Sacountala, drame en sept actes, mêlé de prose et de vers
Part 9
[107] Toute cette partie de la scène, et ce qui suit encore jusqu’à la page 71: «Oiseaux fidèles, séparez-vous», manque dans l’autre recension. Nous n’avons pas cru devoir sacrifier la fin, qui s’y trouve réduite à une seule strophe.
SACOUNTALA, _arrivant devant le roi_.
Seigneur, je me suis aperçue en chemin, etc.
--Page 69.
«Frisson délicieux!»
_L’Amour est un arbre: le feu de la colère de Siva l’avait brûlé[108]; mais le destin fait pleuvoir la liqueur d’immortalité, et voilà que l’arbre consumé pousse de nouvelles branches._
[108] Voir ci-dessus, page 186, note 100.
ACTE IV
--Page 80.
«Se recueille et pense à l’absent.»
_Les premiers rayons du matin colorent la rosée qui baigne les jujubiers; le paon se réveille et s’envole du toit de chaume de la hutte; l’antilope se lève brusquement du bord de l’autel où s’est imprimé son pied fourchu: elle s’étire, baisse le cou et dresse le dos[109]._
[109] Cette jolie description n’a que le tort d’être un hors-d’œuvre après deux stances où le poète fait une allusion évidente à la situation de l’héroïne.
_La lune avait foulé le sommet du mont Mérou, le roi des monts; elle avait traversé, en illuminant les ténèbres, le second séjour de Vichnou: voilà qu’elle tombe du ciel; ses rayons s’effacent; même pour les plus nobles des êtres, la chute est près du triomphe[110]._
[110] Double emploi avec la première strophe de la page 80.
--Page 90.
«La forêt tout entière est en deuil.»
Vois plutôt
_La gazelle laisse tomber sa bouchée de gazon; le paon renonce à la danse[111]; les lianes s’affaissent et laissent pendre leurs feuilles pâlies._
[111] La danse du paon est un des lieux communs de la poésie descriptive des Hindous.
--Page 90.
«Vous l’aimerez comme vous m’avez aimée.»
CANNVA.
Ma chère enfant,
_Je rêvais de te donner un époux digne de toi: tu as su le trouver toi-même. C’est son tour maintenant: libre de souci pour ton bonheur, je la marierai à ce manguier qui croît près d’elle._
Maintenant reprends ta route.
--Page 91.
«(_Ils se remettent tous en route._)»
SACOUNTALA.
Mon père, je pense aussi à cette antilope qui ne quitte pas les environs de la hutte: elle est pleine; quand elle aura mis bas, faites-moi savoir l’heureuse nouvelle. Surtout, ne l’oubliez pas[112].
[112] Nous n’aurions pas sacrifié ce trait, s’il ne nous avait paru faire une sorte de double emploi avec la petite scène suivante.
CANNVA.
Compte sur moi, mon enfant.
--Page 91.
«Du courage!»
Fais attention à tes pas.
_Sois ferme; retiens les larmes qui baignent tes longs cils; elles t’empêchent de voir; et tes pieds heurtent les aspérités du chemin._
--Page 92.
«(_Il réfléchit._)»
ANOUSOUYA.
Chère amie, il n’y a pas dans notre ermitage un seul être vivant que ton départ ne plonge dans la tristesse. Vois!
_La femelle du Tchacravâca l’appelle sous la feuille de nymphéa qui la cache; mais l’oiseau ne lui répond pas: c’est toi qu’il regarde, en laissant tomber sa becquée de racines de lotus._
ACTE VI
--Page 132.
«Sous les fleurs du manguier charmant.»
_C’est quand l’anneau m’a rendu la mémoire, c’est quand je pleure, en proie au remords d’avoir indignement repoussé ma bien-aimée, que je vois arriver le mois des fêtes et des parfums enivrants[113]._
[113] Double emploi.
--Page 142.
«Elle s’attaque au lotus de son visage.»
LE ROI.
Chasse donc cet audacieux insecte!
MADHAVYA.
Mais c’est ton métier, à toi, d’apprendre à vivre aux coquins.
LE ROI.
Tu as raison. Allons! hôte bienvenu des lianes fleuries, pourquoi te fatigues-tu à voltiger autour d’elle?
_Vois! ton amante est là, posée sur une fleur, elle est altérée de ses sucs; mais elle t’aime, elle t’attend et ne veut pas faire son miel sans toi._
MISRAKÉSI.
Il s’y prend poliment!
MADHAVYA.
C’est une race bien entêtée!
LE ROI, _en colère_.
Ah! tu ne veux pas m’obéir! Eh bien! écoute!
J’ai connu sa lèvre rose, etc.
MADHAVYA.
Tes châtiments sont pourtant terribles! Et elle n’a pas peur! (_A part, en riant._) Il est complètement fou, et je le deviens moi-même dans sa société.
LE ROI.
Comment! j’ai beau la renvoyer! Elle est toujours là!
MISRAKÉSI.
Voilà donc ce que l’amour peut faire, même d’un sage!
MADHAVYA, _haut_.
Dis-moi, tu sais que c’est une peinture que tu as devant les yeux?
LE ROI.
Comment! une peinture?
MISRAKÉSI.
Moi-même, je m’y étais trompée un instant. N’est-il pas naturel qu’il ne voie, lui, que son rêve?
LE ROI.
Pourquoi es-tu si cruel envers moi?
_Je la voyais... J’étais heureux_, etc.[114]
[114] On nous excusera sans doute d’avoir abrégé une pareille scène.
ACTE VII
--Page 170.
«Vois le bel oiseau!»
L’ENFANT, regardant autour de lui.
Où est-elle maman[115]? (_Toutes les deux se mettent à rire._)
[115] Il y a là un jeu de mots qui est intraduisible,... heureusement. On peut en donner l’idée en remplaçant le mot «oiseau» par le sanscrit _çakunta_, et en faisant dire à la religieuse: «Vois ce beau sacounta-là!» Que le lecteur nous pardonne!
PREMIÈRE RELIGIEUSE.
C’est la ressemblance des sons qui l’a trompé. Sa mère le gâte tant!
DEUXIÈME RELIGIEUSE.
«Vois le joli paon!» C’est là ce qu’on te disait.
LE ROI, _à part_.
Comment! Sa mère s’appelle Sacountalâ! Mais bien des femmes portent le même nom. Oh! si j’étais trompé par un mirage! Si tout cela devait finir en me laissant à mon désespoir!
L’ENFANT.
Ma bonne sœur, votre paon est bien joli, etc.
IMPRIMÉ PAR JOUAUST ET SIGAUX POUR LA NOUVELLE BIBLIOTHÈQUE CLASSIQUE PARIS, 1884
NOUVELLE BIBLIOTHÈQUE CLASSIQUE
A 3 francs le volume
Outre le tirage ordinaire à 3 fr. le volume, nous avons fait un tirage numéroté de 500 exemplaires sur papier de Hollande (à 5 fr.), et de 30 sur pap. de Chine et 30 sur pap. Whatman (à 10 fr.).
Aux amateurs du GRAND PAPIER nous offrons un _tirage spécial_ format in-8º, de 170 exemplaires sur pap. de Hollande (à 20 fr.), 15 sur pap. de Chine et 15 sur pap. Whatman (à 35 fr.), avec couvertures repliées. Ce tirage est orné des PORTRAITS des auteurs publiés, _que contiennent seuls les exemplaires en grand papier_.
NOTA.--Nous n’avions admis jusqu’à présent dans notre collection que des œuvres d’écrivains français. Nous abordons aujourd’hui la littérature étrangère en publiant le drame de _Sacountalâ_, traduit par MM. Abel Bergaigne et Paul Lehugeur.
EN VENTE
RÉGNIER, _Satires_, publ. par Louis Lacour.--1 vol.
MONTESQUIEU, _Grandeur et Décadence des Romains_, publ. par G. Franceschi.--1 vol.
BOILEAU, publ. par P. Chéron.--2 vol.
HAMILTON, _Mémoires de Grammont_, publ. par M. de Lescure.--1 vol.
REGNARD, _Théâtre_, publ. par G. d’Heylli.--3 vol.
SATYRE MÉNIPPÉE, publ. par Ch. Read.--1 vol.
P. L. COURIER, _Œuvres_, avec préface par F. Sarcey.--3 vol.
MALHERBE, _Poésies_, publ. par P. Blanchemain.--1 vol.
CORNEILLE, _Théâtre_, avec préface par V. Fournel.--5 vol.
DIDEROT, _Œuvres choisies_, préface par Paul Albert.--6 vol.
CHAMFORT, _Œuvres choisies_, publ. par M. de Lescure.--2 vol.
RIVAROL, _Œuvres choisies_, publ. par M. de Lescure.--2 vol.
RACINE, _Théâtre_, préface de V. Fournel.--3 vol.
LA ROCHEFOUCAULD, _Maximes_, publ. par J. Thénard.--1 vol.
LA BRUYÈRE, _Caractères_, avec préface de L. Lacour.--2 vol.
MOLIÈRE, _Théâtre_, publ. par D. Jouaust et G. Monval.--8 vol.
BOSSUET, _Oraisons funèbres_, publ. par Arm. Gasté.--1 vol.
Sous presse: _Poésies d’André Chénier_,--_Rabelais_,--_Montaigne_.
Avril 1884.