Part 17
—Reperire, v. *Invenire*. —Repetere, v. *Iterum*.
Reprehensio. Vituperatio. *Reprehensio*, blâme destiné à corriger, à ramener dans la bonne voie, remontrance, μέμψις; *vituperatio*, blâme destiné à servir de châtiment, à reprocher une faute à celui qui l’a commise, réprimande, ψόγος. La *reprehensio* a son opposé dans la *probatio*, la *vituperatio* dans la *laudatio*.
—Repudiare, v. *Negare*.
Repudium. Divortium. *Repudium*, renvoi de la fiancée ou de l’épouse du chef du mari futur ou actuel; *divortium*, dissolution du mariage ou divorce en forme fondé sur un consentement réciproque, à la suite duquel chacune des deux parties tire de son côté. La formule du *repudii* était: Conditione tua non utor; celle du *divortii*: Res tuas tibi habeto. On dit *repudium* mittere, remittere, renunciare, dicere alicui, mais *divortium* facere cum aliqua.
—Requies, v. *Quies*.
Requirere. Desiderare. *Requirere*, réclamer, par un mouvement de l’esprit qui voit le côté utile des choses; *desiderare*, regretter, par un mouvement du cœur qui s’attache avec amour et sympathie. Le *requirens* a des prétentions, il espère qu’on fera droit à sa réclamation; le *desiderans* choie un désir et en attend l’accomplissement du cours des choses, de la fortune. Cic. Famm. VII, 26. Magis tuum officium *desiderari*, quam abs te *requiri* putavi meum. On est plus porté selon moi à regretter ton intervention que tu ne l’es à réclamer la mienne.
—Reri, v. *Censere*. —Reserare, v. *Aperire*.
Respectum. Rationem habere. *Respectum habere*, tenir compte de quelque chose par la pensée et par la réflexion, juger digne d’attention; *rationem habere*, en tenir compte dans sa conduite et dans ses mesures, comme d’un moyen qui peut concourir à conduire au but.
Restare. Superesse. *Restare* modifie l’idée exprimée par rester en y associant celle d’une tâche qui n’est point achevée; *superesse*, en y associant celle d’une réserve qui n’est point épuisée. Cic. Cat. III, 10. Cum hostes vestri tantum civium *superfuturum* putassent, quantum infinitæ cædi *restitisset*. Quand vos ennemis avaient réduit dans leur calcul le surplus des citoyens à ce qui échapperait au massacre général. Hor. Sat. I, 9, 28. Nunc ego *resto*, confice. C’est moi qui vais te servir à présent de victime, achève.
—Restaurare, v. *Instituere*. —Restis, v. *Laqueus*. —Restituere, v. *Instituere*.
Rete. Cassis. Plaga. *Retia*, rets, terme général pour les filets de pêche et de chasse; *casses* et *plagæ*, engins réservés à la chasse: *casses*, filets destinés à s’emparer du petit gibier qui y entre comme dans un sac; *plagæ*, à s’emparer du gros gibier qui s’y empêtre. Hor. Ep. 2, 32. Aut trudit acres... apros in obstantes *plagas*, aut amite levi rara tendit *retia*. Il pousse l’impétueux sanglier vers les rets qui lui barrent le passage, il tend au bout d’une perche légère des filets déliés.
—Reticere, v. *Silere*. —Reterare, v. *Aperire*. —Revereri, v. *Vereri*. —Retinacula, v. *Laqueus*.
Reverti. Revenire. Redire. *Reverti* et *revenire*, pris au propre, marquent des actions qui ne durent qu’un moment: *reverti*, opposé à *proficisci*, celle qui consiste à se retourner pour revenir sur ses pas; *revenire*, opposé à *advenire*, celle qui consiste à rattraper le point d’où on était parti. *Redire*, opposé à *porro ire*, s’entend de toute la durée de l’action comprise entre ces deux extrêmes, comme revenir. Cic. Att. XVI, 7. p. m. Quam valde ille *reditu* vel potius *reversione* mea lætatus effudit ille omnia quæ tacuerat. Dans le transport qu’il éprouvait à me voir revenir ou plutôt faire le premier pas pour revenir, il épancha tout ce qu’il n’avait jamais voulu dire.
Ridere. Cachinnare. Renidere. Subridere. Irridere. Deridere. 1. *Ridere* et *cachinnare* se disent d’un rire qu’on entend: *ridere*, d’un rire gai et modéré, comme γελᾷν; *cachinnare*, d’éclats de rire immodérés et discordants, comme ϰαγχάζειν. *Subridere* et *renidere* désignent un sourire qu’on peut bien voir, mais non pas entendre: *subridere*, un sourire espiègle ou satirique; *renidere*, amical ou mielleux, μειδιᾷν. Cic. Tusc. IV, 31. Si *ridere* concessum sit, vituperatur tamen *cachinnatio*. On nous permet de rire, mais on nous reprocherait de rire aux éclats.
2. *Deridere* s’entend, comme ϰαταγελᾷν, d’un rire moqueur considéré comme un trait d’orgueil et de mépris; on rit du haut de sa grandeur; *irridere*, comme un trait d’insolence ou de malignité; on rit à la barbe des gens, ἐγγελᾷν. Cic. Orat. III, 14. Istos omnes *deridete* atque contemnite. Riez dédaigneusement de tous ces gens-là et méprisez-les. N. D. II, 3. Claudius etiam per jocum deos *irridens*. Claudius, qui osait plaisanter et rire à la barbe des dieux.
—Rimari, v. *Quærere*.
Ripa. Littus. Ora. Acta. 1. *Ripa*, bord d’une rivière, ὄχθη; *littus*, *ora*, *acta*, bord de la mer. Mela. III, 9. *Oras* ad Eurum sequentibus nihil memorabile occurrit; vasta omnia vastis præcisa montibus ripæ potius sunt quam *littora*. Le rivage suivi dans la direction de l’est n’a rien de remarquable; des espaces arides coupés par des montagnes nues font songer aux bords d’un torrent et ne rappellent guère les bords de la mer. Vitruv. II, 9, 14. Circa *ripam* fluminis Padi et *littora* maris Adriatici. Au bord du Pô et sur les côtes de l’Adriatique.
2. *Littus*, bord conçu comme une ligne qui sépare la terre de la mer, ἠιὼν et ῥηγμὶν, la côte; *ora* et *acta*, comme un espace et une zone qui s’étend le long de la mer, le rivage, ἀϰτὴ et αἰγιαλός: *ora*, au sens géographique, comme terre riveraine, par opposition à l’intérieur des terres; mais *acta*, au sens esthétique, celui d’un rivage qui offre des paysages charmants et un séjour agréable. Liv. XXIV, 8. Classem paravimus ut Africæ *oram* popularemur, ut tuta nobis Italiæ *littora* essent. Nous avons équipé une flotte: c’est pour dévaster le rivage de l’Afrique et pour mettre à l’abri de toute insulte les côtes de l’Italie, Plin. Ep. V, 6, 2. Gravis et pestilens *ora* Tuscorum, quæ per *littus* extenditur. Il y a en Toscane, le long de la côte, une zone malsaine et empestée. On trouve *littoris* *ora*, c’est-à-dire *ora per littus extensa*. Prudent. contr. Symm. IV, 136. Invenit expositum secreti in *littoris* *acta*. Il le trouve exposé dans un enfoncement sur une côte retirée. Cic. Famm. IX, 6. Ea tractes quorum et usus et delectatio est omnibus illis *actis* et voluptatibus anteponenda. Faites-vous des occupations utiles et attrayantes, préférables à tous les paysages, à tous les plaisirs qu’on demande aux bords de la mer. C’est un mot emprunté au grec que Tacite préfère remplacer, H. III, 76, par la périphrase *amœna littorum*.
—Ritus, v. *Consuetudo*. —Rixa, v. *Disceptatio*. —Robustus, v. *Validus*. —Rivalitas, v. *Imitatio*. —Robur, v. *Potentia*.
Rogare. Orare. Obsecrare. Obtestari. Precari. Supplicare. 1. *Rogare* et *orare* se disent d’une demande, d’une requête; on exprime tranquillement un désir: le *rogans* se sent l’égal de celui auquel il s’adresse et ne veut qu’une complaisance, comme l’αἰτῶν; l’*orans* reconnaît la supériorité de l’autre et demande un bienfait, comme le δεόμενος. *Obsecrare* et *obtestari* expriment une requête passionnée, comme conjurer: l’*obsecrans* est vif, comme le λιπαρῶν; l’*obtestans* est pressant. Cic. Att. XVI, 16. Igitur, mi Plance, *rogo* te atque etiam *oro*. Oui, mon cher Plancus, c’est une demande et même une requête. Pseudocic. Red. 16. Pro mea vos salute non *rogavit* solum, verum etiam *obsecravit*. Il ne vous a pas demandé, il vous a adjurés de me sauver.
2. *Precari* se dit d’une prière faite avec calme en levant les mains au ciel, comme εὔχεσθαι; *supplicare*, d’une invocation passionnée, comme ἱϰετεύειν; on se jette à genoux ou par terre, on se tord les mains. Mais *precor* se dit aussi par hyperbole de toute sollicitation, et *supplicare*, de toute humble requête adressée à des hommes. Cic. Parad. V, 3. Noctu venire domum ad eum, *precari*, denique *supplicare*. Aller le trouver la nuit dans sa maison, prier, supplier.
Rogare. Interrogare. Percontari. Sciscitari. *Rogare*, *interrogare* et *quærere*, faire des questions: *rogare*, en comptant sur une réponse, on veut savoir; *interrogare*, en espérant une réponse, on souhaite de savoir. *Percontari* et *sciscitari*, presser de questions: *percontari*, par envie de s’instruire, d’un ton sérieux et posé, il s’agit de s’éclairer; *sciscitari*, avec un air de curiosité, d’indiscrétion, de précipitation, de finesse; il s’agit de se renseigner.
—Rogare, v. *Petere*. —Rudis, v. *Fustis*. —Rudentes, v. *Laqueus*.
Ruina. Strages. *Ruina*, écroulement de matériaux superposés avec ordre, dont la base vient à céder; *strages*, chute d’un corps qui se tenait debout et qu’un choc renverse. Liv. IV, 33. *Strages* *ruinæ* similis. Un abatis qui ressemble à un écroulement.
Rumor. Fama. *Rumor*, bruit ou nouvelle qui se propage par des voies incertaines, obscures, clandestines, par opposition à la certitude; *fama*, tradition que répand la voix publique, par opposition à ce qu’on sait pour l’avoir vu de ses propres yeux. Le bruit, *rumor*, intéresse par sa nouveauté; c’est un sujet de curiosité, il passe avec la génération au milieu de laquelle il est né; la tradition, *fama*, intéresse par son importance; elle entre dans le domaine de la science et se transmet comme un héritage à la postérité.
—Rumpere, v. *Frangere*. —Rursus, v. *Iterum*. —Rupes, v. *Saxum*. —Rus, v. *Villa*.
Rus. Ager. Rusticus. Agrestis. Rusticanus. 1. *Rus*, la campagne, par opposition à la ville, le village avec sa banlieue; *ager*, la campagne, par opposition à une localité quelconque, les champs. Cels. Med. 1. Sanum oportet... modo *ruri* esse, modo in urbe, sæpiusque in *agro*. Il faut, pour se porter bien, vivre tantôt à la campagne, tantôt à la ville, surtout aux champs.
2. *Rusticus*, ἀγροῖϰος, celui qui habite le village; *agrestis*, ἄγριος, celui qui a grandi aux champs, en sauvage, comme *ferus*: le terme est cependant plus doux, car *ferus* exprime directement la sauvagerie comme faisant le fond du caractère, et *agrestis* en rappelle seulement l’idée par la désignation du séjour ou de l’origine.
3. Transportant ces termes aux qualités de l’esprit, *rusticus* désigne plutôt la grossièreté intellectuelle; *agrestis*, la grossièreté morale. *Rusticus* s’entend, comme champêtre, de la timidité et de la simplicité; il se rapproche dans le bon sens de l’innocence et dans le mauvais de la gaucherie; *agrestis* marque, comme rustique, l’effronterie et la bassesse; il ne se prend jamais en bonne part, il confine à la *feritas*. Le *rusticus* (opposé *urbanus*) ne blesse que les conventions du savoir-vivre; l’*agrestis* (opposé *humanus*) blesse les lois naturelles de la décence.
4. Quand Cicéron veut adoucir encore l’idée exprimée par *rusticus* et prévenir toute équivoque, il emploie de préférence *rusticanus*. *Rusticus* désigne alors le paysan qui naît, vit et meurt au village; *rusticanus*, le citadin que les circonstances y relèguent. On peut ranger parmi ces derniers les provinciaux, *municipes*, en qualité de *rusticorum similes*.
S
Sabulo. Harena. Sabura. *Sabulo*, et dans Pline *sabulum*, le sable considéré comme une espèce de terre légère; *harena*, *arena*, comme une terre sèche, pierreuse, comme des parcelles ou de la poussière de pierre, par opposition à un sol fertile; enfin, *sabura*, *saburra* se rapporte particulièrement à l’usage qu’on fait du sable pour lester les vaisseaux.
—Sacellum, v. *Templum*.
Sacer. Sanctus. *Sacer*, sacré, s’entend, comme ἱερὸς, de ce qui est la propriété des dieux, par opposition à *profanus*; *sanctus*, saint, de ce qui est sous leur protection, à l’abri de toute souillure, pur et sans tache, par opposition à *pollutus*, comme ὅσιος. *Sanctus homo*, âme pure, agréable aux dieux; *sacer*, mortel maudit, dévoué aux dieux à titre de victime expiatoire. Et de même *sancire* signifie mettre sous la protection immédiate des dieux, en parlant, par exemple, de lois et de traités d’alliance; *sacrare*, dédier aux dieux, en parlant, par exemple, de temples et d’autels.
—Sacramentum, v. *Jusjurandum*.
Sacrare. Consecrare. Dicare. Dedicare. *Sacrare*, *consecrare*, mettre au nombre des choses saintes, on tient à marquer que tout usage profane de ces choses est et demeure retiré et interdit aux hommes; *dicare* et *dedicare*, consacrer, on tient à marquer qu’on attribue aux dieux la propriété de la chose. *Consecrare* peut s’employer absolument, mais *dedicare* exige qu’on nomme le nouveau propriétaire.
Sæpe. Crebro. Frequenter. Frequentare. Celebrare. 1. *Sæpe*, souvent, par opposition à *semel*, à *nonnunquam*, à *semper*, comme πολλάϰις; il s’agit de la répétition des mêmes actes en des temps différents; *crebro* et *frequenter*, fréquemment, par opposition à *raro*; il s’agit de la pluralité des objets ou des événements: *crebro*, coup sur coup et plutôt trop que trop peu, comme θαμά; *frequenter*, bien des fois. *Creber* se dit en général d’une multitude pressée et entassée; *frequens*, d’une foule nombreuse. *Frequens* contient un éloge, comme *largus*; *creber*, un blâme, comme *spissus*. Et on dit du sénat *frequentes senatores*, lorsqu’il s’agit de marquer qu’il est au complet; on emploierait *crebri*, si la place manquait à cause de la presse et si les sénateurs étaient à l’étroit sur leurs siéges.
2. *Frequentare*, visiter souvent un lieu, ne le point négliger; *celebrare*, le visiter souvent et le rendre par là animé et bruyant.
Sævitia. Crudelitas. *Sævitia*, cruauté sanguinaire du tyran qui a, comme la bête féroce, du plaisir à tuer et à faire souffrir, par opposition à *mansuetudo*; *crudelitas*, cruauté froide du juge ou du souverain qui applique la loi dans toute sa sévérité, par opposition à *clementia*.
—Sævus, v. *Atrox*. —Saltus, v. *Silva*. —Salsus, v. *Lepidus*. —Saluber, v. *Salus*.
Salus. Sanitas. Valens. Saluber. Sanus. Salutaris. 1. *Salus* marque en général la prolongation de l’existence, par opposition à *interitus*; *sanitas*, un état de bonne santé, par opposition à *ægritudo*; il s’entend du corps dans son acception primitive, de l’âme dans son acception usuelle.
2. *Sanus* et *valens*, qui approchent du sens d’*integer*, marquent un état sain, mais temporaire; *saluber* et *validus*, qui approchent du sens de *robustus*, un état sain et constant. *Salubris oratio*, langue saine par excellence, pleine d’une vigueur naturelle; *sana oratio*, langage sobre et réfléchi.
3. *Sanus* et *saluber* présentent la santé comme un état de bien-être; *valens* et *validus*, comme une faculté qui rend propre à l’action.
4. Au sens transitif, *saluber*, salubre, se dit de ce qui procure et conserve la santé, *sanitatem*, par opposition à *pestilens*, comme ὑγιεινός; *salutaris*, salutaire, de ce qui sauve et conserve la vie, *salutem*, par opposition à *pestiferus*, comme σωτήριος. Caton, dans Plin., H. N. XVIII, 6. Nihil *salutare* est nisi quod toto anno *salubre*. Le seul régime salutaire, c’est un régime salubre d’un bout de l’année à l’autre.
—Salus, v. *Vita*. —Salve, v. *Ave*. —Salutaris, v. *Salus*.
Salvus. Sospes. Incolumis. Integer. *Salvus* et *sospes*, σῶς, conservé et sauvé, par opposition à perdu: *salvus*, en langage ordinaire; *sospes*, dans le style élevé. *Incolumis* et *integer*, ἀσϰηθὴς, sain et sauf, entier, intact: *incolumis*, par opposition à une blessure, etc.; *integer*, par opposition à une insulte. Tac. H. I, 84. Mea cum vestra *salus* *incolumitate* senatus firmatur, c’est-à-dire notre salut dépend de ce qu’on ne touche pas à un seul cheveu du sénat. Et I, 66. Verba Fabii *salutem* *incolumitatem*que Viennensium commendantis: *salus* se rapporte au danger de mort, *incolumitas*, au danger du pillage. Cic. Dejot. 15. Sunt tuæ clementiæ monumenta... eorum *incolumitates* quibus *salutem* dedisti. La preuve la plus solide de ta clémence, c’est que les personnes qui te doivent leur salut n’ont pas souffert le moindre dommage.
—Sanare, v. *Mederi*. —Sanctus, v. *Sacer* et *Bonus*.
Sanguis. Cruor. Sanguineus. Sanguinolentus. Cruentus. 1. *Sanguis*, le sang qui circule dans le corps et qui entretient la vie, αἷμα; *cruor*, le sang qui coule ou qui a coulé du corps, ϐρότος. Cic. N. D. II, 55. *Sanguis* per venas in omne corpus diffunditur. Des vaisseaux distribuent le sang dans tout le corps. Comparez avec Rosc. Am. VII, 19. Ut *cruorem* inimici quam recentissimum ostenderet. Pour faire parade du sang encore tout frais versé de son ennemi. Tac. Ann. XII, 47. Mox ubi *sanguis* artus extremos suffuderit, levi ictu *cruorem* eliciunt atque invicem lambunt. Dès que le sang s’est porté aux extrémités, un coup léger le fait jaillir et chacun des deux lèche celui de l’autre. *Sanguis* est le principe de la vie physique, *cruor* le symbole du meurtre.
2. *Sanguineus*, qui se compose de sang; *sanguinolentus*, qui a l’odeur ou l’aspect du sang; *cruentus*, taché de sang.
Sanies. Pus. *Sanies*, pus liquide et dégoûtant; *pus*, rongeur et pernicieux.
—Sanitas, sanus, v. *Salus*.
Sapiens. Prudens. Callidus. Scitus. Solers. Cordatus. Catus. 1. *Sapiens*, celui qui, n’ayant que des intentions pures, choisit les bonnes routes et s’attache imperturbablement à les suivre; *prudens* et *callidus*, celui qui sait choisir les meilleurs moyens et s’en servir avec circonspection: *prudentia*, sagacité ou prudence naturelle qui fait le fond du caractère; *calliditas*, connaissance du monde et des hommes acquise et gagnée par l’expérience et la pratique. Cic. Fr. Scaur. 5. Hominis *prudentis natura*, *callidi usu*, doctrina eruditi. Un homme que la nature a doué de finesse, que l’expérience a mûri, à qui la science a tout appris.
2. *Prudens*, celui qui possède un coup d’œil juste et pratique, par opposition à *stultus*, comme perspicace; *scitus*, celui qui a du tact, de l’esprit naturel et du savoir-faire, comme avisé; *solers*, *sollers*, celui qui possède un génie pratique et inventif, comme ingénieux, par opposition à *iners*; *cordatus*, celui qui a un sens droit, par opposition à *excors*; *catus*, celui qui découvre et connaît des voies et des moyens secrets, comme délié.
Sapor. Gustus. Gustare. Libare. 1. *Sapor*, la saveur propre et particulière à un corps, par opposition à *odor*, etc.; *gustus* ou *gustatus*, la perception de cette saveur ou le sens du goût, par opposition à *olfactus*, etc. Sen. Ep. 109. Debet esse aptatus ad hujus modi *gustum*, ut ille tali *sapore* capiatur. Il faut être accoutumé au goût du miel pour en apprécier la saveur.
2. Le *libans* ne fait que porter les choses aux lèvres ou à la bouche; le *gustans* en perçoit la saveur et en distingue le goût. Ovid. Am. I, 4, 34. Si tibi forte dabit, quæ *prægustaverit* ipse, rejice *libatas* illius ore dapes. S’il arrive qu’il commence par goûter au morceau qu’il t’offre, rejette le mets qui a effleuré ses lèvres.
—Sarmentum, v. *Rami*. —Satiare, v. *Satis*.
Satelles. Stipator. *Satelles*, garde du corps considéré comme un mercenaire; *stipator*, comme un défenseur. Cic. Rull. II, 13. Ex equestri loco ducentos in singulos annos *stipatores* corporis constituit, eosdem ministros et *satellites* potestatis. Il tire tous les ans de l’ordre des chevaliers une compagnie de deux cents gardes qui deviennent les serviteurs et les satellites du pouvoir.
Satis. Affatim. Abunde. 1. *Satis* désigne, comme suffisamment et ἱϰανῶς, la juste mesure sans idée accessoire; *affatim* et *abunde* y ajoutent cette idée qu’il y a plutôt trop que trop peu; mais *abunde*, copieusement, ἅλις, se prend au sens absolu par rapport à la chose, il y a assez; *affatim*, ἀφθόνως, jusqu’à pleine satisfaction, se prend au sens relatif, par rapport à la personne, on en a assez. On peut avoir à son avis assez travaillé, *affatim*, sans que la quantité de travail soit suffisante et que ce soit *satis*. Cic. Att. II, 16. Puto enim me Dicæarcho *affatim* *satis* fecisse. Je me suis donné suffisamment de mal pour Dicéarque, et je trouve que c’est assez. Et XVI, 1. *Satis* est et *affatim* prorsus. Cela suffit très-amplement. Liv. IV, 22. Frumentum non necessitati *satis*, sed copiæ quoque *abunde* ex ante confecto sufficiebat. Les anciens magasins fournissaient du blé en suffisance, et même fort au-delà, en abondance.
2. *Satiare*, satisfaire, apaiser un besoin en général, la faim, un désir vif; *saturare*, apaiser une envie contre nature, manie, faim canine, haine, soif du sang.
Satis habere. Contentum esse. Boni consulere. Contentus. Æquus animus. 1. *Satis habere*, estimer suffisant, exprime un jugement: il n’y a point de passion qui soit en jeu et qui empêche d’apprécier la juste mesure; *contentum esse*, se contenter, exprime un sentiment: c’est une marque de modestie et d’empire sur soi-même; enfin, *boni consulere*, se déclarer satisfait, exprime un acte de volonté: on renonce à voir un vœu se réaliser, on s’accommode résolument de ce qui ne peut être évité. *Satis habere* se construit avec l’infinitif; *contentum esse*, avec l’ablatif ou avec *quod*.
2. *Contentus animus* marque un contentement relatif: on prend son parti d’une chose, on ne murmure point de ce que le bonheur reste incomplet; *æquus animus* exprime le contentement absolu: on se sent complétement satisfait et on n’aspire point à un état plus heureux.
—Satisfactio, v. *Purgatio*. —Saucius, v. *Vulnus*. —Saturare, v. *Satis*.
Saxum. Rupes. Cautes. Petræ. Scopuli. Lapis. Calculus. Scrupulus. 1. *Saxum*, *rupes* et *cautes*, grandes masses; *lapis*, *calx* et *scrupus*, petites masses de pierre. Plin. H. N. XXXVI, 22. Silex viridis ubi invenitur, *lapis*, non *saxum* est. Le jade vert est une pierre qu’on ne trouve qu’en morceaux, ce n’est point une roche.
2. *Saxa*, grandes masses de pierre de toute forme, πέτραι; *rupes* et *petræ*, masses de pierre escarpées et hautes, rochers qui peuvent être un obstacle; *cautes* et *scopuli*, masses de pierre pleines d’aspérités et de pointes, dangereuses, écueils: *cautes*, roches basses, invisibles sous l’eau, perfides; *scopuli*, écueils qui se dressent au-dessus des eaux, qui menacent, qui annoncent le danger, σϰόπελοι.
3. *Lapis*, terme général, la pierre comme matière, sans égard à sa forme, λίθος; *calculus*, pierre polie et ronde, galet; *scrupus*, *scrupulus*, pierre raboteuse et anguleuse, caillou; mais ce sens de *scrupus* n’a pour lui que l’autorité des grammairiens, et il ne se rencontre guère dans les auteurs qu’au sens figuré de scrupule.
Scandere. Adscendere. Escendere. Conscendere. Inscendere. *Scandere*, gravir une hauteur escarpée, grimper avec effort, en s’aidant des pieds et des mains. *Adscendere*, *escendere*, *conscendere* et *inscendere*, monter en général: *adscendere*, sans idée accessoire, simplement par opposition à *descendere*; *escendere*, escalader une hauteur qui sert de défense, comme un rempart, des murailles, ou encore monter en quelque lieu où l’on doit être en vue, comme une tribune aux harangues; *conscendere*, monter à plusieurs, par exemple, sur un vaisseau; *inscendere*, monter dans un lieu fermé, par exemple, dans une voiture.
—Scapha, v. *Navigium*.
Scelestus. Sceleratus. Nefarius. Nefandus. Impius. *Scelestus* se rapporte aux intentions, comme *ad scelera pronus* et *promptus*; *sceleratus*, aux actions, comme *sceleribus pollutus atque opertus*. C’est toujours l’adjectif *sceleratus* qui accompagne des termes physiques, comme *porta*, *campus*, *vicus*, porte, champ, quartier de ville où un crime a été commis, et en général des objets ne peuvent pas s’appeler *scelesta*, à moins d’être personnifiés. Et de même *nefarius* et *impius* ont trait à l’impiété de la personne, avec cette seule différence que la perversité: de l’*impius* éclate dans ses sentiments, celle du *nefarius* dans ses sentiments et ses actions; mais *nefandus* se rapporte exclusivement au caractère exécrable de l’action.