Reconnaissance au Maroc, 1883-1884 (Texte)
Part 48
Ireṛrer (Chellaḥa indépendants). 50 fusils.
Tiouanin (Chellaḥa indépendants). 40
Zerrara (Chellaḥa indépendants). 40
Aït Ketto (Chellaḥa indépendants). 100
Aït Ḥarṭ (Chellaḥa indépendants).
Les habitants du Ṛeris sont indépendants ; chaque qçar appartient à ceux qui l’habitent. Tous s’administrent isolément, comme dans le Ferkla. L’organisation en est uniforme : ils ont chacun leur chikh el ạam. Aucun lien ne les unit entre eux ; ils ne se joignent qu’en cas de guerre.
Les dattiers du Ṛeris produisent des bou feggouç et des bou souaïr.
Langue tamaziṛt.
Deux marchés : tenîn et khemîs à Aït Iaḥia ou Ọtman.
Deux mellaḥs.
Distance : de Maggaman à Tourza comme d’Asfalou à Iạdouan (Todṛa).
=IV. — Localités entre les ouads Todra et Reris.=
Entre les ouads Todṛa et Ṛeris, se trouvent trois petites localités ; ce sont, dans l’ordre où on les trouve en allant du Todṛa à Oul Touroug :
_Taddart n Oumira_. — Petit qçar situé entre le Todṛa et le Ṛeris, à quelque distance au sud du talus de roche rose qui borde le nord de la plaine entre ces deux oasis. Population mélangée d’Aït Atta et d’Aït Melṛad. 40 fusils. Point de cours d’eau ; les jardins sont arrosés par des sources. On laisse ce qçar à main gauche en allant du Ferkla au Ṛeris et on ne l’aperçoit pas du chemin.
Distances : de Ṭaddart n Oumira au Ferkla comme d’El Khorbat à Oulad Mạmmer.
de Ṭaddart n Oumira au Ferkla comme 2 fois de Taourirt (Todṛa) à Asfalou (Todṛa).
de Ṭaddart n Oumira au Todṛa comme 2 fois de Taourirt (Todṛa) à Aït Iidir (Dâdes).
de Ṭaddart n Oumira au Ṛeris comme 2 fois de Taourirt (Todṛa) à Timaṭṛeouin.
_El Mkhater_. — Petit qçar entouré de palmiers situé, entre le Ferkla et le Ṛeris, près de Ṭaddart n Oumira.
_Zaouïa Sidi El Houari_. — Petite zaouïa située au milieu de la plaine, entourée de jardins sans palmiers ; l’eau qui l’alimente provient des sources de Ṭaddart n Oumira et est amenée par des canaux. On passe auprès d’elle en allant du Ferkla au Ṛeris.
=V. — Qçars du Sarro.=
Toute la région s’étendant au nord du Todṛa, de cette oasis à l’Oussikis, est inhabitée. C’est une contrée montagneuse et déserte.
Au sud du Todṛa, au contraire, dans le Petit Atlas qui porte encore le nom de Saṛro, il existe plusieurs localités.
Le Saṛro, qui s’étend du Mezgîṭa au Dâdes et qui se prolonge jusque auprès du Ferkla, ne va pas plus loin vers l’est. Au delà du Ferkla, ou, comme je le crois, le Petit Atlas expire, ou du moins il cesse de porter le nom de Saṛro. Il existe plusieurs qçars dans les flancs de cette chaîne : on les appelle les qçars du Saṛro ; en voici les noms :
_Tagdielt Aït Bou Daoud_. — Ce sont trois tiṛremts qui ne sont point habitées d’une manière continue, et où les Aït Bou Daoud emmagasinent leurs biens tandis qu’eux-mêmes vivent sous la tente. Tagdielt est arrosée par des sources ; elle se trouve à la lisière sud de la vaste plaine d’Anbed, dans un repli de la montagne.
Distances : de Tagdielt à Imiṭeṛ comme de Taourirt à Timaṭṛeouin.
de Tagdielt à Tiilit comme de Taourirt à Timaṭṛeouin.
_Aït Merset_. — Une seule qaçba appartenant aux Aït Merset, fraction des Aït Ouniṛ. Elle est arrosée par des sources. Elle est située dans un fond, sur les premières pentes du Saṛro.
Distances : d’Aït Merset à Tagdielt comme d’Imiṭeṛ à Timaṭṛeouin.
d’Aït Merset à Imiṭeṛ comme d’Imiṭeṛ à Foum el Qous.
d’Aït Merset à Tiilit comme d’Imiṭeṛ à Taourirt.
_Qçîbat Ilemsan_. — Elles se composent de 4 tiṛremts. Des sources les alimentent ; un cours d’eau se trouve auprès, mais il n’a d’eau que lorsqu’il pleut.
Distances : de Qcîbat Ilemsan à Aït Merset comme de Taourirt à Foum el Qous.
de Qcîbat Ilemsan à Imiṭeṛ comme de Taourirt à Foum el Qous.
de Qcîbat Ilemsan à Taourirt comme 2 fois de Taourirt à Timaṭṛeouin.
de Qcîbat Ilemsan à Tiilit comme 2 fois de Taourirt à Timaṭṛeouin.
_Ti n Iourkan_. — Elle est formée d’un grand qçar et de 4 tiṛremts. Elle appartient à des Aït Atta de diverses fractions, Ignaouen, Aït b ou Iknifen, Aït Iạzza. Des sources l’alimentent. De là part un chemin qui se rend au Dra, par le Tazarin : deux jours de marche de Ti n Iourkan au Tazarin, deux autres de Tazarin au Qtaoua.
Distances : de Ti n Iourkan à Qcîbat Ilemsan comme de Taourirt à Foum el Qous.
de Ti n Iourkan à Tiilit comme de Taourirt à Aït Iidir (Dâdes).
de Ti n Iourkan à Taourirt comme de Taourirt à Imiṭeṛ.
_Irerman Azdar_. — Elle est formée de 4 tiṛremts et habitée, comme Ti n Iourkan, par des Aït Atta de diverses fractions. Des sources l’alimentent.
Distances : d’Iṛerman Azdaṛ à Ti n Iourkan comme 2 fois de Taourirt à Asfalou.
d’Iṛerman Azdaṛ à Taourirt comme de Taourirt à Imiṭeṛ.
d’Iṛerman Azdaṛ à Qcîbat Ilemsan comme de Taourirt à Foum el Qous.
Point de dattiers dans le Saṛro ; à tous les qçars que nous venons de citer, il y a pour toute verdure quelques cultures de céréales et de maigres jardins, comme à Imiṭeṛ.
Pas de marché, ni de Juifs.
3o. — BERABER.
Les Berâber, dont le nom est si célèbre, sont une grande tribu, la plus puissante du Maroc. Elle couvre de ses tentes le vaste quadrilatère compris entre l’Ouad Ziz, l’Ouad Dâdes et l’Ouad Dra, possède une foule de qçars sur ces trois cours d’eau et, dépassant ces limites, s’étend au nord sur des portions du versant septentrional du Grand Atlas. Au sud, aucune tribu ne la borne : ses campements s’avancent jusqu’au seuil du Grand Désert, ses ṛezous, terreur du Sahara, le parcourent jusqu’au Soudan. Comme les Ida ou Blal, les Berâber font métier d’escorter et de piller les caravanes sur la route de Timbouktou. A l’est et à l’ouest, ils débordent en quelques points au delà des fleuves qui leur servent de frontières naturelles, et s’étendent au nord-est sur le haut cours du Gir, au sud-ouest jusqu’aux Ida ou Blal.
Les Berâber sont Imaziṛen et ne parlent que le tamaziṛt. Un certain nombre sont sédentaires ; la plupart, de beaucoup, sont nomades. Ils se divisent en deux grandes branches, les Aït Atta et les Aït Iafelman ; chacune d’elles se subdivise elle-même en de nombreuses fractions. En temps ordinaire, ces fractions se gouvernent isolément, tout petit groupe, tout qçar ayant son chikh el ạam, magistrat élu, se renouvelant chaque année, possesseur d’une autorité fort limitée. En cas d’affaire grave, on se concerte, soit dans les différentes parties d’une fraction, soit plusieurs fractions ensemble, soit tout un groupe, soit la totalité des Berâber : alors on s’assemble partout, on nomme des députés qui se réunissent en djemaạa générale, délibèrent et décident. En 1882, l’assemblée générale des Berâber s’est, dit-on, réunie ; elle était composée de délégués de toutes les fractions et formait un total de près de 1000 personnes. Ce fait a lieu rarement, car presque toujours la discorde règne parmi les Berâber : lors de mon passage, Aït Atta et Aït Iafelman étaient en hostilités, et les Aït Atta étaient divisés entre eux. En cas de guerre générale, les Berâber élisent un chikh unique dont l’autorité est illimitée ; dans les guerres particulières, chaque parti agit de même.
Voici la décomposition des Berâber :
{ Aït b ou Iknifen { (Dra, Oussikis, { Tazarin, désert) 1500 fusils. { { Ilemsan (Ternata, { Dâdes, désert) 300 { { Aït Zemroui { Ignaouen (Qtaoua, { { Dâdes, désert) 500 { { { { Aït Ạïssa ou Brahim { { (auxquels { { appartiennent les { { Izknasen) (Fezouata, { { Dâdes, désert) 500 { { { { Aït Ouniṛ (Dra, { { Dâdes, désert) 800 { { { Aït Isfoul { { (Fezouata, Dâdes, { { désert) 1000 { { { { Aït Bou Daoud { { (Qtaoua, Dâdes, { { Tazarin, désert) 500 { { { Aït Atta { { Aït Khelifa (Igli, { { { Oul Touroug, { { { au-dessous du Ferkla) 150 { { { { { { Ouchchan (aux { { { environs du Tafilelt) 200 { { { { { { Aït El Fersi { { { (au-dessous du Todṛa) 30 { { { { { Aït Ḥachchou { Aït Ounbegi (ils { { portent aussi le nom { { d’Aït Khebbach (ou { { Khebbas) (Dra, { { Reṭeb, désert) 2000 { { { { Aït Iạzza (qçar au { { sud du Todṛa, désert) 1500 { { { { Aït ou Allal { { (desquels font { { partie les Aït { { Ạlouan, les Aït b { { Oulman, les Imsouffa) 2000 { { { { Izligen (Qtaoua) 80 { { { Aït Brahim } Les Aït Ḥediddou { { } n’ont pas d’autres Berâber { { Aït Ḥediddou { Aït Ạmer } qçars que ceux qui { { { } ont été mentionnés { { { Aït Iạzza } plus haut ; très { { { } grand nombre de { { { } tentes ; 3000 { { { } fantassins et { { { } 600 chevaux. { { { { Aït Iaḥia (ils ne possèdent comme qçars que ceux { { qui ont été mentionnés plus haut, mais ont un { { très grand nombre de tentes. Ils s’étendent { { jusqu’aux Aït Seri et jusque près des Ichqern, { { sur les pentes nord de l’Atlas. Leur territoire { { est tout entier en montagne. 4000 fantassins et { { 40 chevaux). { { { { { Aït Mḥammed } Les Aït Melṛad { { { } habitent le haut { { { Aït Ạmer } cours de l’Ouad { { { ou Mançour } Dâdes, tout l’Ouad { { { } Ṛeris, les déserts { { Aït Melṛad { Aït Ioub } montagneux avoisinant { { { } cette rivière { Aït { { Aït Mesri } et le Ferkla ; { Iafelman { { } leur limite sud { { Irbiben } est presque partout { { } le talus de roche { { } rose qu’on voit { { } d’Imiṭeṛ au Todṛa { { } et de là au Ṛeris. { { } Les Aït Melṛad sont { { } très nombreux. { { Aït Ạli ou Brahim (campant vers Tounfid). { { Aït Izdeg (ils possèdent en qçars ceux qui ont { été mentionnés et ceux qui le seront plus bas { dans les bassins du Gir et de la Mlouïa ; de { plus, ils ont un très grand nombre de tentes. { 3000 fantassins et 500 chevaux). { { Aït Ạïssa bou Ḥamar (résidant sur l’Ouad Gir et { dans ses environs ; qçars et tentes ; 2000 { fantassins et 200 chevaux). { { Aït Kratikhsen (habitant vers le Ferkla et vers { Asif Melloul). { { Aït Ạïach (ils ont des qçars sur l’Ouad Aït Ạïach { et des tentes auprès de cette rivière, de l’Ouad { Ouṭat Aït Izdeg et de la Mlouïa. Ils sont { limitrophes des Beni Mgild. 800 fantassins et { 40 chevaux).
4o. — ITINÉRAIRES.
I. — _DU TADEROUCHT AU ZIZ_. — Il existe un chemin menant du Taderoucht au district du Ziz. Du Taderoucht on gagne El Haroun (qçar isolé, sans palmiers, appartenant aux Aït Melṛad ; 30 fusils). D’El Haroun on passe à El Bordj (qçar isolé, sans palmiers, appartenant aux Aït Melṛad ; 20 fusils). D’El Bordj on va à Zaouïa Sidi Bou Qil, dans le district du Ziz. Entre ces divers points, la région qu’on traverse est montagneuse et déserte.
Distances : du Taderoucht à El Haroun comme de Mellaḥ Tiallalin à Aït Ọtman.
d’El Haroun à El Bordj comme de Mellaḥ Tiallalin à Aït Ọtman.
d’El Bordj à Zaouïa S. Bou Qil comme de Mellaḥ Tiallalin à Tamerrakecht.
II. — _DU TODRA AU DRA PAR LE TAZARIN_. — Il y a 5 jours de route. Voici l’itinéraire qu’on suit :
_1er jour._ — Du Todṛa au Saṛro. On fait gîte dans un des qçars du Saṛro, Ti n Iourkan ou Iṛerman Azdaṛ, par exemple. On a marché jusque-là dans le désert.
_2e jour._ — Du qçar où l’on a passé la nuit à Foum Aserts. On donne ce nom à un kheneg désert où campent en hiver des Aït Atta. Une rivière le traverse ; elle a habituellement de l’eau dans son lit ; aucun lieu habité n’est sur son cours. Ce second jour encore, on marche sans cesse dans le désert.
_3e jour._ — De Foum Aserts au Tazarin. Chemin désert toute la journée.
Le Tazarin est une longue oasis, plus grande et plus peuplée que le Todṛa, mais lui ressemblant d’ailleurs de tout point : une double chaîne de qçars s’échelonne sur les deux bords d’une rivière, au milieu d’un ruban de palmiers. Une partie des localités du Tazarin appartient à des Chellaḥa indépendants, l’autre à des Aït Atta de diverses fractions, Aït Bou Daoud, Aït ou Allal, Aït b ou Iknifen.
Les principaux qçars du Tazarin sont, en descendant l’ouad : Ikhf n Oṛri, Aït Sạïd, Qcîba Aït Bou Daoud, Qcîba Ignaouen, Aït Abbarioul, Tamda, Aït Sidi Msạd, Aït Gennoun, Ida Khennioun.
Langue tamaziṛt.
Marché permanent à Aït Abbarioul. C’est le seul.
Pas de Juifs. Mellaḥ détruit à Aït Abbarioul.
_4e jour._ — Du Tazarin à Foum Tizi n Dra. Il n’y a pas un lieu habité sur le chemin du Tazarin au Dra ; tout le trajet se fait dans le désert. On n’est plus ici dans la chaîne du Saṛro ; on en est sorti au Tazarin. Foum Tizi n Dra est un point d’eau : pas de rivière, mais une source : ce lieu est fréquenté en hiver par des Aït Atta nomades ; le reste de l’année, il est désert.
_5e jour._ — De Foum Tizi n Dra au Qtaoua.
Distances : de Ti n Iourkan à Foum Aserts comme deux fois de Taourirt à Timaṭṛeouin.
de Foum Aserts au Tazarin comme deux fois de Taourirt à Timaṭṛeouin.
de Foum Tizi n Dra au Qtaoua comme de Taourirt à Aït Iidir.
5o. — SOURCES DE L’OUAD GIR.
=OUAD GIR.= — L’Ouad Gir prend naissance au Djebel Chouf Agmar, près du Djebel El Ạbbari. Voici les premiers qçars qu’on rencontre sur son cours, en le descendant à partir de sa source :
RIVE DROITE :
Tiouzzagin (Aït Izdeg). 30 fusils.
Tit n Ạli (Qebala). 200
Mogger (Qebala). 200
RIVE GAUCHE :
Talḥarit (Qebala). 60 fusils
El Ḥeri (Qebala). 100
Tagrirt (Qebala). 300
Tizgi n Gerrama (Aït Izdeg). 400
Toulal (Aït Izdeg). 600
Mellaḥa (Aït Izdeg). 400
Batnou (Aït Ạïssa Bou Ḥamar). 150
Iṛara (Qebala). 50
Keddoucha (Aït Ạïssa Bou Ḥamar). 60
El Geraan (Aït Ạïssa Bou Ḥamar). 100
La réunion de ces qçars forme ce qu’on appelle le Gir. Ce district n’a aucune unité politique : chaque qçar en appartient à ses habitants, Qebala, Aït Izdeg ou Aït Ạïssa.
Langue tamaziṛt.
Pas de marché.
Deux mellaḥs.
Distances : de Tiouzzagin à Mogger comme de Mellaḥ Tiallalin à Aït ou Alil.
de Talḥarit à El Geraan comme de Mellaḥ Tiallalin à Qçar es Souq.
de Talḥarit à Mogger, quelques centaines de mètres.
De Mellaḥ Tiallalin on peut aller directement à Talḥarit. Entre ces deux points s’étend une vaste plaine déserte que nous avions à notre droite en traversant le district du Tiallalin ; elle s’étend jusqu’à l’Ouad Gir et porte le nom d’Ouṭa n Sema.
Distance : de Mellaḥ Tiallalin à Talḥarit comme de Mellaḥ Tiallalin à Aït Ọtman.
Il y a un chemin conduisant du district du Gir à Misour, en remontant la vallée de l’Ouad Gir.
=AFFLUENT.= — Parmi ses affluents, l’Ouad Gir en reçoit un dont la source n’est pas éloignée de la sienne : c’est l’Ouad Beni Mesri. Nous allons dire quelques mots de son cours supérieur.
OUAD BENI MESRI. — Il prend sa source aux crêtes du Grand Atlas. Il arrose plusieurs qçars dans la partie haute de son cours ; voici les principaux, dans l’ordre où on les trouve en descendant :
El Bour (Qebala) rive droite, 100 fusils.
Aït Iaḥia ou Ạïssa (marabouts) rive droite, 100
Aït Ạïssa ou Ạli (Qebala) rive gauche, 30
Takhoualt (Qebala) rive droite, 120
Aït Ḥeddou (Aït Ạïssa) (Berâber) rive droite, 50
Aït Moḥammed (Aït Ạïssa) rive droite, 100
Bou Chiba (Aït Ạïssa) rive gauche, 30
Tirza (Aït Ạïssa) rive droite, 60
Beni Tzit (Qebala) rive gauche, 300
Aït Iatin (Qebala) rive droite, 80
Ces divers qçars n’ont entre eux aucun lien politique : chacun appartient à ses habitants, Qebala, marabouts ou Aït Ạïssa. Ceux qui sont compris entre Aït Iaḥia ou Ạïssa et Tirza, ces deux localités incluses, portent le nom collectif de Beni Mesri.
Langue tamaziṛt.
Marché permanent à Beni Tzit.
Un mellaḥ.
Pour se rendre de Qçâbi ech Cheurfa à El Bour, on gagne d’abord Tanslemt ; puis on franchit l’Atlas et on descend à El Bour.
Distances : de Tanslemt à El Bour comme d’Aït Çaleḥ au Gers.
de Aït Iatin à Ạïn Chạïr 2 jours.
[Note 120 : C’est en approchant de l’Ouad Ziz que j’ai entendu ce nom pour la première fois. Il est employé sur tout le cours du Ziz et dans le bassin supérieur de la Mlouïa. Il ne désigne point une race, mais l’état d’une partie de la population. Une portion des Imaziren sédentaires de cette contrée n’a pas su conserver son indépendance et a été réduite par des tribus nomades voisines à l’état de tributaire : ce sont ces tributaires qu’on appelle _Qebala_. Ils sont presque tous Chellaha, de même race, par conséquent, et de même couleur que la plupart de leurs dominateurs. Par extension, on désigne quelquefois du nom de Qebala des Chellaha sédentaires, même indépendants, lorsque ces Chellaha vivent isolés, sans aucun lieu avec personne. Ainsi les Chellaha du Reris et de quelques autres oasis sont souvent dits Qebala, bien que libres.]
VI.
BASSIN DE L’OUAD MLOUIA.
1o. — COURS DE LA MLOUIA.
La Mlouïa prend sa source dans le désert appelé Khela Mlouïa, sur le territoire des Beni Mgild. Puis elle coule durant assez longtemps en arrosant les terres de cette tribu.
Elle les quitte au point où elle reçoit l’Ouad Ouṭat Aït Izdeg ; ce confluent est la limite entre les Beni Mgild d’une part, les Aït Ioussi et les Aït ou Afella de l’autre : ceux-ci possèdent la rive droite du fleuve, ceux-là ont la gauche. Dans cette partie de son cours, la Mlouïa se déroule au milieu d’une large plaine ; elle a déjà beaucoup d’eau, mais ses rives sont à peu près désertes : des tribus entre lesquelles elle coule, la première n’a aucun établissement sur ses bords, ni même dans sa vallée, et ne vient que rarement planter ses tentes ou faire paître ses troupeaux le long de ses eaux ; la seconde, peu nombreuse, possède quelques qçars dans la vallée, mais n’en a qu’un sur les rives mêmes du fleuve ; ce qçar, Aḥouli (50 fusils ; rive droite), est situé à peu de distance au-dessous du confluent de l’Ouad Ouṭat Aït Izdeg. Aḥouli est le seul point habité du cours de la Mlouïa entre ce confluent et Qçâbi ech Cheurfa.
Au-dessous d’Aḥouli, après avoir coulé dans le désert, en formant limite entre les Aït Ioussi et les Aït ou Afella, la Mlouïa se borde subitement de cultures, de jardins et de qçars : c’est le district de Qçâbi ech Cheurfa. A cet endroit le fleuve coule au fond d’une tranchée, profonde d’environ 40 mètres et large de 1500. C’est cette tranchée qui, remplie sans interruption de plantations et de jardins sur une longueur de plus de 15 kilomètres et semée de nombreux qçars, forme le district de Qçâbi ech Cheurfa. Celui-ci ne s’étend pas ailleurs et se compose des seules rives du fleuve, sans déborder dans sa vallée. Des deux côtés du district, la vallée, de plus en plus plate et de plus en plus large, est occupée par les mêmes tribus qu’un peu plus haut. Aït Ioussi à gauche, Aït ou Afella à droite. Le district les sépare comme les séparaient auparavant les eaux du fleuve.
Après être sortie de Qçâbi ech Cheurfa, et avant d’entrer dans le désert, la Mlouïa arrose encore deux qçars : ils font suite au district d’El Qçâbi, mais n’en dépendent pas ; ce sont, d’abord Tamdafelt (rive gauche ; 120 fusils), puis plus bas Izeṛran (rive droite ; 30 fusils). Le premier appartient aux Aït ou Afella, le second aux Aït Izdeg. Les rives du fleuve, au fond de l’encaissement où il coule, ne cessent pas un instant, entre Qçâbi ech Cheurfa et Tamdafelt, comme entre Tamdafelt et Izeṛran, d’être garnies de cultures. Quant à la vallée, elle appartient toujours, d’un côté aux Aït Ioussi, de l’autre aux Aït ou Afella.