Œuvres de Voltaire Tome XIX: Siècle de Louis XIV.—Tome I
Part 36
Je pensois que la destinée, Après tant d’injustes rigueurs, Vous a justement couronnée D’éclat, de gloire, et de grandeurs; Mais que vous étiez plus heureuse Lorsque tous étiez autrefois, Je ne veux pas dire amoureuse, La rime le veut toutefois: Je pensois (car nous autres poëtes Nous pensons extravagamment) Ce que, dans l’état où vous êtes, Vous penseriez en ce moment Si vous voyiez dans cette place Venir le duc de Buckingam, Et lequel seroit en disgrace De lui ou du père Vincent. Je pensois que le cardinal, J’entends celui de La Valette, Auroit un plaisir sans égal En voyant l’éclat où vous ête: Je dis celui de la beauté, Car sans lui je n’estime guère, Cela soit dit sans vous déplaire, Tout celui de la majesté; Que tant de charmes, de jeunesse, Pour vous le feroit soupirer, Et que madame la princesse Auroit beau s’en désespérer. Je pensois à la plus aimable Qui fut jadis dessous les cieux, A l’ame la plus admirable Que formèrent jamais les dieux, A la ravissante merveille De cette taille sans pareille, A la bouche la plus vermeille, La plus belle qu’on ait jamais; A deux pieds gentils et bien faits Où le temple d’amour se fonde; A deux incomparables mains, A qui le ciel et les destins Ont promis le sceptre du monde; A mille graces, mille attraits, A cent mille charmes secrets, A deux beaux yeux remplis de flamme Qui rangent tout dessous leurs lois: Devinez sur cela, madame, Et dites à quoi je pensois.
Voltaire, dans ses _Remarques sur l’épître dédicatoire de Polyeucte_ (voyez tome XXXV, page 276), cite quatre vers de cette pièce, qu’il dit et que je crois inédite. Cependant vingt-quatre vers, dont huit ne sont pas dans la copie que j’ai suivie, avaient été imprimés dans les _Mémoires_ de madame de Motteville. B.
[340] Frédéric-le-Grand, roi de Prusse. B.
[341] Pascal Colasse, né en 1639, est mort en 1709. Sur Campra, voyez tome XXXVII, page 493; sur Destouches, voyez, tome XLII, l’opuscule intitulé: _André Destouches à Siam_. B.
[342] Sébastien Bourdon, né en 1616, mort en 1671. Moïse Valentin, né en 1600, mort en 1632. CL.
[343] Né à Paris, en 1676; mort en 1754. CL.
[344] En 1647. Un frère aîné de Jouvenet naquit en 1644; de là l’erreur. CL.
[345] Né en 1640; et mort à Paris, sa ville natale, en 1716. CL.
[346] Né à Paris, en 1649; mort dans sa ville natale, en 1717. CL.
[347] Né à Paris, en 1654; mort en 1733. CL.
[348] Né à Montpellier, en 1677; mort en 1734. CL.
[349] Né à Toulouse, en 1645; mort à Paris, en 1730. CL.
[350] Né à Valenciennes, en 1684; il était âgé d’environ trente-sept ans quand il mourut, en 1721, à Nogent-sur-Marne. CL.
[351] François Desportes, né en 1661; mort en 1743. Jean-Baptiste Oudry, né en 1686; mort en 1755. CL.
[352] Charles-André Vanloo, né en 1705, mourut en 1765. Son frère aîné, Jean-Baptiste, cessa de vivre en 1745. CL.
[353] Pierre Legros, né à Paris, en 1666. Jean-Baptiste Théodon, mort à Paris, en 1713. CL.
[354] Le même jour que Louis XIV. Il était né en 1630, selon la _Biographie universelle_. CL.
[355] Antoine Coisevox, originaire d’Espagne, né à Lyon, en 1640; mort à Paris, en 1720. CL.
[356] Trois sculpteurs ont illustré le nom de Coustou: Nicolas, né à Lyon, en 1658, mort en 1733; Guillaume, frère de Nicolas, le plus célèbre des trois, né en 1678, mort en 1746; et Guillaume, frère de ce dernier, né à Paris, en 1716, mort en 1777. CL.
[357] François Chauveau, mort en 1676. CL.
[358] Robert Nanteuil, né à Reims, en 1630, gendre d’Edelinck, mort à Paris, en 1678. CL.
[359] Claude Mellan, né à Abbeville, en 1598; mort à Paris, en 1688. CL.
[360] Girard Audran, le plus distingué des neuf artistes de ce nom, naquit à Lyon, en 1640, et mourut à Paris, en 1703. CL.
[361] Gérard Edelinck, né à Anvers, en 1649, et appelé en France par Colbert, mourut en 1707; il n’appartenait pas réellement au siècle de Louis XIV. CL.
[362] Sébastien Leclerc, né à Metz, en 1637; mort à Paris, en 1714. CL.
[363] Pierre Drevet, né à Lyon, en 1664, eut pour fils Pierre Drevet, né à Paris, en 1697; morts tous deux en 1739, selon la _Biographie universelle_. CL.
[364] François de Poilly, né en 1622, à Abbeville, mourut en 1693. Son frère Nicolas, mort en 1696, fut son élève, et laissa deux fils, morts avant 1730, avec la réputation de graveurs habiles. CL.
[365] Bernard Picart, fils d’Étienne, naquit à Paris, en 1673, et mourut à Amsterdam, en 1733. CL.
[366] Gaspard Duchange, né à Paris, en 1662, mort en 1756. CL.
[367] Claude Ballin mourut à Paris au commencement de 1678; et Pierre Germain en 1682. CL.
[368] Né à Paris, en 1598; mort en 1666. CL.
[369] Né en 1645, à Paris, où son père, nommé aussi Jules HARDOUIN, était premier peintre du cabinet du roi; mort à Marli, en 1708. CL.
[370] Voyez ma note, tome XXXIII, page 8. B.
[371] On a construit, depuis que M. de Voltaire a écrit cet article, trois théâtres pour les trois grands spectacles de Paris. K.--Les trois théâtres dont parlent les éditeurs de Kehl, étaient, pour l’Opéra, la salle de la Porte Saint-Martin; pour les Français, la salle de l’Odéon, consumée par les flammes le 28 ventôse an 7 (18 mars 1799); reconstruite, brûlée de nouveau le 20 mars 1818, et reconstruite encore; pour l’Opéra-comique, ou les Italiens, la salle qui est entre le boulevard et la place des Italiens. Depuis la note des éditeurs de Kehl, on a construit beaucoup d’autres théâtres. Aucune des trois salles dont parlent les éditeurs de Kehl n’a conservé jusqu’à ce jour sa destination première. B.
[372] Claude Perrault, auquel on doit la colonnade du Louvre, quoiqu’en ait dit Boileau. Louis Levau, mort en 1670, eut pour élève François Dorbay, mort en 1697. CL.
[373] André Le Nostre, fils d’un jardinier du roi, naquit en 1613, à Paris, où il mourut en 1700. Beaucoup d’ouvrages, même récents, racontent que Le Nostre embrassa effectivement Innocent XI, et qu’il en usait ainsi avec Louis XIV, de l’aveu même de ce monarque. Anobli par son maître, auquel il était fort attaché, mais sans adoration servile, il n’oublia ni son _bon homme de père_, ni _sa bêche_; bien différent en cela de tant de vilains, improvisés grands seigneurs depuis le commencement du dix-neuvième siècle. CL.
[374] C’était ici que finissait cet article dans les premières éditions: voyez la lettre de d’Alembert, du 24 août 1752. La fin de l’alinéa a été ajoutée en 1763. Sur l’_Encyclopédie_, voyez, tome XL, une des notes sur le premier des _Dialogues chrétiens_. B.
[375] Voyez ma _Préface_ en tête de ce volume. B.
[376] Louis XIV est né le 5 septembre 1638; l’établissement de l’académie française est de 1635: voyez tome XXII, page 247. B.
[377] Voltaire s’exprimait ainsi en 1756, lorsque les chapitres CLXV-CCX et CCXIII-CCXV de l’_Essai sur l’histoire générale_ (devenu l’_Essai sur les mœurs_), se composaient de ce qu’il avait déjà publié sous le titre de _Siècle de Louis XIV_. Voyez, au reste, tome XVIII, page 169 et suivantes; et surtout les chapitres CLXXV et CLXXVI de l’_Essai sur les mœurs_; voyez aussi le chapitre suivant. B.
[378] Il n’y a plus dans ce moment (juillet 1782) que huit électeurs, les deux électorats de la maison de Bavière étant réunis; et de ces huit électeurs trois sont rois. K.--Les diverses éditions données du vivant de Voltaire portent dans le texte, les unes _quatre rois_, les autres, _trois rois_, selon que l’électeur de Saxe était ou n’était pas roi de Pologne. Les trois autres rois-électeurs étaient ceux de Bohême, de Prusse (Brandebourg), d’Angleterre (Hanovre). L’empire d’Allemagne n’existe plus (voyez ma note, tome XXIII, page 662). Beaucoup d’autres états de l’Europe ont subi des changements par suite de la révolution française. B.
[379] _Essai sur les mœurs et l’esprit des nations._--Voyez tome XVIII, pages 271-279; et aussi les _Annales de l’empire_, tome XXIII, pages 582 et 596. B.
[380] Tome XVIII, page 295 et suiv.; et ci-dessus ma note, page 243. B.
[381] Voyez tome XXXII, page 379. B.
[382] Voyez l’article TAXE, tome XXXII, page 314. B.
[383] Voyez tome XVI, pages 27 et 233; tome XXVIII, pages 449 et 453; et, tome XLVI, la remarque sur un des articles du _Journal de la cour de Louis XIV_ (par Daugeau). B.
[384] _Essai sur les mœurs_, chap. CLXXXV.
[385] Vers le milieu du règne de Louis XIV, les sciences ont été cultivées en Suisse. Ce pays a produit depuis quatre grands géomètres du nom de Bernouilli, dont les deux premiers appartiennent au siècle passé, et le célèbre anatomiste Haller. C’est actuellement une des contrées de l’Europe où il y a le plus d’instruction, où les sciences physiques sont le plus répandues, et les arts utiles cultivés avec le plus de succès. La philosophie proprement dite, la science de la politique, y ont fait moins de progrès; mais leur marche doit nécessairement être plus lente dans de petites républiques que dans les grandes monarchies. K.
[386] Voltaire écrivait en 1751. Depuis lors le sort de la Pologne a subi bien des changements. Après deux partages, l’un en 1772, l’autre en 1795, ce qu’on appelle aujourd’hui le royaume de Pologne est réuni à la Russie, mai 1830. B.
[387] Voyez page 14. B.
[388] Comme dans la suite il sera souvent question de cette opération sur les monnaies, et que M. de Voltaire n’en a discuté les effets dans aucun de ses ouvrages, on nous pardonnera d’entrer ici dans quelques détails.
La livre numéraire n’est qu’une dénomination arbitraire qu’on emploie pour exprimer une certaine partie d’un marc d’argent. Cette proposition, le marc d’argent vaut cinquante livres, est l’équivalent de celle-ci: j’appelle livre la cinquantième partie du marc d’argent. Ainsi, un édit qui prononcerait que le marc d’argent vaudrait cent livres ne ferait autre chose que déclarer que, dans la suite, on donnera dans les actes le nom de livre à la centième partie du marc d’argent, au lieu de donner ce nom à la cinquantième. Cette opération est donc absolument indifférente en elle-même; mais elle ne l’est pas dans ses effets.
Il est d’un usage général d’exprimer en livres la valeur de tous les engagements pécuniaires; si donc on change cette dénomination de _livre_, et qu’au lieu d’exprimer la cinquantième partie d’un marc d’argent, par exemple, elle n’en exprime que la centième, tout débiteur, en payant le nombre de livres qu’il s’est engagé de payer, ne donnera réellement que la moitié de ce qu’il devait.
Ainsi, ce changement, purement grammatical, devient l’équivalent du retranchement de la moitié des dettes ou des obligations payables en argent.
D’où il résulte pour un état qui ferait une opération semblable:
1º Une réduction de la dette publique à la moitié de sa valeur, ce qui est faire une banqueroute à cinquante pour cent de perte.
2º Une diminution de moitié dans ce que l’état paie en gages, en appointements, en pensions, ce qui fait une économie de moitié sur les places inutiles ou jugées telles, et une diminution sur les places utiles et trop payées: car on sent que, pour les places utiles, une augmentation de gages devient une suite nécessaire de cette opération.
3º Une diminution aussi de moitié dans les impôts qui ont une évaluation fixe en argent: on les augmente proportionnellement dans la suite; mais cette augmentation se fait moins promptement que le changement des monnaies. Souvent un gouvernement faible a profité de cette circonstance pour faire, dans la forme des impôts, des changements qu’il n’aurait osé tenter directement.
4º Une perte de moitié pour les particuliers créanciers d’autres particuliers; injustice qu’on leur fait sans aucun avantage pour l’état.
5º Un mouvement dans les prix des denrées, qui dérange le commerce, parceque les denrées ne peuvent pas doubler de prix sur-le-champ, ni aussi promptement que l’argent.
Ainsi, cette opération est une manière de faire une banqueroute, et de manquer à ses engagements, qui entraîne de plus avec elle une injustice envers un très grand nombre de citoyens, même de ceux qui ne sont pas créanciers de l’état, une secousse dans le commerce, et du désordre dans la perception des impôts.
Mais si, dans quelque état de l’Europe, on établissait un système plus raisonnable sur les monnaies que celui qui est adopté chez presque toutes les nations, et qu’on fût obligé, pour donner à ce système plus de perfection et de simplicité, de changer la valeur de la livre numéraire, alors on éviterait les inconvénients dont nous venons de parler, et on se mettrait à l’abri de toute injustice, en déclarant que tout ce qui devait être payé en livres anciennes ne pourrait être acquitté qu’en payant, non le même nombre de livres nouvelles, mais un nombre de ces livres qui représenterait un égal poids d’argent.
Voici maintenant en quoi nous croyons que devraient consister les changements dans les monnaies:
1º A rapporter toutes les évaluations en monnaies à un certain poids d’un seul des deux métaux précieux, à l’argent, par exemple, et à ne fixer aucun rapport entre la valeur de ce métal et celle de l’autre, de l’or, par exemple. En effet, toute différence entre la proportion fixée et celle du commerce est une source de profit pour quelques particuliers, et de perte pour les autres.
2º A changer les dénominations et les monnaies, de manière que chaque monnaie répondît à un nombre exact des divisions de la livre numéraire et du marc d’argent, et que les divisions de la livre numéraire et celles du marc d’argent eussent entre elles des rapports exprimés par des nombres entiers et ronds. L’usage contraire a concentré entre un petit nombre de personnes la connaissance de la valeur réelle des monnaies; et dans tout ce qui a rapport au commerce, toute obscurité, toute complication est un avantage accordé au petit nombre sur le plus grand. On pourrait joindre à l’empreinte, sur chaque monnaie, un nombre qui exprimerait son poids, et sur celles d’argent (_voyez_ nº 1), sa valeur numéraire.
3º A faire les monnaies d’un métal pur: 1º parceque c’est un moyen de faciliter la connaissance du rapport de leur valeur avec celui des monnaies étrangères, et de procurer à sa monnaie la préférence dans le commerce sur toutes les autres; 2º parceque c’est le seul moyen de parvenir à l’uniformité du titre des monnaies entre les différentes nations, uniformité qui serait d’un grand avantage. L’uniformité, dans un seul état, s’établit par la loi; elle ne peut s’établir entre plusieurs que lorsque la loi ne s’appuie que sur la nature, et ne fixe rien d’arbitraire.
4º A ne prendre de profit sur les monnaies que ce qui est nécessaire pour faire la dépense de leur fabrique. Cette fabrique a deux parties; les opérations nécessaires pour préparer le métal à un titre donné, et celles qui réduisent le métal en pièces de monnaie. Ainsi on rendrait, pour cent marcs d’argent en lingots, cent marcs d’argent monnayé, moins le prix de l’essai et celui de leur conversion en monnaie. On rendrait pour cent marcs d’argent allié à un centième quatre-vingt-dix-neuf marcs d’argent monnayé, moins les frais nécessaires pour l’affiner et le réduire ensuite en monnaie.
Ces moyens très simples auraient l’avantage de rendre si clair tout ce qui regarde le commerce des matières d’or et d’argent, et la monnaie, que les mauvaises lois sur ce commerce, et les opérations pernicieuses sur les monnaies, deviendraient absolument impossibles. K.
[389] Les lettres-patentes sont du 10 février 1638; ce fut le 15 août, jour de la procession, qu’eut lieu la bataille entre le parlement et la cour des comptes: voyez tome XXII, page 252. B.
[390] Il s’appelait Morin: voyez, tome XX, le chapitre XXVI. B.
[391] Voyez, tome L, le paragraphe IX du _Prix de la justice et de l’humanité_. B.
[392] «Et que le conseiller Courtin, interrogeant cette femme infortunée, lui demanda de quel sortilége elle s’était servie pour gouverner l’esprit de Marie de Médicis, que la maréchale lui répondit: «Je me suis servie du pouvoir qu’ont les âmes fortes sur les esprits faibles;» et qu’enfin cette réponse ne servit qu’à précipiter l’arrêt de sa mort.»
«On voit encore,» etc. Variante de l’_Essai sur le Siècle de Louis XIV_, dont j’ai parlé dans ma _Préface_. B.
[393] «Accusés tous deux de sortiléges. Dans cette disette d’arts, de police, de raison, de tout ce qui fait fleurir un empire, il s’élevait de temps en temps des hommes de talent, et le gouvernement se signalait par des efforts qui rendaient la France redoutable. Mais ces hommes rares et ces efforts passagers, sous Charles VIII, sous François Iᵉʳ, à la fin du règne de Henri-le-Grand, servaient à faire remarquer davantage la faiblesse générale.»
«Ce défaut de lumières,» etc. Variante de l’_Essai sur le Siècle de Louis XIV_. B.
[394] Riencourt, dans son _Histoire de Louis XIV_, dit que le testament de Louis XIII fut vérifié au parlement. Ce qui trompa cet écrivain, c’est qu’en effet Louis XIII avait déclaré la reine régente, ce qui fut confirmé: mais il avait limité son autorité, ce qui fut cassé.
[395] Le cardinal pouvait avoir en secret le motif que lui prête M. de Voltaire; mais cette guerre avait un objet très important, celui d’empêcher la maison d’Autriche de s’emparer de l’Allemagne et de l’Italie. K.
[396] Torstenson était page de Gustave-Adolphe, en 1624. Le roi, prêt d’attaquer un corps de Lithuaniens, en Livonie, et n’ayant point d’adjudant auprès de lui, envoya Torstenson porter ses ordres à un officier général, pour profiter d’un mouvement qu’il vit faire aux ennemis; Torstenson part et revient. Cependant les ennemis avaient changé leur marche; le roi était désespéré de l’ordre qu’il avait donné: «Sire, dit Torstenson, daignez me pardonner; voyant les ennemis faire un mouvement contraire, j’ai donné un ordre contraire.» Le roi ne dit mot; mais le soir, ce page servant à table, il le fit souper à côté de lui, et lui donna une enseigne aux gardes, quinze jours après une compagnie, ensuite un régiment. Torstenson fut un des grands capitaines de l’Europe.
[397] Dans les _Annales de l’empire_, voyez tome XXIII, page 618, Voltaire dit que les combats eurent lieu du 5 au 9. B.
[398] Son père était mort en 1646.
[399] La prise de Courtrai est de juin 1646; la prise de Mardick est de août 1646. B.
[400] Les Mémoires manuscrits du duc de La Rochefoucauld confirment le même fait. Il était un des confidents de la reine dans les derniers temps de la vie de Louis XIII. K.--Voyez les _Mémoires du duc de La Rochefoucauld, première partie, jusqu’à ce jour inédite_. Paris, Renouard, 1817, in-18. B.
[401] Cette évaluation a été faite avant la guerre de 1755. K.
[402] Voyez ci-dessus, page 36; et, tome XXII, pages 255 et 264. B.
[403] Ce fut le 7 juillet 1647 que Masaniello se mit à la tête des révoltés napolitains. B.
[404] Voyez tome XXII, page 225. B.
[405] Voyez id., page 262. B.
[406] Voyez tome XVI, page 404; et tome XXII, page 38. B.
[407] Voyez _Histoire du parlement_, chap. XXX.
[408] Voyez tome XXII, page 268. B.
[409] Voyez tome XVIII, pages 221, 245. B.
[410] Voyez tome XXII, page 269. B.
[411] Voyez tome XXII, page 271. B.
[412] Sur cette date, voyez ma note, tome XVIII, page 315. B.
[413] Ces vers sont tirés d’une tragédie de Du Ryer; le duc de La Rochefoucauld les écrivit au-dessous d’un portrait de madame de Longueville: s’étant aperçu qu’elle le trompait, il en parodia les deux derniers hémistiches:
Pour mériter son cœur, qu’enfin je connais mieux, J’ai fait la guerre aux rois; j’en ai perdu les yeux. K.
Voltaire, dans son _Supplément au Siècle de Louis XIV_, première partie (voyez tome XX), dit lui-même que les vers qu’il a mis dans la bouche de La Rochefoucauld sont tirés de l’_Alcyonée_ de Du Ryer. B.
[414] Le prince de Condé fut d’abord conduit à Vincennes, avec une escorte commandée par le comte de Miossens. L’abbé de Choisi rapporte dans ses Mémoires que, la voiture du prince ayant cassé, Condé dit à Miossens: «Voilà une belle occasion pour un cadet de Gascogne;» mais que Miossens fut fidèle à la reine. Cette anecdote ne peut être vraie; Miossens était d’Albret, du même nom que la mère de Henri IV, et ce n’était pas du prince de Condé qu’il pouvait attendre sa fortune. C’est le même que le maréchal d’Albret, qui fut depuis un des premiers protecteurs de madame de Maintenon.
Le comte d’Harcourt, de la maison de Lorraine, conduisit ensuite Condé au Havre; le prince, étant avec lui dans la même voiture, lui fit cette chanson:
Cet homme gros et court Si fameux dans l’histoire, Ce grand comte d’Harcourt Tout rayonnant de gloire, Qui secourut Casal, et qui reprit Turin, Est devenu recors de Jules Mazarin. K.
[415] Voyez page 296. B.
[416] Voyez page 297; et tome XXII, page 270. B.
[417] Voyez tome XXII, pages 255-256. B.
[418] Des hommes très instruits des anecdotes de ce temps prétendent que le prince de Condé n’avait insulté Rieux que de paroles ou de gestes: celui-ci donna le premier coup, que les amis du prince lui rendirent avec usure. Les deux avocats-généraux du parlement, Omer Talon et Jérôme Bignon, furent consultés: Talon voulait poursuivre le comte de Rieux; Bignon, plus sage, s’y opposa, et fit revenir son collègue à son avis. K.
[419] C’est le père du maréchal de Villars, à qui Louis XIV, dans ses malheurs, a dû la victoire et la paix. K.
[420] Ce fut pendant cet exil que le cardinal écrivait au roi: «Il ne me reste pas un asile dans un royaume dont j’ai reculé toutes les frontières.» K.
[421] Voyez page 295. B.
[422] Voyez tome XXII, page 274. B.
[423] _Mémoires de Gourville._
[424] Dunkerque fut perdue en septembre 1652; Barcelone et Casal en octobre. B.
[425] Voyez page 245. B.
[426] Voyez tome XXIII, pages 592 et 599. B.
[427] Datée de Vincennes, du 11 septembre 1654.
[428] Voyez tome XXVIII, page 266. B.
[429] Mai 1657. B.
[430] Nommée Calderona. B.
[431] Sous les noms de Charles II et Jacques II. B.
[432] On a long-temps cru que Cromwell était né en 1603; mais il naquit à Huntingdon, le 25 avril 1599, et avait cinquante-neuf ans révolus quand il mourut. B.
[433] Dans l’_Essai sur les mœurs_ (tome XVIII, page 327), chap. CLXXXI.
[434] Voyez tome XXVIII, page 269. B.
[435] Voyez tome XXXIX, page 424; et ma note, tome XXIII, page 598. B.
[436] Un nommé La Beaumelle, qui falsifia le _Siècle de Louis XIV_, et qui le fit imprimer à Francfort avec des notes aussi scandaleuses que fausses, dit à ce sujet que Christine était en droit de faire assassiner Monaldeschi, parcequ’elle ne voyageait pas incognito; et il ajoute que Pierre-le-Grand, entrant dans un café à Londres, tout écumant de colère, parceque, disait-il, un de ses généraux lui avait menti, s’écria qu’il avait été tenté de le fendre en deux d’un coup de sabre; qu’alors un marchand anglais avait dit au czar qu’on aurait condamné sa majesté à être pendue.
On est obligé de relever ici l’insolence absurde d’un pareil conte. Peut-on imaginer que le czar Pierre aille dire, dans un café, qu’un de ses généraux lui a menti? fend-on aujourd’hui un homme en deux d’un coup de sabre? un empereur va-t-il se plaindre à un marchand anglais de ce qu’un général lui a menti? en quelle langue parlait-il à ce marchand, lui qui ne savait pas l’anglais? comment ce feseur de notes peut-il dire que Christine, après son abdication, était en droit de faire assassiner un Italien à Fontainebleau, et ajouter, pour le prouver, qu’on aurait pendu Pierre-le-Grand à Londres? On sera forcé de remarquer quelquefois les absurdités de ce même éditeur. En fait d’histoire, il ne faut pas dédaigner de répondre; il n’y a que trop de lecteurs qui se laissent séduire par les mensonges d’un écrivain sans pudeur, sans retenue, sans science, et sans raison. K.
[437] Balthasar Charles, fils de Philippe IV et d’Isabelle, fille de Henri IV, né le 17 octobre 1629, est mort le 9 octobre 1646. B.