Reconnaissance au Maroc, 1883-1884 (Texte)

Part 43

Chapter 433,693 wordsPublic domain

=REMARQUES SUR LES TRIBUS.= — Nous avons rencontré sur les cours d’eau que nous venons d’étudier trois tribus : les Iouzioun, dont il a déjà été parlé, les Aït Selîman et les Aït Tameldou. Toutes trois sont indépendantes et de race comme de langue tamaziṛt. Elles sont Chellaḥa : il n’existe point de Ḥaraṭîn dans le bassin du Sous. Elles sont sédentaires : le bassin du Sous ne renferme à peu près point de nomades.

AIT SELIMAN. — Tribu se subdivisant en deux fractions, les Aït Tedrart et les Id ou Illoun. La première est la plus nombreuse. Chacune se compose d’une certaine quantité de villages, les uns sur les cours d’eau, où nous les avons mentionnés, les autres dans la montagne, alimentés par des sources. Les Aït Selîman sont gouvernés par un chikh, dont le pouvoir est héréditaire : le chikh actuel s’appelle Ạbd Allah Aït Ạli ou Ious : la maison des Aït Ạli ou Ious réside à Aoullous ; elle n’a aucune relation ni avec le sultan ni avec le Telouet. Pas de marché chez les Aït Selîman. Deux mellaḥs.

AIT TAMELDOU. — Ils sont indépendants et gouvernés par leurs chikhs héréditaires : ceux-ci sont au nombre de deux : voici comment ils se partagent le pouvoir.

A Tamjerjt réside la famille de chikhs des Id ou Mḥind ; le chef en est en ce moment Moḥammed ou Ḥammou ; il a sous son autorité une partie de l’Ouad Tifnout, une partie de l’Ouad Inmarakht, l’Ouad Amoumen, la moitié de l’Ouad Idikel, la moitié de l’Ouad Izgrouzen, l’Ouad Ikis, l’Ouad Msount, l’Ouad Tizgi n Mousi, l’Ouad Amzarou, l’Ouad Igemran, l’Ouad Aït Tougda, l’Ouad Mançour, la moitié de l’Ouad Tizgi. De plus, en dehors des Aït Tameldou, sa suprématie est reconnue d’une part par la moitié des Iouzioun, de l’autre par les Ikhzama (bassin de l’Ouad Iriri).

A Aït Iferd réside la seconde famille de chikhs ; c’est une branche de la maison des Aït Ouzanif. Le chef actuel en est Moḥammed ou Ạbd Allah ; il a sous son pouvoir le reste de l’Ouad Tifnout (les Aït Iṛmor), les Aït Leti sur l’Ouad Inmarakht, la moitié de l’Ouad Idikel (Talat n Ig), l’Ouad Saksad, la moitié de l’Ouad Izgrouzen, l’Ouad Aït Tameldou, l’Ouad Achakski, l’Ouad Tasoukt, la moitié de l’Ouad Tizgi. Il faut y joindre, hors des Aït Tameldou, le reste des Iouzioun et les Aït Marlif (bassin de l’Ouad Iriri).

Ces deux puissantes familles entretiennent avec le qaïd du Telouet des relations analogues à celles qu’a avec lui le Zânifi : c’est leur seul lien avec le makhzen.

Les principaux produits de la tribu sont les noix et les olives, qui abondent sur tout son territoire. On récolte aussi des raisins et des grenades sur les rives de l’Ouad Tifnout. La vallée de cette rivière est la partie la plus riche du pays des Aït Tameldou. Peu d’abeilles. De grands troupeaux de moutons et de bœufs ; beaucoup d’ânes et de mulets ; des chevaux et des chameaux.

Les Aït Tameldou sortent peu de chez eux pour faire le commerce ; mais on se rend en leur pays de Tazenakht, de l’Aït Zaïneb, du Telouet, des bords de l’Ouad Sous, pour acheter des grains et des fruits ; on en exporte ainsi du blé, de l’orge, des fèves, des noix, de l’huile.

Le centre le plus important de la tribu est Ạraben (120 familles musulmanes et 3 familles israélites).

Minerai de fer dans le désert d’Ifenouan.

Un seul marché chez les Aït Tameldou, le Ḥad Tamjerjt.

Les Israélites sont nombreux sur leur territoire : ils y ont seize mellaḥs.

2o. — OUAD ZAGMOUZEN.

On l’appelle aussi quelquefois Ouad Aït Oubial et Ouad Aït Ọtman. Il prend sa source au mont Siroua. De là, il coule pendant quelque temps dans le désert, puis il entre dans la tribu des Aït Oubial ; il y arrose successivement les villages suivants :

Aït ou Alman, Aït Sin, Assaka, Tagouïamt.

De là il passe immédiatement dans la tribu des Aït Ọtman, où il arrose :

Aït Sin d Aït Ọtman, Tammenout, Outoura, Aït Sạd, Takchtamt, Aït Ạïcht, Tagmout (murailles rocheuses avec cavernes inaccessibles et restes de constructions).

Là finissent les Aït Ọtman : la rivière s’engage dans le long désert de Tifergin, où elle reste durant plusieurs heures ; elle entre ensuite sur le territoire des Zagmouzen, où elle baigne :

Arfaman, Tagjdit, Anammer, Ikerouan, Tifourt, Irzi, Timicht, Taserga, Agadir Zagmouzen, Armed Zagmouzen, Iṛil n Oro (très grand village), Tabia, Taltnezourt, Taourirt, Tirest, Iṛil Mechtiggil, Dou Ouzrou, Taleouin, Tabia n Boro, Tagergoust, Bou Oulga, Timellilt.

De là, l’ouad, sans que les cultures s’interrompent sur ses rives, passe dans la tribu des Aït Semmeg ; il y arrose de nombreux villages, dont voici les principaux :

Imjijouin.

Targa n Mimoun rive droite.

Ez Zaouïa (en face de Targa n Mimoun) rive gauche.

Tazdeṛt Fouqani.

Tazdeṛt Taḥtani.

Tagenza.

Puis il passe dans la tribu des Aït Iaḥia, où il baigne un grand nombre de villages, dont les principaux sont :

Imi n Ougni.

Taourirt el Ḥad rive droite.

Arfaman.

Tazarin.

Tastift.

Amzaourou.

Bitgan.

Imiḍeṛ.

Imirgel.

A Imirgel finissent les Aït Iaḥia. Quelques pas plus bas, la rivière se réunit à l’Ouad Tifnout, au village de Tinmekkoul, sur le territoire des Iouzioun.

Au-dessous d’Aït Ạïcht, l’Ouad Zagmouzen a toujours de l’eau, quelle que soit la saison. Plus haut, il est quelquefois à sec.

Distances : d’Aït Oubial à Tagmout 1/2 jour.

de Tagmout à Iṛil n Oro 1/2 jour.

d’Iṛil n Oro à Imirgel 1 jour.

d’Imirgel à Tinmekkoul 1/2 heure.

d’Arfaman (Aït Iaḥia) à Tinksif 1/2 jour.

de Tinksif à Tasdṛemt (Aït Ououlouz) 1 heure.

=AFFLUENTS.= — L’Ouad Zagmouzen reçoit deux affluents, l’un et l’autre sur sa rive gauche ; ce sont : l’Ouad Amaliz, s’y jetant à Timicht (Zagmouzen), et l’Ouad Aït Semmeg, s’y jetant à Tagenza (Aït Semmeg).

OUAD AMALIZ. — Il prend sa source dans le désert Talaṛt Imadid. De là il traverse le territoire des Imadiden, fraction des Seketâna, puis il entre sur celui des Aït Ạbd el Ouirt, où il arrose successivement les villages de Miggar el Ḥedid et d’Amaliz, séparés l’un de l’autre par le désert d’Igidi n Oumaliz. Les jardins d’Amaliz touchent à ceux de Timicht, où la rivière se jette dans l’Ouad Zagmouzen.

Les Aït Ạbd el Ouirt sont une tribu à part, habituellement alliée aux Imadiden ; elle ne se compose que des deux villages que nous venons de citer et de deux autres, Tafrent et Tasṛent, situés dans la montagne, à peu de distance des premiers.

L’Ouad Amaliz a de l’eau sur tout son cours et en toute saison.

Distance : d’Amaliz au désert Talaṛt Imadid 3 heures.

AFFLUENT. — L’Ouad Amaliz reçoit un affluent, l’Ouad Sidi Ḥaseïn, se jetant sur sa rive droite à Amaliz.

=Ouad Sidi Haseïn.= — Il prend sa source dans le Khela Tasṛirt, passe au pied de la qoubba de Sidi Ḥaseïn, puis entre sur le territoire des Seketâna, dans la fraction des Imskal. Il y arrose d’abord Iṛri, puis Tinfat, et se jette dans l’Ouad Amaliz au village d’Amaliz.

OUAD AIT SEMMEG. — C’est une rivière importante, qui presque partout a de l’eau : elle prend sa source dans le Petit Atlas, reçoit divers affluents et arrose sur son cours supérieur plusieurs tribus (on ne peut me donner de renseignements sur cette portion) ; puis elle entre sur le territoire des Aït Semmeg ; elle y arrose successivement un grand nombre de villages, dont voici les principaux :

Asedmer, Timichcha, Agadir Djedid, Ammeïn (groupe de plusieurs qçars), Doutourirt, Imzil, Taṛzout.

Distance : d’Asedmer à Tagenza 4 heures.

=REMARQUES SUR LES TRIBUS.= — Les tribus que nous avons mentionnées sur l’Ouad Zagmouzen et ses affluents sont toutes indépendantes et toutes de race et de langue tamaziṛt. D’ailleurs le bassin de l’Ouad Sous tout entier, sauf une ou deux exceptions insignifiantes, n’est peuplé que de Chellaḥa, et la langue tamaziṛt y est partout l’idiome en usage. Parmi les tribus du bassin de l’Ouad Zagmouzen, les unes, telles que les Aït Oubial, les Aït Ọtman, les Zagmouzen, les Aït Iaḥia, les Aït Ạbd el Ouirt, ne possèdent que les villages que nous avons énumérés et d’autres intercalés entre eux, et ne s’étendent pas en dehors des vallées des rivières ; deux, au contraire, les Aït Semmeg et les Seketâna, sont de grandes tribus dont nous n’avons mentionné qu’une faible portion.

Les Aït Oubial n’ont point de marché. Ils sont renommés pour l’excellent safran qui se récolte sur leur territoire ; on en trouve dans la plus grande partie du haut Sous, mais celui de leur pays est réputé le meilleur.

Les Aït Ọtman ont un marché, le Tenîn Aït Sin.

Les Zagmouzen en ont un aussi, le Khemîs Iṛil n Oro. On trouve, dit-on, du minerai d’argent sur leur territoire.

Les Aït Iaḥia possèdent un marché, le Tenîn Taourirt el Ḥad. Ils sont gouvernés par un chikh héréditaire résidant à Arfaman.

Pas de marché dans la petite tribu des Aït Ạbd el Ouirt.

Les Juifs sont nombreux dans ces régions : il y a douze mellaḥs dans le bassin de l’Ouad Zagmouzen.

SEKETANA. — Toutes les populations du bassin du Sous et toutes celles comprises entre Sous et Dra, à l’exception du Sahel, se divisent en deux grandes familles : les Gezoula et les Seketâna. Nous avons énuméré plus haut les tribus et les groupes divers dont se composent l’une et l’autre. Dans le bassin du Sous, deux noyaux séparés ont conservé l’un le nom de Gezoula, l’autre celui de Seketâna, et se les sont attribués comme dénominations particulières : nous parlerons plus loin des Gezoula, quand nous en serons à l’Ouad Sous proprement dit ; ici, dans le bassin de l’Ouad Zagmouzen, se trouve la tribu dite des Seketâna.

Les Seketâna sont cantonnés dans le Petit Atlas, sur la rive gauche de l’Ouad Zagmouzen, à environ 6 ou 8 kilomètres de ce cours d’eau, à peu près à hauteur de la tribu des Zagmouzen. La plupart de leurs villages sont alimentés par des sources : les deux rivières qui traversent leur territoire, l’Ouad Amaliz et l’Ouad Sidi Ḥaseïn, n’arrosent qu’un petit nombre de localités. Les Seketâna possèdent en outre, à proximité de l’Ouad Zagmouzen, un gros village isolé, Ihoukern. Il s’élève à 2 kilomètres au sud de la rivière, entre Tagmout et Aït Ạïcht. Quoique presque enclavé dans les Aït Ọtman, c’est aux Seketâna qu’il appartient.

Ceux-ci se divisent en trois fractions : Seketâna proprement dits, Imadiden, Imskal. Les premiers habitent la portion ouest du territoire, les seconds le centre, les derniers l’est.

_Seketâna proprement dits._ — Voici leurs principaux villages : Tizgi, Tirikiou, Allegou, Tanfekht, Aouirst, Imgoun, Taglaout, Taourirt, Aït Abbou, Iṛil n Ouaman, Aït Delḥa, Agdz, Tabadricht, Aït Ḥeddou, Tilioua, Aït Roḥou.

_Imadiden._ — Voici leurs principaux villages : Aderdour, Iṛil n Tefraout, Ṭaddart, Tazga, Aït Roḥou, Ifri Imadiden.

_Imskal._ — Voici leurs principaux villages : Argoummi, Iṛri, Gounin, Ifran, Imṛid, Tazoult, Tizi n Tifourt, Imi n Ougni, Tamskourt, Agoudal, Timasinin, Timersit. Les cinq derniers portent le nom collectif de Tinfat. Le village isolé d’Ihoukern compte avec les Imskal.

Ces trois fractions sont à peu de distance les unes des autres, surtout les deux dernières : dans chacune, les villages sont fort rapprochés et se touchent entre eux par leurs cultures.

Les principaux centres sont Imgoun, Aouirst, Tanfekht. Un marché, le Ḥad Tirikiou.

Chacune des trois fractions des Seketâna est gouvernée séparément par son chikh héréditaire.

Les principales productions du pays sont les olives, les noix, les figues, et surtout le safran.

AIT SEMMEG. — C’est une puissante tribu, atteignant les bords de l’Ouad Zagmouzen et s’étendant au loin sur les pentes du Petit Atlas, qui forme le flanc gauche de la vallée de cette rivière. Elle se divise en nombreuses fractions ; plusieurs cours d’eau en arrosent le territoire. Elle est sous l’autorité d’un chikh héréditaire résidant à Tagenza. Le chikh actuel s’appelle Ould Aḥmed ou Aḥman. Un marché, l’Arbạa Doutourirt, qu’on appelle aussi Arbạa Ammeïn.

3o. — OUAD SOUS JUSQU’A TAROUDANT.

La portion de la vallée de l’Ouad Sous comprise entre Tinmekkoul, où il commence à prendre ce nom, et Taroudant s’appelle Ras el Ouad. Cette dénomination est vague : tantôt elle ne s’applique qu’à la plaine au milieu de laquelle coule le fleuve, tantôt on y comprend les versants des montagnes qui la bordent.

L’Ouad Sous, l’Asif n Sous, comme on l’appelle le plus souvent, est très habité sur tout son cours ; pas un seul point désert sur ses rives : depuis Tinmekkoul jusqu’à la mer, elles sont couvertes de cultures et de villages se succédant sans interruption. Le fleuve coule au milieu d’une plaine très unie qui prend bientôt une grande largeur ; cette largeur augmente sans cesse à mesure qu’on s’avance vers la mer. C’est partout un sol d’une fertilité admirable ; mais une partie seulement en est cultivée, le reste est laissé en pâturages et en forêts. Plusieurs tribus habitent sur le cours du Sous : les unes s’étendent sur ses deux rives, comme les Rḥala ; les autres sur une seule, comme les Menâba ou les Indaouzal ; les unes ne possèdent que les bords mêmes du fleuve : tels les Rḥala et les Menâba ; d’autres s’enfonçent au loin dans les terres : tels les Oulad Iaḥia, les Indaouzal.

Au-dessous de Tinmekkoul, l’Ouad Sous entre immédiatement dans la tribu des Rḥala. Elle se compose de trois fractions : Ida ou Gemmed, Aït Ououlouz, Ida ou Tift. Les Ida ou Gemmed sont sur la rive droite, les deux autres groupes en face d’eux sur la rive gauche ; les Aït Ououlouz sont en amont, les Ida ou Tift en aval.

Tous les villages des Rḥala se trouvent sur les bords mêmes du fleuve ; voici les principaux d’entre eux :

Sur la rive droite : fraction des Ida ou Gemmed :

Iṛanimin.

Koulat.

Sidi Ọmar.

Tir.

Tasḥmoumt en face d’Amerli.

Ikhfri en face de Tloussa.

Tagenza.

Aderdour en face de Tloussa 120 fusils

Zaouïa Sidi Ious en face d’Aït Oumbarek.

Tagadirt n Tafoukt en face de Tasserlit.

Zaouïa el Ferfar en face de Tigider.

El Ferfar en face de Timikert.

Tigemmi n Talaṛt en face de Taḥalla.

Igedad.

Tiourza (appelé aussi Aourz) en face de Taḥalla.

Aourir en face d’Imilan.

Imilan en face de Bouour.

Aoumselart en face de Tassoumat.

Aougeddim entre Tassoumat et Assaka.

Irk.

Taṛlemt.

Tagadirt Aït Ḥamed ou Ḥoummou en face de Taḥalla.

Agdour en face de Bouour.

Aït Selîman.

Tiflit en face de Louleïza.

Tagendout.

Aït Ouasạou.

Tinnikt.

Talat n Tiout.

Sur la rive gauche : d’abord la fraction des Aït Ououlouz :

Tasdṛemt.

Agerd.

Tamgout.

Agadir n Ousekti.

Agadir n Iblaz.

Zaouïa Moulei Ạli.

El Qaçba.

Adouz.

Tamdrart.

Aourir.

Tagergoust.

Ces huit derniers villages sont compris sous le nom collectif d’Aoulouz.

Viennent ensuite ceux des Ida ou Tift :

Amerli 300 fusils.

Iferd n Khalifa.

Igedad 150 fusils.

Amari.

Tagoust.

Agadir Aït Ḥaseïn.

Tloussa.

Zaouïa Sidi Mḥind ou Iạqob.

Aït Oumbarek.

Taserlit.

Tigider.

Timikert.

Imejjat.

Bouour.

Tagadirt n Ououddiz.

A Bouour, en face des derniers villages des Ida ou Gemmed, commence, sur la rive gauche, le territoire des Indaouzal. Au-dessous de Tinzert, on entre, sur la rive droite, dans celui des Menâba. Le fleuve forme la frontière entre les deux tribus. Voici les villages qu’il arrose :

Rive droite : Menâba :

Tinzert 150 fusils.

Ida ou Qaïs (groupe compact de 7 villages) 120 fusils.

Zaouïa Moulei Ạbd el Qader.

Ạïn n Ougeïḍa.

Igoudar.

Aït Ioub 150 fusils.

Oulad Ḥasen 150 fusils.

Tamast (sur la rive gauche de l’ouad ; seul village 300 fusils. des Menâba dans cette situation)

Oulad Brahil en face de Tamast.

Ạïn el Ạsid.

Souaṭat 120 fusils.

Zrabia.

El Bordj.

Oulad Brahim.

Agedal.

Dir.

Sama.

Ida ou Gouilal 150 fusils.

Igli 200 fusils.

Erzagna.

Aït Ạïssa.

Zaouïa Ben Abbou.

Agadir er Remel.

Rive gauche : Indaouzal :

Tassoumat.

Assaka.

Louleïza 120 fusils.

Tafellount.

Tirkt.

Agadir el Bour.

Aït Merras.

Sidi Malek.

A Sidi Malek finit la portion occupée par les Indaouzal ; ils sont suivis par les Oulad Iaḥia, à qui appartient toute la rive gauche du fleuve depuis là jusqu’à Taroudant : le long de cet espace, ce n’est qu’une série non interrompue de villages ; voici seulement les noms des principaux :

Tamast (appartenant aux Menâba, quoique sur la rive gauche).

Taouraṛt.

Tezzart.

El Mḥara.

Timdouin 400 feux.

Arazan 120 feux.

Taqṭrant.

Agadir n Abbou.

Oulad Bou Ṛis 120 feux.

Freïja.

Au-dessous des Menâba, sur la rive droite, se trouvent d’abord les Aït Iiggas, bordant l’ouad de leurs villages ; puis les Oulad Iaḥia, qui, à partir de là, occupent les deux rives du fleuve jusqu’à Taroudant. Ce n’est, dans ces deux tribus, que succession constante de jardins, de hameaux et de bourgades tout le long du cours d’eau : le principal centre, sur la rive droite, est le village de Ben Sifer.

L’Ouad Sous a toujours de l’eau dans son lit.

Nous avons dit le nombre de fusils des localités les plus importantes : les autres ont en général de 30 à 60 familles.

Distances : de Tinmekkoul à Aoulouz 3 heures.

de Tinmekkoul à Tasdṛemt 1 h. 1/2.

d’Aoulouz à Tir Le fleuve seul les sépare.

de Tir à Tinzert 3 heures.

de Tinzert à Igli 3 heures.

de Tir à Ida ou Qaïs 4 heures.

d’Aoulouz à Iferd n Khalifa Leurs jardins se touchent.

d’Iferd n Khalifa à Tagadirt n 2 heures. Ououddiz

d’Iṛil n Oro à Aderdour (en coupant fort 1/2 jour. au court)

d’Iṛil n Oro à Aoulouz (en coupant fort 1/2 jour. au court)

d’Iṛil n Oro à Igli 1 jour 1/3.

d’Iṛil n Oro à Tinmekkoul (en forte journée. longeant l’ouad)

d’Igli à Ida ou Gouilal Ils se touchent.

d’Igoudar à Ida ou Gouilal 2 heures.

d’Igoudar à Igli 2 heures.

d’Igoudar à la frontière des Rḥala 1 heure.

de Zaouïa Ben Abbou à Agadir er Les jardins se Remel touchent.

d’Aït Ạïssa à Agadir er Remel Les jardins se touchent.

de Tinnikt à Oulad Ḥasen 1 h. 1/2.

de Tinnikt à Aourz 3 h. 1/2.

de Tasdṛemt à Tirkt (en coupant au 3 h. 1/2. court)

de Tasdṛemt à Bouour (en suivant 3 heures. l’ouad)

de Tirkt à Bouour (en suivant 2 heures. l’ouad)

de Tirkt à Oulad Bou Ṛis 1 jour.

d’Oulad Bou Ṛis à Freïja 1 h. 1/2.

d’Oulad Ḥasen à Taroudant 1 jour.

De l’examen de ces distances il ressort deux choses : la première, c’est que l’Ouad Sous fait un coude considérable auprès d’Aoulouz ; la seconde, que l’Ouad Zagmouzen décrit un long circuit avant de se jeter dans l’Ouad Tifnout.

On ne met en effet que 3 heures et demie pour aller de Tasdṛemt à Tirkt : on laisse le fleuve à gauche, on coupe au court à travers un désert, le Khela Aït Ouasạou, et on ne retrouve l’Ouad Sous qu’à Tirkt. Si on voulait faire le même trajet en longeant le fleuve, au milieu des villages et des cultures, il faudrait 5 heures de temps.

De même, pour se rendre d’Iṛil n Oro à Aoulouz, il suffit d’une forte demi-journée. On descend l’Ouad Zagmouzen jusqu’à Taourirt el Ḥad : là on le quitte et on coupe au court à travers les montagnes du flanc gauche. On monte d’abord par le désert Timezgiḍa n Izrar ; puis on arrive à la qoubba de Sidi Bou Reja, située au col même où se franchit le massif : ce col, fort célèbre, s’appelle Tizi n Sous. De là on passe dans un nouveau désert, la forêt de Dou Ouzrou Zouggaṛ, célèbre par les brigandages qui s’y commettent : non loin de là se trouve le village d’Agni n Fad, qui reste en dehors de la route. Après deux heures de marche dans cette solitude, on débouche chez les Rḥala à Aourir, village du groupe d’Aoulouz. Ce chemin est ce qu’on appelle le chemin de Tizi n Sous. Quoique en montagne, il n’est pas très pénible. Il se fait en une demi-journée. On mettrait deux fois plus de temps en suivant le fond des vallées : en effet, on compte une forte journée pour aller d’Iṛil n Oro à Tinmekkoul, et il y a encore deux ou trois heures de ce point à Aoulouz.

Nous avons dit plus haut que, si les bords du Sous sont cultivés partout, il n’en est pas de même de la large plaine formant le fond de la vallée : elle n’est cultivée qu’en partie : le reste est couvert de bois et de pâturages. Les principales forêts sont : sur la rive droite, celle de Bou Taddout (Aït Iiggas et Oulad Iaḥia) ; sur la rive gauche, celle de Briouga (Oulad Iaḥia, entre Timdouin et Taroudant) ; au milieu de cette dernière se trouve le grand village de Tiout, situé à mi-distance entre Igli et Taroudant.

=REMARQUES SUR LES TRIBUS.= — Les habitants du Sous, sauf un ou deux petits groupes d’Arabes de quelques tentes seulement, comme celui des Oulad Dris, groupes jetés on ne sait comment et noyés au milieu du reste de la population, sont tous de race tamaziṛt (chleuḥa) et de mœurs sédentaires. La langue usuelle y est partout le tamaziṛt. Dans le haut Sous, au-dessus du Ras el Ouad, et dans les chaînes du Grand et du Petit Atlas, cette langue est à peu près la seule connue. Mais à mesure qu’on descend le cours du fleuve et qu’on se rapproche du fond de sa vallée, le nombre des individus sachant l’arabe augmente. A partir des Menâba, il est peu d’hommes, au bord de l’ouad, qui ne connaissent cette langue.

L’état politique des tribus du Ras el Ouad a traversé depuis quelque temps diverses vicissitudes : durant de longues années, ces tribus ont été insoumises, sans aucune relation avec le makhzen. Récemment, pendant l’été de 1882, Moulei El Ḥasen fit une campagne dans le bas Sous et le nord du Sahel Marocain, et en profita pour inviter les habitants du Ras el Ouad à l’obéissance : c’était dans un moment de famine ; les populations, pauvres et affaiblies, ne voulurent pas entrer en lutte ; d’ailleurs une portion d’entre elles, fatiguée d’une longue anarchie, souhaitait un gouvernement régulier : elles se soumirent. On donna le titre de qaïd à leurs chikhs héréditaires : ceux-ci furent chargés de collectionner l’impôt et de lever des soldats pour le compte du sultan : au reste, point de garnisons, point d’hommes du makhzen, pas un seul fonctionnaire étranger. Tel était l’état du pays au moment de mon voyage. On était soumis au sultan, mais celui-ci n’exigeait que fort peu ; trop cependant, au gré de ces tribus jalouses de leur liberté : même ceux qui naguère avaient désiré ce régime en étaient lassés : il est vrai qu’ils n’y avaient point trouvé le bien qu’ils en attendaient. Aussi cet état de choses n’a, paraît-il, pas duré longtemps. Dès la première année d’abondance, la révolte a été générale : en automne 1884, toutes les tribus ont, dit-on, refusé argent et soldats ; en quelques lieux où les qaïds avaient abusé de leur autorité ou voulu maintenir l’ordre établi, elles les ont chassés, en détruisant leurs demeures. Depuis lors toutes vivent de nouveau dans une complète indépendance, sans aucun rapport avec Moulei El Ḥasen.