Relation des choses de Yucatan de Diego de Landa Texte espagnol et traduction française en regard, comprenant les signes du calendrier et de l'alphabet hiéroglyphique de la langue maya; accompagné de documents divers historiques et chronologiques, avec une grammaire et un vocabulaire abrégés français-maya, précédés d'un essai sur les sources de l'histoire primitive du Mexique et de l'Amérique Centrale, etc., d'après les monuments égyptiens, et de l'histoire primitive de l'égypte d'après les monuments américains par l'abbé Brasseur de Bourbourg

Part 26

Chapter 263,853 wordsPublic domain

L’année dont la lettre dominicale était _Kan_, le présage était _Hobnil_, et, suivant ce que les Yucatèques disaient, ils dominaient tous les deux dans la région du midi. Cette année-là donc ils fabriquaient une image ou figure de terre cuite creuse de l’idole qu’ils appelaient _Kan-u-Uayeyab_ et la portaient aux massifs de pierre sèche qu’ils avaient faits du côté du midi. Ils choisissaient un chef de la ville, dans la maison duquel ils célébraient ces jours-là la fête; à cet effet, ils façonnaient aussi la statue d’un autre dieu nommé _Bolon-Zacab_[152], qu’ils plaçaient dans la maison du chef élu, exposé dans un endroit où tout le monde pût arriver.

Cela fait, les nobles, le prêtre, et les hommes de la population se réunissaient tous ensemble; ils se rendaient par un chemin balayé et orné d’arcs et de verdure, aux deux massifs de pierre où se trouvait la statue, autour de laquelle ils se rassemblaient avec beaucoup de dévotion. Le prêtre alors l’encensait avec quarante-neuf grains de maïs moulu, mêlés avec de l’encens; les nobles mettaient ensuite leur encens dans la cassolette de l’idole et l’encensaient à leur tour. Le maïs avec l’encens du prêtre s’appelait _zacah_, et celui que les nobles présentaient _chahalté_. Ayant encensé l’image, ils coupaient le cou à une poule et la lui présentaient.

Cela terminé, ils plaçaient la statue sur un brancard, appelé _Kanté_[153], et, sur ses épaules, un ange, comme signe de l’eau et de la bonne année qu’on devrait avoir; quant à ces anges, ils les figuraient épouvantables à voir. Ils emportaient ensuite la statue en dansant avec beaucoup d’allégresse, à la maison du chef, où se trouvait l’autre statue de _Bolon-Zacab_: pendant qu’ils étaient en chemin, on en apportait aux nobles et au prêtre un breuvage fait de quatre cent vingt-cinq grains de maïs grillé, qu’ils appellent _Picula-Kakla_, dont tous aussitôt buvaient. Arrivés à la demeure du chef, ils plaçaient l’image qu’ils apportaient vis-à-vis de la statue qui s’y trouvait déjà, et lui faisaient beaucoup d’offrandes de boissons et de mets, de viande, de poisson; ces offrandes étaient partagées, après cela, entre les étrangers qui étaient présents et on ne donnait au prêtre qu’un gigot de daim.

D’autres se tiraient du sang, scarifiant leurs oreilles, et en oignaient une pierre qu’il y avait là, idole nommée _Kanal-Acantun_. Ils modelaient un cœur de la pâte de leur pain, ainsi qu’un autre pain de graines de calebasses qu’ils présentaient à l’idole de _Kan-u-Uayeyab_. C’est ainsi qu’ils gardaient cette statue et l’autre durant les jours néfastes, les enfumant de leur encens et d’encens mêlé de grains de maïs moulu. Ils tenaient pour certain que s’ils négligeaient ces cérémonies, ils seraient sujets à des maladies qui étaient du ressort de cette année. Les jours malheureux passés, ils portaient la statue du dieu _Bolon-Zacab_ au temple et l’image de l’autre à la sortie orientale de la ville, afin de l’y aller prendre l’année suivante: ils l’y laissaient et s’en retournaient chez eux, chacun s’occupant de ce qu’il pouvait avoir à faire pour la célébration du nouvel an.

Une fois les cérémonies terminées et le mauvais esprit chassé, dans leur fausse manière de voir, ils tenaient cette année pour bonne, parce qu’avec le signe _Kan_ dominait le _Bacab-Hobnil_, qui, à ce qu’ils disaient, n’avait pas péché comme ses frères, et c’était à cause de cela qu’il ne leur en venait aucune calamité. Mais comme il arrivait fréquemment d’y en avoir également, le démon s’était arrangé à leur faire établir des cérémonies, de façon à ce qu’en cas de malheur, ils en attribuassent la faute à leurs cérémonies et à ceux qui en étaient les serviteurs, et qu’ainsi ils demeurassent toujours dans l’erreur et dans l’aveuglement.

A son instigation, donc, ils fabriquaient une idole, nommée _Yzamna-Cauil_[154], qu’ils plaçaient dans son temple, et lui brûlaient dans la cour trois pelotes d’un lait ou résine qu’ils appelaient _kik_: ils lui sacrifiaient un chien ou un homme, ce qui se faisait avec l’apparat dont il a été parlé au chapitre cent[155] au sujet de ces victimes. Il y avait toutefois quelque différence dans la manière d’offrir ce sacrifice: on établissait dans la cour du temple un grand massif de pierre, et l’homme ou l’animal qui devait être sacrifié était attaché à une sorte d’échafaud plus élevé d’où ils le lançaient sur le massif: les officiers aussitôt le saisissaient et lui arrachaient avec prestesse le cœur, qu’ils portaient à la nouvelle idole, en le lui offrant entre deux plats. On faisait encore d’autres offrandes de comestibles. Dans cette fête, des vieilles femmes, choisies à cet effet, dansaient revêtues d’habillements particuliers. On ajoutait qu’un ange descendait alors et recevait le sacrifice.

§ XXXVI.—_Sacrificios del año nuevo de la letra Muluc. Bailes de los Zancos. Otro de las viejas con perros de barro._

El año en que la letra dominical era _Muluc_ era el aguero _Canzienal_. Y a su tiempo elegian los señores y el sacerdote un principal para hazer la fiesta, el qual elegido hazian la imagen del demonio como la del año passado, a la qual llamavan _Chac-u-Uayeyab_ y llevavanla a los montones de piedra de hazia la parte del oriente donde avian echado la passada. Hazian una estatua al demonio llamado _Kinch-Ahau_, y ponianla en casa del principal en lugar conveniente y desde alli, teniendo muy limpio y adereçado el camino, ivan todos juntos con su acostumbrada devocion por la imagen del demonio _Chac-u-Uayeyab_.

Llegados la sahumava el sacerdote con LIII granos de maiz molidos y con su encienso, a lo qual llaman _zacah_. Dava el sacerdote a los señores que pusiessen en el brasero mas encienso de lo que llamamos _chahalté_, y despues degollavanle la gallina, como al passado, y tomando la imagen en un palo llamado _Chacté_, la llevavan accompañandola todos con devocion y vailando unos vailes de guerra que llaman _Holcan-Okot_, _Batel-Okot_. Sacavan al camino a los señores y principales su bevida de CCC y LXXX maizes tostados como la de atras.

Llegados a casa del principal ponian esta imagen en frente de la estatua de _Kinch-Ahau_ y hazianle todas sus ofrendas, las quales repartian como las demas. Ofrecian a la imagen pan hecho como yemas de uevos, y otros como coraçones de venados, y otro hecho con su pimienta desleida. Avia muchos que derramavan sangre, cortandose las orejas, y untando con la sangre la piedra que alli tenian del demonio que llamavan _Chacan-cantun_. Aqui tomavan mochachos y les sacavan sangre por fuerça de las orejas, dandoles en ellas cuchilladas. Tenian esta estatua y imagen hasta passados los dias aciagos, y entre tanto quemavanle sus enciensos. Passados los dias, llevavan la imagen a echar a la parte del norte por ay donde otro año la avian de salir a recibir, y la otra al templo, y despues ivanse a sus casas a entender en el aparejo de su año nuevo. Avian de temer, si no hazian, las cosas dichas, mucho mal de ojositos.

Este año en que la letra _Muluc_ era dominical y el _Bacab Canziemal_ reynava, tenian por buen año, ca dezian que era este el mejor y mayor destos dioses _Bacabes_; y ansi le ponian en sus oraciones el primero. Pero con todo eso, les hazia el demonio hiziessen un idolo llamado _Yax-Coc-Ahmut_, y que lo pusiessen en el templo y quitassen las imagenes antiguas, y hiziessen en el patio de delante del templo un bulto de piedra en el qual quemassen de su encienso, y una pelota de la resina o leche _kik_, haziendo alli oracion al idolo, y pidiendole remedio para las miserias que aquel año tenian; las quales eran poca agua, y echar los maizes muchos hijos y cosas desta manera; para cuyo remedio, les mandava el demonio ofrecerle hardillas y un paramento sin labores; el qual texessen las viejas que tienen por officio el bailar en el templo para aplacar a _Yax-Coc-Ahmut_.

Tenian otras muchas miserias y malos señales, aunque era bueno el año, sino hazian los servicios que el demonio les mandava; lo qual era hazer una fiesta y en ella vailar un vaile en muy altos zancos y ofrecerle cabeças de pavos y pan y bevidas de maiz; avian de ofrescerle perros hechos de barro con pan en las espaldas, y avian de vailar con ellos en las manos las viejas y sacrificarle un perrito que tuviesse las espaldas negras y fuesse virgen, y los devotos dellos avian de derramar su sangre y untar la piedra de _Chacacantun_ demonio con ella. Este servicio y sacrificio tenian por agradable a su dios _Yax-Coc-Ahmut_.

§ XXXVI.—_Sacrifices de l’année nouvelle au signe de Muluc. Danse des Échasses. Danse des vieilles femmes aux chiens de terre cuite._

L’année dont la lettre dominicale était _Muluc_ avait pour présage _Canzienal_. Quand le temps en était venu, les nobles et le prêtre élisaient le chef qui devait célébrer la fête. Cela fait, ils moulaient, comme l’année précédente, l’image de l’idole, appelée _Chac-u-Uayeyab_, et la portaient aux massifs de pierre vers la partie de l’orient où ils avaient laissé celle de l’année d’avant. Ils fabriquaient une statue du dieu, nommé _Kinch-Ahau_[156], qu’ils plaçaient en lieu convenable dans la maison du chef: puis, de là, s’acheminant par une rue proprement balayée et ornée, ils se rendaient tous ensemble, avec leur dévotion accoutumée, à l’endroit de la statue de _Chac-u-Uayeyab_.

En arrivant, le prêtre l’encensait avec son encens et ses quarante-trois[157] grains de maïs moulu, qu’ils nomment _Zacah_: il donnait aux nobles de l’encens appelé _Chahalté_ pour le mettre dans l’encensoir, après quoi ils coupaient le cou à une poule, comme l’autre fois. Ils enlevaient ensuite la statue sur le brancard, nommé _Chacté_, et l’emportaient avec dévotion, tandis que la foule exécutait à l’entour quelques danses de guerre, appelées _Holcan-Okot_, _Batel-Okot_[158]. On apportait en même temps aux seigneurs et aux principaux habitants leur boisson composée de trois cent quatre-vingts grains de maïs grillés, comme auparavant[159].

Arrivés à la maison du chef, ils plaçaient la statue en face de celle de _Kinch-Ahau_ et lui faisaient les oblations accoutumées, qu’ils partageaient ensuite comme la dernière fois. Ils lui offraient du pain fait en forme de jaunes d’œuf et d’autres comme des cœurs de cerf et un autre composé avec du piment délayé. Il y avait, comme d’ordinaire, bien des gens qui se tiraient du sang, en se scarifiant les oreilles, et en oignaient la pierre de l’idole appelée _Chacan-Cantun_[160]. Ici ils prenaient des petits garçons et leur tiraient par force du sang des oreilles, en leur faisant des incisions avec des couteaux. Ils gardaient cette statue jusqu’à la fin des jours néfastes et entre temps lui brûlaient de leur encens. Ces jours passés, ils la portaient au côté du nord où ils devaient aller la prendre l’année suivante, et déposaient l’autre dans son temple, après quoi ils retournaient chez eux, pour se préparer aux solennités de l’an nouveau. Ils tenaient pour certain que s’ils négligeaient de célébrer les cérémonies susdites, ils seraient exposés à avoir de grands maux d’yeux.

Cette année, dont la lettre dominicale était _Muluc_ et dans laquelle dominait _Bacab-Canziemal_[161], ils la regardaient comme bonne; car ils disaient que celui-ci était le plus grand et le meilleur de ces dieux Bacab; aussi le mettaient-ils le premier dans leurs prières. Avec tout cela, cependant, le démon leur avait inspiré de fabriquer une idole nommée _Yax-Coc-Ahmut_[162], qu’ils plaçaient dans le temple, après en avoir enlevé les anciennes statues: ils érigeaient dans la cour qui est au-devant du temple un massif en pierre sur lequel ils brûlaient de l’encens avec une pelote de la résine ou lait _kik_, invoquant l’idole et lui demandant de les secourir contre les misères de l’année courante. Ces misères devaient être la rareté de l’eau, l’abondance des rejetons dans le maïs et autres choses du même genre; pour avoir un remède à ces maux, le démon leur commandait d’offrir des écureuils et un parement sans broderies, tissé par les vieilles, dont l’office était de danser dans le temple, afin d’apaiser le dieu _Yax-Coc-Ahmut_.

On les menaçait encore d’une foule d’autres misères et de mauvais signes relativement à cette année, bien qu’elle fût réputée bonne, s’ils n’accomplissaient les devoirs que le démon leur imposait: l’un entre autres était une fête, avec un ballet qu’ils exécutaient montés sur de très-hautes échasses, et un sacrifice où ils offraient des têtes de dindons, du pain et des boissons de maïs. Il leur était imposé de présenter également des chiens en terre cuite, portant du pain sur le dos: les vieilles étaient obligées de danser, ces chiens entre les mains, et de sacrifier au dieu un petit chien aux épaules noires, et qui fût encore vierge; ceux qui étaient les plus dévots à cette cérémonie devaient tirer le sang de l’animal et en frotter la pierre du dieu _Chac-Acantun_. Ces rites et ce sacrifice passaient pour être fort agréables au dieu _Yax-Coc-Ahmut_.

§ XXXVII.—_Sacrificios del año nuevo de la letra Yx. Pronosticos malos y modo de remediar sus efectos._

El año en que la letra dominical era _Yx_ y el aguero _Zacciui_, hecha la eleccion del principal que celebrasse la fiesta, hazian la imagen del demonio, llamado _Zacu-Uayeyab_, y llevavanla a los montones de piedra de la parte del norte, donde el año passado la avian echado. Hazian una estatua al demonio _Yzamna_ y ponianla en casa del principal, y todos juntos, y el camino adereçado, ivan devotamente por la imagen de _Zac-u-Uayeyab_. Llegados la sahumavan como lo solian hazer, y degollavan la gallina y puesta la imagen en un palo llamado _Zachia_, la trayan con su devocion y bailes los quales llaman _Alcabtan-Kamahau_. Traian les la bevida acostumbrada al camino, y llegados a casa ponian esta imagen delante la estatua de _Yzamna_, y alli le offrecian todas sus offrendas, y las repartian, y a la estatua de _Zac-u-Uayeyab_ ofrescian una cabeça de un pavo, y empanados de codornices y otras cosas y su bevida.

Otros se sacavan sangre y untavan con ella la piedra del demonio _Zac-Acantun_ y tenianse assi los idolos los dias que avia hasta el año nuevo, y saumavanlos con sus saumerios hasta que llegado el dia postrero llevavan a _Yzamna_ al templo y a _Zac-u-Uayeyab_ a la parte del poniente a echarle por ay para recibirla otro año.

Las miserias que tenian este año si eran negligentes en estos sus servicios eran desmayos y amortecimientos y mal de ojos. Tenianle por ruyn año de pan, y bueno de algodon. Este año en que la letra dominical era _Yx_, y el _Bacab Zacciui_ reynava, tenian por ruyn año, porque dezian avian de tener en el miserias muchas, ca dezian avian de tener gran falta de agua, y muchos soles, los quales avian de secar los maizales, de que se les seguiria gran hambre, y de la hambre hurtos, de hurtos esclavos, y vender a los que los hiziessen. Desto se les avian de seguir discordias y guerras entre si propios o con otros pueblos. Dezian tambien avia de aver mudança en el mando de los señores o de los sacerdotes, por razon de las guerras y discordias.

Tenian tambien un pronostico de que alguños de los que quisiessen ser señores no prevalescerian. Dezian ternian tambien langosta, y que se despoblarian muchos de sus pueblos de hambre. Lo que el demonio les mandava hazer para remedio destas miserias las quales todas o algunas dellas entendian les vernian, era hazer un idolo que llamavan _Cinch-Ahau Yzamna_, y ponerle en el templo, donde le hazian muchos saumerios y muchas ofrendas y oraciones, y derramamientos de su sangre, con la qual untavan la piedra de _Zac-Acantun_ demonio. Hazian muchos vailes, y vailavan las viejas como solian, y en esta fiesta hazian de nuevo un oratorio pequeño al demonio, o le renovavan, y en el se juntavan a hazer sacrificios y offrendas al demonio, y a hazer una solemne borachera todos; ca era fiesta general y obligatoria. Avia algunos santones que de su voluntad, y por su devocion hazian otro idolo como el de arriba y le ponian en otros templos, donde se hazian ofrendas y borachera. Estas boracheras y sacrificios tenian por muy gratos a sus idolos, y por remedios para librarse de las miserias del pronostico.

§ XXXVII.—_Sacrifices de l’année nouvelle au signe d’Yx. Pronostics sinistres; comment on en conjurait les effets._

L’année dont la lettre dominicale était _Yx_ et le présage _Zac-Ciui_, l’élection du chef qui célébrait la fête étant terminée, ils fabriquaient l’image du dieu appelé _Zac-u-Uayeyab_ et la portaient aux massifs de pierre où ils avaient laissé l’autre, l’année d’avant. Ils modelaient une statue du dieu _Yzamna_ et la plaçaient dans la maison du chef, après quoi, par une rue ornée, suivant la coutume, ils se rendaient dévotement à l’image de _Zac-u-Uayeyab_. A leur arrivée, ils l’encensaient comme l’autre fois et y coupaient le cou à une poule; l’image ayant été mise ensuite sur un brancard, appelé _Zachia_, ils l’emportaient dévotement, l’accompagnant de danses nommées _Alcabtan-Kam-Ahau_. On leur portait la boisson accoutumée dans le chemin, et, en arrivant à la maison, ils colloquaient l’image devant celle d’_Yzamna_ et lui faisaient leurs oblations, pour les partager ensuite: à la statue de _Zac-u-Uayeyab_, ils présentaient une tête de dindon, des pâtés de cailles, des boissons diverses, etc.

Comme toujours, il y en avait parmi les spectateurs qui se tiraient du sang, dont ils oignaient la pierre du dieu _Zac-Acantun_. De cette manière, ils gardaient les idoles durant les jours précédant l’année nouvelle, et les encensaient suivant leurs coutumes jusqu’au dernier: alors ils portaient _Yzamna_ au temple et _Zac-u-Uayeyab_ à l’orient de la ville, l’y laissant jusqu’à l’année suivante.

Les misères auxquelles ils étaient exposés cette année, s’ils venaient à négliger ces diverses cérémonies, étaient des défaillances, des pamoisons et des maux d’yeux. Ils la tenaient pour une année mauvaise quant au pain, mais abondante en coton. C’était celle qu’ils signalaient avec le caractère _Yx_ et où dominait le _Bacab Zac-Ciui_[163], qui n’annonçait rien de bien bon: suivant leur manière de voir, l’année devait entraîner des calamités de toute espèce, un grand manque d’eau, des jours où le soleil serait d’une ardeur excessive, qui dessécherait les champs de maïs; la conséquence en serait la famine; de la famine naîtraient les vols et des vols l’esclavage pour ceux qui s’en rendraient coupables. Tout cela, naturellement, devait être la source de discordes et de guerres intestines entre les citoyens et entre les villes. Ils ajoutaient qu’en l’année, marquée par ce signe, il arrivait d’ordinaire aussi des changements dans les princes ou les prêtres, par suite des guerres et des discordes.

Un autre pronostic qu’ils avaient également, c’est que quelques-uns de ceux qui recherchaient le commandement, n’arriveraient pas à leurs fins. Cette année était signalée parfois aussi par une irruption de sauterelles, dont la conséquence serait la famine et la dépopulation d’un grand nombre de localités. Pour remédier à ces calamités, qu’ils craignaient du tout ou en partie, ils fabriquaient, à l’instigation du démon, la statue d’une idole nommée _Kinch-Ahau-Yzamna_; ils la plaçaient dans le temple où ils lui offraient toutes sortes d’encens et d’oblations, se tirant du sang dont ils frottaient la pierre du dieu _Zac-Acantun_. Ils exécutaient diverses danses, les vieilles dansant comme de coutume: dans cette fête ils faisaient à neuf un petit oratoire au démon; ils s’y réunissaient pour lui offrir des sacrifices et lui faire des présents, et terminaient par une orgie solennelle où tout le monde s’enivrait; car cette fête était générale et obligatoire. Il y avait également quelques fanatiques qui, de leur propre volonté et par dévotion, fabriquaient une autre idole, comme celle dont il est parlé plus haut, qu’ils portaient dans d’autres temples, lui faisant des offrandes et s’enivrant en son honneur. Ils regardaient ces orgies et ces sacrifices comme très-agréables à leurs idoles et comme des préservatifs capables de conjurer les calamités dont ils se croyaient menacés.

§ XXXVIII.—_Sacrificios del año nuevo en la letra Cauac. Pronosticos malos y su remedio en el baile del fuego._

El año que la letra dominical era _Cauac_ y el aguero _Hozanek_, hecha la elecion del principal, para celebrar la fiesta hazian la imagen del demonio llamado _Ekuvayeyab_, y llevavanla a los montones de piedra de la parte del poniente, donde el año passado la avian echado. Hazian tambien una estatua a un demonio llamado _Uacmitun-Ahau_, y ponianla en casa del principal en lugar conveniente, y desde alli ivan todos juntos al lugar donde la imagen de _Ekuvayeyab_ estava, y tenian el camino para ello muy adereçado; llegados a ella saumavanla el sacerdote y los señores, como solian y degollavanle la gallina. Esto hecho, tomavan la imagen en un palo que llamavan _Yaxek_, y ponianle acuestas a la imagen una calabera y un hombre muerto y en cima un paxaro cenicero llamado _kuch_, en señal de mortandad grande, ca por muy mal año tenian este.

Llevavanla despues desta manera, con su sentimiento y devocion, y bailando algunos vailes, entre los quales vailavan uno como cazcarientas y assi le llamavan ellos _Xibalba-Okot_, que quiere dezir baile del demonio. Llegavan al camino los escancianos con la bevida de los señores, la qual bevida llevavan al lugar de la estatua _Uacmitun-Ahau_, y ponianle alli en frente la imagen que traian. Luego començavan sus ofrendas, saumerios y oraciones, y muchos derramavan la sangre de muchas partes de su cuerpo, y con ella untavan la piedra del demonio llamado _Ekel-Acantun_, y assi passavan estos dias aciagos, los quales passados, llevavan a _Uacmitun-Ahau_ al templo, y a _Ekuvayeyab_ a la parte de medio dia, para recibirla otro año.

Este año en que la letra era _Cauac_ y reynava el _Bacab-Hozanek_ tenian, allende de la pronosticada mortandad, por ruyn, por que dezian les avian los muchos soles de matar los maizales, y comer las muchas hormigas lo que sembrassen y los paxaros, y porque esto no seria en todas partes avria en algunos comida, la qual avrian con gran trabajo. Haziales el demonio para remedio destas miserias hazer quatro demonios llamados _Chichac-Chob_, _Ek-Balam-Chac_, _Ahcan-Uolcab_, _Ahbuluc-Balam_, y ponerlos en el templo donde los saumavan con sus saumerios, y les ofrecian dos pellas de una leche o resina de un arbol que llaman _kik_, para quemar y ciertas iguanas y pan y una mitra y un manojo de flores, y una piedra preciosa de las suyas. Demas desto, para la celebracion desta fiesta, hazian en el patio una grande boveda de madera, y henchianla de lena por lo alto y por los lados, dexandole en ellos puertas para poder entrar y salir. Tomavan despues los mas hombres de hecho sendos manojos de unas varillas muy secas y largas atadas, y puesto en lo alto de la leña un cantor, cantava y hazia son con un atambor de los suyos, vailavan los de abaxo todos con mucho concierto y devocion, entrando y saliendo por las puertas de aquella boveda de madera, y assi vailavan hasta la tarde, que dexando alli cada uno su manojo, se ivan a sus casas a descansar y comer.

En anocheciendo volvian y con ellos mucha gente, porque entre ellos esta cerimonia era muy estimada y tomando cada uno su hacho lo encendian y con ellos cada uno por su parte pegavan fuego a la leña, la qual ardia mucho y se quemava presto. Despues de hecho toda braza, la allanavan y tendian muy tendida y juntos los que avian bailado, avia algunos que se ponian a passar descalços y desnudos como ellos andavan por encima de aquella braza de una parte a otra y passavan algunos sin lesion, otros abraçados, y otros medio quemados, y en esto creian estava el remedio de sus miserias y malos agueros, y pensavan era este su servicio muy agradable a sus dioses. Esto hecho se ivan a bever y hazerse cestos, ca assi lo pedia la costumbre de la fiesta, y el calor del fuego.