Part 16
Pridem. Diu. Dudum. Diuturnus. Diutinus. 1. *Pridem* marque un point dans le temps, une époque, comme il y a longtemps; *diu* et *dudum* marquent un espace, une période, comme depuis longtemps: *diu*, depuis bien des jours, des mois, des années; *dudum*, depuis plusieurs minutes ou plusieurs heures. *Jam pridem mortuus est* veut dire: il est mort il y a très-longtemps, c’est un aoriste; mais *jam diu mortuus est*: il est depuis longtemps dans la tombe, c’est un parfait. Cic. Cat. I, 1. Ad mortem te duci *jam pridem* oportebat; in te conferri pestem illam quam tu in nos omnes *jam diu* machinaris. Il y a longtemps que j’aurais dû te faire conduire au supplice et amasser sur ta tête tous les maux que tu nous prépares depuis longtemps. Tac. Ann. XV, 64. Seneca Statium Annæum *diu* sibi amicitiæ fide et arte medicinæ probatum orat, provisum *pridem* venenum promeret. Sénèque prie Statius Annæus, qui avait depuis longtemps sa confiance comme ami et comme médecin, de lui apporter le poison dont ils étaient autrefois convenus.
2. *Diuturnus* se dit d’une longue durée, soit indifféremment, comme de quelque chose de long, en général, soit par éloge, comme de quelque chose de durable et de solide, par opposition à ce qui passe vite, χρόνιος; *diutinus* exprime un blâme et se dit de ce qui pèse ou ennuie, comme αἰανός. Cic. Senect. 19. Nihil mihi *diuturnum* videtur, in quo est aliquid extremum. Une durée dont je vois le terme ne me paraît jamais longue. Comparez avec Famm. XI, 8. Libertatis desiderio et odio *diutinæ* servitutis. Par regret de la liberté et par haine d’un esclavage prolongé.
—Primordium, v. *Initium*.
Primores. Principes. Proceres. Optimates. *Primores* et *principes*, les personnages qui jouent un rôle dans l’État, la classe des citoyens influents et notables, par opposition à la foule: *primores*, ceux qui sont tout portés à cette hauteur par le privilége de la naissance, de la fortune et du rang; *principes*, ceux qui, par leur esprit, leurs talents politiques, leur activité, deviennent orateurs, chefs de parti, et s’élèvent aux premières places parmi les *primores* même et dans tout l’État. *Proceres*, les grands envisagés dans leur condition naturelle, comme noblesse, par opposition au commun du peuple; *optimates*, les mêmes grands considérés comme parti politique, comme aristocrates, par opposition aux démocrates. Accius dans Non. *Primores procerum* provocaret nomine. Nommer, en les défiant, les premiers personnages de la noblesse.
Primus. Princeps. Imperator. Cæsar. 1. *Primus*, le premier à paraître dans l’espace ou dans le temps, en sorte que les autres lui succèdent; *princeps*, le premier à faire une chose, celui dont les autres suivent l’exemple.
2. *Princeps*, l’empereur investi en matière civile de l’autorité suprême qui lui avait été insensiblement dévolue en sa qualité de prince du sénat, *princeps senatus*; *imperator*, l’empereur investi de la plus haute autorité militaire, personne, hors lui et les membres de sa famille, ne pouvant plus être proclamé *imperator*; enfin, *Cæsar*, l’empereur, comme membre, et à partir de Galba, comme simple successeur de la famille et de la dynastie de César.
—Principium, v. *Initium*. —Priscus, pristinus, v. *Antiquus*.
Privus. Proprius. Peculiaris. *Privus* se dit de la propriété de fait, par opposition à ce que les autres possèdent, à *alienus*, comme οἰϰεῖος; *proprius*, de la propriété exclusive, par opposition aux biens de droit commun, à *communis*, comme ἴδιος; enfin *peculiaris*, des biens qu’on a en propre, par opposition à ceux qu’on partage avec tout le monde, à *universalis*.
—Probrum, v. *Ignominia* et *Maledictum*. —Probus, v. *Bonus*. —Procax, v. *Petulans*. —Procella, v. *Ventus*. —Proceres, v. *Primores*. —Procerus, v. *Altus*. —Proclivis, v. *Pronus*. —Procrastinare, v. *Differre*.
Procul. Longe. Eminus. E longinquo. 1. *Procul*, à une certaine distance qui permet encore de voir les objets, par opposition à *juxta*, comme ἄποθεν; *longe*, à une grande distance, hors de la portée de la vue, par opposition à *prope*, comme τῆλε.
2. *Eminus*, de loin, d’une distance dont la mesure est donnée par la portée des traits; il est opposé à *cominus*, comme πόῤῥωθεν; *e longinquo*, de très-loin, d’une forte distance, par opposition à *e propinquo*, comme τηλόθεν.
—Prodigia, v. *Auguria*.
Prodigus. Profusus. Helluo. Nepos. *Prodigus* et *profusus* présentent la dissipation comme un trait de caractère: *prodigus*, en ce sens qu’on ne connaît pas la valeur de l’argent et du bien, qu’on n’est ni désireux ni capable de les faire valoir parcimonieusement, comme le prodigue; *profusus*, en ce sens que rien ne paraît trop cher pour satisfaire des fantaisies, par frivolité, comme le dissipateur. *Helluo* et *nepos* s’entendent d’un caractère qui se résume tout entier en une seule manie, celle de la dissipation: *helluo*, le viveur et le libertin émérite; *nepos*, le fils de famille qui mange son avoir et celui de ses parents.
—Prælium, v. *Pugna*. —Prorogare, v. *Differre*.
Proficisci. Iter facere. Peregrinari. 1. *Proficisci* désigne le commencement du voyage, comme partir, πορεύεσθαι; *iter facere* et *peregrinari* en comprennent toute la durée, comme voyager, ὁδοιπορεῖν.
2. *Iter facere* se dit également d’un voyage dans le pays ou à l’étranger; mais *peregrinari*, ἐϰδημεῖν, suppose toujours qu’on passe la frontière; dans ce dernier cas, la *peregrinatio* continue même quand on est arrivé à destination et que l’*iter* est fini.
—Profiteri, v. *Fateri*. —Profusus, v. *Prodigus*. —Progenies, v. *Stirps*. —Prohibere, v. *Arcere*. —Proles, v. *Stirps*. —Prolixi, v. *Passi*. —Proloqui, v. *Eloqui*. —Promittere, v. *Polliceri*. —Profugus, v. *Perfuga*. —Pronuntiare, v. *Eloqui*.
Pronus. Proclivis. Propensus. *Pronus*, au sens moral, marque un penchant en général; *proclivis* marque le plus souvent un penchant au bien; *propensus*, au mal.
—Propalam, v. *Aperire*. —Prope, v. *Pæne*. —Propensus, v. *Pronus*. —Properus, v. *Citus*. —Propinquus, v. *Necessarius*. —Prorogare, v. *Differre*. —Prosapia, v. *Stirps*. —Prosper, v. *Felix*. —Protinus, v. *Repente*. —Psallere, v. *Canere*. —Proprius, v. *Privus*. —Prorsus, v. *Plane*. —Prosequi, v. *Comitari*. —Protervus, v. *Petulans*. —Prudens, v. *Sapiens*. —Pudens, pudibundus, pudicus, v. *Castus*. —Puella, v. *Virgo*.
Puer. Infans. Adolescens. Juvenis. Vir. Vetus. Senex. *Puer*, dans son acception générale, l’homme dans ses années de dépendance, tant qu’il n’est ni ne peut être père de famille, en trois périodes: 1º comme *infans*, enfant, νήπιος, παιδίον, à partir de la première année; 2º comme *puer*, au sens restreint, jeune garçon, παῖς, à partir de la septième; 3º comme *adolescens*, à l’ouverture de l’adolescence, jeune homme, μειράϰιον, νεανίας, à partir de la seizième. *Juvenis*, dans son acception générale, l’homme tant que durent les années pendant lesquelles il possède et retient la plénitude de ses forces, à peu près depuis l’époque de la majorité jusqu’aux premières atteintes de l’âge, l’homme jeune, νέος, en trois périodes: 1º comme *adolescens*, au déclin de l’adolescence, à partir de la dix-huitième année; 2º comme *juvenis*, au sens restreint, νεανίας, à partir de la vingt-quatrième; 3º comme *vir*, homme fait, ἀνὴρ, à l’ouverture de la virilité, à partir de la trentième. *Maturus* se dit des années de maturité avancée quand le feu de la jeunesse s’est évaporé, en trois périodes: 1º de l’homme fait, *vir*, ἀνὴρ, au déclin de la virilité, à partir de la quarantième année; 2º de l’homme âgé, *vetus*, γέρων, à partir de la cinquantaine; 3º du vieillard, *senex*, πρεσϐύτης, à partir de la soixantaine.
—Pugio, v. *Gladius*.
Pugna. Acies. Prœlium. *Pugna*, terme général pour toute espèce de combat, depuis le duel jusqu’à la bataille rangée la plus sanglante, μάχη; *acies*, action décisive, conduite selon les règles de la tactique entre les parties belligérantes, bataille rangée; *prælium*, combat d’occasion entre des détachements, rencontre, engagement, escarmouche, comme συμϐολή.
Pugnare. Confligere. Dimicare. Digladiari. 1. *Pugnare* et *confligere*, vider un différend de vive force; ils s’appliquent presque toujours à l’emploi des masses, à une bataille; *dimicare* et *digladiari*, le vider par la voie des armes et presque toujours en combat singulier.
2. *Pugnare* marque de préférence une bataille en règle, livrée à dessein et envisagée par son beau côté, comme exigeant à la fois de l’art et du courage; *confligere*, un combat de rencontre, pris du vilain côté, comme occasion de meurtre et de carnage. Cic. Balb. 9. Qui cum hoste nostro cominus sæpe in acie *pugnavit*. Il s’est souvent mesuré de près avec notre ennemi en bataille rangée. Comparez avec Off. I, 23. Temere in acie versari et manu cum hoste *confligere* immane quiddam et belluarum simile est. Se jeter follement dans la mêlée d’une bataille et se prendre corps à corps avec l’ennemi, c’est un excès de courage qui tient de la brute.
3. *Dimicare* présente l’image d’une lutte soutenue à l’aide de la première arme venue, épée, lance, pique, massue, par un homme qui défend sa vie; il se prend indifféremment en bonne et en mauvaise part; *digladiari* se dit d’un combat à l’épée ou au poignard et présente l’image odieuse d’un gladiateur consommé dont la vocation et l’art consistent dans l’escrime et dans le meurtre. Cic. Tusc. IV, 19. Convenit *dimicare* pro legibus, pro libertate, pro patria. Il faut savoir se battre pour les lois, la liberté, la patrie. Comparez avec Legg. III, 9. Iis sicis, quas ipse se projecisse dicit in forum, quibus inter se *digladientur* cives. Ces poignards qu’il se vante d’avoir jetés dans le Forum pour forcer ses concitoyens à s’entr’égorger.
—Pulcher, v. *Formosus*. —Pulpa, v. *Caro*. —Pulvinar, v. *Culcita*. —Pullus, v. *Ater*. —Pulsare, v. *Verberare*.
Pungere. Stimulare. *Pungere*, piquer pour blesser, pour faire mal; *stimulare*, aiguillonner pour réveiller et stimuler par la douleur.
—Punire, v. *Vindicta*.
Purgatio. Excusatio. Satisfactio. La *purgatio* consiste, comme la justification, à se laver par des raisons péremptoires d’un soupçon ou d’une accusation; l’*excusatio* ou excuse à reconnaître qu’il y a eu une faute de commise, mais en donnant des assurances ou des preuves de l’innocence de ses intentions; la *satisfactio* ou satisfaction, à apaiser la partie offensée ou lésée, en cas d’innocence, par la *purgatio* ou l’*excusatio*, en cas de culpabilité, par la *veniæ petitio* ou par la *pœna*.
Purus. Mundus. Merus. Putus. Meracus. 1. *Purus*, synonyme d’*integer* et opposé de *contaminatus*, pur et sans tache, ϰαθαρός; *mundus*, synonyme de *nitidus* et opposé de *spurcus* et de *sordidus*, pur et net, ϰομψός; enfin, *merus*, synonyme de *simplex* et opposé de *mixtus*, pur et sans mélange, comme ἀϰήρατος, ἀϰέραιος.
2. *Purus*, terme général et populaire; *putus* ou ordinairement *purus putus*, *purus ac putus*, terme technique pour exprimer la pureté de l’or et de l’argent massifs.
3. *Merus* se dit de tout ce qui est pur, soit indifféremment, soit avec éloge, comme si tout mélange était une falsification; *meracus* se dit particulièrement de la pureté du vin qui n’est point trempé et, transporté au figuré à d’autres objets, il exprime une idée de blâme, comme si la matière pure et sans addition n’était pas comme elle doit être, par opposition à *temperatus*. C’est le sens de l’ancien allemand eitel.
—Pus, v. *Sanies*. —Putare, v. *Censere*. —Pusillus, v. *Parvus*. —Putus, v. *Purus*.
Q
Quærere. Scrutari. Rimari. Investigare. Indagare. 1. *Quærere*, chercher, en général, on éprouve le désir ou le besoin de trouver; *scrutari*, *rimari*, *investigare* et *indagare* ajoutent à ce sens une idée accessoire de peine et de difficulté.
2. *Scrutari* et *rimari*, se mettre à la recherche d’un objet caché: *scrutari*, en fouillant de tous les côtés, on s’intéresse à la découverte, on se passionne; *rimari*, en creusant pour déterrer, la découverte exige des efforts et de la sagacité. *Investigare* et *indagare*, se mettre à la recherche d’un objet éloigné: *investigare*, à la façon du chasseur qui suit en connaissance de cause la piste ou la trace visible du gibier; *indagare*, à la façon du limier qui suit l’odeur guidé par son instinct. Curt. IX, 10, 11. Famem sentire cœperunt, radices palmarum ubique *rimantes*. Ils éprouvèrent les atteintes de la faim et ils cherchaient partout, pour les déterrer, des racines de palmiste. Comparez avec IX, 9, 5. *Scrutati* omnia tuguria tandem latentes reperere. A force de fouiller toutes les cabanes, ils finirent par les trouver dans leur cachette. Tac. Ann. VI, 3. *Rimans* secreta omnium. Déterrant les secrets de tout le monde. Et XII, 52. Quasi finem principis per Chaldæos *scrutaretur*. Furius Scribonianus est exilé sous prétexte qu’il avait eu la curiosité de s’adresser aux Chaldéens pour découvrir quand et comment l’empereur mourrait. Il n’y avait pas d’obstacles à surmonter.
—Quæstus, v. *Lucrum*. —Que, v. *Et*. —Quare, v. *Cur*.
Questus. Quiritatio. Querimonia. Querela. *Questus* et *quiritatio*, expression de la douleur: *questus*, par des gémissements rares; *quiritatio*, par des gémissements suivis. *Querimonia* et *querela*, expressions du chagrin: la *querimonia* part d’un sentiment estimable, celui d’une personne lésée qui ne veut pas souffrir une injustice; la *querela*, d’un sentiment presque toujours blâmable, celui du mécontent qui ne sait supporter aucune contrariété. La *querimonia* est une affaire de raisonnement, elle vise à obtenir assistance ou satisfaction, comme la plainte; la *querela* est une affaire de sentiment; elle ne tend guère qu’à soulager le cœur, comme les lamentations. Cic. Cæcil. 3. In populi Romani quotidiana *querimonia*. La plainte journalière du peuple romain. Comparez avec Famm. V, 14. Tu non intelliges te *querelis* quotidianis nihil proficere? Ne veux-tu point comprendre que tu ne gagnes rien à tes lamentations journalières?
Quies. Tranquillitas. Requies. 1. *Quies*, le repos, l’inaction absolue, par opposition à toute espèce d’activité, ἡσυχία; *tranquillitas*, le calme dans le mouvement opposé à l’agitation et à la passion, comme ἑϰηλία. Sen. Ep. 3. Et quiescenti agendum et agenti quiescendum est. Il faut que l’action succède au repos et le repos à l’action. Comparez avec Cic. Top. 3. Ut aut *perturbentur* animi aut *tranquillentur*. Pour remuer ou calmer les esprits. *Quietus* offre une analogie de signification avec *otiosus*, *segnis*, *languidus*, et *tranquillus* avec *lenis*, *placidus*, *moderatus*.
2. *Quies*, le repos en lui-même, indépendamment de toute relation; *requies*, le repos par lequel on se délasse au sortir de l’action ou de la fatigue. Curt. IX, 6, § 2. Ne *quies* corpori invalido adhuc necessaria pulsu remorum impediretur. Pour ne point déranger par le bruit des rames le repos dont la faiblesse du malade avait toujours besoin. Comparez avec § 3. Placuit hic locus ad suam et militum *requiem*. Il trouva le lieu à son gré pour se livrer au repos avec son armée.
—Quire, v. *Posse*. —Quiritatio, v. *Questus*.
Quisque. Quivis. Quilibet. Unusquisque. Omnes. Universi. Cuncti. Totus. 1. *Quisque*, *quivis* et *quilibet* désignent la totalité des individus qui constituent l’espèce; *omnes*, *universi* et *cuncti*, la totalité de l’espèce qui comprend et réunit les individus.
2. *Quisque*, tout individu pris à part; *quivis*, tout individu choisi par préférence entre tous les autres, sans exclure personne de ce choix, qui n’en est que plus marqué, comme πᾶς τις; *quilibet*, le premier venu, sans choix, avec une nuance de mépris, comme ὁστισοῦν; il est synonyme de *primus quisque*, ὁ τυχών. Cic. Famm. VIII, 10. *Quidvis* *quamlibet*, tenue munusculum. Ce que vous voudrez, le moindre petit présent.
3. *Quisque* est enclitique; on ne le trouve jamais en prose à la tête de la proposition; *unusquisque* est accentué et se place partout.
4. *Unusquisque*, chacun en particulier, par opposition à quelques individus; *singuli*, les individus, par opposition à un tout indivisible, comme ἕϰαστος.
5. *Omnes*, tout le monde, sans exception; ce n’est qu’une totalité physique, par opposition à *nemo*, *unus*, *aliquot*, comme πάντες; *universi*, l’universalité des êtres que l’espèce peut embrasser et contenir; c’est une totalité morale, par opposition à *singuli* et *unusquisque*, comme σύμπαντες; enfin, *cuncti*, tous ceux qui sont rassemblés et réunis; c’est une totalité de rencontre et de fait, par opposition à *dispersi*, comme ἅπαντες. Liv. VII, 35. Admiratione paventibus cunctis, quum *omnium* in se convertisset oculos Decius. Toute l’assistance était étonnée et émue, tous les regards tournés vers Décius. Nep. Dat. 5. Qui illum *unum* pluris quam se *omnes* fieri videbant. Quo facto *cuncti* ad eum opprimendum consenserunt. Les courtisans voyaient qu’à lui seul il les effaçait tous auprès du roi. Ils entrèrent tous tant qu’ils étaient dans une conspiration qui devait l’accabler.
6. *Totus*, *solidus* et *integer* s’appliquent à un tout primitif qui ne vient que par extraordinaire à se diviser en parties, comme ὅλος; *omnis*, *universus* et *cunctus*, à des individus primitivement isolés qui ne forment un tout que par leur réunion, πᾶς, σύμπας, ἅπας.
Quotidie. In singulos dies. *Quotidie* s’entend de ce qui revient tous les jours; *in singulos dies*, de ce qui va tous les jours en augmentant. Cic. Att. V, 7. *Quotidie* vel potius *in singulos dies* breviores litteras ad te mitto. Les lettres que je t’envoie deviennent plus courtes tous les jours ou plutôt de jour en jour.
R
—Rabies, v. *Amens*. —Radiare, v. *Lucere*.
Rami. Ramalia. Virga. Termes. Turio. Surculus. Sarmentum. Stolo. Virgultum. Fruticetum. 1. *Rami* et *ramalia*, les branches de l’arbre: *rami*, les branches vivantes et vertes, θαλλοί; *ramalia*, les branches mortes et sèches. *Virga*, *termes*, *turio*, *surculus*, *talea*, *sarmentum* et *stolo* ne se disent que des rameaux: *virga* et les termes rares de *termes olivæ* et *turio lauri*, simples rameaux sans idée accessoire, ϰλάδος, ϰλὼν, ϰλῆμα; *surculus* et *talea*, rameaux considérés comme des membres et des rejetons de l’arbre qui servent à la propagation en qualité de greffes et de boutures, les pousses, ὀρσός; *sarmentum* et *stolo*, rameaux considérés comme des excroissances dont il faut débarrasser l’arbre et qui ne sont bonnes qu’à jeter: *sarmentum*, rameau inutile, sauvage; *stolo*, branche folle, gourmande, parasite.
2. *Virgultum*, lieu couvert de buissons, qui n’est point nu; *fruticetum*, lieu embarrassé de halliers, impraticable.
—Rapina, raptor, v. *Præda*. —Recens, v. *Novus*. —Recipere, v. *Polliceri* et *Sumere*. —Recondere, v. *Celare*. —Recuperare, v. *Sumere*. —Recusare, v. *Negare* et *Spernere*. —Redire, v. *Reverti*. —Reduncus, v. *Curvus*. —Recitare, v. *Eloqui*. —Recordari, v. *Meminisse*. —Recurvus, v. *Curvus*. —Redimere, v. *Emere*. —Redolere, v. *Olere*. —Redundare, v. *Abundare*. —Refellere, v. *Refutare*. —Refugium, v. *Perfuga*.
Refutare. Confutare. Refellere. 1. *Refutare* et *confutare*, réfuter par toute sorte de moyens; *refellere*, par des raisons solides et par une discussion lumineuse. Cic. Orat. II, 50, 203. Neque hæc solum in defensione, sed etiam in Scauro cæterisque meis testibus, quorum testimonia non *refellendo*, sed ad eumdem impetum populi confugiendo *refutasti*. C’est toujours le même artifice et dans ta défense et à propos de Scaurus et de mes autres témoins; ce n’est point par une vraie réfutation, mais par un nouveau recours aux passions populaires que tu réponds à leurs témoignages.
2. Le *refutans* se tient sur la défensive et rétorque les arguments qu’on lui oppose; le *confutans* prend l’offensive; il en fait voir la nullité et les réduit en poussière. Cic. Font. 1. Plus laboris consumo in poscendis testibus quam defensores in *refutandis*. Je me donne plus de peine pour interroger les témoins que les défenseurs pour leur répondre. Comparez avec N. D. II, 17. Cujus opinionis levitas *confutata* a Cotta non desiderat orationem meam. Ce sentiment n’a aucun poids, et Cotta l’a pulvérisé de manière à me dispenser de parler. Top. 25. *Refutatio* accusationis in qua est depulsio criminis. Répondre à un acte d’accusation en repoussant les charges. Comparez avec Rhet. ad Her. I, 13. *Confutatio* est contrariorum locorum dissolutio. La réfutation consiste à réduire à néant les arguments contraires.
—Regalis, v. *Regius*. —Regio, v. *Locus*.
Regius. Regalis. *Regius*, ce qui appartient à un roi, ce qui vient d’une suite de rois; *regalis*, ce qui convient à un roi, ce qui est digne de lui.
Religio. Fides. *Religio*, probité scrupuleuse fondée sur une obligation intérieure, toute de conscience; *fides*, même qualité fondée sur une obligation extérieure, sur une promesse.
Relinquere. Deserere. Omittere. Destituere. Desolatus. 1. *Relinquere*, quitter, s’applique à un objet auquel on ne tient que par un rapport de lieu et de voisinage; *deserere* et *omittere*, à un objet auquel on tient par une obligation morale en qualité de possesseur ou d’ami. Il y a au fond de la *desertio*, de l’abandon, une lâcheté, un oubli de quelque devoir, par opposition à *defensio*, *tutatio*; au fond de l’*omissio* une conviction que l’on a d’être autorisé à s’abstenir, comme dans renoncer, par opposition à *obtinere*. Tac. Dial. 16. Partes quas intellexerimus te non tam *omisisse* quam nobis *reliquisse*, ce qui ne veut pas dire qu’on renonce à voir le sujet traité, mais qu’on le quitte pour le laisser traiter par un autre. Et 9. *Relinquenda* conversatio amicorum et jucunditas urbis, *deserenda* cætera officia. Il faut quitter le commerce de ses amis, les plaisirs de la ville; il faut abandonner ses devoirs. Cic. Verr. I, 4, 11. *Desertum* exercitum, *relictam* provinciam. Abandonner l’armée, quitter la province.
2. *Deserere*, quitter et trahir dans un danger possible et éloigné; *destituere*, dans un danger réel et prochain. Curt. IV, 2, 32. *Desertus*, *destitutus*, hostibus deditus. Abandonné, délaissé, livré aux ennemis. Liv. VI, 2. Quod defensores suos in ipso discrimine periculi *destituat*. Il délaisse ses défenseurs dans la crise même du péril.
3. *Desertus* et *destitutus* marquent particulièrement l’oubli du devoir; *desolatus*, la dureté impitoyable de cet oubli. Suet. Cal. 12. *Deserta* *desolata*que reliquis subsidiis aula. La cour abandonnée et anéantie par l’abandon de ses derniers appuis.
—Reliqui, v. *Cæteri*. —Reminisci, v. *Meminisse*. —Renuere, v. *Negare*. —Repandus, v. *Curvus*. —Remedium, v. *Mederi*. —Renidere, v. *Ridere*. —Repagulum, v. *Sera*.
Repente. Subito. Extemplo. E vestigio. Illico. Statim. Protinus. Confestim. Continuo. *Repente* et *subito*, tout à coup: *repens*, par opposition à l’attente, à *exspectatus*, à *sensim*, comme ἐξαπίνης; *subitus*, par opposition à des préparatifs, à *ante provisus*, *meditatus*, *paratus*, comme παραχρῆμα. *Extemplo* et *e vestigio* se disent par opposition à un délai: *extemplo* marque un rapport de temps, comme dans l’instant; *e vestigio*, un rapport de lieu, comme sur-le-champ. *Illico*, *ilicet*, à la hâte, se prennent par opposition à la lenteur: *illico*, en prose, comme παραυτίϰα; *ilicet*, chez les comiques et les poëtes. *Statim* et *protinus* s’opposent au temps qui suit: *statim*, aussitôt, à *deinde*, *postea*, comme εὐθύς; *protinus*, de suite, comme πρόϰα. Enfin, *confestim* et *continuo* s’opposent à *ex intervallo*.
Repere. Serpere. Serpens. Anguis. Coluber. 1. *Repere*, avancer à l’aide de pieds très-courts, à petits pas, lentement, se traîner; *serpere*, sans pieds, par une ondulation du corps entier, et sans bruit, ramper.
2. *Serpens*, nom général pour tout ce qui rampe, à la façon des serpents, ἑρπετόν; *anguis*, serpent redoutable par la grandeur de sa taille, ὄφις; *coluber*, serpent dangereux, quoique de petite taille, ἔχις, ἔχιδνα.