageurs._ «Étranger,» v. a., est français, mais dans une autre acception.

ÉTRANGER, s. m. Pays étranger. _Vivre dans l'étranger; s'établir dans l'étranger; il s'est marié dans l'étranger._ Les dictionnaires disent: «À l'étranger.» Passer À l'étranger.

ÊTRE, v. auxil. Ce verbe est mal employé dans les phrases suivantes: _Quatre et quatre sont huit; sept et sept sont quatorze_. Dites: Quatre et quatre FONT huit; sept et sept FONT quatorze.

ÊTRE, v. auxil. _C'est incroyable les belles vaches qu'il y avait à la foire de Nyon. C'est immense le nombre des curieux qui entourait l'escamoteur._ Construction claire, simple, concise, mais qui ne soutiendrait pas l'examen grammatical.

ÉTRET, ÉTRETTE, adj. C'est ainsi que nos campagnards prononcent les mots «Étroit, Étroite»: prononciation qui était encore usitée en France au milieu du dix-huitième siècle. Le grammairien Féraud, qui vivait à cette époque, dit positivement: «On écrit Étroit, mais l'on prononce indifféremment _étroit_ ou _étret_.»

ÉTRILLÉE, s. f. Rossée, volée de coups.

† ÉTROICEUR, s. f. Étroitesse. _L'étroiceur d'une planche; l'étroiceur d'un passage_, etc. Terme vieux français. Le dictionnaire de Cotgrave écrit: _Estroisseur_.

† ÉTROICIR, v. a. Étrécir. _Étroicir un gilet, étroicir une manche d'habit_, etc. Terme franc-comtois, bordelais et vieux français. Par une opposition bizarre, la langue française dit: «Étroit» et «Étrécir,» tandis que nos campagnards disent: _Étrait_ et _Étroicir_.

ÉTROUBLES, s. f. pl. Éteules ou esteubles, chaume; ce qui reste sur la terre du tuyau des épis après la moisson. _Tourner les étroubles._ Terme connu dans le Berry. Figurément: _Être dans les étroubles_, signifie: 1º Être dans l'embarras, être perplexe, s'embrouiller dans un discours; 2º En parlant des choses: Avoir disparu, être égaré, être perdu. _Ton canif, Joseph, a donc passé par les étroubles._ En Normandie, _étoubles_, et en vieux français, _estoubles_, signifient: Chaume nouveau. L'ancien _Glossaire_ pense que le mot _étroubles_ est formé, par contraction, des deux mots _eaux troubles_. Étymologie inadmissible.

† EUX, pron. pers. _Eux_ est mis pour «lui» dans la phrase suivante et phrases analogues, qui sont familières aux gamins. _Dis-moi, enfant, où va ce petit garçon qui pleure?--M'sieu, il s'est donné un coup à la tête, et il se rentourne chez eusse (chez eux)._

† ÉVALANCHE, s. f. Avalanche. ÉVALANCHER, v. n. S'ébouler.

ÉVEILLON, s. m. Soufflet, mornifle, coup qui _réveille_. _Il lui flanqua un éveillon qui le fit taire._ A Neuchâtel on dit: _Un réveillon_.

ÉVENTAIRE, s. m. Inventaire. _On fit l'éventaire de la petite commode et du placard._ Terme parisien populaire.

ÉVITATION, s. f. _En évitation de frais._ Terme consacré. Dites: Pour éviter des frais.

ÉVITER, v. a. _Éviter une peine à quelqu'un, éviter un embarras à un ami, s'éviter un souci_, ne sont pas des expressions correctes. Dans ces phrases et les analogues, il faut se servir du mot «Épargner.» Épargnez-moi ce travail; épargnez-lui cette course; épargne-toi cette peine; épargnons-leur cette confusion.

ÉVOUATER ou ÉVOUÉTER, v. a. Terme des campagnards. Grappiller.

EXCROC, s. m. Écrivez «escroc,» et prononcez _escrô_.

EXCROQUER, v. a. Escroquer.

EXCOFFIER, v. a. Escoffier, tuer, faire disparaître.

EXCUSE, s. f. _Demander excuse. Je vous demande excuse. Demande-moi excuse, Louisa._ Ces phrases ne sont pas correctes, quoique fort usitées en Suisse et ailleurs. Dites: Demander pardon; je vous demande pardon; ou dites: Faire des excuses; je vous demande de m'excuser; je vous prie de m'excuser.

EXERCICE, s. m. Nous disons: _Prendre de l'exercice_. On dit en français: «Faire de l'exercice.» «Vu son embonpoint, il faut qu'il fasse de l'exercice.» [PICARD, _Le Collatéral_, IV, I.]

† EXERCICE (UNE). _Le caporal Gandinaud est aux arrêts pour avoir manqué la première exercice._ Ce mot est masculin.

EXPÉDIER (S'), v. pron. Se dépêcher, se hâter, accélérer. _Expédions-nous, Messieurs, l'heure approche._

† EXPRÈS (PAR), adv. Exprès. _Tu m'as rejiclé de la gouille, Urbain, et tu y as fait par exprès._ Français populaire.

EXTERMINER, v. a. Battre à outrance. _Il se jeta sur l'agresseur, et l'extermina de coups._ «Exterminer» est français, mais dans des acceptions différentes.

EXTRAIT DE BAPTÊME, s. m. Extrait baptistaire.

EXTRAVAGUÉ, GUÉE, s. Extravagant, extravagante. _Ne va pas couriater avec tes cousins, petite extravaguée._

F

FAÇON, s. f. _Faites de façon à ce que l'affaire marche promptement. De façon à ce que..._ est une expression incorrecte. Il faut dire: De façon que, de manière que.

FAC-SIMIL, s. m. Prononciation et orthographe vicieuses du mot «fac-simile,» lequel se prononce «_fac-similé_.»

FAÏASSE ou FAYASSE, s. f. et adj. Femme qui se fait remarquer par une mise étrange, par un accoutrement bizarre et même choquant, et dont elle semble satisfaite. _Quel air faïasse! Quelle tournure faïasse! Une vieille faïasse. Se mettre comme une faïasse; avoir l'air d'une faïasse._ Dans le dialecte rouchi on dit: _Fouïasse_. Voyez FÂYE.

FAIBLER, v. n. Faiblir, céder. _La poutre commençait à faibler; elle faiblait; elle a faiblé; elle faiblera._ Terme très-connu des artisans.

† FAIGNIANT, s. et adj. Orthographe et prononciation vicieuses du mot «Fainéant.» _C'est un faigniant; c'est une faigniante._ Français populaire.

FAIGNIANTISE, s. f. Fainéantise.

FAILLI-FAILLETTE (À). _Jouer à failli-faillette_, jouer à coup faillant, jouer à coup failli.

FAIRE, v. a. _Faire plusieurs maîtres_, se dit des domestiques qui changent souvent de condition. _Elle a fait six maîtres en deux ans._ Nous disons pareillement: _Faire plusieurs domestiques_, pour: Changer plusieurs fois de domestiques: expressions qui appartiennent aux dialectes du Midi. En Dauphiné, et ailleurs sans doute, on dit dans le même sens: _Cet enfant a fait plusieurs nourrices_.

FAIRE, v. a. _Il fait son homme d'importance; elle fait sa grande dame; ne fais pas ton rodomont._ Dites avec les dictionnaires: Il fait l'homme d'importance; elle fait la grande dame; ne fais pas le rodomont.

FAIRE À UN JEU. _Faire à colin-maillard; faire à barre; faire à passe-Jean_, etc. Fautes suisses et méridionales. Les dictionnaires disent: Jouer à un jeu; jouer à colin-maillard, jouer aux barres, etc.

FAIRE BON DE. _Il fait bon de connaître son monde; il fait bon de boire frais en été; il fait bon en hiver de travailler dans une chambre chaude._ Dites: Il EST bon de connaître son monde; il EST agréable de boire frais en été; ou dites, en retranchant la préposition _de_: Il fait bon connaître son monde, il fait bon boire frais en été, etc.

FAIRE CHERCHER. Envoyer chercher, appeler. _Qu'on fasse chercher le médecin; qu'on fasse chercher le notaire_, etc. Dites: Qu'on appelle, qu'on envoie chercher le médecin, le notaire, le confesseur, etc. Germanisme qu'on retrouve en Lorraine et sans doute ailleurs.

FAIRE DANS. _Ce marchand fait dans les draps; Francillon fait dans les spiritueux; Antoine fait dans les denrées coloniales._ Dites: Ce marchand fait le commerce des draps; Francillon fait le commerce des spiritueux, etc.

FAIRE DEMANDER. Envoyer savoir. _J'ai fait demander de vos nouvelles. A-t-on fait demander des nouvelles de mon beau-frère?_ Locution de la Suisse romane.

FAIRE LES CARTES. Mêler les cartes. En France, «faire les cartes» signifie: Donner. [ACAD.]

FAIRE TENIR. Assujettir, consolider. _Faire tenir une patère; faire tenir un contrevent_, etc. Terme suisse-roman.

FAIRE (À). Affaire. _Il s'aperçut bien vite qu'il avait à faire à un fripon._ Écrivez en un seul mot: Affaire. «Avoir affaire à un fripon.»

FAIRE (À). _Avoir à faire_, avoir des affaires. _Qu'on ne reçoive personne ce matin, car j'ai beaucoup à faire._ Expression fort répandue, mais que le bon usage n'a pas consacrée. Il faut dire: J'ai beaucoup d'affaires, je suis occupé.

FAIRE (S'EN). _Je croyais m'en tirer avec cent sous, je m'en suis fait pour quinze francs._ Dites: J'ai dû y mettre quinze francs. _Dans un seul dîner, il s'en firent chacun pour dix francs_, c'est-à-dire: Un seul dîner coûta à chacun d'eux dix francs. Expression méridionale, etc.

FAISANT, ANTE, adj. Agissant, actif, qui met la main à tout. _Je vous recommande notre Pernette, c'est une domestique très-fesante._

FAJOLE et FAJULE, s. f. Terme des campagnards. Haricot. On dit à Lyon: _Fiageole_; à Cambray, _fageole_; dans le Faucigny, _fajoule_ et _fajole_; en vieux français, _fasol_. R. _phaseolus_. Voyez FAVIOLE.

FALET, adj. masc. Rouan. Se dit des chevaux dont le poil est mêlé de blanc, de gris et de bai.

† FALLOIR, v. impers. _Il faudrait mieux_ (il vaudrait mieux). _Il faudrait mieux se taire que de parler aussi sottement._ Français populaire. Plus populairement encore, quelques-uns disent: _Il fadrait; il fadrait mieux_.

FALOT, s. m. Lanterne. _Allumez votre falot, Isaline, et partons._ En Français, on appelle «falot» une grande lanterne faite de toile, et que l'on porte d'ordinaire au bout d'un bâton.

FAMEUSEMENT, adv. Très, fort, extrêmement. _Il resta fameusement capot. Nous eûmes tous fameusement peur._ Français populaire.

FAMINER, v. n. Avoir grand faim. _Ces pauvres enfants faminaient._ Expression très-adoptable.

† FANTÔME (UNE). Une femme ridicule, folle, _folache_. _Sa fantôme de cousine n'était pas faite pour nous attirer. La Louison est toujours mise comme une fantôme._ Le peuple de Lyon donne aussi à ce mot le genre féminin. _Il crut voir une fantôme._

FANTÔMERIE, s. f. Enfantillage, billevesée.

FAQUINER, v. n. Faire le faquin.

† FARÂ, s. f. Voyez FÉRA.

FARATTE, s. f. Se dit d'une femme indiscrète, épilogueuse, bavarde, tatillonne, marchandailleuse, _barbouillonne_ enfin. _N'ayez rien à faire avec la Michaude: c'est une faratte._

FARATTER, v. n. Faire la _faratte_. Voyez ce mot.

† FARBALA, s. m. Falbala. _Une robe à grands farbalas._ Terme lyonnais, rouchi, etc.

FARCE, adj. Bouffon, plaisant, facétieux. _Un comédien farce, une actrice farce. Voilà qui est farce._ Français populaire.

FARCELLE, s. f. Faisselle, sorte de plat criblé de trous pour égoutter les fromages. Terme vaudois. Dans notre patois on dit, suivant les localités: _Farcela_, _faikala_, _facel-lă_ et _făchó-lă_. Dans le Jura on dit: _Fachalle_; dans le Berry, _fachelle_.

FARCEMENT, s. m. Terme culinaire. Farce, chou farci avec des épinards, des châtaignes et des raisins secs. A Lausanne et à Neuchâtel on dit: _Farçon_; en Languedoc et en Provence: _farsun_.

FARCEMENT, adv. Drôlement, plaisamment. _L'affaire se termina farcement. Il joua ce rôle assez farcement._

FARÇONNETTES, s. f. pl. Laitues farcies.

FARET, s. m. Mèche d'une lampe ou d'une chandelle. _Couper le faret._ Terme vaudois, savoisien et dauphinois. _Faret_, au sens figuré, se dit d'une personne maigre, malade, et dont la vie semble près de s'éteindre. _Un tel n'a plus que le faret._ On le dit aussi d'une étoffe qui n'a que l'apparence. _Cette étoffe n'a que le faret._

FARETTES, s. f. pl. _Faire ses farettes_, signifie: Réussir, faire bien ses affaires, faire ses orges.

FARFOUINER, v. a. Farfouiller. _Farfouiner des livres; farfouiner une armoire._

FASCINE, s. f. Sorte de gros fagot destiné au foyer, falourde. _Une centaine de belles fascines coûte environ vingt-sept francs._ Terme suisse-roman et savoisien. A Bordeaux, on dit: _Faissonnat_; dans le patois de l'évêché de Bâle et dans le patois lorrain, _faichin_.

FASTES, s. f. pl. «Il travaille pour dérouler à ses concitoyens les _fastes_ glorieuses de leurs annales.» [_Journal de Genève_, janvier 1833.] Ce mot est du genre masculin. «Fastes glorieux, fastes brillants.»

FATRASSER (SE), v. pr. S'accoutrer, s'affubler, se fagoter. En vieux français, _fatrasser_, v. n., a ce même sens. [Voyez ROQUEFORT, _Glossaire roman_, t. I, p. 577.]

FAÜLAY, FAÜLET et FEULET, s. m. Terme des campagnards. Tourbillon, vent _follet_, qui fait tournoyer la poussière et autres corps légers, et les élève fort haut en colonne. Dans le Berry on dit: _Foulot_.

FAUTE, s. f. Besoin, nécessité naturelle. _Avoir faute._ Terme berrichon, etc. Chez les campagnards, _avoir faute d'une chose_, signifie: En avoir besoin. _D'ei fauta d'eună robă_ (j'ai besoin d'une robe). _Attache ce sac, Jean-Pierre.--Non, il n'y a pas faute._

FAUTIF, IVE, adj. Coupable. _Ne persiste pas à nier, et avoue que tu es fautif._

FAUX, s. m. _Avoir du faux_, c'est: Vouloir paraître plus qu'on n'est, plus riche surtout, et d'un rang plus élevé. _Les parvenus sont d'ordinaire pleins de faux. Notre jeune tailleuse était charmante avant son mariage: elle a pris dès lors beaucoup de faux. Avoir du faux_ et «être faux» sont deux choses très-différentes. On méprise et on fuit les gens qui sont faux. On rit de ceux qui _ont du faux_, on s'en amuse quelquefois: le plus souvent on les regarde en pitié.

FAUX CLAIR, s. m. Terme des tonneliers. Vin au bas, baissière, ripopée.

FAUX FIL, s. m. _Passer un faux fil_, faufiler.

† FAVETTE, s. f. _Un nid de favettes._ Terme vieux français. Dans le patois lorrain on dit: _Fâvatte_. En français: «Fauvette.»

FAVIOLE, s. f. Haricot. _Faviole à bouquets._ Terme suisse-roman et franc-comtois. En vieux français, _favouille_ signifie: Petite fève. Au sens figuré, _faviole_ ou _favioule_ se disent d'un sot, d'un nigaud, d'un niais qui ajoute foi à toutes les sornettes, à tous les contes qui se débitent. _Oh! la faviole, qui ne voit pas qu'on se moque de lui!_

FAVIOLON, s. m. Graine de haricot.

FAYARD, s. m. (Prononcez _faïard_.) Hêtre. _Du bois de fayard. Un moule de fayard._ Terme suisse-roman, savoisien et méridional. Boiste et Gattel ont recueilli ce terme, en indiquant que c'est un provincialisme. A Neuchâtel on dit: _Foyard_; on le dit aussi dans l'évêché de Bâle, en Franche-Comté et dans le Berry.

FAYASSE, s. f. Voyez FAÏASSE.

FÂYE, s. f. Femme qui veut se singulariser par une mise bizarre, par un accoutrement choquant et ridicule, et dont elle semble tirer vanité. _Pense-t-elle, cette vieille fâye, qu'on la remarque? Avouez, Rosine, que votre jeune maîtresse s'habille quelquefois comme une fâye. Il n'y a qu'une fâye qui puisse mettre autant de fleurs voyantes à son chapeau._ En patois, _fâye_ veut dire: Fée, sorcière.

FÂYES (LES), s. f. pl. Les brandons, les _alouilles_.

FELIN, s. m. Entrailles, fiel. _Ils se mangeaient le felin_; c'est-à-dire: Ils se querellaient vivement.

FELOGNE, s. f. Felougne, grande chélidoine, plante.

FÉMELIN, INE, adj. Frêle, délicat, qui a un tempérament de femme. _Visage fémelin; voix fémeline. Votre neveu est trop fémelin pour devenir jamais un soldat._ Terme vaudois, savoisien et vieux français.

FENALET, s. m. Sorte de pierre fort dure, excellente pour bâtir, et qui se tire des rochers de Meillerie. _Un mur en fenalet._

FENDANT, adj. m. Un raisin _fendant_ est celui qui se _fend_ sous la dent, celui dont la gousse reste adhérente à la pulpe lorsqu'on le mange. L'opposé de raisin _fendant_ est raisin _rafeux_.

FEND-L'AIR, s. m. Cheval qui fend l'air, coursier.

FENER, v. n. Faner, tourner et retourner l'herbe d'un pré fauché, pour la faire sécher. _Les dames elles-mêmes fenaient à côté des ouvrières._ Terme suisse-roman et français populaire. _Féner_, avec un accent sur l'_e_, se trouve dans quelques dictionnaires.

FENEUR, FENEUSE, s. Faneur, faneuse. _On invita les feneuses à ce bal champêtre._ Terme français populaire.

FENICULES, s. f. pl. Follicules de séné.

FENIÈRE, s. f. Fenil, grenier dans lequel on serre le foin. Terme méridional et vieux français.

FÉRÂ, s. f. Poisson qui est propre à notre lac. _Une belle férâ pèse jusqu'à trois livres._ On appelle _férâ du travers_, celle que l'on pêche sur le travers, c'est-à-dire, sur le banc de sable qui coupe le lac près de Genève, entre Cologny et Sécheron. De Saussure fait le mot _férâ_ masculin. [_Voyage dans les Alpes_, t. 1er, p. 16.]

FÉRÂ, s. f. Au sens figuré ce mot signifie: «Le cœur.» _Dis voir, Christophe, la vue de cette exécution (1850) ne t'a-t-elle pas diantrement remué la férâ?_ Nous disons proverbialement de deux personnes qui se querellent à outrance: _Elles se mangent le foie et la férâ_.

FERLATER, v. a. _Du vin ferlaté._ Terme méridional. A Paris le peuple dit: _Farlaté_. Le mot français est: «Frelaté.»

FERMATURE, s. f. Fermeture.

FERMENTE, s. f. Ferrure, garniture de fer. _La fermente d'un buffet._ Terme suisse-roman. En Dauphiné et en Languedoc on dit: _Féramente_.

FERMENTER, v. n. _Le foin fermente._ Dites: Le foin sue.

FERRATAILLE, s. f. Vieille ferraille, fer inutile et rouillé. Terme savoisien.

FERRON, s. m. Petit traîneau _ferré_, à l'usage des jeunes garçons, pour glisser sur la neige ou sur la glace. _Aller en ferron. Tomber de ferron._

FERRONNEUR, s. m. Celui qui va en _ferron_.

FERTIER ou MARCHAND FERTIER, s. m. Ferronnier, marchand de fer. Terme vaudois et savoisien. On dit à Lyon: _Ferratier_.

FÊTE À DIEU, s. f. Fête-Dieu.

FEU (LE). _Jouer au feu._ Ce jeu d'enfant est appelé en France: «Jeu du moulin.»

FEU, s. m. Hêtre, fayard. _Feu_ se dit au village de Veirier, à Monetier et lieux circonvoisins. En Languedoc on dit: _Fâou_; en vieux français, _fau_.

FEUILLE, s. f. Feuillet, deux pages d'un livre. _Distrait dans ma lecture, je tournai deux feuilles à la fois._

FEVROTTER, v. n. Avoir la fièvre. Ce verbe n'est employé, je crois, que dans ce proverbe des campagnards: _Se fevry ne fevrotte, mâr marmotte_. «Si février ne tremble pas la fièvre,» c'est-à-dire: Si les rigueurs du froid ne tombent pas sur le mois de février, «c'est mars qui en souffre,» c'est-à-dire: Les rigueurs tombent sur le mois de mars. Voici le proverbe vaudois: _Se févrai ne févrotte, mar vein ke to debliotte_ (mars vient qui _déblotte_ et détruit tout). Voyez DÉBLOTTER, p. 137.

FIBRE (UN). _Fibres délicats; fibres tendus; longs fibres._ Solécisme fréquent, qui nous vient du vieux français, où ce mot était masculin. Au milieu du dix-huitième siècle, le grammairien Féraud faisait encore _fibre_ masculin.

FICHAISE, s. f. Terme trivial. Chose de peu d'importance, bagatelle, vétille, niaiserie. _La belle fichaise! Dire des fichaises._ Français populaire.

FICHIMASSER, v. n. Terme trivial. Vétiller, s'amuser à des bagatelles. Français populaire.

FIDÉS, s. f. pl. _Des fidés blanches, des fidés jaunes._ Terme suisse-roman et savoisien. Le mot français est: «Vermicelle.» En gênois on dit: _Fidei_; en languedocien, _fidêou_. Le mot espagnol _fideos_ veut dire: Corde de luth. R. latin, _fides_.

FIELLEUX, EUSE, adj. Atrabilaire, rancunier, haineux, froidement méchant, vindicatif. _Un homme fielleux; un caractère fielleux._ Terme fort expressif, qui manque dans l'Académie et même dans Boiste (6e édition). Mr Bescherelle lui donne un sens qu'il n'a pas chez nous.

FIERTE, adj. fém. Fière. _Tu fais bien la fierte, Marion. Tu es fierte de ton joli bonnet à dentelle._ Terme fort usité à Carouge et qui n'est pas inconnu dans les autres cantons de la Suisse romane.

FI ET FAIT ou FIEFFET, adj. masc. _Un fieffet menteur; un fi et fait bandit._ Écrivez «Fieffé,» et prononcez la dernière syllabe comme celle du mot _étouffé_.

FIÈVRE DES VEAUX, s. f. Tremblement, frisson après le repas. L'expression française est: «Fièvre DE veau. Avoir la fièvre DE veau.»

FIFRER, v. a. (fig.) Avaler, dévorer, dissiper. _Il a fifré six verres de vin de suite. Ce jeune homme a fifré tout son bien._ [P. G.] Quelques-uns disent: _Fifer_.

FIGÂCE, s. f. Galette, gâteau plat fait de fleur de farine. _Figâce aux pommes, figâce aux prunes_, etc. Dans le midi de la France on dit: _Fougasse_; en Bourgogne, _fouace_, terme recueilli par les dictionnaires.

FIGEAU, adj. masc. Penaud, consterné, pris, attrapé, dupé. _Être figeau._ On dit aussi: _Fligeau_.

FIGER (SE), v. pron. (fig.) Rester immobile d'étonnement, être stupéfait.

FIGUETTE, s. f. Fiole, flacon.

FIGURE, s. f. _Se laver la figure. Avoir la figure mâchurée. Il reçut un coup de poing à la figure._ Dans ces exemples et les analogues, employez le mot «Visage.» Se laver le visage; recevoir un coup au visage, etc.

FIGURER (SE). _Il se figure de pouvoir réussir._ Retranchez la préposition et dites: «Il se figure pouvoir réussir.»

FIL, s. m. Main, vrille. _Les fils de la vigne; les fils des fraisiers._ Terme dauphinois et languedocien.

FIL, s. m. (fig.) _Le fil de la langue. On ne lui a, certes, pas coupé le fil de la langue._ Le mot français est: «Filet.» Le filet de la langue.

FIL, s. m. _Parler à fil._ Se dit d'un babillard, et signifie: Avoir un flux de bouche, bavarder.

FILAGRAMME, s. m. Filigrane, ouvrage d'orfévrerie en filets à jour. Français populaire.

FILÉE, s. f. Longue file. _Une filée de voitures; une filée de chambres. Sur ce propos il lui lâcha une filée de sottises. On voyait une filée considérable de promeneurs monter le Pas de l'Échelle._

FILER, v. a. (fig.) Nous disons proverbialement d'un homme dont la santé, ou les affaires, ou la réputation déclinent: _Il file un mauvais coton._ Tous les dictionnaires disent: «Il jette un mauvais coton.»

FILET DE CHEVAL, s. m. Le mot français est: Émouchette.

FILIÈRE, s. f. Terme de maçon. Brancard pour porter les pierres.

FILLASSE, s. f. (_ll_ mouillés.) Signifie: 1º Une fille de mœurs irrégulières; 2º Une grande et grosse fille dégingandée et débraillée. Terme méridional.

FILLE DE CHAMBRE. On dit aujourd'hui: Femme de chambre.

FILLERET, s. m. (_ll_ mouillés.) Dameret, damoiseau.

FILLEULE ou FILLOLE, s. f. (_ll_ mouillés.) Terme de jardinier. Bouture, œilleton pris au pied des artichauts. _Lever des filleules._ Expression méridionale. Dans le canton de Vaud on dit: _Filleuse_; dans le Berry, et ailleurs sans doute, on dit: _Fille_ (_des filles d'artichaut_).

FILLIOL, FILLIOLE, s. Filleul, filleule. _Il nous montrait d'un air satisfait la page d'écriture de son filliol._ Terme vieux français et français populaire. Dans le dialecte parisien on dit: _Fillot_.

FILOCHER, v. a. Faire de la filoche ou du filet. _Un fichu filoché. Elle apprenait à son jeune garçon à filocher._ Terme utile et bien fait.

FILS (LE). _As-tu rencontré le fils Bazoche depuis son retour?... Et le fils Meytral, l'as-tu vu?_ Cette expression triviale doit se remplacer par celle-ci: As-tu rencontré Bazoche le fils? As-tu vu Meytral le fils? Mais on peut dire: La mère Bazoche, le père Meytral, etc.

† FINITION, s. f. Fin, dénouement, achèvement, conclusion. _La finition du procès._

FISTE, s. f. Foi. Ne s'emploie que dans cette exclamation: _Ma fiste! Par ma fiste!_ Terme provençal.