Part 15
Paupertas. Inopia. Egestas. Mendicitas. *Paupertas*, modicité de ressources qui oblige à se restreindre, par opposition à *dives*, comme πενία; *inopia* et *egestas*, pauvreté accablante qui impose des souffrances et des privations: mais *inopia* exprime comme ἀπορία le dénûment en lui-même, le défaut de ressources qui empêche de se tirer d’affaire, par opposition à *copia* ou *opulentia*; et *egestas* comme ἔνδεια la pauvreté besoigneuse et nécessiteuse, par opposition à *abundantia*; enfin *mendicitas*, l’indigence qui réduit les gens à mendier, πτωχεία. Le *pauper* n’a pas grand’chose, l’*inops* et l’*egenus* ont trop peu de chose, le *mendicus* n’a rien du tout. Dans la classification des rangs par échelle de richesse les *pauperes* forment la classe moyenne qui est obligée de vivre bourgeoisement et parcimonieusement; les *inopes* et les *egeni*, quand ces deux mots ne s’appliquent point à une gêne passagère, forment la classe des pauvres qui vivent au jour le jour de leur travail et sont même exposés à souffrir la faim; les *mendici*, la classe des mendiants qui ne vivent que d’aumônes, également dépourvus de toute propriété et de toute industrie. Cic. Parad. 6. Istam *paupertatem* vel potius *egestatem* et *mendicitatem* tuam nunquam obscure tulisti. Médiocrité de fortune, pauvreté besoigneuse, indigence, tu as constamment porté ton sort au grand jour. Suet. Gr. 14. Vixit in summa pauperie et pæne inopia. Il vécut dans une extrême médiocrité qui était presque du dénûment. Plin. Ep. IV, 18. *Inopia* vel potius, ut Lucretius ait, *egestas* patrii sermonis. La stérilité ou plutôt, comme parle Lucrèce, l’impuissance de la langue maternelle. Cic. Inv. I, 47. Propter *inopiam* in *egestate* esse. Tomber du dénûment dans la gêne.
—Pax, v. *Otium*. —Pavire, v. *Verberare*. —Peccatum, v. *Delictum*. —Peculari, v. *Vastare*. —Peculiaris, v. *Privus*.
Pecunia. Nummus. Moneta. *Pecunia*, terme collectif, somme d’argent; *nummus*, la pièce d’argent par rapport à sa valeur et à son usage; *moneta*, la monnaie par rapport à son empreinte et à son aspect.
Pecus. Jumentum. Armentum. Grex. 1. *Pecus*, *pecoris*, terme général pour tous les animaux domestiques; *jumenta* et *armenta*, gros bétail, bœufs, ânes, chevaux; *pecus*, *pecudis*, petit bétail, cochons, chèvres, et par préférence les moutons.
2. *Jumenta*, bêtes de trait, bœufs, ânes, chevaux; *armenta*, bêtes de labour, bœufs et chevaux, à l’exclusion des vaches, des ânes de bât, des chevaux de selle qui ne vont ni à la voiture ni à la charrue.
3. Pris au singulier et comme nom collectif, *armentum* signifie un troupeau de gros bétail, ἀγέλη; *grex* est un troupeau de petit bétail, comme ποίμνη, πῶϋ. Plin. Ep. II, 16. Multi *greges* ovium, multa ibi equorum boumque *armenta*. De nombreux troupeaux de petit et de gros bétail, moutons, chevaux, bœufs.
—Pecus, v. *Animal*. —Pedica, v. *Vincula*. —Pejor, v. *Deterior*. —Pellucidus, v. *Perlucidus*. —Penitus, v. *Plane*. —Penus, v. *Alimenta*. —Percussor, v. *Homicida*. —Pedetentim, v. *Paulatim*. —Pejerare, v. *Perlucidus*. —Pelagus, v. *Mare*. —Pellegere, pellicere, v. *Perlucidus*. —Pellis, v. *Tergus*. —Pendere, v. *Hærere*. —Penna, v. *Ala*. —Percontari, v. *Rogare*. —Percutere, v. *Interficere*.
Perdere. Pessundare. Pervertere. Evertere. *Perdere* et *pessundare*, anéantir: *perdere*, en brisant l’objet, par destruction; *pessundare*, par submersion ou par quelque autre manière de faire disparaître l’objet. *Evertere*, *pervertere* et *subvertere*, renverser: *evertere*, en déterrant ou en arrachant ce qui est assujetti par le pied, il est opposé à *fundare*; *pervertere*, en jetant à bas ce qui se tient debout; *subvertere*, par une voie secrète et souterraine, en sapant la base. Cic. Pis. 24. Provincia tibi ista manupretium fuerit non eversæ per te sed *perditæ* civitatis. Ce sera ton salaire pour avoir causé la chute et même la ruine de l’État.
—Perdere, v. *Amittere*. —Peregrinus, v. *Exterus*. —Perferre, v. *Ferre*. —Perfidiosus, perfidus, v. *Fidus*. —Peregrinari, v. *Proficisci*. —Peremtor, v. *Homicida*. —Perficere, v. *Finire*.
Perfuga. Transfuga. Profugus. Fugitivus. Extorris. Exul. Perfugium. Suffugium. Refugium. 1. *Perfuga* et *transfuga*, le déserteur qui fuit d’un parti vers l’autre, αὐτόμολος: mais le transfuge, *perfuga*, passe à l’ennemi en criminel qui trahit son parti; le *transfuga* n’est qu’un homme irrésolu qui abandonne les siens pour aller ailleurs. *Profugus* et *fugitivus*, le fugitif qui abandonne sa demeure: le *profugus* est un infortuné qui cède à la force en fuyant sa patrie et qui court le monde comme un banni, φυγάς; le *fugitivus* est un coupable qui se dérobe à son devoir, à son poste, à sa prison, à son maître, δραπέτης. On entend généralement par *perfuga* et *transfuga* un soldat, par *profugus* un citoyen, par *fugitivus* un esclave. Liv. XXX, 43. De *perfugis* gravius quam de *fugitivis* consultum. Les transfuges furent plus sévèrement traités que les esclaves fugitifs.
2. *Perfugium*, asile public et sûr dans des dangers sérieux; *suffugium*, asile sinon secret, du moins fortuit et temporaire contre des contrariétés; *refugium*, asile préparé ou du moins choisi d’avance en cas de retraite.
3. *Profugus* marque un état de fait, celui d’un homme qui fuit hors de son pays; *extorris*, un état politique, comme proscrit; *exul*, un état légal comme exilé. L’*extorris* subit un malheur, il ne peut plus rester dans sa patrie; l’*exul* subit un châtiment, il n’a plus le droit d’y rester. Appul. Met. V, p. 101. *Extorres* et... velut *exulantes*. Proscrits et comme exilés.
—Periclitari, periculum, v. *Tentare*. —Perimere, v. *Interficere*. —Perire, v. *Mors*.
Perlucidus. Pellucidus. Perlegere. Pellegere. Perlicere. Pellicere. Perjurare. Pejerare. Examinant ces mots par couples, le premier des deux, qui est la forme primitive, a chaque fois l’accent sur l’adverbe *per*; le second, qui est une forme adoucie par l’assimilation de l’r en l ou par l’élimination de l’r, a l’accent sur le nom ou sur le verbe, et la racine accentuée prédomine dans la signification du composé.
1. *Perlucidus*, très-lumineux; *pellucidus*, transparent.
2. *Perlegere*, lire d’un bout à l’autre; *pellegere*, parcourir, feuilleter.
3. *Perlicere*, attirer avec une force irrésistible; *pellicere*, séduire.
4. *Perjurare*, prêter un faux serment; *pejerare*, violer un serment.
—Permittere, v. *Concedere* et *Fidere*. —Pernegare, v. Negare. —Pernicies, v. *Lues*. —Pernix, v. *Citus*.
Perperam. Falso. False. Fallaciter. 1. *Perperam* s’entend de la fausseté du fait, comme inexactement; *falso*, de la personne qui se trompe, comme par erreur, par méprise...
2. *Falso agere* ne se dit que d’une erreur où l’on est ou d’une illusion qu’on se fait; *false* et *fallaciter agere* supposent qu’on va contre ce qu’on sait et contre sa conscience: *false*, comme faussement, par crainte et faiblesse de caractère; *fallaciter*, comme fallacieusement, avec la mauvaise intention de duper et de trahir. Comparez Tacite, Ann. I, 1. Tiberii res... ob metum *false* compositæ sunt (d’après le texte de Wolf). La peur a dicté des faussetés aux historiens de Tibère; avec Germ. 36. Inter impotentes et validos *falso* quiescas. Entre des voisins puissants et forts un peuple ne goûte qu’un repos trompeur.
3. Les idées exprimées par *falso* et *false* sont réunies dans l’adjectif *falsus*, qui ne se distingue que de *fallax*. Cic. Phil. XII, 2. Spes *falsa* et *fallax*. Fausse et perfide espérance. Tac. Ann. XVI, 32. Specie bonorum *falsos* et amicitiæ *fallaces*. La fausseté sous un semblant de vertu, la perfidie sous un semblant d’amitié.
—Perpeti, v. *Ferre*. —Perpetuus, v. *Continuus*.
Perquam. Valde. Admodum. Magnopere. *Perquam*, extraordinairement, avec une nuance de surprise chez la personne qui parle; *valde*, très, *admodum*, assez, et *multum*, servent simplement à renforcer le sens de l’attribut ou du verbe, *magnopere*, du verbe seul.
—Perseverantia, v. *Pervicacia*. —Persona, v. *Larva*. —Pertinacia, v. *Pervicacia*. —Pervertere, v. *Vertere* et *Perdere*.
Pervicacia. Perseverantia. Pertinacia. Contumacia. Destinatio. Obstinatio. 1. *Pervicacia* et *perseverantia* présentent comme une vertu l’attachement à un sentiment dans lequel on est entré: la *pervicacia* est fondée sur une énergie naturelle, c’est l’ardeur opposée à la lassitude; la *perseverantia*, sur le développement des qualités sérieuses, c’est la persistance opposée à la versatilité. *Pertinacia* et *contumacia* expriment un défaut: la *pertinacia* provient d’un attachement opiniâtre à une résolution prise comme l’entêtement et la présomption, par opposition à la condescendance; la *contumacia*, de l’orgueil qu’on met à défendre son libre arbitre, même contre une autorité compétente et légitime, comme l’arrogance et l’esprit de résistance par opposition à la docilité ou *obsequium*. Accius dans Non. Tu *pertinaciam* esse, Antiloche, hanc prædicas, ego *pervicaciam* esse aio et a me uti volo. Tu soutiens que c’est de l’entêtement; je dis que c’est une fermeté généreuse que je tiens à montrer. Cic. Inv. II, 54. Unicuique virtuti finitimum vitium reperietur, ut *pertinacia* quæ finitima *perseverantiæ* est. On rencontrera un défaut dans le voisinage de toutes les vertus; c’est ainsi que l’entêtement est voisin de la persévérance.
2. *Pervicacia*, etc., marquent la stabilité dans une résolution prise; *destinatio* et *obstinatio* ont plus de rapport à l’acte qui consiste à la prendre: *destinatio*, lorsqu’elle est irrévocable, c’est de la décision; *obstinatio*, lorsqu’on s’y attache en dépit de tous les obstacles, même insurmontables, et de toutes les représentations raisonnables, c’est de l’endurcissement.
—Pessulus, v. *Sera*. —Pestilentia, pestis, v. *Lues*. —Pessundare, v. *Perdere*.
Petere. Rogare. Postulare. Exigere. Poscere. Flagitare. 1. *Petere* et *rogare*, termes généraux pour toute espèce de demande, soit qu’on prie, soit qu’on exige; ils tiennent le milieu entre *poscere* et *orare*, sauf à se rapprocher quelque peu du dernier: *petere* se rapporte à l’objet qu’on souhaite; *rogare*, à la personne à laquelle on s’adresse, d’où *petere aliquid ab aliquo*, mais *rogare aliquem aliquid*. Cic. Verr. IV, 28, 64. Iste *petit* a rege et eum pluribus verbis *rogat*, ut id ad se mittat. Il tâche d’obtenir cela du roi et l’en sollicite longuement. Famm. II, 6. Ne id quod *petat*, *exigere* magis quam *rogare* videatur. Pour tâcher d’en venir à ses fins sans se donner des airs de créancier plutôt que de solliciteur.
2. *Postulare* et *exigere* se disent d’une demande pure et simple par laquelle on fait tranquillement connaître sa volonté: *postulare* s’entend plutôt de ce qu’on veut et souhaite; *exigere*, de ce qu’on prétend. *Poscere* et *flagitare* se disent d’une demande pressante: *poscere*, d’une demande faite d’un ton décidé, avec le sentiment de son droit ou de sa puissance; *flagitare*, d’une demande faite avec impétuosité dans la passion et dans l’impatience du désir. Tac. H. II, 39. Othone per literas *flagitante* ut maturarent, militibus ut imperator pugnæ adesset *poscentibus*; plerique copias trans Padum agentes acciri *postulabant*. La lettre d’Othon exprimait une vive impatience d’en finir; les soldats exigeaient que l’empereur payât de sa personne au jour de la bataille; un très- grand nombre souhaitaient qu’on fît venir les troupes établies au delà du Pô. Cic. Verr. III, 34. Incipiunt *postulare*, *poscere*, minari. Viennent les demandes, les exigences, les menaces. Planc. 19. *Poscere* atque etiam *flagitare* crimen. Exiger, vouloir emporter une accusation. Legg. I, 5. *Postulatur* a te jam diu vel *flagitatur* potius historia. Voilà longtemps qu’on te demande ou plutôt qu’on brûle de t’arracher cette histoire.
—Petra, v. *Saxum*.
Petulans. Procax. Protervus. Lascivus. Le *petulans* blesse le sentiment des convenances, *modestia*, par caprice, par des agaceries et des provocations inutiles; le *procax*, par indiscrétion, impertinence et importunité; le *protervus*, par impétuosité, par un laisser-aller qui ne respecte rien; le *lascivus*, par une joie bruyante et folâtre. Il faut chercher l’origine de la *petulantia* dans l’aversion pour le repos et la paix ou même dans la méchanceté; celle de la *procacitas* dans la hardiesse ou l’impudence; celle de la *protervitas* dans le sentiment exagéré de sa force ou dans l’orgueil; celle de la *lascivia* dans la gaieté du caractère ou dans le défaut de gravité. Liv. XXXVIII, 24. Flagitatum quoque stipendium, *procacius* quam ex more et *modestia* militari erat. On réclama vivement la solde avec une impudence contraire à tous les usages et à la subordination.
—Pietas, v. *Diligere*.
Piget. Tædet. Pœnitet. *Piget* se dit en général de ce qu’on ne se soucie ni de faire ni de souffrir; *tædet*, de ce qu’on ne se soucie point de faire ni de souffrir plus longtemps; *pænitet*, de ce qu’on aimerait mieux n’avoir jamais fait ni souffert.
—Pigritia, v. *Ignavia*. —Pilum, v. *Missile*. —Pilus, v. *Crinis*.
Pinguis. Opimus. Obesus. Corpulentus. 1. *Pinguis*, gras dans un sens indifférent ou défavorable, la graisse étant de toutes les parties constituantes du corps la plus insensible et la moins élastique, d’où au figuré mou; *opimus*, gras dans le bon sens, quand c’est un signe que les chairs sont pleines et qu’on est bien nourri, d’où au figuré abondant.
2. *Obesus* se dit de l’embonpoint, mais en associant à l’idée principale une idée accessoire de pesanteur par opposition à *gracilis*; *corpulentus* se dit de l’embonpoint pris par son beau côté, par rapport à la prestance qui l’accompagne.
—Pinna, v. *Ala*. —Placidus, v. *Mitis*. —Pirata, v. *Præda*. —Plaga, v. *Locus*, *Rete* et *Vulnus*. —Plancæ, v. *Axes*.
Plane. Omnino. Prorsus. Penitus. Utique. *Plane*, nettement, *netto* par opposition à *pæne* ou à *vix*; *omnino*, entièrement, et en général par opposition aux subdivisions, aux cas isolés, aux exceptions, à *magna ex parte* ou à *separatim*, comme ὅλως; *prorsus*, précisément, par opposition à en quelque sorte ou à pour ainsi dire; *penitus*, de fond en comble, jusqu’au fond, par opposition à dans une certaine mesure ou à superficiellement, πάντως; *utique*, dans tous les cas, il a pour opposés à tout hasard, peut-être, ὁπωσδήποτε.
Plerique. Plurimi. *Plerique*, superlatif absolu, un très-grand nombre; *plurimi*, superlatif relatif, la plupart. Tac. Ann. XIII, 27. *Plurimis* equitum, *plerisque* senatorum non aliunde originem trahi. La plupart des chevaliers, un très-grand nombre de sénateurs n’avaient pas d’autre origine.
—Plorare, v. *Lacrimare*. —Plurimi, v. *Plerique*. —Pluma, v. *Ala*.
Pluvia. Imber. Nimbus. *Pluvia*, phénomène bienfaisant, pluie générale qui abreuve le sol altéré, ὑετός; *imber* et *nimbus*, phénomène désagréable, pluie locale qui vient gâter une belle journée: *imber*, lorsqu’elle est accompagnée d’un temps froid et orageux; *nimbus*, d’un temps couvert.
Poculum. Calix. Scyphus. Simpuvium. Cyathus. Crater. 1. *Poculum* et *calix*, qui appartiennent à la vieille langue latine, se disent de tout vase à boire, sans autre idée que celle de l’usage auquel il sert: *poculum*, vase ordinaire pour les repas; *calix*, vase, coupe plus riche pour les festins. *Scyphus*, *cantharus*, *cymbium*, *culigna*, mots étrangers empruntés au grec, se disent de certaines espèces de vases par rapport à leur forme.
2. *Poculum*, etc. servent tous de vases à boire; le vieux mot romain *simpuvium* et *cyathus* qui est venu plus tard, vases à puiser pour remplir les *pocula* en prenant au *crater*, comme on remplit les verres à punch en puisant avec la cuiller dans le bol.
—Poema, v. *Canere*. —Pœnitet, v. *Piget*. —Poena, v. *Vindicta*. —Poeta, v. *Canere*. —Pollere, v. *Posse*.
Polliceri. Promittere. Spondere. Recipere. *Polliceri*, promettre de plein gré, par un acte de complaisance et de prévenance, ἐπαγγέλλεσθαι; *promittere*, à la suite d’une demande, par un acte de consentement, avec l’intention de tenir, ὑπισχνεῖσθαι; *spondere* et *despondere*, promettre formellement, à la suite d’une *stipulatio* par un engagement qui lie en justice, ἐγγυᾶν; *recipere*, prendre sur soi et s’engager d’honneur pour tranquilliser une personne qui est dans la peine, ἀναδέχεσθαι. Le *pollicens* fait des offres agréables; le *promittens* ouvre une perspective satisfaisante; le *spondens* donne une garantie judiciaire; le *recipiens* nous ôte nos soucis. Cic. Att. XIII, 1. Quoniam de æstate *polliceris* vel potius recipis. Puisque tu t’avances sur ce sujet ou plutôt puisque tu te fais fort; car le *pollicens* n’engage que sa bonne volonté, le *recipiens* répond du succès. Sen. Ep. 19. Jam non *promittunt* de te sed *spondent*. Ils ne se bornent plus à promettre, ils s’engagent pour toi. Cic. Famm. VII, 5. Neque minus ei prolixe de tua voluntate *promisi* quam eram solitus de mea *polliceri*. Et je lui ai promis ta bienveillance avec autant d’assurance que si je n’avais eu qu’à m’avancer pour mon compte: car Cicéron ne pouvait donner au nom de Trébatius que des espérances, mais il pouvait faire de son chef des promesses positives.
—Polluere, v. *Contaminare*. —Pondo, v. *Libra*. —Pontus, v. *Mare*. —Populari, v. *Vastare*. —Pompa, v. *Funus*. —Pondus, v. *Moles*. —Popina, v. *Deversorium*. —Populus, v. *Gens*.
Porca. Sulcus. Lira. *Porca*, billon, terre relevée entre deux sillons; *sulcus*, creux du sillon, trace faite dans la terre par la charrue; *lira*, tantôt l’un, tantôt l’autre.
—Porcus, v. *Sus*. —Portenta, v. *Auguria*. —Poscere, v. *Petere*. —Portare, v. *Ferre*. —Portio, v. *Pars*.
Posse. Quire. Valere. Pollere. 1. *Posse* et *quire* sont originairement transitifs: *posse*, être apte par vigueur et par force, δύνασθαι; *quire*, par le concours de toutes les qualités qu’on possède, comme οἷόν τ’ εἶναι. Cic. Tusc. II, 27. Barbari ferro decertare acerrime *possunt*, viriliter ægrotare non *queunt*. Les barbares peuvent bien se battre à outrance le fer à la main; aux prises avec la maladie, ils sont incapables d’être hommes. *Valere* et *pollere* sont neutres, d’où *possum* ou *queo* vincere, mais *valeo* ou *polleo* ad vincendum.
2. *Valere*, posséder une juste mesure de forces, valoir un autre homme, par opposition à des forces insuffisantes, comme σθένειν; *pollere*, avoir un excès de forces et de ressources et se distinguer par là de la foule, par opposition à des forces ordinaires, comme ἰσχύειν.
—Possidere, v. *Tenere*. —Posteritas, v. *Stirps*. —Postremus, v. *Extremus*. —Postulare, v. *Petere*. —Potare, v. *Bibere*.
Potentia. Potentatus. Potestas. Vis. Robur. *Potentia*, *potentatus* et *potestas*, puissance qui vient du dehors, qui a des hommes pour instruments et pour sujets; *vis* et *robur*, puissance, force intérieure, indépendante du concours et de la bonne volonté d’autrui. *Potentia*, pouvoir de fait qui se fait sentir à volonté, δύναμις; *potentatus*, rang du souverain reconnu par le peuple, δυναστεία; *potestas*, autorité légitime et légalement déférée, ἐξουσία. Tac. Ann. XIII, 19. Nihil tam fluxum est quam fama *potentiæ* non sua vi nixæ. Rien de si fragile que le crédit d’un pouvoir qui n’a point en lui-même les éléments de sa force. *Vis*, la force active et agressive, comme faculté de contraindre les autres, ϰράτος; *robur*, la force au repos, comme faculté de résister et de durer, ῥώμη.
—Potestas, v. *Occasio*.
Præbere. Exhibere. Præstare. Repræsentare. *Præbere* et *exhibere*, aller spontanément au-devant d’un besoin ou d’un désir: le *præbens* cède son bien à quelqu’un; l’*exhibens* se dessaisit du sien en faveur du public. *Præstare* et *repræsentare*, s’exécuter pour remplir un devoir: le *præstans* se libère, pour ainsi dire, d’une dette en se rangeant à son devoir; le *repræsentans* accomplit une promesse, au lieu de tarder encore à la tenir.
—Præceptor, v. *Doctor*. —Præclarus, v. *Eminens*. —Præcipere, v. *Jubere*.
Præda. Manubiæ. Spolia. Exuviæ. Rapina. Prædo. Latro. Pirata. 1. *Præda* et *manubiæ*, le butin considéré comme un bien de conquête et comme un profit; *spolia* et *exuviæ*, considéré en outre comme une marque de victoire et d’honneur.
2. *Præda*, toute espèce de butin; *manubiæ*, le butin légitime du soldat, fait à la guerre; *rapina*, le butin illégitime du *prædo*, qui trouble la paix publique, le fruit du vol.
3. *Prædo*, brigand en général, celui qui exerce le brigandage comme un métier, ληστής. C’est le terme générique, par rapport à *latro*, le voleur de grands chemins, σίνις, et à *pirata*, le pirate. *Raptor*, le ravisseur d’une personne ou d’un objet déterminé, ἁρπαϰτήρ.
—Prædicere, v. *Divinare*.
Præditus. Instructus. Exstructus. Ornatus. 1. *Præditus* s’entend d’une qualité éminente qui est un titre d’honneur; *instructus* et *exstructus*, d’une qualité solide qui rend propre à certains usages. Les deux idées sont réunies dans *ornatus*. L’*instrumentum* sert, le *decus* donne de l’éclat, l’*ornamentum* semble tirer son lustre d’une utilité éminente. *Instructus* suggérera, par exemple, l’image d’un armement complet qui est un gage de protection et de sécurité; *ornatus*, celle d’un armement parfait et imposant. Il faut se placer à un point de vue élevé et viser à l’idéal pour juger l’*ornatus* indispensable; c’est du luxe, par rapport aux besoins ordinaires de la vie. Cic. Phil. X, 4. Græcia copiis non *instructa* solum, sed etiam *ornata*. La Grèce, qui abonde en ressources solides et même apparentes. Sen. Tranq. 9. Sicut plerisque libri non studiorum *instrumenta*, sed cœnationum *ornamenta* sunt. Pour beaucoup de gens, une bibliothèque n’est point un instrument d’étude, c’est un décor indispensable dans une salle à manger.
2. *Instructus* se rapporte à des personnes et à des objets destinés à jouer un rôle offensif ou défensif; *exstructus*, à des objets dont la destination est passive, par exemple, *instructæ naves*, mais *exstructæ mensæ*. Les *exstructa* ne laissent plus rien à faire; les *instructa* ont reçu un premier achèvement, une préparation complète et n’ont plus qu’à remplir leur destination.
3. *Instructus* se rapporte à la simple possession des moyens; *paratus*, au propriétaire de ces moyens, prêt lui-même à en tirer parti.
—Prædium, v. *Villa*.
Præmium. Pretium. Merces. *Præmium*, récompense honorable destinée à distinguer celui qui la reçoit, par opposition à *pœna*, ἆθλον, γέρας; *pretium* et *merces*, payement destiné à acquitter une dette: *pretium*, prix d’achat pour une marchandise qu’on nous cède, par opposition à *gratia*, ὦνος; *merces*, ce qu’on paye pour tout ce qu’on prend ou tient à louage, hommes et choses, μισθός.
—Præs, v. *Sponsor*. —Præsentem esse, v. *Adesse*. —Præstans, v. *Eminens*. —Præsagire, v. *Divinare*. —Præsentire, v. *Divinare*. —Præstolari, v. *Manere*.
Præterea. Insuper. Ultro. *Præterea*, de plus, marque simplement qu’on ajoute ce qu’il faut pour compléter un compte, comme πρὸς τούτοις; *insuper*, en sus, par-dessus le marché, qu’on fait mesure comble, comme προσέτι; enfin, *ultro*, en outre, que ce qu’on ajoute va fort au delà de ce qu’on avait déjà fait, en sorte que tout ce qui a précédé n’a plus aucune valeur.
—Prævidere, v. *Divinare*. —Pravitas, v. *Malitia*. —Precari, v. *Rogare*. —Prehendere, v. *Sumere*. —Pretium, v. *Præmium*.