Part 20
Si le seigneur venait à mourir, bien que ce fût l’aîné qui lui succédait, les autres n’en étaient pas moins aimés, secourus ou regardés comme des seigneurs eux-mêmes. Quant aux autres chefs d’un rang inférieur, on leur fournissait également tout ce qui pouvait leur être nécessaire, chacun selon sa qualité et la faveur dont ils jouissaient près du seigneur. Les prêtres vivaient de leurs offices et des offrandes. Les seigneurs gouvernaient la ville ou la bourgade, arrangeant les procès, ordonnant et concertant les choses de leurs communautés par l’intermédiaire des principaux chefs, à qui l’on témoignait beaucoup d’obéissance et de respect, surtout s’ils étaient riches. On les visitait chez eux et on leur faisait la cour dans leurs maisons; on s’y réunissait pour agiter les questions importantes, ce qui ordinairement avait lieu la nuit. Si les seigneurs sortaient de la résidence, ils emmenaient à leur suite beaucoup de monde, et il en était de même lorsqu’ils sortaient de leurs maisons.
Les Indiens du Yucatan sont une race bien faite et de haute stature, vifs et très-forts, mais généralement cagneux; car, dans leur enfance, lorsque leurs mères les portent d’un endroit à l’autre, elles les portent à califourchon sur les hanches. Ils regardaient comme une marque de beauté d’être louches; aussi leurs mères leur donnaient-elles artificiellement ce défaut en leur suspendant dès leur enfance aux cheveux une petite emplâtre de poix qui leur descendait au milieu des sourcils jusqu’à toucher les yeux; et comme cette emplâtre s’y balançait constamment, ils en arrivaient à rester louches. Ils portaient la tête et le front aplatis, ce qui était également l’ouvrage de leurs mères: tout petits on leur perçait les oreilles pour y placer des pendants, et elles étaient généralement fort scarifiées à cause des sacrifices[103]. Ils n’avaient point de barbe: ils disaient que leurs mères leur brûlaient le visage avec des linges chauds dans leur enfance, afin d’en empêcher la croissance; mais maintenant ils en ont, quoique les poils soient aussi rudes que des soies de sanglier.
Ils portaient les cheveux longs comme les femmes; au sommet ils se brûlaient comme une grande tonsure, laissant croître la chevelure tout autour, tandis que les cheveux de la tonsure restaient courts; ils les tressaient en guirlande autour de la tête, à l’exception d’une petite queue qui tombait en arrière comme une houppe.
Tous les hommes se servaient de miroirs, tandis que les femmes n’en avaient point; aussi, pour parler de ceux qui étaient cocus, disait-on d’eux que leurs femmes leur avaient mis le miroir dans les cheveux au-dessus de l’occiput.
Ils se baignaient fréquemment, sans se mettre en peine de couvrir leur nudité devant les femmes, si ce n’est en y portant la main. Ils étaient amateurs de parfums; aussi ont-ils l’usage des bouquets de fleurs ou d’herbes odoriférantes, arrangés avec beaucoup d’art. La coutume existait également chez eux de se peindre le corps et le visage en rouge, bien qu’elle leur parût mauvaise, mais cela passait pour très-gracieux.
Leur vêtement était une ceinture de la largeur de la main qui leur servait de braies et de haut-de-chausses; ils s’en enveloppaient plusieurs fois les reins, de manière à ce qu’il en tombât un bout par devant et un autre par derrière. Ces bouts étaient travaillés avec beaucoup de soin par leurs femmes, qui les ornaient de broderies et d’ouvrages de plumes; par là-dessus, ils portaient des manteaux amples et carrés, qu’ils se nouaient sur les épaules; ils avaient des sandales de chanvre ou de cuir de bêtes fauves tanné à sec, et n’usaient point d’autres vêtements[104].
§ XXI.—_Mantenimientos y comidas de los indios de Yucatan._
Que el mantenimiento principal es maiz del qual hazen diversos manjares y bevidas, y aun bevido como lo beven, les sirve de comida y bevida; y que las indias echan el maiz a remojar una noche antes en cal y agua, y que a la mañana esta blando y medio cozido, y desta manera se le quita el hollejo y peçon, y que lo muelen en piedras, y que de lo medio molido dan a los trabajadores y caminantes, y navegantes grandes pelotas y cargas; y que dura con solo azedarse algunos meses, y que de aquello toman una pella y deslianlo en un vaso de la caxcara de una fruta que cria un arbol, con el qual les proveio Dios de vasos, y que se beven aquella substancia y se comen lo demas, y que es sabroso y de gran mantenimiento, y que de lo mas molido sacan leche y la coajan al fuego, y hazen como poleadas para las mañanas, y que lo beven caliente y que sobre lo que sobra de las mañanas echan agua para bever entre dia, porque no acostumbran bever agua solo. Que tambien lo tuestan y muelan y deslian en agua que es muy fresca bevida, echandole un poco de pimienta de Indias o cacao.
Que hazen del maiz y cacao molido una manera de espuma muy sabrosa con que celebran sus fiestas, y que sacan del cacao una grasa que parece mantequillas y que desto y del maiz hazen otra bevida sabrosa y estimada, y que hazen otra bevida de la substancia del maiz molido, assi crudo que es muy fresca y sabrosa. Que hazen pan de muchas maneras, bueno y sano, salvo que es malo de comer, quando esta frio, y assi passan las indias trabajo en lo hazer dos vezes al dia. Que no se ha podido acertar a hazer harina, que se amasse como la del trigo, y que si alguna vez se haze como pan de trigo, no vale nada.
Que hazen guisados de legumbres y carne de venados y aves monteses y domesticas que ay muchas, y de pescados que ay muchos, y que assi tienen buenos mantenimientos, principalemente despues que crian puercos y aves de Castilla.
Que por la mañana toman la bebida caliente con pimienta, como esta dicho y entre dia las otras frias, y a la noche los guisados. Y que si no ay carne hazen sus salsas de la pimienta y legumbres. Que no acostumbravan comer los hombres con las mugeres, y que ellos comian por si en el suelo, o quando mucho sobre una serilla por mesa: y que comen bien quando lo tienen, y quando no, sufren muy bien la hambre y passan con muy poco. Y que se lavan las manos y la boca despues de comer.
§ XXI.—_Nourriture et repas des Indiens mayas._
Leur principale subsistance est le maïs, dont ils font des mets et des breuvages variés: en le buvant même à leur manière, cela leur sert à la fois de boire et de manger. Les Indiennes mettent la veille le maïs tremper durant une nuit dans de l’eau, mêlée de chaux; au matin, il se trouve ramolli et à moitié cuit, et elles lui ôtent ainsi la peau et le germe. Elles le moudent ensuite sur une pierre, et c’est lorsqu’il est à demi moulu qu’elles le donnent aux ouvriers, aux voyageurs et aux navigateurs sous forme de grandes pelotes: ceux-ci les emportent et elles leur durent plusieurs mois, sans autre détérioration que de s’aigrir. Lorsqu’ils veulent s’en servir, ils en prennent une poignée qu’ils délayent avec de l’eau dans un vase formé de l’écorce du fruit d’un arbre que Dieu leur a donné, les pourvoyant ainsi de vases naturels: ils y boivent cette substance et mangent le reste, ce qui leur fait une nourriture savoureuse et qui les soutient à merveille. De la portion moulue entièrement, ils tirent du lait qu’ils épaississent au feu et dont ils font une sorte de bouillie pour le matin: ils la boivent chaude, et sur ce qui reste du matin ils jettent de l’eau pour le boire durant le jour; car ils ne sont pas accoutumés à boire de l’eau seule. Ils font griller aussi du maïs et le moudent ensuite, le délayant dans de l’eau, ce qui fait une boisson fort fraîche, en y mêlant un peu de piment des Indes ou de cacao[105].
Ils font encore du maïs et du cacao, réduits en poudre, une sorte de boisson écumante fort savoureuse[106]: c’est avec cela qu’ils célèbrent leurs fêtes. Ils retirent du cacao une graisse qui ressemble à du beurre, et de cette graisse mêlée avec du maïs composent un autre breuvage savoureux et fort estimé. Ils font également une boisson de la substance du maïs moulu et cru, qui est fort rafraîchissante et agréable. Ils font du pain de différentes manières bon et salubre, sauf qu’il est indigeste lorsqu’on le mange froid; aussi les Indiennes passent-elles beaucoup de temps au travail afin d’en faire plusieurs fois le jour. On n’a pu réussir encore à en faire de la farine qu’on puisse pétrir comme celle du froment, et ce qu’on a essayé d’en faire en guise de pain de froment ne valait rien.
Ils préparent des ragoûts de légumes et de gibier, gros et menu, d’oiseaux sauvages et domestiques, qu’ils ont en grand nombre; aussi ont-ils de cette façon de fort bonnes provisions de bouche, surtout depuis qu’ils ont commencé à élever la volaille et les porcs de Castille.
Au matin, ils prennent leur boisson chaude au piment, ainsi qu’on l’a fait voir; de jour, ils boivent les autres froides et mangent les ragoûts la nuit: à défaut de viande, ils composent des sauces de piments et de légumes. Les hommes n’avaient pas la coutume de manger avec les femmes: ils prenaient leurs repas seuls, sur le sol ou bien sur une natte qui leur servait de table. Ils sont de fort bon appétit, quand ils ont de quoi se satisfaire; sinon, ils souffrent très-patiemment la faim et font avec peu. En finissant de manger, ils se lavent les mains et la bouche.
§ XXII.—_Como estos indios se labravan el cuerpo. Sus borracheras, vino, banquetes. Farsantes, musica y bailes._
Labravanse los cuerpos y quanto mas, tanto mas valientes y bravosos se tenian, porque el labrarse era gran tormento que era desta manera. Los oficiales dello labravan la parte que querian con tinta, y despues sejavanle delicadamente las pinturas, y assi con la sangre y tinta quedavan en el cuerpo las señales, y que se labran poco a poco por el tormento grande, y tambien se ponen despues malos, porque se les enconavan los labores, y haziase materia, y que con todo esso se mofavan de los que no se labravan. Y que se precian muchos de ser requebrados y tener gracias y habilidades naturales, y que ya comen y beben como nosotros.
Que los indios eran muy dissolutos en bever y emboracharse, de que les seguian muchos males, como matarse unos a otros, violar las camas, pensando las pobres mugeres recebir a sus maridos, tambien con padres y madres como en casa de sus enemigos, y pegar fuego a sus casas, y que con todo esso se perdian por emboracharse; y que quando la borrachera era general, y de sacrificios contribuian todos para ello, porque quando era particular, hazia el gasto el que la hazia con ayuda de sus parientes. Y que hazen el vino de miel y agua, y cierta raiz de un arbol que para esto criavan con lo qual se hazia el vino fuerte y muy hediondo. Y que con vailes y regozijos comian sentados de dos en dos, o de quatro en quatro; y que despues de comido, sacavan los escancianos los quales no se solian emborachar, de unos grandes artezones de bever hasta que se hazian unos cimitaras, y que las mugeres tenian mucha cuenta de bolver sus maridos borachos a casa.
Que muchas vezes gastan en un banquete lo que en muchos dias mercadeando y trompeando ganavan; y que tienen dos maneras de hazer estas fiestas, la primera que es de los señores y gente principal, obliga a cada uno de los combidados a que hagan otro tal combite, y que dava á cada uno de los combidados una ave assada y pan y bevida de cacao de abundancia, y que al fin del combite suelen dar a cada uno una manta para cubrirse y un banquillo y vaso mas galano que pueden. Y si se muere uno dellos es obligada a pagar el combite la casa o parientes del. La otra manera es entre parentelas, quando casan sus hijos o hazen memorias de las cosas de sus antepassados, y esta no obliga a restitucion, salvo que si ciento an combidado a un indio a una fiesta, assi a todos quando el haze fiesta o casa sus hijos combida. Y que sienten mucho la amistad y conservan la memoria aunque lejos unos de otros con estos combites, y que en estas fiestas les davan a bever mugeres hermosas las quales despues de dado el vaso volvian las espaldas al que lo tomava hasta vaciado el vaso.
Que los indios tienen recreaciones muy donosas y principalmente farsantes que represantan con mucho donayre tanto que estos alquilan los españoles para no mas que vean los chistes de las españoles que passan con sus moças, maridos o ellos proprios sobre el buen o mal servir, y despues lo representan con tanto artificio como curiosos españoles. Tienen atabales pequeños que tañen con la mano, y otro atabal de palo hueco de sonido pesado y triste; tañenlo con un palo larguillo puesto al cabo cierta leche de un arbol, y tienen trompetas largas y delgadas de palos huecos, y al cabo unas largas y tuertas calabaças. Y tienen otro instrumento de toda la tortuga entera con sus conchas, y sacada la carne, tañenlo con la palma de la mano, y es su sonido lugubre y triste.
Tienen chiflatos de cañas, de huessos de venado, y caracoles grandes y flautas de cañas, y con estos instrumentos hazen son a los vailantes, y tienen especialmente dos vailes muy de hombre y de ver. El uno es un juego de cañas y assi le llaman ellos _Colomche_ que lo quiere dezir; para jugarlo se junta una gran rueda de vailadores con su musica que les haze son y por su compas salen dos de la rueda, el uno con un manojo de bohordos, y vaila con ellos en hiesto. El otro vaila en cuclillas, ambos con compas de la rueda, y el de los bohordos con toda su fuerça los tira al otro, el qual con gran destreza con un palo pequeño arebatelos. Acabado de tirar buelven con su compas a la rueda y salen otros hazer lo mismo.
Otro vaile ay en que vailan ocho cientos y mas y menos indios con banderas pequeñas con son y passo largo de guerra, entre los quales no ay uno que salga de compas. Y en sus vailes son pesados, porque todo el dia entero no cessan de vailar, porque les llevan ay de comer y bever. Los hombres no solian vailar con las mugeres.
§ XXII.—_Tatouage des Yucatèques. Orgies, vin et banquets. Comédie, instruments de musique et ballets._
Les Indiens se tatouaient le corps, et plus ils en faisaient, plus ils étaient considérés comme braves et vaillants, le tatouage étant accompagné d’une grande souffrance. Voici comment ils le pratiquaient: ceux qui étaient chargés de ce travail peignaient d’abord la partie qu’ils voulaient avec de la couleur; puis ils incisaient délicatement la peinture, et ainsi le sang et la couleur se mêlant, faisaient que les traces restaient dans le corps. Ce travail se faisait petit à petit, à cause de l’extrême douleur qu’il causait; mais ils en demeuraient assez malades ensuite, car ces dessins s’enflaient et donnaient de la matière. Avec tout cela ils raillaient ceux qui ne se tatouaient point. Beaucoup d’entre eux aimaient à faire les aimables, à montrer leur grâce et leur adresse naturelles, et aujourd’hui ils boivent et mangent comme nous[107].
Ces Indiens étaient fort dissolus dans leurs orgies, aussi s’ensuivait-il souvent qu’ils se tuaient les uns les autres, et qu’ils violaient mutuellement le domicile conjugal, les pauvres femmes pensant recevoir leurs maris, qui outrageaient quelquefois leurs pères et leurs mères comme dans la maison d’un ennemi prise d’assaut, mettaient même le feu aux habitations, et avec tout cela ils se tuaient pour boire. Lorsque la débauche était générale et accompagnée de sacrifices, tout le monde y contribuait; car lorsqu’elle était particulière, c’était l’amphitryon qui en faisait les frais avec l’aide de ses parents. Leur vin se faisait de miel et d’eau[108], à quoi ils ajoutaient la racine d’un arbre qu’ils cultivaient à cet effet, ce qui rendait le vin fort et lui donnait une très-mauvaise odeur. Des danses et des réjouissances accompagnaient leurs festins, où ils mangeaient assis de deux en deux ou de quatre en quatre. Après le repas, les échansons, à qui la coutume ne permettait pas de s’enivrer, tiraient de quoi boire de quelques grandes cruches jusqu’à ce qu’ils fussent devenus ivres _comme des souches_[109], et les femmes avaient la plus grande peine du monde à ramener leurs maris ivres à la maison.
Il leur arrivait souvent de dépenser dans un banquet ce qu’ils avaient gagné péniblement en commerçant durant un grand nombre de jours. Ils avaient deux manières de célébrer leurs festins: la première était celle des seigneurs et des gens de condition; elle obligeait chacun des conviés à rendre à son tour la fête à laquelle il avait été invité; à chacun d’eux on donnait une volaille rôtie, du pain et des boissons de cacao en abondance, et à la fin du repas un manteau pour se couvrir et un petit piédestal avec la coupe qu’on y posait, aussi bien travaillée que possible. Si l’un d’eux venait ensuite à mourir, l’obligation de rendre le repas incombait à sa maison ou à ses parents. La seconde manière de donner des festins avait lieu entre les familles, lorsqu’elles venaient à marier leurs enfants ou à célébrer la mémoire des faits de quelqu’un de leurs ancêtres, mais ceci n’obligeait pas à rendre le repas; seulement si cent personnes avaient invité un Indien à une fête, il les invitait tous à son tour, quand il venait à marier quelqu’un de ses enfants. Ils sont fort sensibles à une preuve d’amitié et ils conservaient longtemps le souvenir de ces invitations, quoique fort éloignés les uns des autres. Dans ces repas, celles qui leur donnaient à boire étaient de belles femmes qui, après leur avoir présenté le vase, tournaient le dos à celui qui le prenait jusqu’à ce qu’il l’eût vidé.
Ces Indiens ont des divertissements fort agréables: ils ont surtout des comédiens qui donnent des représentations avec beaucoup de grâce; c’est au point que les Espagnols les louent, afin qu’ils puissent être témoins des bons mots des Espagnols qui passent avec leurs servantes et leurs maris, sur la manière de servir bien ou mal, ce qu’ils représentent ensuite avec autant de vérité que les Espagnols eux-mêmes. Ils ont de petits tambours dont ils jouent avec la main, et une autre sorte de tambour de bois creux au son sourd et triste[110]; ils le battent avec une baguette, au bout de laquelle ils mettent une boule de la gomme d’un arbre; ils ont des trompettes de bois longues et minces dont l’extrémité est formée de grandes calebasses tordues. Il y a une autre espèce d’instrument, formé d’une tortue entière avec sa carapace, dont on a enlevé la chair et qu’on fait sonner avec la paume de la main: le son en est lugubre et triste.
Ils ont des sifflets, fabriqués de bambous et d’os de bêtes fauves, de grandes conques marines et des flûtes de roseaux. Avec tous ces instruments ils font de la musique pour animer les danseurs: ils ont entre autres deux ballets tout à fait virils et dignes d’être vus. L’un est un jeu de roseaux, c’est pourquoi ils l’appellent _Colomche_, qui en est la signification. Pour l’exécuter, il se forme un grand cercle de danseurs avec leur musique qui en joue l’air: deux d’entre eux sortent en dedans du cercle suivant la mesure, l’un ayant un faisceau de baguettes à la main et danse ainsi tout à fait droit et debout. L’autre danse accroupi, suivant, ainsi que l’autre, la mesure du cercle, le premier lançant avec force les baguettes au second, lequel à l’aide d’un petit bâton les saisit avec beaucoup d’adresse. Le faisceau terminé, ils reprennent en mesure leur place dans le cercle et il en sort deux autres qui recommencent le même jeu.
Ils exécutent un autre ballet où ils se trouvent au nombre de huit cents danseurs, dont une partie est armée de banderolles; ils dansent sur un air particulier au grand pas de guerre, sans qu’il n’y en ait un seul qui n’observe la mesure. Dans leurs ballets, ils sont généralement lourds, car durant le jour entier ils ne cessent de danser, et on leur apporte à boire et à manger. Il n’était pas d’usage que les hommes dansassent avec leurs femmes[111].
§ XXIII.—_Comercio y moneda. Agricultura y semillas. Justicia y hospitalidad._
Que los officios de los indios eran olleros y carpinteros, los quales por hazer los idolos de barro y madera con muchos ayunos y observancias ganavan mucho. Avia tambien cirujanos, o por mejor dezir hechizeros, los quales curavan con yervas y muchas supersticiones, y assi de todos los demas officios.
El officio en que mas inclinados estavan es mercaderia, llevando sal, ropa y esclavos a tierra de Ulua y Tavasco, trocandolo todo por cacao y cuentas de piedra que era su moneda, y con esta solian comprar esclavos o otras cuentas con razon que eran finas y buenas, las quales por joyas trayan sobre si en las fiestas los señores. Y tenian otras hechas de ciertas conchas coloradas por moneda y joyas de sus personas. Y lo traian en sus bolsas de red que tenian y en los mercados tratavan de todas quantas cosas avia en essa tierra. Fiavan, prestavan, y pagavan cortesmente y sin usuras.
Y sobre todo eran los labradores y los que ponen a coger maiz y las demas semillas, lo qual guardan en muy lindos sitios y trojes para vender a sus tiempos. Sus mulas y bueyes son la gente. Suelen de costumbre sembrar para cada casado con su muger medida de CCCC pies, lo qual llaman _hun-uinic_, medida con vara de XX pies, XX en ancho, y XX en largo.
Que los indios tienen costumbre buena de ayudarse unos a otros en todos sus trabajos. En tiempo de sus sementeras, los que no tienen gente suya para las hazer, juntanse de XX en XX, o mas o menos, y hazen todos juntos por su medida y tasa la labor de todos, y no lo dexan hasta cumplir con todos. Las tierras por aora es de comun, y assi el que primero las ocupa las possee. Siembran en muchas partes, por si una faltare supla la otra. En labrar la tierra, no hazen sino coger la vassura y quemarla para despues sembrarla; y desde medio enero hasta abril labran, y entonces con las lluvias siembran, lo qual hazen, trayendo un taleguillo a cuestas, y con un palo puntiagudo hazen agujero en tierra y ponen alli cinco o seis granos, lo qual con el mesmo palo cubren. En lluviendo, espanto es como nace. Juntanse tambien para la caça de L en L, mas o menos, y la carne del venado assan en parrillas, porque no se les gaste, y venidos al pueblo, hazen sus presentes al señor, y distribuyen como amigos y el mesmo hazen en la pesca.
Que los indios en sus visitas siempre llevan consigo don que dar, segun su calidad, y el visitado con otro don satisfaze al otro, y los terceros destas visitas hablan y escuchan curiosamente conforme a la persona con quien hablan, no obstante que todos se llaman _tu_, porque en el progresso de sus platicas, el menor por curiosidad suele repetir el nombre del officio o dignidad del mayor. Y usan mucho yr ayudando al que da los mensages un sonsonete hecho con la aspiracion en la garganta que es como dezir vastaque o assique. Las mugeres son cortas en sus razonamientos y no acostumbravan a negociar por si, especialmente si eran pobres, y por esso los señores se mofaron de los frayles que davan oydo a pobres y ricos sin respeto.
Que los agravios que hazian unos a otros mandava satisfazer el señor del pueblo del dañador, y sino, era occasion y instrumento de mas passiones; y si eran de un mesmo pueblo, con el juez lo comunicavan que era arbitro, y examinado el daño, mandava la satisfacion, y si no era sufficiente para la satisfacion, los parientes y muger le ayudavan. Las causas de que se solian hazer estas satisfaciones eran si matavan a alguno casualmente, o quando se ahorcava la muger o el marido con alguna culpa de haverle dado o el la occasion, o quando eran causa de algun incendio de casas o eredades, de colmenas o trojes de maiz. Los otros agravios hechos con malicia satisfazian siempre con sangre y puñadas.
Que los yucataneses son muy partidos y hospitales, porque entra nadie en su casa a quien no den la comida o bevida, que tienen de dia de sus bevidas, de noche de sus comidas, y si no las tienen, buscanlo por la vezindad; y por los caminos si les junta gente, a todos an de dar dellas, aunque les quepe por esso mucho menos.
§ XXIII.—_Commerce et monnaie. Labour et semailles. Justice et hospitalité._