Part 19
Les religieux considérant le danger, envoyèrent un des leurs à un juge singulièrement intègre, Cerrato, président de Guatémala, afin de lui rendre compte de ce qui se passait. Ce magistrat voyant le désordre et la conduite si peu chrétienne des Espagnols, qui levaient tous les tributs possibles contre la volonté du roi, aggravant le service personnel des Indiens de toutes les manières, jusqu’à les louer même comme des bêtes de somme, établit un tarif, élevé à la vérité, mais supportable; il faisait connaître ce à quoi l’Indien avait droit, après qu’il avait payé son tribut à son propriétaire, de manière à ce que l’Espagnol ne pût pas s’attribuer tout. Mais on interjeta appel à ce sujet; car par crainte de la taxe, les Espagnols obligèrent les Indiens à payer encore davantage qu’auparavant. Les religieux revinrent alors à la charge auprès de l’Audience et allèrent jusqu’en Espagne; ils firent si bien que l’Audience de Guatémala envoya un auditeur. Celui-ci établit un tarif et déchargea les Indiens du service personnel; il obligea quelques-uns des Espagnols à se marier, leur ôtant leurs maisons qui étaient remplies de femmes. Cet auditeur était le licencié Thomas Lopez, natif de Tendilla. Mais toutes ces choses leur firent concevoir une aversion bien plus grande encore pour les religieux, qu’ils outragèrent par des libelles diffamatoires, cessant même d’entendre leurs messes.
Cette haine fut cause précisément que les Indiens s’attachèrent aux religieux, en considérant les travaux qu’ils supportaient pour eux sans intérêt aucun, et conséquemment la liberté qu’ils en dérivèrent: aussi ne faisaient-ils rien sans prendre auparavant leur avis; ce qui fit dire aux Espagnols avec envie que les moines n’avaient agi de cette sorte que pour gouverner les Indes et jouir de ce dont ils avaient dépouillé leurs compatriotes.
§ XVIII.—_Vicios de los indios. De como los frayles les enseñaron. Enseñanza de la lengua y letras. Castigo de algunos apostatas._
Que los vicios de los indios eran idolatrias, y repudios y boracheras publicas, y vender y comprar por esclavos, y que sobre apartarles destas cosas vinieron a aborecer a los frayles; pero que a parte de los españoles los que mas fatigaron a los religiosos, aunque encubiertamente fueron los sacerdotes, como gente que avia perdido su officio y los provechos del.
Que la manera que se tuvo para doctrinar los indios fue recoger los hijos pequeños de los señores, y gente mas principal, y que los ponian en torno de los monesterios en casas que cada pueblo hazia para los suyos donde estavan todos juntos los de cada lugar, y que sus padres y parientes les trayan de comer, y que con estos niños se recogian los que venian a la doctrina, y que con esta frequentacion pidieron muchos el baptismo con mucha devocion, y que estos niños despues de enseñados tenian cuydado de avisar a los frayles de las idolatrias y boracheras, y que rompian los idolos, aunque fuessen de sus padres, y exhortavan a las repudiadas y a los huerphanos si los hazian esclavos que se quexassen a los frayles, y aunque fueron amenazados de los suyos, no por esto cessavan, antes respondian que les hazian onra, pues era por el bien de sus almas, y que el Adelantado y los juezes del rey siempre andado fiscales a los frayles para recoger los indios a la doctrina, y para castigar a los que se tomavan a la vida passada, y que al principio davan los señores de mala gana sus hijos, pensando que los querian hazer esclavos como avian hecho los españoles, y que por esta causa davan machos esclavillos en lugar de sus hijos, mas como entendieron el negocio, los davan de buena gana. Que desta manera aprovecharon tanto los moços en las escuelas y la otra gente en la doctrina, que era cosa admirable.
Que aprendieron leer y escrivir en la lengua de los indios, la qual se reduxo tanto a arte que se estudiava como la latina y se hallo que no usavan de seis letras nuestras que son D, F, G, Q, R, S, que para cosa ninguna las han menester; pero tienen necesidad de doblar otras y añadir otras para entender las muchas significaciones de algunos vocablos, porque _pa_ quiere dezir abrir, y _ppa_, apretando mucho los labios quiere dezir quebrar; y _tan_ es cal, o ceniza, y _tan_ dicho rezio entre la lengua y los dientes altos, quiere dezir palabra o hablar, y assi en otras diciones. Y puesto que ellos para estas cosas tenian diferentes caratheres, no fue menester inventar nuevas figuras de letras sino aprovecharse de las latinas porque fuesse comun a todos.
Dioseles tambien orden para que dexassen los assientos que tenian en los montes, y se juntassen como antes en buenas poblaciones, para que mas facilmente fuessen enseñados, y no tuviessen tanto trabajo los religiosos, para cuya sustentacion les hazian limosnas las pascuas y otras fiestas, y hazian limosnas a las yglesias por medio de dos indios ancianos, nombrados para esto, con lo qual davan lo necessario a los frayles quando andavan visitando entre ellos, y tambien adereçavan las iglesias de ornamentos.
Que estando esta gente instruidos en la religion y los moços aprovechados como diximos, fueron pervertidos por los sacerdotes que en su idolatria tenian, y por los señores, y tornaron a idolatrar y hazer sacrificios no solo de saumerios sino de sangre humana, sobre lo qual los frayles hizieron inquisicion y pidieron ayuda al alcalde mayor y prendieron muchos y les hizieron processos y se celebro un auto en que pusieron muchos en cadahalço, encoroçados, y açotados y trasquilados, y algunos ensanbenitados por algun tiempo, y que algunos de tristeza, engañados del demonio se ahorcaron, y que en comun mostraron todos mucho repentimiento y voluntad de ser buenos christianos.
§ XVIII.—_Défauts des Indiens. Manière dont les instruisirent les religieux. Enseignement de la langue et des lettres. Châtiments infligés à quelques apostats._
Les principaux vices des Indiens étaient l’idolâtrie, la répudiation, les orgies où ils s’enivraient publiquement, l’usage où ils étaient de vendre et d’acheter des esclaves; de là vint qu’ils commencèrent à haïr les religieux, lorsque ceux-ci travaillèrent à les en détourner. Mais en dehors des Espagnols, ceux qui donnèrent le plus de désagrément aux religieux, quoique en cachette, ce furent les prêtres, ce qui était assez naturel, puisqu’ils avaient perdu leur office et les profits qui leur en revenaient.
La manière que l’on adopta pour enseigner la doctrine aux Indiens fut de réunir les petits enfants des chefs avec ceux des principaux de l’endroit, en les faisant placer autour du monastère ou de la maison qu’en chaque localité on préparait à cet effet: ils étaient là tous ensemble, et leurs parents leur apportaient à manger. A ces enfants se joignaient ceux qui venaient au catéchisme, et il arriva fréquemment à un grand nombre d’entre eux de demander le baptême avec une grande dévotion: ces enfants une fois instruits avaient soin d’avertir les religieux des actes d’idolâtrie et des orgies qui se commettaient; ils brisaient les idoles, encore même qu’elles appartinssent à leurs pères. Ils engageaient les femmes qui avaient été répudiées, ainsi que les orphelins qu’on réduisait en esclavage, à porter leurs plaintes aux moines, et sans craindre les menaces que leur adressaient leurs parents, ils leur répondaient sans s’arrêter qu’ils leur faisaient honneur, en s’occupant du bien de leurs âmes. L’adelantado et les juges du roi prêtaient constamment main forte aux religieux pour réunir les Indiens au catéchisme, comme pour châtier ceux qui retournaient à leur vie passée. Les chefs, dans les commencements, donnaient leurs enfants de mauvaise volonté, s’imaginant que c’était pour en faire des esclaves, ainsi que les Espagnols l’avaient fait: aussi envoyaient-ils fréquemment leurs jeunes serviteurs au lieu de leurs fils; mais lorsqu’ils eurent compris de quoi il était question, ils les laissèrent aller de bon cœur. C’est ainsi que les jeunes gens profitèrent si bien dans les écoles et le reste du peuple au catéchisme; aussi était-ce une chose admirable.
On apprit à lire et à écrire la langue des Indiens, de telle façon qu’on la réduisit en forme de grammaire qu’on étudiait comme la latine[93]. Il se trouva ainsi qu’ils n’usaient pas de six de nos lettres qui sont: D, F, G, Q, R, S, dont ils n’ont aucun besoin; mais ils sont obligés d’en doubler d’autres, comme aussi d’en ajouter, afin d’entendre les significations variées de certains mots; parce que _pa_ veut dire ouvrir, et _ppa_, en serrant beaucoup les lèvres, signifie briser; _tan_ est la chaux et la cendre, et _tan_, prononcé avec force entre la langue et les dents de la mâchoire supérieure[94], veut dire parole ou parler, et ainsi des autres. Ayant admis, d’ailleurs, qu’ils avaient pour ces choses des caractères différents, il n’y eut aucune nécessité d’inventer de nouvelles figures de lettres, mais bien de profiter des lettres latines, afin que l’usage en fût commun à tous[95].
On travailla en même temps à ce que les Indiens laissassent les habitations qu’ils avaient dans les bois et qu’ils se réunissent comme auparavant dans de bonnes bourgades: c’était le moyen de les instruire avec plus de commodité, et de donner moins de peine aux religieux. Pour sustenter ces derniers, ils faisaient des aumônes aux trois fêtes principales[96] et aux autres fêtes: les aumônes pour les églises étaient recueillies par deux Indiens d’un âge respectable, nommés à cet effet, et de cette façon ils fournissaient de quoi vivre aux religieux, lorsque ceux-ci allaient les visiter, comme aussi de quoi pourvoir aux ornements des églises.
Mais les Indiens, après avoir été instruits dans la religion, et les jeunes garçons, après avoir reçu l’enseignement dont nous avons parlé plus haut, furent pervertis par les prêtres qu’ils avaient au temps de leur idolâtrie, ainsi que par les chefs; ils recommencèrent alors à adorer les idoles et à leur offrir des sacrifices, non-seulement d’encens, mais encore de sang humain. En conséquence, les religieux firent une enquête, demandant l’aide de l’alcalde mayor: ils en emprisonnèrent un grand nombre auxquels ils firent le procès, après quoi eut lieu l’exposition publique, où plusieurs parurent sur l’échafaud, coiffés avec le bonnet de l’inquisition, battus de verges et tondus, et d’autres revêtus du san-benito pour un certain temps. Mais il y en eut qui, entraînés par le démon, se pendirent de douleur; en général, néanmoins, ils montrèrent beaucoup de repentir et de volonté de devenir de bons chrétiens[97].
§ XIX.—_Llegada del obispo Toral: suelta a los indios presos. El provincial de San Francisco va a España para justificarse._
Que en esta sazon llego a Campeche fray Francisco Toral, frayle franciscano, natural de Ubeda, que avia estado XX años en lo de Mexico, y venia por obispo de Yucatan, el qual por las informaciones de los españoles, y por las quexas de los indios, deshizo lo que los frayles tenian hecho, y mando soltar los presos y que sobre esto se agravio el provincial y determino ir a España, quexandose primero en Mexico, y que assi vino a Madrid, donde los del consejo de Indias le afearon mucho que uviesse usurpado el oficio de obispo, y inquisidor, para descargo de lo qual alegava la facultad que su orden tenia para en aquellas partes concedida por el papa Adriano, a instancia del emperador, y el auxilio que la Audiencia real de las Indias le mando dar conforme a como se dava a los obispos; y que los del consejo se enojaron mas por estas desculpas, y acordaron de remitirle a el y a sus papeles y a los que el obispo avia embiado contra las frayles a fray Pedro de Bovadilla, provincial de Castilla, a quien el rey escrivio, mandandole que los viesse y hiziesse justicia y que este fray Pedro, por estar enfermo, cometio el examen destos processos a fray Pedro de Guzman de su orden, hombre docto y esperimentado en cosas de inquisicion, y se presentaron los pareceres de siete personas doctas del reyno de Toledo que fueron el D. fray Francisco de Medina y fray Francisco Dorantes de la orden de St Francisco, y el maestro fray Alonzo de la Cruz, frayle de St Augustin, quien avia estado XXX años en las Indias, y el licenciado Thomas Lopez, que fue oidor en Guatimala en el Nuevo Reyno, y fue Juez en Yucatan, y el D. Hurtado cathedratico de canones, y el D. Mendez, cathedratico de santa Escritura, y el D. Martinez, cathedratico de Scoto en Alcala, los quales dixeron que el provincial hizo justamente el auto y las otras cosas en castigo de los indios. Lo qual visto por fray Francisco de Guzman, escrivio largamente sobre ello al provincial fray Pedro de Bovadilla.
Que los indios de Yucatan merecen que el rey les favoresca por muchas cosas y por la voluntad que mostraron a su servicio. Estando necessitado en Flandes embio la princesa doña Juana su hermana, que entonces era governadora del reyno, una cedula pidiendo ayuda a los de las Indias, la qual llevo a Yucatan un oidor de Guatimala y para esto junto los señores y ordeno que un frayle les predicasse lo que devian a su magestad, y lo que entonces les pedia, y que concluyda la platica, se levantaron dos indios en pie y respondieron que bien sabian lo que eran obligados a Dios por aver les dado tan noble y christianissimo rey, y que les pesava no vivir en parte donde le pudieron servir con sus personas, por tanto que viesse lo que de su pobreza queria que le servirian con ello y que si no bastasse, que venderian sus hijos y mugeres.
§ XIX.—_Arrivée de l’évêque Torral; il délivre les Indiens emprisonnés. Le provincial des franciscains se rend en Espagne pour se justifier._
En ce temps-là arriva à Campêche frère Francisco Toral, religieux franciscain, natif d’Ubeda, qui avait été durant vingt ans employé au Mexique, et qui venait actuellement comme évêque du Yucatan. Ce prélat, sur les informations des Espagnols et les plaintes des Indiens, détruisit ce que les moines avaient fait, commandant de mettre en liberté les prisonniers. Le provincial, qui se crut offensé, résolut d’aller en Espagne, après avoir d’abord porté ses plaintes à Mexico. Il arriva à Madrid où les membres du conseil des Indes l’accueillirent fort mal, pour avoir usurpé l’office d’évêque et d’inquisiteur. Il allégua pour sa décharge les facultés que son ordre avait reçues, pour ces contrées, du pape Adrien, sur les instances de l’empereur, et le secours que le conseil royal des Indes lui avait fait donner d’après ce qui se faisait avec les évêques; mais les membres du conseil éprouvèrent encore plus d’irritation de ces excuses: ils résolurent de le remettre lui, avec ses papiers et ceux que l’évêque avait envoyés contre les religieux, à frère Simon de Bovadilla, provincial de Castille, à qui le roi écrivit, lui donnant ordre d’examiner l’affaire et de faire justice. Mais frère Pedro étant malade confia l’examen de cette procédure à frère Pedro de Guzman, de son ordre, homme docte et expérimenté dans les choses d’inquisition. A la suite de cela il y eut sept avis différents donnés par des hommes de science du royaume de Tolède, qui furent frère Francisco de Medina et frère Francisco Dorantes, de l’ordre de Saint-François; le maître frère Alonzo de la Cruz, moine de Saint-Augustin, qui avait passé trente ans dans les Indes; le licencié Thomas Lopez, qui avait été auditeur à Guatémala et dans le Nouveau Royaume[98], et juge au Yucatan; le D. Hurtado, professeur de droit canon; le D. Mendez, professeur d’Écriture sainte, et le D. Martinez, professeur de philosophie scolastique[99] à Alcala: or tous ensemble déclarèrent que le provincial avait agi justement à l’occasion de l’_auto-da-fé_ et des autres choses en châtiment de l’apostasie des Indiens. Ce qu’ayant vu frère Francisco de Guzman, il en écrivit longuement au provincial frère Pedro de Bovadilla.
Les Indiens du Yucatan méritent que le roi leur fasse quelque faveur pour bien des raisons et pour la bonne volonté qu’ils ont montrée pour son service, durant les besoins qu’il éprouva en Flandre; car ce fut alors que la princesse doña Juana, sa sœur, qui était régente du royaume, expédia une cédule, demandant de l’aide aux habitants des Indes; un auditeur de Guatémala la porta au Yucatan et réunit à cet effet les chefs du pays, commandant à un religieux de les prêcher sur ce qu’ils devaient à Sa Majesté et ce qu’il leur demandait pour le moment. A la fin du sermon, deux Indiens se levèrent et répondirent qu’ils savaient fort bien ce qu’ils devaient à Dieu pour leur avoir donné un roi si noble et si chrétien, et qu’ils regrettaient de n’être point là où ils auraient pu le servir de leurs personnes; que néanmoins il voulût bien voir en quoi le peu qu’ils possédaient pouvait lui être utile, et que si cela ne lui suffisait point, ils vendraient jusqu’à leurs fils et leurs femmes[100].
§ XX.—_Manera de las casas en Yucatan. Obediencia y respete de los indios á sus señores. Modo de ornar sus cabezas y de llevar sus vestidos._
Que la manera de hazer las casas era cubrirlas de paja que tienen muy buena y mucha, o con hojas de palma que es propia para esto y que tenian muy grandes corrientes para que no se lluevan, y que despues echan una pared por medio al largo que divide toda la casa, y que en esta pared dexan algunas puertas para la mitad que llaman las espaldas de la casa, donde tienen sus camas, y que la otra mitad blanquean de muy gentil encalado, y que los señores las tienen pintadas de muchas galanterias y que esta mitad es el recebimiento y aposento de los guespedes, y que esta pieça no tiene puerta, sino toda abierta conforme al largo de la casa, y baxa mucho la corriente delantera por temor de los soles y aguas, y dizen que tambien para enseñorearse de los enemigos de la parte de dentro en tiempo de necessitad. Y que el pueblo menudo hazia a su costa las casas de los señores, y que con no tener mas puertas, tenian por grave delicto de hazer mal a casas agenas. Tenian una portezilla atras para el servicio necessario y que tienen unas camas de varillas, y en cima una serilla donde duermen, cubiertas de sus mantas de algodon: en verano duermen comunmente en los encalados con una de aquellas serillas, especialmente los hombres. Allende de la casa hazian todo el pueblo a los señores sus sementeras, y se las beneficiavan y cogian en cantidad que le bastava a el y a su casa, y quando avia caças o pescas, o era tiempo de traer sal siempre davan parte al señor, por que estas cosas siempre las hazian de comunidad.
Si moria el señor, aunque le succediesse el hijo mayor, eran siempre los demas hijos muy acatados, y ayudados y tenidos por señores. A las demas principales inferiores del señor ayudavan en todas estas cosas, conforme a quien eran, o al favor que el señor les dava. Los sacerdotes vivian de sus officios y offrendas. Los señores regian el pueblo, concertando los litigios, ordenando y concertando las cosas de sus republicas, lo qual todo hazian por manos de los mas principales que eran muy obedecidos y estimados, especial la gente rica, a quien visitavan y tenian palacio en sus casas donde concertavan las cosas, y negocios principalmente de noche, y si los señores se salian del pueblo, llevavan mucha compañia, y lo mesmo quando salian de sus casas.
Que los indios de Yucatan son bien dispuestos y altos y rezios y de muchas fuerças y comunmente todos estevados, porque en su niñez, quando las madres los llevan de una parte a otra, van ahorcajados en los quadriles. Tenian por gala ser vizcos lo qual hazian por arte las madres, colgandoles del pelo un pegotillo que les llegava al medio de las sejas desde niños, y alcançando los ojos, siempre como les andava alli jugando venian a quedar vizcos; y que tenian las cabeças y frentes llanas, hecho tambien de sus madres por industria desde niños y que trayan las orejas horadadas para çarcillos y muy harpadas de los sacrificios. No criavan barbas, y dezian que les quemavan los rostros sus madres con paños calientes, siendo niños, por que no les naciessen, y que agora crian barbas aunque muy asperas como cerdas de tocines.
Que criavan cabello como las mugeres; por lo alto quemavan como una buena corona, y que assi crecia lo de abaxo mucho, y lo de la corona quedava corto, y que lo entrençavan y hazian una guirnalda de ello entorno de la cabeça, dexando la colilla atras como borlas.
Que todos los nombres usavan espejos y no las mugeres y que para llamarse cornudos, dezian que su muger le avia puesto el espejo en el cabello sobrando del colodrillo.
Que se vañavan mucho, no curando de cubrirse de las mugeres, sino quando podia cubrir la mano. Que eran amigos de buenos olores y que por esto usan de ramilletes de flores y yervas olorosas, muy curiosos y labrados; que usavan pintarse de colorado el rostro y cuerpo y les parecia muy mal, pero tenian lo por gran gala.
Que su vestido era un liston de una mano en ancho que les servia de bragas y calças, y que se davan con el algunas vueltas por la cintura, de manera que el un cabo colgava delante y el otro detras, y que estos cabos los hazian sus mugeres con curiosidad y labores de pluma, y que traian mantas largas y quadradas, y las atavan en los ombros, y que traian sandalias de cañamo o cuero de venado por curtir seco, y no usavan otro vestido.
§ XX.—_Habitations des Mayas. Leur soumission à leurs princes. Ornements de tête et vêtements._
La manière de bâtir les maisons dans le Yucatan était de les couvrir avec de la paille, et ils en avaient de fort bonne et abondamment, ou avec des feuilles de palmier, tout à fait propres à cet usage; ils en élevaient le toit, lui donnant une pente considérable, de manière à ce que les eaux de la pluie n’y pussent pénétrer. Ils élevaient ensuite un mur au milieu, partageant la maison dans sa longueur, laissant dans ce mur quelques portes pour communiquer avec la partie qu’ils appelaient les derrières de la maison, où ils avaient leurs lits; l’autre moitié était blanchie à la chaux avec beaucoup de soin. Chez les seigneurs, ces murs étaient recouverts de peintures agréables; c’était dans cette partie qu’on recevait les hôtes et qu’on les logeait. Cette pièce n’avait point de portes; mais elle était ouverte tout le long de la maison, le toit descendant fort bas, afin que l’on y fût à l’abri du soleil et de l’eau[101]. On dit aussi que c’était pour se rendre maître de l’ennemi intérieur, en temps de nécessité[102]. Le menu peuple bâtissait à ses frais les maisons des grands, et comme elles n’avaient point de portes, on regardait comme un grave délit de faire le moindre tort aux maisons d’autrui. Elles avaient toutefois, par derrière, une petite porte pour le service des communs. Pour dormir, ils avaient des bois de lit faits en treillis de cannes, tapissées de nattes, et ils s’y étendaient recouverts de leurs étoffes de coton. Durant l’été, ils dorment d’ordinaire sur le devant, étendus sur leurs nattes, les hommes principalement. Non loin de la maison, la population réunie préparait les champs du seigneur: elle en prenait soin et moissonnait ce qui lui était nécessaire pour lui et sa famille; lorsqu’il y avait du gibier ou du poisson, ou bien au temps où l’on apportait le sel, on faisait toujours la part du seigneur, toutes ces choses étant du ressort de la communauté.