Reconnaissance au Maroc, 1883-1884 (Texte)

Part 36

Chapter 363,701 wordsPublic domain

Tamasint rive gauche.

Taṛramt rive droite.

Fedragoum rive gauche.

De là il passe dans celle de l’Ouarzazât proprement dit, où il arrose :

Zaouïa Sidi Ọtman (grand village de 300 familles) rive droite.

Tamerzast rive gauche.

Tabount rive droite.

Tigemmi Djedid rive droite.

Tadja rive droite.

Taourirt rive gauche.

Tazrout rive droite.

Tenmasla rive droite.

Qoubba Sidi Daoud (qoubba isolée, sans village) rive gauche.

Aït Kedif rive gauche.

Talet rive droite.

Aourz rive gauche.

Puis il passe dans celle de Ṛalil, où il arrose :

Tademricht (grand village avec zaouïa) rive gauche.

Ḥebib rive droite.

Ṛalil rive droite.

Là finit l’Ouarzazât. L’Ouad Idermi rentre dans le désert et y reste jusqu’au point où, s’unissant à l’Ouad Dâdes, il forme l’Ouad Dra. Ce désert s’appelle Khela Timikirt.

Les trois subdivisions et les villages que nous venons d’énumérer forment la totalité de l’Ouarzazât. Ce district est soumis au sultan, et surtout au qaïd des Glaoua, qui, fonctionnaire du makhzen au Telouet, est ici chef héréditaire. Il exerce son pouvoir avec douceur, à la façon des chikhs de Tikirt et de Tazenakht ; aussi s’aperçoit-on à peine dans le Ouarzazât qu’on est en blad el makhzen. Au-dessous de lui, trois chikhs, dont les ressorts ne répondent pas tout à fait aux trois subdivisions du pays, se partagent l’autorité. Ce sont : Chikh El Ḥoseïn ould Amṛar Mḥind, résidant à Tiffoultout ; un fils du qaïd des Glaoua, Chikh Ḥammadi, à Taourirt ; Chikh Ḥamma Ạli, à Tenmasla.

Il n’y a qu’un marché dans l’Ouarzazât : le Khemîs Sidi Ọtman. Les marchés sont fort rares dans ces régions : dans le bassin entier de l’Ouad Idermi, on n’en compte que trois, le tenîn de Telouet, le khemîs de Ouarzazât et le khemîs de Tazenakht.

Il y a 7 mellaḥs dans l’Ouarzazât. Les Juifs sont nombreux dans ces contrées : il existe 44 mellaḥs dans le bassin de l’Ouad Idermi ; ils se répartissent de la manière suivante : Assaka (Ouad Iounil), 3 mellaḥs ; Tizgi (Ouad Iounil), 1 ; Aït Zaïneb, 6 ; Telouet, 4 ; Tidili, 7 ; Imini, 4 ; Ikhzama, 2 ; Aït Touaïa, 1 ; Aït Marlif, 2 ; Ouarzazât, 7 ; Aït Ạmer, 2 ; Zenâga, 3 ; Iṛels, 1 ; Tammasin, 1.

Distances : de Tikirt à Tiffoultout 2 heures.

De Tiffoultout à Taourirt 1 heure.

De Taourirt à Ṛalil 1 heure.

De Ṛalil à Afella n Dra (Ouad Dra) 1 jour.

=AFFLUENT.= — L’Ouad Idermi ne reçoit qu’un affluent important, l’Ouad Aït Tigdi Ouchchen, se jetant sur sa rive droite au lieu appelé Bin el Ouidan, dans le désert de Timikirt. Cette rivière est presque aussi considérable que l’Ouad Idermi lui-même.

=II. — Ouad Aït Tigdi Ouchchen.=

L’Ouad Aït Tigdi Ouchchen, qui se jette sur la rive droite de l’Ouad Idermi entre le Ouarzazât et le Dra, est formé de la réunion de deux rivières, l’Ouad Tazenakht et l’Ouad Azgemerzi. Leur confluent se trouve dans la tribu des Aït Tigdi Ouchchen, au village d’Assaka.

1o _OUAD TAZENAKHT_. — Il est formé lui-même de la jonction, à Imdṛeṛ Taḥtani, de trois cours d’eau, l’Ouad Siroua, l’Ouad Ta n Amelloul et l’Ouad Tasṛirt : nous allons décrire ces trois rivières, puis nous passerons à l’Ouad Tazenakht.

OUAD SIROUA. — Il prend sa source dans le mont Siroua. Il coule d’abord dans le désert, puis entre dans la tribu des Aït Ouaṛrda ; il y arrose successivement les villages suivants :

Temsasar, Taloust, Imirleïn, Areg, Temouddat.

Puis il passe dans le district d’Amara, dépendance de celui de Tazenakht, dans lequel on le confond quelquefois ; il y arrose :

Imdṛeṛ Fouqani, Imdṛeṛ Taḥtani.

A ce dernier point, il s’unit aux deux autres rivières pour former l’Ouad Tazenakht.

Distance : d’Imdṛeṛ Taḥtani à Temsasar 1/2 jour.

OUAD TA N AMELLOUL. — Il prend sa source dans le désert de Ta n Amelloul. De là il entre dans la tribu des Aït Ouaṛrda, où il arrose successivement les villages de :

Afella ou Asif, Tazrout, Tafrent, Tamjerjt, Nekeb Fouqani, Nekeb Taḥtani.

Puis il passe dans le district d’Amara et coule, sans rencontrer de lieu habité, jusqu’à Imdṛeṛ Taḥtani, où il se réunit aux ouads Siroua et Tasṛirt.

Distances : d’Imdṛeṛ Taḥtani à Afella ou Asif 4 heures.

D’Imdṛeṛ Taḥtani à Tamjerjt 1 heure 1/2.

OUAD TASRIRT. — Il prend sa source dans le Khela Tasṛirt. Après avoir coulé longtemps dans le désert, il entre dans le district d’Amara, où il arrose l’un après l’autre les villages de :

Tamzerra (avec la qoubba de S. El Ḥasen Ạli), Ansera.

En face d’Imdṛeṛ Taḥtani, il se réunit aux deux autres rivières.

Distances : d’Imdṛeṛ Taḥtani à Tamzerra 3 heures.

De Tamzerra au Khela Tasṛirt 1/2 jour.

=OUAD TAZENAKHT.= — On lui donne aussi le nom d’Ouad Aït Ouzanif. Au-dessous d’Imdṛeṛ Taḥtani, il continue d’abord à couler dans le district d’Amara ; il y arrose successivement les villages de :

Imṛeld, Tareddout.

Puis il passe dans le district de Tazenakht, où il baigne :

Taourirt, Adreg, Tagadirt Aït Daoud, Tagadirt Aït Atto, Tazenakht, Tazrout.

De là il passe dans la tribu des Aït Tigdi Ouchchen, où il s’unit, à Assaka, à l’Ouad Azgemerzi.

Distances : de Tazenakht à Imdṛeṛ Taḥtani 4 heures.

De Tazenakht à Assaka 1/2 heure.

Les villages du Tazenakht et de l’Amara que nous avons énumérés sur ces différents cours d’eau composent la totalité de ces districts.

La tribu des Aït Ouaṛrda ne comprend qu’un village en plus de ceux que nous avons mentionnés : ce village est Amasin, situé entre les ouads Siroua et Ta n Amelloul, à 3 heures de Temsasar et à 1 heure et demie de Tamjerjt. Les Aït Ouaṛrda sont une tribu tamaziṛt (chleuḥa) indépendante. Aucun lien ne les unit à leurs voisins. Les plus importants de leurs villages sont Tamjerjt, Afella ou Asif, Tazrout.

Les points où prennent leur source les trois rivières dont est formé l’Ouad Tazenakht demandent quelques explications. Le Djebel Siroua appartient, le versant est aux Aït Ouaṛrda, le versant sud aux Aït Oubial, le versant ouest aux Aït Tedrart. Le Khela Ta n Amelloul s’étend entre les Aït Ouaṛrda et les Aït Oubial, le Khela Tasṛirt entre les Zenâga et les Seketâna. Ces deux déserts, qui se font suite, s’étendent depuis le Siroua jusqu’au Petit Atlas ; c’est dans leurs solitudes, série de plateaux rocheux, qu’est la ligne de partage des eaux entre les deux bassins du Sous et du Dra.

2o _OUAD AZGEMERZI_. — On lui donne aussi le nom d’Ouad Ifenouan. Il prend sa source dans le voisinage du col d’Agni, sur le territoire des Zenâga. Il arrose successivement dans cette tribu les villages suivants :

Isil, Tazoult, El Kharbt, Terga, Tamarouft, Ifenouan.

De là il passe sur le territoire des Aït Ạmer, où il arrose :

Temdaouzgez, Taloust.

Enfin il s’unit à l’Ouad Tazenakht un peu au-dessous d’Assaka.

Distances : de Taloust à Temdaouzgez 3 heures.

D’Assaka à Taloust 1/2 heure.

=AFFLUENTS.= — L’Ouad Azgemerzi reçoit deux affluents importants, l’un et l’autre sur sa rive gauche : l’Ouad Tiouiin, s’y jetant à Temdaouzgez, et l’Ouad Timjijt, s’y jetant à quelques pas au-dessus de Taloust.

OUAD TIOUIIN. — Il prend sa source dans le désert de Tasṛirt. Il y demeure jusqu’au moment où, à Kerkda, il débouche dans la plaine des Zenâga ; il y arrose les villages suivants, tous de cette tribu :

Kerkda, Agelmim, Aït Mesri, Atres, Tiouiin.

De Tiouiin, les bords en sont inhabités jusqu’à Temdaouzgez, où il entre dans le territoire des Aït Ạmer et se jette dans l’Ouad Azgemerzi.

Distances : de Kerkda à Aït Mesri 1 heure 1/2.

D’Aït Mesri à Atres 3 heures.

D’Atres à Tiouiin 1 heure 1/2.

De Tiouiin à Temdaouzgez 8 heures.

OUAD TIMJIJT. — Il prend sa source dans le désert de Tasṛirt. En sortant de là, il entre dans la plaine des Zenâga, où il arrose d’abord les villages suivants, qui font partie de leur territoire :

Igjgan, Tilsekht, Itkhisen, El Ạïn Aït Ḥamed, Zaouïa Sidi El Ḥoseïn.

Puis il passe sur les terres des Aït Ạmer, où il arrose successivement :

Zaouïa Sidi Ạbd Allah ou Mḥind, El Ạïn Igourramen, Aït Ạli ou Ious, Agdal, Aït ou Ansera, Aït Allioun, Tizi, Asersa, Talmodat.

Enfin il se jette dans l’Ouad Azgemerzi.

Les quatre villages d’Aït Ạli ou Ious, Agdal, Aït ou Ansera, Aït Allioun, sont compris sous la dénomination collective de Timjijt.

Distances : de Taloust à Aït Allioun 2 heures.

D’Aït Ạli ou Ious à Igjgan 4 heures.

=REMARQUES SUR LES TRIBUS.= — Les deux principales tribus du bassin de l’Ouad Azgemerzi sont les Aït Ạmer et les Zenâga.

AIT AMER. — Leur territoire comprend uniquement des villages que nous avons énumérés plus haut. Parmi eux se remarque une zaouïa fort influente dans la contrée, celle de Sidi Ạbd Allah ou Mḥind. Le chef actuel en est Sidi Ḥamed ou Ạbd er Raḥman, descendant du saint. Il possède, outre le village de la zaouïa, celui d’El Ạïn Igourramen.

ZENAGA. — Cette tribu se compose des villages mentionnés sur les ouads Azgemerzi, Tiouiin, Timjijt, et d’un certain nombre d’autres situés entre ces cours d’eau. Ceux-ci sont la plupart sur de petits affluents des trois rivières principales, ou sur des canaux qui en dérivent. Tous se trouvent dans la grande plaine des Zenâga. Les principaux d’entre eux sont :

Azdif, Taleouin (entre Azdif et Aït Mesri), Ougins (à 3 heures d’Azdif), Toudma (à 4 heures d’Ougins), Aït Ersal (à 3 heures de Toudma, sur un ruisseau tributaire de l’Ouad Azgemerzi), Bettal (à 1 heure et demie d’Aït Ersal), Aït Khouzoud (à quelque distance de Tazoult), Angalf (à l’ouest de Tazoult).

De ces villages, le plus important est Azdif.

3o =OUAD AIT TIGDI OUCHCHEN.= — Dès le point où il se trouve formé, par la réunion des ouads Tazenakht et Azgemerzi, il entre dans la tribu des Aït Tigdi Ouchchen : il y arrose successivement les villages de :

Assaka, Tafounent, Tislit Aït Tigdi Ouchchen, El Bordj[113].

Puis il sort de cette tribu : un peu plus loin il arrose Tagentout.

Au delà, on ne trouve plus qu’un seul point habité sur son cours : c’est Fint, village isolé, reconnaissant la suzeraineté du qaïd de l’Ouarzazât. A Fint, les palmiers reparaissent.

=AFFLUENTS.= — L’Ouad Aït Tigdi Ouchchen a deux affluents principaux ; il les reçoit l’un et l’autre sur sa rive gauche ; ce sont : l’Ouad Aït Semgan, s’y jetant à Tislit ; l’Ouad Iṛels, s’y jetant à Fint.

OUAD AIT SEMGAN. — Il prend sa source au Siroua ; il s’engage d’abord dans le district des Aït Semgan, où il arrose successivement les villages de Aït Iṛmor, Idrar, Aït Tigga.

De là il passe dans celui de Tammasin, où il baigne : Tinzalin, Ḥelouqt, Tislit Tammasin.

Au-dessous de Tislit, il entre dans le désert d’Iseldeï, où il reste jusqu’à son confluent avec l’Ouad Aït Tigdi Ouchchen.

Distances : les 3 villages des Aït Semgan sont groupés au pied même du Siroua.

Des Aït Semgan à Tinzalin 4 heures.

De Tinzalin à Ḥelouqt 1 heure.

De Ḥelouq à Tislit Tammasin 3 heures.

De Tislit Tammasin à Tislit Aït Tigdi Ouchchen 6 heures.

AFFLUENTS. — L’Ouad Aït Semgan a deux affluents : l’Ouad Bachkoum, se jetant sur sa rive droite à Ḥelouqt, et l’Ouad Asdṛem, se jetant sur sa rive gauche à Tislit Tammasin.

=Ouad Bachkoum.= — Il prend sa source dans le Khela Bachkoum et se jette dans l’Ouad Aït Semgan sans avoir arrosé un seul lieu habité. Il reste tout le long de son cours dans le désert.

Distance : de Ḥelouqt au Khela Bachkoum 4 heures

=Ouad Asdrem.= — Il prend sa source dans le désert d’Asdṛem ; il arrose successivement les villages suivants, du district de Tammasin : Tamaziṛt, Tamellakout, Ez Zaouïa, Aït Mekraz, Enzel.

De là il se jette à Tislit dans l’Ouad Aït Semgan.

Distances : du Khela Asdṛem à Tamaziṛt 1 heure.

De Tamaziṛt à Tislit Tammasin 3 heures.

OUAD IRELS. — Il prend sa source sur le territoire des Ikhzama, dans les montagnes qui forment le flanc droit de l’Ouad Iriri. De là il entre dans le désert de Tazga Asdṛem, situé au nord de celui d’Asdṛem. Après l’avoir traversé, il passe dans le district de Tammasin, où il arrose le village de Indiout.

De là il rentre dans le désert, où il reste jusqu’au groupe isolé d’Iṛels ; il en arrose les deux qçars : Iṛels et Tamaïoust.

Puis il coule de nouveau dans le désert ; il y demeure jusqu’à Fint, où il se jette dans l’Ouad Aït Tigdi Ouchchen.

A Iṛels commencent les dattiers : il n’y en a point dans le district de Tammasin. Celui-ci se compose exclusivement des villages mentionnés sur une partie des cours des ouads Aït Semgan, Asdṛem et Iṛels ; il reconnaît l’autorité du Zanifi.

Distances : de la frontière des Ikhzama à Indiout 3 heures 1/2.

D’Indiout à Iṛels 1/2 jour.

D’Iṛels à Fint 1 heure 1/2.

=III. — Itinéraires.=

1o _DE L’OUAD IOUNIL A L’ASIF MARREN_. — Un chemin conduit de Zaouïa Bou Felfoul à Tabougoumt (Telouet).

Distance : 2 heures de marche dans le désert.

2o _DU TELOUET A TIKIRT_. — On peut faire ce trajet en descendant le cours de l’Asif Marṛen : ce chemin est un peu plus court que celui de l’Ouad Iounil ; mais les déserts qu’il traverse le rendent plus dangereux : aussi est-il beaucoup moins fréquenté.

3o _DE TAZENAKHT AUX AIT MARLIF_. — Le chemin est le suivant :

De Tazenakht au Tammasin 8 heures.

Du Tammasin à Tesakoust (Ouad Iriri) 5 heures.

De Tesakoust à Tourtit 1/2 heure.

De Tourtit à Tagdourt n Touda (Aït Marlif) 1 heure 1/2.

4o _DE TIKIRT A TAZENAKHT_. — Au départ de Tikirt, on s’engage dans le désert de Tilziṛ. On y reste jusqu’à :

Tilziṛ (qçar isolé) 1 heure.

De là on rentre dans le désert, où on demeure jusqu’à :

Tisili (qçar isolé) 2 heures.

On y reste de nouveau jusqu’à :

Tislit Tammasin 3 heures.

De là on passe dans le désert de Bachkoum, puis dans celui de Tala qui lui fait suite : une source d’eau vive sert de borne entre eux.

On aboutit à : Adreg (sur l’Ouad Tazenakht).

Distance : de Tislit Tammasin à Tazenakht 1 jour.

5o _DE TIKIRT AU MEZGITA_. — Il y a trois chemins principaux :

A. — En quittant Tikirt, on descend le cours de l’Ouad Idermi jusqu’à l’extrémité sud du Ouarzazât. A Ṛalil, on s’en écarte un peu et on le longe dès lors à quelque distance, dans le désert de Taria. On y marche durant toute une journée : au bout de ce temps, on arrive à l’Ouad Dra, aux villages d’Afella n Dra.

C’est le nom d’une subdivision du Mezgîṭa.

B. — En quittant Tikirt, on descend le cours de l’Ouad Idermi jusqu’à Tenmasla (Ouarzazât). Là on le quitte et, sans rencontrer aucun lieu habité, on traverse successivement trois déserts, ceux d’Iṛir el Ḥadj, d’Ạïn n Zeggert et d’Izezgir. Puis on arrive à Aït Saoun (village isolé, allié au Mezgîṭa. Les dattiers n’y apparaissent pas encore).

De la on traverse l’un après l’autre deux déserts, ceux d’Irf n Isli et d’Ouaourmest : au bout de celui-ci, on trouve le Mezgîṭa, où on débouche à Agdz.

Distances : de Tenmasla à Aït Saoun 1 jour.

D’Aït Saoun à Agdz 2 heures.

C. — De Tikirt à Tagenzalt. Là on s’engage dans le Khela Tifernin, où l’on marche durant une journée entière. Au bout de ce temps on arrive à Aït Semgan (qçar unique de 400 familles ; il est isolé ; il n’a aucun rapport avec la tribu qui habite l’Ouad Aït Semgan. Beaucoup de dattiers).

De là on passe successivement par : Tesaouant (des Aït Ḥammou), Zaouïa Ouzdiin, Iouriken (groupe de deux villages appelés chacun Ourika, situés l’un sur l’Ouad Tamtsift, l’autre à quelque distance de cette rivière, dans les collines formant le flanc gauche de sa vallée).

Enfin on parvient à l’Ouad Dra à Agdz (Mezgîṭa).

Distance : d’Aït Semgan à Iouriken 1/2 jour.

6o _DE TAZENAKHT AU MEZGITA_. — Au sortir de Tazenakht, on entre dans le Khela Isidan ; désert pierreux ; pas de rivières : il fait partie du territoire du Zanifi. On y marche durant un jour. Puis on parvient au qçar de Tarokht (sur l’Ouad Tamtsift ; zaouïa ; dattiers).

On suit le cours de l’Ouad Tamtsift : on arrive à :

Tasla Aït Brahim (dattiers) 1 heure.

Jusque-là on est resté sur le territoire du Zanifi : on le quitte ici ainsi que l’Ouad Tamtsift. On atteint :

Aït Semgan (qçar isolé ; dattiers) 1 heure.

Puis on revient à l’Ouad Tamtsift, qu’on retrouve au qçar de Tesaouant (appartenant aux Aït Ḥammou, fraction des Oulad Iaḥia).

De là on suit l’Ouad Tamtsift jusqu’à son confluent avec le Dra, entre Agdz et Ouriz (Mezgîṭa). On passe, chemin faisant, par deux points habités, Ida ou Genad et Ourika. En dehors de la route, à 2 ou 3 heures au sud d’Ida ou Genad, se trouve, dans la montagne, le grand qçar d’El Feggara : il appartient aux Oulad Iaḥia.

7o _DE TAZENAKHT A TISINT_. — Il y a trois chemins entre ces deux points :

Le premier, à l’est, franchissant le Petit Atlas au Tizi Agni ;

Le second, à l’ouest, le franchissant au Tizi n Haroun ;

Le troisième, entre les deux précédents, le franchissant au Tizi n Baroukh.

2o. — BASSIN MOYEN DU DRA.

La réunion des ouads Dâdes et Idermi au Kheneg Tarea forme le fleuve connu sous le nom d’Ouad Dra. Le cours en est d’abord resserré entre les flancs du Petit Atlas qu’il traverse ; puis la vallée s’élargit ; au-dessous de Tamegrout, il perce une dernière chaîne de montagnes, le Bani ; ensuite il entre en plaine. Jusqu’au Bani, la direction du Dra est du nord-ouest au sud-est. Au delà elle paraît être de l’E.-N.-E à l’O.-S.-O. Du Kheneg Tarea au Bani, les bords du fleuve sont, sans interruption, couverts de palmiers et de qçars. Ils sont divisés en plusieurs districts, chacun uniquement composé des rives de l’ouad ; ce sont : le Mezgîṭa, l’Aït Seddrât, l’Aït Zeri, le Tinzoulin, le Ternata, le Fezouata. Au delà du Bani les bords du Dra se garnissent encore à deux reprises de dattiers et d’habitations : il s’y forme ainsi deux derniers districts, le Qtaoua et El Mḥamid, semblables aux précédents, mais séparés d’eux et isolés l’un de l’autre par de courts déserts. Au delà d’El Mḥamid, l’Ouad Dra est désert jusqu’à son embouchure dans l’Océan. C’est dans cette vaste portion inhabitée de son cours qu’il traverse le Debạïa et forme les mạders dont nous parlerons plus bas. L’ensemble des parties peuplées de ses rives, composé des huit districts énumérés ci-dessus, porte le nom de _Blad Dra_ ou _Dra_. C’est de cette région que nous allons nous occuper.

Dans le Mezgîṭa, l’Ouad Dra coule en une vallée étroite, de 1500 mètres de largeur moyenne, encaissée entre deux flancs élevés et rocheux. Dans l’Aït Seddrât, l’Aït Zeri et le Tinzoulin, la vallée est la même qu’au Mezgîṭa : elle demeure ainsi jusqu’à El Douirat (Ternata). A partir de là, elle s’élargit : le flanc droit reste contre le fleuve ; mais le flanc gauche s’en écarte beaucoup. De Beni Zouli à Mançouria, il y a entre les deux flancs la distance de Tamnougalt à Tesaouant. Les qçars et les cultures sont toujours uniquement au bord de l’ouad : dans la vallée ainsi élargie, le désert seul règne entre le fleuve et le flanc gauche. Dans tout le Dra il en est de même : l’ouad au milieu ; dans son lit, cultures et palmiers, ainsi que sur ses rives ; en dehors des plantations, à leur lisière, les qçars ; au delà, le désert. Au-dessous de Mançouria, la vallée s’étend encore : le flanc droit s’éloigne à son tour. A Tamegrout, les deux flancs sont fort loin, à une demi-journée de marche chacun. Après Tamegrout, le fleuve entre dans un désert appelé El Kheneg : il y a ses rives incultes et inhabitées, pour la première fois depuis sa naissance : point de qçars, point de cultures, point de palmiers, même dans son lit. Ce désert a une longueur double de la distance de Tamnougalt à Ourika. Il est borné au sud par le Bani, que le Dra traverse par un passage étroit, Foum Taqqat. Au-dessous du Bani, le fleuve entre en plaine et y reste jusqu’au Debạïa : plus de montagne en vue, ni à l’est, ni à l’ouest, ni au sud.

Nous avons décrit le Mezgîṭa au cours de notre voyage : tout le Dra a le même aspect enchanteur : partout même fraîcheur, même abondance d’eau, même végétation luxuriante. Cependant il n’y existe pas de lieu où l’eau ne tarisse jamais dans le fleuve : certains étés, des parties de son lit se dessèchent ; mais les années où cela arrive sont rares, et, même alors, les canaux qui servent à l’alimentation et à l’arrosage ne cessent pas de couler à pleins bords. Dans le Dra, les inondations sont plus fréquentes que les sécheresses : il n’est pas rare de voir, en hiver, le fleuve envahir toute la vallée et venir battre les murailles des qçars. L’eau de l’Ouad Dra, quoiqu’un peu jaune, est agréable à boire. Parmi les arbres innombrables qui ombragent le cours du fleuve, partout les dattiers dominent : ils sont, du Kheneg Tarea à Tamegrout, des espèces suivantes : bou feggouç, bou sekri, djihel, bou souaïr, timikelt (qualité inférieure) ; au sud de Tamegrout, il n’y a plus que des djihels avec quelques bou feggouç. Dans tout le Dra, on trouve aussi bon nombre de takkaïouts, sortes de grands tamarix dont on se sert pour donner la couleur rouge aux peaux : ils forment une des fortunes du pays : les peaux du Dra sont, avec celles du Tafilelt, les plus renommées du Maroc. Nous avons vu qu’à Tamnougalt il y avait une grande quantité d’arbres fruitiers, figuiers, grenadiers, pêchers, vigne, etc. ; ils sont très nombreux entre Tamnougalt et Akhellouf. En dehors de ce tronçon, il n’y a guère que des dattiers. Dans tout le pays de Dra, les abeilles sont nombreuses et le miel abonde.

La population du Dra est mêlée. Celle du Mezgîṭa est formée de Draoua ; celle de l’Aït Seddrât, de Draoua et d’Aït Seddrât ; celle de l’Aït Zeri, d’Oulad Iaḥia ; celle du Tinzoulin, de Draoua ; celle du Ternata, de Draoua, de Roḥa, d’Oulad Iaḥia, les Roḥa dominant, les Oulad Iaḥia étant en minorité ; celle du Fezouata, du Qtaoua, d’El Mḥamid, de Draoua, sous la domination des Aït Atta. Les Aït Seddrât, les Oulad Iaḥia, les Roḥa, sont des tribus séparées dont nous avons déjà eu occasion de parler ou dont nous parlerons plus tard. Les Aït Atta sont une fraction de la tribu des Berâber. Quant aux Draoua, ce sont ceux qu’ailleurs on appelle Ḥaraṭîn. Ici, Draoui et Ḥarṭâni sont synonymes. Les Draoua forment la partie de beaucoup la plus grande de la population du Dra ; ils passent pour les représentants de la race primitive du pays. Ils ne parlent que le tamaziṛt, peu d’entre eux savent l’arabe ; on les dit bonnes gens, mais lâches et mous de caractère. Dans le Mezgîṭa seul, ils ont gardé leur indépendance ; partout ailleurs ils sont tributaires.

=I. — Mezgîta.=

Le Mezgîta est un district qui comprend les rives de l’Ouad Dra, depuis le point où elles commencent à être habitées, au sud du Kheneg Tarea, jusqu’au district de l’Aït Seddrât. Il se compose, en descendant la vallée, des qçars suivants :

RIVE DROITE :

Tizgi } 50 fusils. } Incheï. } Ras Dra. 80 } Taṛrout. } 40

Rebaṭ. 200

Zaouïa Griourin (Zaouïa Sidi Bou Bekr, 100 appelée aussi Zaouïa Aït Ben Nacer, dépendant de celle de Tamegrout).

Tarmast. 50

Asellim Agdz. 200

Agdz. 200