Part 12
—Limes, v. *Finis*. —Lingere, v. *Lambere*. —Limus, v. *Lutum*.
Lingua. Sermo. *Lingua*, langage du premier peuple venu, même le plus grossier, *gentis* ou *nationis*, pourvu qu’il ait un vocabulaire particulier pour rendre ses idées; *sermo*, langue d’un peuple civilisé, *populi*, servant d’expression à des pensées suivies. Notre idiome, *lingua*, nous est donné quand nous venons au monde comme la langue que nous avons dans la bouche, et ce terme se rapporte par préférence au matériel des mots; le *sermo* suppose comme le discours une certaine initiative personnelle, il comprend les règles de la grammaire et du style. Cic. Finn. 3, 10. Sæpe disserui latinam *linguam* non modo non inopem, sed locupletiorem etiam esse quam græcam. J’ai souvent essayé de démontrer que le latin, qui est notre idiome, n’est rien moins que pauvre, qu’il offre même plus de ressources que le grec. Comparez avec Off. I, 31. *Sermone* debemus uti eo qui notus est nobis. Employons la langue que nous savons.
—Linter, v. *Navigium*. —Lira, v. *Porca*. —Liquere, v. *Fluere* et *Constat*.
Littera. Elementum. *Littera*, la lettre comme élément indivisible de l’écriture, γράμμα; *elementum*, comme élément indivisible de la langue parlée, comme un des sons simples que la science grammaticale étudie, στοιχεῖον.
Litteræ. Epistola. Codicilli. *Litteræ*, terme général, lettre; *epistola*, lettre adressée à un ami éloigné et envoyée par un messager, missive; *codicilli*, billet adressé dans l’enceinte d’une ville. Sen. Ep. 55. Adeo tecum sum ut dubitem an incipiam non *epistolas*, sed *codicillos* tibi scribere. Je vis si parfaitement avec toi en imagination, qu’il me prend des envies de t’écrire au lieu de longues missives de simples billets. Cic. Fam. VI, 18. Simul accepi a Seleuco tuo *litteras*; statim quæsivi e Balbo per *codicillos* quid esset in lege. Aussitôt ta lettre reçue des mains de Séleucus, j’écrivis un billet à Balbus pour savoir de lui la teneur de la loi.
Litteræ. Artes. Doctrinæ. Disciplinæ. *Litteræ* et *artes*, les lettres et les sciences considérées en général comme le but des études: *litteræ*, au sens restreint, la littérature d’imagination ou de raisonnement consignée dans les livres, comme moyen direct d’enrichir la mémoire, et moyen indirect d’aiguiser l’intelligence et de former le goût; *artes*, les lettres et les sciences dans l’acception la plus haute quand les connaissances qu’on acquiert servent immédiatement à développer l’esprit et le talent. *Doctrinæ* et *disciplinæ*, les diverses branches du domaine général de la science réduites en systèmes: *doctrinæ*, se disant par préférence des sciences spéculatives, abstraites, des études philosophiques et savantes; *disciplinæ*, des sciences pratiques appliquées aux usages de la vie.
—Litigatio, v. *Disceptatio*. —Livor, v. *Invidia*. —Littus, v. *Ripa*. —Locuples, v. *Divitiæ*.
Locus. Tractus. Regio. Plaga. *Locus*, espace pris comme un point isolé, endroit, τόπος; *tractus*, espace considéré comme une ligne, bande, zone qui s’étend au loin, c’est à peu près le grec ϰλίμα; *regio*, espace pris comme un cercle, comprenant les environs d’un centre, contrée, χῶρος; *plaga*, espace pris comme une surface en général.
—Longævus, v. *Vetus*. —Loquax, v. *Garrire*. —Longe, v. *Procul*. —Loqui, v. *Dicere*.
Lucere. Fulgere. Splendere. Nitere. Renidere. Coruscare. Micare. Radiare. 1. *Lucere*, *fulgere*, *splendere*, *nitere*, désignent une clarté fixe et permanente: *fulgere*, celle d’une lumière intense ou d’une couleur de feu qui éblouit, comme φλέγω; *lucere*, celle d’une lumière bienfaisante et d’une couleur de feu plus douce, comme φαίνω, φέγγω; *splendere*, l’éclat d’une surface polie et nette, par opposition à *sordere*, comme λάμπω; *nitere* en prose et en vers *renidere*, le lustre d’un corps humide, huilé, graissé, verni ou lavé, par opposition à *squalere*, comme στίλϐω.
2. *Coruscare*, *micare*, *radiare*, désignent une clarté intermittente et mobile comme étinceler et scintiller: *coruscare*, briller comme l’éclair qui sort brusquement de la nue; *micare*, étinceler comme le métal qu’on agite au soleil; *radiare*, lancer des jets de lumière comme le soleil qui darde ses rayons. Cic. Cat. II, 3. Qui *nitent* unguentis, qui *fulgent* purpura. Ceux qui empruntent le lustre des parfums, l’éclat de la pourpre. Auct. ad Herenn. IV, 33. Tantus erat in *armis splendor* ut *solis fulgor* obscurior videretur. Ses armes resplendissantes semblaient obscurcir les feux ardents du soleil. Plin. H. N. XXXVII, 2. *Splendor* murrhinis sine viribus, *nitor*que verius quam *splendor*. Il n’y a rien qui frappe dans l’éclat de ces vases, et ils ont même, à vrai dire, plus de lustre que d’éclat. *Splendor* présente en effet l’éclat sous son aspect majestueux, *nitor* sous son aspect aimable, comme dans Auct. ad Herenn. IV, 50. Gemmæ *nitore* et auri *splendore*. Par le lustre des pierreries et par l’éclat de l’or. Au figuré *splendor* marque la magnificence, *nitor* l’élégance.
—Lucerna, v. *Candela*.
Lucrum. Emolumentum. Quæstus. Compendium. *Lucrum* et *emolumentum*, gain dans toutes les circonstances de la vie: *lucrum*, gain qu’on doit à ses propres efforts, par opposition à *damnum*, ϰέρδος; *emolumentum*, avantage qui échoit à quelqu’un, par opposition à *detrimentum*, ὠφέλημα. *Quæstus* et *compendium*, bénéfice dans le domaine du commerce: *quæstus*, bénéfice soutenu, permanent, par opposition à *sumptus*, χρηματισμός; *compendium*, profit accidentel et considérable, par opposition à *dispendium*.
—Luctus, v. *Dolor*.
Luculentus. Illustris. *Luculentus*, synonyme de *probabilis*, ce qui supporte les regards et n’a point de raison de fuir la lumière, ce qui est comme il faut; *illustris*, synonyme d’*excellens*, ce qui attire les regards, ce qui saute aux yeux et brille au soleil. *Luculentus* ne contient jamais un éloge emphatique. Cic. Off. III, 14, 60. Нос quidem satis luculente, c’est-à-dire cela s’entend. Et Finn. I, 5, 15: Cum græce, ut videor, *luculenter* sciam. Je crois savoir convenablement le grec, ce qui n’est nullement prétentieux. C’est comme si on disait: *sic satis*.
—Lucus, v. *Silva*. —Ludio, v. *Actor*.
Ludus. Schola. *Ludus*, école élémentaire pour les enfants qui ont besoin d’apprendre et qu’on y oblige; *schola*, école d’enseignement supérieur pour les jeunes gens et les hommes qui veulent s’instruire. Le *ludus* suppose des écoliers, *discipulos*, un maître, *ludi magistrum*, et une discipline classique; la *schola* suppose des auditeurs, *auditores*, un professeur, *doctorem*, et un genre d’exposition académique.
Ludus. Lusus. Ludicrum. Jocus. 1. *Ludus*, le jeu qui offre à l’homme un moyen de divertissement; *lusus*, le jeu auquel l’homme se livre, qu’il met en train, qu’il imagine. *Ludus* présente le jeu comme une récréation, par opposition à la peine; *lusus*, comme une action puérile et vaine, par opposition aux occupations sérieuses. Plin. Ep. IX, 33, 3. Pueri quos otium *ludus*que sollicitat. Les enfants que dérangent le désœuvrement et le jeu. Comparez avec IX, 25: *Lusus* et ineptias nostras legis. Tu lis les bagatelles et les sottises auxquelles nous nous sommes amusés. Cic. Flacc. 5, 12. Græci quibus jusjurandum jocus est, testimonium *ludus*, c’est-à-dire les Grecs pour lesquels c’est fort peu de chose que de porter un faux témoignage. Comparez avec Sen. Contr. I, 2. Piratas... quibus omne fas nefasque *lusus* est, c’est-à-dire les pirates aux yeux desquels la différence entre le juste et l’injuste n’est qu’un amusement, un jeu de mots sans conséquence.
2. Le pluriel *ludi* prend la signification particulière de spectacles publics, et, dans cette acception, il a pour singulier *ludicrum*.
3. *Ludus* et *lusus* ont un tour négatif; ce sont de simples passe-temps, des distractions, comme moyen préservatif contre l’ennui; *jocus* est un terme positif, amusements, plaisanteries, comme manifestation de la bonne humeur et de la vivacité d’esprit. Le *ludens* ne demande qu’à n’être point astreint, à ne rien faire de sérieux et à se délasser; le *jocans* dépense en frivolités autant d’ardeur qu’on en peut mettre aux affaires.
Lues. Contagium. Pestilentia. Pestis. Pernicies. Exitium. Interitus. Exitus. 1. *Lues*, terme général, miasme, principe impur et délétère; *contagium*, mal contagieux; *pestilentia*, maladie contagieuse, et de plus régnante, ou au sens restreint, la peste proprement dite. Sall. Cat. 10. Post ubi *contagio* quasi *pestilentia* invasit. Puis, quand ce mal contagieux eut fait, comme la peste, d’irrésistibles progrès. Plin. H. N. XXIII, 28. Laurus folia *pestilentiæ* contagia prohibent. Les feuilles du laurier de Delphes préservent des atteintes contagieuses de la peste. Lucan. VI, 89. Fluidæ *contagia* *pestis*. L’air se charge d’exhalaisons pestilentielles[1].
2. La poésie seule emploie *pestis* pour la peste même; hors de là, *pestis* exprime, comme *exitium* et *pernicies*, un fléau en général, sans qu’il soit question de maladie; mais *pestis* s’emploie régulièrement comme terme concret, *exitium* et *pernicies* comme termes abstraits. Sen. N. Q. III, pr. Philippi aut Alexandri... qui *exitio* gentium clari non minores fuere *pestes* mortalium quam inundatio. Les Philippe et les Alexandre, fameux par la destruction de tant de peuples, fléaux de l’humanité aussi désastreux qu’un déluge.
3. *Pernicies* a la signification active; il exprime qu’on fait périr par meurtre des êtres vivants; *exitium* a la signification passive et s’entend même de la destruction d’objets inanimés; enfin, *interitus* a, comme *exitus*, la signification neutre et se dit d’êtres animés ou inanimés qui tombent en décadence. Tac. Ann. XVI, 63. Poppæa non nisi in *perniciem* uxoris nupta; postremo crimen omni *exitio* gravius. Poppée, qui ne s’était fait épouser que pour perdre la femme légitime; une accusation enfin plus pénible que mille morts. Cic. Cat. IV, 3. Cum de *pernicie* populi Romani, *exitio* hujus urbis cogitarit. L’extermination du peuple romain, la destruction de la ville à laquelle il songeait sans cesse. Rull. II, 4, 10. Extremi *exitiorum* *exitus*.
4. *Exitium*, fin violente; *exitus*, fin naturelle. Cic. Rull. II, 4, 10. Qui civitatum afflictarum perditis jam rebus extremi *exitiorum* solent esse *exitus*. Cela exprime pour ainsi dire le dernier soupir d’un État qui périt dans les convulsions. Verr. V, 6, 12. *Exitus* *exitiales*.
—1 Traduction de la collection Panckoucke. Lucain, tome II, p. 9.
Lumen. Lux. *Lumen*, le corps lumineux qui éclaire, φέγγος; *lux*, la lumière émise, φάος. Cic. Finn. III, 14, 45. Ut obscuratur et offunditur *luce* solis *lumen* lucernæ. De même que la simple lumière du soleil fait pâlir et presque évanouir la flamme d’une lampe. Curt. VIII, 2, 21. Sed aditus specus accipit *lucem*; interiora nisi allato *lumine* obscura sunt. L’entrée de la caverne est accessible à la lumière; l’intérieur est plongé dans les ténèbres tant qu’on n’y porte point de flambeaux. Cic. Acadd. pr. II, 8, 26. Si ista vera sunt, ratio omnis tollitur, quasi quædam *lux* *lumen*que vitæ, c’est-à-dire que la raison, qui est seule claire et lumineuse en elle-même et par elle-même, répand sur la vie sa clarté et sa lumière. Et au sens figuré, *lumen* se rapporte au principe, *lux*, au simple fait de la célébrité. Cicéron, Man. 5, appelle Corinthe: Græciæ totius *lumen*, mais Rome, Cat. IV, 6: *lucem* orbis terrarum. C’est comparer Corinthe à un foyer de lumières; c’est dire de Rome que toutes les autres villes ne sont en comparaison que des cités obscures. *Lucida* oratio, discours plein de clarté, aisé à entendre; *luminosa*, discours lumineux, plein de beautés éclatantes.
—Luridus, v. *Luteus*. —Lusus, v. *Ludus*. —Lustrum, v. *Lacuna*.
Luteus. Gilvus. Helvus. Flavus. Luridus. *Luteus*, jaune par excellence, par exemple, jaune d’œuf; *gilvus* et *helvus*, jaune obscur qui tire sur le rouge, celui du miel; *flavus* et *luridus*, jaune clair qui tire sur le blanc; *flavus*, jaune agréable et brillant, celui des cheveux blonds; *luridus*, jaune pâle, désagréable, le jaune livide de la mort.
Lutum. Limus. Cœnum. Sordes. Squalor. Pædor. Situs. Stercus. Fimus. Oletum. Merda. 1. *Lutum*, *limus*, *cœnum*, matière malpropre et humide *lutum*, boue des rues et des routes, πηλός; *limus*, limon des fleuves, ἴλυς; *cœnum*, vase des marais, ϐόρϐορος. Tac. Ann. I, 63. Cætera *limosa*, tenacia gravi *cœno* aut rivis incerta erant. Hors de là des terrains limoneux où l’on reste fortement engagé dans la vase ou des terrains coupés par des ruisseaux. *Sordes*, *squalor*, *pædor*, *situs*, matière malpropre et sèche: *sordes*, opposé à *splendor*, crasse des pauvres, de la populace, des avares qui porteront, par exemple, des vêtements hors d’usage, ῥύπος; *squalor*, opposé à *nitor*, malpropreté des gens qui manquent de savoir-vivre et de goût, qui oublieront, par exemple, de se peigner les cheveux, αὐχμός; *pædor*, opposé à *munditiæ*, saleté des gens qui ne prennent aucun soin de leur personne, vermine, gale, πίνος; *situs*, opposé à *usus*, moisissure, rouille, qui proviennent d’un abandon prolongé, ἄζη. De là viennent les formes différentes des adjectifs: *lutosus*, *limosus*, *cœnosus*, c’est-à-dire plein de boue, de limon, de vase; mais *sordidus*, *squalidus*, *pædidus*, c’est-à-dire qui se sent des *sordibus*, etc.; et dans les périphrases: *oblitus luto*, *limo*, *cœno*, mais *obsitus sordibus*, *squalore*, *pædore*.
2. *Stercus*, le femier considéré par son vilain côté, comme amas d’immondices, ϰόπρος; *fimus*, par son côté utile, comme engrais.
3. *Cœnum*, terme général pour les excréments qui inspirent du dégoût; *oletum*, excréments de l’homme; *merda*, des animaux.
—Lux, v. *Lumen*.
Luxus. Luxuria. *Luxus*, usage ou étalage du luxe, parfois même objet de luxe; *luxuria* met toujours l’homme en jeu; c’est une disposition, une inclination, un penchant au luxe. Sen. Ir. I, 11. Animis delicias, *luxum*, opes ignorantibus. Ces âmes auxquelles les jouissances, le luxe, les richesses sont inconnues. Et un peu plus loin: Opinionem *luxuriæ* segnitiæque. Les lenteurs de Scipion le firent soupçonner d’aimer le luxe et le repos. Sall. Cat. 13. Romani famem aut sitim... *luxu* ante capere, c’est-à- dire par un raffinement que le luxe avait introduit. Comparez avec Jug. 90 (ou 85[1], vers la fin du discours de Marius). *Luxuria* atque ignavia, pessimæ artes, *luxuria*, c’est-à-dire la manie du plaisir.
—1 Dans la collection Lemaire et la collection Panckoucke.
—Lymphatus, v. *Amens*.
M
—Macellum, v. *Laniena*. —Maceria, v. *Murus*. —Madidus, v. *Udus*. —Magnopere, v. *Perquam*. —Macer, v. *Exilis*. —Macula, v. *Vitium*. —Magister, v. *Doctor*.
Magnus. Grandis. Amplus. Ingens. Immanis. Vastus. 1. *Magnus*, *grandis* et *amplus* expriment une grandeur convenable; *ingens*, *immanis* et *vastus*, une grandeur excessive. Sen. Ir. I, 16, 26. Nec enim *magnitudo* ista est, sed *immanitas*. Ce n’est pas le langage d’un grand homme, c’est celui d’un monstre.
2. *Magnus* exprime la grandeur sans idée accessoire, par opposition à *parvus*, comme μέγας; *grandis*, avec une idée accessoire de force et de majesté naturelle, grandiose, par opposition à *exilis*, *subtilis*, *tumidus*, *minutus*, *exiguus*; enfin, *amplus*, avec l’idée accessoire d’une dignité extérieure qui impose et fait impression.
3. *Ingens*, ἄπλετος, fait ressortir ce qu’il y a d’extraordinaire; *immanis*, πελώριος, ce qu’il y a d’effrayant; *vastus*, ἀχανὴς, ce qu’il y a de disgracieux dans une grandeur excessive.
Mala. Maxilla. Gena. 1. *Mala*, la mâchoire supérieure; *maxilla*, la mâchoire inférieure.
2. *Mala*, terme usuel, la joue au sens physiologique; *gena*, terme archaïque et choisi, la joue, avec une idée accessoire de beauté.
Maledictum. Probrum. Convicium. *Maledictum*, tout ce qu’on dit pour nuire à autrui, soit en forme de malédiction pour lui porter malheur, soit en forme de paroles injurieuses pour le couvrir de honte, ϰαϰηγορία. *Probrum* et *convicium*, ce qu’on dit pour couvrir quelqu’un de honte: *probrum*, ὄνειδος, l’invective composée de phrases et de propos déshonorants; *convicium*, λοιδορία, l’insulte composée de mots détachés et de surnoms déshonorants. *Fur!* est un *convicium*; *fur es!* un *probrum*; l’un et l’autre sont des *maledicta*.
—Malefactum, maleficium, v. *Delictum*.
Malitia. Malignitas. Malevolentia. Malus. Nequam. Pravus. 1. *Malitia*, la méchanceté qui aime à mentir et à tromper parce qu’elle est devenue insensible aux avertissements de la conscience; *malignitas*, la malignité qui est une forme de l’amour de soi, qui ne souhaite de bien qu’à soi, jamais aux autres et provient d’un égoïsme qui court les rues; *malevolentia*, la malveillance qui souhaite plutôt du mal que du bien à quelqu’un par aversion personnelle. La *malitia* est une façon de penser et d’agir punissable parce qu’elle compromet la sécurité publique; la *malignitas*, un sentiment méprisable qui annonce un fond de misanthropie; la *malevolentia* enfin est un défaut haïssable parce qu’elle est portée à se réjouir du mal qui arrive aux autres. La malice ne s’appelle jamais en latin *malitia*, mais plutôt *malevolentia*, et mieux encore *studium nocendi*.
2. *Malus homo*, homme immoral; *nequam*, homme qui n’est bon à rien, dont le travers est de fuir les travaux utiles et de se plaire aux mauvais tours, vaurien, par opposition à *frugi*; enfin, *pravus*, homme qui a pris une mauvaise direction au sens physique, intellectuel ou moral, par opposition à *rectus*. Quintil. VIII, 3, 48. Nec parricidam *nequam* dixeris hominem, nec meretrici forte deditum *nefarium*, quod alterum parum, alterum nimium est. Vous ne traiterez ni un parricide de vaurien ni un amoureux de monstre; le premier dit trop peu, le second dit trop.
—Malignitas, v. *Invidia*. —Mancipare, v. *Vendere*. —Mandare, v. *Jubere*. —Manare, v. *Fluere*. —Mancipium, v. *Servus*.
Mane. Crepusculo. Diluculo. *Mane*, le matin, ὄρθρῳ; il s’entend des premiers pas que le jour fait dans sa carrière, par opposition, d’une part, à la nuit, de l’autre, aux heures de la journée qui précèdent midi; *crepusculo*, ἦρι, le matin, au crépuscule, par opposition au grand jour; *diluculo*, enfin, le matin, à l’aube, par opposition aux ténèbres de la nuit, λυϰόφως.
Manere. Morari. Tardare. Detinere. 1. *Manere*, rester, par opposition à partir; *morari*, s’arrêter en route, interrompre un mouvement au lieu d’aller de l’avant. Cic. Sen. 23. *Commorandi* natura deversorium nobis, non *habitandi* dedit. C’est un asile passager, ce n’est point une demeure fixe que nous a donné la nature. Dans Tac. H. II, 48. Irent *propere* neu *remanendo* iram victoris asperarent. Il fallait se hâter d’y aller et éviter tous les retards qui pourraient irriter le courroux du vainqueur: la variante *remorando* mérite la préférence.
2. *Morari aliquem*, décider quelqu’un à s’arrêter de son plein gré, διατρίϐειν; *tardare*, lui susciter des difficultés qui l’empêchent de parcourir rapidement son chemin, ϐραδύνειν; *detinere*, l’empêcher par force d’avancer, ϰατέχειν. *Tardare* se rapporte par préférence à l’action; *detinere*, à la personne; *morari*, aux deux.
Manere. Exspectare. Præstolari. Opperiri. 1. *Manere* n’exprime qu’une action physique, comme d’attendre et de rester en un lieu jusqu’à ce qu’une chose arrive; *exspectare*, *præstolari* et *opperiri* expriment une action de l’âme, comme d’attendre quelque chose ou quelqu’un avec une certaine tension d’esprit.
2. *Exspectare* présente l’attente comme un acte simple de l’esprit, sans idée accessoire d’application pratique; *præstolari* et *opperiri* expriment en outre cette idée accessoire que celui qui attend compte agir quand la chose ou la personne attendue sera arrivée.
3. Le *præstolans* attend une personne au service et à la disposition de laquelle il veut se mettre; l’*opperiens*, un événement par lequel il ne veut point se laisser surprendre. Le *præstolans* est un inférieur; l’*opperiens*, un égal, soit ami, soit ennemi, par rapport à la personne attendue. Enfin, *præstolari* est un terme prosaïque, *opperiri*, un terme poétique ou du moins choisi. Les Latins n’ont point de synonymes qui correspondent à la distinction qu’on fait en allemand entre warten et harren, entre l’attente paisible, calme, et l’attente impatiente qui tend tous les ressorts de l’âme.
—Manes, v. *Spectrum*. —Manifesto, v. *Aperire*. —Manice, v. *Vincula*. —Mannus, v. *Equus*.
Mansuetudo. Clementia. *Mansuetudo*, la douceur et la magnanimité de l’homme et du particulier qui ne tire point vengeance d’une injure, par opposition à *iracundia*; *clementia*, l’indulgence et l’humanité du souverain ou du juge qui ne fait point subir au coupable un châtiment mérité, par opposition à *crudelitas*.
—Mansuetus, v. *Cicur*. —Manubiæ, v. *Præda*.
Mare. Æquor. Pontus. Pelagus. 1. *Mare*, la mer prise comme un amas d’eau, par opposition à *terra* et *aer*, ἄλς, θάλασσα; *æquor*, *pelagus* et *pontus*, la mer au point de vue de ses dimensions: *æquor* et *pelagus*, de sa dimension horizontale, la surface de la mer, comme πέλαγος, d’où vient πελαγίζειν, inonder; *pontus*, de sa dimension verticale, la profondeur de la mer, comme πόντος, d’où ποντίζειν, submerger. Colum. VIII, 17. Ut in solo piscinæ posita libella septem pedibus sublimius esset *maris* *æquor*. En sorte qu’un niveau placé sur le fond du vivier marque sept pieds au- dessous du niveau de la mer. Ovid. Met. II, 872. Mediique per *æquora* *ponti* fert prædam. Il traverse les plaines de la haute mer avec la proie qu’il emporte.
2. *Æquor*, la surface de la mer au simple sens physique; *pelagus*, avec l’idée accessoire de sa vaste étendue, de son immensité.
Margo. Ora. *Margo*, le bord, la limite naturelle d’une surface conçue comme une ligne mathématique, et ne comprenant que par extension la partie extrême de la surface ou bordure; *ora*, la frange, la bordure artificielle de la surface, ajoutée le plus souvent dans un but d’ornement et occupant elle-même une certaine largeur. Aussi dit-on *ora togæ* et non *margo*, et vice versa *margo fluminis* et *ripæ*, quand il s’agit de désigner la ligne de bord à l’exclusion de la rive.
—Marita, v. *Femina*. —Mas, v. *Homo*. —Matrimonium, v. *Conjugium*. —Maxilla, v. *Mala*. —Meare, v. *Ire*.
Mederi. Medicari. Sanare. Medicamen. Medicina. Remedium. 1. *Mederi* et en vers *medicari*, synonymes de *curare*, ἰᾶσθαι, présentent la guérison comme le résultat obtenu par le médecin et dû à ses soins, à sa prudence, à son art; *sanare*, synonyme de *restituere*, ἀϰεῖσθαι, comme l’effet du remède qui rend la santé au malade par une action physique.
2. *Medicamentum*, médecine considérée dans sa substance matérielle, telle qu’elle sort des mains du pharmacien, φάρμαϰον; *medicina*, médecine considérée au point de vue de sa vertu curative, telle qu’elle est prescrite par le médecin: c’est d’une maladie qu’il s’agit dans les deux cas. *Remedium*, toute espèce de secours contre un mal donné, ἄϰος. CIC, N. D. II, 53, *Medicamentorum* salutarium plenissimæ terræ. Terres qui abondent en simples salutaires. Comparez avec Divin. II, 51. A medico petere *medicinam*. Demander une ordonnance au médecin.
—Meditari, v. *Cogitare*.