Part 10
Ignavia. Inertia. Segnitia. Desidia. Socordia. Pigritia. 1. *Ignavia*, opposé à *industria*, l’amour du désœuvrement considéré comme une dérogation à la loi du devoir, en ce sens qu’on n’est homme, qu’on ne se distingue du vulgaire, qu’on ne vaut par soi-même que si on est doué du goût de l’action; *inertia*, le même amour envisagé comme une infraction à la loi du travail, en ce sens que l’homme ne devient un membre utile, plus ou moins estimable de la société, que par son activité pratique. L’oisiveté, *ignavia*, est entée sur le naturel; l’action lui répugne; la fainéantise, *inertia*, est affaire d’habitude et de caractère; elle ne se soucie point de travailler. Un méchant esclave est un fainéant, *iners*; un noble qui vit sans rien faire est un oisif, *ignavus*.
2. *Segnitia*, *desidia*, *socordia* et *pigritia*, défauts divers d’un tempérament trop tranquille. La nonchalance, *segnitia*, attend qu’on l’excite, qu’on la contraigne, qu’on la prenne corps à corps avant de renoncer au repos; elle a pour opposé *promptus*. L’indifférence, *desidia*, se croise les bras et attend que les choses se fassent d’elles-mêmes. L’apathie, *socordia*, est incapable de prendre à quoi que ce soit un vif intérêt et néglige ses devoirs faute d’y songer. La paresse, *pigritia*, a une horreur naturelle de toute espèce de mouvement et n’est heureuse que dans les bras du repos.
—Ignavia, v. *Vereri*.
Ignominia. Infamia. Dedecus. Probrum. Opprobrium. 1. L’*ignominia* ôte l’honneur légal dont la perte ne dépend point des propos du public, mais d’une juste réprimande infligée par un magistrat, un censeur, par exemple, ἀτιμία; l’*infamia* ôte l’honneur moral, la bonne réputation; elle tient au mépris public, elle est la suite d’une conduite honteuse et déshonorante, δυσφημία.
2. *Ignominia* et *infamia* sont des termes abstraits qui marquent l’état d’une personne déshonorée; *dedecus* et *probrum*, des termes concrets qui marquent la cause de cet état, l’acte déshonorant. Le *dedecus* s’écarte des façons d’un homme d’honneur, de la noblesse qu’on s’attendait à retrouver dans toutes ses actions; le *probrum* entache la moralité d’un homme qu’on croyait du moins capable de se conduire honnêtement. La bassesse expose au *dedecus* dans les fonctions publiques; l’inconduite, au *probrum* dans les relations privées.
3. *Probrum*, reproche qu’on serait en droit de nous adresser; *opprobrium*, reproche formulé. *Probrum* appelle l’attention sur la honte qui a été encourue; *opprobrium*, sur le blâme qui s’exprime hautement.
Ignoscere. Veniam dare. *Ignoscere* est un acte moral: c’est pardonner de tout cœur, remettre et oublier, par opposition à garder rancune, comme συγγιγνώσϰειν; *veniam dare* est un acte politique; c’est substituer la clémence à la justice, par opposition à châtier, comme μεθιέναι. L’ami, l’égal pardonne, *ignoscit*; le supérieur, le puissant fait grâce, *veniam dat*. Cic. Man. 3. Illis imperatoribus laus est tribuenda quod egerunt; *venia danda* quod reliquerunt. Il faut louer ces généraux de ce qu’ils ont fait; il faut leur faire grâce pour ce qu’ils ont laissé inachevé. Comparez avec Att. XVI, 16. *Ignosce* mihi quod eadem de re sæpius scribam. Pardonne-moi de revenir si souvent sur le même sujet.
—Ilia, v. *Caro*. —Illico, v. *Repente*. —Illustris, v. *Celeber* et *Luculentus*.
Imago. Simulacrum. Statua. Signum. 1. *Imago* et *simulacrum*, termes généraux, représentation d’un objet par la première œuvre venue de sculpture ou de peinture: l’*imago* se rattache à l’original, comme la copie au modèle, par une ressemblance frappante, εἰϰών; le *simulacrum* s’oppose à l’original, à l’être véritable, c’est une imitation qui fait illusion, εἴδωλον. *Statua*, *signum* et *effigies* sont exclusivement des ouvrages de sculpture; *tabula* et *pictura*, exclusivement des tableaux.
2. *Simulacrum* et *statua* s’entendent de la reproduction complète d’une forme donnée, comme les statues en pied de la sculpture; *effigies* et *imago* marquent par préférence la reproduction des parties caractéristiques, nommément des traits du visage; *effigies*, dans la sculpture; ce sont des bustes; *imago*, dans la peinture; ce sont des têtes. Tac. Ann. I, 74. Alia in *statua* amputato capite Augusti *effigiem* Tiberii inditam. Il avait coupé la tête à une autre statue qui représentait Auguste et remplacé cette tête par un buste de Tibère. XIV, 61. *Effigies* Poppææ proruunt, Octaviæ *imagines* gestant humeris. Le peuple renverse les bustes de Poppée et promène sur ses épaules les portraits d’Octavie. H. II, 3. *Simulacrum* deæ non *effigie* humana. La déesse est représentée avec des traits qui s’écartent de la nature humaine. Cic. Tusc. III, 2, 3. Optimus quisque consectatur nullam eminentem *effigiem* (virtutis) sed adumbratam *imaginem* gloriæ. Ce n’est point la vertu avec ses traits frappants et sculptés, c’est un portrait indécis de la gloire qui entraîne à sa suite les meilleurs d’entre nous.
3. *Signum*, toute espèce de sculpture, par opposition à *tabulæ* et *picturæ*; *simulacrum*, statue sacrée, celle d’un dieu, ἄγαλμα; *statua*, statue profane, celle d’un homme, ἀνδριάς. Cic. Cat. III, 8. *Simulacra deorum* immortalium depulsa sunt et statuæ veterum hominum dejectæ. Les statues sacrées des dieux immortels furent expulsées, les statues profanes des anciens héros abattues. Verr. I, 22. Legati *deorum simulacra* venerabantur, itemque *cætera signa* et ornamenta lacrimantes intuebantur. Les députés adoraient les statues sacrées des dieux, et la vue des autres œuvres de sculpture et de décoration leur arrachait des larmes.
—Imbecillis, imbecillitas, v. *Validus*. —Imber, v. *Pluvia*. —Infirmus, infirmitas, v. *Validus*.
Imitatio. Æmulatio. Certatio. Rivalitas. Simulatio. 1. *Imitari* marque simplement, sans idée morale accessoire, un effort pour produire quelque chose qui ressemble à un objet donné; *æmulari* marque, outre l’effort d’imitation, le désir d’égaler ou de surpasser celui qu’on imite en considération, en honneur, en succès. L’*imitatio* n’a en vue que l’objet donné; c’est une tendance généralement modérée et louable; l’*æmulatio* n’a d’yeux que pour la personne ornée de la qualité qui vaut la peine d’être imitée; elle se montre toujours sous les traits d’une passion plus ou moins vive, louable ou blâmable, suivant qu’elle tire son origine d’un amour honnête ou d’un amour désordonné des honneurs. Plin. Ep. VII, 30. Demosthenis orationem habui in manibus non ut *æmularer* (improbum enim ac pæne furiosum), at tamen *imitarer* ac *sequerer* tantum. J’ai étudié ce discours de Démosthène. Je n’ai point la prétention téméraire et presque folle d’être son émule, mais je veux être du moins son imitateur et son élève.
2. L’*æmulus* est au-dessous de son adversaire, il vise à l’atteindre et à l’égaler un jour; le *certator* et le *concertator* lui sont égaux, ils visent à le battre et à le vaincre.
3. L’*æmulatio* dispute une supériorité quelconque; la *rivalitas* soutient une lutte pour emporter la première place dans le cœur d’une personne. Cic. Tusc. IV, 26, 56. Illa vitiosa *æmulatione* quæ *rivalitati* similis est, æmulari quid habet utilitatis? A quoi bon poursuivre une personne de cette émulation fâcheuse qui ressemble à de la jalousie?
4. L’*imitatio* est un effort pour devenir ce qu’on n’est pas encore, mais ce qu’on deviendrait volontiers et ce qu’on peut devenir en effet; la *simulatio*, un effort pour paraître ou devenir ce qu’on n’est point, ne peut ni ne doit être, parce que la nature s’y oppose. L’*imitatio* est le chemin qui conduit à un idéal réel ou imaginaire; la *simulatio* reste toujours un plagiat.
—Immanis, v. *Magnus*. —Impensa, v. *Sumptus*. —Impar, v. *Æquus*. —Imperare, v. *Jubere*.
Impertire. Tribuere. Participare. Communicare. *Impertire* et *tribuere* signifient partager, distribuer, sans donner à entendre que le donateur réserve une part pour lui: *impertire* présente ce partage comme un acte libre, volontaire, de pure bonté; *tribuere*, comme un acte de justice et de prudence. *Participare* et *communicare*, admettre les autres à un partage dont on profite soi-même: *participare*, faire participer, se rapporte généralement à la personne qui reçoit, qui est appelée à prendre part, *communicare*, mettre en commun, à la chose dont on fait part et à l’usage de laquelle cette personne doit participer.
—Impietas, v. *Delictum*. —Impius, v. *Scelestus*. —Imponere, v. *Fallere*.
Imus. Infimus. *Imum*, la partie la plus basse dans un tout indivisible; *infimum*, la base ou le dessous dans un tout divisible. L’*imum* est en bas; l’*infimum*, en dessous. Cic. Rosc. com. 7. Ab *imis* unguibus usque ad summum verticem. De la plante des pieds au sommet de la tête. Comparez avec Divin. I, 33. Ut ab *infima* ara subito anguis emergeret. Un serpent sortit tout à coup de dessous l’autel. Et avec N. D. II, 20. Luna *infima* est quinque errantium. Des cinq planètes, c’est la lune qui est en dessous. *Imus* n’exprime d’ailleurs qu’un rapport de lieu; *infimus* contient une idée accessoire, celle du dernier rang.
—Inambulare, v. *Ambulare*.
Inanis. Vacuus. *Inanis*, ce qui est vide au lieu d’être rempli, ce qui ne contient rien, par opposition à *plenus*; *vacuus*, ce qui est vacant et peut encore se remplir, ce qui n’a point de maître, par opposition à *occupatus* ou à *obsessus*. Tac. Ann. VI, 34. Jason post avectam Medeam genitosque ex ea liberos *inanem* mox regiam *vacuos*que Colchos repetivit, c’est-à-dire le palais désert, mort, et le peuple sans maître. Au figuré: *inane*, c’est ce qui n’existe point, *vacuum* ce qui est libre.
—Incassum, v. *Frustra*. —Incedere, v. *Ire*. —Incestus, v. *Inficetus*. —Incastus. v. Inficetus, —Incendere, v. *Accendere*. —Inchoare, v. *Incipere*.
Incipere. Ordiri. Inchoare. Coepisse. 1. *Incipere*, marque le commencement par opposition à l’inaction qui précède et qui suit, c’est-à-dire, à *cessare* et à *desinere*, *desistere*, *finire*; *ordiri*, par opposition à la continuation de l’action, c’est-à-dire à *continuare*, et à son correspondant intransitif *pergere*; enfin, *inchoare*, *incohare*, par opposition à l’achèvement ou à l’accomplissement de l’action, c’est-à-dire à *perficere*, *consummare*, *peragere*, *absolvere*, etc. Cic. Off. I, 37. Ut incipiendi ratio fuerit, ita sit desinendi modus. Sachez entrer en matière, sachez aussi vous arrêter. Varron. R. R. III, 16. Apes cum *evolaturæ* sunt, aut etiam *inceperunt*, consonant vehementer. Lorsque les abeilles vont s’envoler ou qu’elles viennent de partir, elles font entendre un fort bourdonnement. Cic. Finn. IV, 6. Hoc *inchoati* cujusdam officii est, non *perfecti*. Ceci n’est encore qu’une ébauche et non point une œuvre achevée. Cic. Fr. ap. Non. *Perge*, quæso, nec enim imperite *exorsus* es. Continuez, je vous prie, votre début n’est point maladroit.
2. *Cœpi* a le même opposé qu’*incipere*. Sen. Cons. Polyb. 20. Quicquid *cœpit* et *desinit*; mais *cœpi* appelle plus fortement l’attention sur l’action qui commence, et *incepi* sur le commencement que prend l’action. *Cœpi* est une sorte de verbe auxiliaire, *incepi* est emphatique; *cœpi* se rapporte d’habitude à un infinitif et *incipere* à un substantif. Cic. Verr. V, 10. Quum *ver esse cœperat* (sed quum rosam viderat, tum ver *incipere* arbitrabatur), dabat se labori. Quand le printemps revenait, mais le printemps ne datait pour lui que des roses, il affrontait la fatigue.
Incitare. Instigare. Irritare. Instinctus. 1. *Incitare*, synonyme d’*hortari*, porter un paresseux par de bonnes paroles, par des encouragements, des apostrophes à une action presque toujours louable; *instigare*, synonyme de *stimulare*, pousser bon gré, mal gré une personne à une action hardie par des moyens énergiques comparables à des coups d’aiguillon, par reproches, promesses, menaces; *irritare*, synonyme d’*exacerbare*, exciter à un acte de violence un personnage paisible en remuant ses passions, son ambition, ses désirs de vengeance. Ter. Andr. IV, 2, 9. Age si hic non insanit satis sua sponte, *instiga*. Va, s’il ne s’emporte pas assez tout seul, pousse à la roue. Lucr. IV, 1075. Et *stimuli* subsunt qui *instigant* lædere id ipsum. Et des aiguillons secrets les poussent à blesser ce qu’ils aiment.
2. *Instigatus*, aiguillonné par une cause extérieure et profane, par des paroles, des ordres; *instinctus*, poussé par une cause intérieure d’un ordre élevé, inspiration, amour, voix de Dieu.
—Inclytus, v. *Celeber*.
Incolere. Habitare. Incola. Inquilinus. Colonus. 1. *Incolere* est transitif comme habiter; *habitare*, neutre comme demeurer. En outre, *incolere* rappelle l’idée du pays auquel on appartient en qualité de citoyen ou de sujet; *habitare*, celle de la maison où l’on est établi à demeure en qualité de propriétaire ou de locataire.
2. *Incola*, au sens restreint, le sujet par opposition au citoyen, μέτοιϰος; *inquilinus*, le locataire par opposition au propriétaire de la maison ou *dominus*, σύνοιϰος; *colonus*, le fermier par opposition au propriétaire foncier, à peu près comme θής.
—Incolumis, v. *Salvus*. —Incurvus, v. *Curvus*. —Indagare, v. *Quærere*. —Indignari, v. *Succensere*. —Indulgere, v. *Concedere*. —Incuriosus, v. *Tutus*. —Incusare, v. *Arguere*. —Indigere, v. *Carere*. —Indoles, v. *Ingenium*. —Industria, v. *Opera*. —Inedia, v. *Fames*. —Inertia, v. *Ignavia*. —Infamia, v. *Ignominia*. —Infans, v. *Puer*. —Infensus, infestus, v. *Adversarius*.
Inficetus. Infacetus. Incestus. Incastus. 1. *Inficetus* exprime un blâme positif et se dit d’un homme lourd et sans goût; *infacetus* n’exprime qu’un blâme négatif, c’est un homme qui n’a point d’esprit à revendre.
2. Et de même *incestus* celui qui a souillé son propre sang; *incestus*, celui qui n’est point chaste.
—Infidelis, infidus, v. *Fidus*. —Infitiari, infitias ire, v. *Negare*. —Infimus, v. *Imus*. —Inflammare, v. *Accendere*.
Infortunium. Calamitas. Infelicitas. Miseria. *Infortunium* et *calamitas* désignent un accident isolé: *infortunium* un accident fâcheux, un petit malheur, par exemple la perte d’une bourse, des coups qu’on a reçus; *calamitas* un accident tragique comme la perte d’une personne qu’on aime, de la fortune. *Infelicitas* et *miseria* expriment une position malheureuse et durable: *infelicitas* comme une simple privation de bonheur; *miseria* comme une misère réelle et accablante.
Ingenium. Natura. Indoles. *Ingenium* et *natura*, le naturel considéré comme la base inébranlable de l’individualité humaine et comme rebelle à toute altération: *ingenium* se rapporte de préférence aux dons de l’esprit, *natura* à ceux du cœur. *Indoles*, le naturel considéré comme le germe de l’individualité et comme susceptible de culture.
—Ingluvies, v. *Faux*. —Ingruere, v. *Irruere*. —Inimicus, v. *Adversarius*. —Ingredi, v. *Inire* et *Ire*. —Inimicitia, v. *Odium*.
Inire. Intrare. Introire. Ingredi. 1. *Inire* ne s’emploie guère qu’au figuré, c’est se mettre à quelque chose, par exemple, *inire pugnam*, *numerum*, engager le combat, chercher un nombre; *intrare*, *introire*, *ingredi* expriment l’action d’entrer au sens propre; mais *intrare* est d’ordinaire transitif, il a l’accent sur sa racine verbale, *introire* est neutre, il a l’accent sur sa racine adverbiale. Dans *intrare curiam* on songe surtout au seuil qu’on franchit, dans *introire*, aux quatre murs entre lesquels on va s’enfermer.
2. *Intrare* et *introire* supposent un espace fermé à dessein par des murailles, des barrières, des bornes; *ingredi* ne suppose qu’un espace étranglé, une route, *viam*, un pont, *pontem*.
Initium. Principium. Primordium. 1. *Initium*, commencement au sens abstrait, comme simple point de départ, par opposition à *exitus*; *principium*, au sens concret, comme la partie qui se présente avant les autres lorsqu’il s’agit de choses, qui précède lorsqu’il s’agit d’actions, par opposition à *extremum*. *Initium* n’est qu’un commencement dans le temps, *principium* est en outre une base posée dans l’espace. L’*initium* disparaît dans ce qui suit, le *principium* sert de fondement aux progrès ultérieurs. Les *initia philosophiæ* sont les rudiments au-dessus desquels le disciple s’élève dans le cours de ses études, les *principia* sont les principes auxquels il faut toujours revenir. *Initio* signifie ordinairement d’abord comme ceci et ensuite autrement; *principio*, dès l’abord et toujours de même.
2. *Primordium* est un augmentatif emphatique de *principium*, et suppose un vaste système dont l’origine est assez reculée pour qu’on puisse distinguer entre un commencement apparent et un commencement réel, primordial, élémentaire.
—Injuria, v. *Contumelia*. —Innocentia, v. *Virtus*.
Innumerus. Innumerabilis. *Innumerus*, terme poétique et choisi, comme sans nombre, ἀνήριθμος; *innumerabilis*, terme prosaïque et usuel, comme innombrable, ἀναρίθμητος.
—Inopia, v. *Paupertas*. —Inquilinus, v. *Incolere*. —Insanus, v. *Amens*. —Inscius, v. *Cognitio*. —Insimulare, v. *Arguere*. —Insomnis, v. *Vigil*. —Instigare, v. *Incitare*. —Inquam, v. *Dicere*. —Inquinare, v. *Contaminare*. —Inscendere, v. *Scandere*. —Insignis, v. *Eminens*. —Insolentia, v. *Superbia*. —Insomnium, v. *Somnus*.
Instituere. Instaurare. Restituere. Restaurare. *Instituere*, prendre un arrangement profane; *instaurare*, organiser une cérémonie sainte, vénérable ou du moins une entreprise importante, par exemple un sacrifice, des jeux sacrés ou des fêtes, la guerre ou une bataille. *Instituere* est un terme usuel, *instaurare* un terme pompeux et choisi. Même différence entre *restituere* et *restaurare*.
—Instituere, v. *Erudire*. —Insuper, v. *Præterea*. —Integrare, v. *Iterum*. —Instructus, v. *Præditus*. —Integer, v. *Salvus*.
Intelligere. Sentire. Cognoscere. *Intelligere* se dit des notions rationnelles dues à la réflexion qui combine des idées; *sentire*, des notions naturelles qui s’acquièrent par voie de sentiment, par des perceptions ou des impressions instantanées des sens ou de l’esprit; enfin, *cognoscere*, des notions historiques fondées sur le témoignage des sens et de la tradition, Sen. Ir. III, 13. Quidni gauderet, quod iram suam multi *intelligerent*, nemo *sentiret*? Je conçois que Socrate ait ressenti un mouvement de joie quand sa colère que tous ses familiers discernaient ne frappait les yeux de personne. Cic. N. D. III, 24. Quare autem in his vis deorum insit tum *intelligam* quum *cognovero*. Quant à leur divinité, je la comprendrai quand j’aurai appris à la connaître.
Intercapedo. Interruptio. Interpellatio. Interlocutio. *Intercapedo* et *interruptio*, interruption d’une action, d’une affaire: l’*intercapedo* est polie, souvent même bienveillante; l’*interruptio* est violente, elle trouble. *Interpellatio* et *interlocutio*, interruption d’un discours par un autre discours qui vient à la traverse: l’*interpellator* n’a d’autre but que d’empêcher l’orateur de continuer; l’*interlocutor* veut se faire entendre lui-même au beau milieu du discours d’un autre.
—Interdicere, v. *Vetare*. —Interdum, v. *Nonnunquam*. —Interdiu, v. *Dies*.
Interea. Interim. *Interea* se rapporte à une action durable qui tombe dans une période, comme cependant; *interim* à une action momentanée, comme là-dessus. Il y a entre eux la même corrélation qu’entre un temps passé et l’aoriste, entre un instant et une période. Cic. Quint. 6. Hæc dum Romæ geruntur... Quintius *interea* de agro detruditur. Voilà ce qui se passait à Rome; cependant Quintius est évincé de son champ: c’est-à-dire que la chose se fait peu à peu. Comparez avec Famm. X, 12. *Interim* ad me venit Manutius noster. Là-dessus je vois venir chez moi notre cher Manutius. Tac. Ann. XI, 32. Non rumor *interea* sed undique nuntii incedunt... Atque *interim* Ostiensem viam intrat. Cependant ce ne sont plus des bruits, ce sont des messagers qui arrivent de tous les côtés... Et là-dessus elle prend la route d’Ostie.
—Interemptor, v. *Homicida*. —Interfector, v. *Homicida*. —Interesse, v. *Adesse*.
Interficere. Perimere. Interimere. Negare. Occidere. Jugulare. Obtruncare. Trucidare. Percutere. 1. *Interficere* et *perimere*, termes généraux, mettre à mort, faire mourir, tuer pour quelque motif et par quelque moyen que ce soit, faim, poison, corde, fer, supplice, ϰτείνειν: mais *interficere* est un terme ordinaire, *perimere* un terme archaïque, choisi, poétique. *Interimere* suppose accessoirement que la chose passe inaperçue, comme se défaire de quelqu’un, ἀναιρεῖν; *necare* implique une idée d’injustice ou du moins de cruauté, comme assassiner, φονεύειν. Cic. Tusc. V, 20. Dionysius alterum jussit *interfici*, quia viam demonstravisset *interimendi* sui. Denys le fit mettre à mort pour avoir montré comment on pouvait se défaire de lui. Fr. Arat. 11. Quem neque tempestas *perimet*, nec longa vetustas *interimet*. Il ne périra point sous l’effort d’une saison, il ne succombera point à la lente action des siècles. Curt. IX, 7, 8. Boxum *protinus* placuit *interfici*; Biconem etiam per cruciatus *necari*. Il voulut qu’on mit sur-le-champ Boxus à mort, mais qu’on fît périr Bicon dans les tourments.
2. *Occidere*, *jugulare*, *trucidare*, *obtruncare*, *percutere*, expriment une mort sanglante: *occidere*, porter par terre, c’est le fait du soldat dans un combat franc et loyal; *jugulare*, couper la gorge ou le cou, ou plutôt tuer d’un coup savant sous la clavicule, c’est le fait du bandit qui veut imiter le gladiateur, σφάξαι; *obtruncare*, tailler en pièces, massacrer, couper en morceaux comme un meurtrier maladroit; *trucidare*, tuer à loisir comme un boucher, en homme avide de sang qui met à mort sans rencontrer de résistance et triomphe d’une victime sans défense; *percutere*, exécuter, simple action mécanique, office du bourreau ou de tout autre exécuteur d’une condamnation ou d’un ordre. Senec. Contr. III, 21. Nec dominum *occidit*, nec domino *venenum* dedit. Il n’a ni poignardé ni empoisonné son maître. Hor. Ep. 1, 2, 32. Ut *jugulent* homines surgunt de nocte latrones. Les brigands sortent de l’ombre pour égorger le monde. Sall. Fr. Cæteri vice pecorum *obtruncantur*: en sorte qu’on voyait à terre comme sur un étal des membres détachés. Tac. Hist.... Juberet *interfici*; offerre se corpora iræ; *trucidaret*. Il n’avait qu’à les faire mourir; ils étaient prêts à servir de victimes à sa colère: il pouvait les tuer à son aise. Cic. Rosc. Am. 34. Cujus consilio *occisus* sit invenio; cujus manu *percussus* sit non invenio. Je discerne l’auteur, je ne découvre pas l’instrument de cette mort sanglante.
—Interitus, v. *Lues* et *Mors*. —Interlocutio, v. *Intercapedo*.
Intermittere. Omittere. *Intermittere*, suspendre, remettre une affaire à un autre temps dans l’espérance et dans le dessein de la reprendre: *in tempus mittere* cum spe consilioque resumendi; *omittere*, abandonner. Varron. Fr. Studia tantum *intermittantur*, ne *omittantur*. Interrompez vos études, ne les abandonnez jamais.
—Intermori, v. *Mors*. —Interrogare, v. *Rogare*. —Intestina, v. *Caro*. —Intueri, v. *Videre*. —Invadere, v. *Irruere*. —Interpellatio, v. *Intercapedo*. —Interruptio, v. *Intercapedo*. —Intrare, introire, v. *Inire*. —I nunc, v. *Agere*.
Invenire. Reperire. Deprehendere. Nancisci. Adipisci. Consequi. Assequi. 1. *Invenire*, terme général, trouver dans toutes les conjonctures; *reperire* et *deprehendere* supposent un objet caché qu’on songe et qu’on s’applique à trouver: mais le *reperiens* se borne à découvrir ce qu’il ne voyait point d’abord et qui s’offre ensuite à ses yeux, ἀνευρεῖν; le *deprehendens* découvre ce qui voulait se cacher ou échapper et qui tombe en son pouvoir. Tac. Ann. I, 74. Perniciem aliis ac postremo sibi *invenere*. De bourreaux qu’ils étaient, ils finirent par se trouver victimes. Comparez avec XIV, 3. Cædes quonam modo occultaretur nemo *reperit*. Personne ne vit jour à cacher le meurtre.