Part 13
Medius. Modicus. Mediocris. *Medius* est toujours adjectif de lieu, au milieu, entre deux, par opposition aux points extrêmes; *modicus* est un adjectif de quantité qui se rapporte au nombre et à la grandeur, comme modéré, par opposition à toute sorte d’excès; *mediocris* est un adjectif de qualité qui se rapporte à la valeur d’un objet, comme médiocre, par opposition à l’excellence. Il y a identité entre *modicæ facultates*, une certaine dose de moyens, et *mediocre ingenium*, un génie médiocre. Cic. Rep. II, 31. Haud *mediocris* vir fuit, qui *modica* libertate populo data facilius tenuit auctoritatem principum. Je ne saurais voir un génie médiocre dans l’homme qui ne donna au peuple une liberté modérée que pour mieux conserver l’autorité des grands.
—Medius dies, v. *Meridies*.
Membrum. Artus. *Membrum*, le membre même constituant une partie du corps, comme μέλος et χῶλον; *artus*, l’articulation du membre, comme ἄρθρον et ἅψος. Sen. Contr. II, 13. Differebatur distortis manibus, emotis *articulis*; nondum in sua *membra* *artus* redierant[1]. On la tiraillait encore quoique les mains fussent disloquées, les articulations luxées; les jointures ne s’étaient pas encore rapprochées des membres. Virg. Æn. V, 422. Magnos *artus* *membrorum*. Les muscles puissants qui servaient d’attache aux membres. Quintil. Decl. Ult. Ut per singulos *artus* *membra* laxaret[2]. Afin de déboîter les membres à chaque jointure. D’autre part, *membra* se dit de toutes les parties du corps, même de la tête et du tronc; *artus* ne désigne que les extrémités qui se rattachent par des jointures, *commissuræ*, au corps proprement dit, composé de la tête et du tronc.
—1 Collection Lemaire. Tome CXXXIII, p. 219. —2 Collection Lemaire, Tome XLIX, p. 406.
Meminisse. Reminisci. Recordari. *Meminisse* présente le souvenir comme un état de l’esprit, μεμνῆσθαι, on a conservé un fait dans sa mémoire, on sait encore sans avoir jamais oublié, c’est le sens de *memorem esse*; *reminisci* et *recordari* présentent le souvenir comme un acte de l’esprit, ἀναμιμνήσϰεσθαι, on retrouve une idée qu’on avait perdue de vue. Mais *reminisci* exprime, comme in *memoriam revocare*, un acte momentané; *recordari* un acte durable, comme *revocata in memoriam contemplari*. Cic. Lig. 12, 35. Equidem, cum tuis omnibus negotiis interessem, *memoria teneo*, qualis T. Ligarius, quæstor urbanus, fuerit erga te et dignitatem tuam; sed parum est, me hoc *meminisse*; spero etiam te, qui oblivisci nihil soles, nisi injurias, quoniam hoc est animi, quoniam etiam ingenii tui, te aliquid de hujus illo quæstorio officio cogitantem, etiam de aliis quibusdam quæstoribus *reminiscentem* *recordari*. Témoin de tous tes embarras, j’ai la mémoire encore pleine de ce que T. Ligarius a fait pour toi, pour ménager ta dignité, dans sa questure civile. Mais c’est peu que je me souvienne moi. Tu nous as habitués à ne te voir jamais oublier que les injustices, c’est là que va la pente de ton âme et de ton caractère; j’espère donc qu’en songeant à la manière dont il a rempli cette charge, tu t’arrêteras aussi sur les souvenirs qui se rapportent à quelques autres questeurs. Ce passage fait voir 1º que *memoria tenere* n’est qu’une périphrase de *meminisse*; 2° que *recordari* peut être une conséquence de *reminisci*, sans que la réciproque soit vraie, car il y a entre les deux le même rapport qu’entre *intueri* et *conspicere*. Cic. Sen. 21. Pueri... ita. celeriter res innumerabiles arripiunt, ut eas non tum primum accipere videantur, sed *reminisci* et *recordari*. Les enfants saisissent si promptement une foule d’idées qu’ils ont l’air de les retrouver et de s’y arrêter par souvenir plutôt que de les recevoir pour la première fois. Cicéron aurait pu ajouter: quæ non satis *meminerint*, sed in aliquantum temporis obliti sint: idées qui ne s’étaient point assez gravées dans leur mémoire, qu’ils avaient oubliées pour un temps. Tusc. I, 24, 58. Animus, quum se collegit atque recreavit, tum agnoscit illa *reminiscendo*; ita nihil aliud est discere, quam *recordari*. L’esprit se recueille et reprend des forces, après quoi il retrouve ces idées par un effort de mémoire; apprendre, c’est donc s’arrêter sur des souvenirs. Sen. Ep. 100. Magis *reminiscor* quam *teneo*. C’est un souvenir que je retrouve plutôt qu’un souvenir qui m’est resté.
—Menda, mendum, v. *Vitium*. —Mendicitas, v. *Paupertas*. —Meracus, v. *Purus*. —Mens, v. *Anima*. —Mercari, v. *Emere*.
Mercenarii. Operarii. Operæ. *Mercenarii*, journaliers qui ne travaillent point à leur compte, mais pour un salaire, par opposition au propriétaire qui a le profit; *operarii* et *operæ*, manœuvres qui entreprennent pour un autre un travail mécanique par opposition au maître qui fournit l’idée. Les *mercenarii* sont relégués à un rang inférieur par leurs mœurs; les *operarii*, par la grossièreté de leur travail,
—Merces, v. *Præmium*. —Merda, v. *Lutum*. —Mercimonium, v. *Merx*.
Merere. Dignum esse. Mereri. 1. *Merere* et *mereri*, mériter par une action; *dignum esse*, être digne par une qualité.
2. *Merere* est habituellement transitif, il se joint à un accusatif ou à une proposition explicative; *mereri* est intransitif, et se joint à une expression adverbiale. Cic. Rosc. Com. 15. Fructum quem *meruerunt* retribuam. Je leur payerai le tribut d’éloges qu’ils ont mérité. Comparez avec Catil. II, 2, 4. Si illum ut *erat* (sous-entendu: de me) *meritus* morte mulctassem. Si je lui avais infligé la peine de mort comme je le lui devais.
3. *Merere*, employé comme verbe intransitif ou sans complément, signifie servir en qualité de soldat, par ellipse de *stipendia*; *mereri*, employé comme verbe transitif ou avec un complément signifie gagner, acquérir quelque chose, sans idée de mérite.
Meridies. Medius dies. *Meridies*, le coup de midi considéré comme un point qui sépare la matinée de l’après-midi; *medius dies*, le milieu de la journée considéré comme un espace qui est compris entre le matin et le soir.
—Merus, v. *Purus*.
Merx. Mercimonium. *Merx*, la marchandise qui est par le fait un article de commerce; *mercimonium*, celle qui peut le devenir, la matière première. Tac. A. XI, 5. Nec quidquam publicæ *mercis* tam venale fuit. De toutes les marchandises qui sont dans le commerce, aucune ne se vendait mieux. Comparez avec XV, 38. *Mercimonium* quo flamma alitur. Les matières les plus propres à servir d’aliment à la flamme.
Metiri. Metari. Dimetiri. Dimetari. 1. *Metiri*, mesurer un espace pour en connaître la grandeur; *metari*, jalonner l’espace mesuré pour en indiquer les limites.
2. On emploie *dimetiri* et *dimetari* pour indiquer en outre qu’on mesure et qu’on jalonne les subdivisions; *metari castra* se rapporte simplement à l’enceinte des retranchements, mais quand Tite-Live dit par préférence VIII, 38, Locum castris *dimetari*, c’est qu’il marque expressément, ce qui d’ailleurs va de soi, qu’on a aussi jalonné les places d’armes, *principia*, l’emplacement de la tente du général, *prætorium*, etc., dans l’intérieur du camp.
—Metuere, v. *Vereri*. —Minime, v. *Neutiquam*. —Minutus, v. *Parvus*. —Micare, v. *Lucere*. —Minister, v. *Servus*.
Misereri. Miserari. Miseret me. 1. *Misereri*, avoir le cœur plein de pitié, comme compatir et ἐλεεῖν; *miserari*, montrer de la pitié en paroles, comme plaindre et οἰϰτείρειν. Les Latins n’ont point de terme spécial pour la pitié en action ou erbarmen de l’allemand.
2. *Misereor tui* présente la pitié comme un acte de libre arbitre, il peint la générosité de la personne qui compatit, comme si on disait en allemand: ich erbarme mich dein, j’ai pitié de toi. *Miseret me tui* présente la pitié comme une impression irrésistible, tout mérite moral disparaît, et la grandeur du malheur d’autrui en ressort d’autant, comme si on disait en allemand es erbarmt mich dein, tu me fais pitié. Car *miserere* est un verbe causatif, comme οἰϰτίζειν.
—Miseria, v. *Infortunium*.
Missile. Hasta. Lancea. Jaculum. Verutum. Tragulum. Pilum. *Missile*, terme général pour toute espèce d’arme qui sert à combattre de loin, trait ou flèche; *hasta* et *lancea*, armes de main et de jet, la pique: *hasta*, l’arme nationale des Romains, δόρυ; *lancea*, arme étrangère attribuée aux Suèves, λόγχη. *Pilum*, *jaculum*, *verutum*, sont plutôt des armes de jet, le javelot: *jaculum*, terme général comprenant l’arme de ce genre usitée à la chasse ou épieu, ϐέλος; *verutum* et *tragulum*, termes techniques pour les javelots militaires, ἄϰων; *pilum*, terme spécial pour le javelot du légionnaire romain. Liv. IX, 19. Romano *pilum* haud paulo quam *hasta* vehementius ictu missuque telum. Le légionnaire romain a son javelot qui n’a guère moins de pénétration que la pique comme arme de main et de jet.
Mitis. Lenis. Placidus. *Mitis*, doux par caractère, par opposition à *acerbus*, comme μείλιχος; *lenis*, doux dans ses actions, par opposition à *vehemens*, comme πρᾶος; *placidus*, dans ses façons, par opposition à *turbidus*, comme ἤπιος.
Mittere. Legare. Amittere. Dimittere. Omittere. 1. *Mittere*, exprime l’idée générique, comme envoyer; *legare*, a un sens spécial et politique, comme déléguer. Le *missus* est un serviteur ou un messager; le *legatus*, un représentant.
2. *Amittere* et *dimittere*, laisser échapper de ses mains ce qu’on tenait en son pouvoir *amittere*, contre sa volonté, comme perdre; *dimittere*, après en avoir usé, comme congédier. *Omittere*, laisser passer quelque chose devant soi sans en prendre possession. Et, pour préciser: *amittimus inviti et casu*, *omittimus volentes et sponte*. *Amittere occasionem*, c’est perdre une occasion et se mettre hors d’état de l’utiliser par indolence, tandis qu’*omittere*, c’est renoncer à en tirer parti et ne pas vouloir l’utiliser pour en faire peu de cas. Et *vitam amittere*, c’est perdre la vie, mais *omittere*, c’est la sacrifier.
—Moderatus, modestia, v. *Modus*. —Modicus, v. *Medius*.
Modo—modo. Nunc—nunc. *Modo—modo* ne devrait s’appliquer à la rigueur qu’à des actions passées ou futures; *nunc—nunc* à des actions présentes. Cette distinction est tombée en désuétude, mais *nunc—nunc* a du moins un tour plus vif et appartient à la poésie et à la prose élevée, comme tantôt... tantôt; *modo—modo* est, comme une fois... une autre fois, le terme propre de la prose dont Cicéron se sert constamment.
—Modo, v. *Nuper*.
Modus. Modestia. Moderatio. Temperatio. Continentia. Abstinentia. 1. *Modus*, l’idée de la mesure et de la règle prise comme un précepte moral indépendant de toute personnalité, ce que les Grecs entendent par μέτριον, μηδὲν ἄγαν; *modestia* et *moderatio*, la même idée par rapport au sujet qui la possède ou la pratique: *modestia*, sous forme de sentiment, et *moderatio* sous la forme d’une conduite que dirige ce sentiment de la mesure et de la règle.
2. *Moderatio*, la modération qui est fille de l’intelligence, du calcul et de la réflexion, elle est parente de la *prudentia*; *temperatio* et *temperantia*, qualité qui pénètre l’homme entier et ennoblit tout son être, elle est parente de la *sapientia*. La *moderatio* suppose, comme l’empire sur soi- même, une lutte des passions avec la raison dans laquelle la raison a le dessus; la *temperatio* suppose, comme la tranquillité d’esprit, une raison qui a déjà pris le dessus, soit par un effet de la nature, soit par progrès moral.
3. *Temperatus*, *temperatio*, expriment simplement une qualité louable qui peut appartenir aux choses; *temperans*, *temperantia*, une vertu dont les êtres raisonnables sont seuls susceptibles.
4. *Moderatio*, la modération dans l’action par opposition à *cupiditas*; *continentia*, dans la jouissance par opposition à *libido*.
5. *Continentia*, l’empire qu’on exerce sur les désirs sensuels, la continence; *abstinentia*, sur la convoitise de la propriété d’autrui, l’honnêteté stricte. Il est moins exact de traduire *abstinentia* par désintéressement, cette dernière vertu n’étant imposée que par la morale, tandis que l’*abstinentia* est commandée par la loi.
6. La *modestia* craint de dépasser la juste mesure ou *modus* par égard pour la morale qui la prescrit; la *verecundia* et la *reverentia*, par égard pour des personnes auxquelles le *verecundus* craint de déplaire et auxquelles le *reverens* croit devoir du respect; enfin, la *pudor*, par égard pour elle- même afin de ne pas s’exposer au mépris. Varron, dans Non. Non te tui saltem *pudet*, si nihil mei revereare? N’as-tu point de honte pour toi-même, si tu n’as plus aucun respect pour moi? Terent. Phorm. I, 5, 3, ou II, 1, 3. Non simultatem meam *revereri*? Saltem *pudere*? Ne pas reculer par respect devant mon inimitié? Ne pas rougir pour lui-même?
—Mœnia, v. *Murus*. —Mœstitia, v. *Dolor*.
Moles. Onus. Pondus. Gravitas. *Moles* et *onus*, la pesanteur envisagée par son côté désavantageux: *moles*, au sens absolu, comme un obstacle, en parlant d’un objet difficile à remuer à cause de sa grandeur, ὄγϰος; *onus*, au sens relatif, comme une charge ou un fardeau qui accable le porteur, φόρτος. *Pondus*, la pesanteur envisagée par son côté avantageux, comme puissance et comme force, le poids, ἄχθος. Enfin, *gravitas* réunit ces deux rapports et exprime tantôt la pesanteur qui est à charge, tantôt le poids qui devient une force active, ϐάρος.
—Molestia, v. *Labor*. —Monere, v. *Hortari*. —Moliri, v. *Audere*. —Moneta, v. *Pecunia*.
Mons. Jugum. *Mons*, la montagne, par rapport à sa dimension en hauteur, ὄρος; *jugum*, par rapport à ses dimensions en largeur et en longueur. *Jugum* a deux sens. Il se dit de la courbe supérieure de la montagne, courbe qui prend encore les noms plus précis de *dorsum* et de *cacumen*, selon qu’elle est aplatie ou pointue, par opposition à *radices montis*. Il se dit aussi des contre- forts d’une montagne et particulièrement des hauteurs par lesquelles différentes montagnes sont réunies de manière à former une chaîne. Par opposition à *mons*. Liv. XXII, 18. Sub *jugo* montis prælium fuit. Le combat eut lieu au-dessous de la crête de la montagne. Comparez avec XLI, 18. Petilius adversus Balistæ et Leti *jugum*, quod eos *montes* perpetuo *dorso* conjungit, castra habuit. Pétilius campa en face des contre- forts du Baliste et du Létus qui réunissent ces montagnes par une crête continue.
—Monstra, v. *Auguria*. —Morari, v. *Manere*. —Monstrare, v. *Ostendere*. —Morbidus, morbus, v. *Æger*. —Morosus, v. *Austerus*. —Morigerari, v. *Parere*.
Mors. Letum. Nex. Obitus. Interitus. Perire. Oppetere. Demori. Intermori. Emori. 1. *Mors* et *letum*, la mort naturelle: *mors*, qui est le terme ordinaire, se prend simplement au sens physique; c’est le chemin qui mène à la dissolution, θάνατος; *letum* est le terme choisi, solennel, la mort imposée par le destin, οἶτος; *nex*, la mort violente, terme passif, par opposition au terme actif de *cædes*.
2. *Mors*, *letum*, *nex*, sont des termes propres; *obitus* et *interitus*, des euphémismes. *Obitus* désigne, comme *exitus*, une mort naturelle; *interitus* et *perire* désignent habituellement, comme *exitium*, une mort violente. Plin. Ep. III, 7. Silius ultimus ex Neronianis consularibus *obiit*, quo consule Nero *periit*. De tous les consulaires du règne de Néron, Silius fut le dernier à partir; la mort violente de Néron date de son consulat. Plaut. Epid. III, 4, 56. Malo cruciatu *pereas* atque *obeas* cito. Va-t’en périr dans les tourments, pars au plus vite.
3. *Perire* présente la mort comme une destruction et une corruption; *interire*, comme une disparition, en sorte qu’à la rigueur celui-là regarde plutôt le corps, celui-ci plutôt l’âme. Plaut. Capt. III, 5, 32. Qui per virtutem periit, at non interiit, c’est-à-dire celui qui meurt par un noble trépas, de celui-là le corps seul périt, l’essence de son être (il ne s’agit pas ici de l’âme, mais de la renommée et de la gloire) ne passe point. En outre, *perire* désigne une mort prompte et tragique, particulièrement par suicide; *interire*, une mort lente et douloureuse ou encore une mort paisible. Tac. Ann. XV, 44. Et *pereuntibus* Christianis addita ludibria, ut ferarum tergis contecti laniatu canum *interirent*. Et pour se faire un jeu de la mort violente des chrétiens, on les couvrait de peaux de bêtes sauvages, et ils mouraient lentement déchirés par les chiens. Serv. ap. Cic Famm. IV, 5. Si quis nostrum *interiit* aut *occisus* est. Si l’un de nous est mort tranquillement ou s’il a été tué.
4. *Obire mortem* présente la mort comme un accident physique; on reste tout à fait passif; *oppetere*, comme un acte moral: si l’on ne va pas chercher la mort, on l’attend du moins avec une fermeté méprisante.
5. *Demori*, sortir par la mort d’une société dans laquelle on laisse un vide; *intermori*, être frappé pour un temps de mort apparente, ἐϰθανεῖν; *emori*, mourir tout à fait, par opposition à un semblant de vie passée dans le malheur, l’esclavage et la honte, πανδίϰως θανεῖν. Cic. Pis. 7. Ut *emori* potius quam servire præstaret. Plutôt mille morts que l’esclavage.
—Mos, v. *Consuetudo*. —Mucro, v. *Acies*. —Mostellum, v. *Spectrum*. —Mulcare, v. *Verberare*.
Mulcere. Palpare. *Mulcere*, passer légèrement la main sur un corps rude, par exemple, sur des cheveux pour les lisser; au figuré, adoucir un homme en colère, comme ϰαταψῆν; *palpare*, toucher légèrement un corps lisse, par exemple, la peau nue, pour causer par l’attouchement une sensation agréable; au figuré, se mettre en frais d’amabilité, cajoler, comme ψηλαφᾷν.
—Mulcta, v. *Vindicta*. —Mundus, v. *Purus*. —Mulier, v. *Femina*. —Munificus, v. *Largus*. —Munimenta, v. *Murus*. —Munus, v. *Donum* et *Officium*.
Murus. Paries. Mœnia. Maceria. Parietinæ. Munimenta. 1. *Murus*, toute espèce de bâtisse en forme de mur, au point de vue exclusif de la forme, sans égard à la destination, τεῖχος; *paries*, mur latéral, mur mitoyen ou cloison servant à établir des séparations, τοῖχος; *mœnia*, murs d’une ville pour servir de défense contre l’ennemi, περίϐολος; *maceria*, le mur qui entoure une pièce de terre pour en marquer les limites et pour la protéger contre les voleurs, la clôture d’un jardin, d’un vignoble, θριγϰός. Virg. Æn. VI, 549. *Mœnia* lata videt triplici circumdata muro. Il voit une vaste enceinte entourée d’un triple mur. Tac. Ann. XV, 43. Nero instituit, ut urbis domus non communione parietum sed propriis quæque muris ambirentur. Néron décida que les maisons de Rome n’auraient plus de murs mitoyens, que chacune aurait les siens.
2. *Muri*, *mœnia*, etc., murs en bon état d’entretien; *parietinæ*, murs en ruine.
3. *Mœnia*, remparts d’une ville propres à résister à un coup de main; *munimenta*, fortifications régulières d’une place forte ou d’un camp retranché, capables de braver un assaut.
Mutilare. Truncare. *Mutilare* se dit de mutilations légères, comme de briser les cornes, de couper le nez, les doigts, etc.; *truncare*, de mutilations graves, comme de trancher les bras, les pieds, les mains. On peut comparer les *mutilata membra* à des rameaux et à des scions rompus; les *truncata*, à de grosses branches abattues.
—Mutuo, v. *Vicissim*. —Mysteria, v. *Arcana*. —Mutuum, v. *Commodare*.
N
—Nancisci, v. *Invenire*. —Nares, v. *Nasus*.
Nasus. Nares. *Nasus*, le nez, partie saillante du visage, ῥίν; *nares*, les fosses nasales ou narines, organe actif du sens de l’odorat, μυϰτῆρες.
—Natio, v. *Gens*.
Navigium. Navis. Celox. Lembus. Liburna. Scapha. Cymba. Linter. *Navigium* est le terme général, comme bâtiment; *navis*, véritable vaisseau destiné à de longues traversées; *celox*, *lembus* et *liburna*, bateaux qu’on peut équiper et armer en guerre; *scapha*, *cymba* et *linter*, canots ou nacelles destinés à de courtes excursions et à un simple trajet d’un bord à l’autre *scapha* et *cymba*, larges, en forme de chaloupe; *linter*, long et effilé, en forme de pirogue.
Necessarius. Propinquus. Cognatus. Consanguineus. Affinis. 1. *Necessarius*, toute personne à laquelle on est lié par un rapport durable, par des relations d’affaires en qualité de *collega*, de *patronus*, de *cliens*, ou par des relations privées en qualité de *familiaris*, d’*amicus*, comme προσήϰοντες; *propinquus*, toute personne à laquelle on tient par des rapports de famille, parent quelconque, comme ἀγχιστεῖς et ἔται: c’est le terme générique qui comprend, outre le *cognatus* et le *consanguineus* ou parents par le sang, l’*affinis* ou parent par mariage ou alliance, comme ϰηδεστής.
2. *Cognatio*, la parenté par le sang entre membres de la famille, comme σύναιμος; *consanguinitas*, celle de nations qui appartiennent à la même race, comme συγγενής. Cæs. B. G. VII, 32. Hominem summæ potentiæ et magnæ *cognationis*. Personnage très-puissant et de grande famille. Comparez avec I, 11. Ambarii necessarii et *consanguinei* Æduorum. Les Ambarriens attachés aux Éduens et de même race qu’eux.
Necesse est. Oportet. Opus est. Debere. 1. *Necesse est* exprime une exigence de la nature et de la nécessité, comme ἀνάγϰη ἐστίν; *oportet*, une exigence de la morale et de l’honneur, comme χρή; opus est, de la prudence, comme δεῖ. Cic. Orat. II, 25. Jure omnia defenduntur quæ sunt ejus generis, ut aut *oportuerit*, aut licuerit, aut *necesse fuerit*. On excuse tous les faits de ce genre en se rejetant sur une obligation morale, sur une liberté consacrée par l’usage ou sur la nécessité. Att. IV, 6. Si loquor de republica quod *oportet*, insanus, si quod *opus est*, servus existimor. Si je parle honneur à propos des affaires publiques, je passe pour un insensé; si je parle prudence, je passe pour un esclave. Sen. Ep. 94. Emo non quod *opus est*, sed quod *necesse est*; quod non *opus est*, asse carum est. Je ne fais point tous les achats qu’exigerait la prudence, mais seulement ceux qu’exige la nécessité; pour une acquisition que la prudence ne commande pas, c’est trop d’une pièce de cuivre. Sall. Jug. 31. Nihil vi, nihil secessione *opus est*; *necesse est* suomet ipsi more præcipites eant. La prudence n’exige de vous ni violence ni retraite sur le mont sacré; il faut de toute nécessité que leur propre conduite les entraîne à leur perte.
2. *Oportet* exprime le droit que les autres exercent sur nous au nom de la morale; *debere*, l’obligation morale à laquelle nous nous sentons soumis, comme ὀφείλειν. Tac. H. IV, 7. Accusatores etiamsi puniri non *oporteat*, ostentari non *debere*. Si on n’était point obligé en droit à punir les accusateurs, du moins ne devait-on pas les montrer au public.
—Nectere, v. *Ligare*. —Nefandus, nefarius, v. *Scelestus*. —Nefas, v. *Delictum*.
Negare. Infitiari. Infitias ire. Denegare. Pernegare. Recusare. Abnuere. Renuere. Repudiare. 1. *Negare*, nier au nom de la vérité qu’on voit ou qu’on prétend voir, comme ἀποφάναι, οὐ φάναι; *infiteri*, *infitiari* et *infitias ire*, renier, désavouer pour quelque raison d’intérêt personnel, comme ἀρνεῖσθαι. Cic. Fr. Tog. cand. p. 525. Or. Denique illi negare potuerunt et *negarunt*; tu tibi ne *infitiandæ* quidem impudentiæ locum reliquisti. Pour eux, ils pouvaient nier et ils ont nié le fait; pour toi, tu ne t’es même pas réservé le moyen de désavouer ton effronterie.
2. *Infiteri*, terme vieilli; *infitiari*, terme usuel et général. *Infitias ire* ne se construit en prose qu’avec une négation et répond alors à ne pas disconvenir.