Soeur Thérèse de l'Enfant-Jésus et de la Sainte Face Histoire d'une âme écrite par elle-même
Part 43
Voyant que la science humaine était impuissante, nous eûmes la pensée de lui faire connaître Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus dont nous lisions la Vie, et nous l'engageâmes à lui demander sa guérison.
Cette pensée mit la joie dans son âme, elle s'écria: «La petite Fleur de Jésus me guérira! je marcherai pour ma première Communion!» Depuis ce jour, elle l'invoquait sans cesse. Ses parents s'unissaient à elle matin et soir, nos enfants priaient aussi avec confiance; mais la «petite Fleur» semblait sourde à nos supplications. Trois semaines avant la première Communion, l'enfant allait plus mal. Tout espoir de guérison était perdu. Suivant l'avis du dernier docteur, elle avait été électrisée deux fois sans succès; n'avait-il pas dit: «Peut-être marchera-t-elle dans un an!»
Or, dans la nuit du mercredi au jeudi de Pâques (il y avait toujours de la lumière dans la chambre, l'enfant étant devenue très peureuse et dormant très peu), en ouvrant les yeux elle vit, selon son expression, «une jolie petite figure» qui lui souriait. Elle fut légèrement effrayée et fit un signe de croix. L'apparition sourit davantage, sembla se rapprocher d'elle et lui dit: «_Tu marcheras dans peu de temps..... aujourd'hui même_!» Puis elle resta quelques instants, toujours souriante, à contempler sa petite protégée, tout à fait rassurée, et disparut.....
Le matin, l'heureuse voyante dit à ses parents: «Je vais marcher aujourd'hui; j'ai vu cette nuit ma «petite Fleur» qui me l'a dit.» Elle n'avait jamais vu de photographie de Sr Thérèse, mais son cœur lui disait que cette angélique vision ne pouvait être que la petite sainte qu'elle invoquait avec tant de confiance.
Vers 3 heures de l'après-midi, une voix suave et douce, qu'elle reconnaît bien, se fait entendre à son oreille: «_Marche!_» dit-elle. La malade se lève aussitôt et elle court se jeter dans les bras de sa mère, qui ne peut croire à tant de bonheur...
Il y avait trois mois que l'enfant ne marchait plus.
Quelques jours plus tard, l'heureuse privilégiée vint nous voir et nous lui mîmes dans les mains l'_Histoire d'une âme_. Lorsqu'elle fut en face de la première gravure, l'enfant s'écria: «C'est bien elle que j'ai vue, je la reconnais!» puis elle ajouta: «Elle était en religieuse, cependant je n'avais pas remarqué le voile, sa figure seule s'est gravée dans mon âme.»
Sa physionomie en porte l'empreinte... La petite sainte lui a inspiré des pensées sérieuses pendant sa maladie; elle nous l'a rendue, je pourrais dire _convertie_!
A partir du jeudi de Pâques, 31 mars, notre petite élève marcha très bien. Elle a eu le grand bonheur, grâce à Sr Thérèse, de faire sa première Communion et d'être confirmée avec ses compagnes.
Mlle X., _directrice de l'école libre_.
94.
Saint-Jean-de-Luz (Basses-Pyrénées), 23 juillet 1910.
MA RÉVÉRENDE MÈRE,
Je vous adresse enfin sous ce pli la relation de la guérison vraiment merveilleuse de ma vue. J'ai laissé au temps le loisir d'imprimer à cette guérison le cachet de la réalité et de la persévérance. Si, immédiatement après la première amélioration et même à la suite des progrès plus étonnants encore de ma vue, j'avais publié ce merveilleux bienfait, on se serait avec raison demandé ce que, tout d'abord, je me suis demandé moi-même: «N'est-ce pas une de ces facilités de voir, momentanées et purement accidentelles, qui, parfois, se produisent chez des vieillards de mon âge (je suis dans ma 76e année), lueurs passagères qui ne prouvent rien?»
Voici le fait, en toute simplicité et vérité:
Au printemps 1900, M. le Dr X., de C., que je consultais au sujet d'une anémie, me regardant incidemment dans les yeux, me dit: «Savez-vous que vous êtes menacé d'une cataracte?»--«D'une cataracte, moi? lui répliquai-je; mais je vois encore assez bien pour mon âge, et jamais personne de ma famille n'a été affligé de ce mal.»--«Dites tout ce que vous voulez, insista-t-il, vous avez un commencement de cataracte bien caractérisée.»
Je crus à une erreur de la part du médecin. Cependant, me trouvant en septembre suivant à Paris, je suis allé consulter le distingué oculiste Abadie, du boulevard Saint-Germain. Je fus reçu par l'un de ses aides: «Je ne vois rien, me dit celui-ci, mais venez...» Et il m'introduisit dans la chambre noire. Là, il m'examina minutieusement les yeux, à la lumière électrique. «Oui, convint-il alors, vous avez un commencement de cataracte; mais que cela ne vous inquiète pas, ça vous viendra plus tard... et dans une dizaine d'années, quand elle sera mûre, vous viendrez nous trouver et l'on vous fera l'opération gratuitement.»
«La belle fiche de consolation! pensai-je en m'en allant: vivre dix ans dans la perspective d'avoir les yeux gratuitement charcutés! Et quel en sera le résultat?»
Depuis lors, je n'ai plus consulté aucun oculiste ni aucun médecin au sujet de mes yeux, ni employé aucun remède. J'attendais que la cataracte fût «mûre».
Cependant le pronostic de l'aide de M. Abadie ne tarda pas à se réaliser. Faible d'abord, le trouble de ma vue devint petit à petit tel que, dès l'année 1906, je ne pouvais plus que difficilement lire et écrire, même avec de fortes lunettes. J'avais comme un voile sur les yeux, et ce voile s'épaississait de plus en plus les années suivantes.
A partir du commencement de 1908, je ne pouvais plus reconnaître à douze pas mes meilleurs amis. Le crépuscule venu, je n'osais plus me hasarder dehors de peur de heurter les passants, de manquer le trottoir et de me faire écraser par les voitures.
En mai 1909, un opticien de passage ici, voulant me vendre des lunettes, me fit avec ses instruments lire, à des distances variées, des imprimés à caractères gradués, tour à tour des deux yeux et de chaque œil à part. Il finit par me déclarer «l'_œil droit complètement éteint_ et l'autre œil bien malade».
Il avait quelque peu exagéré, car d'une personne placée à deux pas de moi je voyais encore, de ce seul œil droit, la silhouette, mais une silhouette vague, imprécise, informe, dont je n'aurais pas pu dire si elle était d'homme ou de quoi. La vision de l'œil gauche était devenue si faible que le dimanche des Rameaux 1909, je suis tombé en bas des degrés du chœur que je ne distinguais plus, et cela devant toute la paroisse. Depuis lors, je tremblais de descendre les marches de l'autel, que j'étais obligé de chercher au tâtonnement du pied.
Bref, j'étais menacé de cécité complète à prochaine échéance, et me sentais à la veille de ne pouvoir plus ni réciter mon bréviaire, ni dire la sainte Messe.
J'envisageais déjà avec angoisse le voyage à Paris pour la fameuse opération gratuite, opération en elle-même scabreuse et de chance douteuse. Mais la divine Providence, qui dispose toutes choses avec suavité, m'avait, à mon insu, mis en relation avec les consœurs d'une «oculiste» qui sait rendre la vue aux aveugles, sans onguent ni scalpel chirurgical.
Au printemps dernier, la Rde Mère Prieure du Carmel de Bordeaux, exilé à Zaraüz, Espagne, fit appel à mon talent d'apiculteur, et je dus lui exposer le triste état de ma vue qui me rendait incapable d'accéder à son désir. Alors elle, avec sa robuste foi de Carmélite, me répondit: «Puisque la prière est toute-puissante, nous allons faire violence au bon Dieu, et il sera bien obligé de vous rendre la vue.»
Quelques jours après, je fus tout étonné de la facilité avec laquelle je pouvais lire et distinguer à mes pieds les marches de l'autel.
Je me rendis donc au Carmel de Zaraüz, et là, j'appris que la communauté avait fait une neuvaine pour obtenir la guérison de ma vue, par l'intercession de Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus, dont jusqu'alors j'avais ignoré l'existence.
C'est donc à un prêtre qui ne la connaissait pas, qui ne lui avait--lui personnellement--rien demandé, que votre angélique sœur avait obtenu de son divin Epoux une insigne _amélioration_ de sa vue. Je dis «amélioration», car, pour grand et surprenant que fût ce changement en mieux, je n'avais pas recouvré la vision claire et pleine. Nous convînmes donc, la Rde Mère et moi, de faire une seconde neuvaine, et elle me remit une image-relique de celle que des lors j'appelais «ma céleste oculiste», me recommandant de l'appliquer sur mes yeux chaque soir de la neuvaine. Or, cette neuvaine n'était pas finie que déjà je pouvais lire aisément les «Décrets de la Sacrée Congrégation des Rites» qui se trouvent imprimés en caractères très fins en tête du _Bréviaire Romain_ de Tournai (édition de 1902, de la Société de Saint-Jean l'Evangéliste) et qui, auparavant, ne présentaient à mes yeux qu'une page maculée, indéchiffrable. Bien plus, je reconnais depuis lors les personnes à plus de cent pas.
Nous avions commencé cette neuvaine dans l'octave de la Pentecôte (19 mai). Vers la mi-juin, je suis retourné en Espagne pour mettre ordre aux ruchées du Carmel. Nous décidâmes alors de faire une troisième neuvaine, en action de grâces celle-là, et en même temps pour obtenir une plus parfaite lucidité de vue. Et, cette fois encore, ma céleste oculiste exauça nos prières!
Ayant recouvré la vue, je voulais redevenir apiculteur. J'achète donc une colonie d'abeilles; quelques jours après, je visite ma ruchée et j'y trouve plusieurs cellules royales, dont les unes contenaient des larves déjà écloses et d'autres de simples œufs.
Oh! la vue de ces minimes œufs d'abeille, pareils a de petits bouts de ténu fil à coudre d'un blanc bleuâtre! Depuis des années, il m'avait été impossible de les apercevoir, même avec de puissantes lunettes, et maintenant je les voyais de nouveau _a l'œil nu_! Aussi avec quelle reconnaissance mes yeux se sont instantanément levés vers le ciel où ma céleste oculiste venait de réaliser en ma faveur sa résolution de faire du bien sur la terre.
Il n'y a donc plus de doute possible: la guérison de ma vue est réelle et persévérante. Et cette guérison, incontestablement merveilleuse puisqu'elle est obtenue sans l'intervention d'aucun secours ni remède humains, je la dois évidemment à l'intercession de celle que nous avions invoquée: Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus, morte en 1897, au Carmel de Lisieux.
Gloire à Dieu! et reconnaissance à _ma céleste oculiste_!
Abbé CH. WÉBER, _prêtre habitué_.
95.
Alençon (Orne), 25 juillet 1910.
En lisant l'_Histoire d'une âme_, j'éprouvai une émotion profonde, et, voyant que Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus voulait employer sa vie du ciel à convertir les pécheurs, je la priai d'avoir pitié de moi car j'étais du nombre de ces derniers... Je lui demandai d'être ma médiatrice près du bon Dieu, d'être mon guide; chaque jour, matin et soir, je répétais cette prière.
Mais bientôt je désirai un signe évident de sa protection et je me disais: «Oh! si je pouvais la voir, je serais certain alors qu'elle veut bien être ma protectrice et _mon guide_!» Puis je me repentis de ce désir que je trouvai présomptueux, et je n'y pensai plus.
Or, à quelque temps de là, vers 3 h. 1/2 du matin (c'était en été et, par conséquent, au moment de l'aurore) alors que je dormais si profondément que je n'avais plus conscience de l'existence, j'eus tout à coup une vision en esprit. J'aperçus au fond de ma chambre une nuée lumineuse et j'entendis un appel. Je me dirigeai donc en esprit vers cet être mystérieux, et comme j'approchais, la nuée s'ouvrit et je me trouvai en présence d'une jeune religieuse toute brillante de lumière et couronnée d'un nimbe d'or. Ses traits et ses vêtements étaient ceux des portraits de Sr Thérèse; son regard était très vif et son visage étincelant; une lumière argentée baignait l'ensemble de l'apparition. Elle s'avança vers moi jusqu'au milieu de l'appartement et me dit: «Monsieur, _suivez-moi_!» Puis elle disparut et, peu après, la lumière argentée qui l'enveloppait s'évanouit à son tour.
Je m'éveillai très ému et réfléchis à la signification de cette vision. «_Suivez-moi_», m'avait dit Sœur Thérèse; c'était la réponse à ma prière quotidienne: «_Soyez mon guide, conduisez-moi à Dieu_».
J'ai fait part à mon confesseur de cette faveur insigne et des sentiments qu'elle m'avait inspirés; il m'a dit qu'il fallait y croire.
Et maintenant je comprends mieux que jamais que, pour aller au ciel, _je dois suivre Sœur Thérèse_ dans sa voie d'humilité, de confiance et d'amour.
A. V.
96.
Tours (Indre-et-Loire), 28 juillet 1910.
Vous recevrez, à la fin de cette semaine ou au commencement de l'autre, un ex-voto que j'offre avec une pieuse reconnaissance à Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus. Voici dans quelle circonstance j'avais fait cette promesse:
Il y a environ douze jours, une de mes tantes faisait une malheureuse chute dans la rue et se cassait la cuisse. L'os sortant fit plaie, et le mal s'aggrava tellement qu'au bout de quelques jours tout espoir était perdu. Je ne quittais guère ma pauvre blessée car une angoisse me torturait: je savais ma tante très incroyante, et je ne voulais pas la voir partir ainsi pour l'au delà.
Cependant le 22 juillet arriva, apportant une nouvelle aggravation du mal et aucune amélioration morale. La gangrène s'était déclarée et faisait de terribles progrès. La Sœur garde-malade me demanda s'il fallait parler. Je crus que le moment était venu. Alors ce fut une lutte terrible: la mort approchait, ma pauvre tante ne voulait pas recevoir le prêtre, elle ne voulait pas prier, elle nous repoussait même avec violence et en blasphémant. Ce fut bientôt une question de minutes...
Malgré toute mon angoisse, je ne désespérais pas et répétais sans cesse: «Cœur sacré de Jésus, j'ai confiance en vous!» Quand, tout à coup, poussée par une impulsion irrésistible, je fis mentalement cette prière: «Mon Jésus, glorifiez votre petite servante Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus; si ma tante consent à se confesser et si elle le peut faire en pleine connaissance, je lui enverrai un ex-voto au Carmel de Lisieux.»
A peine avais-je terminé que je me penchai sur la mourante et lui demandai si elle voulait baiser ma médaille du Sacré-Cœur: elle fit un signe d'acquiescement et l'embrassa; puis, je lui demandai si elle me permettait d'amener un prêtre: elle dit «oui» deux fois, et fermement.
L'aumônier, découragé, était parti; personne à la cathédrale, personne à l'archevêché; enfin je ramenai un prêtre. Je pus en quelques mots le mettre au courant; ma tante se confessa en pleine lucidité et, à peine l'absolution donnée, elle perdait connaissance et expirait.
Au ressouvenir de cette grâce inespérée, mon âme s'est émue d'une reconnaissance sans nom, et c'est avec une joie profonde que je viens exécuter ma promesse.
Mlle M. V.
97.
(Calvados), 31 juillet 1910.
Le mardi 5 avril 1910, vers 4 h. 1/2 du soir, passant devant le monument funèbre de M. le comte de Colbert-Laplace, qui se trouve en face du cimetière de Lisieux, je fus poussée à invoquer Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus pour lui demander la guérison de Mme G...
La manière dont j'avais été attirée à la prier me causa une vive impression et me donna une certaine assurance d'être exaucée. Cinquante mètres plus loin, je trouvai une personne qui était chargée, de la part de Mr G..., de me demander de passer la nuit près de sa femme presque agonisante.
Vers 8 h. j'arrivai chez la malade que je voyais pour la première fois, ce ménage n'étant installé dans notre paroisse de Saint-J. de M. que depuis le 28 décembre 1909. Je la trouvai très mal, éprouvant des étouffements terribles et de vives douleurs dans le côté gauche, répandant d'abondantes sueurs froides. Elle me fit remarquer l'enflure de l'abdomen et de l'estomac; tout faisait prévoir une mort prochaine. Il faut dire que cette pauvre femme, affaiblie par une pleurésie qui avait exigé dix vésicatoires, était de plus épuisée par la venue d'un enfant qu'elle avait porté en ce triste état. Cet enfant, le douzième, était né six jours avant, le 30 mars 1910.
J'exhortai la malade à la confiance et je lui suggérai d'invoquer la petite Sr Thérèse dont elle n'avait jamais, me dit-elle, entendu parler. Ensuite je lui dis de dormir... que je me chargeais du reste.
Dans la soirée, vers 8 h. 3/4, le docteur vint et parut réfléchir longuement avant de rédiger son ordonnance. Il fut reconduit jusqu'à la barrière de la cour par le mari et lui dit: «Mon pauvre homme, qu'allez-vous devenir? Votre femme peut mourir à l'instant; et, si elle passe la nuit, elle ne passera pas la journée de demain.» Puis il le fit se tourner et lui traça sur le dos un carré: «Tout cela est creux comme une lanterne, dit-il, et le poumon gauche est complètement pourri.»
Pendant la nuit, la malade n'eut aucun repos. Entre 5 h. 1/4 et 5 h. 1/2 du matin, alors que j'étais dans la cuisine contiguë à la chambre, elle se sentit plus mal et appela son mari; un instant après, ses yeux se portèrent sur un tableau de Jésus en croix qui était près de son lit et elle s'écria: «Oh! que c'est beau! que c'est beau!» puis elle se mit à rire et à pleurer.
A ce bruit qui me parut étrange, je me rendis près d'elle; aussitôt elle me dit: «O ma Sœur, que c'était beau! J'ai vu le ciel ouvert, puis j'ai entendu distinctement à mon oreille une petite voix si douce qui m'a dit: «_Aie confiance! tu guériras_...» Mais, ma Sœur, criez donc au miracle! je suis guérie, je ne souffre plus du tout, je ne suis plus enflée, je marcherais bien, je veux me lever!»
On ne le lui permit pas. A ce moment je ne pensais nullement au miracle, mais simplement à un délire qui annonçait la mort prochaine. Alors elle dit à son mari, à sa mère et à moi: «Otez toute cette pharmacie qui est là devant moi; retirez-vous, fermez la porte, que je sois seule pour penser aux belles choses que j'ai vues!...»
Dans la journée le médecin revint et dit au mari: «Je suis stupéfait, je n'y comprends plus rien!» et à la femme: «Je ne sais pas d'où vous revenez, vous êtes ressuscitée!...»--«Cette guérison est un miracle», dit-il encore à d'autres.
Le miracle était bien réel, car voilà plusieurs mois que Mme G... jouit d'une parfaite santé et peut donner elle-même à sa nombreuse famille tous les soins qu'elle réclame.
Sr St-J.
La guérison s'est parfaitement maintenue jusqu'à ce jour.
2 janvier 1911.
98.
(Loire-Inférieure), 17 août 1910.
Une pauvre vieille femme infirme, Mme V., âgée de 84 ans, ne peut marcher. Elle demeure seule toute la journée. Sa vie toute de privation était bien triste avant qu'elle connût Sr Thérèse. Mais un jour je lui portai une image de la petite sainte. Ce fut alors le bonheur qui entra dans sa maison; sa tristesse a disparu, elle ne s'ennuie plus et quand, le matin, je la quitte pour aller à mes autres pauvres et malades, elle me dit en souriant: «Vous me quittez, ma Sœur, mais je ne suis plus seule, je cause avec la petite sainte qui me garde et ne me quitte pas.» Le soir, je la trouve à la même note. La chère sainte a apporté avec elle dans ce pauvre réduit la paix de l'âme, la joie du cœur, elle y a comblé toutes les absences.
Tous mes malades auxquels j'ai pu donner son portrait ont éprouvé de sa présence un bien-être évident que je constate avec reconnaissance.
Sr St-P., _religieuse garde-malade_.
99.
N., Belgique, 30 août 1910.
Je soussigné, F. F., avocat, me fais un devoir d'attester l'exactitude des faits suivants:
Je souffrais depuis plusieurs années d'eczéma étendu et permanent à la partie inférieure des jambes, depuis la cheville jusqu'au genou. Fréquemment il se produisait des poussées inflammatoires douloureuses, quelquefois des abcès ou furoncles. Cette affection cutanée ne paraissait guère laisser d'espoir de guérison, et le traitement consistait uniquement dans l'emploi de simples palliatifs: enveloppements humides, compresses, poudres adoucissantes telles que talc ou autres du même genre.
Aucune amélioration ne se produisait, lorsque, dans mon entourage, on eut la pieuse pensée de recourir à l'intercession de la petite Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus, envers qui ma femme et ma fille professaient une dévotion particulière.
Aux bandages qui entouraient la partie malade, on attacha une relique provenant d'objets ayant appartenu à cette sainte religieuse, et des neuvaines de prières eurent lieu pour obtenir ma guérison.
Bientôt l'inflammation disparut avec les rougeurs, rugosités, pustules et tous les phénomènes douloureux ou pénibles par lesquels le mal n'avait cessé de s'accuser depuis des années. La peau a repris complètement son aspect normal, et il ne reste aucune trace, soit externe, soit interne, des désordres passés. Il en est ainsi depuis un an environ et, à en juger par les apparences, il n'y a, semble-t-il, aucune raison de supposer que la guérison, qui est complète, n'ait pas le caractère d'une guérison durable et définitive.
Je fais la présente déclaration pour rendre hommage à la vérité, et je serais heureux si l'autorité compétente pouvait un jour en faire état, en vue de la glorification de la pieuse carmélite à l'intercession de laquelle nous avons eu, en famille, la confiance d'avoir recours[275].
F. F., _avocat_.
Signature légalisée à l'Evêché de N...
100.
C. (Angleterre), 16 septembre 1910.
Un mal de gorge persistant me faisait craindre de ne plus pouvoir remplir les obligations de mon saint ministère.
Après une courte instruction d'un quart d'heure que j'avais faite avec beaucoup de peine, je rentrais triste à la maison, quand un sentiment de confiance envers Sr Thérèse ranima mon courage. Avec son portrait je traçai le signe de la croix sur ma gorge. Immédiatement je remarquai un parfum exquis de violettes qui s'exhalait de l'image, et dès le lendemain j'étais complètement guéri.
Rd Père Ed. J.
101.
X., septembre 1910.
Etant allée rendre visite à Mme X., je la trouvai dans une très grande affliction. Son mari, âgé de 35 ans, était bien malade depuis 7 mois, perdu au dire des médecins... Je lui conseillai de lire la vie de Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus et de la prier, ce qu'elle fit.
Le 15 mars, le malade ayant reçu une relique de Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus, une neuvaine fut commencée à la petite sainte. Il se trouvait alors à toute extrémité, et ce que sa femme demandait, ce n'était plus sa guérison mais sa conversion: depuis l'âge de 20 ans, il avait laissé toute pratique religieuse!
Le 19 mars, cinquième jour de la neuvaine, il était mourant, dans le coma, il râlait; son corps était tout noir par la décomposition et sentait comme un mort de trois jours.
Sa femme, au désespoir, priait tout haut: «Mon Dieu! disait-elle, et dire qu'il meurt sans s'être converti!... pourtant j'ai tant prié!...»
Tout à coup, le mourant ouvre les yeux, s'assied sur son lit, reste un moment comme en contemplation et dit: «C'est elle... oui... c'est bien elle!... Je suis guéri!»
Il demande un prêtre, se confesse et communie à la grande édification de chacun. Il était radicalement converti.
«Commençons une neuvaine pour remercier Sr Thérèse, dit-il, elle m'a guéri... Ah! je n'ai plus qu'un désir: c'est de vivre en bon chrétien, c'est de réparer tant d'années passées loin de Dieu!»
Il ne souffrait plus et avait repris toutes les fonctions de la vie; c'était une guérison bien réelle, il ne lui restait plus qu'une grande faiblesse.
Mais cette guérison, ou plutôt ce retour à la vie ne lui avait été accordé qu'afin de lui permettre de revenir à Dieu avec toute sa lucidité d'esprit et toute la force de sa volonté; quinze jours plus tard, les crises le reprenaient. Sa femme et les religieuses rappelées en toute hâte, craignirent pour sa foi, mais elle n'en reçut aucune atteinte; au contraire, de converti qu'il était pendant les quinze jours de retour à la santé, il devint un saint dans sa maladie qui devait durer six semaines encore. Alors, il donna les plus beaux exemples de patience et de résignation, craignant de prendre ce qui pouvait le soulager. Pour n'en citer qu'un exemple: «J'ai tant à expier, disait-il à la religieuse qui voulait lui faire une piqûre pour calmer d'extrêmes douleurs, ne serait-ce pas mieux de souffrir?...»