Chroniques de J. Froissart, tome 06/13

Part 34

Chapter 343,816 wordsPublic domain

Sus ces parolles se teut li princes, mès pour ce ne 20 pensa il mies mains. Veci auques le première fondation de le hayne qui fu entre le prince de Galles et le signeur de Labreth. Et en fu adonc li sires de Labreth en grant peril, car li princes estoit durement grans et haus de corage et crueulz en son aïr, et 25 voloit, fust à tort, fust à droit, que tout signeur asquelz il pooit commander tenissent de lui. Mès li contes d’Ermignach, qui oncles estoit au dit signeur de Labreth, fu enfourmés de ces avenues et des grignes qui estoient entre le prince, son signeur, et son 30 neveu le signeur de Labreth. Si vint à Bourdiaus devers le prince et monsigneur Jehan Chandos et monsigneur Thumas de Felleton par quel conseil li princes [234] faisoit et ouvroit tout. Et amoiena si bien ces parties que li princes se teut et apaisa. Mès toutes fois li sires de Labreth ne fu escrips que à deus cens lances dont il n’estoit mies plus liés, ossi n’estoient ses gens; 5 ne onques depuis ne chierirent tant le prince comme il faisoient devant. Si leur couvint porter et passer leur anoi au mieulz qu’il peurent, car il n’en eurent adonc aultre cose.

FIN DU TEXTE DU TOME SIXIÈME.

VARIANTES.

§ =474=. Li intention.--_Ms. d’Amiens_: Chil doy prelat de Sainte Eglise, qui estoient dou plus estroit consseil le ducq de Normendie et qui veoient, avoecq aucuns sages hommes du royaumme de France, que li dis royaummes estoit durement blechiez et grevés de cief en qor, et se doubtoient que il ne pewist longement porter si grans fès, car on ne pooit aller en nulle marce dou royaumme de Franche qu’il n’y ewist Englès ou Navarois qui constraindoient si les bonnes villes que nulle marcandise n’y pooit aller ne venir, et ossi le plat pays que les tières demoroient en ries et les vignes à labourer, par quoy grant fanmine et grant chiereté de temps y apparoient. Et si y avoient porté et souffert ceste tribulation ung grant temps, et par especial depuis le prise le roy Jehan, leur signeur, qui gisoit prisonniers en Engleterre, et qui vaillamment s’estoit combatus et avoit estet pris en deffendant son pays. Se le desiroient moult touttes gens à ravoir et veoir, et les vaillans hommes qui avoient estet pris dallés lui, dont li royaummes estoit moult afoiblis; et tout ce ne se pooit faire sans pès. Si estoit adonc li jonnes dus de Normendie conssilliet de chiaux qu’il amoit et creoit le mieux, qu’il fesist pès au roi englès, à quel meschief que ce fuist, car tous li royaummes le desiroit. De quoy li dus, meus en pité, pour soller son coummun peuple et hoster de tribulation, dou royaumme dont il estoit drois hoirs, avoit envoiiés deviers le roy d’Engleterre les deus prelas dessus diz, qui à le premierre voie n’esploitièrent de riens; car li roys d’Engleterre estoit durement courouchiés pour le mort de son cousin le comte de le Marche, connestable de son host, qui estoit nouvellement mors sour leur chemin, et pour unes nouvelles ossi qui lui estoient venues d’Engleterre, que li Franchois avoient mis sus, en Normendie, une armée de gens d’armes par mer, liquel avoient arivet et pris terre en Engleterre à un port que on dist Winneceuesée. Et avoient li Franchois le ditte ville arse et aucunes maisons d’entours, pour lesquelz coses li dessus dis roys, à le premierre requeste et priière que li prelat li fissent, ne respondi riens, et se partirent de li et revinrent à Paris, sans riens impetrer.

Quant li roys englès eut jeu une nuit à Mont Leheri et toute se host, il se desloga et chevaucha par deviers Gaillardon. Che jour que li rois et ses gens chevauchoient vers Gaillardon, chei dou chiel en l’ost le roy uns effoudres, uns tempestes, ungs orraiges, uns esclistres, uns vens, ungs gresilz si grans, si mervilleuz et si oribles qu’il sambloit que li chie[l]s dewist partir, et li tierre ouvrir et tout engloutir. Et cheoient les pierres si grandes et si grosses que elles tuoient hommes et cheval, et n’y avoit si hardi qui ne fuist tous esbahis. Et meysmement li roys se voa et dounna à Nostre Damme de Chartres. Adonc y eut en l’ost aucuns souffissans hommes qui disoient que c’estoit une verghe de Dieu envoiiée pour exemple, et que Dieux moustroit par signe qu’il volloit que on fesist pès. Si se rafrenna son corraige et fu plus humbles et debonnaire assés que devant, et se loga de haulte heure sus le rivierre de Gaillardon. A l’endemain, revinrent li prelat deviers lui, qui tant li prechièrent et remoustrèrent de biaux exemples et de bonnes parolles, que on li entama le coer, enssi que par force, à le pès, car trop à envis de premiers y entendoit; mais se volloit aller cel esté rafreschir en Bretaingne et en Normendie, et laissier couvenir les fortrèces qui pour lui se tenoient ou royaumme de France, et tantost apriès le Saint Jehan Baptiste que li bleds et les vignes meuriroient, revenir devant Paris. Telle estoit li intention dou roy englès; mès elle li mua et canga, car il fu inspirés adonc de le grace de Dieu à le priière et parolle que li prelat et li preudomme li moustrèrent. Et ossi li dus de Lancastre, ses cousins, en qui il avoit moult grant fiance, et qui avoit estet avoecq lui en gheriant li plus grans chieus qu’il ewist, y rendoit et rendi grant painne, si que en travillant et en allant à petittes journées deviers le chité de Cartres, tousjours en querant le plus cras pays pour mieux trouver à vivre, et puis par deviers Bonnevaus et par deviers le marche de Vendosme. Et adonc li dis rois englès se retray, à le priière de l’abbet de Clugny, par deviers le marce de Cartres, et là sejourna et demoura par l’espasce de vingt et un jours, traitiant de pès, laquelle fu faitte et acordée à grant joie, pour le tamps d’adonc, en le mannière que chi apriès s’enssuit, seloncq le coppie dou prochès que pluisseurs signeurs eurent. Fºs 122 vº et 123.

P. 1, l. 3: belle, douce.--_Ces mots manquent dans les mss. A 7 à 17._

P. 1, l. 4 et 5: tout cel esté jusques apriès aoust.--_Ms. A 17_: tout cel yver jusques après Pasques. Fº 274.

P. 1, l. 7: retourroit.--_Mss. A 7 à 17_: retourneroit.

P. 1, l. 12: faisoient.--_Ms. A 17_: menroient.

P. 1, l. 13: Pikardie.--_Le ms. A 17 ajoute_: Poictou.

P. 1, l. 16: leur.--_Le ms. A 17 ajoute_: bonne.

P. 1, l. 16: il.--_Mss. A_: elles. Fº 217 vº.

P. 1, l. 17: estoient.--_Ms. A 8_: estoit.

P. 1, l. 17: si.--_Mss. A_: ses.

P. 2, l. 9: Tieruane.--_Ms. A 8_: Therouenne. Fº 217 vº.

P. 2, l. 16: darrainnement.--_Mss. A_: derrenierement.

P. 2, l. 21: d’Antun.--_Ms. A 8_: d’Octuin.--_Ms. A 17_: d’Antoin. Fº 274 vº.

P. 2, l. 24: doi.--_Ms. A 17_: diz.

P. 2, l. 28: pluiseur.--_Le ms. A 8 ajoute_: autres.

P. 3, l. 5: ne leur pourpos anientir.--_Ms. A 8_: en son propos anientir.

P. 3, l. 9: requeroit.--_Ms. A 8_: queroit.

P. 3, l. 11: acordoient.--_Ms. A 17_: accordassent.--_Ms. A 15_: accorderoient.

P. 3, l. 18 et 19: ou de jour.--_Ms. A 17_: et tous les jours.

P. 3, l. 19: et leurs.--_Le ms. A 8 ajoute_: parlemens et.

P. 3, l. 23 et 24: Cil procet et ces parolles.--_Mss. A 15 à 17_: ces parollez et ces procedz.

P. 3, l. 26: rescrit.--_Ms. A 17_: escrit. Fº 275.

P. 3, l. 28: par quoi.--_Ms. A 17_: pourquoy.

P. 3, l. 30: et justement cancelé.--_Mss. A 15 à 17_: et justement et parfaictement.

P. 4, l. 2: cheoit.--_Ms. A 17_: escheoit.

P. 4, l. 7: fu trop durs.--_Ms. A 8_: estoit dur. Fº 218.

P. 4, l. 9: comment.--_Mss. A 8, 15 à 17_: combien.

P. 4, l. 10: rois de France.--_Mss. A 7, 8, 15 à 17_: en cel estat. Fº 225.

P. 4, l. 10: ostoiier.--_Mss. A 7, 8_: estoier.

P. 4, l. 44: s’i.--_Mss. A 7, 8_: se.

P. 4, l. 15: remoustroit.--_Ms. A 8_: moustroit.

P. 4, l. 18: fretable.--_Ms. A 17_: frayable.

P. 4, l. 19: alewés.--_Mss. A 8, 15 à 17_: allouez.

P. 4, l. 20: userés.--_Ms. A 17_: useriez.

P. 4, l. 21: venés.--_Ms. A 8_: viengniez.--_Mss. A 15 à 17_: veniez.

P. 4, l. 22: entente.--_Ms. A 8_: entencion.

P. 4, l. 22: entrues.--_Ms. A 7_: entrementres.--_Ms. A 8_: entre.--_Ms. A 15_: tandis.--_Ms. A 17_: endementres.

P. 4, l. 25: sus.--_Ms. A 8_: en.

P. 4, l. 26: dedens.--_Mss. A 7, 8, 15 à 17_: en.

P. 4, l. 27: soubtieves.--_Ms. A 8_: soutilles.--_Mss. A 15 à 17_: subtilles.

P. 4, l. 30: parmi.--_Mss. A_: par.

P. 4, l. 30: ouvra.--_Mss. A_: ouvroit.

P. 5, l. 1: entrues.--_Ms. A 7_: entrementres.--_Mss. A 8, 15_: pendant.--_Ms. A 17_: endementroes.

P. 5, l. 4: uns orages, uns tempès et uns effoudres.--_Ms. A 8_: uns temps et uns effoudres et uns orages.--_Ms. A 17_: une orage et une tempeste et une fouldre.--_Ms. A 15_: uns oraiges, un temps et une fouldre. Fº 238 vº.

P. 5, l. 5: descendi.--_Ms. A 17_: descendirent.

P. 5, l. 7: finer.--_Ms. A 17_: fenir.

P. 5, l. 8: cheoient.--_Mss. A 8, 15 à 17_: cheoit.

P. 5, l. 10: eshidé.--_Mss. A_: esbahis.

P. 5, l. 14: à ce donc.--_Ms. A 8_: adoncques.

P. 5, l. 15: Chartres.--_Ms. B 6_: Anchois se desloga le roy de Galardon et toutes ses gens, et s’en vint devant la bonne ville de Chartres, en instanche que pour l’asegier: de laquelle messire Ernoul d’Audrehem estoit capitaine, avecques grant foison de chevaliers et d’escuiers du pais de Bieause. Sy se loga le roy d’Engleterre en ung villaige delés Chartres, qui s’apelloit Bretegny, et toutes ses gens ens ès villaiges d’entour, où il faisoient logis de feulles et de bos; car le saison le devoit, car che fu o joly mois de may. Fºs 608 et 609.

P. 5, l. 15: Bretegni.--_Ms. A 8_: Bretingny.

P. 5, l. 17: poins.--_Mss. A 7, 17_: couvens.

P. 5, l. 18: enterinement.--_Mss. A_: entierement.

P. 5, l. 19: poursievir.--_Mss. A 7 et 8_: poursuir.

P. 5, l. 20: clerch.--_Ms. A 17_: gens.

P. 5, l. 23: s’ensieut ensi.--_Ms. A 8_: est telle.

§ =475=. Edowart.--_Ms. d’Amiens_: C’est assavoir que li rois Edouwars d’Engleterre et si hoir doient ravoir, tenir et possesser perpetuellement, paisieulement et quittement, sans nul resort et sans tenir en fief dou roy de France ne d’autrui, tous les pays et terres qui chi s’enssieuwent, et les senescauchies, c’est assavoir de Bergorre, d’Agenès, de Kaorsin, de Pieregorch, de Roergue, de Poito, de le Rocelle, de Saintongue et de Limozin, le comté d’Agoulesme, le fief de Thouwart, le fief de Belleville, avoecq toutte la ducé de Gyane si avant que elle s’estendoit anchiennement. Et doit avoir et tenir ès marches de Pikardie, sans ressort et sans tenir en fief de nullui, le ville et le castiel de Callais à tout ses appendanches, le terre de Melch et toutte le comté de Gines, villes et castiaux, ensi comme s’estent. Et doit avoir encorres toutte le comté de Ponthieu enthierement, enssi que elle fu jadis dounnée à madamme Ysabiel de Franche, roynne d’Engleterre, se mère, en mariaige; mès celle devera il tenir en fief dou roy de Franche, s’il le voelt ravoir, enssi comme li roys ses pères faisoit. Encoires devera avoir li dis roys Edouwars, pour ses frès, [cent] mil escus à paiier six fois, cent mil dedens trois sepmaines apriès le feste Saint Jehan, l’an soissante, et le remannant dedens trois ans enssuivant, chascun an le tierche part. Et demourront au roy englès quittement touttes raenchons de pays, de villes, de maisons et de prisons acordées, soient paiiées ou à paiier. Et pour tous ces couvens et ces paiemens aemplir et pourssieuwir, enssi qu’il sont juret et creantet d’une part et d’autre, li dus de Normendie et li consseil de France doient envoiier bons hostages et souffissans, des plus nobles et plus gentils del royaumme de Franche, et d’aucunnes des bonnes chités et ossi des bonnes villes deux bourgois, pour jesir en le ville de Callais ou en Engleterre, jusques à tant que tout chou que dit est, sera paiiet et acomplit entirement. Et parmy tant li roys englès a en couvent de ramener le roy Jehan de Franche à Callais, dedens le jour de le Saint Jehan Baptiste, et là endroit tenir par l’espasse de troix sepmainnes sous ses despens, dedens lesquelles troix sepmainnes doient li Franchois avoir acomplit tous les couvens deseure devisés, et mis les gens le roy englès en possession paisieulle de tous les chastiaux et de tous les pays et terre deseure dis, desquelx ils ou ses gens ne sont point en saisinne. Et, se tout chou n’estoit plainnement fait et aemplit, enssi que dit est, dedens les trois sepmainnes apriès le Saint Jehan, li roys Jehan de Franche et tout li dessus dit hostaige doient demourer tous qois en prison à Callais, par l’espasse de trois mois apriès enssuiwant, parmy le somme de trente mil florins que li Franchois doient rendre et paiier au roy des Englès, pour les frais et les gages de lui, de ses gardes et des sergans qui garderoient le roy Jehan et les autres hostaiges, par l’espasse des diz trois mois. Et deveront demourer tousjours li Englès saisis des castiaux et fortrèches qu’il ont gaegniet ou royaumme de Franche, jusques à tant que tout chou que dit est, sera fait et acomplit ou bien asseguret, sauf tant qu’il ne doient point pillier, ne faire guerre ne tort à nullui. Et avoecq tout chou, li jonnes comtes de Montfort doit ravoir le comté de Montfort, entierement quitte et liege, et le sienne part de la duché de Bretaingne, si avant que li doy roy deseure dit diront par droit qu’il en deveroit avoir, oyes et examinées diligamment les raisons monseigneur Carlon de Blois, d’une part, et les siennes, d’autre. Et devera tout chou tenir en fief dou roy de Franche. Et apriès, quant tout chou sera fait et acomplit, li roys Jehans de Franche doit estre delivrés et ramennés à Paris, et seize prisonniers seullement qui furent pris avoecq lui à le bataille de Poitiers, telx dont entre iaux deux li doy roy se poront acorder. Et affin que on puist paisieullement et parfettement aemplir tout chou que deviset est, une trieuwe generaulx fu acordée à durer par tant jusques à le feste Saint Micquiel, et de le feste Saint Mickiel en ung an apriès enssuivant. Et doient li Franchois menner et conduire le roy Edouwart à tout son host, parmy Franche jusques à Callais, paisieulement, et faire livrer à vivre pour leurs deniers payans, et ouvrir villes, castiaux, fortrèches et passages pour passer, dormir et reposer parmy, sans avoir grief ne molesté. Et parmy touttes ces couvenenchez, li roys Edouwars d’Engleterre et si hoir doient quiter et renonchier à le calenge, as armes et au nom del royaumme de Franche.

Enssi et sus ceste fourme fu la pès devisée, acordée et confremmée, mès les cartres ne furent mies si tost escriptez ne grosséez; et quant elles furent escriptez, li conssaux de Franche y missent ung point, par mannière de langage, que li Englès au lire n’entendirent mies bien ne examinèrent, mais le laissièrent legierement passer; c’est chou qui leur a depuis empechiet leur querelle, car li rois Jehans, li dus de Normendie, ses aisnés filz, et li autre frère, quant il jurèrent le pès à tenir et à poursiewir sus l’estat dou ressort, affin que, pour le temps à venir, il y ewissent droit de callenge et qu’il ne s’en desnuassent mies dou tout, dissent enssi: «Seloncq le grosse de le cartre, nous dounnons et reservons toutes les coses dessus dittes, etc.» Je ne vous en parleray plus tant c’a orres; mès quant il en appertenra à parler, j’en parlerai, s’il plaist à Dieu, et à point. Fº 123.

§ =476=. Quant ceste lettre.--_Ms. d’Amiens_: Or revenrons à nostre pourpos. Li dus de Normendie jura à poursuiwir et à mainte[ni]r touttes ces coses dessus dites et devisées, comme aisnés hoirs del royaumme, en le presence dou prinche de Galles, dou duch de Lancastre, dou comte de Warvich, dou comte de Sallebrin, de monsigneur Renart de Gobehen, de monsigneur Richart de Stanfort, du seigneur de Perssi, de monsigneur Gautier de Mauni et de monsigneur Rogier de Biaucamp, qui là estoient comme procureur au roy englès, et ossi fissent pluisseur seigneur dou royaumme de France. Et d’autre part ossi le jurèrent li dessus [dit] seigneur d’Engleterre, comme procureur dou roy englès, en le presence dou ducq de Normendie et des autres seigneurs de Franche.

Quant touttes ces coses furent jurées et acordées, li dus de Normendie et ses conssaux retourna à Paris. Et li prinches de Galles et li aultre retournèrent deviers le roy et son host, à qui il recordèrent coumment il avoient besongniet. Si pleut moult bien au roy tous li affaires. Et envoya li dis rois englès ces quatre chevaliers, monsigneur Renart de Gobehen, monsigneur Richard de Stanfort, monsigneur Gautier de Mauni, monsigneur Rogier de Biaucamp, à Paris, pour jurer le pès au palais devant tout le peuple. De quoy, quand on seut leur venue, on alla contre yaux hors de le chité de Paris bien loing, moult reveramment à grant pourcession, et sonnèrent touttes les cloches de Paris à leur venue en nom de solempnité et de feste. Et furent ensi amenet jusques au palais, là où il fissent le sierement, voiant et oiant tous chiaux qui oïr et veoir les peurent, de par le roy englès et tous ses enfans. Et puis furent très grandement festiiet et honnouret dou duc de Normendie et de tous les seigneurs et les nobles de Franche qui là estoient, et furent menet en le belle cappelle dou palais de Paris. Si leur furent moustrées les plus belles reliques et les plus digneus joyaux du monde qui là estoient, et meysmement le sainte couronne dont Dieux fu courounnés à son saintimme travel. Et en dounna li dus de Normendie à chacun des chevaliers une des plus grandes espinnes de le ditte courounne, laquelle cose chacuns chevaliers prisa moult et le tint au plus noble joyel que on li pewist dounner. Apriès, li dis dus de Normendie fist dounner à chacun le plus biel courssier que on pewist veoir ne trouver, et grant plenté d’autres joyaux d’or et d’argent et de très presieuses pierres. Et puis furent conduit et remennet noblement et puissamment jusque à lors gens qui les atendoient par deviers Paloseal. Si chevaucièrent avoecq yaux, à grant compaignie de gens d’armes, li doy marescal de Franche jusques à l’ost du roy Edouwart, et de là en avant pour yaux conduire parmy le royaumme [de Franche] sauvement, et pour yaux faire livrer à vivre et lors necessitez pour leurs deniers payant, enssi que couvens estoit. Fº 123 vº.

P. 17, l. 16: ceste.--_Mss. A_: celle.

P. 17, l. 16: s’appelle.--_Mss. A_: s’appelloit.

P. 17, l. 17: chartres.--_Ms. A 17_: lettres.

P. 17, l. 18: en celle anée.--_Ms. A 8_: en pluseurs manières. Fº 221.

P. 17, l. 21: quant il.--_Les mss. A ajoutent_: la virent et ilz.

P. 17, l. 23: ensonniiet.--_Ms. A 8_: embesoingniez.

P. 17, l. 23: istance.--_Ms. A 8_: entencion.

P. 18, l. 8: partie.--_Le ms. A 17 ajoute_: de son conseil et. Fº 279 vº.

P. 18, l. 10: couvignablement.--_Mss. A_: convenablement.

P. 18, l. 12: estoit.--_Ms. A 17_: fut.

P. 18, l. 12: moult.--_Mss. A_: durement.

P. 18, l. 19: venu.--_Ms. A 8_: revenuz.

P. 18, l. 20: à toutes ces coses.--_Mss. A_: à toutes les choses dessus dites.

P. 18, l. 24: plaisirent.--_Mss. A_: pleurent.

P. 18, l. 25: et à son conseil.--_Ces mots manquent dans les mss. A._

P. 18, l. 28: Michiel.--_Les mss. B 4 et A ajoutent_: et de le Saint Michiel en. Fº 224.

P. 19, l. 4: publikement.--_Ce mot manque dans le ms. A 17._, Fº 280.

P. 19, l. 6: triewe.--_Ms. A 8_: traittié. Fº 221 vº.

P. 19, l. 11: à lui.--_Ms. A 8_: de lui.

P. 19, l. 12: venir.--_Ces mots manquent dans les mss. A._

P. 19, l. 16: Briane.--_Ms. A 17_: Brienne. Fº 280.--_Ms. A 15_: le sire de Neufville. Fº 242.

P. 19, l. 18: de.--_Mss. A_: du roy.

P. 19, l. 24: en grant.--_Le ms. A 17 ajoute_: ordonnance et.--_Ce ms. omet_: et à pourcessions.

P. 19, l. 25: widièrent.--_Ms. A 8_: vindrent. Fº 221 vº.--_Ms. A 15_: issirent.--_Ms. A 17_: se partirent de la ville de Paris.

P. 19, l. 27: ensi.--_Ms. A 17_: dedens Paris.

P. 19, l. 31: venue.--_Ms. A 8_: voulenté.

P. 19, l. 31: à ce donc.--_Ms. A 8_: adonques.

P. 19, l. 32, et p. 20, l. 1: jonchies.--_Mss. A 11 à 14_: pavées d’.

P. 20, l. 2: pooit.--_Ms. A 8_: pot.

P. 20, l. 7: bellement.--_Mss. A 8, 15_: bien.

P. 20, l. 7 et 8: reveramment.--_Ms. A 17_: saigement.

P. 20, l. 17: mené.--_Ms. A 8_: amenez.

P. 20, l. 19: digne.--_Ms. A 8_: riches.

P. 20, l. 29: donner.--_Ms. A 17_: baillier.

P. 20, l. 32: remercièrent.--_Ms. A 8_: mercièrent.

P. 21, l. 2: estoient.--_Ces mots manquent dans les mss. A._

P. 21, l. 4: assés.--_Ms. A 17_: bien.

P. 21, l. 9: vivres.--_Le ms. A 15 ajoute_: en paiant leurs deniers.

§ =477=. Quant il furent.--_Ms. d’Amiens_: Quant il furent parvenu jusques en l’ost dou roy Edouwart, li chevalier d’Engleterre qui avoient esté à Paris, li racontèrent tantost le très grande honneur et feste que on leur avoit fait à Paris, et li moustrèrent les nobles jewiaux que on leur avoit donnés: de quoy li roys eut grant joie. Si festia grandement ces seigneurs franchois qui là estoient venu pour ses gens conduire, ensi que dit est. Si vint à l’endemain li roys englès en le cité de Cartres, et alla en grant devotion à l’eglise de Nostre Damme, et aucun des seigneurs d’Engleterre. Et y donna li roys grans dons et biaux jeuiaux, et ossi fissent li seigneur; puis s’en partirent et chevauchièrent leur chemin bellement et ordonneement deviers Normendie et par deviers le Pont de l’Arche, pour passer là endroit la rivierre de Sainne, si qu’il fissent. Et partout là où il venoient, il trouvoient les bonnes villes ouvertes pour passer tout oultre, et tout chou qu’il leur besongnoit à vendre pour marchiet raisonnable. Si passoient bellement et courtoisement oultre, et se logoient en villes campestres; car vous devés savoir que, sitost que li pès fu parfaite et acordée, on le fist nunchier et criier par tout le royaumme de Franche, les cités et les bonnes villes: par quoy chacun pooit savoir qu’il devoit faire. Et li roys englès faisoit toudis ses marescaux chevauchier derierre, pour garder que ses gens ne fesissent forche, villonnie ne outraige à nullui, ne par nuit, ne par jour. Quant li Englès furent parvenus jusques au Pont de l’Arce, ilz se logièrent environ. L’endemain au matin, li roys se parti de ses gens et s’en alla en petite compaignie par deviers un port de mer que on claimme Harflues. Là trouva il de ses vaissiaux qui estoient nouvellement venu d’Engleterre.

Li roys d’Engleterre monta en mer à Harflues, pour revenir arrierre en Engleterre. Et ses gens passèrent le rivierre de Sainne au Pont à l’Arche, et cheminèrent bellement et courtoisement parmy le pays, enssi que dit est, tant qu’il vinrent à Pekegny. Si passèrent là endroit le rivière de Somme et fissent tant, en cheminant, qu’il parvinrent à le forte ville de Callaix. Adonc prissent li Franchois congiet d’iaux, qui les avoient courtoisement conduis; et li Englez s’appareillièrent pour passer oultre en Engleterre, chacuns enssi que mieux peult. Et ossi chacuns des gens d’armes estranges s’en ralla en son pays, mès petit en y avoit.