Relation des choses de Yucatan de Diego de Landa Texte espagnol et traduction française en regard, comprenant les signes du calendrier et de l'alphabet hiéroglyphique de la langue maya; accompagné de documents divers historiques et chronologiques, avec une grammaire et un vocabulaire abrégés français-maya, précédés d'un essai sur les sources de l'histoire primitive du Mexique et de l'Amérique Centrale, etc., d'après les monuments égyptiens, et de l'histoire primitive de l'égypte d'après les monuments américains par l'abbé Brasseur de Bourbourg

Part 21

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La principale industrie de ces Indiens était celle de potier et de charpentier; ils étaient chargés de fabriquer les idoles d’argile et de bois, auxquelles, toutefois, ils ne mettaient la main qu’après un certain nombre de jeûnes et d’observances religieuses; mais ils y faisaient un bénéfice considérable. Il y avait aussi parmi les Mayas des chirurgiens, ou pour mieux dire, des sorciers qui guérissaient les maladies à l’aide des simples, mais avec beaucoup de rites superstitieux; et ainsi de toutes les autres professions.

Celle à laquelle ils avaient le plus de propension était le commerce: ils transportaient du sel, des étoffes et des esclaves à la terre d’Ulua et à Tabasco, les échangeant contre du cacao et des bagatelles de pierre qui étaient leur monnaie[112]: c’est avec cela qu’ils étaient accoutumés d’acheter des esclaves ou d’autres bagatelles de pierre, mais plus fines et plus belles, que leurs chefs portaient comme des joyaux dans les fêtes. Ils avaient encore une autre sorte de monnaie, faite de certaines coquilles rouges et qui servaient également à orner leurs personnes: ils les portaient dans des bourses de filet qu’ils avaient; et dans leurs foires ils traitaient de toutes les choses que produit cette contrée. Ils donnaient à crédit, prêtaient et payaient honnêtement et sans aucune usure.

Par-dessus tout ils étaient cultivateurs, recueillaient le maïs et les autres graines qu’ils conservent dans des greniers et des lieux parfaitement appropriés, pour les vendre en leur temps. Les hommes remplaçaient les mules et les bœufs. Pour chaque ménage, ils ont l’habitude de semer une mesure de quatre cents pieds en carré, qu’ils appellent _hun-uinic_, ce qui est une mesure avec une verge de 20 pieds, 20 en hauteur et 20 en largeur.

Ces Indiens ont la bonne coutume de s’entr’aider mutuellement dans tous leurs travaux. Au temps des semailles, ceux qui n’ont pas suffisamment de monde à eux pour les faire, se réunissent de vingt en vingt, plus ou moins, et s’occupent tous ensemble, suivant sa mesure et son étendue, du champ de chacun d’eux et n’en laissent point jusqu’à ce que le tout soit terminé. Les terres aujourd’hui sont communes, et le premier occupant en devient le possesseur. Ils sèment en un grand nombre d’endroits, afin que les semailles d’un champ venant à manquer, l’autre y supplée. En labourant la terre, ils n’y font d’autre engrais que d’y réunir les mauvaises herbes et de les brûler avant d’ensemencer: ils la travaillent depuis la mi-janvier jusqu’en avril, et ils sèment alors à l’entrée des pluies; ils le font, portant un petit sac sur les épaules et creusant avec un bâton pointu un trou dans la terre où ils jettent cinq ou six grains, les recouvrant ensuite avec le même bâton. Du moment qu’il commence à pleuvoir, c’est une chose merveilleuse de voir comme tout pousse. Pour la chasse, ils se réunissent également de cinquante en cinquante, plus ou moins: ils font ensuite rôtir la chair du gibier sur des grils, afin qu’elle ne se gâte point; arrivés à la ville ou à la bourgade, ils font leurs présents au seigneur et se distribuent le reste entre eux comme des amis. Ils en font de même avec la pêche.

Dans leurs visites, ces Indiens portent toujours quelque présent qu’ils puissent offrir, chacun suivant sa qualité: la personne visitée répond par un don analogue. Durant ces visites, les tiers parlent et écoutent avec attention, selon le rang et le langage de la personne à qui ils s’adressent: tous, néanmoins, se tutoient; mais, dans le cours de la conversation, le plus infime répète par égard le titre de l’office ou de la dignité des plus élevés. Un usage fort commun, c’est d’aider celui qui délivre un message, en répondant par quelques petits sons cadencés, produits par l’aspiration dans la gorge et qui est comme s’ils disaient: Il suffit, c’est fort bien. Les femmes sont brèves dans leurs raisonnements, n’étant pas accoutumées à traiter pour elles-mêmes, surtout si elles étaient pauvres; aussi les seigneurs raillaient-ils les moines de ce qu’ils prêtaient attention aux pauvres et aux riches sans distinction.

Quant aux offenses qu’ils commettaient les uns contre les autres, c’était le seigneur du lieu d’où était le coupable qui envoyait donner satisfaction; autrement, c’était une occasion et un motif pour des querelles. Si l’offenseur et l’offensé étaient du même endroit, ils en faisaient part au juge, qui était l’arbitre, et qui, sur examen du dommage, ordonnait la satisfaction; si l’offenseur n’avait pas de quoi satisfaire seul, ses parents et sa femme l’y aidaient. Ce qui pouvait donner lieu à des satisfactions de ce genre, c’était si l’un des deux en tuait un autre par accident; si par hasard le mari ou la femme venait à se pendre par quelque faute du conjoint; si quelqu’un était cause d’un incendie soit d’une maison ou d’un héritage, de ruches à miel ou d’un grenier de maïs. S’il s’agissait d’offenses ou de dommages causés par malice, la satisfaction ne s’obtenait jamais sans qu’il y eût des coups ou du sang versé.

Le Yucatèque est libéral et hospitalier: personne n’entre dans sa maison qu’il ne lui offre aussitôt à boire et à manger; de jour, de la bouillie ou du breuvage accoutumé; de nuit; de son dîner. S’il ne l’a point, il va le chercher dans le voisinage; si, en route, du monde se joint à lui, avec tous il partage, quelque peu qu’il puisse y avoir pour chacun d’eux.

§ XXIV.—_Modo de contar de los yucataneses. Nombres. Eredades y tutela de los huerfanos. Sucesion de los señores._

Que su cuenta es de V en V, hasta XX, y de XX en XX hasta C, y de C en C hasta 400, y de CCCC en CCCC hasta VIII mil. Y desta cuenta se servian mucho para la contratacion de cacao. Tienen otras cuentas muy largas, y que las protienden _in infinitum_, contandolas VIII mil XX vezes que son C y LX mil, y tornando a XX duplican estas ciento y LX mil, y despues yrlo assi XX duplicando hasta que hazen un incontable numero: cuentan en el suelo o cosa llana.

Que tienen mucha cuenta con saber el origen de sus linajes, especial si vienen de alguna casa de Mayapan, y esso procuran de saberlo de los sacerdotes, que es una de sus sciencias, y jatanse mucho de los varones que en sus linajes ha avida señalados. Los nombres de los padres duran siempre en los hijos, en las hijas no. A sus hijos y hijas siempre llamavan del nombre del padre y de la madre, el del padre como propio y de la madre apellativo. Desta manera el hijo de _Chel_ y _Chan_ llamavan _Na-Chan-Chel_, que quiere dezir hijo de fullanos, y esta es la causa que dizen los indios son los de un nombre deudos y se tratan por tales, y por esso quando viene alguno en parte no conocido y necessitado, luego acude el nombre, y si ay quien, luego con toda charidad se reciben y tratan y assi ninguna muger o hombre se casava con otro del mesmo nombre, porque era a ellos gran infamia. Llamanse aora los nombres de Pilar los propios.

Que los indios no admittian las hijas a heredar con los hermanos sino era por via de piedad o voluntad y entonces davanles del monton algo; lo demas partian los hermanos igualmente, salvo que al que mas notablemente avia ayudado a allegar la hazienda davan la equivalencia y si eran todas hijas, heredavan los hermanos o mas propinquos. Y si eran de edad que no se suffria entregar la hazienda, entregavanla a un tutor debdo mas cercano, el qual dava a la madre para criarlos, porque no usavan de dexar nada en poder de madres, o quitavanles los niños principalmente siendo los tutores hermanos del difunto. Estos tutores davan lo que assi se les entregava a los erederos quando eran de edad, y no hazerlo era gran fealdad entre ellos y causa de muchas contiendas. Quando assi le entregavan era delante de los señores y principales, quitando lo que havian dado para los criar y no davan de las cosechas de las eredades nada mas como era de colmenares y algunos arboles de cacao, porque dezian era harto tenerlo en pie. Si quando el señor moria no eran los hijos para regir y tenia hermanos, regia de los hermanos el mayor o el mas desenbuelto y al heredero mostravan sus costumbres y fiestas para quando fuesse nombre y estos hermanos, aunque el eredero fuesse para regir, mandavan toda su vida, y sino avia hermanos, elegian los sacerdotes y gente principal un hombre sufficiente para ello.

§ XXIV.—_Manière de compter des Yucatèques. Noms de famille. Héritages et tutelle des orphelins. Succession princière._

Les Yucatèques comptent de 5 en 5 jusqu’à 20 et de 20 en 20 jusqu’à 100; de 100 en 100 jusqu’à 400 et de 400 en 400 jusqu’à 8000. Cette manière de compter était fort en usage dans les marchés qui concernaient le cacao. Ils ont d’autres numérations fort longues qu’ils étendent _ad infinitum_, comptant le nombre 800 vingt fois, ce qui fait 160,000; puis retournant à 20, ils doublent 160,000 et ainsi multipliant par 20, jusqu’à ce qu’ils arrivent à un chiffre innombrable. Leurs comptes se font sur le sol ou une chose plane.

Ils tiennent beaucoup à connaître l’origine de leurs familles, surtout s’ils descendent de quelque maison de Mayapan; aussi cherchent-ils à s’en instruire auprès des prêtres, les connaissances généalogiques étant une des branches de leurs sciences: ils sont très-fiers si dans leurs familles il y a eu des hommes distingués. Les noms des pères durent toujours dans les fils, mais non dans les filles. Ils donnaient toujours à leurs fils et filles les noms du père et de la mère, celui du père comme le nom propre et celui de la mère comme l’appellatif: ainsi le fils de _Chel_ et de _Chan_ se nommait _Na-Chan-Chel_, ce qui veut dire fils de tels. C’est à cause de cela que l’on dit que ces Indiens sont tous ensemble parents et d’un même nom, et qu’ils se traitent pour tels; aussi, s’il arrive que l’un d’eux se trouve en quelque endroit inconnu et dans l’embarras, il dit son nom; sur-le-champ, s’il y en a là de la même descendance, ils accourent, le reçoivent et le traitent avec la plus grande tendresse. C’est pour cela que ni homme ni femme n’épousait quelqu’un du même nom, car il y avait là pour tous une grande note d’infamie. Leurs noms propres aujourd’hui sont comme Pilar, etc.[113].

Ces Indiens ne permettaient pas aux filles d’hériter avec leurs frères, si ce n’est par condescendance ou bonne volonté; dans ce cas, on leur donnait quelque chose de la succession. Les frères partageaient le reste d’une manière égale, sauf que celui qui avait le plus aidé auparavant à accroître le bien, en recevait l’équivalent d’avant part; s’il n’y avait que des filles, les cousins ou parents les plus proches prenaient l’héritage. Si les enfants étaient trop jeunes, pour qu’on pût le leur confier, on le remettait au plus proche parent, qui était ainsi le tuteur. Celui-ci donnait à la mère de quoi les élever; car, d’après leurs usages, ils ne laissaient rien en la puissance de la mère, ou même lui ôtaient les enfants, principalement si les tuteurs étaient les frères du défunt. Quand les héritiers avaient atteint leur majorité, ces tuteurs leur rendaient leur bien; le contraire était considéré comme une grande vilainie et devenait la cause de grandes querelles. La remise de l’héritage se faisait en présence du seigneur et des principaux de l’endroit, qui en distrayaient ce que le tuteur avait donné pour élever les enfants; mais les héritiers ne recevaient absolument rien de ce qui avait été moissonné sur l’héritage, non plus que du miel et du cacao, à cause du travail qu’occasionnaient les cacaotiers et les ruches. Lorsque le seigneur venait à mourir, ce n’étaient pas ses fils qui succédaient au gouvernement, mais bien l’aîné de ses frères, s’il en avait, ou le plus capable; l’héritier présomptif entre-temps était instruit de ce qui concernait les coutumes et les fêtes, afin qu’il devînt un homme capable lui-même. Mais encore qu’il fût en état de gouverner, c’étaient les frères de son père qui commandaient jusqu’à la fin de leur vie; mais s’il n’y avait pas de frères, les prêtres et les principaux chefs faisaient choix d’un homme capable de gouverner jusqu’à la majorité de l’héritier.

§ XXV.—_Repudiacion frecuente entre los yucataneses. Sus casamientos._

Que antiguamente se casavan a XX años, aora de XII o XIII, y por esso aora se repudian mas facilmente como se casan sin amor i ignaros de la vida matrimonial y officio de casados, y si los padres no podian persuadir que volviessen con ellas, buscavanles otra y otras y otras. Con la mesma facilidad dexavan los hombres con hijos a sus mugeres sin temor de que otro las tomasse por mugeres o despues volver a ellas; pero con todo esso son muy zelosos y no llevan a paciencia que sus mugeres no les esten honestas, y aora que han visto que los españoles sobre esso matan a las suyas, empieçan a maltratarlas y aun a matarlas. Si quando repudiavan los hijos eran niños, dexavanlos a las madres, si grandes los varones con los padres y hembras con las madres.

Que aunque era tan comun y familiar cosa repudiar, los ancianos y de mejores costumbres lo tenian por malo y muchos avia que nunca avian tenido sino una, la qual ninguno tomava de su nombre, de parte de su padre; ca era cosa muy fea entre ellos y si algunos se casavan con las cuñadas mugeres de sus hermanos, era tenido por malo. No se casavan con sus madrastas, ni cuñadas hermanas de sus mugeres, ni tias hermanas de sus madres, y si alguno lo hazia era tenido malo; con todas las demas parientas de parte de su madre contrayan aunque fuesse prima hermana.

Los padres tienen mucho cuidado de buscarles con tiempo mugeres de su estado y condicion y si podian en el mesmo lugar; y poquedad era entre ellos buscar las mugeres para si, y los padres para sus hijas casamiento; y para tratarlo, buscavan casamenteros que lo rodeassen: concertado y tratado, concertavan las aras y dote, lo qual era muy poco, y davalo el padre del moço al consuegro, y hazia la suegra allende del dote vestidos a la nuera y hijo; y venido el dia, se juntavan en casa del padre de la novia, y alli aparejada la comida, venian los combidados y el sacerdote, y juntado los casados y consuegros, tratava el sacerdote quadrarles, pues lo avian bien mirado los suegros y estarles bien y assi le davan su muger al moço essa noche si era para ello y luego se hazia la comida y combite; y de ay adelante quedava en casa del suegro el yerno, trabajando cinco o seis años por el suegro, y sino lo hazia, hechavanle de casa y travajavan las madres diesse siempre la muger de comer y bever al marido en señal de casamiento. Los viudos y viudas sin fiesta ni solemnidades se concertavan, con solo ir ellos a casa dellas y admittirlos y darles de comer se hazia el casamiento; de lo qual nacia que se dexavan con tanta facilidad como se tomavan. Nunca los yucataneses tomaron mas de una como se ha hallado de otras partes tener muchas juntas, y los padres algunas vezes contrahen matrimonio por sus hijos niños hasta que sean venidos en edad y se tratan como suegros.

§ XXV.—_Répudiation fréquente des Yucatèques. Leurs mariages._

Anciennement ils se mariaient à l’âge de vingt ans: aujourd’hui ils le font de douze à treize; aussi se répudient-ils bien plus facilement, se mariant comme ils le font, sans amour, sans connaissance de la vie matrimoniale et des devoirs qu’elle impose: quand les parents du fils ne réussissaient pas à lui persuader de retourner avec sa femme, ils en cherchaient une autre et les parents de la femme un autre mari. Les hommes ayant des enfants laissaient avec la même facilité leurs femmes, sans appréhension que d’autres les prissent ou qu’ils pussent eux-mêmes retourner à elles. Avec tout cela, ils sont fort jaloux et supportent difficilement que leurs femmes soient infidèles; et maintenant qu’ils ont vu dans des cas semblables les Espagnols tuer les leurs, ils commencent à les maltraiter et à les tuer à leur tour. Si, en les répudiant, leurs enfants étaient encore en bas âge, ils les laissaient à leurs mères; s’ils étaient grands, les garçons allaient avec le père et les filles avec la mère.

Quoique la répudiation fût une chose si commune et si familière à ces Indiens, les anciens et ceux qui tenaient aux bonnes mœurs la condamnaient; il y en avait donc beaucoup qui n’en avaient jamais eu qu’une. Ils n’en prenaient jamais qui portassent leur propre nom du côté paternel, car ils regardaient un mariage de ce genre comme une mauvaise action, de même qu’un mariage contracté avec sa belle-sœur, veuve d’un frère. Ils n’épousaient ni leurs belles-mères ni leurs belles-sœurs, du côté de leurs femmes, ni leurs tantes maternelles; et si l’un d’eux le faisait, on considérait son union de mauvais œil. Du reste ils se mariaient sans scrupule avec toutes leurs autres parentes du côté maternel, fût-ce même avec leurs cousines germaines.

Les pères avaient grand soin de chercher de bonne heure à leurs fils des femmes de leur condition et, si faire se pouvait, du même endroit qu’eux: il y avait une sorte de bassesse pour les hommes à chercher eux-mêmes leurs femmes, ou pour les pères à chercher eux-mêmes des maris pour leurs filles; à cet effet ils s’adressaient à des personnes qui se chargeaient de ce soin. Les choses une fois arrangées, on concertait le douaire et la dot, ce qui était fort peu de chose: le père du futur en remettait le montant au beau-père et, en outre de la dot, la mère faisait des habits pour sa belle-fille et pour son fils. Le jour des noces, tous s’assemblaient dans la maison du père de la future: un repas y était préparé. Les convives se trouvant réunis avec les fiancés et leurs parents, le prêtre, ayant suffisamment reconnu que ceux-ci avaient mûrement considéré l’affaire, donnait au jeune homme sa femme, s’il était destiné à la recevoir cette même nuit, après quoi avait lieu le festin. A dater de ce moment le gendre restait dans la maison de son beau-père et travaillait pour son compte pendant cinq ou six ans: s’il négligeait de le faire, on le chassait de la maison; mais les mères s’arrangeaient pour que la femme donnât toujours de quoi manger à son mari, en signe de mariage. Les veufs et veuves s’unissaient sans fêtes ni solemnités: il suffisait aux premiers de se rendre à la maison d’une veuve, d’y être reçus et d’y trouver à manger de sa main, pour que le mariage eût lieu; aussi ne se séparaient-ils pas avec moins de facilité qu’ils se prenaient pour époux. Les Yucatèques n’ont jamais eu l’usage d’épouser plus d’une femme, comme cela s’est vu dans les pays voisins, où l’on en a plusieurs à la fois. Il arrivait quelquefois que les pères contractaient mariage pour leurs enfants en bas âge, qu’ils unissaient ensuite en leur temps, et jusque-là ils ne se traitaient pas moins comme alliés.

§ XXVI.—_Modo de bautismo en Yucatan. Como lo celebravan._

No se halla el baptismo en ninguna parte de las Indias, sino en esta de Yucatan, y aun con vocablo que quiere dezir nacer de nuevo o otra vez, que es lo mesmo que en la lengua latina _renascor_, porque en la lengua de Yucatan _zihil_ quiere dezir nacer de nuevo o otra vez, y no se usa sino en composicion de verbos, y assi _caput zihil_ quiere dezir nacer de nuevo. No hemos podido saber su origen, mas de que es cosa que an siempre usado y a que tenian tanta devocion, que nadie lo dexava de recebir, y tanta reverencia que los que tenian peccados, si eran para saber los cometer los avian de manifestar, especialmente a los sacerdotes para recebirlo, y tanta fee en el que no lo iteravan en ninguna manera. Lo que pensavan recebian en el era una previa disposicion para ser buenos en sus costumbres, y no ser dañados en las cosas temporales de los demonios, y venir mediante el y su buena vida a conseguir la gloria que ellos esperavan, en la qual, segun en la de Mahoma, avian de usar de manjares y beveres.

Tenian pues esta costumbre para venir a hazer los baptismos, que criavan las indias los niños hasta edad de tres años, y a los varoncillos usavanles siempre poner pegada a la cabeça en los cabellos de la coronilla una contezuela blanca, y a las muchachas traian ceñidas por las senes muy abaxo con un cordel delgado y en el una conchuela asida que les venia a dar encima de la parte honesta, y destas dos cosas era entre ellos peccado y cosa muy fea quitarla de las mochachas antes del baptismo, el qual les davan siempre desde edad de tres años hasta doze y nunca se casavan antes del baptismo.

Quando alguno avia que quisiesse baptizar su hijo, iva al sacerdote y davale parte de su intento, el qual publicava por el pueblo el baptismo y el dia en que lo hazia, el qual ellos miravan siempre no fuesse aciago. Esto hecho el que hazia la fiesta que era el que movia la platica, elegia un principal del pueblo a su gusto para que le ayudasse a su negocio y las cosas del. Despues tenian de costumbre elegir a otros quatro hombres ancianos y honrados que ayudassen al sacerdote el dia de la fiesta a las cerimonias, y estos elegian juntamente a su gusto con el sacerdote. Y en estas elecciones entendian siempre los padres de todos los niños que avia que baptizar, ca de todos era tambien la fiesta y llamavanlos a estos que escogian _chaces_. Tres dias antes de la fiesta ayunavan los padres de los mochachos y los officiales, abstiniendose de las mugeres.

El dia juntavanse todos en casa del que hazia la fiesta y llevavan los niños todos que avian de baptizar, a los quales ponian en el patio o plaça de la casa, que limpio y sembrado de hojas frescas le tenian por orden en rengla los varones por si y las niñas por si, ponian les como padrinos una muger anciana a las niñas, y a los niños un hombre que los tuviessen a cargo.

Esto hecho tratava el sacerdote de la purificacion de la posada, hechando al demonio della. Para echarlo ponian quatro vanquillos en las quatro esquinas del patio en los quales se sentavan los quatro chaces con un cordel largo asido de uno a otro, de manera que quedavan los niños acorralados en medio a dentro del cordel, despues pasando sobre el cordel avian de entrar todos los padres de los niños que avian ayunado dentro del circuito. Despues o antes ponian en medio otro vanquillo donde el sacerdote se sentava con un brasero, y un poco de maiz molido y de su encienso. Alli venian los niños y niñas por orden y echavales el sacerdote un poco de maiz molido y del encienso en la mano, y ellos en el brasero; y ansi hazian todos, y estos saumerios acabados, tomavan el brasero en que los hazian, y el cordel con que los chaces los tenian cercados y echavan en un vaso un poco de vino y davan lo todo a un indio que lo llevasse fuera del pueblo, avisandole no beviesse ni mirasse atras a la buelta y con esto dezian quedava el demonio echado.

El qual assi ido verrian el patio y limpiavanlo de las hojas del arbol que tenia que se dize _cihom_ y echavan otras de otro que llaman _copo_, y ponian unas seras en tanto que el sacerdote se vestia. Vestido salia con un jaco de pluma colorado y labrado de otras plumas de colores, y que le cuelgan de los estremos otras plumas largas y una como coroza en la cabeça de las mesmas plumas, y debaxo del jaco muchos listones de algodon hasta el suelo como colas, y con un isopo en la mano de un palo corto muy labrado, y por barbas o pelos del isopo ciertas colas de unas culebras que son como caxcaveles, y con no mas ni menos gravedad que ternia un papa para coronar un emperador, que cosa era notable la serenidad que les causavan los aparejos. Los chaces ivan luego a los niños y ponian a todos sendos paños blancos en las cabeças que sus madres para aquello traian. Preguntavan a los que eran grandecillos si avian hecho algun peccado y tocamiento feo, y si lo avian hecho, confessavanlo, y separavanlos de los otros.