Reconnaissance au Maroc, 1883-1884 (Texte)
Part 49
Au-dessous d’Izeṛran, la Mlouïa rentre dans le désert ; elle continue à couler entre deux tribus : les Aït Ioussi sont encore à gauche ; mais ce sont les Oulad Khaoua qui occupent à présent la rive droite : ils succèdent ici aux Aït ou Afella. La Mlouïa est toujours dans sa tranchée, de même largeur et de même profondeur qu’à Qçâbi ech Cheurfa, mais déserte ; les riantes cultures y sont remplacées par d’épais taillis de tamarix au milieu desquels serpentent, avec mille détours, les eaux jaunes du fleuve. D’Izeṛran à Misour, la Mlouïa coule ainsi, entre les deux mêmes tribus. Sur ce long espace, sa vallée, immense plaine, est habituellement déserte du côté des Aït Ioussi, semée de quelques campements du côté des Oulad Khaoua. Son cours n’a que deux points habités, deux qçars situés assez loin l’un de l’autre, isolés chacun sur ses bords, où ils coupent un instant le long ruban de tamarix ; tous deux appartiennent aux Oulad Khaoua ; ils se nomment, l’un Megdoul, l’autre El Bridja. Le premier est le plus haut, il est situé sur la rive droite et se compose de 40 maisons ; El Bridja est à onze kilomètres plus bas, sur la rive gauche ; elle a à peine 15 ou 20 feux. Le bois de tamarix qui remplit l’encaissement du fleuve porte, entre Megdoul et El Bridja, le nom de Ṛaba Oumm el Lefạ.
Ainsi coule la Mlouïa jusqu’à Misour. Ce lieu est un groupe de 10 à 12 qçars entourés d’admirables jardins, situé au confluent de la Mlouïa et de l’Ouad Souf ech Cherg, tributaire de sa rive gauche. Les qçars de Misour sont tous sur l’Ouad Souf ech Cherg, à l’exception d’un seul, Igli, qui se trouve sur la Mlouïa. Il s’élève sur sa rive gauche, un peu au-dessous du confluent ; c’est une localité importante, pouvant lever 300 fusils. Elle est située au bord même du fleuve, au fond de la tranchée où il a coulé jusqu’ici et où il continuera à être jusqu’à Ouṭat Oulad el Ḥadj.
A hauteur de Misour finissent les territoires des Aït Ioussi et des Oulad Khaoua. En les quittant, la Mlouïa entre sur celui des Oulad el Ḥadj ; cette puissante tribu occupe tout le fond de sa vallée, sur les deux rives : la vallée est ici une plaine immense, nue et déserte, triste région rappelant les Hauts Plateaux d’Algérie. Le fleuve coule au milieu, caché au fond de son encaissement, que remplissent toujours des tamarix touffus. Il demeure ainsi de Misour à Ouṭat Oulad el Ḥadj. Sur cette portion de son cours, il baigne un seul lieu habité, Touggour, petit village situé sur sa rive même, du côté gauche : le hameau se compose d’environ 50 habitations, occupées par des cherifs, descendants de Moulei Iạqob ben Selîman, et d’une qoubba, mausolée de ce saint. Touggour est située à peu près à mi-distance de Misour à Ouṭat Oulad el Ḥadj. Elle coupe ainsi la longue ligne de tamarix qui, au-dessus et au-dessous d’elle, garnit l’excavation du fleuve, en deux parties presque égales. Elles ont chacune leur nom : de Misour à Touggour, c’est Ṛaba Sidi Ạbd el Ouaḥad, ainsi appelée d’une qoubba qui s’y trouve ; de Touggour à Ouṭat Oulad el Ḥadj, c’est Ṛaba el Ạrich.
Ouṭat Oulad el Ḥadj est un groupe d’environ 30 qçars unis entre eux et enveloppés par de superbes jardins ; il est situé au confluent de la Mlouïa et de l’Ouad Chegg el Arḍ, son tributaire de gauche. Les jardins de cette sorte d’oasis touchent au fleuve, mais aucune localité n’est sur son cours ; toutes sont sur l’Ouad Chegg el Arḍ.
Au-dessous d’Ouṭat Oulad el Ḥadj, la Mlouïa demeure encore longtemps sur le territoire des Oulad el Ḥadj. La vallée tout entière leur appartient jusqu’au petit centre d’Oulad Ḥamid. Dans cette nouvelle portion, la vallée et les rives de la Mlouïa sont un peu différentes de ce qu’elles étaient auparavant. La vallée est toujours une vaste plaine, mais elle est moins large : elle avait plus de 30 kilomètres à hauteur de Misour, elle n’en a que 20 à El Ouṭat et ne cesse de se rétrécir jusqu’à Oulad Ḥamid. Elle reste déserte, avec çà et là de rares campements de nomades. Quant au fleuve, à partir d’El Ouṭat, il n’est plus encaissé et coule au niveau de la plaine ; plus de tamarix sur ses bords. Encore désert pendant une grande partie de son cours, il se garnit de qçars de distance en distance ; ces qçars sont, en le descendant : Oulad Jerrar (rive droite ; 20 fusils), Baṛdad (rive gauche ; 40 fusils), Oulad El Ḥasen (rive droite ; 40 fusils), Ez Zaouïa (rive droite ; 40 fusils), Oulad Sidi Ben Ạïada (rive gauche ; 30 fusils), Zerzaïa (rive gauche ; 80 fusils), Oulad Sidi Bou Iạqob (rive droite ; 30 fusils), Oulad Ḥamid (petite qaçba entourée de tentes et de huttes réparties sur les deux rives du fleuve ; 200 fusils). Il y a environ 17 kilomètres d’El Ouṭat à Oulad Jerrar. Les autres localités s’échelonnent au-dessous, ayant tantôt peu, tantôt beaucoup de distance entre elles. Les qçars d’Oulad Sidi Ben Ạïada et d’Oulad Sidi Bou Iạqob sont peuplés de marabouts, celui de Zerzaïa de Qebala, les autres d’Oulad el Ḥadj. Tous appartiennent à cette tribu. Les espaces qui les séparent sont déserts, excepté d’Oulad Sidi Bou Iạqob à Oulad Ḥamid ; entre ces deux points, les bords du fleuve sont sans interruption garnis de cultures.
En sortant du territoire des Oulad el Ḥadj, la Mlouïa passe à Refoula. C’est une petite qaçba entourée d’un certain nombre de tentes qui, comme celles d’Oulad Ḥamid, comme celles du Za, de l’Ouad Mesegmar, sont là constamment, aussi fixes que des maisons. Refoula appartient aux Ḥallaf, bien que le gros de cette tribu soit plus bas, séparé d’elle par les Houara. D’Oulad Ḥamid à Refoula, les bords du fleuve ne cessent d’être couverts de cultures.
De Refoula, la Mlouïa entre sur le territoire des Houara. Cette tribu en occupe les deux rives et parcourt la vaste plaine au milieu de laquelle elle coule. La vallée, après s’être beaucoup rétrécie aux environs d’Oulad Ḥamid, resserrée entre les monts des Ṛiata et les monts Debdou, s’élargit ensuite subitement : les montagnes font place à d’immenses plaines, le Tafrâta, l’Angad, le Jell, le Ṛaret ; le fleuve coule à leur niveau ; on ne voit plus de limite à sa vallée. C’est dans ces plaines, sur les deux rives de l’ouad, que campent les Houara. Nomades, ils n’ont que deux établissements fixes au bord du fleuve ; ce sont deux qaçbas, Gersif (ou Agersif) et Oulad Ḥammou ou Mousa. La première, très ancienne, mais délabrée aujourd’hui, commande un gué important ; elle appartient à la fraction des Oulad Mesạoud ; la seconde est à une certaine distance au-dessous de la première ; toutes deux sont sur la rive gauche. A défaut d’habitations fixes sur la Mlouïa, les Houara y ont un certain nombre de tentes et beaucoup de cultures. Ils ont divisé le cours du fleuve entre leurs diverses fractions ; chacune en possède un tronçon, où elle laboure au bord de l’eau et où elle campe pendant une partie de l’année ; voici, en descendant l’ouad, en quel ordre les fractions des Houara s’y succèdent : Ạtamna, Oulad Sedira, Mezarcha, Zergan, Oulad Mesạoud, Oulad Ḥammou ou Mousa. Tant que la Mlouïa est sur le territoire des Houara, et depuis Refoula, les deux côtés ne cessent d’en être garnis de cultures.
Des Houara, la Mlouïa passe chez les Ḥallaf ; ce sont encore des nomades ; ils occupent les deux rives du fleuve et les plaines qui le bordent. Chez eux, pas une seule construction sur son cours ; mais il ne cesse d’être garni de cultures tout le temps qu’il demeure sur leur territoire. Celui-ci succédant immédiatement au territoire des Houara, les plantations ne s’interrompent pas entre les deux tribus : ainsi depuis Oulad Sidi Bou Iạqob, chez les Oulad el Ḥadj, jusqu’au point le plus bas des Ḥallaf, les deux rives de la Mlouïa sont constamment cultivées. Comme les Houara, les Ḥallaf ont partagé le cours du fleuve entre leurs diverses fractions ; voici, en le descendant, dans quel ordre elles s’y suivent : Oulad Reḥou, Medafra, Oulad Sidi Moḥammed bel Ḥoseïn (cherifs), Oulad Mahdi, El Arbạ, Oulad Selîman.
En sortant de chez les Ḥallaf, la Mlouïa entre chez les Beni Oukil. C’est une tribu de marabouts, n’ayant que des tentes, mais installés toujours aux mêmes lieux et ne quittant pas les bords du fleuve dont ils possèdent les deux rives. Ils se divisent en trois fractions : chacune d’elles campe groupée en un point déterminé du cours de la Mlouïa. Ces trois points sont espacés à environ 13 kilomètres les uns des autres ; on n’a pu me dire le nom de la fraction qui est le plus haut, la seconde s’appelle El Khorb, la plus basse Oulad el Bacha. Entre ces trois groupes, comme entre le premier et la frontière des Ḥallaf, le fleuve est désert ; plus de cultures sur ses bords.
Au-dessous des Beni Oukil, la Mlouïa coule dans le désert jusqu’à son embouchure dans la Méditerranée ; dans cet espace, ni lieu habité ni plantations sur ses rives. Cette dernière portion de son cours est étroitement resserrée entre deux chaînes de montagnes, l’une à droite habitée par les Beni Iznâten, l’autre à gauche occupée par les Kebdana.
Distances : de Qaçba el Makhzen (Qçâbi ech Cheurfa) au confluent de la Mlouïa et de l’Ouad Ouṭat Aït Izdeg comme de Kerrando à Nezala.
de Qaçba el Makhzen (Qçâbi ech Cheurfa.) au qçar le plus haut du district comme d’Aït Çaleḥ à Mellaḥ Tiallalin.
de Qaçba el Makhzen (Qçâbi ech Cheurfa) au qçar le plus bas du district comme 2 fois d’Aït Çaleḥ à Mellaḥ Tiallalin.
de Qaçba el Makhzen (Qçâbi ech Cheurfa) à Aḥouli comme d’Aït Çaleḥ au Gers.
de Qaçba el Makhzen (Qçâbi ech Cheurfa) à Megdoul comme d’Aït Ọtman à Mellaḥ Tiallalin.
de Qçâbi ech Cheurfa à Izeṛran comme d’Aït ou Alil à Mellaḥ Tiallalin.
de Megdoul à El Bridja comme d’El Bridja à Misour.
du confluent de la Mlouïa et de l’Ouad Souf ech Cherg à Igli comme d’Aït ou Alil à Mellaḥ Tiallalin.
d’Igli à Touggour comme du Gers à Nezala.
de Touggour à Ouṭat Oulad el Ḥadj comme du Gers à Nezala.
d’El Ạrzan à Oulad Jerrar comme d’Aït Ọtman à Qçar es Souq.
d’Oulad Jerrar à Baṛdad comme d’Aït Çaleḥ à Mellaḥ Tiallalin.
Oulad El Ḥasen est en face de Baṛdad.
Ez Zaouïa touche Oulad El Ḥasen.
de Reggou à Oulad Sidi Ben Ạïada comme de Qçar es Souq à Aït Ọtman.
de Feggouç à Zerzaïa comme d’Aït Ọtman à Tamerrakecht.
de Zerzaïa à Oulad Ḥamid comme d’El Bridja à Misour.
d’Oulad Sidi Bou Iạqob à Oulad Ḥamid, la moitié de la distance d’Oudjda à Lalla Maṛnia.
d’Oulad Sidi Bou Iạqob à Gersif comme du Za à Qaçba el Ạïoun.
de Debdou à Gersif comme du Za à Qaçba el Ạïoun.
d’Oulad Selîman au groupe le plus haut des Beni Oukil, la moitié de la distance d’Oudjda à Lalla Maṛnia.
du groupe le plus haut des Beni Oukil à El Khorb, la moitié de la distance d’Oudjda à Lalla Maṛnia.
d’El Khorb à Oulad el Bacha, la moitié de la distance d’Oudjda à Lalla Maṛnia.
Après avoir décrit dans son ensemble le cours de la Mlouïa, nous allons étudier séparément les trois importants groupes de qçars qui se trouvent l’un sur ses rives mêmes, les deux autres tout près d’elles : Qçâbi ech Cheurfa, Misour, Ouṭat Oulad el Ḥadj.
=Qçâbi ech Cheurfa.=
Ce district se compose d’un certain nombre de qçars, tous situés sur les rives de la Mlouïa ; en voici les noms, dans l’ordre où on les rencontre en descendant le fleuve :
Oulad Ṭeïr (Qebala) rive droite, 30 fusils.
Taṛzout (cherifs et Ḥaraṭîn) rive droite, 120
Oulad Ạrzin (cherifs et Ḥaraṭîn) rive droite, 25
Qçar Djedid (cherifs et Ḥaraṭîn) rive droite, 60
El Qçâbi (cherifs et Ḥaraṭîn) rive droite, 150
Chegg el Ouad (cherifs et Ḥaraṭîn) rive gauche, 30
El Mektoufa (cherifs et Ḥaraṭîn) rive gauche, 20
Sạïda (Aït Tseṛrouchen) rive droite, 50
Aït Blal (Aït Izdeg) rive droite, 50
Akhsab (Aït Izdeg) rive gauche, 30
Le district appartient aux cherifs qui l’habitent : eux seuls y possèdent la terre et ont part à l’administration. Dans quelques endroits, tels que Sạïda et Aït Blal, ils louent la terre à des étrangers, mais sans l’aliéner. Jadis indépendants du sultan, ils se sont soumis à lui sans résistance en 1877. Depuis ce temps, ils ont un qaïd, résidant à El Qçâbi, dans une qaçba appelée Qaçba el Makhzen. Mais celui-ci ne s’ingère point dans leurs affaires locales ; il est peu respecté des cherifs, qui plus d’une fois ont répondu à ses demandes par des coups de fusil. De tout temps le district a eu une debiḥa sur les Aït Izdeg : il l’a aujourd’hui encore et continue, bien que blad el makhzen, à leur payer tribut.
Les cherifs de Qçâbi ech Cheurfa sont originaires du Tafilelt ; ils appartiennent à deux rameaux de la branche des Ạlaouïa, ceux des Oulad Moulei Ḥachem et des Oulad Moulei Ạli.
L’arabe et le tamaziṛt sont également en usage dans le district. La plupart des habitants parlent les deux langues.
Marché permanent dans la localité d’El Qçâbi ; c’est le seul du district.
Un mellaḥ.
=Misour.=
Misour est un district indépendant, formé d’un certain nombre de qçars qui s’élèvent auprès du confluent de l’Ouad Souf ech Cherg et de la Mlouïa ; il est divisé en deux parties distinctes, l’une située sur les rives de l’Ouad Souf ech Cherg, l’autre sur celles de la Mlouïa. La première, Misour proprement dit, est de beaucoup la plus considérable ; elle se compose de tous les qçars du district à l’exception d’un. La seconde est formée de la seule localité d’Igli. Nous avons déjà indiqué la position d’Igli ; nous ne parlerons donc que de la portion de Misour placée sur l’Ouad Souf ech Cherg. Celle-ci ne forme qu’un seul îlot de verdure où sont disséminés les neuf qçars qui la composent ; voici les noms de ces derniers, dans l’ordre où on les trouve en descendant la rivière :
Oulad Bou Ḥafra rive 15 fusils. droite,
Oulad Bou Jejia rive 60 droite,
Oulad Selîman rive 80 droite,
El Gara (ce sont 3 tours construites sur une rive éminence : on les emplit de tireurs en temps droite, de guerre ; elles sont inhabitées pendant la paix)
Oulad Seṛeïr (située sur une colline) rive 100 fusils. droite,
Gebdour rive 50 droite,
El Ḥarsa rive 30 droite,
Bou Kenzt rive 300 droite,
Oulad Sidi Bou el Ạlam rive 50 droite,
Les cinq premiers qçars sont très rapprochés les uns des autres ; ils portent le nom collectif d’Oulad Abbad. Les 4 derniers sont plus espacés ; ils portent le nom d’Oulad Bou Ṭîb.
Misour est indépendant et du sultan et des tribus voisines. Chaque qçar s’y administre isolément, sans aucun lien avec les autres.
La population de Misour se compose partie d’Arabes, partie de marabouts. On n’y parle que l’arabe.
Pas de marché.
Un mellaḥ.
Distances : d’Oulad Bou Ḥafra à l’Ouad Souf ech Cherg comme d’Aït ou Alil à Kerrando.
d’Oulad Bou Jejia à l’Ouad Souf ech Cherg comme d’Aït ou Alil à Kerrando.
d’Oulad Selîman à l’Ouad Souf ech Cherg comme d’Aït ou Alil à Kerrando.
d’El Gara à l’Ouad Souf ech Cherg, 200 mètres de plus que d’Aït ou Alil à Kerrando.
d’Oulad Seṛeïr à l’Ouad Souf ech Cherg, 200 mètres de plus que d’Aït ou Alil à Kerrando.
d’Oulad Bou Ḥafra à Oulad Bou Jejia, 500 mètres.
d’Oulad Bou Jejia à Oulad Selîman, 200 mètres.
d’Oulad Bou Jejia à El Gara, 200 mètres.
d’Oulad Selîman à Oulad Seṛeïr, 200 mètres.
d’El Gara à Oulad Seṛeïr, 200 mètres.
d’Oulad Bou Ḥafra à Oulad Selîman, 700 mètres.
de Gebdour à l’Ouad Souf ech Cherg comme d’Aït ou Alil à Kerrando.
d’El Ḥarsa à l’Ouad Souf ech Cherg comme d’Aït ou Alil à Kerrando.
de Bou Kenzt à l’Ouad Souf ech Cherg comme d’Aït ou Alil à Kerrando.
Oulad Sidi Bou el Ạlam est sur la rive même de l’Ouad Souf ech Cherg.
d’Oulad Selîman à Gebdour, 1000 mètres.
de Gebdour à El Ḥarsa, 1500 mètres.
d’El Ḥarsa à Bou Kenzt, 600 mètres.
d’El Ḥarsa à Oulad Sidi Bou el Ạlam, 2000 mètres.
d’Oulad Bou Ḥafra à l’Ouad Mlouïa comme de Tamerrakecht à Aït Çaleḥ.
d’Oulad S. Bou el Ạlam à Igii comme d’Aït Çaleḥ au Gers.
=Outat Oulad El Hadj.=
Ouṭat Oulad el Ḥadj, ou El Ouṭat, comme on l’appelle le plus souvent, est un groupe d’une trentaine de qçars situés sur les rives de l’Ouad Chegg el Arḍ auprès de son confluent avec la Mlouïa. Ces qçars sont enveloppés et unis par de superbes vergers qui font du groupe un seul îlot de verdure. El Ouṭat appartient aux Oulad el Ḥadj, sur le territoire desquels elle est située, et n’est peuplée que d’eux, à l’exception de quelques localités habitées par des marabouts. Voici les qçars qui la composent, dans l’ordre où on les trouve en descendant l’Ouad Chegg el Arḍ :
Oulad El Feḍil rive 6 fusils. droite,
Oulad Ạbd el Malek rive 20 gauche,
Mellaḥ el Ihoud rive 30 droite,
Oulad El Bekri rive 20 gauche,
El Angab (2 qçars) rive 30 droite,
El Hamouziin rive 30 droite,
Zaouïa Sidi Ạbd el Ouaḥad rive 40 gauche,
El Ḥarar rive 50 droite,
Oulad Mellouk (groupe de 12 qçars) rive 300 droite,
Cheurfa Qouareṭ (Oulad Moulei Iạqob ; 3 rive 50 qçars) droite,
Cheurfa Touggour (Oulad Moulei Iạqob ; 3 rive 50 qçars) droite,
Zaouïa Sidi Ạbd el Ouaḥad rive 40 gauche,
Zaouïa Sidi Oumbarek (marabouts de rive Kenadsa) gauche,
Kechchacha (2 qçars) rive 30 droite,
Beni Bou Ḥi rive 150 gauche,
Ces localités sont toutes situées sur la rivière même ou très près d’elle, à l’exception d’Oulad Mellouk ; les 12 qçars qui composent ce groupe, presque contigus les uns aux autres, s’élèvent à environ 2 kilomètres de la rivière et des autres qçars ; ils leur sont unis par des jardins et sont compris dans l’îlot général d’El Ouṭat. Oulad Mellouk est alimentée par des canaux dérivés de l’Oulad Chegg el Arḍ.
El Ouṭat, étant aux Oulad el Ḥadj, suit leur sort, et chaque qçar suit celui de la fraction à laquelle il appartient. En ce moment, la tribu est insoumise au sultan. Les Oulad el Ḥadj sont de race et de langue arabe ; mais beaucoup d’habitants d’El Ouṭat savent aussi le tamaziṛt.
Point de marché à Ouṭat Oulad el Ḥadj.
Un mellaḥ.
On considère souvent comme faisant partie d’Ouṭat Oulad el Ḥadj le groupe isolé d’El Ạrzan : il se compose d’environ 10 qçars (300 fusils) entourés de jardins. C’est un îlot, séparé de celui d’El Ouṭat et distant de lui de 5 kilomètres ; il appartient aussi aux Oulad el Ḥadj et est de tout point analogue à celui dont on le regarde comme un complément.
Distances : d’Oulad El Feḍil à Kechchacha comme de Mellaḥ Tiallalin au Gers.
d’El Ạrzan à l’Ouad Chegg el Arḍ comme d’Aït Çaleḥ à Aït ou Alil.
d’El Ạrzan à Kechchacha comme d’Aït Çaleḥ à Kerrando.
Zaouïa Sidi Ạbd el Ouaḥad est en face d’El Hamouziin.
Beni Bou Ḥi est en face de Kechchacha.
2o. — VALLÉE DE LA MLOUIA.
La vallée de la Mlouïa est en général très large ; voici les aspects qu’elle prend successivement.
Nous ne savons point ce qu’elle est dans sa partie haute, chez les Beni Mgild.
Du confluent de l’Ouad Ouṭat Aït Izdeg à El Bridja, elle a une largeur uniforme d’environ 16 kilomètres. C’est une vaste plaine, unie au milieu, en pente légère sur les deux bords, bornée à gauche par le pied du Moyen Atlas, à droite par le Grand Atlas.
A El Bridja, la vallée s’élargit beaucoup ; à Misour, elle atteint sa plus grande largeur, environ 32 kilomètres. De là à Oulad Ḥamid, c’est une immense plaine, unie et nue, appelée du nom du fleuve, _Mlouïa_ ; elle est bornée à gauche par le Moyen Atlas, haute muraille sombre aux crêtes neigeuses ; à droite par le Rekkam, mouvement de terrain à peine sensible apparaissant comme une ligne jaune à l’horizon : le Rekkam est une succession de côtes très douces et de plateaux très bas, formant dans leur ensemble une longue rampe ondulée, de pente très faible, au sommet de laquelle commence, sous le nom de Ḍahra, la vaste région des Hauts Plateaux. Le Rekkam a son origine au Grand Atlas, se dirige à peu près du sud au nord, et se prolonge jusqu’aux monts Debdou. De Misour à Oulad Ḥamid, la vallée va en se rétrécissant d’une façon insensible, mais continue. A Ouṭat Oulad el Ḥadj, elle n’a plus que 20 kilomètres ; à Oulad Ḥamid, elle est beaucoup plus étroite. Aux environs de ce point, le fleuve traverse un kheneg. C’est la trouée par laquelle il perce le Moyen Atlas ; là, le Rekkam a disparu : des deux côtés du fleuve, s’élèvent les hautes murailles de la chaîne où il se fraie un passage, après en avoir si longtemps longé le pied. A droite du kheneg, le Moyen Atlas porte le nom de Djebel Debdou. A sa gauche, il n’a pas de nom spécial ; c’est la partie de la chaîne occupée, à quelque distance du fleuve, par les Beni Ouaṛaïn.
A cet étranglement de la vallée succède une plaine : sur la rive droite, c’est le vaste désert de Tafrâta, commençant près d’Oulad Ḥamid et se prolongeant jusqu’au pays de Za ; sur la rive gauche, c’est la vallée de l’Ouad Melillo : celui-ci coule entre le Moyen Atlas et la chaîne des Ṛiata et se jette dans la Mlouïa à Gersif.
Cette plaine est suivie d’une autre, qui est séparée de la première par une ligne de coteaux très bas unissant le Djebel Ṛiata à la chaîne des monts Mergeshoum, Beni Bou Zeggou et Zekkara, son prolongement ; le fleuve perce ces hauteurs presque insensibles vers les confins des Houara et des Ḥallaf, et entre dans la nouvelle plaine qui porte à droite le nom d’Angad, à gauche ceux de Jell d’abord, de Ṛaret ensuite : la plaine de Jell et celle de Ṛaret sont séparées par une chaîne de collines peu élevées, le Gelez. L’Angad, le Tafrâta, le Jell, le Ṛaret sont de vastes surfaces unies et désertes s’étendant très loin à l’est et à l’ouest, et bornées dans ces directions par des mouvements de terrain peu élevés qu’on n’aperçoit pas de la Mlouïa ; rien, pendant que le fleuve parcourt ces plaines, ne détermine les limites de sa vallée.