Saint Michel et le Mont-Saint-Michel

Part 40

Chapter 403,614 wordsPublic domain

Dame, je tien que nul mestier De purefiement n’avez: Car ce filz qui de vous est nez N’est pas venuz par euvre d’omme; Ainsi est filz de Dieu, c’est la somme, Qui pris a corps et nouvelle ame; Et pour ce je vous di bien, dame, Qu’à l’eure de sa passion, Pour la grant tribulacion, Dame, qu’endurer li verrez, Si tourmentée en cuer serez Que la douleur qu’il souffrera Parmi vostre ame passera, Et sa mort vous sera à mort. Li cuer si me dit et remort Qu’ainsi doit avenir sanz faille. Tenez, dame, je le vous baille. Alez vous ent.

NOSTRE DAME.

Diex en fera à son talent, Sire; c’est bien raisons et droiz. Par vostre congié je m’en vois; A Dieu vous di.

ZABEL.

Sire, je vous commant aussi A Dieu le pere.

GABRIEL.

Or fault que nostre voiz s’appere En chantant, Michiel, doulx amis, Tant que nostre rondel pardis Sera du tout.

MICHIEL.

Gabriel, mettez soing et coust, Que vostre chant au mien s’assemble.

_Rondel._

Car par vous d’omme et Dieu ensamble Est hui donnée Offrande au temple desirée; Humble vierge, à qui ne ressamble Personne née, Par droit devez estre honnorée.

* * * * *

JOSEPH.

Dame, je say qu’acoustumée Est que l’evesque et li provoire Font hui moult grant feste, en memoire Que Dieu noz peres tant ama Que d’Egipte les delivra Hors des mains au roy Pharaon, Par Moyse et par Aaron. En savez rien?

NOSTRE DAME.

Joseph, sire, il me membre bien Qu’en fait hui feste, en remembrance De ce que Dieux à delivrance Mist tout son peuple hors d’Egipte, Et que la mer où nulz n’abite Passèrent sanz estre moillez, Et l’ost d’Egipte y fut noiez Et tout perdu.

JOSEPH.

Marie, c’est voir; ainsi fu: Et pour ce de toute Judée A ceste solempnel journée En Jherusalem leur offrande Portent tuit. Ainsi le conmande Dame, la loys.

NOSTRE DAME.

Sire, c’est bien raison et droiz Que moy et vous donc y alons, Et Jhesu, nostre enfant, menons Avec nous: s’offerrons ensemble. C’est bon à faire, se me semble; Et vous qu’en dites?

JOSEPH.

Nous n’en pouons, dame, estre quittes Autrement; si que par amour Appareilliez vous sanz demour, Et vous, biau filz: si en irons. Au temple de Dieu vous menrons Hui, se Dieu plaist.

JHESUS.

Je sui tout prest, sire, s’ous plaist Ma mére et vous.

NOSTRE DAME.

Oil certes, mon enfant doulx. Alons men, sire.

JOSEPH.

Or alons, que Dieu nous gart d’ire. Il n’y a pas de ci granment; Nous y serons assez briement. Venez, biau filz.

JHESUS.

Pere, soiés certains et fiz Que g’y vois moult tres voulentiers. Avançons nous endementiers Que temps avons.

NOSTRE DAME.

Vezci le temple où nous alons. Biau filz, tout bellement venez; Pour Dieu, de moy près vous tenez. Je vous en pri.

JHESUS.

Mére, alez; si feray je si: Ne vous doubtez.

JOSEPH.

Marie dame, or m’escoutez. Ceens ara ja si grant presce, Que maint y seront à destresce: Car gens venront de toutes pars. Ne soions pas d’offrir eschars, Mais dessus cest autel mettons Nostre offrande, et nous en alons Ysnellement.

NOSTRE DAME.

Sire, je l’accors bonnement: Or, offrez donques sanz delay. J’ay tout prest ce que j’offerray Sur cest autel.

JOSEPH.

J’ay offert; or faites autel Que j’ay fait, dame.

NOSTRE DAME.

Joseph, moult voulentiers, par m’ame. Qu’il est raisons.

JOSEPH.

Par amour, or nous en alons, Puis que noz offrandes sont faites: On verra maishui moult de sectes De gens venir.

NOSTRE DAME.

Je ne me vueil ci plus tenir. Venez vous en, biau filz Jhesus. E! lasse! qu’est il devenuz? Pas ne le voy?

JOSEPH.

Avoy, ma doulce amie, avoy! Comment! Jhésus est-il perduz? Haro! je sui touz esperduz! Que n’en voy point.

NOSTRE DAME.

E! lasse! grant douleur m’espoint. Je ne scay où il est alez. Lasse! lasse! il s’est egarez! Lasse! biau filz, où te querray? Lasse! je croy de dueil morray, Se ne te truis.

JOSEPH.

Dame, alons tost de huis en huis Demander se nuz l’a veu. Lasse! comme il a deceu, S’il n’est chiez l’un de noz parens! Yssons de ci: parmy ces rens Si l’alons querre.

NOSTRE DAME.

Pour Dieu, Joseph, alons bonne erre; Sa perte moult me desconforte. Lasse! je sui honnie et morte, S’il n’est trouvez.

JOSEPH.

Dame, ne vous desconfortez: Car en tant de lieux le querrons, Se Dieu plaist, que le trouverons Encore ennuit.

* * * * *

JHESUS.

Amis, mais qu’il ne vous ennuit, Je vous pri que vous me monstrez Ce livre: assez tost le rarez, Je vous creant.

LE LIBRAIRE.

Voulentiers; tenez, mon enfant. C’est un livre de prophecies, Et le fist le bon Ysaïes: N’en doubtés point.

JHESUS.

De par Dieu, en aussi bon point Que le bailliez, le vous rendray: Car de ci ne me mouveray Tant que le vous aie rendu: N’en aiez ja cuer esperdu.

_Spiritus Domini super me; eo unxit me, evangelizare pauperibus misit me, sanare contritos corde et predicare captivis remissionem et cecis visum, dimittere confractos in remissionem, predicare annum Domini acceptum et diem retribucionis._

Vostre livre tenez, amis; Je vous le rens entier et sain. Biaux seigneurs, sachiez de certain, Combien que soiez li greigneur Maistre de la loy et docteur, Ne le tenez ja à merveilles, Qu’aujourd’hui est en voz oreilles Ceste prophecie acomplie, Et ceste escripture aemplie Par verité.

PREMIER MAISTRE.

Seigneurs, avez vous escouté Cest enfant, conme il a leu Et puis conment sur ce meu A sa raison?

DEUXIESME MAISTRE.

Hé! c’est parole d’enfançon; On la doit mettre en nonchaloir: Il lui semble bien qu’il dit voir; Laissons ester.

TROISIESME MAISTRE.

Qui le meut ore à repliquer Ainsi contre nous l’escripture? Que Dieux li doint male aventure! Qui peut il estre?

QUATRIESME MAISTRE.

Je sçay bien qu’il n’ot onques maistre Ne ne hanta onques l’escole; Mais ainsi de nous se rigole Conme un enfant sot et nicet. Ne savez vous pas qui il est? C’est Jhesus, c’on dit qui est filz De Joseph, qui est touz flouriz Ja par viel aage.

PREMIER MAISTRE.

Il a dit parole trop sage, Et bien l’a sceu appliquier. Enfes, ça vien: je te requier Que tu me dies verité. Dy moy: en quelle auctorité Diz tu de ceste prophecie Qu’elle est hui en nous acomplie? Qui t’a donné ceste science Qu’osé l’as, en plaine audience Devant nous dire?

JHESUS.

S’enquerre et savoir voulez, sire, Qui m’a donné ceste science. Respondez moy ci en presence De ce que vous demanderay. Se me respondez sanz delay, Mais que ne me mentez de nient Dont ceste science me vient Tantost sarez.

PREMIER MAISTRE.

Biau sire, et vous response arez: Demandez tost.

JHESUS.

Je vous demans sanz plus ce mot: Respondez en selon vostre esme. Vint du ciel le Jehan batesme Ou bien des hommes?

PREMIER MAISTRE.

Seigneurs, oez vous con nous sommes De cest enfant ci argué? Nous serons du peuple hué, Se nous ne li savons respondre. D’une autre part nous fault respondre, Pour prendre advis.

DEUXIESME MAISTRE.

Je vous diray que j’en devis. Se nous disons que du ciel est, Il est de respondre tout prest: Pourquoy donques ne le creons? Se des hommes est li disons, En verité il semblera, Et respondre aussi le pourra, Que nous cremons le peuple plus Que Dieu: ainsi sommes confus. Qu’en dites-vous?

TROISIESME MAISTRE.

Que dire n’en sçay, sire doulz, Par le grant Dieu.

QUATRIESME MAISTRE.

Onques mais je ne fui en lieu Ou l’en trouvast enfant si sage. Il nous fera avoir hontage A touz ensemble.

DEUXIESME MAISTRE.

Non fera, seigneurs, qu’il me semble Que j’ay responce contre lui Qui luy pourra estre à annui. Alons à li; je la feray. Biau sire, je vous respondray: Le baptesme dont vous parlez, Dont il vient, ce nous demandez; Nous ne savons.

JHESUS.

Ne je ne vous feray respons Nul aussi, en quelle science J’ay ci dit, en vostre audience, Ce que j’ay dit à touz ensemble. Mais dites moi voir que vous semble. D’un homme qui deux filz avoit: A l’un dit: va t’en bon exploit, Filz, en ma vigne labourer; Et cil li sçot bien refuser Et de son pere se parti; Mais assez tost se repenti Et en la vigne ouvrer ala. Le pere à l’autre filz dit a Aussi qu’au premier avait fait: Le filz respondit tout à fait Que son conmandement feroit Et qu’en sa vigne ouvrer yroit: Toutes voies point n’y ala. Dites moy liquelx des deux a Mieux fait le voloir de son pere: C’est ci une chose legière Pour y respondre.

DEUXIESME MAISTRE.

Sanz ceste chose plus espondre, Nous disons: celui le fist plus Qui premier ot fait le refus, Et puis ouvra.

JHESUS.

Aussi sachiez qu’il avenra Pour voir, ains le derrenier jour, Que li publique pecheour Ou regne Dieu seront avant Mis que vous, je le vous creant, Aussi seront les foles fames; Pour ce vous sera grant diffames, Pour ce qu’il ont creu Jehan Entre elles et li publiquan, Et vous ne l’avez pas creu, Ne n’avez repentance eu De vos durtez, c’est chose voire, Quant à lui veez telz gens croire Et vous n’i eustes creance; Pour ce vous sera à grevance; A honte et à confusion A la grant resurreccion De toutes gens.

TROISIESME MAISTRE.

Il pert bien conme es negligens Et fol, quant nous fais mencion Qu’il soit ja resurreccion N’autre siècle qu’il a icy. Or me respons donc a cecy: Conment ce que diz avenra? Moises dist et conmanda En la loy que s’ome moroit Sanz lignie, se femme avoit, Que son frere si l’espousast, A la fin que il recouvrast En lieu de son frere lignie. Or avons veu qu’il n’a mie Granment, qu’il estoient set frere, Dont li aisné, c’est chose clere, Qui femme avoit, morut sanz hoir. Avint que li secons avoir Convint la dame et l’espousa, Mais sanz lignie trespassa: Ainsi du tiers, du quart, du quint, Du sixiesme et setiesme advint. Touz set celle dame espouserent, Et sanz avoir hoirs trespasserent. La dame après est trespassée. Quant venra à celle journée, Que tu diz que tout ressourdront, A qui sera-el femme adonc? Tuit l’ont eue.

JHESUS.

Que vous estes gent malostrue Et plains d’erreur, quant à ce point L’Escripture ne savez point, Non faites vous la Dieu vertu! Savoir devez, fol malostru, Qu’à celle resurreccion On n’y espousera pas, non, Ne ne sera l’en espousé; Mais tuit li bon resuscité Seront comme ange en la Dieu gloire. Ne lisez vous, c’est chose voire, Du resuscitement des mors, Que Dieu qui est misericors Si vous a escript à vos yex? «Je suis d’Abraham, dit il, Diex, Dieu d’Isaac et de Jacob.» Estes vous soluz a ce cop? Or aiez en vous ce remors, Qu’il ne se dit pas Dieu des mors, Mais des vivans.

* * * * *

NOSTRE DAME.

E! Diex, or est li mien dueilz granz, Et ce n’est mie sanz raison. Hé! biau filz, par quelle achoison De moy t’es ainsi departiz? Mon cuer à grant doleur partiz, Et me fais plaine de destresce. Lasse! lasse! filz, coment est ce Que de moy es si esloingniez? E! lasse! et que le m’enseigniez, Bonne gent, se le savez point. Il m’est avis que l’en me point Et fiert d’un glaive en chascun membre Quant de mon enfant me remembre, Que ne truis mie.

JOSEPH.

Par foy, c’est mau fait, doulce amie, De vous ainsi desconforter: Pour Dieu vueilliez vous deporter. Au temple arriére retournons; Espoir que nous l’i trouverons, Et qu’il est là.

NOSTRE DAME.

Sire, allons où il vous plaira, Pour Dieu et me laissiez en paiz. Pour li ne vueil user jamais Qu’en pleur mes ans.

QUATRIESME MAISTRE.

Biau maistre, encore te demans Qui est selon ton escient Tout le plus grant conmandement De nostre loy.

JHESUS.

Je t’en responderay par foy Ce qui n’est pas à getter pueur: «Aime Dieu de trestout ton cueur,» Non pas conme un homme aime famme; Aime l’ainçois de toute t’ame, Et aussi de tout ton pouoir. Li second conmandement voir Est à ce premier ci semblables: C’est que tu soies amiables; Car il dit: «Aime ton prouchain Com toy mesmes»; et de certain En ces deux conmandemens ci Pent toute la loys et aussi Tuit li prophete.

QUATRIESME MAISTRE.

Ceste response est si honneste, Maistre, qu’à dire sui tenuz Que tu es de par Dieu venuz: Car nul ne peut ce que tu diz Dire, de ce sui je touz fiz, Se premièrement ne venoit De par Dieu, et se Dieu n’estoit Avecques lui.

JHESUS.

Et pour tout certain je te dy: Qui ne renaist nouvellement Le royaume Dieu nullement Ne peut veoir.

QUATRIESME MAISTRE.

Conment, maistre, peut donc avoir Viel homme nouvelle naiscence? Je ne croy que nulz ait poissance Telle qu’il se puist mettre ou ventre De sa mère, ne qu’il y rentre Pour naistre enfant.

JHESUS.

Tu as engin mal entendant. Je te di que nulz n’enterra Ou regne Dieu, qui ne sera Aussi conme maintenant nez, Tout de nouvel regenerez En yave et ou saint esperit: Car savoir doiz sanz contredit Que ce qui de char naist char est, Et ce qui de l’esperit naist Est esperit par autel point. Ne te merveilles donques point S’en ma raison m’as oy mettre Que, pour estre sauf, il fault naistre Tout derrechief.

QUATRIESME MAISTRE.

Du savoir suis à grant meschief Conment peut c’estre.

JHESUS.

Conment? Tu tiens siége de maistre Et si es si plain d’ignorance Que tu n’en as pas congnoissance! Se je vous parle en general Des choses qui sont en aval, Qui sont les choses terriennes Et n’i creés, les celestiennes Conment croirez se les vous di? Je ne sçay. Dites moy ceci: Je vous demant à touz ensemble En verité: de qui vous semble Que Crist, qu’a avoir attendez, Par qui devez estre sauvez, Que il soit filz.

QUATRIESME MAISTRE.

Maistre, il sera filz de David; Se lisons nous.

JHESUS.

Or gardez bien: que dites vous? Comment seigneur en esperit L’appelle dont David qui dit:

_Dixit Domimis Domino meo: Sede a dextris meis, donec ponam inimicos tuos scabellum pedum tuorum?_

Se David par cette raison Son maistre et son seigneur l’appelle, Conment sera la chose telle Que son fil soit?

* * * * *

NOSTRE DAME.

Ha biau filz, es tu ci endroit? E! lasse! que nous as tu fait? Trop nous as mis en grant dehait. Entre Joseph, ton pere, et moy, Nous t’avons quis trois jours par foy De lieu en lieu, chiez noz parens. Nous ne savions mais par quel sens Nouvelles de toy eussions. Je crois que touz deux mort feussions Se nous ne t’eussions trouvé. Nostre joie avons recouvré, Quant te veons.

JHESUS.

Pour quoy, mere? quelle achoisons Vous a fait gester si voz pas? Dites moi, ne savez vous pas Qu’es choses qui sont de mon pere Il esconvient que je m’apere Desoremais?

JOSEPH.

Certes, je ne fu onques mais Si troublez conme j’ay esté Pour toy, biau filz, qu’en verité Nous te cuidions avoir perdu: S’en estions si esperdu, Que nous ne savions que faire Ne ne savions quel part traire Pour toy trouver.

JHESUS.

Ore c’est fait; laissons ester; Il devoit ainsi avenir. Que pensez vous à devenir? Nous avons assez esté ci. Où irons nous, pour Dieu merci, De ci endroit!

NOSTRE DAME.

Biau filz, nous en irons tout droit Chiez un mien ami bien prouchain, Qui de vous veoir a grant fain Dessus son lieu.

* * * * *

PREMIER MAISTRE.

Seigneur, je ne tiens pas à jeu Ce que ce garçon dit nous a: Le peuple nous en moquera, J’en sui certains.

DEUXIESME MAISTRE.

Il me poise que de mes mains Ne li ay batu le visage. Conment l’ont fait dyable si sage, Qu’il nous a touz quatre maté? Par le grant Dieu, j’en ai esté Et sui encore si plain d’ire Qu’il me semble c’om me martire. D’une grant masse.

TROISIESME MAISTRE.

Il convient que ce dueil se passe. Que dyable y soit! Laissons ester Ce larroncel: alons disner; Je miex n’i voi.

QUATRIESME MAISTRE.

Sire, de ma part je l’ottroy. Alons touz quatre en ma maison: Je vous donrray à grant foison Rost et pastez, poisson, blanc pain, Et de bon vin de Saint-Pourçain, Trestout pour nient.

NOSTRE DAME.

Biau filz, aler nous en convient En Nazareth, dont nous venismes: Car, si m’aist ly roy haultismes, Il me tarde moult que j’y soie. Joseph, mettons nous tost à voie, S’il vous agrée.

JOSEPH.

Dame, mes cuers à el ne bée. Par amours or nous en alons Par chiez noz parens, où avons Quis Jhesu, faire leur savoir Que nous l’avons trouvé pour voir, Et leur montrons.

NOSTRE DAME.

Joseph, il me plaist bien, alons; Aussi en seront il plus aise, Quant nous saront hors de malaise. Biau filz, par la main me tenez Et avec moi vous en venez En Nazareth.

JHESUS.

Mère, j’ay cuer et vouloir prest D’ensuir vous où vous irez, Et de faire quanque direz Benignement.

JOSEPH.

Biau filz, c’est bien dit; alons ment. Que Diex noz meffaiz pardonner Nous vueille, et en la fin donner Des cieulx la gloire!

AMEN.

VII

AU QUINZIÈME SIÈCLE

LISTE DES CHEVALIERS QUI DÉFENDIRENT LE MONT SAINT-MICHEL (D’APRÈS LES CHARTES CONTEMPORAINES)

[Page 272]

Pierre Allart.--_D’or, à trois bandes de gueules._

Guillaume Artur.--_De gueules, à la coquille d’or, au chef d’argent._

Estienne Aubert.--_Paslé d’argent et de gueules de six pièces, au chef d’azur._--Devise: _Stat fortuna domus._

Pierre d’Auxais.--_De sable, à trois besants d’argent, posés deux et un._

Briant d’Auxais.--_De sable, à trois besants d’argent, posés deux et un._

Guillaume Aux Espaules.--_De gueules, à la fleur de lys d’or._--Devise: _Non potest duobus dominis servire._

Pierre Bascon.--_De gueules, à six roses d’argent, posées trois, deux et une._

Richard de Bailleul.--_Mi-parti d’hermines et de gueules._--Devise: _Tacere aut bene dicere._

Guillaume de Beauvoir.--_D’azur, à trois losanges d’argent, posés deux et un._

Robert Bence.--_De gueules, à la fasce d’argent, accompagnée de trois molettes d’éperons d’or, posées deux et une._

Gilles Benoist.--_D’argent, à l’aigle au vol abaissé de sable; becquée et membrée de gueules._

Guillaume Benoist.--_D’argent, à l’aigle au vol abaissé de sable; becquée et membrée de gueules._

Guillaume des Biards.--_D’argent, fretté de sable de six pièces._

Robert de Bordeaulx.--_De gueules, au griffon d’or éployé, accompagné de trois canettes d’argent, posées deux et une._

Guillaume de Bourguenolles.--_D’azur, au lion d’argent, armé et lampassé de gueules; accompagné de trois étoiles d’argent, posées deux et une._

Robert de Brecey.--_Aux deux badelaires d’argent, posés en sautoir._

Thomas de Breuilly.--_D’azur, au chef cousu de gueules; au lion d’or couronné à l’antique, brochant sur le tout._--Devise: _Plus valet quam lucet._

Guillaume, sire de Briqueville de Colombières.--_Paslé d’or et de gueules de six pièces._

Richard, sire de Briqueville-Bretteville.--_D’argent, à six feuilles de chesne de synople, posées trois, deux et une._

Roger, sire de Briqueville-Bretteville.--_D’argent, à six feuilles de chesne de synople, posées trois, deux et une._

Thomas de la Broïse.--_D’azur, à deux fasces d’or, accompagnées de trois molettes d’éperons du même, posées deux et une; au chevron du même brochant sur le tout._

Jean Le Brun.--_Mi-parti d’hermines et d’azur; au lion de l’un en l’autre, couronné, tenant de ses pattes de devant une lance de gueules posée en pal._

Louis de Cantilly.--_De gueules, au chevron d’or, accompagné de trois besants d’argent, posés deux et un; au chef cousu de gueules, chargé d’une croix d’argent._--Devise: _A Cantilly, honneur y gist._

Jean de Carrouges.--_De gueules, aux fleurs de lys sans nombre._

Jean de la Champaigne d’Argouges.--_D’azur, à deux fasces d’or; accompagnées de neuf merlettes d’argent, posées quatre, trois et deux._

Robert Le Charpentier.--_D’argent, à trois canettes de sable, posées deux et une._--Devise: _Dieu m’aide._

Raoul Le Clere.--_D’argent, à la fasce de gueules; accompagnée d’un léopard de même, posé à la dextre de la pointe de l’écu._

Richard de Clinchamp.--_D’argent, au gonfanon de gueules, frangé d’azur, orné de trois pendants de même.--Devise: Pro Deo et rege._

De Combray (le bastard).--_D’azur, à trois lionceaux d’argent, posés deux et un._

Raoulquin de Créquy.--_D’or, au Créquier de gueules._--Devise: _A Créquy, le grand baron, Créquy haut baron, haut renom._

Foulques de Creully.--_D’argent, à trois lionceaux de gueules._

Jean de Criquebeuf.--_D’azur, au bœuf passant, en peine d’argent._

Henri de Crux.--_D’azur, à deux bandes d’or; accompagnées de sept coquilles d’argent, posées deux senestres en chef, trois lignées entre les deux bandes et deux destres en pointe._

Jean Drouart.--_De gueules, à trois membres de griffon d’or, posés deux et un; au chef d’or._

Louis, sire d’Estouteville, capitaine.--_Burelé d’argent et de gueules de dix pièces; au lion morné de sable brochant sur le tout._

Robert d’Estouteville, bastard d’Aussebosc.--_Burelé d’argent et de gueules de dix pièces; au lion morné surmonté d’un lambel, le tout de sable brochant sur le tout._

Françoys Flambart.--_D’azur, à la fasce cinq fois flamminée, accompagnée en chef de deux étoiles, le tout d’or._

Richard Flambart.--_D’azur, à la fasce cinq fois flamminée, accompagnée en chef de deux étoiles, le tout d’or._

Jacques de Folligny.--_Mi-parti d’argent et de gueules, à deux quintefeuilles de gueules et d’argent mises en fasce._

Louis de Folligny.--_Mi-parti d’argent et de gueules, à deux quintefeuilles de gueules et d’argent posées en fasce._

Robert de Fontenay.--_D’argent, à deux lions de sable léopardés, posés l’un au-dessus de l’autre, armés, lampassés et couronnés de gueules._

Jean Gouhier.--_De gueules, à trois roses d’argent, posées deux et une._

Jean de Grainville.--_D’azur, à deux fasces d’argent, accompagnées de six croisettes d’or, posées trois, deux et une._

Henry de Grippel.--_D’azur, à un dextrochère d’argent, tenant un demi-vol du même._

Pierre Le Grys.--_D’argent, à la fasce de gueules._--Devise: _Avec le temps._

Henry Le Grys.--_D’argent, à la fasce de gueules._

Thomas Guérin.--_D’azur, à trois molettes d’éperons d’or, posées deux et une; au chef d’or chargé d’un lion issant de gueules._--Devise: _In trino omnia, et uno._

Charles de Guémené.--_Mi-parti, au premier de gueules, à neuf mascles d’or; au deuxième d’hermines sans nombre._--Devise: _Potius mori quam fœdari._

Jean de Guiton.--_D’azur, à trois angons d’argent, posés deux et un_.--Devise: _Diex aïe._

Du Halay.--_De sable, à deux fasces d’argent; au pal d’or brochant sur le tout._