Relation des choses de Yucatan de Diego de Landa Texte espagnol et traduction française en regard, comprenant les signes du calendrier et de l'alphabet hiéroglyphique de la langue maya; accompagné de documents divers historiques et chronologiques, avec une grammaire et un vocabulaire abrégés français-maya, précédés d'un essai sur les sources de l'histoire primitive du Mexique et de l'Amérique Centrale, etc., d'après les monuments égyptiens, et de l'histoire primitive de l'égypte d'après les monuments américains par l'abbé Brasseur de Bourbourg

Part 11

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[71] D’après cette description, l’île Atlantide aurait été beaucoup plus rapprochée de l’Europe et de l’Afrique que de l’Amérique, et le lac _Triton_ dont parle Diodore, disparu depuis par suite d’un tremblement de terre, et qui se trouvait à l’extrémité occidentale de l’Afrique, n’aurait été que l’étendue de mer intérieure entre l’Atlantide et la Libye.

[72] C’est précisément dans cette circonscription, comprenant la Libye, l’Égypte et l’Europe jusqu’à la Tyrrhénie, qu’on trouve les débris des races les plus différentes des races indo-européennes, celles dont la constitution physique, les antiques coutumes et les langues se rapprochent le plus de la constitution, des mœurs et des langues des peuples de l’Amérique.

[73] Cette grande invasion de peuples, sortis des mers de l’Ouest et dont on retrouve déjà tant de traces en Afrique et en Europe, dans les races et les langues qui ne sont pas d’origine âryane ou sémitique, devrait, ce nous semble, donner quelque peu à réfléchir aux savants qui prétendent réduire la philologie, comparée à l’hébreu et au sanscrit. C’est dans cette invasion qu’on sera forcé peut-être un jour de chercher l’origine des _Hycsos_, qui en étaient probablement le dernier flot.

[74] N’est-ce pas à une des grandes invasions âryanes que Platon pouvait faire allusion, quand il oppose cette armée athénienne, venant de l’Est, pour combattre l’invasion atlantique, que les Athéniens, d’origine âryane, repoussèrent, et dont ils conservèrent le souvenir dans la célébration des petites Panathénées? De là probablement date la prépondérance de la race blanche âryane sur les races plus ou moins brunes qu’elle trouva en Europe.

[75] Platon, _Timée_, traduct. de M. Victor Cousin, tom. XII, page 3 et suiv.

[76] _Egypt’s place in universal history_, etc., vol. IV, pag. 421.

[77] _Lettres sur l’Atlantide_, p. 43.

[78] _Odyssée_, trad. de Mme Dacier, tome I, page 5; tome II, page 7. Remarques; tome I, page 65; tome II, pages 45 et 47.

[79] _Examen critique de l’hist. de la géogr. du N. Continent_, tom. I, page 167 et suiv.

[80] Plutarque, _De facie in orbe lunæ_, page 941, 2. Voir mon ouvrage _Popol Vuh_ ou Livre Sacré, dans l’introduction, page XCIX.

[81] Ce nom de Méropis, ajoute en note Humboldt, faisait-il allusion, en se liant au Titan _Atlas_, à la seule de ses filles, qui s’était unie à un mortel, et qui, dans les Pléiades, restait _voilée_ (obscurcie), presque cachée au regard des hommes? (Apollod. Bibl., III, 10, 1, page 83, éd. Heyne.)

[82] Vers. 1274-1281. Sur un passage analogue de Callimaque. Voyez Ukert, _Geogr. der Romer und Griech._, tome I, _Abth._ 2, pag. 246-348, et tom. II, _Abth._ 1, pag. 194.

[83] Voyez Kleine, _Quæst. quædam de Solonis vita et fragmentis_. Duitsb., 1832, pag. 8. D’un autre côté, M. Bach (_Solonis Athen. carmina quæ supersunt_, Bonnæ ad Rhen., 1825, page. 35-56 et 113) croit que la famille de Platon avait conservé, non comme traduction, mais comme poëme, un écrit désigné par les mots λογός Ἀτλαντικὀς.

[84] «Cette objection élevée contre le récit de Platon, et les noms des deux prêtres égyptiens que les dialogues ne désignent pas, me paraît indiquer que Plutarque, malgré l’éloignement du temps, puisait à des sources qui nous sont inconnues.» (Humboldt, _Examen_, etc., tom. I, page 174.)

[85] Bekkeri, _Comment. in Plat._, tom. II, pag. 395.—_Schol. in Rempubl._, I, 3, 1. Voir aussi les mêmes renseignements dans Proclus _in Tim._, pag. 26. Humboldt, _ibid._

[86] _Comment._, tom. II, pag. 427.

[87] _Examen crit. de l’hist. de la géogr. du N. Continent_, tom. I, page 176.

[88] Diod., _Bibl. hist._, trad. de M. Ferd. Hoefer, lib. II, § 55-60.—M. de Sainte-Croix (_Examen des historiens d’Alexandre_, page 737) croyait cependant que la Gulliveriade d’Iambulus avait quelque fond de vérité. Un écrivain, profondément versé dans les langues et les alphabets de l’Asie méridionale et orientale, M. Jacquet, a récemment fixé l’attention (_Nouveau journal asiatique_, tom. VIII, page 30; tom. IX, page 308) sur ce peuple qui «se servait de lettres d’après la valeur des signes indicateurs, au nombre de vingt-sept, qui, d’après les figures qu’elles affectent seulement au nombre de sept, éprouvent chacune quatre modifications,» comme dans les alphabets syllabiques des Indiens. Ne peut-on pas admettre que dans ces _Voyages imaginaires_, on se plaisait à mêler aux fictions des descriptions locales, quelques traits de mœurs et d’usage que l’on connaissait vaguement par les relations incohérentes d’anciens navigateurs? Le mélange de vérité et de fiction paraît avoir existé surtout dans la Panchaia d’Evhemere, malignement traitée de Bergæen, par Eratosthène (Gosselin, tom. II, pag. 138). Cette note est de Humboldt et pourrait s’appliquer à une foule de relations modernes de voyages, où les auteurs ne se gênent guère pour mêler le roman à la réalité. Combien de lecteurs ne connaissent le Pérou que par les _Incas_, de Marmontel, et le Mexique par les récits de Gabriel Ferry? Est-ce une raison pour nier l’existence de ces deux pays?

[89] Letronne, _Idées cosmogoniques_, pages 8 et 9. (Heeren, tome I, 1, pag. 206-240; tom. II, 2, pag. 438) croit, d’après la route des caravanes, indiquée par Hérodote au delà des Garamantes, devoir placer les Atlantes de cet historien entre le Fezzan et le Bornou. C’était là peut-être un reste de ces populations, confondues depuis sous le nom de Berbères, et desquels peuvent être sortis les _Hycsos_ ou rois pasteurs qui envahirent l’Égypte et élevèrent si haut les arts dans cette contrée, quoi qu’en dise Manethon.

[90] Hérodote, _Histoire_, etc. liv. IV, 191.

[91] Les Gorgones, dont le masque hideux se retrouve en Europe et en Asie, dans une foule de monuments anciens et modernes, existe en Amérique, dans un grand nombre de sculptures, de plusieurs siècles antérieures à Christophe Colomb.

[92] Diodor., _Bibliot. Hist._ lib. III, § 52-56.

[93] Id. _ibid._—C’est là peut-être ce qui explique le silence de Diodore sur la disparition de l’Atlantide.

[94] Herodot., _Hist._, lib. IV, 179.

[95] Sallust., _Bell. Jugur._, cap. 18.—Plin., lib. V, 8.—Strab., lib. XVII, pag. 828, cas.—Ces Perses dont parle Salluste ne pourraient-ils pas être identifiés avec quelques-unes des tribus âryanes qui envahirent l’Europe et chassèrent ou soumirent à leur domination les populations d’origine brune ou atlantique?

[96] Plutarque, _Traité d’Isis et d’Osiris_, passim.

[97] «A part les principaux livres de l’Ancien Testament, à part les Kings des Chinois, le Véda, quelques Gâthas du Zend-Avesta, et le _soi-disant Livre des Morts_ de la vieille Égypte, dont le texte a été publié par Lepsius, mais dont nul égyplologue n’a encore brisé le sceau, nous ne possédons de toute l’antiquité que les œuvres d’une muse épique, dont la forme actuelle ne remonte pas très-haut, à commencer par Homère (Eckstein, _Sur les sources de la cosmogonie de Sanchoniathon_, page 136).

[98] _Bassin de l’Ouest._ Ainsi doivent s’interpréter les mots _Amen oli_ de l’hiéroglyphe.

[99] _Men_, est le nom du douzième signe ou personnage du calendrier maya, l’un des vingt chefs primitifs suivant Nuñez de la Vega, et son nom, en maya comme en égyptien, signifie fondateur, édificateur.

[100] _Iliad._, lib. XIV, etc.—Homère ou celui qui écrivit sous son nom, était parfaitement instruit de la géographie de son temps; il distingue parfaitement l’_Océan_ du _Nil_, que la vanité égyptienne cherchait toujours à confondre. Voir Diod., _Biblioth. hist._, lib. I.

[101] _Hist. d’Égypte, dès les premiers temps de son existence jusqu’à nos jours_, etc. Leipzig, 1859, prem. part., chap. 1.

[102] Brugsch, _ibid._, page 25, texte et note.

[103] Id. _ibid._, page 2.

[104] Id. _ibid._, page 3.

[105] Il existe au Guatémala un cours d’eau considérable, du nom de _Nil_, qui descend de la Cordillère de Soconusco à l’Océan Pacifique. Ce nom, dons le vocabulaire quiché de Ximenez, est traduit par ces mots, _cosa sosegada, que está en paz_, tranquille, paisible. Deux documents anciens en font mention: le _Titulo de los señores de Totonicapan_ et le _Titulo de los señores de Quezaltenango_. Un Vocabulaire quiché donne au Couchant, c’est-à-dire au côté du Pacifique, le nom de _Pa-Nile_, la région du Nil.

[106] Il résulterait des travaux, de Lepsius, aussi bien que d’autres égyptologues, d’après MM. Nott et Gliddon, qu’avant la fondation du premier empire.... la population de cette contrée (l’Égypte) était africaine, et la langue originaire de la vallée du Nil (Nott and Gliddon, _Indigenous races of the earth_, vol. 1, ch. I, num. 9-10.—Perier, _Sur l’Ethnogénie égyptienne_, etc., dans les Mém. de la Société d’Anthropologie, tom. I, pag. 464).

[107] Brugsch, _Histoire d’Égypte_, etc. page 3.—Aubin, _Mémoire sur la peinture didactique et l’écriture figurative des anciens Mexicains_, page 13.—Pruner-Bey. _Recherches sur l’origine de l’ancienne race égyptienne_, dans les Mémoires de la société d’Anthropologie, Paris, 1863, tom. I, page 462.

[108] Le lecteur qui voudra se donner le plaisir de voir un spécimen de la race américaine des bords du Nil, n’a qu’à jeter les yeux sur le petit grammate assis sur un socle, au centre de la salle nº 2 du Musée égyptien du Louvre. Quiconque a vu et observé de près l’indigène américain, ne saurait s’y méprendre; pour moi c’est le portrait vivant d’un Indien de Rabinal.

[109] Ceci est un fait généralement admis et sur lequel il est inutile de s’appesantir. On pourrait y objecter qu’en bien des lieux les hommes se peignaient en rouge, en signe de supériorité ou de victoire; mais où a-t-on vu ailleurs que dans les peintures égyptiennes ou mexicaines, qu’ils fussent à la fois rouges et sans barbe, surtout sans moustaches? L’appendice qui leur est _attaché_ au menton ne peut être qu’un ornement et ne passera jamais pour de la barbe, aux yeux de gens non prévenus.

[110] _Essai sur l’hist. de la géogr. du N. Continent_, tome I, page 170.

[111] Voir le _Critias_, trad. de M. Victor Cousin, tom. XII.

[112] Pruner-Bey, _Recherches sur l’origine de l’ancienne race égyptienne_, dans les mémoires de la Société d’Anthropologie, tome I, Conclusions, page 632 et autres, ainsi que dans le Bulletin, _passim_.

[113] Broca, _Sur l’ancienne race égyptienne_, dans le Bulletin de la Société d’Anthropologie, tome II, page 551, etc.

[114] _Sur les brachycéphales de la France_, dans le Bulletin de la Société d’Anthropologie, tome II, page 651.

[115] Charencey, _La langue basque et les idiomes de l’Oural_. Paris, 1862.

[116] Pruner-Bey, _Sur la mâchoire d’Abbeville_, dans le Bulletin de la Société d’Anthropologie, tome IV, page 302.

[117] Chavée, _Sur les origines étrusques_, dans le Bulletin de la Société d’Anthrop., tome III, pag. 447.

[118] Diodore, _Biblioth. hist._, lib. 1, 28.

[119] Herrera, _Hist. gén. de las Indias occid._, decad. VI, lib. III, cap. XIX.—Les belles ruines de l’antique cité de Copan appartenaient aux tribus de race care. Voir plus haut, § 1, note 3.

[120] Le _Diccion. geogr. d’hist._ d’Alcedo et la table générale des matières d’Herrera donnent à eux seuls plus de trois cents noms de peuples ou de localités commençant par _car_ ou _cara_, mot qui, dans la plupart des langues américaines, était synonyme, comme en Asie, d’_homme par excellence_, _guerrier_, etc. C’est le _Karl_ des langues germaniques.

[121] _Les Cares ou Cariens de l’antiquité_, 2ᵉ part. VI, dans la Revue archéologique, XVᵉ année.

[122] Herodot. _Hist._, lib. II, 158.

[123] _Les Cares et Cariens_, part. VII.

[124] _Reisen und Entdeckungen in Nord un Central Africa_, etc., vol. I, pag. 256.

[125] Voir l’_Ecrit du frère Romain Pane_, à la suite de Landa, pag. 438, 440. Les _Caracaracols_ sont d’entre les populations les plus antiques de Haïti et des autres Antilles.—_Carib_ est un pluriel quiché de _car_ et _caraib_ de _cara_.

[126] Rochefort, _Hist. nat. et morale des Antilles_, page 401. D’après cet écrivain, _Caraib_ signifiait _belliqueux, vaillant, doué d’une dextérité, d’une force extraordinaire_. C’est le même sens que donne au mot _Guarani_ le père Antonio Ruiz (_Tesoro de la lengua Guarani_). Alors _Guarani_, _Carini_, _Caribe_ auraient la même origine que le mot _war_, guerre, ainsi que dans plusieurs langues germaniques (Al. d’Orbigny, _L’homme américain_, tom. II, page 268).

[127] _Les Cares ou Cariens dans l’antiquité_, IIᵉ part. I.

[128] Popol Vuh ou _Livre sacré des Quichés_. Introduction, pages CLXVIII, CCXXIII et CCXLIII.

[129] _Genèse_, cap. X, v. 6.

[130] Nahum, cap. III, v. 9.

[131] Matute, _Prosop. de Christ._, edad. II, cap. 2, § 2, fol. 76.—Mortier, _Ætymolog. sacr._ ad verb. _Africa_, fol. 19.

[132] Pierre Martyr d’Anghiera, _De Insulis_, etc.

[133] Pruner-Bey, _Sur l’origine de l’ancienne race égyptienne_, dans les Mém. de la Société d’Anthrop., tome I, page 401.—Eckstein, _les Cares et les Cariens_, etc., 2ᵉ part. IX.—Berthelot, _Mémoire sur les Guanches_, dans les Mém. de la Société ethnologique de Paris, tome I, 1841.—Barnard Davis, _Sur les déformations plastiques du crâne_, dans les Mém. de la Société d’Anthr. 1863, tome I, page 379.

[134] Eckstein, _Les Cares et les Cariens_, 2ᵉ part. VIII.

[135] Je renvoie encore au Mémoire si intéressant et à la fois si savant de M. Pruner-Bey _Sur l’origine de l’ancienne race égyptienne_, passim.

[136] Si cet empire atlantique, dont le prêtre de Saïs entretenait Platon, a pu étendre son influence jusqu’en Égypte, qui sait si ce n’est pas de là qu’il faut dater le commencement de Menés? Les _Hycsos_ seraient les épaves de ces invasions, restées en Afrique après le bouleversement. Les belles statues et les sphinx trouvés par M. Mariette dans les fouilles de Tanis, ont bien plus le caractère berbère et américain que sémite; les poissons dont les premiers font offrande à Soutech, rappelleraient d’ailleurs l’océan d’où ils sont sortis, et les dieux _Makares_ ou poissons, autres symboles du dieu. Voir les deux lettres de M. Mariette _Sur les fouilles de Tanis_, dans la _Revue Archéologique_, datées du Caire du 20 décembre 1860 et du 30 décembre 1861.

[137] Strabon, lib. III, 3.

[138] Eckstein, _les Cares ou Cariens_, etc. 2ᵉ part, VII, VIII, etc.

[139] Strabon, lib. III, 4.

[140] _Relacion del licenciado Palacios._—Herrera, _Hist. gen. de las Ind. Occ._ decad. IV, lib. 10, cap. 14.

[141] Popol Vuh ou _Livre Sacré_, etc. Introd. pages CLXXI et CCII.

[142] Houzé, _Atlas universel historique et géographique_, cartes d’Espagne, I à IV.

[143] _Les Cares ou les Cariens_, etc. page 197.—Brugsch, _Dic. Géogr. der Nachbarlænder Egyptens_, pag. 83-88.

[144] Momsen, _Hist. Romaine_, trad. édit. de Bruxelles. Tom. I, chap. 9.

[145] Calancha, _Coronica moralizada de la provincia de San Augustin del Peru_, tom. I, pag. 473.

[146] Voir mon _Popol Vuh_, etc. page CLXVIII, etc.

[147] Eckstein. Les _Cares ou Cariens_, 2ᵉ part. page 197.

[148] Eckstein, _loc. cit._

[149] _Sur les sources de la Cosmogonie de Sanchoniathon_, p. 209.

[150] Pierre Martyr, _Sum. Rel. delle Indic. Occid._ Coll. di Ramuzio, tom. III, f. 34-5.—_Ecrit. du frère Romain Pane._ Voir ci-après pages 440, 442, 437.

[151] Guevara, _Hist. del Paraguay_, etc. en la col. de _Hist. Argentina_, tom. I, pag. 76.

[152] Ce texte est d’autant plus curieux qu’à l’époque de la découverte de l’Amérique, les Guarani ne bâtissaient plus de villes, mais de simples bourgades. «Resolvieron levantar _ciudades_ para su morada, _las primeras_, segun ellos decian, de todo el pais.»

[153] Velasco, _Hist. du royaume de Quito_, trad. Ternaux, lib. I, § 1.

[154] Herrera, _Hist. gen._ dec. v, lib. III, cap. 6.—Dans le même chapitre, l’auteur parle d’une ville de _Changara_, commandée et défendue, dans la suite, par des amazones contre un chef contraire aux Cares, et qui, suivant Zarate, aurait été la tige des Incas du Pérou: ce qui rappelle l’existence de la gynécocratie carienne.

[155] Voir tous les auteurs qui ont traité de l’histoire de la découverte et de la conquête, principalement de l’Amérique méridionale.

[156] Eckstein, _Sur les sources de la cosmogonie de Sanchoniathon_, page 150.—C’est ainsi que dans les vestiges des traditions de Haïti, on voit Guahagiona enlever les femmes et les transporter à Matinino (Martinique), île de la mer des Antilles, puis jouir d’une autre dans l’Océan, etc. Voir plus bas l’_Ecrit du frère Romain Pane_, pages 434-435.

[157] _Macar_, composé de _ma_, mot dont ils usent dans le sens de vieux, ancien, et aussi comme une parole d’amour,—et de _car_, poisson et femme mondaine, prostituée (Ximenez, _Tesoro de las lenguas quiché, cakchiquel y zutuhil_, etc. part. I). Qui sait même si le mot _maquereau_, ou _makerel_, fils de _macar_, ne viendrait pas de là? Les étymologies ont quelquefois une origine si étrange.

[158] _Ymox_ se traduit encore par espadon, sorte de monstre marin, dans le _Vocabulaire de la langue quichée_.

[159] Voir la note précédente.—Du mot _car_, quiché, se dérivent une foule de mots servant à indiquer l’obscénité, la prostitution, etc. plus ou moins, comme le mot poissarde en français. A propos du mot _Makarah_, Eckstein dit qu’il n’a pas de racine dans l’idiome des _Aryas_: «Il aura appartenu à la vieille race des Éthiopiens de l’Orient et de l’Occident, ajoute-t-il, en passant d’eux et de leur culte aux Sémites et aux Aryas. Movers en a largement traité dans le premier volume de son important ouvrage; mais il a la manie de vouloir tout ramener à un type strictement phénicien.» (_Sur les sources de la cosmogonie de Sanchoniathon_, pages 150-151.) Qu’eût dit Eckstein, s’il avait connu les sources américaines de ce nom?

[160] Castellanos, _Elegias de varones ilustres de Indias_, en la Bibl. de Autores esp. Madrid, 1847. Part. II, canto 3ᵉ, page 533. Ce nom est répété à plusieurs reprises, tantôt comme titre, tantôt comme nom propre, et il est donné aussi interverti en _Maracona_ et _Marona_, peut-être par licence poétique, aux montagnes où ces chefs commandaient. Le nom du lac ou golfe _Maracaibo_ n’est lui-même que le nom de _Macaraibo_ interverti.

[161] Piedrahita, _Hist. gén. de las conquistas del nuevo Reyno de Granada_, lib. III, cap. 1.—Julian, _La Perla de la América, prov. de Santa-Marta, reconocida_, etc. Dis. VIII, § 4.—Laet. (_De novo orbe_) dit: «Ab oppido Santae Marthae ad Ramadam auri reperiuntur metalla: in Tayrona quoque plurima Lemma, quantumvia pretii.»

[162] _Melcarth_, en supprimant le _th_ final, a encore un sens analogue dans le quiché: _mel_, parole d’amour, signifie ma chérie, etc. et _car_, poisson, ou femme mondaine, etc. (Ximenez, _Tesoro de las lenguas_, etc.) Dans le canon d’Eusèbe, édité par Scaliger, ce nom est traduit par θεοδας, qui signifie, dit-il, Dieu des amants. (Scaliger ad Euseb. 1, 498.)

[163] Anton. August. _Dialog_. VIII. _Monet_. 9, fol. 323.

[164] Eckstein. _Sur les sources de la cosmog._, etc. pag. 153.

[165] _Cod. Mex. Tell. Rem._

[166] _Ibid._—Fabregat, _Exposizione del Cod. Borgia_, MS. de macoll.

[167] _Cod. Mex. Tell. Rem._ fol. 17. verso.—«L’homme, le Tchâkchuschah, issu du fleuve de l’Oxus, et d’origine fluviale, y invente une science, une industrie. Le jour ou la canne sert d’hiéroglyphe, et pour la mesure du temps. L’heure de vingt-quatre minutes reçoit le nom d’une nâdi, nâdikâ; elle est indiquée sur la tige du jour aquatique, elle y est gravée ou incrustée comme une mesure du temps. Le nâdi mandalam est l’expression de l’équateur céleste; le nâdi-nakchatram est l’étoile de la naissance de l’homme, etc. Le nâdi-taranga est l’astronome, l’astrologue qui calcule les ondes dans le mouvement des temps.» (Eckstein, _Sur les sources de la Cosmogonie de Sanchoniathon_, page 249.)

[168] Stephens, _Incidents of travel in Yucatan_, vol. I, page 302.—Voir aussi les photographies de M. Charnay et son ouvrage _Cités et ruines américaines_.

[169] Popol Vuh, _Livre Sacré_, etc. page 7. Les mots _qo pa ha zaktetoh_, être sur l’eau comme une lumière mouvante; dans le Popol Vuh nous traduisons comme une lumière grandissante, ce qu’exprime le mot _zaktetoh_ qui signifie le reflet d’une lumière brillante, mais tremblottante sur l’eau, légèrement ridée; c’est bien là l’idée d’une étoile réfléchie sur la mer par un beau temps.

[170] Popol Vuh, _Livre Sacré_, etc. page 7.

[171] _Ibid._ pages 11, 12 et 13.

[172] _Aglaophamus_, vol. I, cap. v, pages 465-593, et Eckstein, _Sur les sources de la Cosmogonie de Sanchoniathon_, page 11.

[173] _Histoire d’Égypte_, part. I, page 3.

[174] _De Iside et Oriside_, page 444, 365.

[175] Champollion, _Grammaire égyptienne ou principes généraux de l’Écriture sacrée égyptienne_, Paris, 1836. Ch. II, n. 62, page 39.

[176] Salvolini, _Analyse raisonnée_, pag. 68, 69.

[177] _Quetzal-cohuatl_, l’oiseau quetzal et le serpent, ou le serpent aux plumes de quetzal; _gucumatz_ ou _guk-cumatz_, serpent aux plumes (de quetzal); _kukul-can_, la même chose, en tzendal _cuchut-chan_.

[178] _Grammaire égyptienne_, p. 110 et 118.

[179] _Analyse raisonnée_, page 196.

[180] Peyron, _Dictionnaire de la langue copte_, au mot _Pan_.—Goulianof, _Archéologie égyptienne_, tom. III, page 284 et suiv.

[181] E. de Rougé, _Étude sur une stèle égyptienne, appartenant à la Bibliothèque impériale_. Paris, 1858, p. 24-25.

[182] _Panthéon égyptien_, texte h. pl. 1 et 5.

[183] A. Maury, _Histoire des religions de la Grèce antique, depuis leur origine jusqu’à leur plus parfaite constitution_. Paris, 1857, tome I, pages 106-106.

[184] _Cod. Mex. Tell. Rem._ fol. 15. v. «_Pantecatl_, marido de _Mayaguel_, que por otro nombre se dixo _Cipactonal_, que salio del diluvio.—Este Pantecatl es señor destos trece dias y de unas rayces quellos echavan en el vino, porque sin estas rayces no se podian emborrachar, aunque mas beviessen. Y este Pantecatl dio el arte de hacer el vino, porque como este hizo, o dio orden como se hiciesse el vino, y los hombres que han bevido estan valientes, bien assi los que aqui naciessen, serian esforçados.»

[185] Sahagun, _Hist. gen. de las cosas de Nueva España_, édit. Bustamante, Mexico, 1830, tom. III, lib. X, cap. XXIX, § 12. «Era muger la que començo y supo primero, ahugerar los magueyes para sacar la miel de que se hace el vino, y llamabase _Maiaoel_, y el que hallo primero las raices que echan en la miel se llamaba _Pantecatl_..... y hubo un _Cuexteco_, que era caudillo y señor de los _Guaxtecas_, que bebio cinco tasas de el, con las cuales perdio su juicio, y estando sin él, echo por ahi sus maxtles, descubriendo sus vergüenzas....»

[186] _Maya_ ou _Maïa_, nom antique d’une partie du Yucatan, paraît signifier aussi la terre, et le complément de son nom _huel_, _oel_ ou _el_, est ce qui sort ou surgit, comme le jet ou la pousse du maguey ou aloès dont il va être question. Quant au vin dont on parle ici, c’est l’_octli_ nahuatl, aujourd’hui _pulqué_ au Mexique, c’est-à-dire la sève de l’aloès qui se réunit dans le centre de la plante, lorsqu’on en a tranché le cœur ou le jet.

[187] _Panuco_ a dans Sahagun une tout autre étymologie; il fait venir ce nom de _panoaia_, débarquer, et dit que le lieu s’appelait anciennement _Pantlan_ ou _Panutla_, qui présentent néanmoins la même étymologie, _pan_ ou _pantli_ étant le drapeau, l’étendard, etc. _Tlan_ et _co_, désignant également une localité, etc. C’est ainsi que de _mexitl_ on a fait _Mexico_, de _challi_, _Chalco_, etc.