Manuel de synonymie Latine

Part 20

Chapter 203,545 wordsPublic domain

Uti. Usurpare. Frui. Frunisci. *Uti* et *usurpare* expriment l’action de faire usage d’une chose, d’en disposer à son avantage; mais *uti* se dit d’un usage permanent; *usurpare*, d’un acte isolé. *Frui* et la vieille forme *frunisci* expriment le sentiment agréable qui accompagne cet usage, comme jouir: *frui* est le verbe primitif, *frunisci*, le verbe inchoatif. Sen. Vit. B. 10. Tu voluptate *frueris*, ego *utor*. Tu ne cherches dans le plaisir que la jouissance, j’y cherche le profit. Flor. II, 6. Hannibal quum victoria posset *uti*, *frui* maluit. Annibal pouvait user de sa victoire, il aima mieux en jouir. Cic. Rosc. Am. 45, 131. Commoda, quibus *utimur*, lucem, qua *fruimur*, spiritumque, quem ducimus, a Deo nobis dari. Les avantages dont nous profitons tous les jours, la lumière dont nous jouissons, l’air que nous respirons sont des dons de Dieu. Cic. Cat. III, 2, 5. Quorum opera... assidue *utor*. Je profite constamment de leur activité. Comparez avec Finn. II, 35, 118. In ea, quam *sæpe usurpabas*, tranquillitate degere omnem vitam. Laisser couler sa vie entière dans la tranquillité que tu as su trouver en mainte occasion. Cic. Orat. 51, 169. Post inventa conclusio est, qua credo *usuros* veteres illos fuisse, si jam nota et *usurpata* res esset. La période oratoire fut inventée plus tard; je crois que les anciens en auraient fait usage s’ils l’avaient connue et vu employer.

—Utique, v. *Plane*. —Uxor, v. *Femina*. —Uvidus, v. *Udus*.

V

Vacare. Otiari. Feriari. Cessare. Nihil agere. *Vacare*, avoir son temps libre, par opposition à l’*occupatio*, qui oblige au travail; *otiari*, n’avoir point d’affaires, par opposition aux *negotia*, qui font du travail un devoir; *feriari*, jouir du repos des jours de fête, par opposition à la besogne journalière; *cessare*, cesser son travail et se reposer, par opposition à la peine qu’on vient de prendre; *nihil agere*, ne rien faire, par opposition à l’activité en général.

—Vacuus, v. *Inanis*. —Vacillare, v. *Labare*. —Vadum, v. *Solum*. —Vadere, v. *Ire*. —Vagari, v. *Errare*. —Vafer, v. *Astutus*. —Vale, v. *Ave*. —Valde, v. *Perquam*. —Valere, v. *Posse*. —Valens, v. *Salus*. —Valetudo, v. *Æger*.

Validus. Firmus. Robustus. 1. *Validus*, fort, au sens actif, pour l’attaque et l’exécution, vigoureux, par opposition à *imbecillis*, comme σθεναρός; *firmus* et *robustus*, fort, au sens passif, pour la défense, pour supporter quelque chose: le *firmum* tire sa force d’une assiette inébranlable, on y met sa confiance, il s’oppose à *labans*, *vacillans* et même à *imbecillus*, en grec ϐέϐαιος, ferme; le *robustum* tire la sienne de sa nature compacte, de l’impénétrabilité de sa matière, il dure, par opposition à *tenerum*, comme ῥωμαλέος et ἰσχυρὸς, solide.

2. *Imbecillitas* convient à la faiblesse d’esprit; *infirmitas*, à la faiblesse corporelle. Cic. Finn. V, 45. In *infirma* ætate *imbecilla*que mente: un âge qui n’est point fait, une intelligence qui n’a point de ressort. Et quand ils ne se disent tous deux de l’esprit, *imbecillitas* signifie une faiblesse naturelle de tête ou de cœur, par exemple, un défaut de talent ou de courage; *infirmitas*, une faiblesse morale, par exemple, la versatilité qui empêche qu’on ne se fie à nous. Cæs. B. G. VII, 77. Nolite stultitia ac temeritate vestra aut *imbecillitate* animi omnem Galliam prosternere. Ne cédez ni à une folle hardiesse ni à une faiblesse d’esprit qui causerait la chute de toute la Gaule. Comparez avec IV, 5. Cæsar *infirmitatem* Gallorum veritus quod sunt in consiliis capiendis mobiles et rebus plerumque novis student. César avait peur de la versatilité des Gaulois, qui sont inconstants dans leurs desseins et amoureux de changements.

—Vallum, v. *Agger*. —Vallus, v. *Stipes*. —Valvæ, v. *Ostium*.

Varius. Diversus. Contrarius. Versicolor. Variegare. 1. *Varium* exprime les différences qu’on remarque dans un seul et même objet; *diversum*, celles qui distinguent un objet d’un autre. Catull. 47, 10. Quos longe simul a domo profectos *diverse* *variæ* viæ reportant, c’est-à-dire que toutes sortes de voies ramènent chez eux dans des directions tout à fait différentes. Tac. H. I, 25. Otho postquam *vario* sermone callidos et audaces cognovit, pretio et promissis onerat... Suspensos cæterorum animos *diversis* artibus (i. e. spe et metu) stimulant. Othon cause avec eux, varie l’entretien, s’assure qu’ils sont rusés et hardis, les achète à prix d’or et les comble de promesses... Pour les autres, on aiguillonne par divers moyens ces esprits incertains.

2. Les *diversa* n’ont rien de commun entre eux et s’en vont dans des directions divergentes ou même opposées; les *contraria* se font face et sont diamétralement opposés. D’où la gradation Cic. Divin. II, 55. *Diversas* aut etiam *contrarias*. Tout ce qui est du domaine de la conjecture... est sujet de la part des hommes aux interprétations les plus diverses et souvent les plus opposées[1]. Vell. P. II, 75. *Diversa* præsentibus et *contraria* exspectatis sperare. Avoir des espérances qui s’écartent des conjonctures et qui sont contraires aux probabilités.

3. *Varium*, bigarré, qui offre plusieurs couleurs à la fois, ποιϰίλον; *versicolor*, chatoyant, qui change autant de fois de couleur qu’il y a de manières de l’exposer à la lumière, αἴολον. Propert. III, 13, 32. Aut *variam* plumæ *versicoloris* avem. Un oiseau bigarré dont le plumage chatoie. Pline (XXXVII, 10) exprime les deux idées par des périphrases lorsqu’il appelle à la fois la pierre mithrax *multicolor* et contra solem *varie* refulgens.

4. *Variare* signifie en général donner un aspect varié; *variegare* signifie en particulier donner un aspect dont la variété est dans les couleurs, barioler.

—1 Traduction de la collection Panckoucke.

—Vas, v. *Sponsor*. —Vasta, v. *Solitudo*.

Vastare. Populari. Diripere. Agere ferre. Expilare. Spoliare. Peculari. 1. *Vastare*, ravager, détruire par fureur ou par politique la propriété de l’ennemi, πέρθειν, πορθεῖν; *populari*, *diripere* et *agere ferre*, piller par intérêt personnel: *populari*, en grand, par exemple, enlever la moisson entière, emmener les troupeaux; *diripere*, en petit, entrer dans les maisons, rompre les armoires; *agere ferre*, des deux manières, comme ἄγειν ϰαὶ φέρειν.

2. *Spoliare* et *populari*, s’approprier des dépouilles en temps de guerre; *expilare* et *peculari*, *depeculari*, en temps de paix: *expilare*, par violence; *peculari*, par escroquerie et détournement de la propriété de l’État. Cic. Parad. VI, 1. Si socios *spolias*, ærarium *expilas*. Si tu dépouilles les alliés, si tu portes la main sur le trésor.

—Vates, v. *Canere*. —Vaticinari, v. *Divinare* et *Hariolari*. —Vecors, v. *Amens*. —Vehemens, v. *Acer*. —Vegetus, v. *Vigens*.

Velle. Optare. Expetere. Cupere. Avere. Gestire. 1. *Velle*, *optare* et *expetere* expriment des actes de la raison qui se possède et se gouverne; *cupere*, *avere* et *gestire*, des actes du sentiment surexcité et de la passion. Sen. Ep. 116. Cum tibi *cupere* interdixero, *velle* permittam. Après t’avoir interdit les désirs, je te permettrai d’avoir des volontés.

2. *Velle*, vouloir et coopérer à la réalisation de sa propre volonté, θέλειν et ϐούλεσθαι; *optare*, souhaiter et s’en remettre à d’autres ou au destin pour la réalisation du souhait, ποθεῖν; *expetere*, exiger et mettre les autres en demeure de remplir cette exigence, ὀρέγεσθαι. Sen. Ep. 95. Sæpe aliud *volumus*, aliud *optamus*. Nos volontés sont souvent en désaccord avec nos souhaits. Cic. Off. I, 20. Nihil nisi quod honestum sit homines aut admirari, aut *optare*, aut *expetere* oportet. Il convient que les hommes n’admirent, ne souhaitent, n’exigent rien qui ne soit honorable.

3. *Cupere* exprime un désir violent, passionné; *gestire*, un désir vif qui se manifeste par des gestes; *avere*, *havere*, un désir impatient, pressant. *Cupidus*, désireux, ἐπιθυμῶν; *gestiens*, qui se réjouit à l’idée d’avoir une chose, χρῄζων; *avidus*, avide. Cic. Sen. 8. Græcas litteras sic *avide* arripui, quasi diuturnam sitim explere *cupiens*. Je me suis jeté sur la littérature grecque avec avidité, avec la passion d’apaiser une soif qui durait depuis longtemps. Comparez avec Att. II, 18. Intellexi quam suspenso animo et sollicito scire *averes*, quid esset novi. J’ai compris tes incertitudes et tes soucis, ton impatience de connaître les nouvelles. Et IV, 11. Perge reliqua; *gestio* scire ista omnia. Continue, je me fais une fête de savoir tous ces détails.

—Vellus, v. *Tergus*. —Velox, v. *Citus*.

Vendere. Venundare. Mancipare. *Vendere* et *venundare* présentent la vente comme une transaction commerciale: dans *vendere*, l’idée principale est, comme dans vendre, la livraison de l’objet, et le prix d’achat n’est qu’un accessoire; il est opposé à *emere*; c’est le grec ἀποδόσθαι; *venundare* fait ressortir, comme étaler, la mise en vente, l’offre de la marchandise, πιπράσϰειν, πωλεῖν, ἀπεμπολᾷν. *Mancipare*, aliéner, présente la vente comme un acte juridique par lequel on cède et transporte à un autre la propriété d’une chose avec toutes les prétentions qu’on y avait jusque-là, en due forme.

—Venditatio, v. *Jactatio*. —Venenum, v. *Toxicum*. —Venerari, v. *Vereri*. —Veniam dare, v. *Ignoscere*.

Ventus. Procella. Tempestas. Vortex. Turbo. *Ventus*, le vent, comme terme générique; *procella* et *tempestas*, vent violent: *procella*, bourrasque, coup de vent; *tempestas*, tempête, orage complet, accompagné d’éclairs, de tonnerre, de pluie ou de grêle. *Vortex* et *turbo*, tourbillon: *vortex*, tourbillon faible qui ne soulève que la poussière; *turbo*, tourbillon impétueux qui cause des dégâts.

—Venundare, v. *Vendere*. —Vepres, v. *Dumi*. —Venustus, v. *Formosus*.

Verberare. Icere. Ferire. Cedere. Pulsare. Mulcare. Pavire. Cudere. 1. *Verberare*, *ferire* et *icere*, frapper en général, de loin, de près, de toute manière. Le *verberans* porte un coup qui rebondit; l’*iciens* et le *feriens*, un coup qui pénètre, blesse ou brise: l’*iciens* lance son coup, par exemple, *fulmine ictus*; le *feriens* pousse et heurte, par exemple, *murum ariete ferire*. *Cædere*, *pulsare* et *mulcare* sont des termes plus particuliers et signifient battre avec un instrument fait exprès: *cædere*, avec un instrument tranchant qui fait une blessure, hache, sabre, fouet, verges, étrivières; *pulsare* et *mulcare*, avec un instrument contondant, un bâton ou le poing. *Pulsare* prend, comme battre, un complément quelconque; *mulcare*, comme bâtonner, ne peut avoir pour complément que le nom d’un être sensible à la douleur, surtout l’homme.

2. Au sens restreint, *verberare* exprime un châtiment administré de sang-froid et qui consiste en coups de bâton, c’est une punition en forme infligée par l’autorité compétente; *pulsare* et *mulcare* signifient un mauvais traitement par coups ou bourrades, exercé par des personnes qui n’y sont point autorisées, c’est une vengeance. *Pulsare* s’entend d’un traitement grossier; on frappe avec la main ou avec une canne, on n’en veut guère qu’à l’honneur et à la dignité des gens; *mulcare* marque un traitement brutal; on se sert pour frapper des poings ou d’un gourdin; on a surtout en vue de causer des douleurs physiques, on rosse.

3. *Pavire*, battre, pour solidifier à force de coups une masse molle; *cudere*, pour aplatir et élargir une masse dure. *Fulgere*, *battuere* et *cajare* sont des termes vieillis ou communs pour battre.

—Verbosus, v. *Garrire*.

Verbum. Vocabulum. Vox. Dictum. Dicterium. 1. *Verbum*, le mot considéré comme une partie de la phrase; *vocabulum*, comme un élément de la langue. Les mots, *verba*, sont du ressort de l’usage; les termes, *vocabula*, sont du ressort du dictionnaire.

2. *Verba*, les mots par rapport à leur signification; *voces*, par rapport à leur forme et à leur son.

3. Comme terme technique de grammaire, *vox* comprend toutes les huit parties du discours; *vocabulum*, tous les mots proprement dits, à l’exception des interjections ou sons naturels; *nomen*, seulement les noms appellatifs, adjectifs, substantifs et pronoms; et *verbum*, seulement les verbes.

4. Au sens collectif, *verbum* s’entend d’une pensée générale, comme sentence; *vox*, *dictum* et *dicterium*, d’une saillie qui appartient à telle ou telle personne: *vox* est l’expression du sentiment ou de la passion, c’est une exclamation; *dictum* est un trait d’esprit et d’intelligence, comme un bon mot. Tac. H. III, 39. Audita est *sævissima* Vitellii *vox*, qua se pavisse oculos spectata inimici morte jactavit. Vitellius eut une exclamation cruelle; on l’entendit qui se vantait crûment d’avoir rassasié ses yeux au spectacle de la mort d’un de ses ennemis particuliers. Comparez avec Ann. VI, 20. Scitum Passieni *dictum* percrebuit, neque meliorem unquam servum, neque deteriorem dominum fuisse. Un trait spirituel de l’orateur Passiénus et qui courut partout, c’est qu’il n’y avait jamais eu ni de meilleur esclave ni de plus mauvais maître.

5. *Dictum*, terme général et populaire pour toute parole piquante; *dicterium*, terme savant d’une époque postérieure pour une parole piquante par excellence qui est le fruit de l’esprit naturel développé par l’étude des lettres et le commerce de la bonne société.

—Verecundia, v. *Castus*.

Vereri. Timere. Metuere. Spes. Fiducia. Timor. Timiditas. Ignavia. Formido. Horror. 1. *Vereri* exprime, comme αἰδεῖσθαι, un effet qui a sa raison d’être dans une dignité qui nous impose; *metuere* et *timere* expriment, comme δεῖσαι et φοϐεῖσθαι, un effet qui résulte du caractère dangereux et menaçant d’un objet. Le *timens* et le *metuens* craignent de courir un danger; le *verens* craint d’être couvert de honte et de confusion. Cic. Phil. XII, 12: Quid? veteranos non *veremur*? nam timeri ne ipsi quidem volunt. Eh quoi! est-ce que nous ne révérons point les vétérans? car, pour aller jusqu’à la peur, c’est ce qu’ils ne veulent point eux- mêmes. Sen. II, 37. *Metuebant* eum servi, *verebantur* liberi, carum omnes habebant. Ses esclaves le craignaient, ses enfants le révéraient, tout le monde le chérissait. Liv. XXXIX, 37. *Veremur* quidem vos, Romani, et si ita vultis etiam *timemus*. Nous vous révérons, ô Romains, et nous avons même peur de vous, si c’est là ce que vous voulez. Afran. ap. Gell. XV, 13. Ubi malunt *metui* quam *vereri* se ab suis. Dès qu’ils aiment mieux être craints que révérés par les leurs. Sen. Ir. III, 32. Quibusdam *timeamus* irasci, quibusdam *vereamur*. Ne nous fâchons point contre certains personnages, contre ceux-là par peur, contre ceux-ci par une crainte respectueuse.

2. *Metus*, la crainte prise comme l’attente d’un mal qu’on a en perspective, auquel on songe, l’inquiétude par prévoyance et prudence, comme δέος, synonyme de *cautio*; *timor*, la peur par lâcheté et faiblesse. En d’autres termes, la crainte, *metus*, est une affaire d’intelligence, elle occupe la pensée; la peur, *timor*, est une affaire de sentiment, elle saisit le cœur. *Metus* s’oppose à *spes*; *timor*, à *fiducia*, *animus*. Cic. Tusc. IV, 31. *Confidere* decet, *timere* non decet. Il s’agit d’avoir pleine confiance, il ne s’agit point d’avoir peur.

3. Même différence entre *spes*, l’espérance, et *fiducia*, la confiance. Sen. Ep. 16. Jam de te *spem* habeo, nondum *fiduciam*. Tu me donnes déjà des espérances, tu ne m’inspires pas encore de confiance. Tac. Agr. 3. Nec *spem* modo ac votum securitas publica, sed ipsius voti *fiduciam* ac robur assumpserit. On ne se borne plus à espérer et à appeler de ses vœux la sécurité publique, mais on en jouit avec un sentiment de confiance et de stabilité. Suet, Cl. 10. Aliquanto minore *spe* quam *fiducia*. Il y avait un peu moins d’espérance que de confiance.

4. *Timor* présente la peur comme un état passager; *timiditas* présente la timidité comme une qualité habituelle qui se comporte, par rapport à l’*ignavia*, comme le terme précis par rapport au terme général. Lactant. III, 17. Epicurus... *ignavum* prohibet accedere ad rem publicam, pigrum exercere, *timidum militare*. Epicure ôte aux gens incapables l’accès des affaires, aux gens paresseux leur maniement, aux gens timides la guerre. L’*ignavia* est l’incapacité de faire aucune action noble et particulièrement aucun exploit courageux; la *timiditas* est excusable dans certaines circonstances; l’*ignavia* est toujours condamnable.

5. La crainte, *metus*, et la peur, *timor*, naissent de la réflexion qui distingue nettement l’objet et la cause de l’inquiétude. L’effroi, *horror*, et l’épouvante, *formido*, naissent d’une émotion vive et subite qui accable l’esprit en lui présentant des images pénibles, des visions affreuses et qui le rend incapable de se raisonner: mais *formido*, l’épouvante, exprime directement un état de l’âme, ὀῤῥωδία; *horror*, l’effroi, n’exprime que la manifestation de cet état lorsqu’il se révèle par des cheveux qui se dressent, par des yeux égarés, etc., comme φρίϰη. Tac. H. IV, 46. *Metus* per omnes ac præcipua Germanici militis *formido*. La crainte partout, l’épouvante au plus haut chez les troupes de Germanie.

Vereri. Revereri. Venerari. Colere. Observare. Adorare. Admirari. Suspicere. 1. *Vereri* et *revereri*, avoir du respect; *venerari*, témoigner du respect. Tac. Ann. XIV, 13. *Venerationem sui*, les respects qu’on lui rendrait; comparez avec *matris reverentia*, le respect que lui inspirait sa mère.

2. *Vereri* marque la considération poussée jusqu’à la crainte et à la timidité; *revereri*, la crainte et la timidité inspirées par la considération. Dans *vereri*, c’est la crainte; dans *revereri*, la considération qui est l’idée principale. *Verecundia* signifie la peur de se mettre dans son tort vis-à- vis d’une personne que l’on considère; *reverentia*, la conviction intime que le mérite de la personne justifie cette peur.

3. *Venerari* ne s’emploie (du moins dans Cicéron) qu’en parlant des honneurs qu’on rend aux dieux ou à des êtres supérieurs; *observare* se dit de ceux qu’on rend aux hommes; *colere*, des deux. Cic. Rep. I, 12. Ut... Africanum ut *deum coleret* Lælius, domi vicissim Lælium *observaret* in parentis loco Scipio. Lélius honorerait comme un dieu Scipion l’Africain; à Rome, Scipion à son tour aurait pour Lélius toutes les attentions qu’on a pour un père. Le *venerans* ne vise qu’à exprimer le respect qu’il doit, et à détourner de lui par son humilité la colère des dieux; le *colens* vise par des complaisances, des services et des égards de toute sorte, à gagner la faveur de quelqu’un et à en retirer des fruits comme d’un champ cultivé. La *veneratio* se marque surtout par la prière, le *cultus* par le sacrifice; la *veneratio* est un acte isolé, passager, le *cultus*, une manifestation permanente de respect. Tac. H. I, 10. Vespasianus... Titum filium ad *venerationem* *cultum*que (Galbæ) miserat, c’est-à-dire que Titus devait présenter au nouvel empereur l’hommage de Vespasien et rester à la cour.

4. *Observare* comparé à *colere* donne à la pensée un tour indirect et se dit des égards auxquels on ne manque pas, par opposition à la négligence; mais il ne suit point de là que l’un des deux termes soit plus fort et l’autre plus faible. *Colere* s’entend de démonstrations palpables, *operam*; *observare*, d’attentions délicates, *pietatem*, et c’est tantôt aux unes, tantôt aux autres qu’on attache le plus de prix.

5. *Adorare*, terme général pour toute espèce de culte rendu aux dieux; la *veneratio* tend à se restreindre aux gestes, la *precatio* aux formules.

6. *Reveremur* validas auctoritates; *admiramur* raras virtutes; *suspicimus* excellentia dignitate. Nous respectons l’autorité, nous admirons la vertu, nous levons les yeux vers les grandeurs. Je me représente d’ailleurs le *reverens* dans un état de crainte silencieuse; l’*admirans*, dans un enthousiasme bruyant ou du moins visible; le *suspiciens*, sous les traits d’une personne étonnée qui sent humblement sa propre infériorité. *Revereri* se rapporte particulièrement à une supériorité morale; *admirari*, à une supériorité intellectuelle et morale; *suspicere*, à une supériorité quelconque, même de hasard.

Vernalis. Vernilis. *Vernaliter* contient un éloge: avec l’adresse et la prestesse d’un serviteur bien appris et zélé; il est synonyme de *sedulo*. *Verniliter* contient un blâme: d’une manière ignoble et commune qui sent l’esclavage; il est synonyme de *serviliter*; mais *verniliter* se rapporte à la grossièreté des façons, comme rustiquement; *serviliter*, à la bassesse des sentiments, comme servilement.

—Verres, v. *Sus*. —Versutus, v. *Astutus*. —Versicolor, v. *Varius*.

Vertere. Torquere. Convertere. Invertere. Pervertere. 1. *Vertere*, tourner ou retourner, c’est-à-dire remuer un objet pour lui donner une autre position ou une autre place, τρέπειν; *torquere*, tourner dans le sens de mouvoir autour d’un point fixe ou d’un axe, στρέφειν.

2. *Convertere* signifie 1º avec un sujet au pluriel: tourner tous à la fois, par exemple Cæs. B. C. I, 80. Ut pæne terga *convertant*, peu s’en faut qu’ils ne tournent le dos tous à la fois; 2º par rapport à l’achèvement de l’action: tourner tout à fait. *Invertere* veut dire seulement tourner à moitié, en sorte que l’objet prenne la position inverse et montre l’envers; enfin, *pervertere*, tourner en sorte que l’objet prenne une fausse position, soit hors d’usage, ou perdu, mettre sens dessus dessous.

—Verutum, v. *Missile*. —Vesanus, v. *Amens*.

Vestis. Vestitus. Vestimentum. Amictus. Amiculum. Cultus. Habitus. 1. *Vestis*, terme général qui signifie tantôt l’habillement entier, *vestitus*, tantôt une pièce de l’habillement, *vestimentum*. *Vestem mutare* veut dire prendre le deuil; *vestimenta mutare*, changer d’habits.

2. *Vestis* et *vestimentum*, vêtement qui couvre le corps par raison de nécessité ou de décence; *amictus* et *amiculum*, vêtement qu’on met par-dessus les autres pour avoir plus chaud ou pour se parer: *amictus*, tout l’habillement de dessus; *amiculum*, pièce détachée, surtout. Tac. G. 17. Feminæ sæpius lineis *amictibus* velantur, partemque *vestitus* superioris in manicas non extendunt. Les femmes portent plus souvent que les hommes des vêtements de dessus en lin, et il n’y a point de manches dans le haut de leur habillement.

3. *Cultus* et *habitus* expriment des idées plus complexes que *vestis*: *cultus* comprend tout ce qui se rattache à la mise, ceinture, chapeau, parures, armes; *habitus*, tout ce qui touche de près ou de loin à la toilette, propreté, coiffure, tenue. Suet. Cæs. 44. Dicam ea quæ ad formam et *habitum* et *cultum* et mores pertineant. Je vais esquisser son portrait et dire un mot de sa toilette, de sa mise, de ses mœurs. Cal. 52. *Vestitu* calceatuque cæteroque *habitu*. Dans son habillement, dans sa chaussure, dans toute sa toilette.

Vetare. Interdicere. *Vetare*, défendre au nom de la loi par opposition à *jubere*; *interdicere*, interdire en vertu des pouvoirs qu’on tient de sa charge par opposition à *addicere*, *permittere*.

—Veternus, v. *Antiquus*. —Vetula, v. *Anus*.

Vetus. Senex. Grandævus. Longævus. Senecta. Senectus. Senium. 1. *Vetus homo*, l’homme vieux à partir de la cinquantaine, par opposition à *juvenis*, l’homme jeune, comme γέρων; *senex*, le vieillard à partir de la soixantième année avec une idée accessoire de dignité, comme πρεσϐυτής: enfin *grandævus* et *longævus*, vieillard chargé de jours qui a dépassé la durée ordinaire de la vie, c’est-à-dire à partir à peu près de la quatre-vingtième année.

2. *Senecta*, la vieillesse au sens indifférent, comme degré de la vie; *senectus*, la vieillesse vénérable et expérimentée qui impose du respect et des égards; *senium*, le grand âge qui affaiblit, accable et qu’on peut regarder comme une infirmité.

—Vetus, vetustus, v. *Antiquus* et *Puer*. —Via, v. *Iter*. —Vibrare, v. *Librare*.