Manuel historique de politique étrangère, tome Ier [de 4]
Part 52
En cette situation, la politique qui s’imposait à chaque État menacé par les autres, était d’accumuler le plus de forces possible et de songer à ses voisins, surtout pour se préserver de leurs ambitions. C’était celle-là même qu’avait pratiquée d’abord Richelieu, «ce grand économe, soigneux d’amasser les ressources du royaume, et ne les dépensant ensuite que pour se préserver d’une plus grande perte».
La France, pour son malheur, faisait alors, à la veille de la Révolution, justement le contraire. Elle gaspillait, à travers l’Europe et le monde, une puissance dont les fondements étaient ébranlés. Pour résister aux menaces d’États récemment constitués, aussi dangereux pour elle que l’Espagne au siècle précédent, elle aurait eu besoin, à l’intérieur surtout, de se ressaisir. Elle cessait d’être un État, sans pouvoir devenir encore une nation. L’État, constitué par les Bourbons, reposait sur la personne royale: toutes les ressources du pays, toutes ses forces vives, bourgeoisie, noblesse, étaient employées au service de la monarchie, dont la reconnaissance publique ne discutait ni les titres ni les privilèges. Mais un tel régime ne pouvait aller sans une énergie infatigable, sans un génie supérieur, tout au moins, sans beaucoup de conscience et de travail. Il y fallait l’activité de Frédéric II, de Catherine II et même de Joseph II. Que Louis XV en était loin! Il laissait aller «la bonne machine» et se cantonnait dans ses plaisirs, et Louis XVI l’imitait encore, malgré des intentions meilleures. Ainsi abandonné, l’État n’était plus la France, mais la cour, une société factice de nobles réunis par le besoin de paraître, de jouir ou de vivre aux frais du roi, divisés par leurs ambitions, à qui la fortune d’un grand peuple, ses armées, ses intérêts au dehors, servaient de passe-temps ou de moyens de parvenir.
Alarmés de cette décadence qui ne leur échappait point, les Français rappelaient la royauté à ses devoirs; ils éprouvèrent ensuite le besoin de reprendre leur liberté à l’État qui ne les servait plus, mais sans savoir encore l’usage qu’ils en feraient. Ils se réveillaient d’un long sommeil et cherchaient, comme leurs ancêtres au temps de la Fronde, les lois à tâtons. Ce qu’ils poursuivaient encore, c’était une œuvre presque négative, la réforme d’abus funestes, la ruine du passé. Il ne manquait pas sans doute d’esprits hardis qui proposaient à la nation des systèmes politiques. Mais que de différences entre ces systèmes, quel écart entre Voltaire, Montesquieu et Rousseau, et surtout entre leurs disciples, acharnés à se détruire les uns les autres auprès de l’opinion, ce pouvoir nouveau qui leur demandait des conseils et dont ils se disputaient la faveur! Les écoles devenaient des sectes, les coteries philosophiques, des factions, aussi nombreuses que les coteries de cette cour, objet de la haine populaire et de leurs critiques passionnées.
Ce qu’il y eut de plus singulier, ce fut qu’alarmés, indignés de l’insuffisance de la monarchie, incertains de leur avenir, les Français en 1789 se confiaient encore aveuglément aux traditions de cette royauté déjà condamnée, pour défendre leurs intérêts dans le monde. La contradiction ne les choquait pas. L’un de leurs guides les plus autorisés en toute matière, l’abbé Raynal, invoquait les grands souvenirs de Richelieu et de la monarchie française, les maximes de leur politique extérieure, en condamnant leur œuvre intérieure: «Ce Richelieu, disait-il, que tous les citoyens doivent haïr, parce qu’il fut un meurtrier sanguinaire et que, pour être despote, il assassina tous ses ennemis avec la hache des bourreaux; mais que la nation doit honorer comme ministre, parce que, le premier, il avertit la France de sa dignité et lui donna dans l’Europe le ton qui convenait à sa puissance.» Entre l’Europe et la France du temps de Richelieu et celles qu’ils voyaient, les philosophes ne notaient d’autre changement que les progrès de la raison. En ce siècle qu’ils croyaient avoir fait sensible et éclairé, ils pensaient et sentaient plus qu’ils ne calculaient: mauvais maîtres en faits de politique extérieure assurément, puissants interprètes des idées, des sentiments dont se forment l’âme et l’esprit des nations. Que leur importait, à eux, à leurs disciples, et ce fut, en 1789, presque toute la France, la faiblesse présente de son gouvernement, la ruine prochaine de l’État monarchique? Ne suffisait-il pas, pour rétablir sa puissance dans le monde, qu’elle reprît conscience de sa dignité, de ses droits, de ses destinées? N’était-ce pas pour avoir compris le génie et les intérêts de la nation que Richelieu l’avait si bien servie et, depuis, conquise à sa politique. Les Français de 1789 ne voyaient pas de contradiction à reprendre et à poursuivre la politique de ce grand patriote, au moment où ils allaient trouver, dans les ressources de leur patriotisme et la conscience de leur vie nationale, les moyens de servir la France comme lui.
Dans une certaine mesure, ils ne se trompaient pas: «La Révolution, a dit un historien éminent, ne devait pas briser le cours de l’histoire de France. Elle n’en était qu’un épisode. La nation française n’avait pas changé de caractère ni de tempérament. Elle avait, dans sa longue carrière, subi plus d’une épreuve, et c’est à la suite de ces vicissitudes qu’elle était devenue la nation la plus cohérente, la mieux liée par ses traditions.» A la veille du gouvernement de Richelieu, Pasquier déclarait la France «vieillie, tellement malade, alangourie et abattue en soi-même, qu’elle chancelait et tirait aux derniers traits de la mort». Et pourtant, le lendemain de cette prédiction, grâce à un homme de génie qui avait eu foi en elle et dont elle n’avait pas oublié les bienfaits, elle s’était retrouvée vivante, d’une vie plus intense que jamais, plus forte, plus puissante encore que par le passé. D’une nation qui tant de fois s’était crue perdue et s’était ressaisie, on avait le droit d’attendre, en 1789, le même miracle: pour le préparer, ses maîtres, les philosophes, réveillaient son enthousiasme et sa conscience, en lui parlant de la liberté, de ses destinées, des souvenirs et des leçons glorieuses de son histoire.
S’ils eussent eu, avec la vertu des apôtres, le sang-froid des politiques, ils auraient pu lui indiquer alors les vraies règles de sa politique extérieure. Ils lui auraient parlé de sa sûreté plus que de sa dignité, et de défense plutôt que d’attaque. Ils auraient détourné ses regards de la France triomphante à la mort de Richelieu et déjà enivrée par ses triomphes, pour lui montrer la France épuisée par les troubles qui suivirent la mort de Henri IV et menacée par l’Espagne, combattant à l’appel de Richelieu les ennemis du dedans et du dehors. Et l’œuvre du grand Cardinal, mieux comprise, eût assuré une fois de plus celle de la nation.
Mais il ne fallait pas que, sous prétexte de poursuivre cette œuvre, la France jetât le moindre défi à ses ennemis avant de s’être reconstituée. Fidèle aux leçons de Vergennes et de Fleury, elle devait laisser la paix à ses voisins et en profiter pour terminer d’abord la réforme de ses institutions et de son gouvernement.
Cela ne l’eût pas empêchée de veiller à ses frontières: en Europe rien ne les menaçait plus. Mais, en 1789, une grande nation comme la France ne pouvait garder son rang dans le monde qu’à la condition de l’envisager tout entier. Elle avait victorieusement disputé au dix-septième siècle les routes de l’Italie et du Rhin aux Habsbourg, pour couvrir et assurer sa frontière. Elle devait, en 1789, disputer aux Anglais les routes de la mer, à la Russie celles du Levant, pour protéger les frontières de l’empire colonial qu’elle avait perdu et devait reconstituer. Le succès, pour elle, était dans la Méditerranée et en Afrique. «De même que l’Angleterre, disait Talleyrand, se trouve placée de manière à avoir des avantages sur la France dans l’Océan, la France se trouve placée de manière à avoir des avantages sur l’Angleterre dans la Méditerranée»: la nature l’invitait à y prendre la place qui convenait à ses intérêts. En disciple intelligent de Richelieu, Talleyrand lui indiquait le but et les moyens: «Il suffit qu’une vue politique offre des avantages, qu’elle soit, dans son principe, conforme à la nature, qu’elle présente peu de risques, peu de dommages, pour qu’elle puisse être considérée comme bonne[31].»
[31] Talleyrand, _Mémoires_, I, p. 77.
Ç’avait été, en effet, le triple mérite des vues de Richelieu, de cette lutte contre l’Espagne, de cette conquête des frontières naturelles, achevée au profit de la France et sans grand dommage, depuis le jour où ce ministre, par ses réformes et un système d’alliances européennes, en eut assuré le succès. A la fin du dix-huitième siècle, la politique classique du siècle précédent contre l’Espagne n’avait plus de raison d’être: appliquée aux Habsbourg, à l’Europe, elle offrait plus d’inconvénients que d’avantages. Elle demeurait bonne dans ses principes, mais pleine de dangers à mesure qu’on s’obstinerait à en reprendre les détails. Le drame, dont elle avait réglé avec bonheur les phases et le dénouement, était fini. Il appartenait au passé, comme ces tragédies classiques que les écrivains du dix-huitième siècle perdaient leur temps et leur talent à recommencer dans leurs moindres détails, sans se soucier de l’intérêt qu’y trouveraient leurs contemporains. En politique, les formes, les moyens dont s’était servi Richelieu devaient, comme les procédés dramatiques de Corneille et de Racine, se modifier pour un nouveau public, un nouvel ordre d’intérêts et de besoins, sur un théâtre plus vaste que l’Europe du dix-septième siècle: les règles seules, si bien énoncées par Talleyrand, restaient de tous les temps et de tous les lieux.
Les hommes de la Révolution, les Français qu’ils guidèrent mal, ne le comprirent pas. Et ce fut alors Talleyrand, très Français quoique toujours étranger à l’esprit de la Révolution, qui eut la charge et le mérite, en 1815, de ramener la France, par une imitation plus éclairée de Richelieu, à la conscience et à la pratique de sa vraie politique extérieure.
TABLE DES MATIÈRES
AVERTISSEMENT, p. V à VIII.
INTRODUCTION
L’Europe moderne.
Les origines de l’Europe moderne, p. 1 et 2.--Ruine de l’unité morale et religieuse du moyen âge; la Réforme, les nations et les individus, p. 2 et 3.--Tentatives de reconstitution du passé; la Renaissance et les États modernes, p. 4 à 7.--Erreurs des réformateurs, p. 7 à 9.--Extension de l’Europe au delà des mers et en Orient: la question d’Orient et la Russie, p. 9 à 14.--Contradictions et destinées de l’Europe moderne, p. 14 à 17.
CHAPITRE Ier
Politique extérieure de Richelieu.
Caractère général de cette politique, p. 18.--Prétentions de la maison d’Autriche, p. 19.--L’Espagne, p. 20.--Les empereurs et l’empire d’Allemagne, p. 20 et 21.--Les deux branches de cette maison se rapprochent en Italie, sur le Rhin, p. 21 à 23.--Débuts, desseins et premiers actes de Richelieu, p. 24 et 25.--Les troubles religieux et politiques du royaume, p. 25 et 26.--La Valteline: paix de Monçon, p. 26 et 27.--La succession de Mantoue, p. 27 à 30.--Négociations de Charnacé et du père Joseph en Allemagne: traités de Ratisbonne et Chérasco, p. 30 et 31.--Le père Joseph et les catholiques allemands, p. 32 et 33.--Gustave-Adolphe et Richelieu, p. 34 à 36.--Mort du roi de Suède, défaites des protestants, p. 36 à 38.--Intervention, alliances et victoires de la France, p. 38 et 39.--Négociations de Richelieu avec la Bavière: préliminaires de la paix, p. 39 et 40.--Mort de Richelieu: résultats et portée de son œuvre, p. 40 et 41.
CHAPITRE II
Politique extérieure de Mazarin.
Mazarin et l’Italie, p. 43 et 44.--Mazarin et les frontières naturelles de la France, p. 44 et 45.--Succès militaires et alliances de la France (1643-1646), p. 45 et 46.--Négociations avec l’Espagne pour la paix, p. 46 à 48.--Défection des Hollandais, p. 48.--Négociations et victoires en Allemagne (1646-1648), p. 49 et 50.--La paix de Westphalie, p. 50 à 52.--Entreprises de Mazarin en Italie: paix de Ferrare (1644); les présides de Toscane (1645-1646). Révolte de Naples (1647), p. 53 à 58.--La Fronde, p. 58.--Opérations militaires contre l’Espagne (1653-1656), p. 59.--Négociations de paix avec l’Espagne (1656), p. 59 et 60.--Alliances de Cromwell et Mazarin, p. 60 à 62.--L’élection de Ferdinand IV (1657), la paix du Nord, les capitulations impériales et la ligue du Rhin (1658), p. 62 et 63.--Succès diplomatiques de Mazarin en Italie, p. 64.--Négociations de la paix des Pyrénées (1659); ses clauses, p. 65.--Paix du Nord; situation de la France et de l’Europe à la mort de Mazarin, p. 66 et 67.
CHAPITRE III
Louis XIV et l’Europe (1661-1678).
LA DIPLOMATIE DE DE LIONNE
La royauté de Louis XIV, p. 68.--État de l’Europe à son avènement, p. 69.--Prétentions et traditions de la monarchie française, p. 70 à 72.--Négociations avec l’Europe et l’Espagne, après le traité des Pyrénées, p. 72 et 73.--Guerre entre l’Angleterre et la Hollande et guerre de Dévolution, p. 74 à 76.--Traité avec l’Empereur pour la Succession d’Espagne, p. 77.--Négociations avec l’Europe contre la Hollande, p. 78 à 80.--Guerre de Hollande, p. 80 à 82.--Prétentions de Louis XIV, p. 83.--Résistances de la Hollande et de l’Europe, p. 83 et 84.--La paix de Nimègue, p. 84 et 85.
CHAPITRE IV
Louis XIV et Guillaume III (1672-1702)
La Hollande, Louis XIV et l’Europe, p. 87 à 89.--Rôle de Guillaume III, p. 89.--Sa diplomatie (1673): son autorité en Hollande et en Europe, p. 89 à 92.--Fin de la guerre de Hollande: diplomatie et victoires de Louis XIV, p. 92 et 93.--Résistance et défaite de Guillaume III en 1677-1678, p. 94 et 95.--Ses intrigues en Angleterre, p. 96.--Louis XIV, les chambres de réunion, la politique de conquêtes: la révocation de l’édit de Nantes, p. 96 à 98.--Révolution d’Angleterre et provocations de Louis XIV, p. 98 à 100.--La grande alliance de 1689, la guerre de la ligue d’Augsbourg, p. 100 et 101.--Propositions pacifiques de Louis XIV et paix de Ryswick, p. 102 à 104.--Rapprochement de Louis XIV et de Guillaume III, p. 104 et 105.--Traités de partages de la Succession d’Espagne, p. 106 à 109.--Le testament de Charles II, son acceptation, p. 109 à 111.--Politique de Louis XIV en Espagne, p. 111.--Résistances de Guillaume III, sa mort et la coalition de 1701, p. 112 et 113.
CHAPITRE V
L’Angleterre au dix-septième siècle.
LES DEUX RÉVOLUTIONS (1648-1688)
La monarchie absolue des Tudors et des Stuart, la réforme et les communes d’Angleterre, p. 115 et 116.--Jacques Ier, p. 117.--Premières luttes de Charles Ier et du Parlement, p. 118.--Laud et Strafford, p. 119 et 120.--Révolte d’Écosse et résistance du Parlement, p. 120 et 121.--Cromwell et les indépendants, p. 122.--Défaite et mort de Charles Ier, p. 122 et 123.--Gouvernement de Cromwell, p. 123 et 124.--Son échec, p. 125.--Ses bienfaits, p. 125.--Cromwell, l’Écosse et l’Irlande, p. 126.--Politique extérieure de Cromwell, p. 127 et 128.--La Restauration, p. 128 et 129.--Les parlements _Convention_ et _Cavalier_, p. 129 et 130.--Charles II, le catholicisme et la France (1663-1673), p. 130 à 132.--Changement des idées et des mœurs en Angleterre, p. 132.--Réveil du protestantisme, p. 133.--Le country-party, les whigs et les tories, p. 134 et 135.--Jacques II et la restauration catholique, p. 135.--Guillaume III, les Anglais et la Révolution de 1688, p. 136.--Caractères de cette révolution: l’Angleterre protestante et libre, p. 137 et 138.
CHAPITRE VI
L’Allemagne, l’Autriche et la Prusse au dix-septième siècle.
Les princes, la Réforme et le catholicisme allemand, p. 139 et 140.--Politique des empereurs en Autriche et en Bohême, p. 141 et 142.--L’empereur palatin et les protestants, p. 142.--Ferdinand II et les catholiques, p. 143.--La France et Christian IV de Danemark, p. 144.--Édit de restitution, p. 145.--Diète de Ratisbonne, p. 146.--Intervention et victoires de Gustave-Adolphe, p. 146 et 147.--Ses différends avec Richelieu et les catholiques allemands, p. 147.--Mort de Gustave-Adolphe: défaite des protestants. Intervention et victoires de la France, p. 148 et 149.--Paix de Westphalie, p. 149 et 150.--État de l’empire et de l’Allemagne après la guerre, p. 150 et 151.--Le particularisme allemand, p. 152.--Politique impériale de Léopold Ier, p. 152 et 153.--Faiblesse de l’Autriche, p. 154.--Victoires des Turcs, p. 155.--Leur décadence, p. 155 et 156.--Politique orientale de Léopold Ier: victoires de Zeuta; paix de Carlowitz, p. 156 et 157.--Progrès du Brandebourg: politique du Grand Électeur, à l’intérieur, p. 159 à 161; au dehors, p. 162 à 165.--Frédéric III et le royaume de Prusse, p. 165.--Habsbourg et Hohenzollern, p. 166.--La Saxe, p. 167.--Politique et prodigalités de ses princes, p. 168.--Le royaume saxon en Pologne, p. 168 et 169.--Progrès du Hanovre sous les princes Welfs, p. 169.--Ernest-Auguste; Georges-Louis, roi d’Angleterre, p. 170 et 171.--Les Wittelsbach en Bavière, leurs prétentions à l’Empire, à l’Espagne, p. 171.--Maximilien II en Flandre, p. 172.--La _liberté germanique_: haine des Allemands contre la France, p. 173.--Leibniz, les piétistes, les princes et la patrie allemande, p. 174.
CHAPITRE VII
Les Provinces-Unies au dix-septième siècle.
La nature et l’histoire des Pays-Bas, p. 176 et 177.--Les provinces de l’Union d’Utrecht, p. 178.--Organisation fédérale, p. 179.--La Généralité, son domaine, ses ressources commerciales et coloniales, p. 179 à 181.--Défauts de cette constitution, p. 181.--Absence d’un gouvernement: stathouder ou aristocratie, p. 182.--Difficultés des Provinces-Unies au dehors avec l’Angleterre et la France, p. 183 et 184.--Arminius et Gomar; Barnevelt et Maurice de Nassau, p. 184 et 185.--Triomphe du parti militaire; extension de la Généralité, p. 185 et 186.--Conquêtes coloniales des Hollandais, p. 186.--Les Provinces-Unies, Richelieu et Mazarin (1635-1647), p. 187.--Richesse des Provinces-Unies, p. 188.--Les beaux-arts et la littérature, p. 189 et 190.--Puissance de la République et des Stathouders, p. 190 et 191.--La province de Hollande et la réaction des marchands, p. 191.--Amoindrissement des pouvoirs fédéraux (1651), p. 192.--Rivalité de l’Angleterre et des Provinces-Unies, p. 193.--Politique intérieure et extérieure de J. de Witt, p. 194 et 195.--Nouveaux conflits avec l’Angleterre (1665), p. 196.--Négociations et difficultés avec la France, p. 197.--Coalition formée par Louis XIV contre les Provinces-Unies, p. 197.--Le parti de Guillaume III, p. 197.--Guerre et révolution de Hollande, p. 198.--La Hollande enchaînée à l’Angleterre, p. 198.--La _Barrière_: occupation partielle des Pays-Bas catholiques, p. 199.--Décadence immédiate des Provinces-Unies, p. 200.
CHAPITRE VIII
La Suède au dix-septième siècle.
Conditions imposées à la Suède par sa situation géographique, p. 202.--Politique de Gustave-Adolphe en Danemark, en Russie, en Pologne: ses victoires, p. 202 à 205.--Constitution de la puissance royale et de l’État en Suède, p. 205 à 208.--Guerre et luthéranisme, p. 208.--Intervention de Gustave-Adolphe en Allemagne, p. 209.--Ses conquêtes dans la basse Allemagne sur les catholiques. Bataille de Leipzig, p. 209 et 210.--L’empire suédois protestant, p. 211.--Résistance de Richelieu et de la Bavière, p. 211.--Passage du Lech; Lutzen, p. 212.--Projets et diplomatie d’Oxenstiern, p. 212 et 213.--Nordlingen (1634): concours et conditions de la France, p. 213 et 214.--La Suède ramenée à la conquête de la basse Allemagne, p. 214 et 215.--Cette conquête est consacrée par la paix de Westphalie, p. 215.--Oxenstiern achève la constitution de la royauté suédoise, p. 216.--Christine: son caractère, ses premiers actes, son abdication, p. 217 et 218.--Charles-Gustave (Charles X): la royauté, la Suède et la guerre, p. 218 et 219.--Guerre contre la Pologne: ligue du Brandebourg, de la Pologne, de l’Empereur et du Danemarck (1656-1659), p. 220 et 221.--Mort de Charles X. Intervention de la France: Oliva, Cardis et Copenhague, p. 221.--Décadence de la Suède, p. 222.--Minorité de Charles XI; triomphe, excès et trahison de l’aristocratie (1660-1674), p. 222 et 223.--Fehrbellin (1675), p. 224.--Réformes intérieures de Charles XI, p. 225.--La royauté absolue, les paysans, la _réduction_, p. 225 et 226.--Politique pacifique de Charles XI: son œuvre, p. 226 et 227.--Fautes de Charles XII et traditions suédoises, p. 227.
CHAPITRE IX
L’Europe occidentale au début du dix-huitième siècle.
SUCCESSION D’ESPAGNE.--TRAITÉS D’UTRECHT, DE RASTADT ET DE BADE.
Deuils du royaume et de la royauté à la fin du règne de Louis XIV, p. 229.--Erreurs des Français au sujet de la paix d’Utrecht et leurs motifs, p. 229 et 230.--Objet et véritable nature de la guerre de succession d’Espagne, p. 231.--Rôle et victoire des Anglais, p. 231.--La Succession d’Espagne et les héritiers de Charles II, p. 232 et 233.--Prétentions des puissances maritimes, p. 233.--Les traités de partage et le testament, p. 234.--Les motifs de la coalition de 1701, p. 235.--Revers et propositions pacifiques de Louis XIV (1706-1709): Philippe reste en Espagne. Orgueil des Hollandais, p. 235 et 236.--Mort de Joseph Ier: les torys anglais, p. 237.--Les renonciations et la paix d’Utrecht, p. 237 et 238.--Les Anglais ont réussi à modifier le droit public de l’Europe, p. 239 et 240.--La lutte des Habsbourg et des Bourbons est terminée, p. 240.--Leur situation respective en Italie, sur le Rhin, en Allemagne et en Flandre, p. 241 à 243.--L’Angleterre domine l’Europe pacifiée, p. 243.--Ses intérêts maritimes et coloniaux dans la guerre de Succession, p. 244 et 245; dans la paix, p. 245 à 248.--Triomphe de l’Angleterre en Europe et dans le monde, p. 249 et 250.
CHAPITRE X
La Russie moderne et l’Europe orientale au début du dix-huitième siècle.
TRAITÉS DE NYSTADT, STOCKHOLM ET PASSAROWITZ