Part 8
Faux. Glutus. Ingluvies. Guttur. Gurgulio. Gula. *Faux*, *glutus* et *ingluvies*, l’intérieur du conduit alimentaire, le gosier: *glutus*, chez l’homme; *ingluvies*, chez les animaux; *faux*, la partie supérieure, l’entrée du conduit. *Guttur*, *gurgulio* et *gula*, la gorge ou partie du corps qui sert d’enveloppe au conduit: *gurgulio*, chez les animaux; *gula*, chez l’homme; *guttur*, chez les animaux et chez l’homme.
Fax. Tæda. Funale. *Fax*, terme général pour toute espèce de flambeaux; *tæda*, flambeau naturel en bois résineux; *funale*, flambeau de cire qui est un produit de l’art.
Fel. Bilis. *Fel*, le fiel des animaux, et au figuré le symbole de l’amertume dans le goût; *bilis*, le fiel du corps humain, et au figuré le symbole de l’amertume dans les sentiments.
Felix. Prosper. Faustus. Fortunatus. Beatus. *Felix*, *fœlix*, terme général en parlant du bonheur; il a le sens actif et le sens neutre qui rend heureux et qui est heureux; *prosper* et *faustus* n’ont que le sens actif: qui donne, qui apporte le bonheur; *prosperum* se dit de ce qui vient remplir les espérances et les vœux de l’homme, de ce qui arrive comme à souhait; *faustum*, de ce qui est un effet de la faveur, de la grâce des dieux, une sorte de bénédiction. *Fortunatus* et *beatus* ont, par préférence ou même exclusivement la signification intransitive ou passive, fortuné, comblé par le bonheur: le *fortunatus* est un favori de la fortune, comme εὐτυχής; le *beatus* se sent heureux et content, comme les θεοὶ ῥεῖα ζάωντες, μαϰάριος.
Femina. Mulier. Uxor. Conjux. Marita. 1. *Femina*, la femme considérée dans sa nature physique, par opposition à *mas*; *mulier*, la femme sous son aspect moral, comme un être faible et tendre, par opposition à *vir*. *Femina* seul sert à désigner la femelle de l’animal.
2. *Mulier* signifie encore la femme mariée, par opposition à *virgo*; *uxor* et *conjux*, la femme, par opposition au mari: *uxor*, dans le simple rapport de la femme à l’homme auquel elle est confiée, par opposition à *maritus*; *conjux*, dans ses rapports mutuels avec le mari, comme une des moitiés du couple et par opposition à *liberi*. Et en tant que l’*uxor* appartient à l’homme, tandis que la *conjux* est son égale, *uxor* se dit d’un mariage du commun, comme femme; *conjux*, d’un mariage dans un rang élevé, comme épouse.
3. *Uxor* appartient à la langue courante; *marita* est un mot poétique.
—Femur, v. *Coxa*. —Ferax, v. *Disertus*. —Feriæ, v. *Solemnia*. —Ferire, v. *Verberare*. —Fera, v. *Animal*. —Fere, v. *Pæne*. —Feriari, v. *Vacare*. —Ferme, v. *Pæne*.
Ferocia. Ferocitas. Virtus. Fortitudo. *Ferocia* et *ferocitas*, le courage naturel et sauvage que peuvent posséder le barbare et la bête; *ferocia* dans l’application, *ferocitas* comme instinct. *Virtus* et *fortitudo*, le courage moral dont l’homme ne devient capable qu’à un haut degré de civilisation: *virtus*, lorsqu’il se manifeste par l’action et par l’offensive, comme l’*industria*; *fortitudo*, lorsqu’il se manifeste par la résistance et la défensive, comme la *constantia*. Tac. Ann. XI, 19. Nos *virtutem* auximus, barbari *ferociam* infregere. Cela rehaussa le courage discipliné des Romains en rabaissant le courage brutal des barbares.
Ferre. Portare. Bajulare. Gerere. 1. *Ferre*, φέρειν, porter, en général; *portare* et *bajulare*, ϐαστάζειν, transporter un fardeau: *portare*, pour soi ou pour les autres; *bajulare*, en qualité de portefaix. Dans Cæs. B. G. I, 16. Ædui frumentum... *conferri*, *comportari*, adesse dicere, *conferre* se rapporte à la livraison que chaque sujet vient faire de sa contribution partielle entre les mains des autorités locales; *comportare*, à la remise à César de toutes les réquisitions réunies.
2. *Ferre*, *portare* et *bajulare* n’expriment qu’un rapport éventuel, celui du porteur à son fardeau; *gerere*, *gestare* expriment, comme φορεῖν, un rapport plus particulier, celui du propriétaire à son bien.
*Bellum ferre* ne signifie guère que *inferre* ou *tolerare bellum*. *Bellum gerere* se rapproche de *bellum habere* et ne s’applique qu’au peuple entier ou au souverain, à celui qui a pris la résolution de faire la guerre et qui est en état de guerre, mais nullement à l’armée qui combat, ni au général chargé de diriger les opérations. *Gerit* bellum populus Romanus, administrat consul, capessit miles. Le peuple romain a la charge de la guerre, le consul la conduit, le soldat la fait.
Ferre. Tolerare. Perferre. Perpeti. Sustinere. Sinere. Sustentare. 1. *Ferre* ne fait voir dans la souffrance qu’un fardeau à porter: c’est un terme impersonnel, comme φέρειν; *tolerare*, *perferre* et *pati*, *perpeti* peignent la situation d’esprit de la personne qui porte et qui souffre: le *tolerans* et le *perferens*, τολμῶν, supportent la souffrance sans y succomber, avec force et fermeté; ce sont des synonymes de *sustinens*; le *patiens* et le *perpetiens* souffrent sans lutter, de bonne grâce ou avec résignation, avec patience; ce sont des synonymes de *sinens*. *Ferre* et *tolerare* ne peuvent avoir pour régime qu’un nom; *pati* peut avoir un nom ou un infinitif.
2. *Perferre*, et en vieux latin *ecferre*, est un augmentatif de *tolerare*, comme *perpeti* de *pati*, supporter et souffrir héroïquement. Poet. ap. Cic Tusc. IV, 29. Nec est malum, quod non natura humana *patiendo* *ecferat*. Et il n’y a point de mal dont la nature humaine ne triomphe à l’aide de la résignation. Comparez Sen. Thyest. 307. Leve est miserias *ferre*, *perferre* est grave. Il est aisé d’être malheureux, il est difficile de l’être avec constance. Plin. H. N. XXXVI, 21. Qui *perpeti* medicinam non *toleraverant*. Ceux qui n’avaient pas eu la force d’endurer le remède. Tac. Ann. III, 3. Magnitudinem mali *perferre* visu non *toleravit*. Elle n’eut point la force de braver la vue de ce grand malheur.
3. *Tolerare*, continuer à se tenir droit et ne pas succomber sous un fardeau; *sustinere*, soutenir le fardeau même et ne point le laisser tomber.
4. *Pati*, laisser faire sans objection, se dit d’un assentiment d’esprit; *sinere*, ne pas retenir, n’empêcher en aucune façon, d’un consentement en forme, comme permettre. *Pati* a régulièrement pour régime l’action même et se construit avec l’infinitif; *sinere*, la personne, et il se construit avec *ut*.
5. *Sustinere* signifie en général soutenir; *sustentare*, soutenir à force de mal et de peine. Cic. Muren. 2. Quis mihi in republica... debet esse conjunctior quam is cui respublica a me uno traditur *sustinenda*, magnis meis laboribus ac periculis *sustentata*? Quel est l’homme d’État sur l’attachement duquel je dois compter? N’est-ce pas celui que j’appelle moi-même, et moi seul, à devenir l’appui de l’État que j’ai péniblement étayé au prix de grandes fatigues et de grands dangers? Curt. VIII, 4, 15. Forte Macedo gregarius miles seque et arma *sustentans* in castra venit. Le hasard amena enfin dans le camp un simple soldat macédonien qui se traînait avec ses armes. Comparez avec V, 1, 11. Tandem Laconum acies languescere, lubrica arma sudore *vix sustinens*. La ligne des Spartiates faiblit enfin, leurs armes leur échappaient de fatigue, ils en soutenaient à peine le poids.
—Fertilis, v. *Disertus*. —Fervere, v. *Calere*. —Festa, v. *Solemnia*. —Festivus, v. *Lepidus*. —Fidelitas, v. *Fides*. —Ferula, v. *Fustis*. —Fessus, v. *Fatigatus*. —Festinus, v. *Citus*. —Fidelis, v. *Fidus*.
Fidere. Confidere. Fidem habere. Credere. Committere. Permittere. 1. *Fidere*, se fier; *confidere*, se confier à une force et à un secours; *fidem habere*, croire sur parole à une bonne intention, et *credere*, y croire de soi-même. Liv. II, 45. Consules magis non *confidere* quam non *credere* suis militibus. Les consuls, sans se défier de leurs soldats, ne comptaient plus sur eux. Le premier verbe, *confidere*, se rapporte à leur courage; le second, *credere*, à leur fidélité.
2. *Fidere*, etc., présente la confiance à l’état de sentiment; *committere*, *permittere*, se disent de la confiance en action: le *committens* agit par pleine conviction de la capacité et de la bonne volonté de son mandataire, ce qui impose à celui-ci une responsabilité morale; le *permittens* ne songe qu’à se débarrasser du fardeau d’une affaire, en sorte que le mandataire n’a qu’une responsabilité politique ou légale. Cic. Font. 14. Ita ut *commissus* sit fidei, *permissus* potestati. On le confie à votre honneur, on le remet en votre pouvoir.
Fides. Fidelitas. Fiducia. Confidentia. Audacia. Audentia. 1. *Fides* et *fidelitas*, la fidélité que l’on garde soi-même aux autres: *fides*, dans un sens général, comme πίστις, l’habitude de tenir parole, la réputation d’homme sûr qu’on doit à une honnêteté scrupuleuse, la confiance qu’on inspire par là aux autres, l’honneur; *fidelitas*, dans un sens particulier, comme πιστότης, la fidélité dans l’attachement à des personnes auxquelles on s’est une fois donné. *Fiducia* et *confidentia*, la confiance qu’on a dans les autres: *fiducia*, la bonne et louable confiance en des choses auxquelles il est réellement permis de se fier, l’assurance qui est parente du courage, par opposition à *timor*, comme θάρσος; *confidentia*, la confiance aveugle et blâmable, particulièrement en sa propre force, par opposition à la prévoyance et à la modestie, la suffisance, parente de l’orgueil, θράσος.
2. *Fiducia* et *confidentia* ont leur raison d’être dans la confiance du succès; *audacia* et *audentia*, dans le mépris du danger: l’*audacia* est tantôt une hardiesse louable et comme un augmentatif de *fiducia*, tantôt une effronterie blâmable, et il se dit alors par euphémisme pour *temeritas*, comme τόλμα; l’*audentia* est toujours un esprit d’entreprise louable. Juven. XIII, 108. Quum magna malæ superest *audacia* causæ, creditur a multis *fiducia*. Qu’on paye d’audace dans une méchante cause, la foule croit à une noble confiance. Sen. Ep. 87. Quæ bona sunt *fiduciam* faciunt, divitiæ *audaciam*. Les vrais biens inspirent une louable confiance, les richesses de l’audace.
—Fides, v. *Religio*. —Fides, v. *Chorda*. —Fiducia, v. *Fides*.
Fidus. Fidelis. Infidus. Infidelis. Perfidus. Perfidiosus. 1. *Fidus* marque une qualité native; c’est quelquefois un éloge; *fidelis* marque une vertu morale, un trait de caractère; c’est toujours un éloge. Liv. XXII, 22. Eo vinculo Hispaniam vir unus solerti magis quam *fideli* consilio exsolvit. Abellex erat Sagunti, nobilis Hispanus, *fidus* ante Pœnis. L’Espagne fut dégagée de ce lien par un seul homme à l’aide d’une combinaison qui marquait plus de génie que de fidélité. Il y avait à Sagonte un certain Abellex, noble Espagnol, auparavant attaché à la cause punique.
2. *Infidus*, qui n’est pas sûr; *infidelis*, infidèle; *perfidus* et *perfidiosus*, sans foi: *perfidus*, perfide à l’occasion; *perfidiosus*, plein de perfidie, traître dans l’âme.
Figura. Forma. Species. *Figura*, forme quelconque au sens mathématique, pourvu qu’elle ait des contours déterminés, comme σχῆμα, la figure; *forma*, la forme au sens esthétique, comme expression visible et comme empreinte de l’être intérieur, en correspondance avec cet être, comme μορφή; enfin, *species*, l’apparence physique opposée à l’être intérieur et invisible auquel elle sert simplement de couverture, comme εἶδος. *Figurare*, donner une forme arrêtée à une matière entièrement informe; *formare*, façonner, c’est-à- dire donner à une masse grossière la forme qu’elle doit avoir; et enfin, *speciem addere*, parer, c’est-à-dire donner à une matière déjà façonnée un caractère extérieur qui plaise à l’œil. *Figura* se rapporterait donc exclusivement aux contours ou linéaments, tandis que *forma* ou du moins *species* comprendrait la couleur, la grandeur et autres détails.
—Fimus, v. *Lutum*.
Findere. Scindere. *Findere*, diviser un corps dans le sens de ses joints naturels, le décomposer pour ainsi dire en ses parties élémentaires, comme fendre et cliver; *scindere*, le diviser par force sans aucun égard aux joints et le mettre en pièces, comme couper et déchirer. *Findere lignum* veut dire fendre une bûche de bois en s’aidant de la nature même du bois, dans le sens de la longueur; mais *scindere*, casser par pure force, en largeur. Le *findens æquor nave* considère la mer comme un assemblage de parties liquides; le *scindens*, comme n’ayant fait qu’un tout dès l’origine.
Finire. Terminare. Consummare. Absolvere. Perficere. *Finire* et *terminare* marquent la fin d’une action sans égard au progrès qu’on a pu faire vers le but: *finire*, finir, par opposition à *incipere*; mais *terminare*, mettre un terme, une limite, par opposition à *continuare*. *Consummare*, *absolvere* et *perficere* marquent l’achèvement d’un ouvrage: *consummare* (qui ne paraît qu’après le siècle d’Auguste), comme terme général; il s’oppose à une demi-besogne; *absolvere*, par allusion à un devoir accompli, à un travail pénible qui vient d’être terminé et qui rend l’ouvrier à la liberté; il s’oppose à *inchoare*; *perficere*, par allusion à un but qu’on a atteint, à une tâche qu’on s’était soi-même imposée, laquelle est terminée et parfaite; il s’oppose à *conari*. *Absolutus* ne suppose d’ailleurs que l’exécution complète de l’ouvrage, comme ἐντελής, tandis que *perfectus* marque la perfection de l’œuvre, comme τέλειος.
Finis. Terminus. Limes. *Finis*, limite considérée comme une ligne mathématique, τέλος; *terminus* et *limes*, démarcation matérielle: *terminus*, borne qui indique un point extrême, τέρμα; *limes*, bande qui trace une ligne de séparation, ὄρος. Cic. Læl. 16. Constituendi sunt qui sint in amicitia *fines* et quasi *termini* diligendi. Il faut établir quelles doivent être entre amis les limites et, pour ainsi dire, les bornes de l’affection. Hor. Carm. II, 18, 24. Revellis agri *terminos* et ultra *limites* clientium salis avarus. Tu arraches les bornes du champ et tu sautes dans ton avarice par-dessus les limites de tes clients.
—Finitimus, v. *Vicinus*. —Fiscus, v. *Ærarium*. —Flagitium, v. *Delictum*. —Flavus, v. *Luteus*. —Fluctus, v. *Aqua*. —Firmus, v. *Validus*. —Flagitare, v. *Petere*. —Flagrare, v. *Ardere*. —Flere, v. *Lacrimare*.
Fluere. Manare. Liquere. *Fluere* se dit d’une eau qui court, d’un liquide en mouvement; *manare*, d’une eau qui jaillit et déborde, d’un liquide qui se répand; *liquere*, d’une eau ou d’un liquide qui se disperse en vertu de sa nature physique. La cause de l’effet que marque *fluere* est dans l’absence de digue qui permet au corps liquide de couler en descendant par la loi de la pesanteur; celle de l’effet que marque *manare* est dans le trop-plein de la source; enfin, *liquere*, être à l’état liquide, marque l’absence de cohésion, la condition négative indispensable pour donner lieu aux effets que désignent *fluere* et *manare*. *Fluere* se rapproche de *labi* et a pour opposés *hærere*, *stare*; *manare*, d’*effundi*, et il a pour opposés *contineri*, *claudi*; enfin, *liquere*, de *dissolvi*, et il a pour opposés *concrevisse*, *rigere*. Gell. XVII, 11. Plato potum dixit *defluere* ad pulmonem, eoque satis humectato *demanare* per eum quia sit rimosior et *confluere* inde in vesicam. D’après une opinion attribuée à Platon, l’eau que nous buvons coule de haut en bas jusqu’au poumon, puis, quand elle l’a suffisamment humecté, elle en ressort par une multitude de pores et va se réunir dans la vessie.
Fluvius. Flumen. Amnis. *Fluvius*, *flumen*, marquent, comme ῥόος, ῥεῦμα, un cours d’eau ordinaire, par opposition à un étang ou à un lac; *amnis*, un grand fleuve, ποταμὸς, par opposition à la mer. Cic. Divin. I, 35, 78. Ut *flumina* in contrarias partes fluxerint atque in *amnes* mare influxerit. Les rivières remontèrent leur propre cours et la mer se jeta dans les fleuves. Sen. N. Q. III, 19. Habet ergo non tantum venas aquarum terra, ex quibus corrivatis *flumina* effici possunt, sed et *amnes* magnitudinis vastæ. La terre ne contient pas seulement des filets d’eau qui peuvent former des rivières en se réunissant, mais encore des fleuves d’un volume immense. Et un peu plus loin: Hanc magnis *amnibus* æternam esse materiam, cujus non tangantur extrema sicut *fluminum* et *fontium*. Tel est le réservoir qui alimente éternellement les grands fleuves, mais dont l’origine n’est pas accessible comme celle des rivières et des sources. Tac. Hist. V, 13. Quo Mosæ *fluminis* os *amnem* Rhenum Oceano affundit. Dans les parages où la Meuse, qui est une rivière, prête son embouchure à un fleuve, au Rhin, pour le verser dans l’Océan.
Fœcundus. Fertilis. Ferax. Uber. Frugifer. Fructuosus. 1. *Fœcundus* marque, comme εὔτοχος, la fécondité chez les êtres vivants qui font des petits; il est opposé à *effœtus*; *fertilis* et *ferax* marquent, comme εὔφορος, la fécondité de la nature et des éléments inanimés qui produisent; ils ont pour opposé *sterilis*. Tac. Ann. XII, 63. Byzantium *fertili* solo *fœcundo*que mari quia vis piscium hos ad portus adfertur. Byzance possède un sol fertile et une mer féconde, car des circonstances locales poussent une multitude de poissons vers les ports de cette côte. Le trope employé ici par Tacite consiste à personnifier la mer, ce qui était bien plus aisé que de personnifier le sol. C’est la terre, non le sol, qui, après avoir d’abord paru comme élément, figure ensuite comme personne dans les passages suivants. Tac. Germ. 5. Terra satis *ferax*, frugiferarum arborum impatiens, *pecorum fœcunda*, sed plerumque improcera. La terre, qui paraît assez fertile, repousse les arbres fruitiers; elle est féconde en bestiaux, mais la plupart de petite taille. Mela. I, 9, 1. Terra mire *fertilis* et animalium *perfœcunda* genetrix. C’est une terre d’une fertilité étonnante et d’une fécondité extrême à engendrer pour ainsi dire des animaux.
2. *Fertilis* marque la fertilité réelle subordonnée à la culture; *ferax*, la fertilité possible fondée sur la nature du sol. Cicéron emploie *fertilis* dans le sens propre, *ferax* dans le sens figuré.
3. *Fertilis* et *ferax* associent à l’idée de la fécondité celle d’une force créatrice et productive, l’image du père et de la mère; *uber*, une idée de nourriture et d’entretien, l’image de la nourrice, comme εὐθηνής; *frugifer*, l’image de la campagne qui porte des moissons; *fructuosus*, celle de l’arbre chargé de fruits, comme ἔγϰαρπος.
Fœdus. Societas. *Fœdus*, association de sûreté mutuelle sur le pied d’un contrat consacré par la religion; *societas*, association de simple convenance pour des entreprises communes. Liv. XXIV, 6. Hieronymus legatos Carthaginem mittit ad *fœdus* ex *societate* faciendum. Hiéronyme envoie des ambassadeurs à Carthage pour transformer l’engagement en alliance. Cic. Phil. II, 35. Neque ullam *societatem*... *fœdere* ullo confirmari posse *credidi*. Je crus que tous les traités du monde ne parviendraient pas à cimenter un engagement.
—Fœdus, v. *Teter*. —Fœmina, v. *Femina*.
Fœnus. Usura. *Fœnus* présente les intérêts comme le revenu du capital, τόϰος; *usura*, comme le prix de louage payé par le débiteur qui utilise le capital, δάνος.
—Fores, v. *Ostium*. —Forma, v. *Figura*. —Formido, v. *Vereri*. —Formare, v. *Erudire*.
Formosus. Pulcher. Venustus. 1. *Formosus* se dit du beau qui contente, attire et fait plaisir par sa régularité; *pulchrum*, de celui qui se fait admirer, qui impose et satisfait par sa perfection; *venustum*, de celui qui charme, éveille et fait naître le désir d’une jouissance. La *formositas* agit sur le sentiment naturel du beau, la *pulchritudo*, sur le sens cultivé de l’art, la *venustas*, sur les ressorts les plus délicats de la sensualité. Suet. Ner. 51. Fuit vultu *pulchro* magis quam *venusto*, c’est- à-dire qu’il avait dans les traits plus de perfection et de beauté régulière que d’agrément, que c’était une beauté froide et impassible vers laquelle personne ne se sentait entraîné.
2. *Venustas*, le charme, est un augmentatif de *gratia*, la grâce; celui-là entraîne, celle-ci attire.
—Fors, v. *Casus*. —Fortitudo, v. *Ferocia*. —Fortunatus, v. *Felix*. —Fovere, v. *Calere*. —Forte, fortuito, v. *Casu*. —Fortuna, v. *Casus*. —Fovea, v. *Specus*.
Fragor. Strepitus. Crepitus. Sonitus. *Fragor*, son creux, sourd, craquement, δοῦπος; *strepitus*, son retentissant, bruyant, mugissement, bruissement, cri, ϰτύπος; *crepitus*, son isolé ou souvent répété, claquement, cliquetis, ϰροῦσις, ϰρότος; *sonitus*, son qui provient des vibrations de corps élastiques, tintement, résonnance, ἠχή. Cic. Top. 12. Quæruntur pedum *crepitus*, *strepitus* hominum. Il y a lieu de chercher si l’on n’a pas entendu quelque bruit de pas ou de cris.
—Fragrare, v. *Olere*.
Frangere. Rumpere. Divellere. 1. *Frangere*, briser un corps dur en morceaux; *rumpere*, déchirer un corps flexible. Cato. ap. PRISC. Si quis membrum *rupit* aut os *fregit*, parce que dans le membre rompu ce n’est point l’os invisible, mais les chairs visibles qui paraissent séparées. Catenæ *franguntur*, vincula *rumpuntur*. On brise des chaînes, on déchire des liens. Quand *rumpere* s’applique à quelque corps dur, il implique l’idée d’un effort et d’un danger: le *frangens* met en pièces ce qui est entier, le *rumpens* ce qui le gêne.
2. *Disrumpere* et *diffringere*, mettre en pièces, en morceaux ce qui formait dans l’origine un tout; *divellere*, séparer ce qui n’était qu’assemblé.
—Fraudare, v. *Fallere*.
Frenum. Habena. Oreæ. 1. *Frenum*, le frein à l’aide duquel le cavalier maîtrise le cheval sauvage, χαλινός; *habena*, la bride avec laquelle il dirige le cheval docile, ἠνίον. Hor. Ep. I, 15, 13. Læva stomachosus *habena* dicet eques; sed equi *frenato* est auris in ore, c’est-à-dire il n’obéit pas à la bride et il faut qu’il sente le frein. Cic. Orat. I, 53. Senatum servire populo, cui populus ipse moderandi et regendi sui quasi quasdam *habenas* tradidisset. Le sénat devenir l’esclave du peuple, quand le peuple même lui avait donné tout pouvoir de le conduire et de le gouverner et mis pour ainsi dire les rênes en main! Comparez avec Tac. Dial. 38. Pompeius adstrinxit imposuitque quasi *frenos* eloquentiæ. Pompée rétrécit la carrière et mit pour ainsi dire un frein à l’éloquence.
2. *Oreæ*, *aureæ*, qui n’est plus usité que dans le composé *auriga*, était peut-être le terme générique de *frenum* et d’*habena* à peu près comme harnais.
—Frequenter, v. *Sæpe*. —Fricare, v. *Lævis*. —Fretus, v. *Confisus*.
Frigere. Algere. Algidus. Alsus. Gelidus. Frigus. Gelu. Glacies. 1. *Frigere*, être froid par opposition à *calere*; *algere*, avoir froid par opposition à *æstuare*.
2. *Algidus* se dit du froid qui fait une impression désagréable; *alsus*, de la fraîcheur qui apporte du soulagement.
3. *Frigidus* se dit d’un degré de froid modéré par opposition à *calidus*; *gelidus*, du degré de froid qui amène la congélation par opposition à *fervidus*.
4. *Frigus*, le froid en lui-même, celui qui arrive et s’en va; *frigedo*, l’état d’un homme saisi par le froid, état qui commence et qui cesse; c’est une forme archaïque tombée en désuétude par l’emploi général de *frigus*.
5. *Gelu*, *gelus*, *gelum* marquent, comme ϰρύος, le froid capable de produire la glace; *gelicidium*, une manifestation isolée de ce froid, une nuit où il gèle, comme ϰρυμός; et *glacies*, comme ϰρύσταλλος, l’effet de ce froid, la glace.
—Fructuosus, v. *Fœcundus*. —Frugifer, v. *Fœcundus*. —Frugi, v. *Bonus*. —Frui, frunisci, v. *Uti*.
Frustra. Nequidquam. Incassum. Irritus. 1. *Frustra*, en vain, par rapport au sujet qui se voit trompé dans son attente et ses calculs; *nequidquam*, inutilement, pour rien, pour moins que rien, par rapport à la chose qui ne s’est point faite.
2. Même différence entre *frustra* employé adjectivement qui se rapporte à la personne, et le véritable adjectif *irritus*, qui se rapporte à la chose.