Part 15
Que en Yucatan ay muchos edificios de gran hermosura que es la cosa mas señalada que se ha descubierto en las Indias, todos de canteria muy bien labrada sin aver ningun genero de metal en ella con que se pudiesse labrar. Que estan estos edificios muy cerca unos de otros y que son templos, y que la razon de aver tantos es por mudarse las poblaciones muchas vezes y que en cada pueblo labravan un templo por el gran aparejo que ay de piedra y cal, y cierta tierra blanca excellente para edificios.
Que estos edificios no son hechos por otras naciones sino por indios lo qual se ve por nombres de piedra desnudos, y honestados de unos largos listones que llaman en su lengua _ex_, y de otras divisa, que los indios traen.
Que estando este religioso autor desta obra en aquella tierra se hallo en un edificio que desbarataron, un cantaro grande con tres asas, pintado de unos fuegos plateados por de fuera, y dentro ceniza de cuerpo quemado, y algunos guessos de los brazos y piernas muy gruessos a maravilla, y tres cuentas de piedra buenas de las que usavan los indios por moneda. Que estos edificios de Yzamal eran XI o XII por todos sin aver memoria de los fundadores, y que en uno dellos, a instancia de los indios, se poblo un monesterio, el año de MDXLIX que se llamo St Antonio.
Que los segundos edificios mas principales son los de _Tikoch_ y _Chicheniza_ los quales se pintaran despues. Que Chicheniza es un assiento muy bueno, X leguas de Yzamal y XI de Valladolid, donde dizen que reynaron tres SSʳᵉˢ hermanos que vinieron a aquella tierra de la parte de Poniente, los quales eran muy religiosos, y que assi edificaron muy lindos templos y que vivieron sin mugeres muy honestamente, y que el uno de estos se murio o se fue, por lo qual los otros se hizieron parçiales y deshonestos, y que por esto los mataron. La pintura del edificio mayor pintaremos despues, y escriviremos la manera del pozo donde hechavan hombres vivos en sacrificio, y otras cosas preciosas: tiene mas de VII estados de hondo hasta el agua y de ancho mas de cient pies hecho redondo en una peña tajada, que es maravilla, y el agua parece verde, dizen que lo causan la arboleda de que esta cercado.
§ V.—_Provinces du Yucatan. Ses principaux édifices antiques._
Quelques anciens du Yucatan disent avoir entendu de leurs ancêtres que cette terre fut occupée par une race de gens qui entrèrent du côté du levant et que Dieu avait délivrés en leur ouvrant douze chemins par la mer. Or si cela était vrai, il s’ensuivrait nécessairement que des Juifs seraient descendus tous les habitants des Indes Occidentales, parce que, passé le détroit de Magellan, ils avaient dû s’étendre en plus de deux mille lieues de terre, dans ce qui est aujourd’hui gouverné par l’Espagne[25].
Dans ce pays, il n’y a qu’une seule langue, ce qui a été fort utile pour sa conversion, quoique sur les côtes il y ait quelque différence dans les mots et dans la manière de parler. Ceux de la côte sont aussi plus aimables dans leur commerce habituel et plus gracieux dans leur langage; les femmes s’y couvrent la gorge, ce qu’elles ne font pas à l’intérieur.
Cette contrée est partagée en provinces sujettes aux localités espagnoles les plus voisines. La province de _Chectemal_ et de _Bac-halal_ est sujette à Salamanca[26]. La province d’_Ekab_, celle de _Cochuah_ et celle de _Kupul_ sont sujettes à Valladolid[27]. Celle d’_Ahkinchel_ et d’_Yzamal_, celle de _Zututa_, celle de _Hocabai-Humun_, celle de _Tutu-Xiu_, celles de _Cehpech_ et de _Chakan_ sont sujettes à la cité de Merida[28]; celle de _Camol_, de _Campech_, de _Champutun_ et de _Tixchel_ relèvent de San Francisco de Campêche.
Il y a dans le Yucatan beaucoup d’édifices de grande beauté, qui sont la chose la plus remarquable qu’on ait découverte dans les Indes; ils sont tous de pierre de taille fort bien travaillée, quoiqu’il n’y ait en ce pays aucun métal avec lequel on ait pu les mettre en œuvre[29]. Ces édifices, qui sont fort rapprochés les uns des autres, sont des temples, et la raison pour laquelle il y en a tant, c’est que les populations changeaient fréquemment de localité; or, en chaque bourgade ils édifiaient un temple, en vue de l’abondance extraordinaire de la pierre et de la chaux et d’une terre blanche qui s’y trouve, particulièrement propre à bâtir.
Tous ces édifices sont construits par les mêmes nations d’Indiens qui les habitent aujourd’hui, ce qui se voit clairement par les hommes de pierre nus et ayant les parties naturelles couvertes de certaines ceintures qu’ils appellent dans leur langue _ex_, comme aussi par d’autres objets que portent les Indiens.
Or, le religieux qui a écrit ce livre se trouvant dans ce pays, on découvrit dans un édifice en démolition une grande urne à trois anses, peinte de couleurs argentées au dehors et renfermant les cendres d’un corps brûlé, avec quelques-uns des os des bras et des jambes d’une merveilleuse grosseur, ainsi que trois objets de pierre bleue travaillés[30], de la classe de ceux qui servaient aux Indiens de monnaie. Quant aux édifices d’Yzamal, il y en avait onze ou douze, mais sans qu’on connaisse les fondateurs d’aucun d’eux[31]. Or, sur les instances des Indiens, on en occupa un, en y construisant, en 1549, un monastère qu’on appela de San Antonio[32].
Après ceux-ci, les édifices les plus remarquables sont ceux de _Tikoch_[33] et de _Chichen-Itza_ qu’on décrira plus tard. Chichen-Itza est une localité fort bonne, située à dix lieues d’Yzamal et à onze lieues de Valladolid. On dit que trois seigneurs qui étaient frères, et qui vinrent en cette contrée du côté du couchant, y régnèrent autrefois: ils étaient fort religieux; c’est pourquoi ils édifièrent de fort beaux temples et vécurent sans femmes d’une manière fort honnête. Mais l’un d’eux étant venu à mourir ou s’en étant allé, les deux autres se conduisirent injustement et sans décence, d’où il advint qu’on les mit à mort[34]. Nous esquisserons plus loin le dessin de l’édifice principal[35] et nous décrirons le puits où ils jetaient vivants les hommes en sacrifice, ainsi que d’autres choses précieuses: il a plus de sept stades de profondeur jusqu’à l’eau et plus de cent pieds de diamètre, taillé en rond dans la roche vive d’une manière admirable; l’eau en paraît verte, ce qui provient, dit-on, du bocage dont ce lieu est environné[36].
§ VI.—_De Cuculcan y de la edificacion de Mayapan._
Que es opinion entre los indios que con los _Izaes_ que poblaron a Chicheniza reyno un gran señor llamado _Cuculcan_, y que muestra ser verdad el edificio principal que se llama _Cuculcan_. Y dizen que entro por la parte de Poniente, y que difieren en si entro antes o despues de los izaes, o con ellos, y dizen que fue bien dispuesto, y que no tuvo muger ne hijos, y que despues de su buelta fue tenido en Mexico por uno de sus dioses, y llamado _Cezalcouati_, y que en Yucatan tambien le tuvieron por dios por ser gran republicano, y que esto se vio en el assiento que puso en Yucatan despues de la muerte de los señores para mitigar la discussion que sus muertes causaron en la tierra.
Que este Cuculcan torno a poblar otra cibdad, tratandolo con los señores naturales de la tierra en que el y ellos viniessen, y que alli viniessen todas las cosas y negocios y que para esto eligieron un assiento muy bueno VIII leguas mas dentro en la tierra que donde esta agora Merida XV o XVI de la mar, y que alli cercaron de una muy ancha pared de piedra seca como medio quarto de legua, dexando solas dos puertas angostas y la pared no muy alta, y que en medio desta cerca hizieron sus templos y que al mayor, que es como el de Chicheniza llamaron _Cuculcan_, y que hizieron otro redondo con quatro puertas, diferente de quantos ay en aquella tierra, y otros muchos a la redonda, juntos unos a otros, y que dentro deste cercado hizieron casas para los señores solos entre los quales repartieron toda la tierra, dando pueblos a cada uno, conforme a la antiguedad de su linaje y ser de su persona, y que Cuculcan puso nombre a la cibdad, no del suyo, como hizieron los _Ahizaes_ en Chicheniza que quiere dezir el _Pozo de los Aizaes_, mas llamola _Mayapan_ que quiere dezir el _Pendon de la Maya_, porque a la lengua de la tierra llaman _Maya_ y que los Indios llaman _Ychpa_, que quiere dezir _Dentro de las Cercas_.
Que este Cuculcan vivio con los señores algunos años en aquella cibdad, y que dexandolos en mucha paz y amistad se torno por el mismo camino a Mexico, y que de passada se detuvo en Champoton, y que para memoria suya y de su partida hizo dentro en la mar un buen edificio al modo del de Chicheniza, un gran tiro de piedra de la ribera, y que assi dexo Cuculcan en Yucatan perpetua memoria.
§ VI.—_De Cuculcan et de la fondation de Mayapan._
C’est une opinion commune entre les Indiens qu’avec les _Itzaes_ qui occupèrent Chichen-Itza, régna un grand prince, nommé _Cuculcan_[37], ce que confirme le nom de l’édifice principal, appelé _Cuculcan_. Ils racontent qu’il arriva du côté du couchant; mais ils ne s’accordent pas sur le point, s’il vint avant ou après ou avec les Itzaes[38]. Ils disent que c’était un homme bien dispos, qu’il n’eut ni femme ni enfants, et qu’après son départ il fut regardé au Mexique comme un dieu et appelé _Cezalcouati_[39]. On le vénéra également comme un dieu dans le Yucatan, à cause de son zèle pour le bien public, et cela se vit dans l’ordre qu’il établit dans le Yucatan, après la mort des seigneurs, afin de calmer les dissentiments que leur assassinat avait causés dans le pays.
Ce Cuculcan établit ensuite une autre ville, d’accord avec les seigneurs de la contrée, où ils convinrent de se rendre et de faire venir toutes les affaires: à cet effet, ils choisirent une très-bonne localité à huit lieues plus à l’intérieur du pays que celle où est actuellement Mérida, à quinze ou seize lieues de la mer. Ils l’environnèrent d’une fort large muraille de pierre sèche, d’environ un demi-quart de lieue de circonférence, n’y laissant que deux portes très-étroites: la muraille n’était pas bien haute, et au centre de cette enceinte ils édifièrent leurs temples, donnant au plus grand, ainsi qu’à Chichen-Itza, le nom de Cuculcan. Ils en firent encore un autre de forme ronde, avec quatre portes, entièrement différent de tous ceux qu’il y a dans le Yucatan, et un grand nombre d’autres à l’entour: dans la même enceinte, ils construisirent des maisons pour les seigneurs seulement, partageant entre eux la terre, attribuant des villes et villages à chacun, suivant l’ancienneté de sa famille et ses qualités personnelles. Quant à la cité, Cuculcan ne lui donna pas son nom, comme avaient fait les _Ahizaes_ à Chichen-Itza, mais il l’appela _Mayapan_, ce qui veut dire l’Étendard de la Maya, parce qu’ils nomment la langue du pays _maya_, et les Indiens disent[40] encore aujourd’hui _Ychpa_, ce qui signifie en dedans des fortifications.
Cuculcan vécut avec ces seigneurs durant quelques années dans cette ville: ensuite les ayant laissés dans une profonde paix et amitié, il s’en retourna par le même chemin au Mexique[41]. En passant, il s’arrêta à Champoton, et en mémoire de son séjour et de son départ, on érigea en dedans de la mer un bon édifice à la manière de ceux de Chichen-Itza, à un bon jet de pierre du rivage; c’est ainsi que Cuculcan laissa un souvenir perpétuel en Yucatan[42].
§ VII.—_Gobierno politico. Sacerdotes, ciencias y libros de Yucatan._
Que partido Cuculcan acordaron los señores para que la republica durasse que tuviesse el principal mando la casa de los _Cocomes_, por ser mas antigua o mas rica, o por ser el que la regia entonces hombre de mas valor, y que hecho esto ordenaron que pues en el cercado no avia sino templos y casas para los señores y gran sacerdote, que se hiziessen fuera de la cerca casas donde cada uno de ellos tuviesse alguna gente de servicio y donde los de sus pueblos acudiessen quando viniessen a la cibdad con negocios, y que en estas casas puso cada uno su mayordomo, el qual traya por señal una vara gorda y corta y que le llamavan _Caluac_; y que este tenia cuenta con los pueblos, y con los que los regian, y que a ellos se embiava aviso de lo que era menester en casa del señor como aves, maiz, miel, sal, pesca, caça, ropa y otras cosas, y que el _Caluac_ acudia siempre a la casa del señor y veia lo que era menester en ella, y lo proveya luego porque su casa era como oficina de su señor.
Que acostumbravan buscar en los pueblos los mancos y ciegos y que les davan lo necessario.
Que los señores proveian de governadores y si les eran acceptos confirmavan en sus hijos los oficios y que les encomendavan el buen tratamiento de la gente menuda, y la paz del pueblo, y el ocuparse en trabajar paraque se sustentassen ellos y los señores.
Que todos los señores tenian cuenta con visitar, respetar, alegrar a Cocom, acompañandole y festejandole y acudiendo a el con los negocios arduos y que entre si bivian muy en paz y en mucho passatiempo como ellos lo usan tomar en vailes y combites y caças.
Que los de Yucatan fueron tan curiosos en las cosas de la religion como en las del govierno, y que tenian un gran sacerdote que llamavan _Ahkin-Mai_, y por otro nombre _Ahau-Can-Mai_, que quiere dezir _el Sacerdote Mai_ o _el Gran Sacerdote Mai_, y que este era muy reverenciado de los señores el qual no tenia repartimiento de indios, pero que sin las offendas, le hazian presentes los señores y que todos los sacerdotes de los pueblos le contribuian: y que a este le succedian en la dignidad sus hijos y parientes mas cercanos, y que en este estava la llave de sus sciencias, y que en estas tratavan lo mas, y que davan consejo a los señores y respuestas a sus preguntas; y que cosas de los sacrificios pocas vezes las tratava sino en fiestas muy principales, o en negocios muy importantes; y que este proveia de sacerdotes a los pueblos quando faltavan, examinandoles en sus sciencias y cerimonias, y que les encargava las cosas de sus officios y el buen exemplo del pueblo y proveya de sus libros y los embiava, y que estos attendian al servicio de los templos, y a enseñar sus sciencias y escrivir libros de ellas.
Que enseñavan los hijos de los otros sacerdotes, y a los hijos segundos de los señores que los llevavan para esto desde niños, si veian que se inclinavan a este officio.
Que las sciencias que enseñavan eran la cuenta de los años, meses y dias, las fiestas y cerimionias, la administracion de sus sacramentos, los dias y tiempos fatales, sus maneras de adivinar y sus prophecias, los acaecimientos, y remedios para los males, y las antiguedades, y leer y escrivir con sus libres y carateres con los quales escrivian y con figuras que significavan las escrituras.
Que escrivian sus libros en una hoja larga doblada con pliegues, que se venia a cerrar toda entre dos tablas que hazian muy galanas y que escrivian de una parte y de otra a colunas, segun eran los pliegues, y que este papel hazian de raizes de un arbol, y que le davan un lustre blanco en que se podia bien escrivir, y que sabian de estas sciencias algunos principales señores, por curiosidad, y que por esto eran mas estimados, aunque no lo usavan en publico.
§ VII.—_Gouvernement politique. Sacerdoce, sciences et livres du Yucatan._
Cuculcan étant parti, les seigneurs s’accordèrent pour le bon ordre et la durée de la république à donner le commandement principal à la maison des _Cocomes_[43], soit parce qu’elle était la plus ancienne ou la plus riche, soit que celui qui était à sa tête, en ce temps-là, fût l’homme le plus considérable. Cela fait, voyant qu’il n’y avait dans l’intérieur de l’enceinte que des temples et des maisons pour les seigneurs et le grand prêtre, ils ordonnèrent que l’on construisît au dehors d’autres maisons où chacun d’eux pût avoir, au besoin, des gens de service, et où ceux de leur province pussent trouver place, quand ils viendraient à la capitale pour leurs affaires: chacun alors établit dans sa maison un intendant, lequel portait pour insigne un bâton court et gros, qu’ils appelaient _Caluac_; celui-ci avait à sa charge les diverses localités de la province et ceux qui les gouvernaient; ceux-ci, à leur tour, recevaient l’avis de ce qui était nécessaire dans la maison du seigneur, comme les oiseaux, le maïs, le miel, le sel, le poisson, le gibier, les étoffes et autres choses. Quant au _Caluac_, il assistait toujours dans la maison de son seigneur, afin de voir ce qui y manquait et de la pourvoir de tout aussitôt, sa maison étant comme l’office du palais.
On avait coutume de rechercher dans les villes et villages les estropiés et les aveugles, afin de leur donner le nécessaire.
Les seigneurs pourvoyaient au gouvernement de ces localités et confirmaient les fils dans les emplois de leurs pères, s’ils le tenaient pour agréable; ils leur recommandaient de traiter avec bienveillance le pauvre peuple, de maintenir la paix et de faire en sorte que les gens s’occupassent de leurs travaux, pour se sustenter eux-mêmes ainsi que leurs seigneurs.
Tous les seigneurs avaient l’obligation de visiter, de respecter et de réjouir Cocom, l’accompagnant, lui faisant fête et se réunissant autour de lui pour toutes les négociations importantes. Ils vivaient en paix les uns avec les autres, ayant beaucoup de divertissements, durant lesquels ils s’entretenaient en danses, en festins et en chasses, suivant leur usage.
Les indigènes du Yucatan n’étaient pas moins attentifs aux choses de la religion qu’à celles du gouvernement. Ils avaient un grand prêtre qu’ils nommaient _Ahkin-Mai_ et autrement _Ahau-Can-Mai_, ce qui veut dire le Prêtre-Mai ou le Grand Prêtre-Mai[44]: c’était un personnage très-respecté des seigneurs, qui n’avait eu aucune part à la distribution des domaines; mais, en outre des offrandes, les seigneurs lui faisaient des présents, et les prêtres de toutes les communes lui apportaient une contribution. Les fils ou les parents les plus proches succédaient au grand prêtre dans sa dignité: en lui était la clef de leurs sciences, et c’était à quoi ils s’appliquaient le plus; car c’étaient les prêtres qui donnaient des conseils aux seigneurs et des réponses à leurs questions. Quant aux choses qui avaient rapport aux sacrifices, ils en traitaient rarement en dehors des fêtes principales ou des assemblées réunies pour des affaires importantes. C’était le grand prêtre qui nommait les prêtres, quand ils venaient à manquer dans les communes, les examinant auparavant dans les sciences et les cérémonies: il leur recommandait les choses de leur office et le bon exemple envers le peuple, les pourvoyaient des livres à leur usage, après quoi il les envoyait; ceux-ci à leur tour s’employaient au service des temples, à enseigner leurs diverses sciences comme à écrire les livres qui les contenaient.
Ils instruisaient les fils des autres prêtres et les fils cadets des princes qu’on leur amenait à cet effet dans leur enfance, si l’on remarquait qu’ils fussent enclins à cet office.
Les sciences qu’ils enseignaient étaient la computation des années, mois et jours, les fêtes et les cérémonies, l’administration de leurs sacrements, les jours et époques fatales, l’art de la divination et les prophéties, les événements à venir, les remèdes pour les maladies, ainsi que leurs antiquités, avec l’art de lire et d’écrire selon les lettres et caractères à l’aide desquels ils écrivaient, comme aussi avec les figures qui signifiaient des écritures.
Leurs livres étaient écrits sur une grande feuille, doublée en plis, qu’on renfermait ensuite entre deux planches qui étaient ornées avec soin; ils écrivaient de l’un et de l’autre côté en colonnes, suivant l’arrangement des plis; quant au papier, ils le faisaient des racines d’un arbre et lui donnaient un vernis blanc sur lequel on écrivait très-bien[45]. Il y avait de ces sciences que cultivaient par goût des seigneurs de haut rang, ce qui ajoutait à leur considération, quoiqu’ils ne s’en servissent pas publiquement.
§ VIII.—_Llegada de los Tutuxivis y alianza que hicieron con les señores de Mayapan. Tirania de Cocom, ruina de su poder y de la ciudad de Mayapan._
Que cuentan los indios que de parte de medio dia vinieron a Yucatan muchas gentes con sus señores y parece aver venido de Chiapa aunque los indios no lo saben; mas que este autor lo conjetura porque muchos vocablos y composiciones de verbos es lo mismo en Chiapa y en Yucatan y que ay grandes señales en la parte de Chiapa de lugares que an sido despoblados. Y dizen que estas gentes anduvieron XL años por los despoblados de Yucatan, sin aver en ellos agua sino la que llueve, y que en fin de este tiempo aportaron a las sierras que caen algo en frente de la cibdad, de Mayapan X leguas de alla, y que alli començaron a poblar y hazer muy buenos edificios en muchas partes y que los de Mayapan tomaron mucha amistad con ellos, y holgaron que labrassen la tierra como naturales, y que assi estos de _Tutuxiu_ se sujetaron a las leyes de Mayapan, y assi emparentaron unos con otros y que como el señor _Xiui_ de los _Tutuxios_ era tal vino a ser muy estimado de todos.
Que estas gentes vivieron tan quietamente que no avia pleito ninguno, ni usavan armas, ni arcos, aun para la caça, siendo agora excellentes flecheros, y que solamente usavan lazos y trampas con que tomavan mucha caça y que tenian cierto arte de tirar varas con un palo gruesso como tres dedos, agujerado hazia la tercia parte, y largo seis palmos, y que con el y unos cordeles tiravan fuerte y certezamente.
Que tenian leyes contra los delinquentes y las esecutavan mucho, como contra el adultero que le entregavan al ofendido para que el le matasse, soltando una piedra grande desde lo alto sobre la cabeza, o le perdonasse si quisiesse, y que a las adulteras no davan otra pena mas de la infamia, que entre ellos era cosa muy grave. Y que al que forçasse donzella le matavan a pedradas, y cuentan un caso que el señor de los Tutuxios tenia un hermano que fue acusado deste crimen, y le hizo apedrear, y despues le hizo cubrir de un gran monton de piedras, y que dizen que tenian otra ley antes de la poblacion desta cibdad, que mandava sacar las tripas por el umbligo a los adulteros.
Que el governador Cocom entro en cudicia de riquezas, y que para esto trato con la gente de guarnicion que los reyes de Mexico tenian en Tabasco y Gicalango, que les entregaria la cibdad, y que assi truxo gente mexicana a Mayapan, y oprimio los pobres y hizo muchos esclavos, y que le mataran los señores, si no tuvieran miedo a los mexicanos; y que el señor de los Tutuxios nunca consintió en esto, y que viendose assi los de Yucatan, aprendieron de los mexicanos el arte de las armas, y que assi salieron maestros del arco y flecha y de la lança y hachuela y sus rodelas y iacos fuertes de sal y algodon, y de otros pertrechos de guerra, y que ya no se admiravan de los mexicanos ni los temian, antes hazian poca cuenta de ellos y que en esto passaron algunos años.
Que aquel Cocom fue primero el que hizo esclavos pero que deste mal se siguio usar las armas con que se defendieron para que no fuessen todos esclavos.
Que entre los successores de la casa Cocomina uvo uno muy orgulloso, y imitador de Cocom, y que este hizo otra liga con los de Tavasco, y que metio mas Mexicanos dentro de la cibdad, y que començo a tyranizar y hazer esclavos a la gente menuda; y que por esto se juntaron los señores a la parte de Tutuxiu, el qual era gran republicano como sus passados, y que concertaron de matar a Cocom, y que assi le hizieron, matando tambien a todos sus hijos, sin dexar mas de uno que estava ausente, y que le sequearon la casa y le tomaron las heredades que tenia de cacau y de otras frutas, diziendo que se pagavan de lo que les avia robado, y que duraron tanto los vandos entre los Cocomes que dezian ser injustamente echados, y los Xiuis, que despues de aver estado en aquella cibdad mas de D años, la desampararon y despoblaron, yendose cada uno a su tierra.