Part 9
3. *Frustra* et *nequidquam* marquent simplement le manque de succès, comme μάτην, sans allusion à une faute; *incassum* renferme l’idée accessoire d’un défaut de réflexion, de cette réflexion qui aurait pu calculer et prévoir l’échec, comme dans bâtir en l’air, bâtir des châteaux en Espagne, εἰς ϰενόν.
—Frustrari, v. *Fallere*. —Fruticetum, v. *Rami*. —Fugitivus, v. *Perfuga*.
Fulciri. Niti. *Fulciri*, *fultus*, se soutenir, soutenu pour se garantir d’une chute, en s’appuyant par exemple contre un pilier; *niti*, *nisus*, pour s’élancer en l’air ou avancer en prenant un point d’appui sur une base.
Fulgur. Fulguratio. Fulmen. *Fulgur*, *fulgetrum* et *fulguratio* désignent, comme ἀστραπή, les apparitions de l’éclair à l’horizon: *fulgur* présente le phénomène comme momentané et isolé; *fulguratio*, comme durable et répété. *Fulmen*, c’est, comme ϰεραυνός, l’effet de l’éclair qui tombe à terre, la foudre. Liv. XL, 59. *Fulguribus* præstringentibus aciem oculorum, sed *fulmina* etiam sic undique micabant ut peti viderentur corpora. Au milieu des éclairs qui éblouissaient les yeux, la foudre même étincelait de toute part au point de faire craindre pour les hommes. Plin. H. N. II, 43. Si in nube erumpat ardens, *fulmina*; si longiore tractu nitatur, *fulgetra*; his findi nubem, illis perrumpi. Quand le feu du ciel éclate dans un nuage, c’est la foudre; quand l’effet se produit en longueur, c’est l’éclair: l’éclair sillonne la nue que la foudre déchire.
—Funale, v. *Fax*. —Fundus, v. *Villa*. —Fundamentum, fundus, v. *Solum*. —Funis, v. *Laqueus*.
Funus. Exsequiæ. Pompa. *Funus*, le transport du cadavre comme ἐϰφορά; *exsequiæ* et *pompa*, le cortége solennel qui accompagne le corps: *exsequiæ*, le cortége vivant composé de parents et d’amis; *pompa*, la pompe inanimée composée des statues des ancêtres et autres ornements. Cic. Quint. 15. Funus quo amici conveniunt ad *exsequias* cohonestandas. Le convoi où les amis se pressent pour embellir le cortége. Nep. Att. 22. Elatus est in lecticula, sine ulla *funeris* *pompa*, *comitantibus* omnibus bonis, maxima vulgi frequentia. On l’emporta dans une petite litière; nulle pompe au convoi, mais un cortége de tous les gens de bien et un très-grand concours de peuple.
—Furari, v. *Demere*. —Furor, v. *Amens*.
Fustis. Ferula. Sudes. Trudis. Rudis. Scipio. Baculus. 1. *Fustis* et *ferula*, bâton qui sert à frapper; *sudes*, *trudis* et *rudis*, à porter un coup de pointe; *scipio* et *baculus*, à marcher.
2. *Fustis*, gourdin, bâton noueux assez gros pour donner la mort; *ferula*, baguette ou verge pour corriger la jeunesse des écoles; *sudes* et *trudis*, armes de guerre; *rudis*, bâton servant de fleuret dans les salles d’armes; *scipio*, bâton d’apparat et de dignité, symbole du pouvoir ou d’un âge vénérable; *baculus*, *bacillum*, bâton utile et commode sur lequel on s’appuie, mais qui sert d’arme au besoin.
G
—Galea, v. *Cassis*. —Gannire, v. *Latrare*. —Ganeum, v. *Deversorium*.
Garrire. Fabulari. Blatire. Blaterare. Loquax. Verbosus. 1. *Garrire* se dit du bavardage par allusion à la démangeaison de parler; *fabulari* par allusion à la nullité, *blatire* et l’augmentatif *blaterare* à la folie de ce qu’on dit.
2. Le *garrulus* assomme par la nature, le *loquax* par le nombre de ses propos. En effet, *garrulitas* exprime le bavardage enfantin ou frivole né du plaisir de parler ou de s’entendre parler, sans égard à la valeur et au sens des paroles, ayant sa source dans un excès de vivacité juvénile ou même dans l’abus d’un talent distingué, λαλία; *loquacitas* est le flux de paroles propre aux vieilles gens qui se croient sages, venant d’une incapacité d’être bref, qui a pour cause l’affaiblissement de l’âge, ἀδολεσχία. Le *garrulus* lasse et agace aisément par envie de plaire et de distraire; le *loquax* ennuie souvent par envie d’instruire et d’être clair.
3. *Garrulus* et *loquax* se disent des personnes, des orateurs; *verbosus*, des choses, des discours, des écrits.
Gaudere. Lætari. Hilaris. Alacer. Gestire. Exsultare. 1. *Gaudere* présente la joie comme un état de l’âme, par opposition à *dolor*, ἥδεσθαι; *lætari* et *hilarem esse*, comme une manifestation de cet état. Tac. H. II, 29. Ut Valens processit, *gaudium*, miseratio, favor; versi in *lætitiam*... laudantes gratantesque. L’apparition de Valens dispose les soldats à la joie, à l’attendrissement, à l’amour; leur joie se montre, ils le louent, le félicitent.
2. Le *lætus* manifeste sa joie par une sérénité qui révèle un parfait contentement des circonstances présentes, par opposition à *mœstus*; l’*hilaris*, par une surexcitation et une gaieté qui porte à la plaisanterie et au rire, par opposition à *tristis*; l’*alacer* enfin par une vivacité qui dénote un excès de courage et d’ardeur, par opposition à *territus*. Le *gaudens*, *lætus*, *hilaris* a de la joie à propos d’un bonheur, l’*alacer* a en outre du plaisir à ce qu’il fait. Cic. Divin. I, 33, 73. Equum *alacrem* *lætus* adspexit. Il regarda avec une joie visible ce généreux coursier. La *lætitia* s’annonce de préférence par un front déridé et par une bouche qui sourit; l’*hilaritas* par le mouvement des yeux qui brillent et rayonnent de joie; l’*alacritas*, par des regards animés, pleins de feu et de courage. Sen. Ep. 116. Quantam *serenitatem* *lætitia* dat! Quel air de sérénité donne l’expression de la joie! Tac. Agr. 39. *Fronte latus*, pectore anxius. Le front riant, le cœur troublé. Cic. Pis. 5. Te *hilarioribus* oculis quam solitus es intuente. Tu avais dans les yeux et les regards plus de gaieté que de coutume.
3. *Gaudere* et *lætari* marquent une joie modérée; *exsultare*, *gestire* et peut-être encore le verbe archaïque *vitulari*, une joie passionnée, excessive, comme jubiler ou triompher: le *gestiens* trahit la sienne par une surexcitation involontaire de tout son être, par des yeux étincelants, par l’impossibilité de se tenir tranquille; l’*exsultans*, en s’abandonnant de plein gré et sans réserve à la joie, et sinon par des sauts et des bonds, au moins par des explosions de joie que rien n’arrête et qui frisent l’extravagance.
4. *Jucundus* marque comme *juvat* me un mouvement de joie, *lætus* un état plus durable; aussi *lætus* sert-il à Pline, Ep. V, 12, à exprimer l’idée avec plus de force. Quam mihi a quocumque excoli *jucundum*, a te vero *lætissimum* est. Venant de quelqu’un d’autre, les embellissements de notre ville natale me procurent une émotion de plaisir, venant de toi un plaisir infini.
—Gazæ, v. *Divitiæ*. —Gelicidium, gelidus, gelu, v. *Frigere*. —Geminus, v. *Duplex*. —Generare, v. *Creare*. —Gena, v. *Mala*.
Gens. Natio. Populus. Civitas. 1. *Gens* et *natio*, peuple au sens physique et ethnographique, comme une société fondée sur une origine et une parenté commune qui peut exister en dehors de tout progrès dans la civilisation; *populus* et *civitas*, peuple au sens politique, comme société perfectionnée, civilisée et dotée d’une constitution. Sall. Cat. 10, 1. *Nationes* feræ et *populi* ingentes subacti. Des tribus sauvages et de grands peuples soumis par la force.
2. *Gens*, race entière qui peut contenir plusieurs peuples ou peuplades, φύλον; *natio*, tribu, peuplade, peuple issu et détaché de cette race, ἔθνος. Vell. Pat. II, 98. Omnibus ejus *gentis* *nationibus* in arma accensis. Ayant allumé le feu de la guerre chez toutes les tribus de cette race. Mais de même que *gens* dans ce sens physique d’un ensemble de peuplades est un terme plus étendu que *natio*, de même dans son sens politique et accessoire d’un groupe de familles qui se rattachent à une souche commune, γένος, c’est un terme moins étendu que *populus*; d’où vient qu’on voit tantôt le *populus* former en qualité de peuple civilisé une branche, *natio*, de la race ou *gentis* naturelle. Liv. IV, 49. Bolanis suæ *gentis* *populo*. Les Èques refusèrent leur appui aux Bolans, quoique peuple de leur race: tantôt la *gens* former en qualité de société politique une partie du *populi*. Just. VII, 1. Adunatis *gentibus* variorum *populorum*. Par la fusion des grandes familles de plusieurs peuples.
3. *Civitas*, la cité, πόλις, envisagée dans ses rapports intérieurs, la réunion des habitants qui jouissent de la plénitude des droits de cité et qui sont les vrais maîtres du pays; *populus*, le peuple, δῆμος, dans une acception plus générale, au point de vue des relations sociales tant au dedans qu’au dehors; il comprend tous ceux qui appartiennent à l’État. Un peuple peut se décider à la guerre en qualité de *civitas*, mais il ne peut la faire que comme *populus*. La *civitas* est de toute nécessité sédentaire, le *populus* peut être une population nomade.
—Gens, genus, v. *Stirps*. —Gestire, v. *Velle* et *Gaudere*. —Gilvus, v. *Luteus*. —Gerere, v. *Ferre* et *Agere*. —Gignere, v. *Creare*. —Glaber, v. *Lævis*. —Glacies, v. *Frigere*.
Gladius. Ensis. Pugio. Sica. 1. *Gladius*, terme ordinaire; *ensis*, terme noble et poétique pour désigner l’épée.
2. *Pugio*, le poignard comme arme licite et apparente du soldat outre l’épée; *sica*, comme arme déshonnête et cachée du bandit, venant en aide au poison.
Globus. Sphæra. *Globus*, terme populaire pour toute espèce de corps sphérique; *sphæra*, terme scientifique emprunté au grec pour la sphère mathématique.
—Globus, v. *Caterva*.
Gloria. Claritas. *Gloria*, la gloire qui fait parler des gens, ϰλέος; *claritas*, la gloire éclatante qui attire les regards, δόξα.
—Gloriatio, v. *Jactatio*. —Gnavitas, v. *Opera*. —Gradatim, v. *Paulatim*. —Glutus, v. *Faux*. —Gracilis, v. *Exilis*. —Gradiri, v. *Ire*.
Gradus. Gressus. Passus. 1. *Gressus*, le pas rapporté à la personne qui marche; *gradus*, le pas même. Le *gressus* a lieu par le fait et l’action de la personne, le *gradus* est une distance à franchir.
2. *Gressus* ne se dit que de la marche; *passus* se dit en outre de la station, pourvu que les pieds soient écartés comme pour marcher. *Gressus* désigne toute espèce d’allure trop courte ou trop longue, trop lente ou trop rapide pour mériter de s’appeler un pas; *passus* ne désigne qu’un pas régulier et réglé qui pourrait servir au besoin de mesure de longueur. Virg. En. I, 414410. Tendere *gressus* ad mœnia. Diriger sa marche vers les murs. Comparez avec II, 723. Julus... sequitur patrem non *passibus* æquis, Jule suit son père d’un pas inégal.
Græci. Graii. Græculi. Græcanicus. 1. *Græci*, nom ethnographique et historique des Grecs, sans idée accessoire; *Graii*, terme d’éloge pour désigner le peuple classique et héroïque de l’antiquité; *Græculi*, terme de blâme pour le peuple dégénéré sans foi ni loi du temps des écrivains romains.
2. *Græcum*, ce qui est authentiquement grec, ce qui existe en Grèce ou qui en vient; *græcanicum*, ce qui n’est grec que par imitation et plagiat.
—Grandævus, v. *Vetus*. —Grandis, v. *Magnus*. —Gratia, v. *Studium*.
Gratias agere, Habere, Referre. Grates. Gratari. Gratulari. 1. *Gratiam* ou *gratias habere*, savoir gré du fond du cœur, χάριν εἰδέναι; *gratias agere*, remercier en paroles, εὐχαριστεῖν; enfin, *gratiam referre*, prouver sa reconnaissance par des actes, χάριν φέρειν, ἀντιχαρίζεσθαι. Cic. Магс. 11, 33. Maximas tibi omnes *gratias agimus*, majores etiam *habemus*. Nous t’offrons tous les plus vives actions de grâces, et notre reconnaissance va encore au delà. Off. II, 20. Inops etiamsi *referre* gratiam non potest, *habere* tamen potest. L’indigence, impuissante à payer de retour, peut néanmoins être reconnaissante.
2. *Gratias agere* est la formule du langage ordinaire; *grates agere*, celle du style noble et choisi. Cic. Somn. *Grates* tibi ago, summe sol, vobisque, reliqui cœlites. Souverain soleil, dieux du ciel, ma voix vous rend grâces.
3. De même *gratulari* désigne des remercîments faits par occasion, sans accompagnement de sacrifice et des félicitations familières; *gratari*, des prières de remercîment ou des félicitations solennelles. Liv. VII, 3. Jovis templum *gratantes* ovantesque adire. Porter en triomphe au temple de Jupiter des remercîments solennels. Comparez avec Ter. Heaut. V, 1, 6. Desine deos *gratulando* obtundere. Cesse d’assourdir les dieux de tes remercîments.
Gratus. Jucundus. Acceptus. Gratiosus. 1. *Gratum*, ce qui nous agrée, parce que nous y attachons du prix, ce qui nous paraît précieux, intéressant, ce qui vaut des remercîments; *jucundum*, ce qui nous agrée, parce que nous y prenons du plaisir. *Gratus* peut se dire d’une nouvelle fâcheuse qui nous met à même de prendre nos mesures en temps utile; la nouvelle n’en sera pas moins *injucunda*. Cic. Att. III, 24. Ista veritas etiamsi *jucunda* non est, mihi tamen *grata* est. Quoique cette vérité ne me fasse point plaisir, elle ne laisse pas de m’être précieuse. Famm. V, 18. Cujus officia *jucundiora* scilicet sæpe mihi fuerunt, nunquam *gratiora*. Ses bons offices m’ont souvent paru plus agréables, ils ne m’ont jamais été plus chers.
2. *Gratus* s’entend d’un sentiment; il s’agit de ce qu’on souhaite; *acceptus*, de l’expression de ce sentiment, lorsqu’on avoue que les choses viennent à propos.
3. Le *gratus alicui* ne rencontre point de défaveur, on l’aime; le *gratiosus apud aliquem* est l’objet d’une faveur marquée et d’un attachement passionné, c’est le favori.
—Gravitas, v. *Moles* et *Severitas*.
Gremium. Sinus. *Gremium*, le giron, entre la ceinture et les genoux d’une personne assise, et au figuré le symbole de la sollicitude maternelle; *sinus*, le sein, et au figuré le symbole de l’obscurité qui abrite et protége. Cic. Pis. 37. Ætolia procul a barbaris disjuncta gentibus in *sinu pacis* posita medio fere Græciæ *gremio* continetur. Séparée des races barbares par son éloignement, située au sein de la paix, l’Étolie ne s’étend pas hors du giron de la Grèce.
—Gressus, v. *Gradus*. —Grumus, v. *Collis*. —Grex, v. *Caterva* et *Pecus*. —Gula, v. *Faux*. —Gurgulio, v. *Faux*. —Gurges, v. *Vorago*. —Gustus, gustare, v. *Sapor*.
Gutta. Stilla. Stiria. *Gutta*, goutte naturelle; *stilla*, goutte mesurée artificiellement. C’est d’ailleurs l’idée de petitesse qui domine dans *gutta*, d’où *guttatim*, goutte à goutte; dans *stilla*, c’est l’idée d’humidité, d’où *stillatim*, en dégouttant. *Stilla*, goutte liquide; *stiria*, goutte gelée.
—Guttur, v. *Faux*. —Gyrus, v. *Orbis*.
H
—Habena, v. *Frenum*. —Habitare, v. *Incolere*. —Hactenus, v. *Adhuc*. —Habere, v. *Tenere*. —Habitus, v. *Vestis*. —Hædus, v. *Caper*.
Hærere. Pendere. *Hærere*, rester empêché sans qu’on puisse se détacher ou avancer; *pendere*, être suspendu et ne pouvoir tomber à terre. Cic. Acadd. II, 39. Ut videamus terra penitusne defixa sit et radicibus suis *hæreat*, an *media* pendeat. Pour voir si la terre est fixée par sa base et retenue par ses racines ou suspendue dans l’espace.
—Hæsitare, v. *Cunctari*. —Hamus, v. *Uncus*.
Hariolari. Vaticinari. *Hariolari*, prédire, avec une idée accessoire de charlatanisme, χρησμολογεῖν; *vaticinari*, avec une idée accessoire d’inspiration, prophétiser, μαντεύεσθαι. Dans ce passage de Cicéron, Divin. I, 2. *Hariolorum* et *vatum* furibundæ prædictiones; *harioli*, ce sont ceux qui passent d’avance aux yeux du public pour des charlatans de profession; *vates*, ceux que Cicéron, du haut de sa philosophie, regarde comme autant d’autres charlatans.
—Hasta, v. *Missile*. —Helluo, v. *Prodigus*. —Heros, v. *Numen*. —Hircus, v. *Caper*. —Hirsutus, hirtus, hispidus, v. *Horridus*. —Historiæ, v. *Annales*. —Hœdus, v. *Caper*. —Haud scio an, v. *Casu*. —Helvus, v. *Luteus*. —Hilaris, v. *Gaudere*. —Histrio, v. *Actor*.
Homicida. Interfector. Peremptor. Interemptor. Percussor. Sicarius. Carnifex. 1. *Homicida*, meurtrier, en général, coupable du crime de meurtre, ἀνδροφόνος; *interfector*, *peremptor* et *interemptor*, celui qui porte le coup mortel à une personne donnée, que cette action soit un crime ou non, φονεύς; *percussor* et *sicarius*, instruments d’autrui et simples exécuteurs d’une volonté étrangère: le *percussor* exécute une condamnation officielle; le sicaire ou *sicarius* loue et prête son bras pour un assassinat. Cic. Rosc. Am. 33, 93. Erat tum multitudo *sicariorum*... et homines impune occidebantur... Si eos putas... quos qui leviore nomine appellant, *percussores* vocant, quæro in cujus fide sint et tutela. Il y avait alors de nombreux sicaires et on tuait avec impunité. Si vous entendez parler des assassins que les gens qui leur veulent donner le nom le plus léger appellent exécuteurs, cherchez quel est leur protecteur et leur appui.
2. Le *percussor* est aux ordres de la puissance politique; il frappe des citoyens, des proscrits; le *carnifex*, aux ordres de la justice; il sévit contre des coupables.
Homo. Mas. Vir. Homunculus. Homuncio. Homullus. 1. *Homo*, l’être humain, homme ou femme, par opposition à *deus* et *bellua*, ἄνθρωπος; *mas* et *vir*, l’homme seul: *mas*, au sens physique, par opposition à *femina*, comme ἄρσην; *vir*, au sens moral, par opposition à *mulier*, comme ἀνήρ. Sen. Polyb. 36. Non sentire mala sua non est *hominis*, at non ferre non est *viri*. Il faut n’avoir rien d’humain pour ne pas sentir ses maux, rien de viril pour ne pas les supporter.
2. *Homunculus* sert à marquer la faiblesse et l’impuissance de l’homme comme étant le lot de l’espèce entière, du genre humain, par opposition à la toute-puissance de la Divinité, à la grandeur de la nature et de l’univers; *homuncio* et *homullus* désignent l’homme faible et sans conséquence en sa qualité d’individu, par opposition à d’autres hommes: *homuncio*, avec un sentiment de compassion; *homullus*, avec un sentiment de mépris.
—Honestus, v. *Virtus* et *Bonus*.
Honorare. Honestare. *Honorare*, honorer quelqu’un par une distinction qu’on lui accorde en passant, lui faire honneur; *honestare*, couvrir quelqu’un d’honneur en attachant à sa personne un éclat durable.
Hornus. Hornotinus. *Hornus*, terme poétique; *hornotinus*, forme prosaïque du même mot pour désigner ce qui a lieu pendant l’année.
Horridus. Hirtus. Hirsutus. Hispidus. Asper. *Horridus*, terme général pour tout ce qui est grossier et rude par défaut de culture; *hirtus* et *hirsutus* ont un rapport particulier à la rudesse du poil ou autre couverture, par opposition à moelleux; *hispidus* et *asper* se rapportent à de fortes inégalités de surface, par opposition à lisse: *hispidus* marque que ces aspérités nuisent à la beauté; c’est une question de coup d’œil; *asper*, qu’elles blessent; c’est une question de toucher. Vell. P. II, 4, caractérise d’abord par l’emploi d’*hirtus*, l’extérieur négligé de Marius, puis la rudesse de sa nature par l’emploi d’*horridus*.
—Horror, v. *Vereri*.
Hortari. Monere. L’exhortation, *hortatio*, s’adresse directement à la volonté pour l’obliger à prendre un parti, tandis que l’avertissement, *monitio*, s’adresse à la conscience et au jugement. L’*hortatio* a pour but l’action même; la *monitio*, une représentation qui sert de voie pour conduire à l’action. Sall. Jug. 60. *Monere* alii, alii *hortari*. Ils avertissaient, exhortaient. Cat. 60[1]. Sed ego vos quo pauca *monerem*, convocavi. Je vous ai réunis pour vous donner quelques avertissements. Sen. Ep. 13. Nimium diu te *cohortor* quum tibi admonitione magis quam *exhortatione* opus sit. Je perds mon temps à vous exhorter; vous avez plus besoin d’avis que de conseils. Cic. Fam. X, 40. Si aut aliter sentirem, certe admonitio tua me reprimere, aut si dubitarem, hortatio impellere posset. Si j’étais d’un autre sentiment, un avis de vous m’arrêterait; si j’hésitais, un conseil de vous m’entraînerait.
—1 Chap. LVIII, dans la collection Lemaire et la collection Panckoucke.
Hospes. Adventor. *Hospes*, celui qui va loger chez un ami; *adventor*, chez un aubergiste. Sen. Benef. I, 14. Nemo se stabularii aut *cauponis hospitem* judicat. Personne ne se croit en relation d’hospitalité avec un logeur ou un aubergiste.
—Hospes, v. *Exterus*. —Hospitium, v. *Deversorium*. —Hosticus, hostis, v. *Adversarius*. —Hucusque, v. *Adhuc*.
Humanitas. Comitas. Facilitas. Civilitas. *Humanitas*, vertu qui tient à l’éducation, qui part de l’intelligence pour ennoblir l’homme entier, esprit et cœur, qui change son être en douceur et en philanthropie, par opposition à *feritas*; *comitas*, vertu morale, comme l’affabilité, qui traite le premier venu en homme sans s’arrêter au rang; *facilitas*, vertu de société, comme l’obligeance indulgente et prévenante, qui rend aisé et agréable le commerce de la vie; *civilitas*, vertu politique, comme l’humeur républicaine d’un prince qui ne fait point sentir la différence relative du maître au peuple et qui traite ses sujets en concitoyens. Nep. Milt. 8. In Miltiade erat quum summa *humanitas*, tum mira *comitas*, ut nemo tam humilis esset cui non ad eum aditus pateret. Miltiade joignait à une humanité exquise une affabilité étonnante; les plus humbles avaient un libre accès auprès de lui.
Humanitus. Humane. Humaniter. *Humanitus* fait allusion aux rapports extérieurs de l’homme avec les dieux ou la nature, et particulièrement à sa faiblesse et à sa fragilité, comme ἀνθρωπείως et ἀνθρωπίνως; *humane* et *humaniter* s’entendent de l’homme pris en lui-même, des facultés et de la vocation qui en font un être perfectible, et alors *humane facere* est l’expression du développement moral, de la noblesse dans les sentiments, comme φιλανθρώπως; *humaniter facere*, celle du progrès dans l’usage du monde, de la politesse, de l’aménité, comme ἐπιειϰῶς. Cic. Phil. I, 4. Si quid mihi *humanitus* accidisset. S’il m’arrivait un de ces accidents auxquels la pauvre humanité est sujette. Comparez avec Tusc. II, 27, 65. Græci morbos tolerantes et *humane* ferunt. Contre des maladies à supporter les Grecs sont forts, ils sont hommes, et Qu. Fr. II, 1. Fecit *humaniter* Licinius, quod ad me misso senatu vesperi venit. C’est un aimable homme que Licinius; il est venu chez moi le soir après la clôture du sénat.
—Humare, v. *Sepelire*. —Humidus, v. *Udus*. —Humerus, v. *Armus*. —Humus, v. *Tellus*.
I-J
—Jacere, v. *Cubare*.
Jactatio. Gloriatio. Ostentatio. Venditatio. *Jactatio* et *gloriatio*, défauts qui ont leur origine dans la vanité et la suffisance: *jactatio*, défaut du fat qui se donne de grands airs, qui fait étalage de ses avantages et de ses mérites, qui les fait ressortir par ses paroles et ses gestes, avec une idée accessoire d’étourderie; *gloriatio*, défaut du fanfaron qui publie hautement ses avantages ou ses mérites, avec une idée accessoire d’impertinence. L’*ostentatio* et la *venditatio* ont leur origine dans un calcul habile de l’effet qu’on peut tirer d’une fausseté: l’ostentation, *ostentatio*, cherche à déguiser sous des apparences brillantes une pauvreté réelle; la représentation, *venditatio*, veut paraître en faisant valoir outre mesure certains avantages.
—Jactura, v. *Mittere* et *Damnum*. —Jaculum, v. Missile. —Janua, v. *Ostium*. —Icere, v. *Verberare*.
Idoneus. Aptus. *Idoneus*, qui a ce qu’il faut pour être employé à quelque chose, *aptus*, pour le faire, F. A. Wolf. En d’autres termes, l’*idoneus* est propre à un emploi par des qualités quelconques et par le concours des circonstances, ἐπιτήδειος; l’*aptus*, par sa valeur personnelle, par sa capacité, ἱϰανός. L’*idoneus* est inactif par lui-même; on se sert de lui pour atteindre un but, parce qu’il est un instrument commode; l’*aptus* entre de lui- même dans une affaire, parce qu’il a les dispositions nécessaires pour réussir.
—Ignarus, v. *Cognitio*.