Part 12
Télet (environ 1520 mètres d’altitude), petit village construit sur un plateau étroit à la base du Djebel Groumbt-el-Dib, nous sert de halte pour nous préparer à l’ascension des Djebel Groumbt-el-Dib et Mahmel. Sur la pente pierreuse au-dessus du village se voient de nombreuses touffes de _Berberis vulgaris_ var. _australis_, _Genista cinerea_, _Cratægus monogyna_, etc. Quelques champs d’Orge, à épis à peine développés (6 juin), occupent la partie inférieure d’un plateau qui s’étend au pied du Djebel Groumbt-el-Dib, et du pic élevé qui termine à l’est le Djebel Mahmel. La partie la plus élevée du plateau où sont dressées nos tentes (environ 2,020 mètres d’altitude), à la base méridionale du pic du Djebel Mahmel, n’offre que quelques pâturages broutés par les troupeaux du douar qui nous donne l’hospitalité. — A sept heures du soir (7 juin), le baromètre marquait 597 millimètres, le thermomètre 12 degrés ; le ciel commençait à se couvrir de nuages de poussière soulevés par le siroco. Quelques heures après, une pluie abondante amenait un tel refroidissement de l’atmosphère, que le thermomètre descendait pendant la nuit à + 4°. Cette pluie continua pendant toute la nuit pour ne cesser que le lendemain matin vers neuf heures. Le baromètre, qui, à huit heures du matin, marquait seulement 594 millimètres, était remonté à 597, chiffre que nous avions observe la veille, et une température de 14°,5 vint enfin nous faire oublier la sensation désagréable que nous avaient fait éprouver la pluie et le froid, alors que nous étions déjà parfaitement habitués à la température saharienne, qui, cinq jours auparavant, sous l’influence énergique du vent du sud, s’était élevée à Biskra jusqu’à 48 degrés. La crainte du retour de la pluie nous détermine à remplacer l’abri imparfait que nous avait prêté la tente du douar par celui plus sûr que nous offrait l’une des nombreuses grottes naturelles, creusées dans les massifs de rochers qui bordent la pente sud du plateau où nous étions établis, et qui servent d’abri aux troupeaux pendant la nuit ; nous devons donc faire déloger les moutons pour y installer notre domicile et notre bagage botanique. — Une grande partie du plateau est occupé par des touffes de _Sarothamnus purgans_ et de _Buplevrum spinosum_, entre lesquelles croissent les : _Carex hordeistichos_, _Erodium cicutarium_, _Medicago Cupaniana_, _Scleranthus annuus_ var., _Carduus macrocephalus_, _Paronychia Aurasiaca_, _Asphodeline lutea_, _Othonna cheirifolia_ ; de larges espaces sont couverts de _Plantago Coronopus_ et d’_Evax Heldreichii_, dont les rosettes sont appliquées sur le sol.
La pente sud par laquelle nous faisons l’ascension du pic du Mahmel, entièrement déboisée et composée de rochers et de pierres éboulées, ne présente que quelques touffes espacées de _Sarothamnus purgans_ et de _Buplevrum spinosum_ ; le _Draba Hispanica_ commence aussi à y paraître à peu de distance du plateau. Sur cette pente croissent la plupart des plantes des pâturages de la région, et dans sa partie supérieure nous retrouvons presque la même végétation que nous avait déjà offerte le Djebel Tougour. — Un plateau rocailleux, étroit, étendu de l’est à l’ouest, constitue le sommet du pic (2,306 mètres d’altitude) qui, au nord-est, termine la chaîne du Djebel Mahmel et celle du Djebel Groumbt-el-Dib. Les plantes de cette sommité sont encore en grande partie celles de la pente sud. La pente nord, également pierreuse, est coupée de nombreux massifs de rochers. A environ 50 mètres au-dessous du sommet, de larges cavités, creusées dans les rochers ou circonscrites par eux, sont remplies d’une épaisse couche de neige, malgré la saison déjà avancée (7 juin) ; ces trous à neige, qui se rencontrent sur une assez grande étendue de l’est à l’ouest, ne nous ont pas paru descendre très bas sur la pente. Dans les points que la neige a abandonnés, et où les plantes sont encore étiolées par leur long séjour sous l’épaisse couche de neige qui vient seulement de disparaître, et quelquefois sur la neige elle-même, nous voyons fuir devant nous des essaims de sauterelles tellement nombreux, que de larges espaces en sont entièrement couverts. La voracité de ces insectes est telle qu’un bien petit nombre de plantes ont été respectées (_Evax Heldreichii_, _Gagea polymorpha_, _Muscari racemosum_, _Arabis ciliata_). Les pâturages de ce versant ne consistent guère que dans quelques espèces dont il ne reste que des vestiges, et dans l’intervalle desquelles le sol est couvert de _Plantago Coronopus_ et d’un gazon d’un blanc éclatant d’_Evax Heldreichii_. — La pente nord est entièrement déboisée ; quelques arbres n’apparaissent qu’à sa partie inférieure, dans les ravins qui descendent vers la vallée de Bouzina, et qu’il ne nous a pas été donné de pouvoir explorer.
Un col assez profond (Teniat-Mahmel) sépare le pic, extrémité du Djebel Mahmel de la chaîne du Djebel Groumbt-el-Dib. Le point le plus élevé de cette dernière montagne, dans le voisinage du col, égale au moins en altitude le sommet du pic du Djebel Mahmel, et présente une crête de rochers qui sépare la pente nord de la pente sud. Dans les anfractuosités et les fentes de ces rochers croissent de nombreuses touffes de l’_Erodium trichomanæfolium_, dont les gazons tapissent de larges espaces presque à l’exclusion de toute autre végétation, et ce point est jusqu’ici l’unique station de la plante en Algérie. Sur la pente nord, immédiatement au-dessous de la crête de rochers, dans un terrain calcaire, meuble et pierreux, nous rencontrons le _Papaver Rhœas_ mêlé à un grand nombre d’espèces parisiennes, que nous avions déjà observées sur la sommité du Djebel Mahmel. — La pente sud de la montagne, tout à fait analogue au versant correspondant par lequel nous avons fait l’ascension du Djebel Mahmel, ne nous offre guère que les mêmes espèces.
En quittant le plateau élevé situé à la base du pic du Djebel Mahmel, nous traversons des bois qui s’étendent depuis la grotte où nous avons campé (environ 1,850 mètres d’altitude) jusqu’à la vallée de l’Oued Abdi ; ces bois sont composés presque exclusivement de _Quercus Ilex_ et de _Juniperus Oxycedrus_ ; nous y retrouvons également le _Fraxinus dimorpha_.
La partie supérieure de la vallée de l’Oued Abdi (Fedj-Geurza), dans le voisinage des sources de la rivière, est occupée par quelques douars et de belles moissons de Blé et d’Orge qui ne sont pas encore (8 juin) parvenues à maturité. — Les pâturages du fond de la vallée, où dominent les Graminées, sont beaucoup plus riches que ceux des plateaux que nous venons de quitter, et nous y recueillons plusieurs espèces intéressantes, entre autres les _Triticum hordeaceum_, _Avena macrostachya_, _Catananche montana_, espèces nouvelles pour la science.
_Liste des plantes observées sur les Djebel Mahmel et Groumbt-el-Dib et dans la vallée de Fedj-Geurza_[31].
=Renonculacées.=
CERATOCEPHALUS falcatus Pers. — Fedj. (Eur.).
*RANUNCULUS rectirostris Coss. et DR. — Ch. inf.
demissus DC. ? — M. s. (Hisp. Or.).
arvensis L. — Ch. inf. et sup. Fedj. (Eur. Or.).
*macrophyllus Desf. — Fedj.
=Berbéridées.=
BERBERIS vulgaris L. _var._ australis Boiss. — Tl. sup. (Hisp. Cors. Sard. Sic. Or.).
=Papavéracées.=
PAPAVER hybridum L. — Ch. inf. (Eur. Or. Can.).
Rhœas L. — Ch. inf. G. somm. (Eur. As. Can.).
RŒMERIA hybrida DC. — Ch. inf. (Med. Tauri. Æg. Arab.).
HYPECOUM pendulum L. — Ch. inf. (Eur. austr. occ. Tun. Arab.).
=Crucifères.=
MATTHIOLA tristis R. Br. — Tl. (Hisp. Gall. austr. It. Græc.).
NASTURTIUM officinale R. Br. — Ch. inf. (Eur. As.).
asperum Coss. (Sisymbrium asperum L.). — Plat. (Eur. occ.).
ARABIS auriculata Lmk. — M. s. M. somm. G. somm. (Eur. centr. austr. Tauri.).
ciliata R. Br. — M. n. (Eur.).
ALYSSUM Atlanticum Desf. — M. somm. M. n. (Hisp. Cret.).
serpyllifolium Desf. — M. somm. (Hisp.).
Granatense Boiss. et Reut. — M. s. M. somm. (Hisp.).
*scutigerum DR. — Ch. inf.
DRABA Hispanica Boiss. — M. s. M. somm. M. n. (Hisp. austr.).
THLASPI perfoliatum L. — M. s. M. n. G. s. G. somm. (Eur. Tauri. Æg. Pers.).
HUTCHINSIA petræa R. Br. — M. somm. (Eur. centr. austr.).
SISYMBRIUM crassifolium Cav. — Ch. inf. Fedj. (Hisp.).
ERYSIMUM australe J. Gay. _var._ (E. longifolium Guss.). — Ch. inf. M. s. M. somm. M. n. G. s. (Gall. It.).
strictum Fl. Wett. _var._ micranthum J. Gay. — Tl. sup. (Hisp. Cauc.).
Orientale R. Br. — Ch. inf. (Eur. As. Jap.).
CAMELINA sativa Cr. _var._ pubescens. — Ch. inf. sup. (Eur.).
NESLIA paniculata Desv. — Ch. inf. Fedj. (Eur.).
ÆTHIONEMA saxatile R. Br. — M. s. (Eur. centr. austr. Or.).
BRASSICA Gravinæ Ten. — M. s. G. s. (Tun. It. Sic.).
SINAPIS pubescens L. — G. s. M. s. (Hisp. Sic.).
ERUCA sativa Lmk. — Ch. inf. (Eur. centr. austr. Or.).
RAPISTRUM Linnæanum Boiss. et Reut. — Ch. inf. (Hisp. Gall.).
=Cistinées.=
HELIANTHEMUM rubellum Presl. — Fedj. (Hisp. Sic.).
glaucum Pers. _var._ croceum. — M. s. M. n. G. s. (Hisp. Sard. It. Sic.).
=Violariées.=
VIOLA gracilis Sibth. et Sm. — M. n. (It. Sic. Or.).
=Résédacées.=
RESEDA alba L. — Ch. inf. (Med. Or.).
=Caryophyllées.=
SILENE Italica DC. _var._ — Ch. inf. (Eur. austr.).
HOLOSTEUM umbellatum L. — M. s. M. somm. M. n. G. somm. (Eur.).
ARENARIA serpyllifolia L. — M. s. M. somm. (Eur. Sib.).
ALSINE setacea Mert. et Koch _var._ pubescens Fenzl. — Tl. sup. Plat. M. n. G. s. (Or.).
CERASTIUM dichotomum L. — Ch. inf. Tl. sup. Fedj. (Hisp.).
*glomeratum Thuill. — Fedj. (Eur.).
brachypetalum Desp. — M. somm. G. somm. (Gall. Germ.).
*Atlanticum DR. — Fedj.
=Malvacées.=
MALOPE stipulacea Cav. — Ch. inf. et sup. M. n. G. s. Fedj. (Hisp. austr.).
=Géraniacées.=
GERANIUM dissectum L. — Fedj. (Eur. Or. Can.).
ERODIUM trichomanæfolium L’Hérit. — G. somm. (Hisp. Syr.).
cicutarium L’Hérit. — Plat. G. s. (Eur. Or.).
*montanum Coss. et DR. — M. s. (Tun.).
=Rhamnées.=
RHAMNUS Alaternus L. _var._ prostrata Boiss. — G. s. (Eur. austr.).
Alpinus L. — G. n. (Eur.).
=Légumineuses.=
SAROTHAMNUS purgans Gren. et Godr. (Genista purgans L.). — Plat. M. s. M. somm. M. n. G. s. G. somm. Fedj. (Gall. centr.).
GENISTA cinerea DC. — Tl. sup. (Hisp. Gall. It.).
ARGYROLOBIUM Linnæanum Walp. — Tl. sup. (Med.).
ONONIS Cenisia L. — Tl. sup. M. n. (Eur. austr. occ.).
Columnæ All. — Tl. sup. (Eur. centr. austr.).
ANTHYLLIS erinacea L. — Tl. sup. Fedj. (Hisp.).
*Numidica Coss. et DR. — Tl. sup. Fedj.
*MEDICAGO secundiflora DR. — Fedj. (Tun.).
Cupaniana Guss. — Ch. sup. Plat. M. s. (It.).
sativa L. — Ch. inf. (Hisp. Or.).
orbicularis Willd. — Fedj. (Med. Eur. occ.).
muricata Benth — Fedj. (Med. occ.).
TRIGONELLA Monspeliaca L. — Fedj. (Tun. Eur. austr. Or.).
polycerata L. — Fedj. (Gall. austr. Hisp. Tauri.).
MELILOTUS sulcata Desf. — Fedj. (Tun. Med. Æg.).
*TRIFOLIUM sphærocephalum Desf. — Fedj.
glomeratum L. — Fedj. (Eur. centr. occ. Can.).
repens L. — Fedj. (Eur. Sib.).
campestre Schreb. — Fedj. (Eur. Or.).
LOTUS corniculatus L. — Fedj. (Eur. Or.).
TETRAGONOLOBUS siliquosus Roth. — Tl. sup. (Eur.).
ASTRAGALUS Glaux L. — G. n. (Hisp.). sesameus L. — Fedj. (Med. Or.).
*geniculatus Desf. — Ch. inf.
Monspessulanus L. — Fedj. (Eur. austr. centr. Or.).
ARTHROLOBIUM scorpioides DC. — Ch. inf. (Med. Or.).
HIPPOCREPIS scabra DC. — Fedj. (Hisp.).
unisiliquosa L. — Ch. inf. (Med.).
ONOBRYCHIS argentea Boiss. _var._ — Fedj. (Hisp.).
VICIA glauca Presl. — M. s. (Sard. Sic.).
sativa L. — M. s. (Eur.).
=Rosacées.=
PRUNUS prostrata Labill. — M. s. M. n. G. s. (Med. austr.).
ROSA canina L. _var._ collina. — Fedj. cot. (Eur. As.).
CRATÆGUS monogyna Jacq. _var._ hirsuta Boiss. — Ch. inf. Tl. sup. (Hisp. Sic.).
=Paronychiées.=
HERNIARIA hebecarpa J. Gay. — Fedj. (Sic. Syr. Abyss.).
PARONYCHIA serpyllifolia DC. — M. s. M. n. (Eur. austr.).
*Aurasiaca Webb. — Plat. M. s. M. n. G. s. G. n. Fedj.
POLYCARPON Bivonæ J. Gay. — Ch. inf. M. s. Fedj. (Tun. Sic.).
SCLERANTHUS annuus L. _var._ (S. polycarpus DC.). — Plat. Fedj. (Eur. centr. austr.).
MINUARTIA campestris Lœfl. — Fedj. (Hisp.).
=Crassulacées.=
SEDUM album L. _var._ — G. s. (Tun. Eur.).
Nevadense Coss. — Plat. (Hisp.).
acre L. — M. s. M. n. (Eur.).
=Saxifragées.=
SAXIFRAGA tridactylites L. — M. somm. (Eur. Or.).
Carpetana Boiss. et Reut. — M. somm. M. n. (Hisp.).
=Ombellifères.=
ERYNGIUM campestre L. — Fedj. (Tun. Eur. centr. austr.).
*CARUM Mauritanicum Boiss. et Reut. — Ch. sup. Fedj. (Tun.).
BUPLEVRUM spinosum L. f. — Tl. sup. Plat. M. s. M. n. G. s. Fedj. (Hisp.).
SESELI montanum L. _var._ nanum (Gaya Pyrenaica Gaud.). — M. n. G. n. Fedj. (Pyr. Hisp.).
CAUCALIS leptophylla L. — Ch. inf. (Eur. austr. Or.).
daucoides L. — Ch. inf. (Eur. centr. austr. Or.).
TURGENIA latifolia Hoffm. — Ch. inf. (Eur. centr. austr.).
=Rubiacées.=
ASPERULA arvensis L. — Ch. inf. (Eur. centr. austr. Or.).
GALIUM tricorne With. — Ch. inf. (Tun. Eur. centr. austr.).
Parisiense L. _var._ trichocarpum Tausch. — Fedj. (Tun. Med.).
=Valérianées.=
VALERIANELLA carinata Lois. — M. s. G. s. G. somm. (Eur.).
VALERIANA tuberosa L. — M. somm. M. n. G. somm. (Med. Or.).
=Dipsacées.=
SCABIOSA crenata Cyr. _var._ breviseta. — Plat. Fedj. (It. Sic. Græc.).
=Composées= (Cynarocéphales).
*OTHONNA cheirifolia L. — Tl. sup. Plat. M. s. M. n. G. s. Fedj. (Tun.).
XERANTHEMUM inapertum Willd. — M. s. G. n. Fedj. (Eur. centr. austr. Or.).
*CENTAUREA acaulis L. — Fedj. (Tun.).
Parlatoris Heldr. — Fedj. (Sic. Græc.).
Calcitrapa L. — Ch. sup. (Eur. Or.).
*CARDUNCELLUS calvus Boiss. et Reut. — Ch. inf.
*Atlanticus Coss. et DR. — Ch. inf.
pinnatus DC. — Tl. sup. M. s. M. somm. G. s. Fedj. (Sic.).
ONOPORDON macracanthum Schousb. — Tl. sup. (Mar. Hisp.).
CARDUUS macrocephalus Desf. — Tl. sup. Plat. M. s. G. n. Fedj. (Tauri.).
pycnocephalus L. — G. s. (Eur. austr. Or.).
PICNOMON Acarna Cass. — Tl. sup. Fedj. (Eur. austr. Or.).
JURINÆA humilis DC. _var._ Bocconi. — M. somm. M. n. G. n. Fedj. (Med. occ.).
=Composées= (Corymbifères).
BELLIS sylvestris Cyr. — M. s. G. somm. (Med. Or.).
EVAX Heldreichii Parlat. — Tl. sup. Plat. M. s. M. somm. M. n. G. s. Fedj. (Sic.).
MICROPUS supinus L. — Tl. sup. (Tun. Med. Or.).
bombycinus Lag. — Ch. inf. Tl. sup. Fedj. (Med. Or.).
INULA montana L. — M. somm. Fedj. cot. (Eur. centr. austr. Tauri.).
ANTHEMIS tuberculata Boiss. — M. somm. G. somm. Fedj. (Hisp.).
ANACYCLUS Pyrethrum Cass. — Tl. sup. Fedj. (Arab. Syr.).
SANTOLINA squarrosa Willd. — Tl. sup. Fedj. (Gall. austr. Hisp.).
ARTEMISIA campestris L. — Tl. sup. Fedj. (Eur. Or.).
Herba-alba Asso. — Fedj. (Tun. Hisp. Æg.).
*HELICHRYSUM lacteum Coss. et DR. — M. s. M. somm. M. n. G. n. G. s. Fedj.
*SENECIO giganteus Desf. — Fedj.
Nebrodensis L. — M. s. M. somm. (It. Sic.).
=Composées= (Chicoracées).
SCOLYMUS Hispanicus L. — Ch. inf. (Tun. Eur. occ. austr. Can.).
*CATANANCHE montana Coss. et DR. — Fedj.
SERIOLA lævigata L. — Fedj. cot. (Tun. Sic.).
LEONTODON hispidus L. _var._ — Fedj. (Eur.).
*helminthioides Coss. et DR. — Ch. inf. Tl. sup.
TRAGOPOGON porrifolius L. — Ch. inf. (Gall. occ. Med. Can.).
TARAXACUM obovatum DC. — Fedj. (Med. occ.).
PHŒNIXOPUS vimineus Rchb. — M. s. G. s. (Eur. centr. austr.).
SONCHUS asper L. — Ch. inf. (orbe fere toto).
HIERACIUM Pilosella L. — M. s. G. s. Fedj. (Eur.).
=Primulacées.=
ANDROSACE maxima L. — M. somm. M. n. (Eur. Cauc. Sib.).
ANAGALLIS linifolia L. — Ch. inf. (Tun. Med. occ. austr.).
=Oléacées.=
*FRAXINUS dimorpha Coss. et DR. — Tl. Fedj. cot.
=Convolvulacées.=
CONVOLVULUS lineatus L. — Fedj. (Eur. austr. Or.).
=Borraginées.=
LITHOSPERMUM incrassatum Guss. — M. n. G. n. G. somm. (Tun. Med. Or.).
ALKANNA tinctoria Tausch. — Ch. inf. (Eur. austr. Or.).
ANCHUSA Italica L. — Ch. inf. sup. (Tun. Eur. centr. austr. Or.).
MYOSOTIS stricta Link. — M. somm. (Eur. occ.).
=Scrophularinées.=
LINARIA heterophylla Desf. — M. s. (Sic. Or.).
simplex DC. — M. s. M. somm. G. s. G. n. (Eur. austr. Or.).
reflexa Desf. — M. s. G. s. G. n. (Tun. med. occ. austr.).
*flexuosa Desf. — G. s.
*VERONICA rosea Desf. — Tl. sup. Fedj. (Hisp. ?).
arvensis L. — Fedj. (Eur. As. Am. bor. Can.).
præcox L. — M. s. M. somm. G. somm. (Eur. centr. austr.).
=Labiées.=
*THYMUS ciliatus Benth. _var._ — Ch. inf. et sup. M. s. Fedj.
CALAMINTHA alpina Link. — M. s. G. s. (Eur. centr. austr.).
SALVIA patula Desf. — Tl. sup. Fedj. (Med. austr. Or.).
Verbenaca L. — Fedj. (Tun. Eur. centr. austr. Or.).
MARRUBIUM vulgare L. — Tl. sup. (Eur. Or.).
LAMIUM longiflorum Ten. — G. s. M. s. (Tun. Eur. austr.).
amplexicaule L. — M. s. M. somm. M. n. G. s. Fedj. (Eur. As.).
TEUCRIUM Chamædrys L. — Fedj. (Eur.).
=Plumbaginées.=
ARMERIA longearistata Boiss. et Reut. — M. s. M. somm. G. n. G. somm. (Hisp.).
=Plantaginées.=
PLANTAGO Coronopus L. — Plat. M. n. G. s. G. n. Fedj. (Eur. Can.).
=Daphnoïdées.=
*PASSERINA virescens Coss. et DR. — Fedj.
=Euphorbiacées.=
*EUPHORBIA luteola Coss. et DR. — Tl. sup. Plat. M. s. G. s. Fedj.
=Cupulifères.=
QUERCUS Ilex L. — Fedj. cot. (Gall. occ. Med.).
=Conifères.=
JUNIPERUS Oxycedrus L. — Fedj. cot. (Med. Or.).
Phœnicea L. — Fedj. cot. (Tun. Med. Or.).
EPHEDRA Græca C. A. Mey. (E. Nebrodensis Guss.). — Tl. sup. (Sic. Græc.).
=Iridées.=
GLADIOLUS Ludoviciæ Jan (G. Byzantinus Guss.). — Ch. inf. (Tun. Med. Or.).
ROMULEA Bulbocodium Sebast. et Maur. — M. n. (Eur. occ. austr.).
=Liliacées.=
TULIPA Celsiana Redout. — G. somm. (Gall. austr. Lus. Hisp.).
GAGEA polymorpha Boiss. — M. n. G. s. (Hisp. Lus. Cors. Sic. Græc.).
MUSCARI racemosum Mill. _var._ ? — M. n. (Eur.).
comosum Mill. — Ch. sup. (Eur. centr. austr. Æg. Or.).
ASPHODELINE lutea Rchb. — Plat. M. s. Fedj. (Med. Or. Sib. Cauc.).
=Cypéracées.=
CAREX echinata Desf. — Tl. sup. Plat. (Tun. Med.).
hordeistichos Vill. — Tl. sup. (Gall. Hisp. Germ. It. Cauc.).
distans L. — Tl. sup. (Eur. Cauc. Am. bor.).
=Graminées.=
ALOPECURUS pratensis L. _var._ ventricosus. — Tl. sup. Fedj. (Eur. bor. Ross. Cauc. Sib. Pers. Hisp.).
PHLEUM pratense L. — Fedj. (Eur. Sib. Am. bor.).
PHALARIS truncata Guss. — Ch. inf. Fedj. (It. Sic.).
minor Retz. — Ch. inf. (Tun. Eur. occ. austr. Arab. Can.).
STIPA gigantea Lag. — M. s. (Hisp. It. Sic.).
AMPELODESMOS tenax Link. — Fedj. (Tun. Med. occ. austr.).
ECHINARIA capitata Desf. — Tl. sup. M. s. M. somm. M. n. G. s. G. somm. (Eur. austr. Or.).
AVENA pratensis L. — Fedj. (Eur. Sib.).
*macrostachya Balansa. — G. n.
POA bulbosa L. — M. somm. M. n. (Eur. centr. austr. Or.).
MELICA Cupani Guss. — M. s. (It. Sic.).
KŒLERIA cristata Pers. — Fedj. (Eur. Sib.).
Valesiaca Gaud. — M. somm. Fedj. (Hisp. Gall. Helv.).
WANGENHEIMIA Lima Trin. — Ch. inf. (Hisp.).
DACTYLIS glomerata L. — Fedj. (Eur. As. Am. bor.).
CYNOSURUS elegans Desf. — Fedj. (Eur. austr. Can.).
FESTUCA cynosuroides Desf. — Ch. inf. M. s. M. somm. G. s. G. somm. (Hisp.).
ovina L. _var._ duriuscula. — M. s. M. n. G. s. (Eur. As.).
arundinacea Schreb. — Fedj. (Eur. As.).
BROMUS erectus L. — Fedj. (Tun. Eur. Cauc.).
tectorum L. — Ch. inf. Tl. sup. M. s. Fedj. (Tun. Eur. Cauc. Arab.).
rubens L. — Ch. inf. (Med.).
*TRITICUM hordeaceum Coss. et DR. — G. n. G. somm. Fedj.
HORDEUM bulbosum L. — Fedj. (Med. Or.).
murinum L. — Ch. inf. (Eur. Or. B. sp. Am. austr.).
ELYMUS crinitus Schreb. — Ch. inf. Fedj. (Med.).
ÆGILOPS ovata L. _var._ triaristata. — Fedj. (Tun. Hisp. Gall. austr. It. Or.).
ventricosa Tausch. — Fedj. (Hisp.).
=Fougères.=
ASPLENIUM Ruta-muraria L. — G. s. (Eur. Sib.).
Adianthum-nigrum L. — G. s. (Eur. centr. austr.).
La vallée de l’Oued Abdi que nous allons quitter, l’une des plus riches de l’Aurès, est un curieux sujet d’étude pour le voyageur, car, sur une longueur d’environ 15 lieues, il y voit représentées toutes les zones de végétation de l’Algérie, depuis l’oasis du Sahara jusqu’aux pâturages alpestres. Il ne manque à cette fertile vallée, pour rivaliser avec les contrées les plus favorisées, que les belles forêts de Cèdres qui couvrent d’autres parties des monts Aurès. — Dans la partie inférieure de la vallée, de Branis à Beni-Zouik, le Dattier constitue des oasis, et est la culture dominante ; à Ménah, il n’est déjà plus qu’un ornement au milieu des arbres fruitiers du midi de l’Europe ; à Haïdous, le Noyer et les arbres fruitiers du centre de l’Europe peuplent seuls les vergers ; enfin à Fedj-Geurza se retrouvent seulement encore quelques rares cultures au milieu des pâturages de la région montagneuse. — Les nombreux villages qui occupent les deux revers de la vallée sont construits en terre, il est vrai, mais n’en révèlent pas moins chez leurs habitants un degré de civilisation bien supérieur à celui des tribus nomades qui n’ont que la tente pour tout abri. — La population nombreuse de ces villages laisserait peu de place à la colonisation ; mais il n’est pas douteux que, sous l’influence protectrice de la France, les indigènes ne puissent augmenter encore les richesses d’une contrée déjà fertilisée par leurs travaux et leur industrie. — Il ne faut pas d’ailleurs s’exagérer l’aversion des Kabyles des monts Aurès (_Chaouia_) pour les chrétiens ; nous avons pu avec l’escorte d’un seul spahis parcourir une grande partie du pays, où aucun Européen ne peut pénétrer sans une autorisation spéciale, et cela sans avoir jamais couru l’ombre d’un danger, et en recevant partout l’accueil empressé non-seulement des chefs représentant l’autorité française, mais encore des populations elles-mêmes qui nous témoignaient une curiosité bienveillante, et se faisaient un plaisir de nous fournir des _difa_ souvent onéreuses pour de petites localités, et auxquelles notre appétit européen ne nous permettait, à leur grand regret, de ne faire honneur que d’une manière trop imparfaite. Partout notre tente était dressée avant notre arrivée qui était attendue avec impatience, et la reconnaissance de ces braves gens, pour les légers services médicaux que nous pouvions leur rendre, s’exprimait par des signes non équivoques. A Haïdous, je fus assez heureux pour améliorer rapidement, au moyen de quelques cautérisations, l’ophthalmie grave de la femme d’un paysan de la localité, et la preuve de la confiance du mari en mes connaissances médicales ne se fit pas attendre : le brave homme s’empressa de m’amener son mulet boiteux, espérant que ma science, qui avait pu être de quelque utilité à sa femme, ne serait pas moins efficace pour la guérison de sa bête.
La protection éclairée que l’on accorde actuellement au culte musulman n’est pas un des moyens les moins efficaces de nous rallier des populations qui, pour nous aimer, n’ont besoin que de nous mieux connaître. Le respect de l’influence des marabouts si vénérés de leurs tribus, et la construction de mosquées par les soins de l’administration française, ont plus fait pour empêcher les excès du fanatisme religieux, et prévenir les insurrections, qui prendraient pour drapeau la différence de religion, que toutes les persécutions, qui n’étaient pas loin de l’esprit de ceux qui ont longtemps pensé que l’élément indigène devait être repoussé au delà des limites de notre occupation, sinon entièrement détruit ; car le fanatisme de quelques colons mal inspirés a osé aller jusque-là. — Qu’il me soit permis de citer un fait tout personnel comme preuve de la tolérance religieuse des _Chaouia_ : à Menah, au retour de l’exploration du ravin de l’Oued Bouzina, dans laquelle il nous avait fallu traverser plusieurs fois la rivière, nous étions fort embarrassés pour changer de vêtements, au milieu du nombreux entourage qu’il nous était impossible d’éloigner ; on nous désigna, sans aucune hésitation, comme un lieu fort convenable pour nous soustraire aux regards des curieux, la mosquée de l’endroit construite par un marabout vénéré.