Manuel de synonymie Latine

Part 19

Chapter 193,498 wordsPublic domain

Studium. Benevolentia. Favor. Amor. Gratia. 1. *Studium* désigne ordinairement l’amour et l’attachement de l’inférieur pour le supérieur, du soldat pour son général, du sujet pour son souverain, du disciple pour son maître, du partisan pour son chef et son parti; *favor*, l’amour et la faveur du supérieur pour l’inférieur, du public pour un comédien, du peuple pour un candidat, du juge pour une des parties; enfin, *benevolentia*, l’amour et la bienveillance pour un égal. Dans Cic. Rosc. Com. 10. Quod *studium* et quem *favorem* secum in scenam attulit Panurgus? Quel zèle et quelle faveur quand Panurge entre en scène! il faut se représenter le public d’abord comme auditeur, puis comme juge de l’acteur. Orat. I, 21. Ego qui incensus essem *studio* utriusque vestrum, Crassi vero etiam *amore*. Moi qui étais tout feu dans mon zèle pour vous deux, dans mon amour pour Crassus.

2. *Studium*, *favor* et *benevolentia* expriment une inclination passagère occasionnée et limitée par les circonstances, calme ou même tiède; *amor*, un amour enraciné au fond de l’âme et voisin de la passion. Cic. Fam. I, 9. Nihil est quod *studio* et *benevolentia* vel potius *amore* effici non possit. Je ne sais rien que le zèle et la bienveillance ou plutôt l’amour ne soit capable d’accomplir. Att. V, 10. *Amores* hominum in te et in nos quædam *benevolentia*. L’amour qu’on te porte et une certaine bienveillance qu’on a pour nous.

3. *Favor*, faveur qu’on accorde, par opposition à *invidentia*; *gratia*, faveur dont on jouit, par opposition à *invidia*.

Stupidus. Brutus. Bardus. Stultus. Fatuus. Stolidus. *Stupidus*, *brutus* et *bardus* sont des termes exclusivement négatifs qui marquent un défaut d’intelligence: *stupidus*, celui de l’homme qui comprend difficilement, qui est épais, ἀναίσθητος; *brutus*, celui de la brute et de l’homme qu’un vice d’organisation ravale au niveau de la brute, qui n’entend rien, qui est dépourvu de raison, ϐλὰξ, idiot; *bardus*, celui de l’homme qui ne comprend qu’avec lenteur, qui n’a aucun talent, ϐραδὺς, lourd. *Stultus*, *fatuus* et *stolidus* expriment une qualité positive de l’esprit qui a des idées fausses et qui juge de travers: *stultus*, un défaut de sagesse pratique qui est de la déraison, μωρὸς, sot, par opposition à *prudens*; *fatuus*, un défaut de bon sens qui est de la puérilité, comme nigaud; *stolidus*, un défaut de convenance et de modération qui est de la grossièreté, comme impertinent. Liv. XXV, 19. Id non promissum magis *stolide* quam *stulte* creditum. Promesse impertinente, sotte crédulité.

Suavis. Dulcis. *Suavis* s’entend, comme ἡδὺς, d’une odeur agréable, et au figuré d’un attrait qui se fait suivre; *dulcis* s’entend, comme γλυϰὺς, d’une saveur agréable, et au figuré d’un charme qui entraîne; il sert à renchérir sur *suavis* dans Plin. Ep. V, 8, 10. Hæc vel maxima vi, amaritudine, instantia; illa tractu et *suavitate* atque etiam *dulcedine* placet. L’historien ne plaît guère que par la force, l’austérité, la chaleur; l’orateur plaît par l’abondance, l’agrément et la grâce. Plin. H. N. XV, 2732. *Dulce* et pingue et *suave*. Le lait, qui n’est point précisément un corps gras, ne flatte que médiocrement l’odorat et la langue.

—Suavium, v. *Osculum*. —Sublime, v. *Anima* et *Altus*. —Subito, v. *Repente*. —Suboles, v. *Stirps*.

Succensere. Irasci. Indignari. Stomachari. *Succensere*, garder rancune, et *ægre*, *graviter*, *moleste*, *difficiliter ferre*, prendre en mal, expriment un mécontentement contenu; *irasci*, *indignari* et *stomachari*, un mécontentement qui éclate. La colère, *ira*, porte l’empreinte de la passion; elle a soif de vengeance; l’indignation, *indignatio*, offre l’image du sentiment moral qui se soulève ou se révolte; elle proclame sa désapprobation ou son mépris; l’emportement, *stomachatio*, est la marque d’un tempérament irritable, la bile déborde, la mauvaise humeur se fait jour, on est bruyant et querelleur. L’*iratus* se présente sous les traits d’un ennemi, il inspire de la crainte; l’*indignabundus*, sous ceux d’un juge, il impose; le *stomachans*, sous ceux d’un maniaque, il est ridicule.

—Sudes, v. *Fustis* et *Stipes*. —Suffragium, v. *Sententia*. —Sulcus, v. *Porca*. —Suffugium, v. *Perfuga*.

Sumere. Capere. Prehendere. Accipere. Excipere. Recipere. Suscipere. Recuperare. 1. *Sumere*, se munir d’un objet pour s’en servir, comme αἱρεῖν; *capere*, s’en saisir pour le posséder, comme λαϐεῖν; enfin, *prehendere*, mettre la main dessus pour en être physiquement maître. Cic. Phil. XII, 7. Saga *sumpsimus*, arma *cepimus*. Nous avons pris des habits de guerre, nous avons saisi nos armes.

2. *Accipere*, recevoir ce qu’on nous offre, δέχεσθαι, on y met de l’empressement; *excipere*, accueillir ce qui vient à nous, ce que nous attendions, ὑποδέχεσθαι; *recipere*, prendre sous sa protection, par générosité; *suscipere*, prendre un fardeau sur soi, entreprendre par dévouement. L’*accipiens* prend dans la main, l’*excipiens* dans les bras, le *recipiens* sur son cœur, le *suscipiens* sur les bras ou sur le dos.

3. *Recipere*, recouvrer sans qu’il en coûte de la peine; *recuperare*, regagner par ses efforts. Liv. XLII, 53. Urbem *recipit*, par une simple occupation. Comparez XXVI, 39. Urbe *recuperata*, par conquête.

Summus. Supremus. *Summus*, marque le plus haut degré d’élévation dans un sens indifférent, ce n’est qu’une question de lieu, ἄϰρος, par opposition à *imus*; *supremus*, terme poétique et pompeux, contient une idée accessoire de sublimité, comme ὕπατος, par opposition à *infimus*.

Sumptus. Impensæ. *Sumptus*, dépense qui ébrèche la fortune et le capital, voisine de la prodigalité; *impensæ*, dépenses qui servent à atteindre un but et qui tiennent du sacrifice.

—Superare, v. *Vincere*.

Superbia. Arrogantia. Fastus. Insolentia. La *superbia* met les autres au-dessous d’elle par contentement de soi-même, elle ne voit dans leurs qualités que des reflets de ses propres mérites, c’est l’orgueil par opposition à l’humilité; l’*arrogantia* veut se prévaloir aux dépens des autres d’avantages ou de priviléges qui ne lui appartiennent point, c’est l’arrogance opposée à la modestie; le *fastus* repousse les hommes, comme s’ils n’étaient pas dignes d’entrer en relation avec lui, c’est l’air superbe par opposition à la simplicité; l’*insolentia* abuse grossièrement de sa supériorité pour humilier le faible, c’est la hauteur par opposition à l’humanité et à la générosité. Le *superbus* veut éclipser les autres; l’*arrogans*, empiéter sur eux; le *fastosus* les méprise; l’*insolens* les bafoue.

—Superesse, v. *Restare*. —Supplementum, v. *Complementum*. —Supplicare, v. *Rogare*. —Supremus, v. *Summus*. —Surripere, v. *Demere*. —Surculus, v. *Rami*.

Sus. Verres. Scrofa. Porcus. *Sus*, terme général, nom du cochon en histoire naturelle, ὗς; *verres*, *scrofa*, *porcus*, termes d’économie rurale: *verres*, verrat; *scrofa*, truie; *porcus*, jeune porc ou goret. Le mot *sus* contient une idée accessoire de malpropreté; le mot *porcus*, de graisse et d’embonpoint.

—Suscipere, v. *Sumere*. —Suspicere, v. *Vereri*.

Suspirare. Gemere. *Suspirare*, soupirer, s’entend d’une aspiration profonde et d’une forte expiration, à la suite d’un serrement de cœur; *gemere*, gémir, tient plus de la volonté, on donne de l’air à une poitrine oppressée. Un soupir, *suspirium* exprime la gêne; un gémissement, *gemitus*, la douleur. Cic. Att. II, 21. Cum diu occulte *suspirassent*, postea jam *gemere*, ad extremum vero loqui omnes et clamare cœperunt. A des soupirs longtemps étouffés succèdent les gémissements, puis enfin, un concert de plaintes et de cris.

—Sustinere, sustentare, v. *Ferre*.

T

—Taberna, v. *Deversorium*. —Tacere, taciturnus, v. *Silere*. —Tæda, v. *Fax*. —Tæter, v. *Teter*. —Talio, v. *Vindicta*. —Tabulæ, v. *Axes*. —Tædet, v. *Piget*. —Talea, v. *Rami*. —Tardare, v. *Manere*.

Tardus. Lentus. *Tardus*, marque la lenteur qui perd du temps par opposition à *citus*; *lentus*, celle qui prend ses aises et marche à pas comptés, par opposition à *acer*.

Tellus. Terra. Solum. Humus. *Tellus*, la terre considérée comme un tout, comme le centre du monde, comme une déesse, par opposition à d’autres corps célestes ou à d’autres divinités, γαῖα, γῆ; *terra*, comme matière et élément par opposition aux autres éléments, γαῖα, γῆ; *solum*, comme l’élément solide opposé particulièrement à l’eau, πέδον; enfin *humus*, comme la partie la plus basse du monde visible par opposition à la région de l’air. Les désinences des dérivés *terrenus* opposé à *igneus*, *solidus* à *fluidus*, *humilis* à *sublimis*, correspondent à ces différentes significations.

—Temetum, v. *Vinum*. —Tempestas, v. *Ventus*. —Temperatio, v. *Modus*.

Templum. Fanum. Delubrum. Ædes. Sacellum. 1. *Templum*, *fanum* et *delubrum*, le temple avec le terrain consacré qui l’entoure, ἱερόν; *ædes*, l’édifice même, ναός; enfin, *sacellum*, emplacement consacré, sans édifice, avec un simple autel.

2. Au sens restreint *templum*, temple monumental d’une grande divinité; *fanum* et *delubrum*, temple modeste d’un dieu inférieur ou d’un héros.

—Tempus, v. *Dies*. —Tenebræ, v. *Obscurum*. —Temulentus, v. *Ebrius*.

Tenere. Habere. Possidere. *Tenere*, tenir dans sa main, c’est la possession physique; *habere*, avoir en son pouvoir, c’est la possession de fait; *possidere*, avoir en propriété, c’est la possession de droit. Plin. Ep. I, 16. *Tenet*, *habet*, *possidet*. Saturninus m’attache, me domine, me possède.

Tentare. Periclitari. Experiri. Periculum. Discrimen. 1. *Tentare* et *periclitari*, faire une tentative pour s’éclairer: *tentare*, avec le désir de s’instruire, en prenant de la peine, c’est un essai; *periclitari*, avec courage, en méprisant le danger qu’il peut y avoir, c’est une épreuve; *experiri*, acquérir des lumières par cette tentative, c’est une expérience.

2. *Periculum*, le danger considéré dans sa durée; *discrimen*, comme un simple point dans le temps, comme le moment critique et le point culminant du *periculi*. Liv. VI, 17. In ipso *discrimine* *periculi* destituat. Abandonner au plus fort de la crise.

—Tenuis, v. *Exilis*. —Tergum, v. *Dorsum*. —Terere, v. *Lævis*.

Tergus. Cutis. Pellis. Vellus. *Tergus* et *cutis*, couverture extérieure des chairs à l’état de membrane nue et lisse: *tergus*, peau grossière des animaux recouvrant une chair tendre et bonne à manger, le cuir δέρμα; *cutis*, peau fine de l’homme protégeant la chair vive et sensible, χρώς. *Pellis* et *vellus*, peau avec sa garniture: *pellis*, peau garnie de poils ou *pili*, fourrure, δορά; *vellus*, peau laineuse, garnie de flocons ou *villi*, toison, μαλλός. On dit en parlant des hommes, *cutem*; des éléphants, serpents, etc., *tergora*; des lions, chèvres, chiens, etc., *pelles*; des brebis, *vellera*. Juven. X, 192. Deformem pro *cute* *pellem*. Une peau fine autrefois, pleine à présent de rides et de poils.

—Termes, v. *Rami*. —Terminare, terminus, v. *Finire* et *Finis*.

Teter. Fœdus. Turpis. Deformis. *Teter*, *tæter*, ce qui nous paraît odieux parce qu’il trouble notre sécurité en nous inspirant de la crainte ou en nous donnant des frissons, à peu près comme effroyable, épouvantable, ϐλοσυρός; *fœdus*, parce qu’il offense la nature, parce qu’il excite en nous du dégoût ou de l’horreur, comme affreux, μιαρός; *turpis*, parce qu’il offense le sens moral ou les convenances en provoquant notre désapprobation ou notre mépris, par opposition à *honestus*, *gloriosus*, comme laid, honteux, αἰσχρός; *deformis*, parce qu’il blesse le goût et déplaît, par opposition à *formosus*, comme mal fait, δυσειδής. Cic. Off. I, 34. Luxuria cum omni ætate *turpis*, tum senectuti *fœdissima* est. La débauche honteuse à tout âge est affreuse dans la vieillesse. Rep. II, 26. Tyrannus quo neque *tetrius* neque *fœdius*... animal ullum cogitari potest. Un tyran, l’être le plus effroyable, le plus affreux que l’imagination puisse concevoir. Vatin. 3. Quanquam sis omni *diritate teterrimus*. Quoique ta dureté fasse de toi un effroyable personnage. Vell. P. II, 69. In Vatinio *deformitas corporis* cum *turpitudine* certabat ingenii. Chez Vatinius la difformité allait de pair avec la turpitude.

—Tesca, v. *Solitudo*. —Tetricus, v. *Austerus*. —Tignum, v. *Trabes*. —Timere, timor, v. *Vereri*. —Titubare, v. *Labare*. —Tolerare, v. *Ferre*. —Tormentum, v. *Cruciatus*. —Torquere, v. *Vertere*. —Torridus, v. *Aridus*. —Torvus, v. *Atrox*. —Totus, v. *Quisque*.

Toxicum. Venenum. Virus. *Toxicum*, terme d’histoire naturelle, poison, sans idée accessoire; *venenum*, liqueur ou potion empoisonnée qui peut être douce et séduisante; *virus*, liqueur ou breuvage malfaisant et repoussant. Liv. II, 52. Tribuni plebem agitare suo *veneno*, agraria lege. Le peuple que travaille le poison préparé par les tribuns, la loi agraire. Comparez Cic. Læl. 23. Evomat *virus* acerbitatis suæ. Qu’il vomisse le venin de sa misanthropie.

Trabes. Tignum. *Trabes*, *trabs*, poutrelle longue et mince qui se rapproche de la perche; *tignum*, poutre courte et épaisse qui se rapproche de la bille. Un radeau se compose de *trabibus* et non point de *tignis*; au contraire, les pièces de charpente destinées à servir de supports dans une construction se composent de *tignis* et non point de *trabibus*, car ce dernier terme désigne de préférence les traverses supportées. Cæs. B. C. II, 9. Supra eum locum duo *tigna* transversa injecerunt, quibus *suspenderent* eam contignationem, supraque ea *tigna* directo transversas *trabes* injecerunt, easque axibus religaverunt. Ils jetèrent par-dessus deux poutres[1] qui se croisaient à angle droit et qui devaient supporter la plate-forme, sur les poutres un grillage de poutrelles[2] reliées par des ais[3].

—1 Sablières. —2 Longrines et traverses. —3 Voliges.

—Tractus, v. *Locus*. —Trames, v. *Iter*. —Tragulum, v. *Missile*. —Tranquillus, v. *Quies*.

Trans. Uls. Ultra. *Trans* et *uls*, de l’autre côté, πέραν, par opposition à *cis*; ce sont des prépositions qu’on n’accentue pas et qui servent simplement à distinguer un côté de l’autre, elles appartiennent à la même classe que *super*: *trans*, est le terme usuel; *uls* a vieilli, il est tombé en désuétude. *Ultra*, au delà, πέρα, par opposition à *citra*; on appuie sur le mot pour donner une haute idée de l’éloignement de cet autre côté au delà duquel il faut chercher l’objet, c’est une particule de la même classe que *supra*. La séparation exprimée par *ultra* fait songer à une frontière, la séparation exprimée par *trans* à un obstacle. Tac. Germ. 29. Protulit magnitudo populi Romani *ultra* Rhenum *ultra*que veteres terminos imperii reverentiam... Non numeraverim inter Germaniæ populos, quamquam *trans* Rhenum Danubiumque consederint, eos qui decumates agros exercent. La grandeur du peuple romain a porté au delà du Rhin et au delà des vieilles bornes le respect de son autorité... Je ne compte point parmi les peuples de la Germanie, quoiqu’établis de l’autre côté du Rhin et du Danube, ceux qui cultivent les champs soumis à la dîme.

—Transfuga, v. *Perfuga*.

Transversus. Obliquus. *Transversum*, perpendiculaire, ce qui se dirige à angles droits à partir d’un point donné sur une droite; *obliquum*, oblique, ce qui s’éloigne du même point en faisant un angle aigu ou obtus.

—Tribuere, v. *Impertire*. —Troicus, troius, v. *Achivi*. —Truculentus, v. *Atrox*. —Truncare, v. *Mutilare*. —Trux, v. *Atrox*. —Tristitia, v. *Dolor*. —Trucidare, v. *Interficere*. —Trudis, v. *Fustis*. —Truncus, v. *Stirps*.

Tueri. Defendere. *Tueri* ne suppose qu’un danger possible, comme protéger, par opposition à *negligere*; *defendere*, suppose une attaque, comme défendre, par opposition à *deserere*. Les mineurs ont des protecteurs ou tuteurs, *tutores*, les accusés des défenseurs, *defensores*. Le *tuens* fait preuve de sollicitude et d’amour en cherchant à prévenir le danger; le *defendens*, de courage et de force en faisant face au danger. Sen. Tranq. 11. Neque ille solum militat qui in acie stat et dextrum lævumque *cornu defendit*; sed et qui *portas tuetur*. Le nom de soldat n’est pas exclusivement réservé à celui qui tient ferme à son rang de bataille et qui défend l’aile droite ou l’aile gauche; il convient également à celui qui garde les portes.

Tum. Tunc. *Tum*, adverbe qui correspond à *is*, comme en ce temps-ci; *tunc*, adverbe qui correspond à *ille*, comme en ce temps-là.

—Tumere, v. *Turgere*. —Tumulus, v. *Collis*. —Turba, v. *Caterva*.

Turbæ. Tumultus. Seditio. Secessio. Deficere. Desciscere. 1. *Turbæ* et *tumultus*, désordres de police: *turbæ*, attentatoires au bon ordre; *tumultus*, à la tranquillité publique. *Seditio* et *secessio*, mouvements politiques par suite d’une différence d’opinions nette et tranchée, de principes contradictoires: *seditio*, quand l’union vient seulement d’être troublée et que la lutte des partis se passe encore en paroles; *secessio*, quand on a renoncé à tout espoir de conciliation et que les partis sont en présence prêts à se battre ou qu’ils ont du moins rompu tout commerce.

2. Les *seditiosi* et les *secedentes* sont citoyens et membres d’une communauté libre dont ils troublent seulement l’union; les *deficientes* et *desciscentes* violent un contrat en qualité de sujets qui se soulèvent ou d’alliés qui font défaut: *deficere*, terme général, présente la défection par son côté moral, comme une désertion qui provient d’infidélité, d’hésitation et de lâcheté; *desciscere*, par son côté politique, comme un changement de principes et de système.

—Turbo, v. *Ventus*.

Turgere. Tumere. *Turgere*, exprime une augmentation de volume qui tient à un excès de force et d’abondance, comme σπαργᾷν, σφριγᾷν; *tumere*, contient l’idée du néant et du vide déguisés sous l’enflure, comme οἰδᾷν. On appelle les voiles *turgida* lorsque le vent qui les gonfle est considéré comme un corps réel, capable en effet de les remplir, et *tumida*, lorsqu’on ne veut voir dans le même vent que de l’air, un air qui n’est rien et qui paraît seulement remplir les voiles.

—Turio, v. *Rami*. —Turpis, v. *Teter*.

Tutus. Securus. Incuriosus. 1. *Tutus* se rapporte à la réalité de la chose et s’entend de celui qui est en sûreté, comme ἀσφαλής; *securus* se rapporte à la persuasion de l’esprit et s’entend de celui qui se croit en sûreté. Au sens réfléchi, *tutus* arrive à exprimer l’idée de prévoyance, et *securus* celle d’imprévoyance par euphémisme. Sen. Ep. 97. *Tuta* scelera esse possunt, *secura* non possunt. Le crime peut être en sûreté, mais il ne possède jamais la sécurité. Cependant, comme il n’existe point de substantif tiré de *tutus*, *securitas* se prend aussi par catachrèse dans le sens de sûreté.

2. *Securus*, *securitas* expriment l’absence d’inquiétude et de soucis comme un état de l’âme, c’est la sécurité, ἀμέριμνος, par opposition à *sollicitus*; *incuriosus*, *incuria*, expriment le manque de soin et d’attention, au point de vue pratique, comme insouciant, ὀλίγωρος, par opposition à *cura*. Sen. Ep. 100. Fabianus non erat *negligens* in oratione, sed *securus*. Il y avait dans les discours de Fabianus un air je ne dis pas de négligence, mais d’assurance.

U

—Uber, v. *Fœcundus*.

Udus. Uvidus. Humidus. Aquosus. Madidus. 1. *Uvidum* et *udum*, ὑγρὸν, humide, dans tout le sens du mot, ce qui est entièrement composé d’eau ou d’un autre liquide, en réalité, en apparence, ou encore par hyperbole, *humore constans*; *humidum* et *humectum*, humide au sens restreint, ce qui est seulement imprégné de parties aqueuses, humore mixtum. Sen. N. Q. II, 25. Dicis nubes attritas edere ignem cum sint *humidæ*, imo *udæ*. Tu dis qu’il sort du feu des nuages qui sont chargés ou plutôt composés d’eau. *Udus*, qui a pour opposés *sudus* et *solidus*, est synonyme d’*aquanus* dans Tertullien; mais *humidus*, qui a pour opposé *aridus*, est synonyme d’*aquosus*, à cette différence près qu’en employant *aquosus*, on se représente encore le sec et l’humide comme distincts; ils existent l’un à côté de l’autre, tandis qu’en employant *humidus*, on se les représente comme mélangés et confondus. *Pratum aquosum* signifierait une prairie où il y a des mares et des étangs; mais *pratum humidum*, une prairie arrosée.

2. *Udus* n’est qu’une contraction d’*uvidus*; *humectus* n’est que le participe d’*humidus*. Pacuv. ap. Varr. Terra exhalabat auroram *humidam*, *humectam*. La terre exhalait une vapeur humide, chargée d’eau.

3. *Humidus*, *humens* se rapporte, comme humide. à la constitution intérieure du corps; *madidus*, *madens*, μυδαλέος, ruisselant, ne se rapporte qu’à l’extérieur et à la surface du corps, par opposition à *siccus*. Cic. Phil. XIV, 3. *Imbuti* sanguine gladii legionum exercituumque nostrorum, vel *madefacti* potius duobus consulum, tertio Cæsaris prælio. L’épée de nos légions et de nos armées est trempée dans le sang; elle a ruisselé de sang dans les deux combats livrés par les consuls, dans le troisième combat livré par César. *Imbuere*, causatif d’*imbibere*, se rapporte, en effet, à l’humidité qui pénètre à l’intérieur; *madefieri*, à celle qui s’amasse au dehors et qui peut provenir indifféremment de deux causes, savoir d’un trop-plein au dedans ou de la nature imperméable d’une surface.

—Ulcus, v. *Vulnus*. —Uligo, v. *Lacuna*.

Ulna. Lacertus. Brachium. Cubitus. *Ulna*, le bras entier, depuis l’épaule jusqu’à la main, servant à mesurer l’aune; *lacertus*, le haut du bras, depuis l’épaule jusqu’au coude; *brachium*, l’avant-bras; *cubitus*, le pli entre deux, le coude.

—Uls, ultra, v. *Trans*. —Ultio, v. *Vindicta*. —Ultimus, v. *Extremus*. —Ultro, v. *Præterea* et *Sponte*. —Umbrosus, v. *Obscurum*.

Una. Simul. *Una*, ensemble, dans le même lieu, ὁμοῦ; *simul*, à la fois, dans le même temps ou le même instant, ἅμα.

—Unctus, v. *Delibutus*.

Uncus. Hamus. *Uncus*, grand crochet comparable à une ancre; *hamus*, petit crochet comparable à un hameçon.

—Uncus, v. *Curvus*. —Unicus, v. *Eminens*. —Unda, v. *Aqua*. —Universus, unusquisque, v. *Quisque*. —Usque, v. *Semper*. —Usura, v. *Fœnus*. —Usurpare, v. *Uti*.

Uterque. Ambo. Utervis. Uterlibet. 1. *Uterque*, chacun des deux, s’applique à un tout dans lequel on distingue deux unités, comme ἑϰάτερος; *ambo*, tous les deux, à un tout dans lequel on distingue deux moitiés, comme ἄμφω. Cic. Finn. II, 7. Hic, qui *utramque* probat, *ambobus* debuit uti. Puisqu’on admet les deux points de fait, on devrait les représenter tous les deux par un terme spécial. Ter. Ad. I, 2, 50. Curemus æquam *uterque* partem; tu alterum, ego item alterum; nam *ambos* curare proреmоdum reposcere illum est quem dedisti. Prenons chacun une part égale de la tâche; garde Ctésiphon, moi Eschine. T’occuper ainsi de tous les deux, c’est presque me redemander celui que tu m’as donné. La différence de construction est visible dans Cic. Muren. 18, 37. Duæ res in prætura desideratæ sunt, quæ *ambæ* in consulatu Murenæ profuerunt... *Horum utrumque* ei fortuna ad consulatus petitionem reservavit. Deux choses manquèrent à Muréna dans la demande de la préture; et toutes deux l’ont merveilleusement servi quand il a sollicité le consulat... La fortune lui réservait chacun de ces deux avantages dans ses démarches pour le consulat. Et Orat. III, 26. A *quibus utrisque* submittitur aliquid. Le poëte et le compositeur sacrifient chacun à la simplicité.

2. *Uterque* et *ambo* sont copulatifs et se décomposent en *unus* et *alter*; l’attribut est nécessairement commun; *utervis*, celui des deux que vous voudrez, et *uterlibet*, celui des deux qu’il vous plaira, sont disjonctifs et se décomposent en *unus vel alter*; l’attribut est commun par accident. Ter. Andr. Prol. 10. Qui *utramvis* recte norit, *ambas* noverit. Il suffit de posséder une de ces deux pièces de Ménandre, celle que vous voudrez, pour les posséder toutes les deux.