Manuel de synonymie Latine

Part 14

Chapter 143,365 wordsPublic domain

3. *Negatio*, négation qui a pour but ou pour effet d’instruire l’auditeur; *pernegatio* ou *negitatio*, de le convaincre quand il se montre incrédule; *denegatio*, de le chagriner, particulièrement à propos d’une prière qu’on n’exauce pas. Mart. Ep. IV, 82. *Negare* jussi, *pernegare* non jussi. J’ai voulu un non tout court, je n’ai pas voulu de non répétés. Cic. Phil. XI, 8, 19. In quo maximum nobis onus imposuit; *assensero*: ambitionem induxero in curiam; *negaro*: videbor suffragio meo tanquam comitiis honorem homini amicissimo *denegasse*. L. César nous a mis là sur les épaules un pesant fardeau. Dire oui, c’est introduire des cabales dans le palais du sénat; dire non, c’est paraître dénier par mon vote, comme par une décision des comices, cet honneur à mon meilleur ami.

4. *Negare* ne suppose qu’une demande, ou faite ou faisable, à laquelle on répond non; *recusare* suppose une insinuation qu’on repousse, d’où il résulte que *negare* est une manière de parler plus répandue et plus douce que *recusare*; car le *negans*, qu’on questionne ou qu’on prie, nie simplement la possibilité de la chose; le *recusans* se retranche sur-le-champ dans son droit, il proteste contre l’insinuation en homme qu’on menace ou sur lequel on empiète. Aussi *negare*, *denegare*, sont-ils plus usités à propos d’affaires particulières; *recusare*, à propos d’affaires publiques.

5. *Negare* et *recusare* exigent des paroles ou des discours; *abnuere* et *renuere* n’exigent guère que des signes ou des gestes: *abnuere*, un geste de la main pour congédier, comme ἀπονεύω; *renuere*, un signe qui consiste à retirer la tête en arrière, comme ἀνανεύω.

6. *Abnuere* est une manière amicale; *renuere*, une manière hautaine de dire non.

7. *Recusare* se rapporte à un objet qui s’annonce comme un fardeau et qui entreprend sur la résignation des gens, par opposition à *suscipere*; *repudiare*, à un objet qui s’annonce comme un bien et qui promet du profit ou du plaisir, par opposition à *assumere*. Cic. Finn. I, 10,33. Sæpe eveniet ut et *voluptates repudiandæ* sint et *molestia* non recusanda. Il y aura souvent lieu et de congédier les plaisirs et de ne pas repousser la peine.

—Negligere, v. *Spernere*. —Nepos, v. *Prodigus*. —Nequidquam, v. *Frustra*. —Nescius, v. *Cognitio*. —Nemus, v. *Silva*. —Nequaquam, v. *Neutiquam*. —Nequitia, v. *Malitia*.

Neutiquam. Nequaquam. Minime. *Neutiquam*, en aucun cas, par opposition à *utique*; *nequaquam*, en aucune façon; *minime*, pas le moins du monde.

—Nex, v. *Mors*. —Niger, v. *Teter*. —Nihil agere, v. *Vacare*.

Nihil est. Nihili est. Nullus est. *Nihil est* exprime le comble de l’impuissance et de l’incapacité, comme être autant que rien; *nihili est*, le défaut absolu de valeur, l’inutilité complète, comme ne compter pour rien; enfin, *nullus est*, la négation de l’existence: n’être plus.

—Nitere, v. *Lucere*. —Nobilis, v. *Celeber*. —Niti, v. *Fulciri*. —Nocens, v. *Culpa*.

Nominare. Nuncupare. Vocare. Appellare. *Nominare* et *nuncupare*, désigner une personne par son nom: *nominare*, par un nom qui lui appartient de vieille date; *nuncupare*, donner un nom à un objet qui n’en a pas encore, dénommer, surnommer. *Appellare* et *vocare*, désigner une personne ou un objet par un nom, un titre ou un attribut quelconque.

Nonnunquam. Interdum. Aliquando. *Nonnunquam*, de temps à autre, opposé à *nunquam* et *semper*, se rapproche de l’idée exprimée par *sæpius*, comme ἔσθ’ ὅτε; *interdum*, parfois, opposé à *crebro*, se rapproche de l’idée exprimée par *rarius*, comme ἐνίοτε; enfin, *aliquando*, quelquefois, une ou deux fois, opposé à *semel*, se rapproche de l’idée exprimée par *propenunquam*, comme ποτέ. Les *interdum facta* sont des faits isolés; les *nonnunquam facta*, des faits qui se répètent; les *aliquando facta*, des faits rares. Cic. Sext. 54. *Comitiorum* et *concionum* significationes interdum veræ sunt, nonnunquam vitiatæ et corruptæ. Les manifestations de comices et des autres assemblées sont parfois vraies; ne sont- elles pas, de temps à autre, entachées de fraude et de violence?

—Notare, v. *Animadvertere*. —Novissimus, v. *Extremus*. —Notitia, v. *Cognitio*.

Novus. Recens. Novicius. 1. *Novus*, nouveau, se dit de ce qui n’existait pas précédemment, par opposition à *antiquus*, comme νέος; *recens*, récent, de ce qui n’existe pas depuis longtemps, comme ϰαινός.

2. *Novus* se prend généralement pour tout ce qui est nouveau; il y a, de plus, dans *novicius*, l’idée accessoire du novice qui a de nouvelles habitudes à prendre ou du nouveau venu auquel il faut que les autres s’habituent.

—Noxia, noxius, v. *Culpa*. —Nullus sum, v. *Nihil est*.

Numen. Deus. Divus. Semo. Heros. *Numen*, pris dans son acception générale, tout être divin, δαίμων. C’est le terme générique, par rapport à *deus*, anciennement *divus*, le dieu, θεός, et à *semideus*, le demi- dieu, ἡμίθεος, ou *semo*, moitié homme, moitié dieu. L’usage a donné pour équivalent à ces deux mots, outre *heros*, qui est d’origine étrangère, *numen*, pris dans son acception restreinte. Plin. Pan. 2, 3. Nusquam ut *deo*, nusquam ut *numini* blandimur. Nous ne cherchons aucune occasion de lui complaire comme à un dieu, ni même comme à un demi-dieu.

—Nummus, v. *Pecunia*. —Nuncupare, v. *Nominare*. —Nunc—nunc, v. *Modo—modo*.

Nuper. Modo. *Nuper*, il y a quelques jours, quelques mois, même quelques années, dernièrement, νεωστί; *modo*, il y a quelques instants, à l’instant même, ἄ ρτι. Cic. Verr. IV, 3, 6. *Nuper* homines nobiles ejusmodi; sed quid dico *nuper*? imo vero *modo* ac plane paulo ante vidimus. De ces hommes illustres nous en avons vu dernièrement. Et que signifie ce dernièrement? Ne les voyions- nous pas encore tout à l’heure, à l’instant? Tusc. I, 24. Quanta memoria fuit *nuper* Charmadas! quanta qui *modo* fuit Scepsius Metrodorus! Et, dans ces derniers temps, quelle mémoire chez Charmadas! quelle encore chez Scepsius Métrodorus, qui vient à peine de s’éteindre!

—Nuptiæ, v. *Conjugium*. —Nutrire, v. *Alere*. —Nutare, v. *Labare*.

O

—Obambulare, v. *Ambulare*. —Obesus, v. *Pinguis*. —Obedire, v. *Parere*. —Obex, v. *Sera*.

Objicere. Exprobrare. *Objicere*, adresser à quelqu’un un reproche dont il peut se justifier comme d’une accusation; *exprobrare*, un blâme qu’il est obligé de laisser peser sur lui. L’*objiciens* entend qu’on s’explique; l’*exprobrans* ne cherche qu’à couvrir de honte. Cic. Verr. V, 50, 132. Num casus bellicos tibi *exprobrare* aut *objicere* videor? Est-ce que j’ai l’air de tirer contre toi des hasards de la guerre un sujet de blâme ou de reproche?

—Obitus, v. *Mors*.

Oblectatio. Delectatio. *Oblectatio*, occupation agréable, passe-temps, amusement qui préserve de l’ennui et procure quelque plaisir; *delectatio*, véritable divertissement qui procure une jouissance positive et un plaisir solide. Cic. Orat. I, 26. In iis artibus, in quibus non utilitas quæritur necessaria, sed animi libera quædam *oblectatio*. Dans les études qui n’ont point un but d’utilité et de nécessité, qui amusent l’esprit sans l’assujettir. Et Ep. Qu. Fr. II, 14. Satis commode me *oblectabam*. J’étais assez agréablement occupé. Comparez avec Famm. IX, 24. Magna te *delectatione* et voluptate privavisti. Tu as perdu par ta faute un plaisir vif et charmant.

—Obligare, v. *Ligare*. —Obliquus, v. *Transversus*. —Oblitus, v. *Delibutus*.

Obscurum. Tenebræ. Caligo. Tenebricosus. Opacus. Umbrosus. 1. *Obscurum*, sombre, s’entend d’une simple privation d’éclairage, comme σϰότος, par opposition à *illustre*; *tenebræ*, d’une privation de lumière, c’est l’obscurité, ζόφος, ϰνέφας, par opposition à *lux*; enfin, *caligo* signifie quelque chose de réel et d’opposé à la lumière et à la clarté, les ténèbres, ἄχλυς. *Caligo* renchérit sur *tenebræ*, qui renchérit sur *obscuritas*, qui renchérit sur *opacum* et *umbrosum*. Cic. Acadd. IV, 23, 72. Sensus quidem non *obscuros* facit sed *tenebricosos*. Les sens, loin de nous éclairer, nous retiennent dans l’obscurité. Plin. Ep. VII, 21. Cubicula obductis velis *opaca*, nec tamen *obscura* facio. Mes tentures donnent de l’ombre à mes pièces sans les rendre sombres. Tac. H. II, 32. Senatum et populum nunquam *obscurari* nomina, etsi aliquando *obumbrentur*. Rien ne ternira jamais les noms du sénat et du peuple, quoiqu’une ombre puisse passer dessus. Au figuré, *obscurus* désigne ce qui n’a point de prix, ce que personne ne remarque; *tenebricosum* marque quelque chose de positivement mauvais qui recherche l’obscurité pour passer inaperçu.

2. *Opacus*, ombragé, avec l’idée d’une fraîcheur agréable et bienfaisante, par opposition à *apertus* et *apricus*, comme εὔσϰιος; *umbrosus*, plein d’ombre, presque sombre, σϰιόεις.

—Obsecrare, v. *Rogare*. —Obsecundare, obsequi, v. *Parere*. —Observare, v. *Vereri*. —Obstinare, v. *Destinare*. —Obstringere, v. *Ligare*. —Obtestari, v. *Rogare*. —Obtrectatio, v. *Invidia*. —Obtutus, v. *Videre*. —Obstinatio, v. *Pervicacia*. —Obtemperare, v. *Parere*. —Obtingere, v. *Accidere*. —Obtruncare, v. *Interficere*. —Obvenire, v. *Accidere*.

Occasio. Opportunitas. Potestas. Copia. Facultas. *Occasio* et *opportunitas*, l’occasion offerte par la fortune et le hasard: *occasio*, en général, celle d’entreprendre quelque chose, ϰαιρός; *opportunitas*, celle d’entreprendre une chose avec facilité et avec des probabilités de succès, comme εὐϰαιρία. *Potestas* et *copia*, l’occasion offerte par les hommes et par leur complaisance: *potestas*, la possibilité de faire quelque chose légitimement; *copia*, celle de le faire commodément; enfin, *facultas*, qui est le terme le plus général, la simple possibilité.

—Occidere, v. *Interficere*. —Occulere, v. *Celare*. —Oculi, v. *Facies*.

Odium. Invidia. Inimicitia. Simultas. 1. *Odium* et *invidia* expriment le sentiment de l’aversion; *inimicitia* et *simultas*, les rapports extérieurs qui dérivent de ce sentiment.

2. L’*invidia* a un caractère négatif, comme la malveillance, δύσνοια, c’est un sentiment temporaire qui s’oppose à *gratia* ou *favor*; l’*odium* a un caractère positif, comme la haine, μῖσος, c’est un sentiment profondément enraciné qui s’oppose à *amor*. L’*invidia* est le commencement de l’*odii*. L’*invidia* ne s’attache qu’aux personnes; l’*odium* s’attache aux personnes et aux choses. Tac. Ann. II, 56. Armenii... sæpius discordes sunt, adversus Romanos *odio* et in Parthum *invidia*. Les Arméniens sont très-souvent partagés entre leur haine pour les Romains et leur malveillance pour les Parthes. XIII, 15. Nero intellecta *invidia* *odium* intendit. Ces symptômes de malveillance que Néron discerna portèrent sa haine au comble. Plin. Pan. 84, 2. Exardescit *invidia* cujus finis est *odium*. Elle s’enflamme au contact de la malveillance qui aboutit à la haine.

3. *Inimicitia*, toute espèce d’inimitié fondée sur l’antipathie ou sur de mauvais rapports, δυσμένεια, ἔχθρα; *simultas*, inimitié politique entre rivaux de pouvoir, φιλονειϰία. Suet. Vesp. 6. *Simultas* quam ex *æmulatione* non obscure gerebat. Licinius Mucianus, qui ne se cachait point d’être par esprit de rivalité l’ennemi politique de Vespasien.

—Odorari, odorus, v. *Olere*. —Offendere, v. *Lædere*. —Offensio, v. *Contumelia*.

Officium. Munus. *Officium*, tâche considérée comme une obligation morale qu’on remplit par conscience; *munus*, comme une obligation politique imposée par délégation. Cic. Mur. 35. Hæc sunt *officia* necessariorum, commoda tenuiorum, *munia* candidatorum. C’est un devoir d’affection pour les parents, un profit pour les petites gens, une charge imposée aux candidats.

Olere. Olfacere. Fragrare. Odorari. Olidus. Odorus. Redolere. Perolere. 1. *Odor* et *olere* expriment l’odeur qu’un corps répand, par opposition à *sapor*, etc., comme ὀσμή; *olfactus* et *olfacere*, la sensation de cette odeur ou le sens de l’odorat, par opposition à *gustus*, etc., comme ὄσφρησις.

2. *Olere*, sentir, par opposition à n’avoir point d’odeur, et par préférence sentir fort et mauvais, empester; *fragrare*, sentir bon, embaumer. *Redolere* et *perolere* jouent le rôle de fréquentatifs; mais *redolere* marque une odeur forte, bonne ou mauvaise, indifféremment; *perolere* se prend en mauvaise part pour une odeur pénétrante.

3. *Olfactus*, l’odeur perçue par un effet involontaire du sens de l’odorat; *odoratus*, odeur saisie par un effort du même sens.

4. *Olfacere*, sentir et flairer, est passif, comme *audire*, l’odeur monte au nez d’elle-même; *odorari*, aspirer, renifler, ῥινηλατεῖν est actif, comme *auscultare*, on attire soi-même l’odeur au nez. *Olfaciens* sentit *odorem*, *odorans* captat.

5. *Olidus*, qui sent, et par préférence qui sent mauvais; *odorus*, qui parfume. Par rapport à puer, *bene olidus* n’est qu’un opposé négatif, comme qui ne sent pas mauvais; *odorus* est l’opposé positif, comme: qui sent bon. Et de même, le vieux mot *olor* désignait la puanteur, comme *oletum*; *odor* ne marque que l’odeur.

—Oletum, v. *Lutum*. —Omina, v. *Auguria*. —Omittere, v. *Intermittere*, *Mittere* et *Relinquere*. —Omnes, v. *Quisque*. —Onus, v. *Moles*. —Opem ferre, v. *Auxilium*. —Olfacere, olidus, v. *Olere*. —Omnino, v. *Plane*. —Opacus, v. *Obscurum*.

Opera. Labor. Industria. Gnavitas. Assiduitas. Diligentia. 1. *Opera*, activité qui est loin d’astreindre, simple action, simple occupation matérielle, par opposition aux moments d’inaction ou encore à la pensée, au discours, au conseil, comme ἐργασία; *labor*, activité pleine d’efforts et suivie de fatigue, le travail, par opposition au plaisir, comme πόνος. Plaut. Aul. II, 3, 7. *Opera* huc est conducta vestra, non *oratio*. On a loué vos bras, non votre langue. Cic. Rep. I, 9. Otiosiorem *opera* quam *animo*. Plutôt désœuvré que libre d’esprit. Liv. XXII, 22. Ut *opera* quoque impensa *consilium* adjuvem meum. Pour mettre la main à l’exécution de mon dessein. Mais V, 4. *Labor* *voluptas*que dissimillima natura, societate quadam naturali inter se sunt conjuncta. Le travail et le plaisir dont la nature a fait deux extrêmes et qu’elle n’a pas laissé d’unir entre eux par une sorte d’association.

2. *Industria*, *gnavitas* et *sedulitas* présentent l’activité comme une qualité habituelle, par opposition à la paresse: *industria*, activité qui se déploie dans de grandes entreprises, celle qui anime le héros et l’homme d’État, par opposition à *ignavia*; *gnavitas*, activité utile, application de l’homme rangé et de l’industriel; enfin, *sedulitas*, l’activité dans les petites choses qui risque souvent de paraître comique, l’agitation perpétuelle d’une ménagère diligente, d’une nourrice dévouée, de l’homme qui fait sa cour. Colum. XII, præf. 8. Ut cum forensibus negotiis matronalis *sedulitas* *industriæ* rationem parem faceret. La femme attentive au détail d’une maison vaut l’homme qui consacre ses forces aux affaires publiques.

3. *Assiduitas* et *diligentia*, l’application: mais *assiduitus* marque plutôt, comme συνέχεια, la continuité: on arrive au but par des efforts longs et soutenus; *diligentia* marque plutôt l’intensité, comme ἀϰρίϐεια: on arrive par un travail soigneux et exact.

4. *Studium*, le zèle, marque exclusivement le goût et l’amour de la chose, le penchant intérieur.

—Operæ, v. *Mercenarii*. —Opifex, v. *Faber*. —Opinari, v. *Censere*. —Opitulari, v. *Auxilium*. —Opperiri, v. *Manere*. —Opes, v. *Divitiæ*. —Opimus, v. *Pinguis*. —Opinio, v. *Sententia*. —Oportet, v. *Necesse est*. —Oppetere, v. *Mors*. —Opportunitas, v. *Occasio*. —Opprobrium, v. *Ignominia*. —Optimates, v. *Primores*. —Opus est, v. *Necesse est*. —Ora, v. *Margo* et *Ripa*. —Optare, v. *Velle*. —Opulentia, v. *Divitiæ*. —Opus, v. *Agere*. —Orare, v. *Rogare*. —Opprimere, v. *Vincere*. —Oræ, v. *Laqueus*. —Oratio, v. *Sermo*.

Orbis. Circulus. Gyrus. *Orbis*, mouvement circulaire, périphérie décrite dans le cours de ce mouvement; *circulus*, surface circulaire; *gyrus*, ligne courbe et particulièrement ligne serpentine. L’expression in *orbem* consistere (serrer les rangs sur la circonférence d’un cercle) ne pourrait pas être échangée contre in *circulum* (se masser dans l’intérieur d’un cercle), et le cercle formé par une société close, *circulus*, ne pourrait point s’appeler *orbis*. Tac. G. 6. Equi nec variare *gyros* nostrum in modum docentur; in rectum aut uno flexu dextros agunt, ita conjuncto *orbe* ut nemo posterior sit. Les Germains ne dressent point, comme nous, les chevaux à suivre différentes courbes; ils les poussent droit devant eux; quand ils les font tourner, c’est toujours par la droite, et ils se suivent alors de si près sur une ligne circulaire, qu’on ne distingue pas le premier cavalier du dernier.

—Ordiri, v. *Incipere*. —Oreæ, v. *Frenum*. —Ornatus, v. *Præditus*. —Ordo, v. *Series*. —Ornare, v. *Comere*. —Os, v. *Facies*.

Osculum. Suavium. *Osculum*, baiser d’amitié; *suavium*, de tendresse.

Ostendere. Monstrare. Declarare. *Ostendere*, montrer en ce sens qu’on fait remarquer une chose, qu’on la fait voir, qu’on ne la tient pas cachée, comme φῆναι, ἐμφανίσαι; *monstrare*, indiquer en ce sens qu’on communique un renseignement, comme δεῖξαι; enfin, *declarare*, mettre en évidence en ce sens qu’on tire quelque chose au clair et qu’on dissipe des doutes, comme δηλῶσαι.

—Ostenta, v. *Auguria*. —Ostentatio, v. *Jactatio*.

Ostium. Janua. Fores. Valvæ. *Ostium* et *janua*, porte, ouverture qui sert à entrer et à sortir: *ostium*, terme général pour toute espèce de porte, θύρα; *janua*, terme spécial, porte de maison. *Fores* et *valvæ*, battants destinés à fermer l’ouverture: *fores*, à des portes ordinaires, comme θυρίδες; *valvæ*, à des édifices et à des temples qui ont des portes doubles, à deux battants. Tac. Ann. XIV, 8. Anicetus refracta *janua* obvios servorum adripit; donec ad *fores* cubiculi veniret. Anicétus enfonce la porte de la maison et se fait suivre par les esclaves qu’il rencontre jusqu’à la porte de la chambre d’Agrippine.

—Otiari, v. *Vacare*.

Otium. Pax. Concordia. *Otium*, la tranquillité en général, tandis que *pax* se rapporte aux relations extérieures et *concordia* à la situation intérieure.

P

—Pædor, v. *Lutum*.

Pæne. Prope. Fere. Ferme. *Pæne* et *prope* servent à adoucir une expression trop forte et à faire passer une hyperbole: *pæne*, qui est opposé à *plane*, se traduit par presque; *prope*, par peu s’en faut que. *Fere* et *ferme* ne servent qu’à se précautionner contre la lettre de l’assertion, comme à peu près, environ.

—Pætus, v. *Strabo*. —Palam, v. *Aperire*. —Palari, v. *Errare*. —Palus, v. *Lacuna*. —Pandus, v. *Curvus*. —Palpare, v. *Mulcere*. —Palus, v. *Stipes*. —Par, v. *Æquus*. —Parere, v. *Creare*. —Paratus, v. *Præditus*.

Parere. Obedire. Dicto audientem esse. Obsequi. Obsecundare. Morigerari. Obtemperare. *Parere*, *obedire* et *dicto audientem esse* présentent l’obéissance comme une obligation, un devoir, une sujétion: *parere*, avec une idée d’humilité, l’obéissance du serviteur à son maître, du sujet à son prince, par opposition à *imperare*; *obedire*, *obedire*, avec un certain air de liberté, celle de l’inférieur au supérieur, du citoyen à la loi et à l’autorité; *dicto audientem esse*, avec l’idée de la subordination stricte, l’obéissance passive du soldat à son général. *Obsequi*, *obsecundare*, *obtemperare* et *morigerari* expriment une obéissance volontaire et libre, comme être docile. L’*obsequens* et l’*obsecundans* sont dociles par amour et complaisance; ils se montrent pleins de bonne volonté; le *morigerans* et l’*obtemperans* le sont par conviction, estime ou crainte; ils font preuve de déférence. Hirt. B. Afr. 57. Jubæ barbaro potius *obedientem fuisse* quam nuntio Scipionis *obtemperasse*. Obéir à un barbare, à Juba, plutôt que d’écouter le messager de Scipion. Tac. H. II, 14. Parata non arma modo, sed *obsequium* et *parendi* amor, c’est-à-dire de la docilité inspirée par l’estime et l’amour qu’ils portaient au général et du plaisir à obéir, parce qu’ils sentaient que leur cause ne pouvait pas se soutenir sans subordination et sans ordre. Cic. Orat. 71. Dum tibi *roganti* voluerim *obsequi*. Voulant aller au-devant de ta prière. Comparez avec Famm. IX, 25. *Obtemperare* cogito *præceptis* tuis. Je pense me conformer à tes prescriptions.

—Paries, parietinæ, v. *Murus*. —Parilis, v. *Æquus*. —Parma, v. *Scutum*.

Pars. Portio. *Pars*, la partie, par rapport au tout; *portio*, la portion ou la part, par rapport à celui qui en a la jouissance. Plin. H. N. XI, 15. Æstiva mellatione decimam *partem* apibus relinqui placet, si plenæ fuerint alvi; sin minus, pro rata *portione*. Cassius Dionysius veut qu’on laisse aux abeilles le dixième de la récolte d’été, lorsque les ruches sont pleines, et une part proportionnée lorsqu’elles ne sont pas entièrement remplies. (Traduction de Guéroult.)

Partes. Factio. *Partes*, parti qui se forme de lui-même en vertu de la différence des principes et des intérêts; *factio*, faction qui se forme par une association étroite entre ses membres, et qui agit de concert avec une ardeur aveugle jusqu’à recourir à la violence pour assurer la suprématie de sa cause. Sall. Jug. 31. Inter bonos *amicitia*, inter malos *factio* est. Cette union, qui serait amitié entre des gens de bien, n’est qu’une faction entre des scélérats.

—Particeps, v. *Socius*. —Partiri, v. *Dividere*. —Participare, v. *Impertire*.

Parumper. Paulisper. *Parumper*, pour un peu de temps; *paulisper*, pendant un peu de temps. Il suit de là que *parumper* se dit par préférence des actes de l’esprit, *paulisper*, des faits matériels, parce que l’idée de futur contenue dans *parumper* s’associe presque nécessairement à ces actes de l’esprit, tandis que *paulisper* marque un état et une simple durée, par exemple *paulisper morari*, s’arrêter quelque temps, mais *parumper dubitare*, hésiter pour un temps.

Parvus. Minutus. Exiguus. Pusillus. *Parvus* et *minutus* expriment la petitesse dans un sens indifférent et purement mathématique, sans idée accessoire: *parvus*, une petitesse naturelle et inhérente, par opposition à *magnus*, comme μιϰρός; *minutus*, une petitesse factice, artificielle. *Exiguus* et *pusillus* expriment en outre une idée accessoire de mépris: *exiguus*, avec une nuance de pitié, comme misérable, insignifiant, par opposition à *amplus* ou à *grandis*; *pusillus*, avec une nuance de ridicule, comme tout petit, nain, par opposition à *ingens*, comme τυτθός.

—Pascere, v. *Alimenta*.

Passi. Prolixi. Sparsi. *Passi capilli*, cheveux dénoués par opposition à ceux qui sont retenus par un nœud, *cohibiti nodo*; *prolixi*, cheveux flottants par opposition à ceux qui sont relevés sur le haut de la tête, *religati in verticem*; enfin *sparsi*, cheveux épars et en désordre par opposition à des cheveux bien peignés, *pexi*.

—Passus, v. *Gradus*. —Pati, v. *Ferre*. —Patefacere, v. *Aperire*.

Paternus. Patrius. *Paternus*, πατρῷος, ce qui appartient au père et ce qui vient de lui, comme paternel; *patrius*, πάτριος, ce qui appartient aux ancêtres ou à la patrie et ce qui vient d’eux.

Paulatim. Sensim. Gradatim. Pedetentim. *Paulatim* et *sensim* présentent la gradation sous l’image d’un progrès qui passe inaperçu: *paulatim*, comme peu à peu, par opposition à *semel* d’une seule fois; mais *sensim* comme insensiblement, par opposition à *repente*, tout à coup; *gradatim* et *pedetentim*, sous l’image d’un progrès visible: *gradatim*, comme pas à pas et ϐάδην, par opposition à *cursim*, *saltuatim*, etc.; *pedetentim*, en avançant avec peine et pied à pied par opposition à *cursu*, *equo*, *volatu*, *velis*.

—Paulisper, v. *Parumper*.