Reconnaissance au Maroc, 1883-1884 (Texte)
Part 37
Ḥara Agdz. 50
Ouriz. 75
Takatert. 100
Aremd. 40
Tassourt. 30
Aït el Khrodj. 15
El Kebbaba. 15
Roudat. 20
El Bordj. 100
Tigit. 100
Zekak. 10
Igmoden. 30
Argioun. 50
Timidert. 300
Iriṛer. 150
RIVE GAUCHE :
Tanamrout. } 40 fusils } Sefala. } 200 } Arbalou. } 20 } Ras Dra. Tiniṛil. } 60 } El Ḥara. } 40 } Intliten } 30
Taleouin. 40
Tafergalt. 60
Tamnougalt (résidence de Chikh el Mezgîṭi). 100
Asellim. 40
Zouaoui (Zaouïa es Sagia ; Mrabṭin Aït 20 Sidi Mouloud).
Asellim Taḥtani. 20
Zaouïa es Souq. 20
Qaçba Aït Ạli. 40
Talmzit. 40
Ibousas. 30
Taourirt Ibousas. 10
Talat Aït Iaḥia. 30
Zaouïa Mrabṭin Sidi Ech Chergi. 15
Aït el Qaïd El Ạmer. 20
Takatert Aït Ikhelf. 30
Zaouïa Sidi Moḥammed ou Ạbd Allah. 15
Distances : du Kheneg Tarea à Tizgi comme d’Ourika à Tesaouant.
De Tizgi à Taṛrout comme d’Ourika à Tesaouant.
De Taṛrout à Tamnougalt comme d’Ourika à Tesaouant.
De Tamnougalt à Iṛir Azeggar comme de Tamnougalt à Agdz.
Iṛir Azeggar fait face à Iriṛer.
Intliten est à peu près en face de Rebaṭ, un peu plus haut que lui.
De Tizgi à Iriṛer, pas de désert, tout est palmiers.
Les trois premiers qçars de la rive droite et les six premiers de la rive gauche portent le nom collectif de Ras Dra, ou Ras Mezgîṭa, ou Afella n Asif, ou Afella n Dra.
Le Mezgîṭa est un district indépendant. Sa population, exclusivement composée de Draoua (Ḥaraṭîn), est gouvernée par un chikh héréditaire. Ce chikh, ou plutôt ce qaïd, car tel est le titre qu’il prend, est actuellement Qaïd Ạbd er Raḥman ben El Ḥasen ; il réside à Tamnougalt ; il est blanc ainsi que ses enfants : ceux-ci sont fils d’une sœur du Zanifi, chikh de Tazenakht. Sa famille a le pouvoir suprême dans le Mezgîṭa depuis plusieurs siècles ; elle est originaire du Tazarin. Il ne reconnaît le sultan que comme autorité spirituelle et, de fait, n’admet point sa suprématie. Il lui envoie chaque année un cadeau consistant en deux qanṭars de henné et un ou deux chevaux de bât. Il est fort riche, a de grandes propriétés et lève un impôt annuel de 55000 francs ; 50000 francs sont payés par ses sujets musulmans, 5000 par les Juifs. Un ordre sévère règne sur son territoire : tout voleur est puni de mort : c’est la seule peine qu’il connaisse. Aussi, quoique ses États n’aient aucun rapport avec le sultan, dit-on qu’ils sont « blad el makhzen », allusion à la sûreté et à l’ordre qui y règnent. Le Mezgîṭa, le district d’Aït Zeri et le Tinzoulin sont les seuls lieux du Maroc qui, bien qu’indépendants du sultan, soient dits « blad el makhzen », façon d’exprimer la régularité de leur gouvernement.
En dehors du Mezgîṭa proprement dit, dont nous venons de parler, on compte comme en faisant partie les deux petits qçars d’Ourika (Iouriken), dans la vallée de l’Ouad Tamtsift.
Il y a à peine 7 ou 8 chevaux dans le Mezgîṭa : le qaïd en possède 4.
Le Mezgîṭa a deux marchés : le Ḥad Agdz et le Khemîs Tamnougalt.
Il contient 5 mellaḥs.
=II. — Aït Seddrât.=
Le district de l’Aït Seddrât fait suite à celui du Mezgîṭa : il se compose des rives de l’Ouad Dra, de la limite du Mezgîṭa à celles de l’Aït Zeri et du Tinzoulin. On passe du Mezgîṭa dans l’Aït Seddrât sans s’en apercevoir, en marchant toujours à l’ombre des palmiers. Voici les qçars dont se compose ce district, dans l’ordre où on les rencontre en descendant le fleuve :
RIVE DROITE :
Aït Ougzi. 20 fusils.
Zaouïa Tamkasselt. 40
Aït Iaïsi. 20
Tamkasselt el Hara. 40
Tansikht. 200
Abernous. 40
Tanzmout. 40
El Ḥad. 30
Aït Ạïssa. 20
Qaçba Aït Ạrbi. 40
Irsig. 60
RIVE GAUCHE :
Iṛir n Azeggar. 30 fusils.
Aït Ḥammou ou Sạïd. 80
El Ḥara. 50
Aït Melekt. 60
Imjdoudar. 20
Aït Isḥaq. 80
Aït Khelfoun. 60
Aït Ạbd Allah. 50
Tizi n Isekfan. 30
Zaouïa Sidi Dris. 10
Azagour. 50
Aït Sakt. 20
Taaqilt. 100
Distances : d’Iriṛer à Aït Ougzi connue de Tamnougalt à Ouriz.
Aït Ḥammou ou Sạïd fait face à Aït Ougzi.
D’Aït Ḥammou ou Sạïd à Taaqilt comme de Tesaouant à Tamnougalt.
Irsig fait face à Taaqilt.
Les Aït Seddrât sont une nombreuse tribu tamaziṛt, partie sédentaire, partie nomade, possédant des qçars et des tentes. Les qçars sont sur l’Ouad Dra et l’Ouad Dâdes, les tentes entre ces deux cours d’eau, dans le massif du Saṛro. Ils se divisent en deux groupes, les Aït Zouli et les Aït Meḥelli. Chacun d’eux compte environ 2000 fusils. Voici la décomposition des Aït Seddrât :
{ { Aït Ạli ou Ḥaseïn. { { { { Aït Iidir. { { { Aït Zouli. { Aït Sakt. { { { { Imzdouder. { { Aït Seddrât { { Aït Bou Taḥammart. { { { Aït Isḥaq. { { { { Aït Oudinar. { Aït Meḥelli { { { Aït Ouffi. { { { { Aït Ạrbi.
Les différentes fractions des Aït Seddrât ne vivent pas groupées : elles sont disséminées et mélangées entre elles, aussi bien dans les qçars du Dra que dans ceux de l’Ouad Dâdes. Voici comment la tribu se gouverne : ceux qui sont dans le Dra élisent un chikh pour une année ; un an, il est pris parmi les Aït Zouli, un an parmi les Aït Meḥelli. Ceux de l’Ouad Dâdes font de même. Les nomades se réunissent pour cette élection, qui à ceux du Dra, qui à ceux de l’Ouad Dâdes. Ces chikhs nommés pour une année, que nous avons vus apparaître la première fois sur l’Ouad Dâdes, sont appelés _chikh el ạam_. L’usage des chikh el ạam est spécial, dans le Maroc, aux trois tribus des Aït Seddrât, des Imeṛrân et des Berâber. Ces derniers, dans toute l’étendue de leur immense territoire et dans leurs innombrables subdivisions, ont cette méthode uniforme de gouvernement, qui est un de leurs caractères particuliers.
Les Aït Seddrât sont blancs, mais bronzés. Ils sont très braves : leur réputation de courage s’étend au loin. Ils ne parlent que le tamaziṛt.
Les Aït Seddrât n’ont aucune relation avec le sultan. Ils sont, comme toutes les tribus de l’Ouad Dra et comme le pays de Dra, entièrement indépendants.
Le district de l’Aït Seddrât est habité par des Draoua et par des Aït Seddrât : le gouvernement est entre les mains de ces derniers. Il y a environ 30 chevaux dans le district.
Un marché, le Tlâta Tanzmout.
Un mellaḥ.
=III. — Aït Zeri et Tinzoulin.=
Au-dessous du district d’Aït Seddrât, lui faisant suite, se trouvent : sur la rive droite, le district de l’Aït Zeri, puis celui du Tinzoulin, réunis sous l’autorité d’un seul chef, Chikh El Ạrabi ben Ọtman ; sur la rive gauche, d’abord deux qçars, l’un indépendant, l’autre sous le pouvoir de Chikh ben Ọtman ; puis le commencement du grand district du Ternata. Cette portion du Ternata qui fait face à l’Aït Zeri et au Tinzoulin a un nom spécial, Ras Ternata. Nous en parlerons plus tard en même temps que du Ternata.
En quittant l’Aït Seddrât, on trouve donc sur l’Ouad Dra :
RIVE GAUCHE :
Ifriouin (zaouïa indépendante habitée par des 30 fusils. marabouts).
Timesla (soumise à Chikh El Ạrabi ben Ọtman). 150
Puis on entre dans Ras Ternata.
RIVE DROITE :
{ Qçîba Chikh El Ạrabi ben Ọtman (porte 50 fusils { aussi le nom d’Aït Ọtman). { { Tinegza. 20 { { Ouriz Oulad Megeddem. 60 Aït Zeri { { Oulad Mousa. 50 { { Igdaoun. 150 { { Aqebt. 30
{ Oulad Mesạd. 100 { { Zaouïa Amadaṛ. 30 { { El Ḥara. 10 { { Qaçba el Makhzen. 100 { { Aït Reḥou. 30 { { El Ḥaddan. 40 Tinzoulin { { Rebaṭ. 200 { { Amerdoul. 30 { { Aït el Ḥadj El Ḥasen. 100 { { Idderb. 30 { { Timskalt. 50 { { Zaouïa el Feggouç. 20
Distances : d’Irsig à Qcîba Chikh El Ạrabi comme de Tamnougalt à Ourika.
D’Ifriouin à Taaqilt comme d’Ouriz à Tamnougalt.
De Qcîba Chikh el Ạrabi à Aqebt comme de Tesaouant à Ourika.
D’Aqebt à Zaouïa el Feggouç comme de Tesaouant à Tamnougalt.
Pas de marché dans l’Aït Zeri. Deux marchés dans le Tinzoulin : le tenîn et le khemîs de Rebaṭ.
Un mellaḥ dans l’Aït Zeri, et deux dans le Tinzoulin.
Les Aït Zeri sont une fraction des Oulad Iaḥia, grande tribu nomade dont nous parlerons plus loin. Chikh El Ạrabi ben Ọtman appartient à cette tribu, à la tête de laquelle est depuis longtemps sa famille : les États de Chikh El Ạrabi sont formés de tous les Oulad Iaḥia, aussi bien les nomades, ceux du Zgiḍ, etc., que ceux qui habitent le Ternata et que les Aït Zeri, puis du Tinzoulin et de Timesla. Timesla et le Tinzoulin sont peuplés de Draoua, l’Aït Zeri d’Oulad Iaḥia. Chikh ben Ọtman a un pouvoir despotique sur ses sujets des bords de l’Ouad Dra, et une autorité très limitée sur les autres.
Il y a une trentaine de chevaux parmi les Oulad Iaḥia des bords de l’Ouad Dra ; il n’y en a que deux ou trois dans le Tinzoulin.
=IV. — Ternata.=
Au-dessous du Tinzoulin, se trouve le district du Ternata : nous avons vu que sur la rive gauche il commence plus haut, après Timesla : le Ternata se compose donc de deux portions, l’une où il s’étend sur les deux rives du Dra, c’est le Ternata proprement dit ; l’autre où il n’en occupe que la rive gauche, c’est Ras Ternata. Les divers qçars du Ternata sont, en descendant le fleuve à partir de Timesla :
RIVE GAUCHE :
Aït Ạbd Allah ou Mimoun } 200 fusils. } Akhellouf } 300 } Bou Nạnạ } 150 } Ras Ternata. Zergan } 75 } Tiggint } 75 } El Douirat } 50
Imi Ougni. 50
Aṛlal Fouqani. 30
Qaçba Foum Tazenakht (appelée aussi Tafroust). 60
Beni Zouli. 300
Takhelil. 200
Tanagamt. 40
Ḥara el Khoubz. 40
El Ḥara. 40
Tinegdid. 40
Iṛerdaïn. 100
Asouḥad. 40
Aderbaz. 40
Astour. 300
Bou Zergan. 200
Tidsi. 60
Bir Chạt. 80
Qçar Djedid. 50
Zaouïa Sidi Ben Nacer. 15
El Mançouria. 150
Bou Khelal. 200
Tamzout. 30
Tamaziṛt. 80
Oulad el Ḥadj (2 petits qçars : Qçîba 100 Oulad el Ạgid et Qçîba Oulad el Bacha).
Zaouïa el Qlạa (appelée aussi Zaouïa 40 el Ftaḥ).
RIVE DROITE :
Afra Oulad es Soulṭân. 150 fusils.
El Kạba (Oulad Ioub) (2 qçars). 400
Zaouïa Oulad Ioub. 20
Taṛzout. 80
El Meqaṭra (2 qçars). 150
Melal. 200
Oulad Ousạ. 300
Qçîba Oulad Ousạ. 30
Rebạt el Ḥadjer. 80
Zaouïa Ạmer ou Ạbd er Raḥman. 100
Tisergat. 200
Tiṛzert. 80
El Kherraza. 60
Tigit Oulad Chạouf. 200
Tigit Aït b Oulman. 70
Arla ou Asif. 50
Qçîba Sidi Oumbarek. 40
Qçîba el Mqadra. 50
Qçîba Berda. 60
El Ạroumiat. 300
Asrir Ilemsan (ce qçar est compté du 80 Fezouata).
Iqoubban (zaouïa). 30
Mehdia. 100
Tanziṭa (2 qçars, le plus haut habité 200 par des cherifs).
Zaouïa Tanziṭa (porte aussi le nom de 30 Zaouïa el Baraka).
Distances : d’Ifriouin à Beni Zouli 1 fois et demie comme de Tamnougalt à Tesaouant.
De Beni Zouli à Astour comme de Tamnougalt à Ourika.
D’Astour à Mançouria comme de Tamnougalt à Ourika.
De Mançouria à Zaouïa el Qlạa comme de Tamnougalt à Ouriz.
De Zaouïa el Feggouç à Afra Oulad es Soulṭân comme de Tamnougalt à Agdz.
D’Afra Oulad es Soulṭân à El Ạroumiat comme de Tamnougalt à Tesaouant.
D’El Ạroumiat à Zaouïa Tanziṭa comme de Tamnougalt à Agdz.
Afra Oulad es Soulṭân est immédiatement au-dessous de Zaouïa el Feggouç.
Bou Nạnạ est en face de Zaouïa el Feggouç.
Beni Zouli est en face de Melal et d’Oulad Ousạ.
Tisergat est en face d’Astour.
Mançouria est en face d’El Ạroumiat.
Mehdia est en face de Zaouïa el Qlạa.
Zaouïa el Baraka est en face d’Amzrou (Fezouata).
Le Ternata n’est pas un État compact comme le Mezgîṭa, l’Aït Seddrât, l’Aït Zeri et le Tinzoulin. C’est une réunion de qçars appartenant à deux tribus différentes, sans qu’aucune autorité supérieure, assemblée ou chikh, les unisse jamais. Les habitants du Ternata sont : des Draoua, disséminés dans toutes les localités, mais n’en possédant aucune, les Roḥa et des Oulad Iaḥia. Ces deux dernières tribus se partagent tous les qçars ; voici comment :
Les _Roha_ possèdent : 1o la portion du Ternata située sur la rive gauche de l’Ouad Dra (Ras Ternata compris) ; 2o sur la rive droite : Afra, El Meqaṭra, et ce qui est au-dessous de Tigit Aït b Oulman, ainsi que ce dernier qçar, moins Asrir Ilemsan.
Les _Oulad Iahia_ possèdent le reste de la rive droite.
Enfin, un des qçars du Ternata, Asrir Ilemsan, appartient aux Berâber et est compté du Fezouata.
Les Roḥa forment une tribu à part. Ils se disent d’origine arabe et ne parlent qu’arabe. Ils n’habitent que des qçars ; les seuls qu’ils aient sont ceux du Ternata. Là se trouve massée toute leur tribu. Chez eux, point de chikh, point de chef ni héréditaire ni temporaire : chaque localité se gouverne à sa fantaisie et a une existence politique isolée de celle de ses voisins. Les Roḥa sont aussi indépendants que les Berâber eux-mêmes, et ne sont vassaux de personne. Ils ont environ 50 chevaux.
Les marchés du Ternata sont : l’Arbạa Akhellouf, le Khemîs Beni Zouli, le Ḥad Astour, le Tenîn El Ạroumiat, le Djemạa Tisergat.
Il y a au Ternata 6 mellaḥs.
=V. — Fezouata.=
Au district du Ternata succède, immédiatement au-dessous de lui, celui du Fezouata, appelé aussi Tagmadart. Le Fezouata comprend les deux rives de l’Ouad Dra ; il est limité dans sa partie inférieure par le désert d’El Kheneg.
Voici les qçars dont il se compose, dans l’ordre où on les trouve en descendant le fleuve :
RIVE GAUCHE :
Amzrou (debiḥa sur les Imsouffa). 300 fusils.
Qcîba Aït Aqqo (debiḥa sur les Imsouffa). 20
Chareṭ (debiḥa sur les Imsouffa). 150
Aït Kheddou (debiḥa sur les Imsouffa). 40
Asrir Ignaouen (debiḥa sur les Aït Ạïssa ou Brahim). 70
Qcîba Ilemsan (debiḥa sur les Ilemsan). 50
Beni Ọtman (debiḥa sur les Imsouffa). 30
Arla Oudrar (debiḥa sur les Imsouffa). 500
Agrour (debiḥa sur les Imsouffa). 50
Timtig (2 qçars habités par des cherifs (debiḥa sur 80 les Imsouffa).
Beni Khallouf (debiḥa sur les Ignaouen). 150
Oulad Bou Ious (debiḥa sur les Aït Isfoul). 100
Tamegrout Aït Ben Nacer (Zaouïa Sidi Ben Nacer ; le 1000 chef de la famille et de la zaouïa est aujourd’hui Sidi Moḥammed ou Bou Bekr).
Sefalat (pas de debiḥa sur les Berâber. Les Sefalat 800 sont des Roḥa indépendants).
Qçâbi Izligen (debiḥa sur les Izligen). 100
RIVE DROITE :
Oulad Brahim (debiḥa sur les Aït Isfoul). 300 fusils.
El Megarba (debiḥa sur les Izakenniouen). 80
Agni (debiḥa sur les Ignaouen). 60
Tazrout (debiḥa sur les Aït b ou Iknifen). 100
Tinfou (debiḥa sur les Izligen). 100
Zaouïa Sidi Bou Nou. 100
Distances : d’Amzrou à Tamegrout comme de Tamnougalt à Tesaouant.
De Timtig à Tamegrout comme de Tamnougalt à Iouriken.
De Tamegrout à Qçâbi Izligen comme de Tamnougalt à Tesaouant.
Oulad Brahim est à hauteur de Tamegrout.
On voit qu’entre Amzrou et Tamegrout il n’y a point de qçar sur la rive droite. Cependant les deux bords et une partie du lit du fleuve ne cessent sur cette étendue d’être couverts de palmiers.
Au Fezouata appartient encore le qçar d’Asrir Ilemsan, situé sur le territoire du Ternata.
Fezouata ou Tagmadart est, comme Ternata, le nom d’une région et non celui d’une tribu. Ici non plus, ni assemblée ni chikh ne gouverne tout le district. Chaque localité vit isolée et s’administre à sa guise. Les qçars appartiennent à leurs habitants, qui sont des Draoua : chacun est indépendant des autres, et a, séparément, sa debiḥa sur une fraction des Berâber. De même que les Draoua du nord sont soumis qui aux Aït Seddrât, qui aux Oulad Iaḥia, qui aux Roḥa, ceux du Fezouata et des districts situés au sud du Fezouata, c’est-à-dire du Qtaoua et d’El Mḥamid, sont soumis aux Berâber. Cette sujétion diffère, par ses conditions, de celle du nord. Là, les Draoua, enveloppés dans une population étrangère souvent plus nombreuse qu’eux, partout mélangés avec elle, n’ont aucune part à l’administration et ne sont comptés pour rien. A partir d’ici, ils sont les seuls habitants fixes ; mais, comme les qçars de Tatta, et bien plus qu’eux, ils sont obligés, pour être à l’abri de la puissante tribu nomade qui les entoure, d’avoir chacun leur debiḥa sur une de ses fractions. En raison de la faiblesse des Draoua et de la puissance de leurs voisins, les Aït Atta (l’un des deux grands groupes des Berâber), les charges du vasselage sont lourdes pour les trois districts du bas Dra. Nous avons indiqué plus haut sur quelle fraction des Aït Atta chaque qçar du Fezouata a sa debiḥa.
La population du Fezouata se compose donc d’abord des habitants fixes, les Draoua, qui se gouvernent eux-mêmes, chaque qçar séparément, comme les gens de Tisint et de Tatta ; puis de Berâber de passage : ceux-ci ont dans les qçars des maisons où ils déposent leurs provisions, mais où ils n’habitent pas, vivant d’ordinaire sous la tente.
Point de chevaux chez les Draoua du Fezouata, ni chez ceux du Qtaoua et d’El Mḥamid.
Deux marchés dans le Fezouata : l’Arbạa Amzrou et le Sebt Tamegrout.
Un mellaḥ.
Entre Zaouïa el Qlạa et Amzrou, sont les ruines d’une ville autrefois la plus peuplée et la plus puissante du Dra, Zegoura.