Chapter 17
Ce ne m'est que chose commune, Obeir fault à ma maistresse; Sans machier, soit joye ou tristesse, Avaler me fault ceste prune. Comme le, etc.
RONDEL.
Ce qui m'entre par une oreille, Par l'autre sault comme est venu, Quant d'y penser n'y suis tenu, Ainsi Raison le me conseille. Se j'oy dire, vecy merveille, L'ung est long, l'autre court vestu. Ce qui m'entre, etc. Par l'autre, etc.
Mais paine pert, et se traveille, Qui devant moy trayne ung festu; Comme ung chat, suis vieil et chenu, Legierement pas ne m'esveille. Ce qui m'entre, etc.
RONDEL.
(Le conte de Clermont.)
Le truchement de ma pensée, Qui de longtemps est commencée, Va devers vous, pour exposer Ce que de bouche proposer N'oze, craignant d'estre tancée. Combien que chose n'a pensée, Dont deust estre desavancée, Comme au long vous pourra gloser. Le truchement, etc. Qui de long, etc. Va devers, etc.
Si soit par vous recompensée, Et selon son cas avancée, Pour mieulx se povoir disposer; Car plus ne pourra reposer, Jusques sa joye ait prononcée. Le truchement, etc.
RONDEL.
Quelque chose derriere, Convient tousjours garder, On ne peut pas monstrer Sa voulenté entiere. Quant on est en frontiere De dangereux parler, Quelque chose, etc. Convient, etc.
Se pensée legiere Veult motz trop despenser, Raison doit espargnier. Comme la tresoriere, Quelque chose, etc.
RONDEL.
(Le conte de Clermont.)
De bien ou mal, le bien faire l'emporte, N'est il pas vray? ainsi que dit chascun; Helas, ouy, car je n'en voy pas ung Qui à la fin d'un jeu ne se deporte. Je vous diray, quant la personne est morte, Et a bien fait, il n'a esté commun. De bien ou mal, etc. N'est il pas vray, etc.
Faisons le donc, nous trouverons la porte De Paradis, où il n'entre nes ung, Que peu ne soit, s'il n'est trop importun De prier Dieu, et à vous m'en rapporte. De bien ou mal, etc.
RONDEL.
Que cuidez vous qu'on verra, Avant que passe l'année? Mainte chose demenée Estrangement, ca et là. Veu que des cy, et des ja, Court merveilleuse brouée. Que cuidez vous, etc. Avant que, etc.
Viengne que advenir pourra? Chascun a sa destinée, Soit que desplaise, ou agrée; Quant nouveau monde vendra, Que cuidez vous, etc.
RONDEL.
(Orléans.)
Quant oyez prescher le regnart, Pensez de voz oyes garder, Sans à son parler regarder, Car souvent scet servir de l'art; Contrefaisant le papelart, Qui scet ses parolles farder. Quant oyez, etc. Pensez de voz, etc.
Les faiz de Dieu je mets à part, Ne je ne les vueil retarder, Ne contre le monde darder, Chascun garde son estandart. Quant oyez, etc.
RONDEL.
pour Estampes.
Je suis mieulx pris que par le doy, Et fort enserré d'un anneau; S'a fait ung visaige si beau, Qui m'a tout conquesté à soy. Je rougis, et bien l'apercoy, Ainsi qu'un amoureux nouveau. Je suis, etc. Et fort, etc.
Et d'amourectes, par ma foy, J'ay assemblé ung grant fardeau, Qu'ay mussées soubz mon chapeau; Pour Dieu! ne vous mocquez de moy. Je suis, etc
RONDEL.
(Maistre Jehan Caillau.)
Las! le faut il? est ce ton vueil? Fortune, dont me plains et dueil, Que tout mon temps en doleur passe, Souffre que j'aye quelque espasse De repos, entre tant de dueil. N'auray je de toy autre accueil? Fors desdaing, reprouche et orgueil, Veux tu qu'en ce point je trespasse? Las! le fault, etc. Fortune, etc. Que tout, etc.
Je ris de bouche, et pleure d'ueil, Et fais, et dy ce que ne vueil; Ainsi ma vie se compasse, Maleureuse, chetive et lasse, En paine et maulx dont trop recueil. Las! le fault, etc.
RONDEL.
Marche nul autrement Avecques vous, beaulté, Se de vous Loyaulté N'a le gouvernement. Puisque mes jours despens A vous vouloir amer, Et apres m'en repens, Qui en doist on blasmer? Riens, fors vous seulement, A qui tiens feaulté, Quant monstrez cruaulté, Veu qu'Amour le deffent. Marché nul, etc.
RONDEL.
(Orléans.)
Las! le faut il? est ce ton vueil? Fortune, qu'aye douleur mainte, Del'ueil me soubzris, mais c'est fainte, Et soubz decepte, doulx accueil. Ay je tort? quant recoy tel dueil, S'ainsi je dy en ma complainte: Las! le fault, etc. Fortune, etc.
Tue moy, puis en mon sercueil Me boute, c'est chose contrainte; Lors n'y aura Dieu, saint, ne sainte, Qui n'appercoive ton orgueil. Las! le fault, etc.
RONDEL.
As tu ce jour ma mort jurée? Soussy, je te pry, tien te quoy, Car à tort ma douleur, par toy, Est trop souvent renouvellée; A belle enseigne desployée, Me court sus, et ne scay pourquoy? As tu ce jour, etc. Soussy, etc.
La guerre sera tost finée, Se tu veulx, de toy et de moy, Car je me rens, or me recoy; Hola! paix, puisqu'elle est criée. As tu ce jour, etc.
RONDEL.
Ne fais je bien ma besoingne? Quant mon fait cuide avancer, Je suis à recommancer, Et ne scay comment m'esloingne. Fortune tousjours me groingne, Et ne fait riens que tanser. Ne fais je, etc. Quant mon, etc.
Certes tant je la ressoingne, Car mon temps fait despenser Trop, en ennuyeux penser, Dont en roingeant mon frain, froingne. Ne fais je bien, etc.
RONDEL.
Quant commenceray à voler, Et sur elles me sentiray, En si grant aise je seray Que j'ay double de m'essorer. Beau crier aura le levrier, Chemin de plaisant vent tendray. Quant je, etc. Et sur elles, etc.
La mue m'a fallu garder Par longtemps, plus ne le feray, Puisque doulx temps et cler verray; On le me devra pardonner. Quant je, etc.
RONDEL.
Je ne hanis pour autre avoine, Que de m'en retourner à Blois; Trouvé me suis pour une fois Assez longuement en Touraine. J'ay galé, à largesse plaine, Mes grans poissons, et vins des Grois. Je ne, etc. Que de, etc.
A la court plus ne prendray paine, Pour generaux et millenois, Confesser à present m'en vois, Contre la peneuse sepmaine. Je ne, etc.
RONDEL.
Je congnois assez telz desbas Que l'ueil et le cueur ont entre eulx; L'un dit: Nous serons amoureux, L'autre dit: Je ne le vueil pas. Raison s'en rit, disant tout bas: Escoutez moy ces maleureux. Je congnois, etc. Que l'ueil, etc.
Lors m'en vois plustost que le pas, Et les tanse si bien tous deux, Que je les laisse tres honteux; Mainteffoiz ainsi me combas. Je congnois, etc.
RONDEL.
Que pense je? dictes le moy, Adevinez, je vous en prie, Autrement ne le saurez mie; Il y a bien raison pourquoy. A parler à la bonne foy, Je vous en fais juge et partie. Que pense, etc. Adevinez, etc.
Vous ne saurez, comme je croy, Car heure ne suis, ne demye, Qu'en diverse merencolie; Devisez, je me tairay, quoy? Que pense, etc.
RONDEL.
Cueur, que fais tu? revenge toy De Soussy et Merencolie; C'est deshonneur et villenie, De laschement se tenir coy. Je tarderay, quant est à moy, Voulentiers; or ne te fains mie. Cueur, etc. De Soussy, etc.
N'espergne riens, scez tu pourquoy? Pour ce, qu'abrégeras ta vie, Se les tiens en ta compaignie; Desconfiz les, et prens leur foy. Cueur, etc.
RONDEL.
Plaindre ne s'en doit loyal cueur, S'Amours a servy longuement, Recevant des biens largement, Et pareillement de douleur. N'est ce raison que le Seigneur Ait tout à son commandement? Plaindre, etc. S'Amours, etc.
Ne plus a desservi Doulceur Que ne trouve à son jugement, En gré prengne pour payement Moins de proufit et plus de honneur. Plaindre, etc.
RONDEL.
Par les portes des yeulx et des oreilles, Que chascun doit bien saigement garder, Plaisir mondain va et vient, sans cesser, Et raporte de diverses merveilles. Pour ce, mon cueur, s'a raison te conseilles. Ne le laisses point devers toy entrer. Par les portes, etc. Que chascun, etc.
A celle fin que par lui ne t'esveilles, Veu qu'il te fault desormais reposer, Dy lui: Va t'en, sans jamais retourner, Ne revien plus, car en vain te traveilles. Par les portes, etc.
RONDEL.
En faictes vous doubte? Point ne le devez, Veu que vous savez Ma pensée toute; Quant mon cueur s'y boute, Et vostre l'avez. En faictes, etc. Point ne, etc.
Dangier nous escoute, Sus, tost achevez, Ma foy recevez, Ja ne sera route. En faictes, etc.
RONDEL.
A qui les vent on? Ces gueines dorées, Sont ilz achectées De nouvel, ou non? Par prest, ou par don? En fait on livrées? A qui les, etc. Ces gueines, etc.
Alant au pardon, Je les ay trouvées; De telles denrées, C'est petit guerdon. A qui les, etc.
RONDEL.
En faictes vous doubte? Que vostre ne soye, Se Dieu me doint joye Au cueur, si suis toute. Rien ne m'en deboute, Pour chose que j'oye. En faictes, etc. Que vostre, etc.
Dangier et sa route S'en voisent leur voye, Sans que plus les voye, Tousjours il m'escoute. En faictes, etc.
RONDEL.
A qui vendez vous voz coquilles? Entre vous, amans pelerins, Vous cuidez bien, par voz engins, A tous pertuis trouver chevilles. Sont ce coups d'esteufs, ou de billes, Que ferez tesmoing voz voisins. A qui vendez, etc. Entre vous, etc.
On congnoist tous voz tours d'estrilles, Et bien clerement voz latins; Troctez, reprenez voz patins, Et troussez voz sacs et voz quilles. A qui vendez, etc.
RONDEL.
Avez vous dit, laissez me dire, Amans qui devisez d'amours, Sainte Marie! que de jours J'ay despenduz en martire! Vous mocquez vous? je vous voy rire, Cuidez vous qu'il soit le rebours? Avez vous, etc. Amans, etc.
Parler n'en puis que ne souspire, Raconter vous y scay cent tours Qu'on y a, sans joyeulx secours, S'au vray m'en voulez ouir lire. Avez vous dit, etc.
RONDEL.
Envoyez nous ung doulx regart Qui nous conduie jusqu'à Blois, Nous le vous rendrons quelque fois, Quoy que l'atente nous soit tart; Puisqu'en emportez l'estandart De la doulceur, que bien congnois. Envoyez nous, etc. Qui nous, etc.
Et pry Dieu que toutes vous gart, Et vous doint bons jours, ans et mois, A voz desirs, vouloirs et chois, Acquictez vous de vostre part. Envoyez nous, etc.
RONDEL.
(Nevers.)
En la forest de longue actente, Mainte personne bien joyeuse S'est trouvée moult doloreuse, Triste, marrie et bien dolente. D'y estre, nul ne s'en talente, La demeure est trop ennuyeuse. En la forest, etc. Mainte, etc.
Chascun qui pourra, s'en abscente, Car l'entrée en est perilleuse, Et l'issue fort dangereuse; Pas de cent, ung ne se contente, En la forest, etc.
RONDEL.
Pour ce qu'on jouxte à la quintaine A Orleans, je tire à Blois; Je me sens foulé du harnois, Et veulx reprendre mon alaine; Raisonnable cause m'y maine, Excusé soye ceste foiz. Pour ce, etc. A Orleans, etc.
Je vous promet que c'est grant paine, De tant faire baille lui bois; Eslongner quelque part du mois, Vault mieulx, pour avoir teste saine. Pour ce, etc.
RONDEL.
(Orléans.)
En la forest de longue actente, Par vent de Fortune dolente. Tant y voy abatu de bois, Que, sur ma foy, je n'y congnois A present, ne voye, ne sente. Pieca, y pris joyeuse rente, Jeunesse la payoit contente, Or n'y ay qui vaille une nois. En la forest, etc, Par vent, etc. Tant y voy, etc.
Vieillesse dit, qui me tourmente, Pour toy n'y a pesson, ne vente, Comme tu as eu autreffoiz; Passez sont tes jours, ans et mois, Souffize toy, et te contente. En la forest, etc.
RONDEL.
Des arrérages de Plaisance, Dont trop endebté m'est Espoir, Se quelque part j'en peusse avoir, Du surplus donnasse quictance; Mais au pois et à la balance, N'en puis que bien peu recevoir. Des arrerages, etc. Dont trop, etc.
Usure, ou perte de chevance, Mectroye tout à nonchaloir, Se je savoye, à mon vouloir, Recouvrer prestement finance. Des arrerages, etc.
RONDEL.
(Madame d'Orléans.)
En la forest de longue actente, Entrée suis en une sente, Dont oster je ne puis mon cueur, Pourquoy je viz en grant langueur Par Fortune qui me tourmente. Souvent Espoir chascun contente, Excepté moy, povre dolente, Qui, nuyt et jour, suis en doleur. En la forest, etc. Entrée, etc. Dont oster, etc.
Ay je donc tort, se me garmente Plus que nulle qui soit vivente? Par Dieu, nennil, veu mon maleur; Car, ainsy m'aist mon Créateur, Qu'il n'est paine que je ne sente, En la forest, etc.
RONDEL.
Rescouez ces deux povres yeulx Qui tant ont nagé en Plaisance, Qu'ilz se nayent sans recouvrance; Je les tiens mors, ou presque tieulx. Videz les tost, se vous aist Dieux, En la sentine d'Alegeance. Rescouez, etc. Qui tant, etc.
Courez y tous, jeunes et vieulx, Et à cros de bonne Esperance, De les tirer hors, qu'on s'avance, Chascun y face qui, mieulx, mieulx. Rescouez, etc.
RONDEL.
(Fredet.)
En la forest de longue actente, Des brigans de Soussi bien trente, Helas! ont pris mon povre cueur; Et Dieu scet se c'est grant orreur De veoir comment on le tourmente. Priant vostre aide, lamente Pour ce que chascun d'eulx se vente Qu'ilz le merront à leur Seigneur. En la forest, etc. Des brigans, etc. Helas! ont, etc.
Et pour ce, à vous il s'en garmente, Car il voit bien qu'ilz ont entente De lui faire tant rigueur, Qu'il ne sera mal, ne doleur, Se n'y pourvoyez, qu'il ne sente. En la forest, etc.
RONDEL.
A recommencer de plus belle, J'en voy ja les adjournemens. Que font, vers vieulx et jeunes gens, Amours et la saison nouvelle. Chascun d'eulx, aussi bien lui qu'elle, Sont tous aprestés sur les rens. A recommencer, etc. J'en voy ja, etc.
Comme toute la chose est telle, Je congnois telz esbatemens Assez, de pieca m'y entens, Ce n'est que ancienne querelle. A recommencer, etc.
RONDEL.
(Orléans.)
En la forest de longue actente, Forvoyé de joyeuse sente, Par la guide dure rigueur, A esté robbé vostre cueur, Comme j'entens, dont se lamente. Par Dieu! j'en congnois plus de trente Qui, chascun d'eulx, sans que s'en vente, Est vestu de vostre couleur. En la forest, etc. Forvoyé, etc.
Et en briefz motz, sans que vous mente, Soiez seur que je me contente, Pour allegier vostre douleur, De traictier avec le Seigneur, Qui les brigans soustient et hente. En la forest, etc.
RONDEL.
Ainsi doint Dieux à mon cueur, joye, En ce que souhaidier vouldroye, Et à mon penser; reconfort, Comme voulentiers prisse accort A soussy qui tant me guerroye. Mais remede n'y trouveroye, Et qui pis est, je n'oseroye Descouvrir les maulx qu'ay à tort. Ainsi doint, etc. En ce que, etc.
Quant je lui dy: Dieu te convoye, Laisse m'en paix, va t'en ta voye, Par ton enchantement et sort; Gueres mieulx ne vault vif que mort, Je languis quelque part que soye. Ainsi doint, etc.
RONDEL.
Se vous voulez m'amour avoir, A tousjours, mais sans departir, Pensez de faire mon plaisir, Et jamais ne me decevoir; Bientost sauray apparcevoir, Au par aler, vostre desir. Se vous voulez, etc. A tousjours, etc.
Assez biens povez recevoir, S'en vous ne tient, sans y faillir, Vous estes pres d'y avenir, Faisant vers moy leal devoir. Se vous voulez, etc.
RONDEL.
Maudit soit mon cueur, se j'en mens, Quant à mon lesir estre puis, Et avecques pensée suis, En mes maulx prens alegemens; Car soussis plains d'encombremens, Boutons hors, et lui fermons l'uis. Maudit soit, etc. Quant à mon, etc.
Assez y trouve esbatement. Lors lui dy: Ma maistresse, et puis Serons nous ainsi jours et nuis, G'y donne mes consentemens. Maudit soit, etc.
RONDEL.
(Fredet.)
J'actens l'aumosne de doulceur, Par l'aumosnier de doulx regart; Espoir m'a promis de sa part, Qu'il me fera toute faveur; En esperant que ma langueur Cessera, qui tant mon cueur art. J'actens, etc. Car, etc.
Car, comme leal serviteur, J'ay servy tousjours main et tart; Pensant qu'Amours aura regart Quelquefoiz, à ma grant douleur. J'actens, etc.
RONDEL.
En la querelle de Plaisance, J'ay veu le rencontre des yeulx Qui estoient, ainsi m'aid Dieux, Tous prestz de combatre à oultrance, Rangez par si belle ordonnance, Qu'on ne sauroit deviser mieulx. En la querelle, etc.
S'Amours n'y mectent pourveance, De pieca je les congnois tieulx, Qu'au derrenier, jeunes ou vieulx, Mourront tous, par leur grant vaillance. En la querelle, etc.
RONDEL.
Par l'aumosnier, plaisant regart, Donnez l'aumosne de doulceur, A ce povre malade cueur, Du feu d'Amours, dont Dieu nous gart. Nuit et jour, sans cesser, il art; Secourez le, pour vostre honneur. Par l'aumosnier, etc.
S'il vous plaisoit, de vostre part, Prier Amours qu'en sa langueur, Pourvoyent à vostre faveur, Aidié sera plus tost que tart. Par l'aumosnier, etc.
RONDEL.
De la maladie des yeulx, Feruz de pouldre de plaisir, Par le vent d'Amoureux desir, Est fort à guerir, se maid Dieux. Toutes gens, et jeunes, et vieulx, S'en scevent bien à quoy tenir. De la maladie, etc. Feruz de, etc
Je n'y congnois remedes tieulx, Que hors de presse soy tenir, Et la compaignie fuir; Qui plus en saura, die mieulx. De la maladie, etc.
RONDEL.
Ce n'est que chose acoustumée, Quant Soussy voy vers moy venir, Se tost ne lui venoye ouvrir, Il romproit l'uis de ma Pensée; Lors fait d'escremie levée, Et puis vient mon cueur assaillir. Ce n'est, etc. Quant, etc.
Adonc prent d'Espoir son espée Mon cueur, pour des coups soy couvrir, Et se deffendre et garentir; Ainsi je passe la journée. Ce n'est, etc.
RONDEL.
Par m'ame, s'il en fust en moy, Soussy, Dieu scet que je feroye, Moy et tous, de toy vengeroye; Il y a bien raison pourquoy. Riens ne dy qu'ainsi que je doy, Et telle est la voulenté moye. Par m'ame, etc. Soussy, etc.
Ung chascun se complaint de toy, Pour ce, voulentiers fin prendroye Avec toy, se je povoye; Je n'y vois qu'à la bonne foy. Par m'ame, etc.
RONDEL.
Chascun devise à son propos, Quant à moi, je suis loing du mien, Mais mon cueur en espoir je tien, Qu'il aura une foiz repos; Souvent dit, me tournant le dos, Je doubte que n'en sera rien. Chascun, etc. Quant, etc.
Tenez l'uis de Pensée clos, Faictes ainsi pour vostre bien, Soussy vous vouldroit avoir sien, Ne croyez, n'escoutez ses mos. Chascun, etc.
RONDEL.
Mon cueur se plaint qu'il n'est payé De ses despens, pour son traveil Qu'il a porté, si nompareil, Qu'oncques tel ne fut essayé. Son payement est delayé Trop longtemps, sur ce, quel conseil? Mon cueur, etc. De ses, etc.
Puisqu'il n'est de gaiges rayé, Mais prest en loyal appareil, Autant que nul soubz le souleil, Se mieulx ne peut, soit deffrayé. Mon cueur, etc.
RONDEL.
Ennemy, je te conjure, Regart qui aux gens cours sus, Vieillars aux mentons chanus Dont suis, n'avons de toy cure. Jeune, navré de blesseure Fu par toy, ny reviens plus. Ennemy, etc. Regart, etc.
Va querir ton avanture Sus amans nouveaulx venus; Nous vieulx, avons obtenus Saufconduitz, de par Nature. Ennemy, etc.
RONDEL.
Ou Loyaulté me payera Des services qu'ay faiz sans faindre, Ou j'auray cause de me plaindre; Qui mon guerdon delayera? Bon droit pour moy tant criera, Qu'aux cieulx fera sa voix actaindre. Ou Loyaulté, etc. Des services, etc.
Quand Fortune s'effrayera. Dieu a povoir de la reffraindre, Et Raison, qui ne doit riens craindre, De moy aider s'essayera. Ou Loyaulté, etc.
RONDEL.
Des amoureux de l'observance, Dont j'ay esté ou temps passé, A present m'en treuve lassé Du tout, sinon de souvenance. Ou je prens d'en parler plaisance, Quoy que suis de l'ordre cassé. Des amoureux, etc. Dont j'ay esté, etc.
Souvent y ay porté penance, Et si pou de biens amassé, Que, quant je seray trespassé, A mes hoirs lairray pou chevance. Des amoureux, etc.
RONDEL.
Mon cueur, n'entreprens trop de choses, Tu peulz penser ce que tu veulz, Et faire selon que tu peuz, Et dire ainsi comme tu oses. Qui vouldroit sur ce trouver gloses? Je men rapporteray à eulx. Mon cueur, etc. Tu peulz, etc.
Se ces raisons garder proposes, Tu feras bien, par mes conseulz, Laisse les embesoignez seulz, Il est temps que tu te reposes. Mon cueur, etc.
RONDEL.
Ostez vous de devant moy, Beaulté, par vostre serment, Car trop me temptez souvent; Tort avez, tenez vous quoy. Toutes les foiz que vous voy, Je suis je ne scay comment. Ostez vous, etc. Beaulté, etc.
Tant de plaisir j'appercoy En vous, à mon jugement, Qu'ilz troublent mon pensement, Vous me grevez, sur ma foy. Ostez vous, etc.
RONDEL.
Comment ce peut il faire ainsi, En une seule creature, Que tant ait des biens de nature, Dont chascun en est esbahy. Oncques tel chief d'euvre ne vy Mieulx accomply, oultre mesure. Comment, etc. En une, etc.
Mes yeulx cuiday qu'eussent manty, Quant apporterent sa figure Devers mon cueur, en pourtraiture; Mais vray fut, et plus que ne dy. Comment, etc.
RONDEL.
Plaisant regard, mussez vous, Ne vous monstrez plus en place, Mon cueur craint vostre menace, Dont mainteffoiz l'ay rescous; Vostre actrait soubtil et doulx Blesse sans qu'on lui mefface. Plaisant, etc. Ne vous, etc.
Se dictes: Je fais à tous Ainsi, car je m'y solace; A tort, sauve vostre grace, Ne devez donner courrous. Plaisant, etc.
RONDEL.
Ne m'en racontez plus, mes yeulx, De beaulté que vous prisez tant, Car plus voys ou monde vivant, Et moins me plaist, ainsi m'aist Dieux. Trouver je ne me scay en lieux Qu'il m'en chaille, ne tant ne quant. Ne m'en, etc. De beaulté, etc.
Qu'est ce cy? deviens je des vieulx? Ouy certes, dorenavant, J'ay fait mon Karesme prenant, Et jeusne de tous plaisirs tieulx. Ne m'en, etc.
RONDEL.
Je ne vous voy pas à demy, Tant ay mis en vous ma plaisance, Tousjours m'estes en souvenance, Puis le temps que premier vous vy. Assez ne puis estre esbahy Dont vient si ardent desirance. Je ne vous, etc. Tant ay, etc.
Fin de compte, puisqu'est ainsi, Fermons nos cueurs en aliance; Quant plus ay de vous acointance, Plus suis ne scay comment ravy. Je ne vous, etc.
RONDEL.
Si hardiz, mes yeulx, De riens regarder, Qui me puist grever, Qu'en valez vous mieulx? Estroit, se m'aist Dieux, Vous pense garder. Si hardiz, etc. De riens, etc.
Vous devenez vieulx, Et tousjours troter Voulez, sans cesser, Ne soyez plus tieulx, Si hardiz, etc.
RONDEL.
Mon cueur, pour vous en garder, De mes yeux qui tant vous temptent, Afin que devers vous n'entrent, Faictes les portes fermer. S'ilz vous viennent raporter Nouvelles, pensez qu'ilz mentent. Mon cueur, etc. De mes, etc.
Mensonges scevent conter, Et trop de plaisir se ventent, Folz sont qui en eulx s'atendent, Ne les vueillez escouter. Mon cueur, etc.
RONDEL.
N'est ce pas grant trahison De mes yeulx en qui me fye, Qui me conseillent folie Maintes foys, contre raison. Que male part y ait on D'eulx, et de leur tromperie. N'est ce pas, etc. De mes yeulx, etc.
Mieulx me fust, en ma maison Estre seul à chiere lye, Qu'avoir telle compaignie Qui me bat de mon baston. N'est ce pas, etc.
RONDEL.
Rendez compte, Vieillesse, Du temps mal despendu Et sotement perdu, Es mains Dame Jeunesse. Trop vous court sus Foiblesse, Qu'est Povoir devenu? Rendez compte, etc.
Mon bras en l'arc se blesse, Quant je l'ay estendu, Parquoy j'ay entendu Qu'il convient que jeu cesse. Rendez compte, etc.
Tout vous est en destresse, Desormais chier vendu. Rendez compte, etc.
Des tresors de liesse Vous sera peu rendu, Riens qui vaille ung festu; N'avez plus que sagesse. Rendez compte, etc.
RONDEL.
(Le Seigneur de Torsy.)
Mais que mon mal si ne m'empire, Je suis en bon point, Dieu mercy, Ne n'ay ne douleur, ne soucy De chose que on me puisse dire. Plus ne me plains, plus ne souspire, Je mengue, et dors bien aussi. Mais que mon, etc. Je suis en bon, etc.
Pleurer souloye en lieu de rire, En requerant grace et mercy; Maintenant ne fais plus ainsi, Car je ne crains point l'escondire. Mais que, etc.
RONDEL.
(Le conte de Clermont.)
J'amasse ung tresor de regrez Que ma tant amée m'envoye, Mais jusqu'à ce que je la voye, Ne partiront de mes segrez. La cause pourquoy? je la celle, Ses griefz maulx qui me font mourir, C'est pour garder l'onneur de celle Qui ne me daigne secourir. Plus l'eslongne, plus d'elle est pres Mon cueur, dont mon povre oeil lermoye; Il n'est point doleur que la moye, Car quant j'ay assez plaint, apres J'amasse, etc.
RONDEL.
(Responce d'Orléans.)
C'est une dangereuse espergne D'amasser tresor de regrez, Qui de son cueur les tient trop pres, Il convient que mal lui en preigne; Veu qu'ilz sont si oultre l'enseigne, Non pas assez nuysans, mais tres. C'est une, etc. D'amasser, etc.
Se je mens, que l'en m'en repreigne, Soient essayez, puis apres On saura leurs tourmens segres; Qui ne m'en croira, si l'apreigne. C'est une, etc.
RONDEL
à Fredet.