Part 18
—Scelus, v. *Delictum*. —Scientia, v. *Cognitio*. —Scipio, v. *Fustis*. —Scitus, v. *Sapiens*. —Scopuli, v. *Saxum*. —Scrobs, v. *Specus*. —Scrupulus, v. *Saxum*. —Schola, v. *Ludus*. —Scindere, v. *Findere*. —Sciscitari, v. *Rogare*. —Scobina, v. *Lima*. —Scropha, v. *Sus*. —Scrutari, v. *Quærere*.
Scutum. Clypeus. Parma. *Scutum*, grand bouclier qui couvre l’homme entier, σάϰος; *clypeus* et *parma*, bouclier de grandeur moyenne et de forme ronde, ἀσπίς: *clypeus*, pour l’infanterie; *parma*, pour l’infanterie et la cavalerie; enfin, *pelta*, petit bouclier en forme de demi-lune; *cetra*, petit bouclier de cuir. Liv. IX, 19. Macedonibus *clupeus*... Romano *scutum*, majus corpori tegumentum. Les Macédoniens ont le bouclier rond, les Romains le grand bouclier droit, qui couvre bien mieux le corps. XXXI, 36. *Cetratos*, quos *peltastas* vocant, in insidiis abdiderat. Il avait mis en embuscade une troupe de ces soldats qui portent de petits boucliers de cuir et qu’on appelle ordinairement peltastes.
—Scyphus, v. *Poculum*. —Secessio, v. *Turbæ*. —Secreta, v. *Arcana*. —Securis, v. *Ascia*. —Securus, v. *Tutus*.
Sedes. Sedile. Sella. *Sedes*, siége offert par la nature, ἕδος; *sedile* et *sella*, meuble fait pour s’asseoir: *sedile*, quelle que soit la forme, chaise ou banc, mobile ou à demeure, ἕδρα; *sella*, de forme déterminée, chaise ou fauteuil, θρόνος.
—Seditio, v. *Turbæ*. —Segnitia, v. *Ignavia*. —Semita, v. *Iter*. —Semo, v. *Numen*.
Semper. Usque. *Semper*, toujours et éternellement, sans restriction ni limite, au sens absolu; *usque*, toujours, mais dans des limites déterminées, au sens relatif, *usque dum*, *donec*, etc.; on le rencontre sans complément dans les poëtes, par exemple: Hor. Sat. I, 9, 19. *Usque* sequar te. Je te suivrai jusqu’au bout.
—Sempiternus, v. *Continuus*. —Senecta, senectus, senium, v. *Vetus*. —Senex, v. *Puer* et *Vetus*. —Sensim, v. *Paulatim*.
Sententia. Opinio. Suffragium. 1. *Sententia*, manière de voir fondée sur ce qu’on sait clairement, conviction acquise, γνώμη; *opinio*, opinion fondée sur un simple sentiment, δόξα.
2. *Sententia*, vote motivé du sénateur, etc., γνώμη; *suffragium*, simple suffrage qui se réduit à un oui, à un non ou à un nom propre, ψῆφος.
—Sentes, v. *Dumi*. —Sentire, v. *Intelligere*.
Seorsum. Separatim. *Seorsum*, à part, pour empêcher de tomber dans le domaine commun, avec une idée accessoire de secret; *separatim*, séparément, pour prévenir la confusion, avec une idée accessoire d’ordre.
Sepelire. Condere. *Sepelire* et *condere* s’entendent de la cérémonie funèbre prise dans toute son étendue; c’est conduire un mort à sa dernière demeure, avec plus ou moins de pompe, qu’on ait ou non commencé par brûler les restes: *sepelire* est le terme propre et technique; *condere*, le terme général et euphémique. *Humare*, mettre en terre; c’est le dernier acte des funérailles, par opposition à *cremare*.
Sera. Claustrum. Pessulus. Repagulum. Obex. *Seræ* et *claustra*, serrures: *sera*, serrure mobile, cadenas; *claustrum*, serrure fixe. *Pessuli*, *repagula* et *obices*, verrous qui tiennent lieu de serrures: *pessulus*, petit verrou pour les *fores*; *repagulum*, grand verrou pour les *valvas*, et *obex* pour les *portas*.
Series. Ordo. *Series*, série, succession mécanique, accidentelle d’objets de même nature et de même espèce; *ordo*, suite, enchaînement nécessaire, conçu comme tel, de choses qui vont ensemble par destination. *Series* exprime une notion mathématique; *ordo*, une idée morale.
Serius. Severus. *Severus* se prend au sens actif, on ne plaisante pas; *serius* a le sens neutre et s’entend de ce qui ne saurait être un sujet de plaisanterie. *Severe* veut dire gravement; *serio*, sérieusement. *Severus* se joint, comme épithète, à des noms de personnes; *serius*, à des noms de choses. Hor. A. P. 107. Decent vultum *severum* *seria* dictu. Un rôle grave ne souffre que des propos sérieux. Sen. Tranq. 15. Nihil magnum, nihil *severum* nec *serium* quidem ex tanto apparatu putat. Tout compte fait, il ne reste à ses yeux rien de grand, rien de grave ni même de sérieux sur ce vaste théâtre du monde. *Severus* s’oppose à *hilaris*, à *remissus*, à *luxuriosus*; *serius*, à *jucundus*, *jocosus*, et *serio*, à *joco*, *per jocum*. Tout cela n’empêche pas qu’on ne rencontre à la place de *serius* le positif *severus* et surtout le comparatif *severior*, le superlatif *severissimus*, le substantif *severitas*, parce que la langue latine n’a point tiré de *serius* des formes correspondantes.
Sermo. Colloquium. Oratio. *Sermo*, conversation qui a lieu par hasard ou du moins sans but déterminé et sérieux; *colloquium*, entretien prémédité qui roule sur un point convenu.
2. *Sermo*, discours familier; *oratio*, discours travaillé et conforme aux règles de l’art. Qu’une personne prenne et conserve un certain temps la parole dans une compagnie, c’est un *sermo*; on ne doit guère qu’au hasard de ne pas être interrompu; mais l’*oratio* a une étendue déterminée, un commencement, un milieu et une fin; on compte qu’on ne sera pas interrompu. Le langage de la vie commune est celui qui règne dans le *sermo*, soit en prose, soit en vers, comme chez les comiques et dans les *Sermonibus* d’Horace; dans l’*oratio*, c’est une langue choisie et savante. Cic. Orat. 19. Mollis est *oratio* philosophorum et umbratilis... Itaque *sermo* potius quam *oratio* dicitur. Les discours des philosophes ont un fond de douceur et un goût de retraite. Ils méritent plutôt le nom de causeries que celui de discours. Tac. H. I, 19. Apud senatum non comptior Galbæ, non longior... *sermo*; Pisonis comis *oratio*. Qu’il fût au sénat ou à l’armée, Galba ne mettait ni plus de façon ni plus de temps à ses discours; Pison soignait fort les siens.
—Sermo, v. *Lingua*. —Servilis, v. *Vernalis*. —Serpens, serpere, v. *Repere*.
Servus. Famulus. Mancipium. Minister. Ancilla. Servitus. Servitium. 1. *Servus*, *ancilla*, *famulus* et *mancipium*, personne qui n’est point libre, esclave; *minister*, serviteur libre, subalterne. Plin. Ep. X, 97. *Ancillæ* quæ ministræ dicebantur. Des femmes esclaves qu’on appelait des servantes. Il s’agit des réunions des chrétiens.
2. *Servus*, l’esclave au sens politique et légal, comme soumis au joug, par opposition à *dominus*, δοῦλος et δμώς; *famulus*, au sens patriarcal, comme membre et partie de la famille, par opposition à *herus*, οἰϰέτης; enfin, *mancipium*, au sens économique, comme propriété et marchandise, ἀνδράποδον.
3. *Serva*, la femme esclave, quand il s’agit de faire ressortir l’état légal; *ancilla*, la femme esclave dans la vie ordinaire, comme féminin usuel de *servus*.
4. *Servitus*, l’esclavage, au sens indifférent, comme une condition régulière, naturelle, légale; *servitium*, comme un état extraordinaire, violent, honteux, avec une idée de mépris ou de compassion. Mais la plupart des prosateurs n’emploient, comme terme abstrait, que *servitus*, et ils se servent de *servitium*, particulièrement de *servitia*, comme d’un terme concret en lieu et place de *servi*.
Severitas. Gravitas. Strenuitas. *Severitas*, la gravité qui tient à la manière de penser et de juger; *gravitas*, celle qui impose aux gens; *strenuitas*, celle qui paraît dans les actions.
—Severus, v. *Austerus* et *Serius*. —Sica, v. Gladius. —Sicarius, v. *Homicida*. —Sidus, v. *Stella*. —Siccus, v. *Aridus*. —Signum, v. *Imago*.
Silere. Tacere. Reticere. Obticere. 1. *Silere*, ne faire aucun bruit, σιωπᾷν, par opposition à *strepere*; *tacere*, ne dire mot, se taire, σιγᾷν, par opposition à *loqui*, *dicere*. Le composé *reticere* signifie se taire quand on a quelque chose à dire et qu’on le garde pour soi, par opposition à *eloqui*, *proloqui*; le composé *obticere*, *obticescere*, rester muet en face d’une personne qui adresse une question ou qui attend une explication, par opposition à *respondere*. Cic. Harusp. 28. Sed tamen facile *tacentibus* cæteris *reticuissem*. Il m’eût été facile d’être discret, si les autres avaient su se taire.
2. *Tacens* et *tacitus* présentent le silence comme un état temporaire: *tacens* se dit de toute personne qui ne parle point; *tacitus*, de celle qui, ayant sujet de parler, à dessein ne parle point et observe un silence significatif; *taciturnus* marque une qualité habituelle, comme silencieux et taciturne.
Silva. Saltus. Nemus. Lucus. *Silva*, forêt en général, abondante en arbres qui fournissent du bois, ὕλη; *saltus*, forêt considérée comme un lieu sauvage, bois de montagnes, νάπη; *nemus*, comme un lieu agréable, bocage, parc; *lucus*, comme un lieu saint, bois consacré aux dieux, ἄλσος, ἄλτις.
—Simpuvium, v. *Poculum*. —Simul, v. *Una*. —Simulatio, v. *Imitatio*. —Sinere, v. *Ferre*. —Simulacrum, v. *Imago*. —Simultas, v. *Odium*. —Singularis, v. *Eminens*. —Singuli, v. *Quisque*.
Sinister. Lævus. Ils s’entendent tous les deux du côté gauche. *Sinister* est le terme usuel et prosaïque, comme ἀριστερός; *lævus*, le terme choisi et poétique, comme σϰαιός. Au figuré *sinister* est le symbole de la défaveur et de la mauvaise chance; *lævus*, celui de la perversité et de la maladresse.
—Sinus, v. *Gremium*.
Sistere. Inhibere. Statuere. *Sistere* et *inhibere*, rendre immobile, arrêter: *sistere*, en parlant d’un être qui vit et qui court; *inhibere*, d’un objet inanimé qui a été mis en mouvement. *Statuere*, fixer à demeure, établir sur un pied solide.
—Situm esse, v. *Cubare*. —Situs, v. *Lutum*. —Societas, v. Fœdus
Socius. Sodalis. Sociennus. Amicus. Familiaris. Particeps. Consors. 1. *Socii*, gens unis pour agir en commun par des intérêts mutuels, compagnons, etc.; *sodales* et *socienni*, ἑταῖροι, pour jouir en commun de la vie, parce qu’ils se plaisent mutuellement, camarades: *sodalis*, terme noble; *sociennus*, terme comique. *Socius* se joint à un génitif qui marque le but de l’association ou *sociatio*; *sodalis*, à un génitif ou à un adjectif possessif qui désigne l’autre *sodalis*: *socius periculi*, *culpæ*, mais *sodalis meus*.
2. *Sodalis*, camarade avec lequel on a des rapports de société et surtout des rapports agréables; *amicus*, ami avec lequel on fait échange des sentiments sacrés de l’amour et de l’estime; *familiaris*, ami intime avec lequel on n’a qu’un cœur et qu’une âme, étant lié pour les affaires frivoles comme pour les affaires sérieuses.
3. Le *socius rei* travaille ou souffre avec un autre; le *particeps* et le *consors* partagent une jouissance ou une possession: le *particeps*, par une intervention volontaire, par opposition à *expers*, comme μέτοχος; le *consors*, parce qu’il lui échoit une part, par opposition à *exsors*. Cic. Balb. 28. Fuit hic multorum illi *laborum socius* aliquando; est fortasse nunc nonnullorum *particeps commodorum*. Il a été à plusieurs reprises le compagnon de ses nombreux travaux; peut-être veut-il bien partager à présent quelques avantages avec lui. L’associé à l’empire est un *socius imperii*, en ce sens qu’il aide à expédier les affaires du gouvernement; c’est un *consors*, en ce sens qu’il a dû être appelé à cette dignité.
—Socordia, v. *Ignavia*. —Sodalis, v. *Socius*.
Solemnia. Feriæ. Dies festi. Festa. *Solemnia*, les fêtes considérées comme des institutions solennelles et périodiques; *feriæ*, comme des jours de repos et de délassement; *festa*, ou en prose *dies festi*, comme des jours de joie.
Solere. Consuevisse. Adsolere. 1. *Solere* s’emploie à propos d’événements et de toute sorte d’actions, comme avoir coutume, φιλεῖν; *consuevisse* ne se dit que d’une action personnelle, comme être habitué, εἰωθέναι. Dans Liv. XXXVIII, 17. Hæc quibus *insolita* atque *insueta* sunt Græci timeant. Les Grecs ne sont ni accoutumés ni habitués aux maux qui les menacent: *insolitus* ne fait allusion qu’à la fréquence du fait; *insuetus* marque qu’il faut que le sujet soit actif, soit passif, se familiarise avec lui.
2. *Solet* se prend en bonne ou en mauvaise part; *assolet* contient un éloge et revient à *recte* ou *rite solet*.
—Solers, v. *Sapiens*. —Sollicitudo, v. *Cura*. —Sollicitare, v. *Lacessere*.
Solitudo. Vasta. Deserta. Tesca. *Solitudo* exprime la solitude d’un lieu dans un sens indifférent ou avec éloge; *vasta*, *deserta*, *tesca loca* se prennent en mauvaise part: *vasta loca*, lieux sans culture, par opposition à *culta*; *deserta*, espaces inhabités, par opposition à *habitata*; et *tesca*, *tesqua*, désert où règne un silence effrayant, par opposition à *celebria loca*.
Solum. Fundus. Vadum. Fundamentum. *Solum*, *fundus* et *vadum*, base et fond naturel: *solum*, le sol sur lequel on a le pied ferme, par opposition aux éléments mobiles, à l’air, à l’eau; *fundus*, fond d’un vase, par opposition au reste de l’espace que le vase enferme; *vadum*, fond d’un cours d’eau, d’un lac, de la mer, par opposition à l’eau qui coule ou porte dessus. *Fundamentum*, fondement, base artificielle sur laquelle repose un édifice, etc., et qui n’est pas moins nécessaire que le sol même, *solum*, lorsqu’il s’agit d’élever une construction. On dit proverbialement: Omnis res jam in *vado* est, couler une affaire, à fond, par une métaphore empruntée d’un nageur qui atteint le fond de l’eau; mais: Largitio *fundum* non habet: Profusion n’a pas de fond, par une métaphore empruntée au tonneau des Danaïdes. Cic. Brut. 74. *Solum* et quasi *fundamentum* oratoris vides. Tu as sous les yeux le sol et même le fondement sur lequel bâtit l’orateur.
—Solum, v. *Tellus*.
Somnus. Sopor. Somnium. Insomnium. 1. *Somnus*, terme usuel, prosaïque; *sopor*, terme choisi, poétique, pour désigner le sommeil. *Sopor* n’a en prose que la signification causative: c’est une drogue ou une influence soporifique; ce n’est point un profond sommeil.
2. *Somnium*, le rêve, en prose, ὄναρ; *insomnium*, en poésie, ἐνύπνιον.
—Sonitus, v. *Fragor*. —Sopor, v. *Somnus*. —Sospes, v. *Salvus*. —Spatiari, v. *Ambulare*. —Spectare, v. *Videre*. —Sons, v. *Culpa*. —Sordes, v. *Lutum*. —Sparsi, v. *Passi*. —Species, v. *Figura*.
Spectrum. Mostellum. Manes. Lemures. Ces quatre termes se disent également d’un esprit qui revient après la mort. Ils diffèrent en ce que *spectrum* renferme l’idée d’une apparition surnaturelle; *mostellum*, celle d’une apparition effrayante; *manes*, celle d’un esprit bienfaisant; *lemures*, d’un esprit taquin.
—Speculator, v. *Explorator*.
Specus. Caverna. Antrum. Spelunca. Spelæum. Fovea. Scrobs. 1. *Specus* et *caverna*, cavités soit souterraines, soit au niveau du sol, sorte de termes génériques, par rapport à *antrum*, *spelunca* et *spelæum*, cavités à ouverture verticale qui pénètrent dans une montagne, et à *scrobs*, *fovea* et *favissa*, fosses à ouverture horizontale qui s’enfoncent sous terre.
2. *Specus*, crevasse à ouverture longitudinale; *caverna*, trou à ouverture ronde.
3. *Spelunca*, caverne, au sens physique, avec allusion à son obscurité et à son aspect effrayant; *antrum*, grotte, au sens esthétique, avec allusion à son aspect pittoresque et à sa fraîcheur; enfin, *spelæum*, mot d’origine étrangère qui ne se trouve que chez les poëtes, tanière et repaire des bêtes.
4. *Fovea*, fosse qu’on laisse ouverte ou qu’on recouvre pour servir de magasin et surtout de piége pour prendre une bête sauvage; *scrobs*, fosse que l’on comble sur-le-champ et qu’on ne creuse que pour mettre quelque chose en terre, comme un plant d’arbre ou un cadavre.
—Sperare, v. *Vereri*.
Spernere. Contemnere. Despicere. Aspernari. Recusare. Fastidire. Negligere. 1. *Spernimus* rejicienda, fugienda, ut libidines. Nous dédaignons ce qu’il convient de rejeter ou d’éviter, comme les caprices. *Contemnimus* magna, metuenda, ut pericula, mortem. Nous méprisons les maux qui effrayent par leur grandeur, comme les dangers et la mort. *Despicimus* infra nos posita, ut vulgi opiniones. Nous regardons de haut en bas ce qui est au-dessous de nous, comme les opinions du vulgaire (Lambin). En d’autres termes, *spernere*, *spernari*, *aspernari*, ne pas se soucier, par opposition à *appetere*, *concupiscere*, à peu près comme ἀποϐάλλειν; *contemnere*, et chez les poētes *temnere*, ne pas craindre, par opposition à *timere*, *metuere*, comme ϰαταφρονεῖν; enfin, *despicere*, *despectare*, ne faire aucun cas, par opposition à *suspicere*, *revereri*, *admirari*, comme ὀλιγωρεῖν.
2. *Spernere* présente le dédain sous l’aspect d’un sentiment qui se contient; il est synonyme de *parvi putare*, *negligere*, comme mépriser et dédaigner; *spernari* et *aspernari*, qui est plus usité, se disent de l’expression du dédain; ils sont synonymes de *recusare*, *abnuere*, *rejicere*, comme repousser. L’idée saillante est dans *spernere* celle du peu d’estime; dans *aspernari*, celle de l’aversion. *Spernere* se rapporte à un objet qu’il ne tiendrait qu’à nous de posséder; *aspernari*, à un objet qui nous est offert ou imposé.
3. *Aspernari*, avouer son aversion sans pousser les choses plus loin; *recusare*, protester et refuser irrévocablement. Curt. VI, 6, 7. Principes *aspernantes* quidem, sed *recusare* non ausos Persicis ornaverat vestibus. Les chefs, qui ne cachaient point leur aversion, mais qui n’osaient aller jusqu’à un refus, se virent parés par ses mains du costume persan.
4. Le *spernens* obéit à une antipathie qu’autorisent la morale et la raison; il a plus ou moins conscience des motifs qui lui font dédaigner quelque chose; le *fastidiens* obéit à une antipathie physique et instinctive, innée ou accidentelle, qui provient d’un accès de satiété ou de quelque cause analogue; enfin, le *negligens* n’obéit ni aux suggestions de la raison ni à celles de l’instinct et du sentiment: il agit sans penser ni vouloir.
—Sphæra, v. *Globus*. —Spica, v. *Culmus*. —Spiritus, v. *Anima*. —Spissus, v. *Angustus*. —Splendere, v. *Lucere*. —Spolia, v. *Præda*. —Spoliare, v. *Vastare*. —Spondere, v. *Polliceri*.
Sponsor. Vas. Præs. *Sponsor*, caution en général, garantissant n’importe quoi; *vas* et *præs*, caution judiciaire ou légale: *vas*, celui qui s’engage à faire comparaître en justice le demandeur ou le défendeur; *præs*, celui qui fournit une caution exigée par l’État.
Sponte. Ultro. Sua sponte. Voluntate. Libenter. 1. *Sponte*, de soi-même; *ultro*, soudainement. *Sponte* se rapporte à l’impulsion qui fait agir; *ultro*, à l’effet. Liv. X, 19. Orare ne collegæ auxilium, quod acciendum *ultro* fuerit, sua *sponte* oblatum sperneretur. On le prie de ne point dédaigner le secours de son collègue, qu’il aurait dû demander par une résolution soudaine et qu’on lui offrait de bon cœur. *Sponte accusare* veut dire être porté de soi-même à intenter une accusation; *ultro accusare*, aller jusqu’à prendre le rôle d’accusateur lorsqu’on devrait s’estimer heureux de n’être pas accusé soi-même. Cette expression elliptique *ultro accusavit* s’explique donc par la phrase complète: Haud contentus non accusari ab altero *ultro* etiam progressus est, ut ipse accusaret alterum, ou *ultro* progressus accusavit alterum.
2. *Sponte*, de propos délibéré, s’oppose à *casu*, à *necessitate*; *sua sponte*, par sa propre impulsion et par cette impulsion seule, αὐτομάτως, à *rogatus*, *provocatus* ou *invitatus*.
3. *Sponte* et *spontaneus*, ἑϰὼν et ἑϰούσιος, présentent une action volontaire et libre comme une affaire d’intelligence; *voluntate* et *voluntarius*, ἐθελοντὴς, comme une affaire de volonté, par opposition à *invite*; enfin, *libenter* et *libens*, ἄσμενος, comme une affaire de sentiment, par opposition à *tædio*.
—Squalor, v. *Lutum*. —Statim, v. *Repente*. —Statua, v. *Imago*. —Statuere, v. *Destinare* et *Sistere*. —Status, v. *Conditio*. —Stagnum, v. *Lacuna*.
Stella. Astrum. Sidus. *Stella*, toute étoile prise à part dans le nombre immense des globes que contient l’univers, ἀστήρ; *astrum*, chacun des grands corps lumineux qui sont au ciel, le soleil, la lune et les principales étoiles distinguées par un nom propre, ἄστρον; enfin, *sidus*, assemblage d’étoiles, constellation et même, à cause de la parenté qu’il y a entre les idées de foule et de grandeur, étoile de première grandeur, astre, τέρας, τείρεα. *Astrum* et *stella*, étoiles, au sens physique, comme des corps célestes lumineux; *sidus*, au sens astronomique et astrologique, comme des météores dont l’apparition possède un sens et exerce de l’influence sur les affaires de ce monde. Sen. Helv. 9. Dum *ortus siderum*, occasus intervallaque et causas investigare velocius meandi vel tardius, spectare tot per noctem *stellas micantes* liceat. Pourvu qu’on me permette d’observer le lever des constellations, leur coucher, leurs distances, les causes qui accélèrent ou retardent leur marche, d’arrêter mes regards sur cette foule d’étoiles qui brillent dans le cours de la nuit.
—Stercus, v. *Lutum*. —Stimulare, v. *Pungere*. —Stilla, v. *Gutta*. —Stipator, v. *Satelles*.
Stipes. Vallus. Palus. Sudes. *Stipes* et *vallus*, gros pieu, poutre ou pilotis qui ne peut être enfoncé qu’à l’aide d’un mouton: *stipes*, bon à différents usages, à la guerre et ailleurs; *vallus*, façonné tout exprès pour servir de palissade. *Palus* et *sudes*, menu pieu, perche ou branche, facile à enfoncer: le *palus* s’emploie à toute sorte d’usages, comme pieu de haie, surtout comme piquet, échalas ou tuteur; le *sudes* sert spécialement par la pointe, comme palis, pique ou javelot.
—Stipula, v. *Culmus*. —Stiria, v. *Gutta*.
Stirps. Genus. Gens. Prosapia. Posteritas. Progenies. Proles. Suboles. 1. *Stirps*, *genus* et *gens*, qui sont des termes abstraits et collectifs par rapport à *majores*, désignent ordinairement la race ou la ligne ascendante; *prosapia*, *progenies*, *propago*, *proles*, *suboles*, la lignée ou la ligne descendante, ce sont des termes abstraits et collectifs par rapport à *posteri*.
2. *Prosapia*, terme archaïque et pompeux qui n’est d’usage qu’en parlant de familles d’une antique noblesse; *posteritas*, terme usuel, prosaïque; *progenies*, terme choisi, noble; *proles* et *suboles*, termes poétiques: *proles* présente les enfants comme des fruits nouveaux, comme une jeune génération destinée à vivre à côté de l’ancienne; *suboles*, comme des rejetons destinés à remplacer la génération qui s’en va.
3. *Gens*, famille politique; *genus*, famille naturelle. La *gens* se compose de familles que le fondateur de l’État a réunies en communauté ou en association; le *genus*, d’espèces et d’individus qui, en vertu de leurs caractères communs, appartiennent à une seule et même classe.
Stirps. Truncus. *Stirps*, la tige ou partie essentielle par laquelle l’arbre vit et se conserve, par opposition aux branches et aux feuilles considérées comme des excroissances et des dépendances; *truncus*, le tronc, partie nue et sèche, par opposition aux branches, aux feuilles, à la couronne qui servent de parure à l’arbre. Il correspond au tronc du corps humain.
—Stolidus, v. *Stupidus*. —Stolo, v. *Rami*. —Stomachari, v. *Succensere*.
Strabo. Pætus. *Strabo*, celui qui louche par nature, infirmité ou mauvaise habitude; *pætus*, celui qui fait des yeux louches à dessein et par espièglerie.
—Strages, v. *Ruina*. —Strenuitas, v. *Severitas*. —Strepitus, v. *Fragor*. —Strues, v. *Acervus*.