Reconnaissance au Maroc, 1883-1884 (Texte)
Part 50
L’Angad et le Ṛaret finissent au-dessous des dernières tentes des Beni Oukil. Là le fleuve rentre en montagne. Sa vallée, jusqu’à la mer, demeure resserrée entre les flancs d’une haute chaîne au milieu de laquelle il s’est percé un passage ; cette chaîne, prenant les noms des tribus qui l’habitent, s’appelle, à droite de la Mlouïa, Djebel Beni Iznâten, à gauche Djebel Kebdana.
Après avoir dessiné à grands traits la vallée de la Mlouïa, nous allons énumérer les qçars qui s’y trouvent, situés dans le fond ou sur les flancs, sans être sur le cours du fleuve ni sur ceux de ses affluents. Il y en a fort peu dans le fond, mais un certain nombre sur les premières pentes des chaînes qui le bordent. Nous les diviserons en cinq classes :
1o Qçars des Aït ou Afella.
2o Qçars au pied du Grand Atlas.
3o Qçars du Rekkam.
4o Qçars des premières pentes du flanc gauche de la vallée (Moyen Atlas).
5o Qçars du Djebel Debdou (Moyen Atlas).
=1o Qçars des Aït ou Afella.=
Ils sont au nombre de trois, tous situés dans le fond de la vallée, entre le Grand Atlas et la Mlouïa : ce sont :
_Zebzat._ 200 fusils.
_Bou Aïach_ (arrosée par un ruisseau sortant du 30 Djebel Aldoun dans le Grand Atlas).
_Entrit_ (arrosée par des sources). 15
Nous les avons vus tous trois en allant du col de Telṛemt à Qçâbi ech Cheurfa ; les deux premiers étaient à l’ouest de notre route, le dernier à l’est.
Distances : de Qaçba el Makhzen (El Qçâbi) à Entrit comme d’Aït Çaleḥ à Kerrando.
d’Entrit à Bou Ạïach comme d’Aït Çaleḥ à Kerrando.
de Qaçba el Makhzen à Zebzat comme d’Aït Ọtman à Mellaḥ Tiallalin.
=2o Qçars au pied du Grand Atlas.=
Voici leurs noms, dans l’ordre où on les rencontre en longeant le pied du Grand Atlas, de l’ouest à l’est :
_Zriouila_ (Aït Tseṛrouchen et Aït Izdeg). 20 fusils.
_Bertat_ (Aït Izdeg). 200
Ces localités sont arrosées par des sources ; elles appartiennent aux tribus que nous venons de citer. Dans chacune, la population se compose partie d’individus de la tribu qui possède le qçar, partie de Qebala.
Ni marché, ni Juifs en aucun de ces points.
Distances : de Qaçba el Makhzen (El Qçâbi) à Zriouila comme d’Aït Çaleḥ au Gers.
de Zriouila à Bertat comme d’Aït Çaleḥ à Mellaḥ Tiallalin.
de Bertat à Ạïat (Ouad Ouizert) comme d’Aït Ọtman à Mellaḥ Tiallalin.
d’Ạïat à Bou Sellam comme d’Aït Çaleḥ au Gers.
de Bou Sellam à Tagenza comme du Gers à Nezala.
de Tagenza à Azdad comme d’Aït Ọtman à Aït Çaleḥ.
de Qaçba el Makhzen à Azdad, un jour 1/2 de marche.
de Tagenza à Tanslemt comme d’Aït Ọtman à Qçar es Souq.
de Tanslemt à Talsit comme de Qçar es Souq à Mellaḥ Tiallalin.
de Talsit à Anoual comme de Nezala à Qçâbi ech Cheurfa.
Les cinq points d’Azdad, de Talsit, d’Anoual, de Tagenza et de Tanslemt, dont il est parlé ici, sont des localités du Ḍahra ou du pied du Grand Atlas. Azdad est un groupe de 5 qçars appartenant aux Aït Tseṛrouchen : 200 fusils. Talsit est un groupe indépendant de 3 qçars contigus, habités par des marabouts de Sidi Ben Ạbd Allah ; il est situé sur une rivière de même nom que lui, dont le reste du cours est à sec et désert : 300 fusils. Anoual est un qçar de 60 fusils, peuplé d’Aït Tseṛrouchen et de marabouts ; il compte dans le Ḍahra[121]. Tagenza est un qçar de 80 fusils, peuplé moitié d’Aït Izdeg, moitié d’Aït Tseṛrouchen, et dépendant des deux tribus ; il est situé sur un petit cours d’eau de même nom que lui dont le reste du cours est désert. Tanslemt est un qçar isolé de 100 fusils, habité par des Qebala ; ceux-ci, comme les autres Qebala de la région, sont vassaux des puissantes tribus voisines et indépendants du sultan ; Tanslemt est sur une petite rivière dont le reste du cours est désert.
=3o Qçars du Rekkam.=
Ils sont au nombre de quatre, contigus les uns aux autres, et enveloppés dans une même ceinture de jardins. Ce groupe se nomme :
_Tiissaf._ 300 fusils.
La population de Tiissaf est composée de marabouts des Oulad Sidi Ạïssa ; ces religieux sont regardés comme formant une des fractions des Oulad el Ḥadj.
Une grande ḍaïa alimente ce lieu.
Distances : de Tiissaf au lit de la Mlouïa comme d’Aït Çaleḥ au Gers.
Tiissaf est à peu près en face de Tirnest par rapport à la Mlouïa.
=4o Qçars sur les premières pentes du flanc gauche de la vallée.=
Ils forment cinq groupes, situés sur les premières pentes du Moyen Atlas, dans la région de cette chaîne comprise entre Misour et Oulad Ḥamid. En voici les noms, dans l’ordre où on les trouve en suivant les premières pentes du Moyen Atlas du sud au nord :
Almis (un seul village ; Chellaḥa). 250 fusils.
Tirnest (10 qçars ; Oulad el Ḥadj). 600
Reggou (5 qçars ; Chellaḥa). 400
Qçar el Mạllemin (1 qçar ; Chellaḥa). 12
Feggouç (2 qçars ; marabouts des Oulad Sidi Iạqob). 80
Tous ces points sont arrosés par des sources et entourés de jardins fertiles. Tirnest, Reggou, Feggouç ont chacun leurs qçars contigus et groupés au milieu d’un seul îlot de verdure, comme Misour et El Ouṭat. Almis et Reggou, bien que peuplés de Chellaḥa, sont constamment alliés aux Oulad el Ḥadj. Qçar el Mạllemin dépend des Oulad el Ḥadj. A Tirnest, ils forment la majorité des habitants et sont les maîtres. Ni marché, ni Juifs dans aucune de ces localités.
Almis est fort riche ; ce village possède à lui seul 100 chevaux.
Distances : d’Almis à Ouṭat Oulad el Ḥadj comme d’Ouṭat Oulad el Ḥadj à Misour.
d’Almis à Misour comme de Megdoul à Misour.
d’Almis à Tiouant comme de Megdoul à Misour.
de Tirnest à Mellaḥ el Ihoud (Ouṭat Oulad el Ḥadj) comme de Megdoul à Misour.
de Tirnest à El Ạrzan comme d’Aït Çaleḥ à Kerrando.
de Tirnest à Oulad Ạli (Ouad Chegg el Arḍ) comme de Qçâbi ech Cheurfa à Megdoul.
de Tirnest à Reggou comme de Megdoul à Misour.
de Reggou à Oulad Jerrar comme d’El Bridja à Misour.
de Reggou à l’Ouad Mlouïa comme de Qçar es Souq à Aït Ọtman.
de Reggou à Oulad S. Ben Ạïada comme de Qçar es Souq à Aït Ọtman.
de Reggou à Qçar el Mạllemin comme de Kerrando au Gers.
de Qçar el Mạllemin à l’Ouad Mlouïa comme d’Aït Çaleḥ au Gers.
de Qçar el Mạllemin à Feggouç comme d’Aït Çaleḥ à Kerrando.
de Feggouç à Reggou comme de Megdoul à Misour.
de Feggouç à l’Ouad Mlouïa comme d’Aït Çaleḥ à Kerrando.
=5o Qçars du Djebel Debdou.=
On appelle _Djebel Debdou_ la portion du Moyen Atlas qui s’étend de Sidi Ạli ben Ạbd er Raḥman d Admer à Sidi Ạli ben Samaḥ d Oulad Ạmer, c’est-à-dire de la Mlouïa à l’Ouad Za.
Ce massif renferme un assez grand nombre de qçars et de villages ; on leur donne le nom général de Haouz Debdou. Ils peuvent se diviser en trois groupes :
I. Villages de la vallée de l’Ouad Debdou.
II. Rechida et qçars voisins.
III. Villages des Beni Ṛiis.
Nous allons dire un mot des deux premiers groupes ; le troisième est situé sur un affluent de la Mlouïa dont il sera parlé plus bas.
I. _VILLAGES DE LA VALLÉE DE L’OUAD DEBDOU_. — L’Ouad Debdou n’est qu’un ruisseau qui se perd dans le désert de Tafrâta, sans atteindre la Mlouïa. Les villages de sa vallée se composent d’abord de ceux qui sont situés au fond ; ce sont, en descendant :
_Debdou_ (300 familles israélites et rive droite, 100 fusils. 100 musulmanes)
_Qaçba Debdou_ rive droite, 50
_Qoubbouin_ rive droite, 15
_El Mesalla_ rive gauche, 100
_Bou Aïach_ rive gauche, 10
ensuite de ceux qui se trouvent à mi-côte des flancs ; ce sont, en descendant la vallée :
_Sellaout_ flanc droit, 50 fusils.
_Flouch_ flanc gauche, 30
Ces 7 villages, avec les deux groupes de tentes des Beni Fachat (contigu à Sellaout ; flanc droit ; 150 fusils) et des Beni Ouchgel (en aval du précédent ; flanc droit ; 30 fusils), groupes qui, situés auprès de sources, de jardins, de cultures, sont aussi invariables dans leurs positions que des villages, forment ce qu’on appelle le pays de Debdou, _El Debdou_.
Le Debdou est soumis au sultan et dépend du qaïd de Tâza (en ce moment Ạbd Allah Ech Cherradi) ; mais celui-ci n’y a placé ni lieutenant, ni mkhaznis, ni aucun représentant de l’autorité ; il se borne à venir en tournée tous les ans ou tous les deux ans, et à envoyer de temps en temps quelques mkhaznis lever l’impôt sur les Musulmans. Chose curieuse, le qaïd de Tâza n’a sous ses ordres directs que les Musulmans du Debdou ; les Israélites, fort nombreux dans le district, dépendent non de lui, mais d’un des bachas de Fâs, Ould Ba Moḥammed ; c’est à ce dernier qu’ils remettent tous les ans le montant de leur tribut.
Les habitants du Debdou s’administrent donc eux-mêmes et, pour les difficultés, s’en réfèrent à Tâza. On les désigne sous le nom d’Ahel Debdou. Ce semble être une population mêlée, Arabes et Chellaḥa, ces derniers dominant. La langue est pour les uns l’arabe, pour les autres le tamaziṛt.
Marché permanent au village de Debdou et, de plus, souq el khemîs dans la même localité.
Un mellaḥ.
II. _RECHIDA ET QÇARS VOISINS_. — Ce second groupe se compose d’un certain nombre de qçars isolés les uns des autres, situés ceux-ci sur les pentes, ceux-là au pied du revers occidental du Djebel Debdou ; ils sont beaucoup plus près de la Mlouïa que les précédents et sont situés sur le flanc même de sa vallée. Voici leurs noms, dans l’ordre où on les rencontre en descendant celle-ci :
_Admer_ (marabouts de Sidi Ạli ben Ạbd er 100 fusils. Raḥman).
_Beni Khelften._ 150
_Rechida_ (marabouts). 200
_Alouana._ 30
Les habitants de Rechida et d’Admer sont marabouts. Ils font partie, ainsi que les gens de Beni Khelften, des Oulad el Ḥadj, dont les Ahel Rechida et les Oulad Admer sont deux fractions. Mais en ce moment ils sont en guerre avec le reste de leur tribu. Celle-ci est insoumise ; eux obéissent au sultan ; d’où querelle.
Rechida est un grand et beau qçar, situé à mi-côte du Djebel Debdou, dans un lieu escarpé. Sources abondantes, grands jardins, beaux oliviers.
Beni Khelften est au pied de Rechida, dans la position de Debdou par rapport à Qaçba Debdou.
Admer est au sud de Beni Khelften ; des sources l’arrosent.
Ạlouana se trouve dans un repli de la montagne, au nord-ouest de Debdou.
Admer, Beni Khelften, Rechida, Ạlouana, sont soumis au sultan et dépendent du qaïd de Tâza.
Distances : d’Admer à Beni Khelften, le tiers de la distance de Lalla Maṛnia à Oudjda.
d’Admer à Oulad Sidi Bou Iạqob, la moitié de la distance de Lalla Maṛnia à Oudjda.
de Rechida à la Mlouïa, la distance de Lalla Maṛnia à Oudjda.
de Rechida à Beni Ṛiis, la moitié de la distance de Lalla Maṛnia à Oudjda.
de Debdou à Beni Ṛiis, la moitié de la distance de Lalla Maṛnia à Oudjda.
Beni Khelften est au pied de Rechida.
3o. — AFFLUENTS DE LA MLOUIA.
La Mlouïa reçoit un grand nombre d’affluents. Voici les principaux d’entre eux, dans l’ordre où on les rencontre en descendant le fleuve :
Ouad Ouṭat Aït Izdeg, se jetant sur sa rive droite aux confins des Beni Mgild et des Aït ou Afella.
Ouad Ouizert, se jetant sur sa rive droite entre Megdoul et El Bridja.
Ouad Souf ech Cherg, se jetant sur sa rive gauche à quelques mètres au-dessus d’Igli.
Ouad Tiddarin, se jetant sur sa rive droite à 1000 mètres au-dessous d’Igli.
Ouad Tiouant, se jetant sur sa rive gauche entre Touggour et Ouṭat Oulad el Ḥadj.
Ouad Medfạ Keddou, se jetant sur sa rive droite entre Touggour et Ouṭat Oulad el Ḥadj.
Ouad Chegg el Arḍ, se jetant sur sa rive gauche à Ouṭat Oulad el Ḥadj.
Ouad Beni Ṛiis, se jetant sur sa rive droite dans la fraction des Ạtamna (Houara).
Ouad Melillo, se jetant sur sa rive gauche à Gersif.
Ouad Messoun, se jetant sur sa rive gauche dans la fraction des Oulad Reḥou (Ḥallaf).
Ouad Za, se jetant sur sa rive droite dans la plus haute des 3 fractions des Beni Oukil.
Ouad el Qceb, se jetant sur sa rive droite chez les Beni Oukil, au-dessous du Za.
_OUAD OUTAT AIT IZDEG_. — Cette rivière prend sa source dans le Grand Atlas au Djebel El Ạïachi. Elle arrose sur son cours le district d’Ouṭat Aït Izdeg ; le reste du temps, elle coule dans le désert. Voici les qçars dont se compose Ouṭat Aït Izdeg, dans l’ordre où on les trouve en descendant l’ouad :
RIVE DROITE :
Tatteouin. 60 fusils.
Afelilou (2 qçars). 150
Tissouit. 20
Asellim (2 qçars). 150
Aït ou Afella (3 qçars). 100
Ikher Imzioun. 60
RIVE GAUCHE :
Berrom. 100 fusils.
Tabnattout. 50
Semmoura. 60
Bou Zmella. 60
Aït Ọtman ou Mousa. 150
Teççaouit. 100
Ces divers qçars ne forment qu’un seul groupe et sont, sur chaque rive, unis entre eux par des cultures. Ils appartiennent aux Aït Izdeg. Ceux-ci en sont la seule population. La localité d’Aït ou Afella dépend de la fraction de ce nom.
Le district étant la propriété des Aït Izdeg, il va de soi qu’il est indépendant du sultan et qu’on y parle le tamaziṛt.
Marché permanent (le samedi excepté) à Bou Zmella. C’est le seul d’Ouṭat Aït Izdeg.
Deux mellaḥs.
Distances : de Tatteouin à Ikher Imzioun comme de Mellaḥ Tiallalin à Aït ou Alil.
Berrom est en face d’Asellim.
Ikher Imzioun est en face d’Aït Ọtman ou Mousa.
d’Ouṭat Aït Izdeg au confluent de l’Ouad Ouṭat Aït Izdeg et de la Mlouïa comme de Mellaḥ Tiallalin à Qçar es Souq.
=AFFLUENT.= — L’Ouad Ouṭat Aït Izdeg reçoit un affluent, l’Ouad Aït Ạïach, se jetant sur sa rive gauche à une certaine distance au-dessous du district d’Ouṭat Aït Izdeg.
OUAD AIT AIACH. — Il prend sa source au Djebel El Ạïachi et arrose en descendant quatre qçars appartenant aux Aït Ạïach ; le reste de son cours est désert. Voici les quatre qçars, dans l’ordre où on les trouve en descendant la rivière :
Aït Tiferraḥin rive droite, 50 fusils.
Aït Tourast rive droite, 50
Aït Ben Ạli rive gauche, 50
Ansegmir rive gauche, 150
Les deux derniers qçars sont en face des deux premiers ; ils ne forment tous quatre qu’un seul groupe ; les jardins sont unis sur chaque rive du cours d’eau.
Les Aït Ạïach sont une fraction des Aït Iafelman. C’est dire qu’ils sont indépendants et parlent le tamaziṛt. Ils composent la seule population des 4 qçars de l’Ouad Aït Ạïach.
Ni marché, ni Juifs dans aucun d’eux.
Distances : du confluent de la Mlouïa et de l’Ouad Ouṭat Aït Izdeg à celui de l’Ouad Ouṭat Aït Izdeg et de l’Ouad Aït Ạïach comme de Qçar es Souq à Aït Ọtman.
de Qaçba el Makhzen (El Qçâbi) à Ansegmir comme de Nezala à El Qçâbi.
_OUAD OUIZERT_. — Il prend sa source dans le Grand Atlas, au sommet appelé Ikhf n Iṛir (Djebel Gir). Plusieurs qçars se trouvent sur son cours ; les voici, dans l’ordre où on les rencontre en le descendant :
Ạïat (3 petits qçars : Qcîra Cheurfa ; Qcîra 60 fusils. Aït Attou ; Qcîra Sidi Ben Ḥachem).
Bou Sellam (5 petits qçars : Qçar Ṭoual, rive 200 gauche ; Qcîra Sidi Moḥammed bel Bachir, rive gauche ; Qcîra ech Cheurfa, rive gauche ; Qçar Oulad Moulei El Ḥasen, rive droite ; Qçar Ousebri, rive droite).
Tisana rive 10 gauche,
Tikoutamin (2 qçars : Ḥaselfa ; Oulad Deḥou). 50
Ouizert (3 qçars : Oulad Deḥou ; Oulad Ious ; rive 150 Oulad Abbou) droite,
Ces localités sont échelonnées sur la rivière, assez loin les unes des autres. Aucun lien ne les unit. Entre elles, au-dessus et au-dessous, le cours de l’ouad est désert.
Ạïat est peuplée de cherifs et d’Aït Tseṛrouchen, Bou Sellam de Qebala, Tisana de Qebala, Tikoutamin et Ouizert d’Oulad Khaoua.
Distances : d’Ạïat à Bou Sellam comme d’Aït Çaleḥ au Gers.
de Bou Sellam à Tisana comme d’Aït Çaleḥ au Gers.
de Tisana à Tikoutamin comme d’Aït Çaleḥ à Aït ou Alil.
de Tikoutamin à Ouizert comme d’Aït Çaleḥ à Aït ou Alil.
d’Ouizert à Megdoul comme d’Aït Çaleḥ à Aït ou Alil.
d’Ouizert à Megdoul comme de Mellaḥ Tiallalin au Gers.
d’Ouizert au confluent de l’Ouad Ouizert et de la Mlouïa comme d’Aït Çaleḥ à Kerrando.
d’Ouizert à Igli comme d’Aït Ọtman au Gers.
de Megdoul au confluent de l’Ouad Ouizert et de la Mlouïa comme d’Aït Ọtman au Gers.
_OUAD SOUF ECH CHERG_. — Il prend sa source dans le Moyen Atlas, sur le territoire des Aït Ioussi. Il arrose deux qçars avant d’arriver à Misour ; ce sont, en descendant la rivière :
Qcîra Aït Ḥamed ou Selîman. 40 fusils.
El Kseạt. 40
De là il passe à Misour, qui a été décrit plus haut.
Qcîra Aït Ḥamed ou Selîman et El Kseạt sont habités par des Aït Ioussi et appartiennent à cette tribu. Ces deux qçars sont isolés l’un de l’autre ; entre eux, au-dessus et au-dessous, le cours de la rivière est désert.
Distances : de Misour à El Kseạt comme d’Aït Ọtman à Kerrando.
d’El Kseạt à Qcîra Aït Ḥamed ou Selîman comme du Gers à Aït Çaleḥ.
_OUAD TIDDARIN_. — Il prend sa source dans le Grand Atlas. Tout le cours en est désert.
_OUAD TIOUANT_. — Il prend sa source dans le Moyen Atlas, au Djebel Tiouant. Cette montagne, où l’on trouve du sel, est située, par rapport à la Mlouïa, au-dessus de Touggour. A son pied, la rivière arrose quelques villages qui composent le district de Tiouant. Ce sont les seuls lieux habités de son cours, qui tout le reste du temps est désert. Voici les noms de ces villages, dans l’ordre où on les rencontre en descendant l’ouad :
Bou Ḥennoun rive 80 fusils. droite,
Aït Ḥammou rive 150 gauche,
Aït Ạïssa rive 80 gauche,
Aït Baroukh rive 120 gauche,
Aït ou Iaḥian (2 petits villages se faisant 150 face, l’un sur la rive droite, l’autre sur la rive gauche)
Ces localités ne forment qu’un seul groupe ; leurs cultures se touchent sur les deux rives du cours d’eau. A elles cinq, elles composent tout le district de Tiouant.
Les gens du Tiouant sont toujours alliés aux Oulad el Ḥadj. Ils sont Chellaḥa et sédentaires. Leur langue est le tamaziṛt. Point de relations avec le sultan.
Ni marché, ni Juifs sur leur territoire.
L’Ouad Tiouant a toujours de l’eau dans son lit.
Distances : de la Mlouïa à Aït ou Iaḥian 1/2 jour de chemin.
de la Mlouïa à Aït ou Iaḥian comme d’Aït Ọtman à Kerrando.
d’Aït Ḥammou à Aït ou Iaḥian comme de Mellaḥ Ouṭat Oulad el Ḥadj à Kechchacha.
Aït Ḥammou et Bou Ḥennoun se font face.
_OUAD MEDFA KEDDOU_. — Il prend naissance dans le Ḍahra. Tout le cours en est désert. De sa source à son confluent avec la Mlouïa, il y a environ 2 jours de marche.
_OUAD CHEGG EL ARD_. — La source en est dans le Moyen Atlas. Avant d’arriver à Ouṭat Oulad el Ḥadj, il arrose plusieurs villages. En voici les noms, dans l’ordre où on les trouve en descendant la rivière :
Oulad Bou Ṛilas (bien qu’isolé, ce village rive compte avec les Beni Ḥassan). droite,
Beni Ḥassan (4 villages ; 1 sur la rive 600 fusils. gauche, 3 sur la rive droite)
Oulad Ạli (4 villages) rive 200 gauche,
Beni Ḥaïoun (2 villages) rive 200 droite,
Oulad Sạïd rive 30 gauche,
De là il descend à Ouṭat Oulad el Ḥadj.
Ces diverses localités sont espacées, à distance les unes des autres ; entre elles, le cours de la rivière est désert.
Des villages situés sur l’Ouad Chegg el Arḍ au-dessus d’Ouṭat Oulad el Ḥadj, quatre, Beni Ḥassan, Oulad Ạli, Beni Ḥaïoun, Oulad Sạïd, ont chacun leur organisation séparée et n’ont aucun lien entre eux. Oulad Bou Ṛilas est peuplée de gens de Beni Ḥassan et dépend de cette localité. Ces divers centres ont pour habitants des Chellaḥa sédentaires n’appartenant à aucune tribu. Ils sont la plupart du temps, mais non toujours, alliés aux Oulad el Ḥadj. Leur position géographique les met, pour certaines choses, dans la dépendance de cette tribu. Elle est la seule avec laquelle ils puissent faire le commerce : d’elle leur viennent et les huiles et les grains. Il y a bien, à travers la montagne, des chemins vers Fâs et vers Tâza ; mais ils sont très difficiles et on ne les prend pas. Cependant ces villages n’ont pas de debiḥa sur les Oulad el Ḥadj : ils ne sont vassaux d’aucune tribu. Au temps où les Oulad el Ḥadj étaient soumis au sultan, ils s’étaient rangés sous l’autorité de leur qaïd. Depuis que les Oulad el Ḥadj ont secoué le joug, eux aussi ont repris leur indépendance.
Ni marché, ni Juifs dans aucune de ces localités.
Langue tamaziṛt.
La rivière a en toute saison de l’eau jusqu’à Ouṭat Oulad el Ḥadj ; au printemps et au moment des pluies, les eaux atteignent la Mlouïa ; le reste de l’année, elles sont absorbées par les irrigations d’El Ouṭat.
Distances : d’Ouṭat Oulad el Ḥadj à Oulad Sạïd comme d’Aït Blal à Megdoul.
d’Oulad Sạïd à Beni Ḥaïoun comme de Mellaḥ El Ouṭat à Kechchacha.
de Beni Ḥaïoun à Oulad Ạli comme de Megdoul à Misour.
d’Oulad Ạli à Beni Ḥassan comme d’El Bridja à Misour.
de Beni Ḥassan à Oulad Bou Ṛilas comme de El Bridja à Misour.
_OUAD BENI RIIS_. — Il prend sa source dans le Djebel Debdou. Sur son cours se trouve le grand village de :
Oulad Ben el Ḥoul, sur les 2 rives de l’ouad ; 400 fusils.
Cette localité appartient aux Beni Ṛiis, fraction des Oulad el Ḥadj. Nous l’avons traversée en allant à Debdou. C’est le seul lieu habité qui soit sur la rivière ; le reste de son cours est désert.
=AFFLUENT.= — L’Ouad Beni Ṛiis reçoit un affluent, l’Ouad Oulad Ọtman, se jetant sur sa rive droite à 1 kilomètre environ au-dessous d’Oulad Ben el Ḥoul.
OUAD OULAD OTMAN. — Il prend sa source dans le Djebel Debdou. Sur ses bords se trouvent trois petits villages très rapprochés entre eux, portant le nom collectif de :
Oulad Ọtman rive droite, 200 fusils.
Pas d’autre lieu habité sur cette rivière. Le reste de son cours est désert. Oulad Ọtman, comme Oulad Ben el Ḥoul, appartient aux Beni Ṛiis. Les habitants de ces deux endroits composent toute la fraction. Les Beni Ṛiis sont soumis au sultan et dépendent du qaïd de Tâza.
Nous avons traversé Oulad Ọtman en allant à Debdou.
_OUAD MELILLO_. — Il prend sa source dans le Djebel Beni Ouaṛaïn et se jette dans la Mlouïa à Gersif.
_OUAD MESSOUN_. — Il prend sa source dans le Rif, du côté des Gezennaïa ; puis il traverse le Fḥama, plateau ondulé s’étendant entre les monts du Rif et ceux des Ṛiata ; ensuite il entre dans la plaine de Jell, où il reste jusqu’à son confluent avec la Mlouïa. Un seul établissement fixe sur ses bords : c’est Qaçba Messoun, située dans le Fḥama et appartenant aux Houara. Tout le reste de son cours est désert ou occupé passagèrement par des nomades. Les eaux de l’Ouad Messoun sont salées.
Distances : de Qaçba Messoun à Tâza comme de Lalla Maṛnia à Oudjda.