Chroniques de J. Froissart, tome 06/13

Part 41

Chapter 414,012 wordsPublic domain

Or se quidièrent retraire chil chevalier de Navarre et de Normendie deviers le penon dou captal, et riens ne savoient de se prise. Si commencièrent petit à petit à reculler, en escriant: «Nostre Damme! Navarre!», et moult bien se combatoient. Mès quant il virent qu’il en avoient perdu le veue et le ressort et que leurs gens se desroutoient et fuioient et n’ooient mès crier leur cri, mès: «Nostre Damme! Claiequin!», et veoient les bannierres des Franchois venteler sour les camps et tout premierement celle de monsigneur Bertran Claiekin, si se coummenchièrent à esbahir et à desconfire et à retraire vers le bois pour venir à leurs chevaux. Mès li plus des garchons qui les gardoient, quant il virent le desconfiture sus leurs mestres, il se partirent et sauvèrent et en menèrent plentet de leurs males et de leurs harnas, et se retraissent deviers une fortrèce que on nomme d’Akegni, qui estoit navaroise.

Quant li bascles de Maruel vit le desconfiture sus ses gens, il ne daigna fuir, mès s’aresta et requeilla ce de gens qu’il peult avoir, chevaliers et escuiers, qui ne le veurent mies laissier. Là se combatirent moult longement et moult vaillamment, et y fissent, au voir dire, merveilles d’armes; mès finablement il furent desconfit, et li bascles de Maruel, chils hardis chevaliers, mors sus le place, et pris messires Pières de Saquenville, messires Joffrois de Roussellon, messires Bertrans dou Franc, et tout li autre; petit s’en sauvèrent qu’il ne fuissent tout mort ou pris. Ceste bataille fu assés priès de Coceriel en Normendie, le quatorzime jour de may l’an mil trois cens soissante quatre. Fºs 131 vº et 132.

P. 127, l. 15: toueil.--_Mss. A 8, 15 à 17_: touillis, toulleis.

P. 127, l. 16: sievir.--_Mss. A 8, 15 à 17_: suir.

P. 128, l. 14: besongnoit.--_Mss. A 8, 15 à 17_: estoit besoing.

P. 128, l. 20: ensus.--_Mss. A 8, 15_: arrière. Fº 249.

P. 129, l. 2 et 3: commença.--_Le ms. A 17 ajoute_: mourut ce jour des coups que monseigneur Olivier de Mauny lui donna, lui estant prisonnier d’un sien escuier breton dessoubz monseigneur Bertran du Guesclin. Fº 315 vº.

P. 129, l. 6: se embati si avant.--_Ms. A 8_: se combaty si vaillanment. Fº 249.--_Ms. A 17_: ala tousjours avant comme vaillant chevalier que il estoit.

P. 129, l. 11: Loeis.--_Ms. A 15_: Jehan. Fº 273.

P. 129, l. 17 et 18: dures gens mervilleusement.--_Mss. A 15 à 17_: bonnes gens d’armes durement.

P. 129, l. 22: très le.--_Ms. A 8_: dès le.--_Mss. A 15 à 17_: du.

P. 129, l. 24: Les François.--_Le ms. A 17 ajoute_: et les Bretons.

P. 129, l. 32: bascles.--_Mss. A 15 à 17_: bascon.

P. 130, l. 2: Jeuiel.--_Le ms. A 15 ajoute_: De laquèle mort l’escuier de Bretaingne qui l’avoit prins fut durement courrocié, car il en eust eu voluntiers cent mille frans. Et vous di que ce vaillant chevalier, monseigneur Jehan Jouel, avoit fait mettre et entaillier lettres entour son bacinet qui disoient ainsi: «Qui Jehan Jouel prandra cent mille frans aura, et autant lui en demourra pour s’armer que s’amie lui donrra.» Fº 273.

P. 130, l. 5: aultre.--_Le ms. B 6 ajoute_: Oncques nuls n’en escapa. Tout furent mors ou pris, et rapassèrent che soir les Franchois l’aige, et vinrent logier à Pasci et à Vernon, et l’endemain à Roem. Fº 634.

P. 130, l. 8: seizime.--_Mss. A_: vingt quatrième.

§ =522=. Apriès.--_Ms. d’Amiens_: Apriès celle desconfiture et que tout il mort estoient desvesti et que chacuns entendoit à ses prisonniers, s’il les avoit, et que là li moitiés des leurs et plus avoient rapasset l’aighe et rapassoient pour yaux retraire à leurs logeis, car il estoient durement lasset et foullet de combattre et ossi pour le calleur qu’il avoit fait ce jour, avint que, sus le vespre, environ quarante lanches des Navarois vinrent tout à brochant, et riens ne savoient de le desconfiture, mès quidoient que li leur ewissent le journée pour yaux. Si venoient esperonnant moult radement, en escriant: «Nostre Damme! Navarre!»

Quant messires Ainmenion de Pummiers, qui estoit à l’arrière garde, les perchupt venir, il s’aresta tous quoys, et fist arester ses gens et mettre son pennon en un buisson et yaux tenir en bon couvenant, les espées et les haces devant yaux. Evous venus ces Navarois au cours des esperons, et entrèrent au camp où li bataille avoit estet. Si perchurent tantost que li leur estoient desconfit, et conneurent le pennon monsigneur Ainmenion de Pumiers. Si n’eurent mie consseil dou demourer, mès se traissent au plus tost qu’il peurent, sans lanchier ne ferir ne riens faire d’armes. Depuis ni eut point d’aparant que nulx se traisist avant pour combattre, ne [pour] rescoure le captal ne les autres qui estoient pris. Si rapassèrent li Francois le rivierre, et se logièrent celle nuit seloncq le rivierre et se aisièrent de chou qu’il eurent. Ce propre soir, mourut messires Jehans Jeuiel des plaies qu’il avoit.

Quant ce vint au matin, li signeur de Franche donnèrent par les bons hommes dou pays des mors à ensevelir. Et puis cevaucièrent par deviers Vrenon pour venir deviers Roem. S’en menoient leur gaaing et leur prisonniers, tous joyans, c’estoit bien raisons, car il avoient euv une moult belle journée pour yaux et moult pourfitable pour le royaumme; car, se li contraires ewist esté, li captaux de Beus ewist fait un grant escart en Franche et avoit empris de venir à Rains au devant dou duc de Normendie, qui y estoit venus pour lui faire courounner et consacrer, et la duçoise sa femme ossi, fille qui fu à monsigneur Pière, le duc de Bourgoingne. Fº 132 vº.

P. 130, l. 12: qui les avoit.--_Ms. B 4 et mss. A_: se il les avoit.

P. 130, l. 20: Konces.--_Mss. A_: Conches.

P. 130, l. 28: les grans eslais.--_Ms. A 6_: des esperons. Fº 251 vº.--_Mss. A 8, 15_: les grans galoz. Fº 149 vº.--_Ms. B 3_: les lances baissées. Fº 262 vº.

P. 131, l. 3: la friente.--_Ms. B 3_: la force.--_Ms. A 8_: l’effroy des chevaux.--_Mss. A 15 à 17_: la frainte des chevaulx. Fº 273 vº.

P. 131, l. 13: ralloiier.--_Mss. A 8, 15 à 17_: rassembler.

P. 132, l. 13: joiant.--_Mss. A_: joieux.

P. 132, l. 17: escars.--_Ms. B 3_: eschec. Fº 263.--_Ms. B 4_: estat. Fº 250.--_Mss. A_: essart.

§ =523=. Ces nouvelles.--_Ms. d’Amiens_: Ces nouvelles s’espardirent en pluisseurs lieux que li captaux de Beus estoit pris et toutte se routte ruée jus. Si en acquist messire Bertran de Claiequin grant grasce et grant renommée de touttes mannierrez de gens dou royaumme de Franche, et ossi tout li chevalier qui avoecq lui avoient esté. Si vinrent les nouvelles jusques au ducq de Normendie qui estoit à Rains: si en fu durement joians et en regracia Dieu humblement, quant en se nouvelleté une si belle aventure d’armez estoit avenue à ses gens. Si en fu de tant la feste plus noble et plus lie.

Che fu le jour de le Trenité l’an mil trois cens soissante quatre que li roys Carles, ainnés filx dou roy Jehan de Franche, fu courounnés et consacrez à roy en le grant eglise de Nostre Damme de Rains, et ossi madamme la roynne, sa femme, de l’arcevesque reverend père en Dieu monsigneur Jehan de Craam, arcevesque de Rains. Là furent li roys de Cippre, li dus d’Ango, li dus de Bourgoingne, frère germain au dessus dit roy de Franche, et messires Wincelans de Boesme, dus de Luxembourcq et de Braibant, leur oncles, et grant fuisson de comtes, de barons et de tous autres chevaliers et de prelas et d’arcevesques et d’evesques. Si furent les festez et les solempnitez grandes. Et dounna li roys de Franche grans dons et biaux jewiaux as seigneurs estragniers et là où il le tenoit à bien emploiiet.

Si furent de tout en tout ces festez et ces solemnités bien poursiewies et bien achievées. Et demoura li jone roys de Franche et madamme la roynne, sa femme, cinq jours en le chité de Rains. Si se partirent li dus de Braibant et aucun signeur qui prissent congiet à lui, et s’en revinrent viers leurs maisons. Et li jones roys Carles de Franche et madamme la roynne se retraissent à petittes journées et à grans reviaux et esbatemens deviers Paris. Et vinrent à Laon, et de Laon à Soissons, et puis à Compiègne, et puis à Senlis et puis à Saint Denis. Et partout estoient il recheu liement et honnerablement, et par especial, quant il entrèrent en le chité de Paris, che fu à très grant solempnité.

Je ne vous puis mies recorder les dons, les presens, les esbatemens et les reviaux qui furent fais, dounnet et presentet à le nouvelleté dou roy, mès m’en vorray briefment passer. Voirs est que, à le revenue dou roy, messires Bertrans de Claiequin vint à Paris, et li sires de Biaugeu, li comtes d’Auchoire, messires Loeis de Calon, messires Thieubaux de Chantemelle, messires Oudars de Renti et li chevalier qui avoient esté à le besoingne de Koceriel. Se le vit li roys Carles moult volentiers, et les rechupt liement, et festia chascun par li et par especial monsigneur Bertran de Claiequin et les chevaliers de Gascoingne, monsigneur Ainmenion de Pumiers et les autres, car li vois alloit que par yaulx avoit esté li bataille desconfite et li captaux pris. Fº 132 vº.

P. 133, l. 2: plus liet et plus joiant.--_Mss. A 8, 15_: plus liées et plus joyeuses. Fº 250.

P. 133, l. 14 et 15: Wedimont.--_Mss. A 8, 15_: Vaudemont.

P. 133, l. 15: d’Alençon.--_Le ms. A 15 ajoute_: arcevesque de Rouen. Fº 274. Mauvaise leçon.

P. 134, l. 5 et 6: car... couronnement.--_Mss. A 15_: car monseigneur de Labreth n’avoit point esté à la besongne, mais ses gens y furent, mais il avoit esté à Reins au couronnement du roy Charles.

§ =524=. A le revenue.--_Ms. d’Amiens_: Assés tost apriès le revenue dou roy Carle de Franche à Paris, fu ordonnés et denommez, presens les pers et les barons dou royaumme qui à chou furent appiellet, messires Phelippez, mainnés frèrez dou roy, dus de Bourgoingne. Et se parti de Paris à grans gens, et en vint prendre le possession de la ditte duché, et prist le foy et hoummage des barons, des chevaliers, des chités, des castiaux et des bonnes villes de Bourgoingne. Si estoient avoecq lui li sires de Biaugeu, qui s’apelloit messires Anthonnez, messires Phelippez de Bourgoingne, messires Loeis de Chalon, li Arceprestres, que li dessus dis dus avoit rappaisiet au roy de Franche, son frerre, parmy escuzance assés raisonnable qu’il li avoit moustret; car li Arceprestres avoit dit enssi qu’il ne se pooit armer ne combattre, tant c’aucun chevalier, qui estoient avoecq le dit captal, fuissent encorres, pour se prise et pour se raenchon de le bataille de Brinai, dont il ne s’estoit mies encorres tous acquités. Se li avoit li roys de Franche pardounné son mautalent, parmy tant que li Arceprestrez avoit proummis et juret qu’il seroit en avant bons et loyaus au roiaumme de Franche et n’y feroit ne pensseroit jammès nulle lasqueté.

A che donc estoient encorres les Compaignes en Bourgoingne, Guis dou Pin, le Petit Meschin, Tieuaubs de Chaufour Jehans de Chaufour, Tallebart Tallebardon, qui gastoient et essilloient tout le pays. Mès li dus Phelippez y mist consseil et y pourvei de remède, car il furent une fois ruet jus au dehors de Digon, et furent tout mort et tout pris, excepté le Petit Meschin, qui s’enfui et se sauva. Si en fist li dus de Bourgoingne pendre, noiier et mettre à fin plus de quatre cens. Assés tost apriès, le remanda li roys de Franche pour chevauchier en Normendie, en le comté d’Ewrues, contre grant fuisson de Navarois qui là estoient, qui couroient, ardoient et essilloient toutte le Normendie environ Roem et en Kaus, au title le roy de Navare.

Vous avés bien oy chy dessus coumment li captaux de Beus fu pris et amenés par l’ordounnance dou roy à Miaux en Brie, et fu là tenus en prison environ six sepmainnes. Là en dedens il eut bons moiiens qui parlèrent au roy pour lui. Et le manda li roys à Paris et li fist mout courtoise prison, car il le recrut sur sa foy, et le laissoit aller et venir, jeuer et esbattre partout à se plaisanche. Et meysmement li roys le mandoit bien souvent au disner et au soupper, et le laissoit esbattre dallés lui.

Entroes estoient les guerres en Kaus et en Normendie. Et vint li dus de Bourgoingne à bien six mil combatans devant le fort castiel de Macherenville, et y mist le siège et y fist livrer tamaint grant assault. Et avoit fait amener huit grans enghiens de le chité de Cartres, qui nuit et jour jettoient à le fortrèche et moult l’empiroient et cuvrioient; mès par dedens avoit très bonne gent d’armes qui trop bien le gardoient et deffendoient. Avoecques le ducq de Bourgoingne estoient li comtes d’Auchoire, messires Loeys d’Auchoire, ses frèrez, messires Bertrans de Claiekin, li sirez de Biaugeu, messires Loeys de Chalon, li sires de Rainneval, messires Raoulx de Couchy, li sires de Chantemerle, li sires de Montsaut, li Bèghes de Velainnes, Robers d’Allenchon, li Bèghes de Villers, li sires de Chamremi et pluisseur baron et chevalier de Franche, de Bourgoingne et de Normendie. Fºs 132 vº et 133.

P. 134, l. 8: dou duçainné.--_Ms. A 8_: de la duchié. Fº 250.

P. 134, l. 16: escusances.--_Mss. A 8, 15 à 17_: excusacions.

P. 134, l. 23 et 24: et les... partie.--_Ms. A 15_: et aussi les chevaliers de France qui vaillamment parloient sur sa partie. Fº 274 vº.

P. 134, l. 28: Digon.--_Ms. A 15_: Dijon.

P. 134, l. 28 à 31: desquelz... chapitainne.--_Ms. A 15_: desquelz Guiot du Pin et Tallebart Tallebardon estoient meneurs et conduiseurs; et aussi y estoit et les conduisoit un escuier du pais qui s’appelloit Jehan de Chaufour. Fº 274 vº.

P. 135, l. 8: son père nulle griefté.--_Ms. A 8_: mourir son père ne autres griefz.

P. 135, l. 17: entrues.--_Mss. A 8, 15_: pendant.

P. 135, l. 17: prison.--_Le ms. B 6 ajoute_: Et là fu une espasse de tamps. Et puis ly fist le roy Charles grace, et fu recrut sur sa foy et amenés à Paris, et là alloit et venoit à se volenté. Et fu en chelle saison, de par le roy de Franche, envoiiet en Engleterre pour traitier le delivranche du duc de Berry, que il peuist passer parmy luy. Mais le roy d’Engleterre n’en volt riens faire en chelle saison, combien que il amast moult le captal, et respondy au captal que il n’avoit pas esté pris pour luy. Sy retourna le captaus en Franche, sans riens faire. Fºs 635 et 636.

P. 135, l. 23: six.--_Ms. A 15_: sept.

P. 136, l. 6: Macheranville.--_Mss. A 8, 15_: Marceranville, Marcerainville.

P. 136, l. 15: Ligne.--_Ms. A 15_: Ligny. Fº 275.

P. 136, l. 17: du Edins.--_Mss. A 3, 7_: de Hedin.

P. 136, l. 25: mil.--_Mss. A 8, 9, 15_: trois mil. Fº 251.

P. 136, l. 31: Joni.--_Ms. A 6_: Joygny. Fº 252 vº.--_Ms. A 15_: Joingny.

P. 137, l. 12: constraindoient.--_Ms. A 15_: contraingnoient et malmenoient.

§ =525=. Entrues.--_Ms. d’Amiens_: En ce tamps estoit messires Loeys de Navarre sus les marches d’Auviergne à tout bien trois mil combatans, et tous les jours li croissoient gens. Si ardoient et essilloient et gastoient tout le pais de Bourbonnois environ Saint Poursain et Saint Pierre le Moustier et Moulins en Auvergne. Si passèrent une routte de ses gens le rivière d’Aillier au desoubs des montaingnes d’Auvergne, et puis vinrent passer le Loire au desoubz de Marcelli les Nonnains. Et chevauchièrent tant, de nuit et par embusces, qu’il vinrent à un ajournement à le Carité sus Loire, et l’eschiellèrent et le prissent par un dimence au matin. Et pour ce que la ville estoit grande et moult wuide entre le fremmeté et les maisons, il ne s’osèrent aventurer de traire avant jusquez à heure de tierce. Si avoient il estet percheu d’aucuns de chiaux de le ville qui avoient retret leurs biens, leurs femmes et leurs enffans ens ès nefs et ens ès batiaux qui estoient en le rivière de Loire: par chou se sauvèrent chil de le Carité et s’en vinrent à le chité de Nevers, à sept lieuwes d’iluecq. Et ne concquissent les Compaingnes et li Navarois, qui estoient par eschiellement entré en le Charité, nulle cose fors que pourveanches; mès de chou eurent il à grant fuisson, et fissent de le ditte ville une bonne garnison et le tinrent contre tous venans l’estet enssuivant, et grevèrent moult chiaux dou pays environ. Fº 133.

P. 137, l. 24: depuis le.--_Ms. A 15_: le demourant de la. Fº 275 vº.

P. 138, l. 2: Ceni.--_Ms. A 8_: Ceri. Fº 251.

P. 138, l. 3: et Carsuelle.--_Ms. A 15_: et monseigneur Jehan Cressueile.

P. 138, l. 10: menoit.--_Ms. A 8_: conduisoit.

P. 138, l. 11: quatre cens.--_Mss. A_: trois cens.

P. 138, l. 13: au dehors.--_Ms. B 3_: au dessoubz. Fº 264 vº.--_Ms. B 4 et mss. A_: au dessus. Fº 251.

P. 138, l. 13: Marcelly.--_Ms. B 3_: Marcilly.

P. 138, l. 13: Nonnains.--_Ms. A 7_: Nonniaux. Fº 253 vº.

P. 138, l. 15: amoustrer.--_Mss. B 3, 4, A 6, 8_: moustrer.

P. 138, l, 17: estri.--_Ms. A 17_: delay. Fº 316 vº.

P. 138, l. 20: femmes.--_Le ms. A 15 ajoute_: et enfans.

P. 138, l. 25: gens.--_Le ms. A 15 ajoute_: de la ville.

P. 138, l. 26 et 27: attendesissent.--_Le ms. A 15 ajoute_: illec.

P. 139, l. 13: et Carsuelle.--_Ms. A 15_: et monseigneur Jehan Cressuelle.

§ =526=. Tant sist.--_Ms. d’Amiens_: Tant fist li dus de Bourgoingne devant Macherainville, et si les constraindi par assault et par les enghiens qui y jettoient nuit et jour, que chil qui dedens estoient se rendirent, sauve leurs corps et leurs biens. Si s’en partirent, et li dus envoiia prendre le possession par ses marescaux monsigneur Bouchicau et monsigneur Jehan de Vianne, marescal de Bourgoingne. Apriès y mist et ordounna li dus à castellain ung bon escuier qui s’appelloit Phelippos de Chartres. Puis s’en parti li dus et toutte sen host et s’en vint devant Chamerolles, et l’assega tout environ, et y fist amenner et achariier les grans enghiens qui avoient estet devant Marcheranville, qui y jettoient nuit et jour et travilloient mout chiaux de le fortrèche.

Entroes que li sièges estoit devant Chamerolles, tenoit le siège messires Jehans de le Rivierre devant le castiel d’Akegny, assés priès de Passi, en le comté d’Ewrues, et avoit des compaignons dont il estoit souverains, plus de deux mil combatans. Si avoit par dedens Navarois et Englès, qui là s’estoient retrais depuis le bataille de Koceriel. Tant fist messires Jehans de le Rivierre devant Akegni, que chil de dens se rendirent sauve leurs corps et leurs biens. Enssi les prist li dis messire Jehans, et puis dounna le castiel à un sien escuier et mist dedens archiers et compaignons pour le garder. Si s’en parti et s’en vint o toutte sa gent mettre le siège devant le cité d’Ewrues. Et encorres estoit li dus de Bourgoingne devant le castiel de Chamerolles, qui fortement le faisoit asaillir. Et entroes se tenoient en Constentin, par le doubte des Navarois qu’il ne venissent lever cez sièges, messires Bertrans de Claiequin, à plus de mil combatans bretons, pickars et franchois, messires Loeys de Sanssoire, li comtez de Joni et messirex Ernouls d’Audrehen avoecq li. Fº 133.

P. 139, l. 30: Phelippos.--_Mss. B 3, 4_: Phelippes.--_Ms. A 6_: Guillaume. Fº 253.--_Ms. A 7_: Grenoullart. Fº 254.--_Ms. A 15_: Hector. Fº 276.

P. 139, l. 31: quarante.--_Mss. A 8, 11 à 15, 18, 19_: soixante. Fº 251 vº.

P. 140, l. 8: le forterèce.--_Ms. A 8_: la ville.

P. 140, l. 10: Akegni.--_Ms. A 15_: Aquigny.

P. 140, l. 14: Ens ou.--_Ms. A 8_: Dedens le. Fº 252.

P. 140, l. 21: apressé.--_Ms. A 15_: oppressez. Fº 276.

P. 140, l. 28: Hues.--_Ms. A 8_: Hugues.

P. 140, l. 30: Saintpi.--_Mss. A 6, 15_: Sempy. Fº 253.

P. 140, l. 31 et 32: du Edins.--_Mss. A 3, 6, 7, 20 à 23_: Hedin, Hesdin.

P. 141, l. 3: songnièrent.--_Mss. A 8, 15_: pensèrent.

§ =527=. Entrues.--_Ms. d’Amiens_: Entroes que messires Jehans de le Rivierre, messires Hughes de Chastellon, messires Oudars de Renti, messires Engherans du Edins et li chevalier de Franche se tenoient devant le cité d’Euwrues et moult le constraindroient, apressa li dus de Bourgoingne si fort chiaux dou fort chastiel de Chamerolle, qu’il ne peurent plus durer et se rendirent simplement en le vollenté dou dit duc: autrement il ne peurent finner ne marchander. Si furent li Englès et li Navarois et li saudoiier estrainge pris prisounniers, et tout li Franchois qui layens furent trouvet, mis à mort sans merchy. Et encorres dounna et abandounna li dis dus le castiel de Chamerollez à chiaux de Chartres et dou pays de Biausse, liquel l’abatirent et arasèrent toutte à l’ounie terre, pour tant qu’il leur avoit fais trop de contraires.

Puis se departi li dus et toutte li hos de là, et s’en vint devant Drue, un castiel seant en Biausse. Si le prist par forche et par assault et mist à fin le plus grant partie de chiaux de dens, et puis s’en vinrent devant Preus. Si l’asegièrent et l’environnèrent, et y livrèrent pluisseurs assaux ainschois que il le pewissent avoir. Finablement, chil de dens se rendirent, sauve leurs corps, et riens dou leur n’en portèrent. Et quant li dus eut le saisinne dou dit castiel de Preus, il le dounna à un chevalier c’on noummoit dou Bos Ruffin, qui le fist remparer et ordounner bien et à point, et en fist une bonne garnison pour le tenir et garder bien et à point contre les ennemis.

Depuis le concquès dou castiel de Preux, s’en vint li dus de Bourgoingne à Chartres pour lui rafreschir et ses gens, et regarder quel part il se trairoient. Quant il eurent là estet environ cinq jours, si se traissent devant le castiel de Couvay, qui estoit tous plains de Navarois et de pillars. Et jura li dis dus de Bourgoingne qu’il ne s’en partiroit, si l’aroit concquis, et fist lever et drechier par devant huit grans enghiens qui nuit et jour jettoient à le fortrèche, et travilloit ciaux de dedens.

En ce tamps que li dus de Bourgoingne faisoit ces sièges et ces chevauchies en Biausse contre et sus les Navarois et, d’autre part, que messires Bertrans de Claiequin, à toutte une grande route de Bretons et de Pickars, se tenoit viers Chierebourch et vers Constentin, en le cité de Coustansse, par quoy nulle assamblée de Navarrois ne se pewist là faire, qui empeçassent le dit duc de Bourgoingne à faire ses sièges et ses cevauchies, que il n’alaissent au devant, estoit messires Loeis de Navarre en le basse Auvergne et sus les marches de Berri, qui essilloit et travilloit le pais malement. D’autre part, chil qui estoient en le Charité sus Loire, couroient, enssi qu’il leur plaisoit, une heure par delà le Loire, l’autre jour par de dechà, et faisoient moult de destourbiers au pays. Ensi estoit li royaummes gueriiés de pluisseurs lés, ne nuls n’osoit aller adonc pour les pilleurs qui se nommoient Navarois, entre le Charité et Bourghes, ne entre Bourges et Orliiens, ne entre Orliiens et Blois, ne entre Blois et Thours, ne tout sus celle marche.

Et vous di que, dedens le comté de Blois, avoit si grant fuison de pilleurs et de robeurs, qu’il couroient tous les jours jusques as portes de Blois, quant ungs bons escuiers de Haynnau, qui s’appelloit Allars de Donscievène, y vint de par le comte Loeys de Blois. Chils emprist le gouviernement dou pays et le trouva durement empeschiet, quant il y vint premierement. Si y fist sus les ennemis dou pays maintes belles chevauchies et maintes appertisses d’armes. Et eut mainte belle aventure sus yaux et en fist tammaint morir par ses hardies emprises, et en delivra toutte la ditte comté de Blois. Et fist tant par ses proèches, que il en chei grandement en le grasce et en l’amour dou roy de Franche, et y devint chevaliers.

Or nous retrairons au siège de Couvay, que li dus de Bourgoingne avoit assis. Et tant le constraindi par assaux d’enghien et d’autres instrummens qu’il desrompi les murs et les tours. Et se coummenchièrent chil dedens durement à esbahir, et vinrent deviers leur cappittainne c’on appelloit Jaquefort, et estoit englès. Si le priièrent qu’il volsist traitier au duc de Bourgoingne que courtoisement les laisast passer, sauve leurs corps seullement. Chilx en traita as marescaux de l’ost, monsigneur Boucicau et monsigneur Jehan de Vianne; mès li dus ne volt point faire, s’il ne se rendoient simplement. Quant chil de Couvay virent qu’il ne poroient finner au duc de Bourgoingne, si n’en furent mie plus aise. Toutesfois, il se tinrent depuis ung grant temps.