Part 12
[188] «In altre provincie, dit le Conquérant anonyme, e particularemente in quella di Panuco adorano il membro, que portano gli huomini fra le gambe, e lo tengono nella meschita, e posto similmente sopra la piazza insieme con le imagini di rilievo di tutti modi di piaceri che possono essere fra l’uomo e la donna, e gli hanno di ritratto con le gambe alzate in diversi modi. In questa provincia di Panuco sono gran sodomiti gli huomini, e gran poltroni, e imbriachi, in tanto che stanchi di non poter bere più vino per bocca si colcano, e alzando le gambe se lo fanno metter con una cannella per le parti di sotto, fin tanto che il corpo ne puo tenere.» (_Relacione d’alcune cose della Nuova Spagna e della gran città di Temistitan Messico, falta per un gentilhuomo del signor Fernando Cortese_.) Coll. de Ramusio, tom. III, page 257.
[189] Voir aussi à ce sujet Stephens, _Incidents of travel in Yucatan_, vol. I. Note en latin, dans l’appendice, page 434.
[190] Voir plus bas, Landa, pages 36 et 37.
[191] Aubin, _Mémoire sur la peinture didactique_, etc., page 43.
[192] Basseta, _Vocabulario en lengua quiche_, etc. MS de ma collection.
[193] Molina, _Vocab. en lengua mexicana_.—Ajoutons ici pour ce qui concerne l’explication du mot _pan_, en tant que _hache_, qu’une tradition antique de la province d’Oaxaca disait que les dieux du monde, établis au sommet du mont d’_Apoala_, y avaient bâti un palais somptueux, et que sur la cime la plus élevée de cet édifice existait une _hache_ de cuivre, dont le tranchant tourné par en haut soutenait le ciel. (Ex quodam MS Vicarii Cuylapensis. Ord. Præd. ap. Garcia, _Origen de las Indios_, lib. V, cap. IV, page 37.)
[194] _Centeotl_ ou _Cinteotl_, de _centli_, ou _cintli_, la gerbe de maïs. Voir Torquemada, _Mon. Ind._ lib. VI, cap. XXV.
[195] _Cod. Mex. Vatic._ ap. Rios, et Fabregat, _Esposizione delle figure del Cod. Borgia_, n. 19.—«Mammis multis et uberibus exstructa, dit Minutius.» (Octav. 22.) ap. A. Maury, _Hist. des relig. de la Grèce antique_, tome III, page 156. Ce symbole des mamelles pourrait fort bien avoir pris son origine de l’épi même du maïs, recouvert de ses graines, en forme de mamelles, et dont le nombre quatre cents _centzontli_, en mexicain, donne l’idée de l’année la plus fertile, lorsque d’un grain la terre en rend 400.
[196] A. Maury, _Histoire des religions de la Grèce antique_, tome III, page 157.—Torquemada, _loc. cit._ lib. IX, cap. XXVI.
[197] Torquemada, _loc. cit._ lib. VIII, cap. v.
[198] Bunsen, _Egypt’s place in universal history_, vol. I, page 373.
[199] Voir à la suite de Landa, etc. l’_Ecrit du frère Romain Pane_, dans ce volume, pages 431-432.
[200] Catlin, _Lettres and notes on the manners, customs and conditions of the North American Indians_, vol. I, page 215.—Nous tenons de M. Catlin lui-même des détails particuliers, extrêmement curieux sur cette matière.
[201] _Centeotl_, composé de _ce_ ou _cen_, un, et _teotl_, dieu, ou de _centli_, la gerbe de maïs et de _teotl_.
[202] A. Maury. _Hist. des relig. de la Grèce antique_, tom. I, pag. 108 et suiv.
[203] Voir Cogolludo, _Hist. de Yucatan_, lib. IV, cap. vi.—_Hunab-ku_, un ou unique dieu, a exactement le même sens que _centeotl_.
[204] A la suite de Landa, _Relacion de las cosas de Yucatan_, page 357 dans ce volume.
[205] _Itzen_ pour _tzen ou tzem_, ou _tzam_, d’où Itzamna ou Zamna, comme on appelle indifféremment cette divinité.
[206] Bunsen, _loc. cit._ page 374.—Voir Landa dans ce volume, page 221. Dans le manuscrit original, ce nom est écrit tout d’une pièce. Nous avons fait _ahcoc_, _ahmut_; le premier signifie _celui de la tortue_; nous n’avons pu trouver le sens du second, à cause de l’insuffisance de notre vocabulaire: dans le tzendal, langue assez rapprochée du maya, _mut_, est un oiseau. Conjointement avec Zamna on adorait au Yucatan une déesse qui passait pour la mère des dieux; on l’appelait _Xchel_ ou _Ixchel_. Le mot _chel_ s’appliquait à un oiseau sacré, c’était aussi le nom d’une famille sacerdotale; _x_ ou _ix_, prononcer _ish_, désignait le féminin _ixix_ ou _ishish_, le sexe de la femme.
[207] _De Iside et Osiride_, page 396.
[208] Champollion, _l’Égypte sous les Pharaons_, tom. I, page 217 et suiv.
[209] _Cod. Mex. Tell. Rem_, fol. 3. v.
[210] Motolinia, _Hist. de los Indios de la Nueva-España_, partie inédite, Manuscrit de don José Maria Andrade de Mexico.—Voir Landa, plus bas, page 255. _Chac_, l’orage, la pluie, le Dieu des eaux ainsi que _Tlaloc_ au Mexique, et par conséquent des productions de la terre. Cette fête de l’éteignement du feu s’appelait _Tuppkak_, qui en est la signification et qui symboliquement, peut-être, rappelait l’éteignement par le déluge des feux allumés par les volcans, au temps du cataclysme.
[211] Passalaqua, _Catalogue raisonné des antiquités découvertes en Égypte_, etc. page 168 (ad. XXVI). Des vases d’un genre analogue servaient au Mexique, au Yucatan, ainsi qu’en Égypte, à renfermer là les cendres, ici les entrailles des défunts. Il existe au musée de Mexico deux ou trois vases de ce genre d’une grande beauté: nous possédons les copies de deux des plus curieux, dessinés par M. Ed. Pingret.
[212] Calancha, _Coronica moralisada_, etc. lib. II, cap. x. Ces pénates sont appelés indifféremment _canapa_ ou _conopa_, nom où l’on reconnaît celui de _con_ ou _chon_, dont il a été parlé précédemment.
[213] Voir Landa, page 207 et suiv.
[214] Bunsen, _Egypt’s place in universal history_, vol. I, page 514. Au nº 254 de la liste des signes hiéroglyphiques idéographiques, se trouve l’animal précité, sous le nom de _jerboa_ ou _jerboise_, ce qui n’est pas exact, suivi de ces mots _sense unknown_. On le retrouve dans un grand nombre de documents, quelquefois très-exact, d’autres fois plus ou moins défiguré; ceci s’explique par l’interruption des communications de l’Égypte avec l’Amérique, seul pays où existe le Sarigue, qu’on finit par oublier avec le temps et qu’on regarda peut-être comme un animal symbolique. Tel l’énonce M. de Rougé, en le donnant comme l’animal symbolique de _Set_, à la suite d’une explication touchant le groupe de la page 16 de son ouvrage _Étude sur une stèle égyptienne_, page 17. Dans la _Gramm. Égypt._ de Champollion, on le retrouve avec la même tête de Sarigue, page 114, ayant la légende: «Avec la tête d’un animal fantastique et sous le nom de _Bôr_ ou _Boré_,» page 119, ayant la légende: «une espèce de griffon.» Page 120, cette tête de sarigue est devenue, par l’oubli du temps sans doute, une tête d’âne et ensuite d’antilope.
[215] Dans le _Livre Sacré_, le Sarigue apparaît d’abord comme un des quatre grands dieux, page 2. Il revient ensuite, page 167, dans une fiction fort difficile à interpréter. Toute la scène, cependant, paraît faire allusion à un tremblement de terre, quatre fois répété, exprimé par l’idée que le _Sarigue ouvre ses jambes_, et où le volcan Hunahpu joue encore son rôle: ce qui se serait répété quatre jours de suite.
[216] _Utiu_ est l’animal appelé _coyotl_ en nahuatl; c’est le _chacal_ américain. _Hun-ahpu-utiu_, un Tireur de sarbacane au chacal, est le même que l’_anupu_ ou _anubis_ des monuments d’Égypte, également représenté par un chacal.
[217] _Tziz_ ou _zitz_ signifie l’épine, l’aiguille ou l’animal, que Ximenez traduit par _pizote_, le _pitzotl_ mexicain, que Molina traduit à son tour par _puerco_ et qui paraît être une sorte de porc-épic.
[218] _Rouleau de papyrus de M. Fontana, expliqué par M. de Hammer_, page 11.—_Codex Chimalpopoca_, dans l’hist. des Soleils, MS de ma Coll.—_Cadastre et rôle des habitants de Huexolzinco et autres lieux_, etc. MS de la bibl. impér.
[219] _Cod. Mex. Tell.-Rem._, fol. 4, V.
[220] Motolinia, _Hist. antig. de los Indios_, part. MS. Dans ce document, au lieu de _cipactli_ il y a _capactli_, qui n’est peut-être qu’une erreur du copiste, mais qui, peut-être aussi est le souvenir d’une langue perdue et qui se rattacherait au _capac_ ou _Manco-Capac_ du Pérou.
[221] Motolinia, _ibid._
[222] Dans _Herapollon_, I, 69 et 70, le crocodile est le symbole du couchant et des ténèbres.
[223] _Cod. Mex. Tell.-Rem._, fol. 18, V.
[224] _Ixcuina_, au pluriel _ixcuiname_, dans la langue nahuatl; ainsi le donne le _Cod. Mex. Letellier_, et Sahagun (_Hist. de las cosas de N. España_, lib. I, cap. XII.)
[225] _Cod. Mex. Tell.-Rem._, fol. 21, V.
[226] _Sur les sources de la Cosmogonie de Sanchoniathon_, page 101, 197.
[227] _Cod. Mex. Tell.-Rem._, p. 16, V.
[228] _Panthéon égyptien_, liv. IV, ch. 1, texte 3, page 2.
[229] _Ibid._, texte 3 _a_, page 1.
[230] Goulianof, _Archéol. égyp._, tom. III, p. 330.
[231] _Ymox_ ou _Ymix_ est le premier signe du calendrier, _Yk_ est le second, et se traduit par souffle, vent, esprit.
[232] Goulianof, _loc. cit._
[233] _Panthéon égyp._, 15 _b_.
[234] _Ehecatl_ ou _eecatl_, se traduit _viento_, _aire_, dans Molina, _Vocab. de la leng. Mex._, etc.
[235] Goulianof, _Archéol. égypt_, tom. III, page 408.
[236] _Religions de l’antiquité, considérées principalement dans leurs formes symboliques et mythologiques_, pl. XXXVIII, n. 156. On voit au Musée égyptien du Louvre un grand nombre de ces simulacres de grandeurs diverses, correspondant, on ne peut mieux, à l’idée que nous en donnons ici.
[237] _Egypt’s place in Univ. hist._, vol. I, pag. 382.
[238] _Popol Vuh_, page 413.
[239] _Histoire d’Égypte_, etc., page 118.
[240] Les deux premiers dieux furent, d’après cette tradition, un homme appelé _Xchel_ et une femme appelée _Xlçamna_, lesquels engendrèrent trois fils. L’aîné s’étant enorgueilli, voulut créer des êtres humains; mais il n’y réussit point: il ne sortit de ses mains que des œuvres de terre glaise sans consistance; c’est pourquoi il fut lancé aux enfers avec ceux qui l’y avaient aidé. Les deux autres fils, appelés _Hun-Cheuen_ et _Hun-Ahau_, ayant obtenu la permission de travailler à de nouvelles créatures, créèrent les cieux, la terre et les planètes, après quoi ils firent un homme et une femme, de qui descendit le genre humain. (Roman, _Republica de las Ind. Occid._, lib. II, cap. xv, en las Repub. del Mundo.)
[241] _Livre Sacré_, deux. part., ch. I et XIV.
[242] Sahagun, _Hist. gen. de las cosas de N. España_, apend. del lib. III, cap. II.
[243] Dans l’_Hist. des Soleils_.—Torquemada rapporte une tradition analogue; mais celui qui va chercher les os de jade, s’appelle Xolotl (_Mon. Ind._, lib. VI, cap. LXI). Cette histoire ne ferait-elle pas allusion aux grottes mystérieuses où se travaillait le jade et dont on a été jusqu’ici dans l’impossibilité de découvrir les mines? Etaient-elles situées au _Tlapallan_ fameux, tour à tour placé dans le nord et dans l’Amérique centrale, et qu’il faudrait peut-être encore reculer jusque dans l’Amérique méridionale?
[244] Eckstein, _Sur les sources de la cosmogonie_, etc., page 157.
[245] _Loc. cit._, page 234.
[246] N’est-ce pas là exactement ce qui se dit de Kukulcan et de Zamnà au Yucatan (Voir plus bas, Landa, pages 35 et 356 et note 2), de Quetzalcohuatl, qui enseigna au Mexique toutes les sciences, énumérées ici?
[247] _Histoire générale et système comparé des langues sémitiques._ Paris, 1864, liv. I, ch. II, page 60.
[248] Movers, _Die Phônizier_, tom. 1, pag. 471, etc.
[249] _Biblioth. hist._, lib. I, 28.
[250] _Odyssée_, I, 22-26, dans Eckstein, _Sur les sources de la cosm. de Sanchoniathon_, page 132.
[251] _Iliade_, I, 423-425; XIII, 204-206.
[252] _Loc. cit._, page 135.
[253] Hesiod., _Theogon._ 126-128. Eckstein, _loc. cit._ page 142.—Voir plus haut, page 24.
[254] Voir plus bas _Ecrit du frère Romain_, page 440 et suiv.—Eckstein, _loc. cit._ page 214. «Il s’agit, dans le dernier cas, d’une science du genre de la science hermésienne, qui est attribuée à la katchapé, à la tortue femelle de la vieille Inde. Le Cercops pontifical, le Kapivaktrah en forma une lyre.» Dimivan Caracol en tira l’art de cultiver et de bâtir, et tous les peuples de l’Amérique centrale en ont fait un instrument de musique sacré.
[255] Voir plus bas _Ecrit du frère Romain_, page 433, etc.
[256] Cette île était la même que la _Martinique_. Voir dans la Coll. de Ramusio, _Della historia dell’Indie_, lib. II, cap. VIII, pag. 70, V.
[257] Voir plus bas, _loc. cit._ page 435.
[258] _Indic_., cap. XXII, ap. Eckstein, _loc. cit._ page 139.
[259] Voir plus bas, page 434.
[260] Voir plus bas, pages 435-436.—On sait déjà que la syphilis joue un rôle assez important dans les antiques traditions américaines. Voir le _Livre Sacré_, etc., introd., page CXLII et suiv.
[261] C’est probablement là l’étymologie du nom de _Gua-Bonito_. Voir au _Vocab. haïtien_, à la fin du volume.
[262] Ces noms ne sont pas moins intéressants que les précédents, à comparer avec ceux de l’ancien monde.
[263] Il y avait également une province de _Naïrit_ ou _Nayarit_ au Mexique, ainsi appelé du dieu principal qu’adoraient ses habitants. Elle était située dans les montagnes entre les provinces de Zacatecas, de Culiacan et de Durango. (Alcedo, _Dicc, geogr. hist._, etc., art. _Nayarith_.—Frejes, _Hist. breve de la conquista de los estados indep. del imp. mex._, pag. 150.)
[264] _Sur les sources de la cosmog. de Sanchon._, etc., page 226.
[265] Voir l’_Ecrit du frère Romain_, plus bas, page 436.
[266] «Repertæ etiam in Aiti mirabiles fodinæ, ex quibus aurum à Salomonis classe petitum Columbus judicavit. De illis in navigation. Columbi ita scribitur: _Barthol. Columbus in Hispaniola invenit specus altissimos et vetustissimos, unde aiunt Salomonem aurum suum eruisse. Hæc auri fodina protendebatur ultra milliaria XVI_. Hæc ille. Ingens omnino argumentum, gentes olim eam insulam accessisse metallicas, quales ab omni ævo Phœnices et Hispani fuerunt. Nam illæ fodinæ, non ab Aitanis, quales reperti, quos metallicæ rei penitus ignaros fuisse, et venas in terræ visceribus ignorasse, constat. Aurum ex rivis sublegebant. (Hornii, _De originibus americanis_, lib. II, cap. VIII, pag. 99.)
[267] _Description de la partie française de Saint-Domingue._
[268] E. Nau, _Histoire des Caciques d’Haïti_, Port-au-Prince, pages 49-50.
[269] _Sur les sources de la cosmog. de Sanchoniathon_, page 130.
[270] Sans compter les suivants: _Abacachi_ ou _Abacari_, dans le territoire des Amazones; Abanos, tribu de la Nouvelle-Grenade; _Abigira_, _Abipi_, _Abitani_, noms de tribus et de villes; _Abibeya_, _Abraya_, _Abraiba_, _Abrayme_, etc., comme noms de chefs dans ces contrées.
[271] Montesinos, _Memorias antiguas historiales del Peru_, lib. I, cap. IX. MS. de ma Coll., tiré des Arch. de l’Acad. royale d’hist. de Madrid.—Alcedo, _Dicc. geogr. hist._, art. _Cofanes_.
[272] Voici ce que dit à ce sujet l’évêque de Panama, Piedrahita: «Oyo la voz (Ursua) que celebrada la riquezas del Tayrona, del cerro y valle en que estaban los minerales de oro, y plateria, en que se fundian las primorosas joyas de feligrana en varias figuras, de aguilas, de sapos y culebras, orejeras, chagualas, medias lunas, y canutillos, de que tan vistosa y ricamente se arreaban todas las naciones que corren desde el cabo de la Vela, hasta las extremidades de Urabà, y la suma quantiosa de oro en puntas y polvos, etc.» (_Hist. gen. del reyno de Nueva Granada_, etc., lib. II, cap. 9.)
[273] Julian, _la Perla de la America_, etc., part. I, disc. III, IV, VIII et part. II, disc. II.
[274] _Relacion de lo que sucedio al Magnifico señor capitan Jorge Robledo en el descubrimiento que hizo de las provincias de Antiochia_, etc. MS. des Archives de l’Acad. roy. de Madrid. Copie de ma Coll.
[275] Piedrahita, _Hist. de N. Granada_, etc., lib. cap. XIV.—Julian, _la Perla de la America_, passim.—«Il est certain que les mathématiciens français, dit Carli, n’ont jamais pu comprendre comment ces peuples sont parvenus à faire des statues d’or et d’argent toutes d’un jet, vides au dedans, _minces et déliées_, etc.» (_Lettres américaines_, tome I, lettre 21.) «J’en ai tenu une, dit l’annotateur de ces lettres, qui était une espèce de momie. On n’y voit aucune soudure. On a pareillement admiré des plats à huit faces, chacune d’un métal différent, c’est-à-dire alternativement d’or et d’argent, sans aucune soudure; des poissons jetés en fonte, dont les écailles étaient mêlées d’or et d’argent; des perroquets qui remuaient la tête, la langue et les ailes; des singes qui faisaient divers exercices, tels que filer au fuseau, de manger des pommes, etc. Ces Indiens entendaient fort bien l’art d’émailler, qu’a tant cherché Palissy, et de mettre en œuvre toutes sortes de pierres précieuses.» Je possède un vase à dessins émaillés dans ma collection, provenant des ruines de Palenqué; il me fut donné par le dernier gouverneur de l’État de Chiapas, don Angel Corso, et je crois que c’est l’unique en Europe. B. de B.
[276] «Parmi les arts que nous avons appris des Américains, ou que nous aurions pu en apprendre, nous rangerons celui de donner au cuivre une trempe aussi dure que celle de l’acier et d’en faire des haches excellentes et d’autres instruments tranchants. C’est un secret qui nous est totalement inconnu. Le comte de Caylus examina une de ces haches en France et la jugea de la plus haute antiquité; parce qu’elle était semblable aux anciens ouvrages analogues de la Grèce. Ils savaient aussi donner au cuivre un poli qui réfléchissait parfaitement les images des objets et servait de miroir. C’était l’espèce des miroirs communs; car ceux des femmes de la cour étaient d’argent.... Ils mêlaient aussi l’or au cuivre et donnaient à ce métal mixte une trempe assez dure pour en faire des haches de bon usage. Oviedo nous apprend, dans son _Histoire générale_, que parmi les présents que les Indiens apportèrent au port Saint-Antoine, il y avait trente-six haches de métal mêlé d’or et de cuivre. L’ancien Ulloa dit avoir observé, dans le _Journal de Colomb_, que lorsqu’il arriva à la terre ferme d’Amérique (_ou continent_), que certainement il découvrit avant Vespuce, il y avait parmi ces peuples des rasoirs et autres instruments faits de bon cuivre, c’est-à-dire bien trempés.» (Carli, _loc. cit._) «L’art de tremper le cuivre, ajoute l’annotateur, connu des Grecs et des Romains, se conserva en Occident jusqu’à la prise de Constantinople.» Voyez _Art des siéges_, par M. Joly de Maizeroy, 1778, page 4.—Je possède plusieurs haches de cuivre mêlé d’or et de bronze, trouvées dans des tombeaux américains, et un masque en bronze admirablement fondu, le seul objet de ce genre qui existe en Europe. Un membre de l’Institut fort distingué, M. Rossignol, a publié _Sur les métaux dans l’antiquité_, etc., un ouvrage remarquable de recherches et d’érudition. Mais il en eût doublé l’intérêt, s’il y avait ajouté quelque chose de l’art métallurgique des Américains, si analogue à celui de l’antiquité classique. Les détails à ce sujet dans les auteurs espagnols sont aussi curieux que nombreux et intéressants. B. de B.
[277] «Les académiciens français et espagnols en virent (des miroirs) chez les Guanches, et l’on ne sait pas s’ils sont de pierre naturelle ou de composition. Ceux de Gallinace (obsidienne) étaient ovales, et quelques-uns avaient même un pied et demi de diamètre. La surface en était concave ou convexe. La Condamine assure qu’ils étaient aussi bien travaillés que si ces gens avaient eu les instruments les plus parfaits et avaient connu les règles les plus précises de l’optique. La Condamine avait mis un de ces miroirs d’Inca dans la caisse qu’il envoyait à Paris et qui périt dans le voyage» (Carli, _loc. cit._)—«Je suis étonné, ajoute ici l’annotateur, que l’auteur ne nous dise rien de ces miroirs d’un très-beau métal blanc particulier, aussi brillant que l’argent, qui faisaient partie des riches présents que Montézuma envoya la première fois à Cortès. Ils étaient enchâssés en or. Était-ce du _platine_? Cela me paraît fort probable. On savait donc le fondre et le traiter.» (Ibid. _loc. cit._)
[278] Alcedo dit quelque part que l’on trouvait le jade vert dans les mines d’argent (_Dicc. geogr. hist._).
[279] Voir le _Popol Vuh_, introd., page XXII et suiv.
[280] Simon, _Noticias de Tierra-firme_, etc., part. II, not. IV, cap. IV.—Ternaux Compans, _Essai sur l’ancien Cundinamarca_, page 8.
[281] Simon, _loc. cit._—Ternaux, _ibid._—Piedrahita, _Hist. de N. Granada_, lib. I, part. I, cap. 3.
[282] Humboldt, _Vues des Cordillères_, etc., tome I, page 89.
[283] Simon, _Noticias_, etc., part. II, lib. IV, not. 4.
[284] La race nahuatl paraît s’être apparentée de bonne heure avec les _Caras_, avec lesquels elle s’identifie en bien des lieux.
[285] Herrera, _Hist. gen. de las Ind. occid._, decad. II, lib. I, cap. I, et lib. II, cap. XIV.
[286] «Su adoratorio (de los _Musos_) mas principal eran dos elevados peñascos en forma de hermosísimas columnas, llamadas _Furatenas_, ambas de piedra histriadas, etc.» (Zamora, _Hist. de la prov. del N. Reyno de Granada_, lib. III, cap. XXVIII.)
[287] «Tuve en Santa-Marta el gusto de ver algunas alhagas de estos sepulcros... Eran dos columnitas de marmol blanco, pero con algunas manchas de jaspe... todo labrado con tanto primor y finura, que no podia salir con mayor perfeccion, de las manos de un artifice europeo... las columnas eran chiquitas, a manera de las que suelen verse en los Sagrarios, con su basa y chapitel pulidas y hermosas a maravilla.» (Julian, _la Perla de Santa-Marta_, etc., part. I, disc, X, § 1.)
[288] La gravure des deux serpents enlacés du titre de ce volume, a été dessinée d’un anneau en pierre du Jeu de paume antique de Chichen-Itza, au Yucatan.
[289] _Cab_, dans le quiché, et _kab_, dans le maya, signifie main, bras, dans son acception la plus ordinaire; de là _cabir_, verbe quiché, et _kabul_, maya, qui signifie se faire bras et se faire deux, se doubler, de _cab_, qui veut dire deux dans ces deux langues. _Cab_, dans les mêmes langues signifie aussi le miel, la douceur; prononcé gutturalement comme _gab_ en quiché, il signifie ouvrir la bouche, saisir avec les dents et bâiller, comme le mot _gape_ en anglais.
[290] Castellanos, _Varones ilustres de Indias_, etc., part. II, canto 3, pag. 533.
[291] Sur la côte de terre-ferme de la Nouvelle-Grenade. Il n’est pas jusqu’au Mississippi qui ne présentât autrefois un souvenir du même genre, dans la rivière _Macaret_, un de ses affluents dans la Louisiane (Alcedo, _Dicc. geogr. hist._, au mot _Macara_, etc.)
[292] Eckstein, _Sur les sources de la cosm. de Sanchoniathon_, page 118.
[293] À l’exception du nom de _Macar_, dont le nom subsiste en tant de lieux, il n’est resté dans la tradition rien de bien clair sur les divinités spéciales des Cares dans ces contrées. Ce qu’il y a de curieux, toutefois, c’est que la langue quichée, dont un dialecte était parlé par les Cares de Copan, donne une fort bonne étymologie d’_Osôgo_, nom du dieu national des Cariens d’Asie, soit qu’on le fasse dériver d’_otz_ ou _otzoy_, le homard, et de _ogo_, resplendir sur l’eau; ce qui ferait le _homard resplendissant_, nom qui conviendrait à merveille à une divinité de l’élément humide, comme l’était celle des Cariens; soit qu’on le fasse venir d’_ox_, trois ou trois fois, et d’_ogo_, celui qui brille trois fois sur l’eau, étymologie également admissible dans ce cas. Ajoutons que le nom même de _Labrandeus_, dieu guerrier des Cares, identique probablement avec _Osôgo_, a une racine tout à fait américaine: _lab_ est l’augure qu’on cherchait avant de commencer le combat, en quiché, et de là _labal_, guerre. Dans la langue maya, _lob_ est le mal. Voir pour ces dieux cariens, A. Maury, _Hist. des religions de la Grèce antique_, etc., tom. III, page 139 et suiv.
[294] Calancha, _Hist. mor. del Peru_, etc., lib. II, cap. XIX.
[295] _Ritos de los naturales del Peru_, Memoria escrita por los Augustinos de la misma provincia. MS. des Archives de l’Acad. roy. d’hist. de Madrid, copie de ma Coll.
[296] Ces mots _gua-chemin_, semblent tout à fait d’origine haïtienne: _gua_, ce, il, le, et _chemin_, la divinité, etc.