Chroniques de J. Froissart, tome 06/13

Part 36

Chapter 363,710 wordsPublic domain

Si vous en voeil noummer les aucuns: li plus grans mestres entre yaux estoit uns chevaliers de Gascoingne, qui s’appelloit messire Segins de Batefol. Chils avoit de se routte bien deus mil combatans. Si estoient touttes cappitainnes et meneurs des autres, Talebart et Talebardon, Guios dou Pin, Espiote, le Petit Meschin, Batillier, Hannekin Franchois, le bourcq Camus, le bourcq de Bretoeil, le bourcq de l’Espare, Lamit, Naudon de Bagerant, Hagre l’Escot, Albrest, Bourduelle, Carsuelle, Briquet, Ammenion de l’Ortighe, Garsiot dou Castiel et pluisseur autre. Si s’avisèrent ces compaignons, environ le my quaremme, qu’il se trairoient viers Avignon et venroient veoir le pappe et les cardinaux. Si le senefièrent enssi li uns à l’autre par routez et par compagnies, et se devoient tous trouver en Bourgoingne, entre Lions sus le Rosne et Mascons, sus le rivière dou Sone et en ce bon cras pays. Fº 125.

P. 59, l. 27 et 28: de trettié et de pais.--_Ms. A 8_: et traittié de paix. Fº 231 vº.

P. 59, l. 28: commis.--_Le ms. A 15 ajoute_: et ordonnez. Fº 253.--_Le ms. A 17 ajoute_: et depputez. Fº 291 vº.

P. 60, l. 3: sus à perdre.--_Ms. B 3_: à peine de perdre. Fº 246 vº.--_Ms. A 7_: sus paine à perdre. Fº 237.--_Mss. A 8, 15 à 17_: sur peine de perdre.

P. 60, l. 12 et 13: d’estragnes nations.--_Ms. A 17_: d’estrangiers.

P. 60, l. 17: des.--_Mss. A_: par les.

P. 60, l. 17: au.--_Ms. A 15_: à.--_Ms. A 17_: et.

P. 60, l. 20: oultre.--_Ms. A 17_: contre.

P. 60, l. 25: à pillier.--_Ms. A 17_: et à pillagier.

P. 60, l. 26 et 27: pourfitable.--_Ms. B 6_: car telz aloit à dix ou à vingt chevaulx que, se il fust à son ostel, il n’aroit point puissanche de luy monter. Fº 617.

P. 60, l. 28: cueilloient.--_Mss. A 8, 15 à 17_: recueilloient.

P. 61, l. 4: prisent.--_Le ms. B 6 ajoute_: en chel yvier. Fº 618.

P. 61, l. 5: Genville.--_Ms. A 8_: Joinville.

P. 61, l. 12: Vredun.--_Mss. A_: Verdun.

P. 61, l. 14: vendirent.--_Ms. A 8_: rendirent.

P. 61, l. 17: Bourgongne.--_Ms. B 6_: sy en avoit ossy grant route et grant flote en Bourgongne, que on nommoit les Tart Venus. Fº 618.

P. 61, l. 24: Givri.--_Ms. A 8_: Gyvré. Fº 232.--_Ms. A 17_: Givrey.

P. 61, l. 26: Vregi.--_Mss. A_: Vergi, Vergy.

P. 61, l. 30: quinze mil.--_Mss. A 2 à 6, 18, 19_: seize mil.--_Ms. B 6_: trente mille. Fº 618.

P. 62, l. 4: Segins.--_Mss. A_: Seghins, Seguins, Seguin.

P, 62, l. 6: Espiote.--_Ms. A 15_: Lespiote.

P. 62, l. 7: Batillier.--_Ms. A 15_: Bataillé, breton. Fº 253 vº.

P. 62, l. 7: Hanekin.--_Mss. A_: Hennequin.

P. 62, l. 9: Lamit.--_Le ms. A 15 ajoute_: Maleteire, Hamée, Lescot, bretons.

P. 62, l. 10: Bourduelle.--_Ms. A 7_: Borduelle.--_Ms. A 8_: Berduelle.--_Ms. A 15_: Bourdille.--_Ms. A 17_: Bourdouelle.

P. 62, l. 12: dou Chastiel.--_Le ms. A 15 ajoute_: breton.

§ =492=. Li rois.--_Ms. d’Amiens_: Li roys de Franche entendi ces nouvelles que cez Compaingnes mouteplioient enssi, qui gastoient et essilloient son royaumme. Si en fu durement courouchiés, car il li fut dit et remoustré par grant especialité que ils feroient plus de maux et de villains fès ou royaumme de Franche, enssi que ja faisoient, que li guerre des Englès n’ewist fait. Si eult avis et conseil li rois de France que d’envoiier contre yaux et combattre. Si en escripsi li roys de France especialment et souverainnement deviers son consseil monseigneur Jaquemon de Bourbon, qui se tenoit adonc à Montpellier, et avoit mis nouvellement monseigneur Jehan Camdos en le possession de toutte la ducé d’Acquittainne, si comme chi dessus est contenu. Et li mandoit li dis rois qu’il se feeist chiez contre ces Compaignes et presist tant de gens d’armes de tous costés qu’il fuist fort assés pour yaux combattre. Quant messires Jaquemes de Bourbon entendi ces nouvelles, il s’avalla deviers Avignon et puis deviers Lion sus le Rosne, pour venir au devant contre ces malles gens qui faisoient tous les maus dou monde là où il converssoient. Et pria et manda li dis messires Jaquemes tous les seigneurs, barons, chevaliers et escuiers de là entours. Chacuns y obei vollentiers pour aidier à destruire ces Compaingnes. Fº 125.

P. 62, l. 21: Compagnes.--_Ms. A 17_: compaignons.

P. 63, l. 9: vers Avignon.--_Mss. A 1 et 2, 4 à 6_: dever la cité d’Angiers.--_Ms. A 3_: devers la cité d’Agen.

P. 63, l. 14: maies gens.--_Ms. A 17_: gens mauvaiz. Fº 292 vº.

P. 63, l. 27: Forès.--_Ms. A 8_: Foix. Fº 232 vº.

P. 63, l. 30: Renaulz.--_Ms. A 8_: Raoul.

P. 63, l. 31: la conté.--_Ms. A 8_: la contesse.

P. 64, l. 3: bellement.--_Mss. A 8, 15_: liement.--_Ms. A 17_: doulcement.

P. 64, l. 5 et 6: car... part.--_Ms. A 17_: contre les Compaignes.

§ =493=. Quant ces routes.--_Ms. d’Amiens_: Quant ces Compaignes entendirent ce, qui se tenoient vers Mascon et vers Chaalons et vers Tournus et en le terre le seigneur de Biaugeu, que li Franchois s’asambloient pour yaux combattre, si se traissent les cappitainnes tous enssamble et eurent avis et consseil comment il se maintenroient. Si nombrèrent entr’iaux leurs gens et leurs routtes, et regardèrent qu’il estoient environ seize mil combatans, uns c’autres. Si dissent enssi entre yaux: «Nous nous meterons as camps et atenderons l’aventure, et combaterons ces Franchois qui s’asamblent contre nous. Se fortune donne que nous les poons desconfire, nous serons tout riche homme et recouvrerons, tant par bons prisonniers que nous prenderons, que par ce que nous serons si doubté et cremus en ce pays et là où nous vorrons aller, que nus ne s’osera mettre contre nous; et, se nous sommes desconffi, nous serons paiiés de nos gages.»

Chilx pourpos fu entre yaux tenus: ils se deslogièrent et montèrent amont deviers les montaignes pour entrer en le comté de Forès, en ce bon cras pays, et s’en vinrent deviers Chierleu, qui est de le comté de Mascons, et assaillirent un jour toutte jour la ditte ville, mais il ne le peurent gaegnier. Puis passèrent oultre et chevauchièrent vers Montbrigon en Forès, gastant le pays, ranchonnant gens et villes à grant fuison et conquerant vivrez à grant plenté; car li pays y est bons et cras et durement plentiveux. Ad ce donc estoit messires Jaquemes de Bourbon en le comté de Forès, car il le tenoit en bail et en gouvernement pour la cause de ses nepveux, enffans dou comte de Forrès qui estoit nouvellement trespassés, qui avoit eu sa serour à femme, laquelle damme vivoit encorres.

Si estoit li dis messires Jakemes durement courouchiés sus ces Compaignes, parce qu’il gastoient et essilloient enssi le pays de sa soer et de ses nepveux, et fist ung très grant mandement auquel vinrent li Arceprestres à bien deux cens lanches, li sires de Grantsi, messires Jehans de Chaalons, messires Robers de Biaugeu, li sires de Villars et de Roussellon, li sires de Tournon, li viscontes d’Uzès, messires Ansseaux de Sallins, messires Jehans de Vianne, messire Hughes de Vianne, messires Jaquemes de Vianne, messires Guillaummes de Toraisse, messires Jehans de Rie, messires Jehans de Montmartin, li sires de Montmorillon, li sires de Gonssaut, li sires de Calençon, messires Henri de Montagut et grant fuison de bons chevaliers et escuiers de Bourgongne, de Savoie, de le daufinet de Vianne, d’Auviergne et des marches là environ, tant à le priière et mandement messire Jaqueme de Bourbon que pour ruer ces Compaingnes jus, qui enssi roboient et essilloient le pays sans title de nulle gherre, fors que par pillage et roberie. Fº 125 vº.

P. 64, l. 9: en.--_Ms. A 17_: entour.

P. 64, l. 15: uns c’autres.--_Ms. A 8_: que uns, que autres. Fº 232 vº.

P. 65, l. 6: maulz.--_Ms. A 17_: dommaiges.

P. 65, l. 8: cheminoient.--_Mss. A_: chevauchoient.

P. 65, l. 12: trois.--_Le ms. B 3 ajoute_: petites. Fº 247 vº.

P. 65, l. 12: liewes.--_Les mss. A 7, 15 à 17 ajoutent_: près.

§ =494=. Ces gens.--_Ms. d’Amiens_: Ces gens d’armes assamblés avoecq monseigneur Jaqueme de Bourbon, qui se tenoient à Lion sus le Ronne et là entours, entendirent que les Compaingnes aprochoient [d’iaux] durement et avoient pris le ville et le castiel de Brinay, à trois lieuwes de Lyons, et encorres des autres fors, et gastoient et essilloient tout le pays. Si despleurent moult ces nouvelles à monsigneur Jaquemon de Bourbon et à tous les autres. Si partirent hors de Lions touttes gens d’armes et se missent as camps et prissent le chemin par deviers les ennemis, et envoiièrent leurs coureurs devant pour savoir où il se tenoient. Chil chevauchièrent si avant qu’il trouvèrent les Compaignes rengies et ordounné[es] sus une montaingne. Or vous di que mal[i]cieuzement ces Compaingnes avoient ordonné leur affaire, car il avoient enssi d’iaus repus ou fons d’une montaingne une grosse bataille, et de toutte le mendre et les pis armés il avoient fait moustre et visaige. Dont li coureur des Franchois raportèrent enssi à leurs maistres et seigneurs qu’il avoient veu les Compaignes rengiez et ordounnées sus un terne, et bien aviset; mès, tout conssideret, ils n’estoient non plus [o]u de six mil et cinq cens ou sept mil hommes, et encorres en estoit li droite moitiés moult mal armés.

Quant messires Jacquemes de Bourbon oy che raport, si dist à l’Archeprestre: «Archeprestre, vous m’aviés dit qu’il estoient bien quinze mil combattans, et vous oés tout le contraire.»--«Sire, respondi li Arceprestres, encorres n’en i quide jou mies mains, et s’il n’y sont, c’est tout pour nous. Si regardés que vous vollés faire.»--«En nom Dieu, dit messires Jaquemes de Bourbon, nous les yrons combattre ou nom de Dieu et de saint Gorge.» Là fist arester sus les camps li dis messires Jaquemes de Bourbon touttez ses gens et ses bannierres, en chacune avoit six mil hommes. Et là fist son ainnet fil chevalier, monsigneur Pierre de Bourbon, et son nepveult le jonne comte de Forrez et pluisseurs autres jonnes chevaliers. Et estaubli monsigneur l’Arceprestre en le première bataille, et puis fist chevauchier bannierrez et pignons areement et ordonneement avant par deviers les ennemis. Si n’eurent gairez alet quant il les virent et trouvèrent, et s’enbatirent en un plain où, par desus en le montaingne, li bataille des Compaingnes estoit, dont je parloie maintenant.

Si trestost que chil seigneur de Franche virent le bataille de ces malles gens qui estoit rengie et ordounnée sus le tierne d’encoste yaulx, si n’en fissent que gaber et dissent: «On devoit bien faire si grande assamblée de gens d’armes pour telx gens; toutte li mendre de nos bataillez lez deveroit desconffire.» Lors regardèrent comment il poroient venir jusques à yaux, car grant desir avoient dou combattre. Il leur couvenoit costoiier celle montaingne et passer par dessous assés priès des Compaingnes, s’il volloient venir sus ung estault et ung grant pendant qui ouvroit le chemin de le montaingne. Si prissent li Franchois che chemin, et par especial li bataille l’Arceprestre et monsigneur Jehan de Chaalon et monsigneur Robert de Biaugeu.

Enssi qu’il chevauchoient pour venir à leur avantage, les Compaingnes qui estoient ou terne dessus yaux, [estoient avisées de leur fait]. Il n’en y avoit nulx, quelx qu’il fust, grans ne petis, armés ou desarmés, qui ne fuist pourveus de caillues ou kokus, car la terre où il estoient en estoit toutte plainne. Dont, si trestost qu’il virent venir leurs ennemis, ils s’eslargirent et coummenchièrent à jetter de ces pierrez si dur et si roit sus ces gens d’armes, que nulz n’osoit aller avant s’il ne volloit estre tous confroissiés, et moult de bons chevaliers et escuiers, par leur jet, missent à grant meschief, car chil cailliel agut ou cornut effrondroient bachinès ou cappiaux de fier, con fort qu’il fuissent. Avoec tout chou, en jettant il juppoient, et huioient si hault et si cler quil sambloit proprement que tout li diauble d’infier y fuissent.

Adonc vint leur grosse bataille qui bien estoit rengie et ordounnée, et où toutte li fleur de leurs gens d’armes estoient: messires Segins de Batefol, Petit Mescin, Naudon de Bagerant, le bourcq Camus, Espiote, Batillier, le bourcq de l’Espare, Lamit, Guiot dou Pin, le bourch de Bretuel et pluisseur aultre, tout appert compaignon as armes et fors et durs guerieurs. Evous vinrent sus costé à le seniestre main sus ces Franchois, en escriant leur cri et leurs ensengnes, et crioient: «Aye Dieux, aye as Compaingnes!» Là coummenchièrent il à entrer entre lez Franchois et à ruer jus de cours de chevaux et de cops de glaivez et mettre à grant meschief; car, avoecq tout chou, chil qui estoient en le montaingne, jettoient si ouniement et si vertueusement pierres et caillaus, que li Franchois ne pooient aller avant ne reculler, mès estoient si entrepris de tous lés qu’il ne se pooient aidier.

Là fu très bons chevaliers li Arceprestrez, et moult vassaument se combati, et chil de se route; mès finablement se bataille fu toutte rompue, se bannierre jettée par terre, et chils qui le portoit, mors, et plus d’iaux vingt cinq dallés lui. Et fu li Archeprestres abatus et fianchiez prisons, avoec ce, durement navrés. Là furent pris messires Jehans de Chaalons, messires Robiers de Biaugeu, li sirez de Roussellon, messires Gerars de Salière, li viscomtes d’Uzès; et ochis, li sires de Tournon et li sirez de Montmorillon et pluisseur chevalier et escuier de Bourgoingne, d’Auvergne et des marches de là environ. Là fu navrés à mort chilz gentilz chevaliers, dont ce fu pités et grans dammaigez, messires Jaquemez de Bourbon et fu raportez à Lions, et messire Pierre de Bourbon, ses aisnés fils, ossi navrez à mort, et li jonnes comtes de Forès, ses nepveulx, ossi ochis, et tamaint bon chevalier et escuier de leur route.

Briefment li Franchois furent tout desconfis, et obtinrent les Compaingnes le journée, et prissent ou ochirent à leur vollenté les plus grans de l’ost, dont il eurent puis tamainte bonne raenchon, et moult en adammagièrent le royaumme de France à cel lés, si comme vous orés chi apriès. Ceste bataille fu assés priès de Brinay, à trois lieuwez de Lion sus le Rosne, l’an mil trois cens soissante et un, le douzième jour d’avril. Fº 126.

P. 65, l. 17: se tenoit.--_Ms. B 4 et mss. A_: se tenoient. Fº 234 vº.

P. 65, l. 19: pris.--_Les mss. A ajoutent_: et conquis de force.

P. 65, l. 19: le ville.--_Les mss. B 3, 4 et les mss. A ajoutent_: et le chastel.

P. 65, l. 23: gouvrenance.--_Mss. A_: gouvernement.

P. 65, l. 26 et 27: et chevaucièrent... ennemis.--_Ces mots manquent dans les mss. A._

P. 65, l. 28 et 29: pour... trouveroient.--_Mss. A 15 à 17_: pour savoir et advisier combien vrayement ilz estoient ne que ilz trouveroyent. _Ms. A 17_, fº 293 vº.

P. 65, l. 28: savoir.--_Les mss. A 7 et 8 ajoutent_: et aviser vraiement. Fº 238.

P. 65, l. 31: envoiiet.--_Ce mot manque dans les mss. A._

P. 66, l. 2 et 3: les mieus à harnas.--_Ms. A 8_: les mieulx armez et enharnechiez. Fº 233.

P. 66, l. 4: aviset.--_Ms. A 8_: appensé. Fº 233.

P. 66, l. 4 et 5: euissent bien.--_Mss. A_: eussent bien eus.

P. 66, l. 5: volsissent.--_Ms. A 8_: s’ilz eussent voulu. Fº 233.

P. 66, l. 10: veu.--_Ms. A 8_: veues.

P. 66, l. 11: avisé.--_Ms. A 8_: avisées.

P. 67, l. 7: Viane.--_Mss. A 8, 15 à 17_: Vienne.

P. 67, l. 7: vicontes.--_Cette bonne leçon ne se trouve que dans le ms. A 8._

P. 67, l. 9: pour.--_Les mss. A 7, 8, 15 à 17 ajoutent_: leur.

P. 67, l. 14 et 15: plus de quinze cens.--_Ms. A 17_: quinze cens.

P. 67, l. 17: couvenant.--_Ms. A 8_: couvine.

P. 67, l. 20: mil.--_Ms. A 17_: dix mil.

P. 67, l. 22: manière.--_Mss. A_: avantage.

P. 68, l. 1: com.--_Ms. A 8_: tant. Fº 233 vº.

P. 68, l. 4: com.--_Ms. A 8_: tant.

P. 68, l. 8: ses.--_Mss. A_: son.

P. 68, l. 10: que il n’ouvrèrent.--_Ms. A 17_: qui moururent. Fº 294 vº.

P. 68, l. 15: se tenoient.--_Mss. A 1 à 6, 8, 17_: estoient.

P. 68, l. 16: eslongiés.--_Ms. A 8_: esloingniez.

P. 68, l. 24: ressongnast.--_Ms. B 3_: craignist. Fº 248 vº

P. 69, l. 2: escriant.--_Les mss. A ajoutent_: tout.

P. 69, l. 3: reversèrent.--_Ms. A 8_: renversèrent.

P. 69, l. 4: riflic.--_Mss. B 3, A 1 à 6_: rifflis.--_Ms. A 7_: rifllich. Fº 239.--_Ms. A 8_: riffleis.--_Ms. A 17_: riffles. Fº 295.

P. 69, l. 9 et 10: entrepris.--_Ms. B 3_: pressé.

P. 69, l. 11: prisonnier.--_Mss. B 4 et A_: prison.

P. 69, l. 13 et 14: besongne.--_Le ms. A 6 ajoute_: dont vous oyez compter. Fº 238 vº.--_Les mss. A 7, 8, 15 ajoutent_: dont vous oez parler.--_Le ms. A 17 ajoute_: que vous oyez compter.

P. 69, l. 14: eurent.--_Le ms. A 7 ajoute_: là.--_Le ms. A 8 ajoute_: pour lors.

P. 69, l. 14: pieur.--_Ms. A 17_: pis.

P. 69, l. 18: vicontes.--_Cette bonne leçon est fournie par les mss. A 8, 15; tous les autres manuscrits donnent_: conte.

P. 69, l. 20: dur.--_Mss. A 6, 7, 15 à 17_: paine.--_Ms. A 8_: durté.

P. 68, l. 29 à p. 69, l. 25: Et avoient... Pasques.--_Ms. B 6_: Entre ches compaignons avoit bien mille lanches de ossy bonnes gens et ossy bien montés et armés que on peuist estre, qui encores estoient tous fret et tout nouvieaulx. Quant la prumière bataille de l’Archepestre fu rompue, et s’en vinrent autour de celle montaigne as cours de chevaulx ferir sur costé sur ches gens d’armes, et en ruèrent jus des prumiers venans plus de cinq cens. Là eult grant bataille et forte. Et trop vaillanment s’i portèrent ches Compaignes, et demora la plache pour euls, et y prirent plus de mille bons prisonniers. Et furent pris ly Archeprestre, le sire de Tournon messire Robert, messire Lois de Bieaugeu, le sire de Calençon, messire Renault de Forès, messire Gerart de Salière, le sire de Benay, le sire de Roussillon, le sire de Groulée, messire Jehan de Chalon et pluiseurs aultres, et mors messire Pierres de Bourbon et le jone conte de Forès, et navrés à mort, dont che fu pitié et damaige, messire Jaques de Bourbon, et fu raportés à grant meschief à Lions. Ensy obtinrnet ches Compaignes la plache et leur demora le journée, qui fu l’an mil trois cens soissante et un, le dix huitième jour en avril. Fº 622.

§ =495=. Trop furent.--_Ms. d’Amiens_: Apriès ceste bataille de Brinay, où chil qui y furent pour combattre ces Compaingnes, rechurent si grant dammaige que tout y furent mort ou pris ou en partie, les Compaignes menèrent bien le tamps à leur vollenté en celi pays, car nus n’alloit à l’encontre, mès chevauchoient partout où qu’il voulloient, et gastoient et ranchonnoient tout le pays. Si s’en vint messires Seghins de Batefol demourer et sejourner à Anse, une ville sus le Sone, à une lieuwe de Lions, et le fist fortement remparer et fortefiier. Et tenoit ou dit fort ou là environ, en petis fors qu’il avoient pris, bien trois mille combatans qui ranchonnoient tout le pays, le terre le seigneur de Biaugeu, le comté de Mascons, le comté de Forès, le basse Bourgoingne, l’arceveskiet de Lions et une partie de l’Auvergne.

Or avint, apriès chou, que ces Compaignes eurent rués jus ces gens d’armes, si comme vous advés oy, et qu’il eurent departi leur butin et leur conquest et ranchonnet leurs prisonniers, il s’espardirent et s’avallèrent deviers le chité d’Auvignon, ardant et essillant le pays partout là où il passoient, pour yaux faire plus cremir, et prendoient villes et fors et les assailloient et les ranchonnoient as vivres et as pourveanches, quant il leur besongnoit, ou à grant somme de florins, quant il avoient pourveanches assés. Si entendirent que, au Pont Saint Esperit, à sept lieuwez d’Auvignon, il y avoit grant avoir et grant tresor dou pays d’environ qui là estoit rassamblés et mis sus le fianche de le fortrèche. Si regardèrent entre yaux, se il pooient prendre le Pont Saint Esperit, il leur vauroit trop, car il seroient mestre et signeur dou Rosne et de ciaux d’Auvignon.

Si estudiièrent tant et jettèrent leur advis que, à chou que j’ay depuis oy recorder, Batillier, Guiot dou Pin, Lamit, Petit Meschin, le bourch Cammus, Espiote et le bourc de l’Espare, chevauchièrent et leur routes une nuit toutte nuit bien quinze lieuwez, et vinrent sus le point du jour à le ville dou Pont Saint Esperit, et l’esciellèrent et le prissent et tous ceux et touttes celles qui dedens estoient: dont che fu grans pités, car il y ochirent tamaint preudomme et violèrent tamainte damme et dammoiselle. Et y concquisent si grant avoir que sans nombre et grandes pourveanches pour vivre ung an ou deux, et pooient courir, s’il leur plaisoit et ensi qu’il faisoient, ung jour en l’Empire, l’autre en Franche, car li ville dou Pont Saint Esperit siert à deus royaummes. Si se ravalèrent et rassamblèrent là tout li compaignon, et couroient tous les jours jusquez as portez d’Auvignon, de quoy li pappes et tout li cardinal estoient en grant angouisse et en grant paour. Et avoient ces Compaingnes dou Pont Saint Esperit fait un cappitainne souverain entre lez autres, c’estoit messires Seghins de Batefol, et s’escripsoit en ses lettres et se faisoit adonc coummunement appeler: amis à Dieu et ennemis à tout le monde. Fº 126 rº et vº.

P. 69, l. 29: fremesist.--_Mss. A 8, 15_: fremist. Fº 234.

P. 70, l. 2: moult.--_Le ms. A 8 ajoute_: esbahis et.

P. 70, l. 2: effraé.--_Mss. A 1 à 6, 17_: esbahis.

P. 70, l. 6: et destourbé de le navrure.--_Ms. A 8_: de la destourbe.

P. 70, l. 8: bellement.--_Ms. A 8_: doucement.

P. 70, l. 9: estoit.--_Ms. A 8_: estoient.

P. 70, l. 10: siècle.--_Le ms. A 6 ajoute_: en l’autre.

P. 70, l. 12: nient.--_Ms. A 6_: mye.--_Mss. A 8, 15 à 17_: guerres.

P. 70, l. 12 et 13: puissedi.--_Mss. A 6, 17_: après.--_Mss. A 8, 15_: depuis.

P. 70, l. 21: comme en.--_Les mss. A ajoutent_: raençons de.

P. 70, l. 30: part.--_Mss. A 6, 7, 15_: route.--_Mss. A 8, 17_: compagnie.

P. 71, l. 1: remparer.--_Mss. A 8, 17_: reparer.

P. 71, l. 2: environ celle marce.--_Mss. B 3, 4 et mss. A_: là environ sus celle marche.

P. 71, l. 4: le Sonne.--_Ms. B 1_: le Loire.

P. 71, l. 6 et 7: Marcelli.--_Ms. A 15_: Marsilly. Fº 256 vº.

P. 71, l. 9 et 10: Bernardet.--_Mss. A_: Bernart.

P. 71, l. 10: Lamit.--_Ms. A 15_: La Mite, Maleterre, breton. Fº 256 vº.

P. 71, l. 11: Lespare.--_Le ms. A 15 ajoute_: Bataillié.

P. 71, l. 15: en ce contour.--_Ms. A 8_: entour.

P. 71, l. 28 et 29: li compagnon.--_Ms. A 8_: les Compaignes.

P. 71, l. 30: vaurroit.--_Ms. A 8_: vaudroit.

P. 72, l. 1 et 2: Batillier... Meschin.--_Ms. A 15_: Bataillié, le breton, Guiot du Pin, La Mitte, Maleterre, aussi breton, et le Petit Meschin.

P. 72, l. 14: ens ès.--_Ms. A 8_: aux.

P. 72, l. 18: souverain.--_Le ms. A 15 ajoute_: auquel trestouz obeissoient.

P. 72, l. 20: monde.--_Les mss. A 20 à 22 ajoutent_: telz noms et autres semblables qu’ilz trouvoient sur leurs mauvaistiés donnoient ilz à leurs capitaines.