Part 11
Jusqu’à l’oasis de Djemora le pays offre le même aspect de stérilité ; ce sont les mêmes ravins, les mêmes montagnes nues. Quelques champs de Blé dur bien arrosés et d’une riche végétation précèdent l’oasis de Djemora. Cette oasis (environ 340 mètres d’altitude), qui s’étend parallèlement à l’Oued Abdi, est encaissée entre les collines de la rive droite de la rivière et la montagne escarpée qui s’élève sur la rive gauche ; elle renferme avec les petites oasis de Gueddila et d’Ouled-Brahim, qui n’en sont que des dépendances, 60,983 Dattiers et 3,349 arbres fruitiers, soumis à un impôt de 30 centimes par pied. Dans les cultures de Djemora on retrouve en abondance l’_Opuntia_, que nous n’avons vu que rarement dans les oasis des environs de Biskra. De Djemora à Beni-Souik, les alluvions de la rivière sont plantées de Dattiers, ou cultivées en céréales, et les deux oasis se font presque suite. L’oasis de Beni-Souik renferme 13,146 Dattiers et 2,168 arbres fruitiers, qui paient 30 centimes par pied. La pente rapide qui de l’oasis conduit au village, est couverte de champs de céréales disposés en terrasse et abondamment arrosés ; et nous ne pouvons la gravir qu’en suivant les nombreux détours d’une _saguia_ bordée par les murs des cultures ; entre les pierres de ces murs humides croissent en abondance les _Stachys Guyoniana_, _Convolvulus arvensis_, _Hyoscyamus albus_, _Carduus pycnocephalus_ et _Parietaria diffusa_. — Beni-Souik, à environ 510 mètres d’altitude, est construit sur le penchant d’une montagne dont les rochers dominent le village. Les maisons, en terre, à plusieurs étages, sont disposées en amphithéâtre autour d’un étroit plateau qui forme une sorte de place publique, où nous trouvons dressées les tentes de notre campement. Les pentes escarpées des rochers qui s’élèvent au-dessus du village ne nous présentent que quelques rares buissons de _Juniperus Phœnicea_ et des Oliviers rabougris. Nous y rencontrons quelques pieds de l’_Apteranthes Gussoniana_ que les habitants mangent avec avidité, ce qui peut en expliquer la rareté.
Dans les anfractuosités de la pente qui regarde l’Oued Abdi croît le _Fumaria longipes_, que nous n’avions encore recueilli que dans la gorge de Mchounech. Sur les alluvions du ravin profond qui contourne la montagne à laquelle est adossé le village, nous observons les espèces sahariennes suivantes :
Diplotaxis pendula DC.
Cleome Arabica L.
Reseda Aucheri Boiss.
Rhus dioica Willd.
*Anthyllis tragacanthoides Desf.
Asteriscus pygmæus Coss. et DR.
*Atractylis microcephala Coss. et DR.
*Centaurea omphalotricha Coss. et DR.
Dœmia cordata R. Br.
Caroxylon articulatum Moq.-Tand.
Rumex vesicarius L.
Forskalea tenacissima L.
Ces espèces ne s’offriront plus à nous dans la vallée de l’Oued Abdi au-dessus de ce point. Il faut remarquer que les alluvions présentent à la fois des espèces appartenant à la flore saharienne qui y trouvent encore les conditions de chaleur nécessaires à leur développement, et quelques espèces de la région montagneuse inférieure ou de la région des hauts-plateaux qui y ont été amenées par les eaux.
_Liste des plantes observées à Beni-Souik_[28].
Clematis Flammula L. — All. Roch.
Ceratocephalus falcatus Pers. — Roch. sup.
Ranunculus repens L. — Roch.
*Fumaria longipes Coss. et DR. — Roch.
Alyssum maritimum Lmk. — All.
Sisymbrium torulosum Desf. — All.
Sinapis arvensis L. — All.
Diplotaxis pendula DC. — All.
Cleome Arabica L. — All.
Capparis rupestris Sibth. et Sm. — All. Roch.
Helianthemum pilosum Pers. — All.
Reseda Aucheri Boiss. — All.
*Gypsophila compressa Desf. — Roch. sup.
Silene apetala Willd. — All.
Rhodalsine procumbens J. Gay. — All.
Lavatera maritima Gouan. — Roch.
Erodium malachoides Willd. — All.
Peganum Harmala L. — Roch. sup.
Pistacia Atlantica Desf. — All.
Rhus dioica Willd. — All. Roch.
*Genista microcephala Coss. et DR. — Roch. sup.
— cinerea DC. — Roch.
Ononis angustissima Lmk. — All.
*Anthyllis tragacanthoides Desf. — All.
Lotus corniculatus L. — Roch. sup.
Rubus fruticosus L. _var._ discolor. — All.
*Poterium ancistroides Desf. — Roch.
Telephium Imperati L. — Roch. sup.
Herniaria annua Lagasc. — All.
— fruticosa L. — All.
Paronychia nivea DC. — Roch. sup.
Polycarpon tetraphyllum L. f. — All.
— Bivonæ J. Gay. — Roch. sup.
Minuartia montana Lœfl. — Roch. sup.
Umbilicus horizontalis DC. — All. Roch.
Sedum album L. — Roch. sup.
— altissimum Poir. — Roch. sup.
Eryngium triquetrum Vahl. — All.
— ilicifolium Lmk. — All.
Buplevrum semicompositum L. — All.
*Deverra scoparia Coss. et DR. — All. Roch.
Thapsia Garganica L. — All.
Caucalis leptophylla L. — All.
Turgenia latifolia Hoffm. — All. Roch. sup.
Asperula hirsuta Desf. — Roch. sup.
*Galium petræum Coss. et DR. — Roch.
— Parisiense L. — Roch. sup.
Callipeltis Cucullaria Stev. — All.
Centranthus Calcitrapa Dufr. — Roch.
Phagnalon saxatile Cass. — All. Roch.
Asteriscus pygmæus Coss. et DR. — All.
Artemisia Herba-alba Asso — All.
*Echinops spinosus L. — Roch. sup.
Atractylis cancellata L. — All.
*— microcephala Coss. et DR. — All.
Centaurea Parlatoris Heldr. — Roch.
*— omphalotricha Coss. et DR. — All.
— Calcitrapa L. — Roch. All.
*— microcarpa Coss. et DR. — All.
Kentrophyllum lanatum DC. — All.
Picnomon Acarna Cass. — All.
Hyoseris scabra L. — All.
— radiata L. — Roch.
Hypochæris arachnoidea Poir. — All.
Sonchus divaricatus Desf. — All.
— spinosus DC. — All.
Andryala tenuifolia DC. — All.
*Campanula Atlantica Coss. et DR. — Roch.
Olea Europæa L. — Roch. All.
Nerium Oleander L. — Roch. All.
Dœmia cordata R. Br. — All.
Apteranthes Gussoniana Mik. — Roch. sup.
Erythræa spicata Pers. — All.
— pulchella Fries. — All.
Echium maritimum Willd. — All.
Cynoglossum cheirifolium L. — All.
Lycium mediterraneum Dun. — All.
Hyoscyamus albus L. — All.
Lavandula multifida L. — All.
Mentha Pulegium L. — All.
Thymus ciliatus Benth. _var._ — Roch.
Rosmarinus officinalis L. — Roch.
Salvia Ægyptiaca L. — All.
Ziziphora Hispanica L. — All.
*Stachys Guyoniana de Noé. — Roch. Murs humides.
Ballota hirsuta Benth. — Roch. All.
Teucrium Polium L. — All.
Statice Thouini Viv. — All.
Plantago albicans L. — All.
Blitum virgatum L. _var._ minus Vahl. — All.
Caroxylon articulatum Moq.-Tand. — All.
Salsola vermiculata L. — All.
Rumex vesicarius L. — All.
Euphorbia verrucosa L. — Roch.
Mercurialis annua L. — All.
Celtis australis L. — All.
Urtica pilulifera L. — All.
Parietaria diffusa Mert. et Koch. — Roch.
Forskalea tenacissima L. — All.
Juniperus Phœnicea L. — Roch.
Pennisetum Orientale Rich. — Roch. All.
Imperata cylindrica P. B. — All.
Stipa tenacissima Desf. — All.
— parviflora Desf. — All.
Aristida Adscensionis L. — All.
Melica ciliata L. — Roch.
Dactylis glomerata L. — All.
Ægilops ovata L. _var._ triaristata. — All.
— ventricosa Tausch. — Roch. sup.
TRAJET DE LA RÉGION SAHARIENNE A BATNA ;
RÉGION MONTAGNEUSE DE L’AURÈS.
Après avoir quitté Beni-Souik en jetant un dernier regard sur les oasis qui s’étendent à nos pieds, nous descendons la pente rapide qui nous amène au fond de la vallée. Le lit de la rivière dans lequel nous marchons est bordé de Lauriers-Rose et de _Celtis australis_ formant d’épais massifs. Des troncs de Dattiers creusés en canal, et appuyés sur les berges élevées, portent dans l’oasis les eaux des _saguia_ qui sillonnent les flancs de la montagne. Des Ronces, des Clématites en fleurs, s’élèvent entre les Grenadiers et les Abricotiers qui couvrent les berges, et la Vigne s’enlace entre les troncs des Dattiers, dont les cimes forment au-dessus de nos têtes de magnifiques ombrages. La fraîcheur, le murmure des eaux, la pureté du ciel, tout semble concourir à embellir ce site enchanteur.
Les rochers de la pente abrupte qui surmonte la rive gauche de l’Oued Abdi nous offrent le _Capparis rupestris_, le _Genista cinerea_, le _Ballota hirsuta_ et le _Poterium ancistroides_, qui croissent dans leurs anfractuosités. L’_Atractylis microcephala_ couvre encore toutes les parties pierreuses. Le _Rhus dioica_ et le _Lycium mediterraneum_ forment çà et là d’épais buissons, et l’on voit apparaître le _Pistacia Atlantica_. Les plus beaux arbres sont des Oliviers sauvages, et le tronc de l’un d’eux mesure plus de 4 mètres de circonférence. — Après avoir traversé un ravin qui descend du Djebel Bous, nous gravissons une pente qui nous amène aux plateaux élevés précédant la vallée de Ménah. Sur ces plateaux, des champs d’Orge encore sur pied (3 juin) et d’une belle végétation occupent d’assez vastes espaces, quoique la disposition du sol ne permette pas de les arroser ; ces moissons nous offrent un certain nombre d’espèces que nous avons déjà observées ailleurs dans la région des hauts-plateaux : _Cerastium dichotomum_, _Anthyllis Numidica_, _Crucianella angustifolia_, _Androsace maxima_, _Rochelia stellulata_, _Ziziphora Hispanica_, _Sideritis montana_. — Des Genévriers, le _Rosmarinus officinalis_ et l’_Anthyllis Numidica_, des touffes de _Zizyphus Lotus_, de _Cistus Clusii_, y forment de nombreuses broussailles ; l’_Artemisia Herba-alba_, l’_Anabasis articulata_ et l’_Herniaria fruticosa_ couvrent de larges surfaces ; les _Stipa tenacissima_ (alfa) et _barbata_, le _Lygeum Spartum_ et le _Cynara Cardunculus_, sont assez abondants. — Une pente argileuse et ravinée descend de ce plateau dans la vallée de Ménah. Dans l’un des ravins, nous trouvons quelques pieds rabougris du _Linaria scariosa_, que M. Hénon avait recueilli dans les atterrissements de l’Oued Biskra.
La ville de Ménah, située à environ 900 mètres d’altitude, est construite sur une colline, dans une vallée assez large, vers le confluent de l’Oued Bouzina et de l’Oued Abdi, dont les eaux en arrosent les cultures et les jardins. Ce centre de population est le plus important de ceux que nous ayons visités dans notre voyage de l’Aurès. On y retrouve encore quelques ruines romaines. Une mosquée est construite dans la partie inférieure du village, près de la maison du caïd. Une vaste salle, qui avait servi de refuge au bey de Constantine après la prise de cette ville par les Français, nous est assignée pour notre campement ; mais des légions de puces nous forcent bientôt à déloger, et à installer notre tente sur la terrasse même de la maison.
L’étendue de la vallée, l’abondance des eaux, ont permis à l’industrie des habitants de créer d’importantes cultures et des jardins où le Dattier, qui ne mûrit plus qu’imparfaitement ses fruits, n’apparaît que çà et là comme une réminiscence des oasis que nous venons de quitter. Les jardins et les vergers, groupés sous forme d’oasis, s’étendent jusqu’à l’entrée du ravin creusé par les eaux abondantes et douces de l’Oued Bouzina. De même qu’à Branis et à Djemora, des _saguia_ sont creusées à une grande hauteur sur les parois abruptes des rochers qui encaissent le ravin. La partie de la vallée, qui n’est pas occupée par les jardins et les vergers, présente des champs entourés de murs en pierres sèches, où sont semés le Blé et l’Orge. A l’époque de notre passage (4 juin), les indigènes étaient tous occupés de la moisson qui commençait. Le Blé était récolté avec la paille entière, au lieu d’être coupé seulement au-dessous de l’épi comme dans la plaine saharienne d’El-Outaïa. Dans le même champ se trouvaient souvent réunies les variétés barbues du Blé dur et du Blé tendre, avec quelques-unes des variétés de nos Blés d’Europe qui y étaient beaucoup moins abondantes. Dans les vergers se retrouvent l’Abricotier, le Figuier, le Grenadier et la Vigne ; le Noyer y est plus rare. Parmi les cultures des jardins nous devons noter les Fèves, la Garance qui y est cultivée avec assez d’intelligence, et la Tomate qui n’y est plantée que plus rarement. La présence du _Cynara Cardunculus_ dénote partout la profondeur du sol. Le Laurier-Rose et une forme à larges feuilles du _Salix pedicellata_ croissent en abondance aux bords des eaux.
_Liste des plantes observées aux environs de Ménah_[29].
Ceratocephalus falcatus Pers. — Plat.
Ranunculus repens L. — M.
Rœmeria hybrida DC. — Plat.
Glaucium corniculatum Curt. — Plat.
Hypecoum pendulum L. — Plat.
Fumaria parviflora Lmk. — M.
— micrantha Lagasc. — M.
*Alyssum scutigerum DR. — Plat.
Sisymbrium Irio L. — M.
— runcinatum Lagasc. — M.
— torulosum Desf. — Plat.
Brassica Gravinæ Ten. — M. Rav.
Sinapis pubescens L. — Cot.
— arvensis L. — M.
Diplotaxis erucoides DC. — M.
— pendula DC. — Rav.
Eruca sativa Lmk. — Plat.
Rapistrum Linnæanum Boiss. et Reut. — Plat.
Cistus Clusii Dun. — Plat. Cot.
Helianthemum glutinosum Pers. — Plat.
Reseda alba L. — M.
*Gypsophila compressa Desf. — Cot.
Saponaria Vaccaria L. — Plat.
Cerastium dichotomum L. — Plat. M.
Geranium rotundifolium L. — M.
Ruta angustifolia Pers. — Cot.
Zizyphus Lotus L. — Plat.
Rhamnus Alaternus L. — Plat.
— lycioides L. — Rav.
*Genista microcephala Coss. et DR. — Cot.
Ononis brachycarpa DC. — Cot.
— reclinata L. — Plat.
*Anthyllis Numidica Coss. et DR. — Plat.
Medicago orbicularis Willd. — Plat.
— minima Lmk. — M.
— Gerardi W. et Kit. — Cot.
Trifolium fragiferum L. — M.
Lotus corniculatus L. — Rav.
Psoralea bituminosa L. — Rav.
*Astragalus tenuifolius Desf. — Cot.
Hippocrepis unisiliquosa L. — M.
*Ebenus pinnata Desf. — Plat. Cot.
Vicia sativa L. — M.
Rubus fruticosus L. _var._ discolor. — M.
Potentilla reptans L. — M.
Poterium Magnolii Spach. — M.
Herniaria annua Lagasc. — Cot.
Paronychia argentea Lmk. — Plat.
Polycarpon Bivonæ J. Gay. — Cot.
Minuartia montana Lœfl. — Cot.
Umbilicus horizontalis DC. — Cot.
Aizoon Hispanicum L. — M.
Helosciadium nodiflorum Koch. — M.
*Deverra scoparia Coss. et DR. — Cot.
Caucalis leptophylla L. — Plat.
Turgenia latifolia Hoffm. — Plat.
Bifora testiculata L. — M.
Asperula hirsuta Desf. — Cot.
Crucianella angustifolia L. — Cot.
— patula L. — Plat.
Rubia tinctorum Lmk. — _subsp._
Galium erectum Huds. — Cot.
— tricorne With. — Plat.
— setaceum Lmk. — M.
Callipeltis Cucullaria Stev. — Rav.
Scabiosa maritima L. — M.
Micropus bombycinus Lagasc. — Plat.
Pulicaria Arabica Cass. — Plat.
Pallenis spinosa Cass. — M.
Anthemis tuberculata Boiss. — Cot. Rav.
Anacyclus tomentosus DC. — M.
Artemisia campestris L. — M.
— Herba-alba Asso. — Plat. M.
Gnaphalium luteo-album L. — M.
Filago Jussiæi Coss. et Germ. — M.
Xeranthemum inapertum Willd. — Plat. M.
*Carlina involucrata Desf. — Cot.
Atractylis cancellata L. — Cot.
Centaurea alba L. — Cot.
*— acaulis L. — M.
— Nicæensis All. — M.
Onopordon macracanthum Schousb. — M.
Cynara Cardunculus L. — Plat. Cot.
Carduus pycnocephalus L. — M.
Picnomon Acarna Cass. — Cot.
Scolymus Hispanicus L. — M.
Seriola Ætnensis L. — M.
Urospermum Dalechampii Desf. — M.
Sonchus maritimus L. — M.
Androsace maxima L. — Plat.
Samolus Valerandi L. — M.
Nerium Oleander L. — M.
Convolvulus lineatus L. — Plat.
*Echium humile Desf. — Cot.
Nonnea micrantha Boiss. et Reut. — Cot.
Lithospermum arvense L. — Plat.
Cynoglossum pictum Ait. — M.
Rochelia stellulata Rchb. — Plat.
*Celsia betonicæfolia Desf. — M.
*Linaria scariosa Desf. — Ravins argileux au-dessus de Ménah.
*Anarrhinum fruticosum Desf. — Cot.
Scrophularia auriculata L. — M.
— canina L. — Cot.
Verbena officinalis L. — M.
Mentha rotundifolia L. — M.
— sylvestris L. — Rav.
— Pulegium L. — M.
Rosmarinus officinalis L. — Plat. Cot.
Salvia Verbenaca L. — M.
Ziziphora Hispanica L. — Plat. Cot. Rav.
Sideritis montana L. — Plat.
Lamium amplexicaule L. — M.
Ballota hirsuta Benth. — Cot.
Teucrium campanulatum L. — M.
Ajuga Chamæpitys Schreb. — M.
Plantago major L. — M.
— albicans L. — Plat.
— Psyllium L. — M.
Chenopodium Vulvaria L. — M.
Anabasis articulata Moq.-Tand. — Plat.
Euphorbia helioscopia L. — M.
*— luteola Coss. et DR. — Abondant aux bords des chemins.
Parietaria diffusa Mert. et Koch. — M.
Salix pedicellata Desf. — M.
Juniperus Phœnicea L. — Plat.
Asparagus horridus L. — Plat.
Juncus lamprocarpus Ehrh. — M.
Scirpus Holoschœnus L. — M.
Carex divisa Huds. — M.
— echinata Desf. — Rav.
Lygeum spartum Lœfl. — Plat.
Stipa tenacissima Desf. — Plat. Cot.
— barbata Desf. — Plat. Cot.
— parviflora Desf. — Cot.
Echinaria capitata Desf. — Plat.
Avena sterilis L. — M.
Melica ciliata L. — M.
Dactylis glomerata L. — M.
Festuca arundinacea Schreb. — M.
Bromus tectorum L. — Cot.
— rubens L. — Plat.
Elymus crinitus Schreb. — Plat. M.
Ægilops ventricosa Tausch. — Plat.
Equisetum ramosissimum Desf. — Rav.
Adianthum Capillus-Veneris L. — M.
La route de Ménah à Chir passe au pied d’une montagne élevée couverte de bois, dont l’essence principale nous a paru être le _Pinus Halepensis_, mais qu’il ne nous a pas été permis de visiter, car ce lieu était encore pour les habitants un sujet d’effroi. Sur un des contre-forts les plus abrupts de la montagne, on voit les ruines de Narah, véritable nid d’aigle, dont les belliqueux habitants descendaient pour dévaster les cultures de leurs voisins, avant que la domination française fût venue apporter à ces contrées la paix et la sécurité. — A quelques kilomètres de Ménah, les eaux de l’Oued Abdi sont presque épuisées par de nombreux canaux d’irrigation. — Aux environs de Chir, le Noyer commence à devenir l’arbre dominant de tous les vergers.
Chir (environ 1320 mètres d’altitude) est construit, comme les autres villages de la vallée, sur la pente des montagnes qui bordent le cours de l’Oued Abdi. Son importance est beaucoup moindre que celle de Ménah, et nous ne nous y arrêtons que quelques instants.
Entre Chir et Haïdous, les pentes des montagnes présentent de nombreux villages, situés généralement sur la rive gauche de l’Oued Abdi, dont les eaux fertilisent les vergers et les moissons. — La plante la plus remarquable que nous trouvions sur les bords de la route de Chir jusqu’à Haïdous est le _Salvia Balansæ_, qui n’avait encore été observé qu’à Mostaganem, et dont nous ne rencontrons ici que quelques pieds isolés.
_Liste des plantes observées aux environs de Chir et entre Chir et Haïdous_[30].
*Gypsophila compressa Desf. — Cot.
Silene nocturna L. — Cot.
Rhodalsine procumbens J. Gay. — Cot.
Cerastium dichotomum L. — Vall.
Malope stipulacea Cav. — Vall.
Erodium guttatum Willd. — Cot.
Pistacia Atlantica Desf. — Vall.
*Genista microcephala Coss. et DR. — Vall.
Ononis Natrix L. — Cot.
*Anthyllis Numidica Coss. et DR. — Vall.
Herniaria fruticosa L. — Cot.
Paronychia nivea DC. — Cot.
Callipeltis Cucullaria Stev. — Cot.
Artemisia campestris L. — Vall.
— Herba-alba Asso. — Vall.
*Othonna cheirifolia L. — Vall.
*Carlina involucrata Desf. — Vall.
*Atractylis cæspitosa Desf. — Vall.
Centaurea Parlatoris Heldr. — Cot.
Onopordon macracanthum Schousb. — Vall.
*Leontodon helminthioides Coss. et DR. — Cot.
Sonchus maritimus L. — Vall.
— spinosus DC. — Cot. Vall.
*Fraxinus dimorpha Coss. et DR.
Echium Italicum L. — Vall.
Scrophularia canina L. — Vall.
Thymus ciliatus Benth. _var._ — Vall.
*Salvia Balansæ de Noé. — Vall.
Ziziphora Hispanica L. — Vall.
Teucrium Polium L. — Vall.
Blitum virgatum L. _var._ minus Vahl. — Vall.
*Euphorbia luteola Coss. et DR. — Vall.
Ulmus campestris L. — Vall.
Celtis australis L. — Vall.
Salix pedicellata Desf. — Vall.
Quercus Ilex L. — Vall.
— — _var._ Ballota. — Vall.
Phalaris truncata Guss. — Vall.
Stipa parviflora Desf. — Cot.
Kœleria Valesiaca Gaud. — Vall.
Au-dessous d’Haïdous s’étendent de nombreux vergers où domine le Noyer, qui y acquiert des proportions que nous lui avons rarement vu prendre en Europe, et où se rencontrent également la Vigne et le Pommier. Les _Quercus Ilex_ et sa variété _Ballota_, _Ulmus campestris_, _Fraxinus dimorpha_ qui là devient un grand arbre, et le _Pistacia Atlantica_, forment généralement avec le _Celtis australis_ et le _Salix pedicellata_ une ceinture autour de ces vergers ; et il ne nous a pas toujours été possible de savoir si ces arbres croissaient spontanément, ou si leur introduction était due à l’industrie des habitants. — Haïdous (environ 1350 mètres d’altitude) est construit sur la pente septentrionale et au-dessous du sommet des montagnes qui longent la rive gauche de l’Oued Abdi. Les Noyers sont plantés jusqu’au pied du village, et c’est à l’abri d’un de ces beaux arbres que nous trouvons préparé notre campement. Au-dessus du village, la montagne est couverte de nombreux buissons de _Fraxinus dimorpha_ au tronc rabougri et aux feuilles toutes conformes et suborbiculaires. Les terrains remués qui longent l’un des sentiers qui conduisent au village nous offrent réunies les deux espèces du genre _Hohenackeria_, et c’est le point le plus élevé de l’Algérie où nous ayons observé ces deux plantes.
_Liste des plantes observées sur les alluvions de l’Oued Abdi, aux environs d’Haïdous_.
Alyssum campestre L.
*— scutigerum DR.
Sisymbrium runcinatum Lagasc.
Eruca sativa Lmk.
Reseda alba L.
Arenaria serpyllifolia L.
Cerastium dichotomum L.
Geranium rotundifolium L.
Pistacia Atlantica Desf.
*Medicago secundiflora DR.
— minima Lmk.
— Gerardi W. et Kit.
Astragalus sesameus L.
*— geniculatus Desf.
Arthrolobium scorpioides DC.
Hippocrepis unisiliquosa L.
Turgenia latifolia Hoffm.
Torilis nodosa Gærtn.
Scandix Pecten-Veneris L.
Galium tricorne With.
Callipeltis Cucullaria Stev.
Micropus bombycinus Lagasc.
*Othonna cheirifolia L.
Picnomon Acarna Cass.
*Fraxinus dimorpha Coss. et DR.
Rochelia stellulata Rchb.
Mentha sylvestris L.
Blitum virgatum L. _var._ minus Vahl.
*Euphorbia luteola Coss. et DR.
Ulmus campestris L.
Salix pedicellata Desf.
Bromus squarrosus L.
En quittant Haïdous, nous traversons des bois peu élevés et des broussailles composés de _Fraxinus dimorpha_ et de _Juniperus Phœnicea_, et nous gagnons la rive opposée où se retrouvent des pieds espacés des mêmes arbres. Nous y remarquons, en outre, le _Juniperus Oxycedrus_, qui là atteint le plus grand développement que nous lui ayons vu prendre. Des champs calcaires, à peu de distance du village de Télet, présentent de riches moissons, où nous rencontrons en abondance les _Phalaris truncata_, _Cerastium dichotomum_, _Leontodon helminthioides_, et une espèce nouvelle de _Ranunculus_ (_R. rectirostris_).