Part 3
Au point de vue physique, cette immense vallée de l’Igharghar, presque partout à sec ou qui n’a que des eaux temporaires, mais qui présente, selon l’expression de M. Duveyrier, l’aspect du lit d’un grand fleuve, offre un curieux phénomène. Partant de la région élevée de Rhât et de l’Ahaggâr, et recevant de droite et de gauche, à mesure qu’elle avance dans le Nord, un grand nombre d’Ouâdi secondaires pareils aux affluents de nos fleuves, elle vient enfin se perdre, au Nord de Tougourt, dans une large dépression marécageuse qu’on appelle le Chott-Melghîgh, où vient aussi aboutir un grand courant, une véritable rivière, le Djedî, qui a ses sources à l’Ouest, dans le Djebel-’Amoûr, et longe, depuis Laghouât, le pied des montagnes. Les premiers observateurs qui de l’Algérie descendirent au Melghîgh, il y a une dizaine d’années, reconnurent avec étonnement, aux indications concordantes de leur baromètre, que le sol où reposent ces vastes lagunes s’enfonce au- dessous du niveau de la mer. M. Paul Marès a trouvé une altitude de − 13 mètres pour le fond du Chott dans sa partie Nord-Ouest. Ces observations seront-elles confirmées par celles de M. Duveyrier[7] ? Si l’Igharghar fut autrefois un véritable fleuve, il n’a donc pu, comme le pense M. Duveyrier, aller déboucher dans le fond de la petite Syrte par le fleuve Triton, à moins d’un changement complet dans la configuration et le niveau du pays, changement qui, dans tous les cas, serait antérieur aux temps historiques.
Cette condition physique, particulière à la région orientale du Sahara algérien, de deux longues vallées parties des deux points opposés, l’une de l’Ouest, celle du Djedî, l’autre du Sud, celle de l’Igharghar, et venant l’une et l’autre aboutir à la même dépression du sol, le Melghîgh, cette particularité physique, dis-je, nous fournit l’explication d’un ancien texte géographique dont la rédaction avait dû jusqu’à présent paraître assez bizarre. Je veux parler de la description du cours du _Gir_ dans Ptolémée. Le _Gir_, ou, comme le nomment les auteurs latins, le _Niger_, a été longtemps une pierre d’achoppement pour les critiques. Trompés par les énormes aberrations des latitudes du géographe alexandrin, on voulait retrouver très-loin dans le Sud une rivière qui appartient à la région de l’Atlas ; on allait la chercher jusque dans le Soûdân, où les anciens n’ont jamais pénétré. C’est de là qu’est venue l’application que l’on fait encore tous les jours du nom de _Niger_ au Dhioliba ou Kouâra, c’est-à-dire au grand fleuve de Timbouktou, application qui se perpétue même après que l’erreur est reconnue ; car, en géographie, comme en bien d’autres choses, rien n’est plus difficile à déraciner qu’un abus. Habituellement, il y a dans une rivière deux choses assez distinctes, une source et une embouchure ; dans Ptolémée, le _Gir_ n’a pas de débouché, et il a deux sources opposées, deux sources placées aux deux extrémités du fleuve, l’un au Nord-Ouest dans l’Atlas, l’autre au Sud-Est dans une vallée nommée la _Gorge garamantique_, c’est-à-dire au voisinage du Fezzân qui est le pays des Garamantes. Rapproché des notions actuelles, des notions fournies par M. Boû-Derba et complétées par M. Duveyrier, tout cet agencement devient parfaitement clair, et, qui plus est, parfaitement exact ; ce qui nous montre une fois de plus qu’en bien des cas le progrès de nos propres découvertes confirme, en les appliquant, celle des anciens. L’identité du _Niger_ avec les deux vallées confluentes du Djedî et de l’Igharghar, identité que votre rapporteur a le premier nettement affirmée, même avant le voyage de M. Duveyrier, est désormais un fait hors de discussion.
Ce n’est pas seulement dans sa Carte que M. Duveyrier a condensé les résultats physiques et mathématiques de ses vingt-neuf mois d’explorations, il les a développés dans un volume d’une étendue considérable auquel s’ajoutera plus tard un complément qui sera consacré à la partie commerciale du voyage. Ce premier volume se compose tout entier de faits et d’observations. L’hydrographie, la géologie, la climatologie, les déterminations astronomiques, l’hypsométrie, l’histoire naturelle et l’ethnographie, y sont l’objet d’une suite de chapitres d’un grand intérêt scientifique, sans préjudice de l’archéologie monumentale et épigraphique, sans oublier non plus les informations utiles au commerce. Une notice très-détaillée sur les Touâreg ajoute bien des particularités importantes, bien des faits nouveaux, à ceux que d’autres investigateurs, M. Carette, M. Daumas, M. Devaux, le docteur Barth, M. Hanoteau, nous avaient déjà donnés sur ce peuple remarquable, qui garde au cœur du Sahara, où l’invasion arabe du XIe siècle l’a repoussé, la pureté du sang berbère et l’idiome inaltéré de sa race.
Dans cet aperçu encore bien restreint, malgré son étendue, du caractère de cette exploration et de l’importance extrême de ses résultats, j’ai eu surtout pour objet, messieurs, comme organe de votre commission, d’exposer les raisons qui, d’une voix unanime, nous ont fait décerner à M. Henri Duveyrier la grande médaille d’or que la Société a jusqu’à présent consacrée chaque année à la découverte la plus importante en géographie. Nous n’avons pas oublié non plus, messieurs, que les longues investigations de M. Duveyrier, en même temps qu’elles ont puissamment servi la science, ont eu aussi des résultats fort importants pour l’extension de nos rapports avec les tribus intérieures. Servir à la fois l’honneur scientifique et les intérêts de son pays est un double titre que réunit M. Duveyrier.
Je n’aurai pas à m’étendre beaucoup, messieurs, sur les voyages qui auraient pu, en dehors de celui de M. Duveyrier, balancer les suffrages de votre commission. Il est une classe de travaux et d’explorations d’une nature tellement spéciale, tellement circonscrite dans leur nationalité et dans les intérêts qu’ils représentent, les explorations australiennes, par exemple, et celles des Russes dans l’Asie centrale, qu’elles restent nécessairement en dehors de nos concours. Parmi les explorations d’un caractère plus général qui auraient pu entrer cette année en balance avec celles de notre jeune compatriote, il n’en est qu’une, une seule, sur laquelle a dû se porter l’attention de votre commission : c’est le voyage si important du capitaine Speke et de son compagnon le capitaine Grant à travers la région des sources du Nil. Les capitaines Speke et Grant ont été les intrépides pionniers de cette difficile exploration de l’Afrique équatoriale, qui attend maintenant des investigations plus approfondies. Ils ont, pour la première fois, traversé la zone inexplorée où se trouvent les sources encore inconnues du fleuve d’Égypte ; leur voyage restera toujours comme une des entreprises mémorables de notre époque, comme un des faits importants de l’histoire des découvertes. Mais, d’une part, les droits de M. Henri Duveyrier avaient été réservés l’année dernière ; d’autre part, c’est un devoir pour votre Société d’attendre, avant de prononcer ses jugements, qu’une lumière complète se soit faite sur les questions. Il est d’ailleurs permis d’espérer que les deux voyageurs anglais ne s’arrêteront pas en si brillant chemin, et qu’ils auront quelque jour de nouveaux titres à ajouter à celui que nous avons cru devoir ajourner pour cette fois.
Déterminée par ces considérations, messieurs, votre commission décerne sa grande médaille d’or de 1864 à M. Henri Duveyrier, pour ses explorations du Sahara algérien, tunisien et tripolitain, ainsi que du pays des Touâreg. Nous honorons ainsi tout à la fois et l’importance des résultats obtenus, et la rare énergie en même temps que les hautes qualités scientifiques dont le voyageur a fait preuve, à un âge où il est si rare de trouver de tels mérites développés à ce point. En décernant ce prix si bien acquis, votre commission, messieurs, a obéi à une double pensée : c’est une récompense pour le passé ; c’est une espérance pour l’avenir.
[Décoration]
[Note 2 : El-Golêa’a, Methlîli, le pays des Cha’anba explorés d’abord par M. Duveyrier, relèvent, il est vrai, de la province d’Oran.]
[Note 3 : M. le commandant Colonieu a bien voulu communiquer à M. Duveyrier la carte itinéraire inédite de son voyage de Géryville aux oasis septentrionales du Touât ; les renseignements fournis par les indigènes sur les contrées à l’Ouest de l’Igharghar, s’appuyent donc sur trois reconnaissances levées avec soin : par M. Boû-Derba, entre Ouarglâ et El-Beyyodh ; par M. Colonieu, entre Géryville et le Bâten du Tâdemâyt ; par M. Duveyrier, entre Methlîli et El-Golêa’a.]
[Note 4 : « Auster immodicus exsurgit, arenasque quasi maria agens, siccis sævit fluctibus. » (_Mela_, I, 8).]
[Note 5 : _Atakôr_ signifie _faîte_. Atakôr-n-Ahaggâr, _faîte du Ahaggâr_.]
[Note 6 : Dr Barth, _Travels in Central Africa_, I, 567.]
[Note 7 : Les observations barométriques publiées par M. Duveyrier pour déterminer les altitudes des points de son exploration du pays des Touâreg du Nord, commencent à El-Ouâd. Celles faites dans l’Ouâd-Righ, sur les bords du Chott-Melghîgh, et dans le Nefzâoua, c’est-à-dire entre le point où l’Igharghar se perd dans les lagunes et le golfe de Gâbès, seront publiées ultérieurement dès que le voyageur pourra les calculer au moyen des observations correspondantes faites sur le littoral, à Alger, par M. O. Mac-Carthy.]
TECHNOLOGIE INDIGÈNE ARABE OU BERBÈRE DONT IL EST FAIT USAGE DANS CET OUVRAGE ET SUR LA CARTE QUI L’ACCOMPAGNE
[Décoration]
SOL.
Outa, Ouotia ; plaine.
Reg ; plaine aride et déserte.
Hofra ; dépression.
Hamâda, pl. Hamâd ; plateau, plaine unie.
_Tasîli_[8] ; plateau.
Bâten (litt. _ventre_) ; montagne ou colline allongée.
Koudîya ; mamelon isolé (montagne, dans l’Ouest).
Toûmia, pl. Toûmiât (litt. _jumeaux_) ; mamelons doubles.
Dra’ (litt. _bras_) ; coteau, colline allongée.
Râs (litt. _tête_) ; cap.
Khechem (litt. _nez_) ; pointe de rochers, cap dans le Désert.
Châreb (litt. _lèvre_) ; crête.
Kâf ; rocher.
Djebel ; montagne.
Djebîl ; petite montagne.
_Adrâr, Adghâgh_ ; montagne.
_Tadrârt_ ; petite montagne.
Gâra, gâret, pl. Goûr ; élévation isolée, témoin géologique du sol primitif.
Fedjdj ; col.
Thenîya ; col.
_Téhé_ ; col.
Khenga, Kheneg ; défilé, passage étroit.
Khoneïg ; petit défilé.
_Aghelâd_ ; défilé, passage étroit.
’Aqba ; montée.
Menzel ; descente.
SABLES.
Remel, Ramla ; sable, plaine de sable.
Ghoûrd, pl. Aghrâd ; haute dune ou montagne de sable.
Zemla, pl. Zemoûl ; dune allongée.
Sîf (litt. _sabre_) ; dune allongée à pente roide.
Guelb, pl. Goloûb ; dune en forme de cœur.
Guelîb ; petite dune en forme de cœur.
’Erg, ’Areg ; collection de dunes, région des dunes.
’Arîg ; petite collection de dunes.
_Adehî_, pl. _Édeyen_ ; sables, collection de dunes.
_Iguîdi_[9], _Idjîdi_ ; collection de dunes.
Kheït (litt. _cordon_) ; cordon de dunes.
Dourîya ; passage tournant autour d’une dune.
Sahan ; dépression plate.
Haoudh ; bassin entre des dunes.
Hafîr ; dépression.
EAUX.
Bîr, pl. Abiâr (mot oriental) ; puits, puits profond.
Bouîr, pl. Bouîrât ; puits petit.
Mouï, Mouïa (litt. _eau_) ; puits.
Hâssi (mot occidental) ; puits, puits profond.
Hessî ; puisard.
’Ogla (dans l’Ouest) ; puits. (Dans l’Est) ; puits avec un camp permanent, et silos à provisions.
Guettâr, Guettâra ; puits alimenté par des suintements.
Sânia ; puits à bascule souvent entouré d’un jardin ; jardin.
Souinîya ; petit puits à bascule.
Themed ; puisard, puits qui se dessèche.
_Anou_ ; puits.
_Tânoût_, _Tânit_ ; puits, petite source.
_Mâssîn_ ; puits qui donne peu d’eau.
Fogâra ; puits à galeries d’écoulement horizontales.
Sâguia ; canal d’écoulement des eaux.
’Aïn (litt. _œil_), pl. ’Aioûn ; source.
’Aouîna, pl. ’Aouînât ; petite source.
_Tâla_ ; source.
_Tit_, pl. _Tittaouîn_ (litt. _œil_) ; source.
_Temâssint_ ; petite source.
Rhedîr ; flaque d’eau persistante.
_Abankôr_ ; flaque d’eau persistante.
Bahar (litt. _mer_) ; lac permanent.
_Adjelmam_ ; lac.
Chott (litt. _rive, rivage_) ; lac salin desséché.
Sebkha ; lac salin desséché, quelquefois submergé en hiver.
Dhâya ; grande mare d’eau douce desséchée.
Guera’a ; grande mare d’eau douce desséchée.
Guerâra, pl. Guerâir ; bas-fond dans lequel se perd un Ouâd.
Guereyyir ; petit bas-fond dans lequel se perd un Ouâd.
Ouâdi, Ouâd, pl. Ouidiân ; rivière, lit de rivière.
_Aghahar_ ; rivière, lit de rivière (mot ancien).
_Aghezer_ ; rivière, lit de rivière (mot moderne.)
Cha’aba, pl. Cha’ab ; ravin.
_Tâlat_ ; ravin.
Menkeba ; point où cesse un ravin.
Defa’a ; point où se perd un ravin.
HABITANTS.
Ouled, pl. Oulâd ; fils.
_Ou_, pl. _Aït_, _At_ ; fils.
Ould-Sîdi, Oulâd-Sîdi ; fils de monseigneur.
_Ou-Sîdi_ ; fils de monseigneur.
Hâdj, Hadjdji, pl. Hadjâdj ; pélerin, celui qui a fait le pèlerinage de la Mekke.
Ben, pl. Benî ; fils, descendants de.
Ahel ; gens.
_Kêl_ ; gens.
_Tédjéhé_ ; confédération.
Merâbot, pl. Merâbotîn ; marabout, marabouts.
Cheïkh, pl. Chioûkh ; vénérable, chef.
HABITATIONS.
Dâr, pl. Diâr ; maison.
Haouch ; ferme, maison.
Zerîba, pl. Zerâïb ; cabane en branchages.
Kheïma ; tente.
_Ehen_ ; tente.
Hoûma ; quartier, village. (Mot de l’île de Djerba.)
Bordj ; fort, château.
Qaçar, pl. Qeçoûr ; village fortifié.
Qaçba ; citadelle.
Zâouiya ; couvent musulman, école, ville religieuse.
Belâd ; ville, village, pays.
Kherba, pl. Khoroûb ; ruine.
Kantara ; pont.
DIVERS.
Ghâba ; verger de dattiers, forêt, oasis.
Ghoût ; petite oasis.
Soûk ; marché.
Mersa, Mers ; port.
Mi’aâd ; lieu de réunion.
Hammâm ; bains d’eaux thermales.
Cherg ; Est.
Chergui, Cherguîya ; oriental.
Gharb, Ouest.
Gharbi, Gharbîya ; occidental.
Guebla ; Sud.
Guebli, Gueblîya ; méridional.
Dahra ; Nord.
Dahrâni, Dahrânîya ; septentrional.
Lefa’âya ; séjour des vipères cérastes.
Boû (litt. _père_) ; possesseur de.
Oumm, pl. Oummât (litt. _mère_) ; possesseur de.
Gober, pl. Gueboûr ; tombeau, cimetière.
Moqsem ; partage d’eaux.
_Dan_ : fils de, issu de.
_In_, _En_, _Wân_, _Ouân_, _Ouen_ ; celui de, c’est-à-dire, endroit de.
_Tîn_, _Tân_ ; celle de, localité de.
_El_, _Ed_, _Edh_, _Et_, _Eth_, _Es_, _En_, _Ez_, représentent l’article : le, la, les, du, au, des, aux.
_D_, _Ed_ ; et.
PRINCIPAUX ADJECTIFS QUALIFICATIFS
Djedîd, Djedîda ; nouveau, nouvelle.
Qedîm, Qedîma ; ancien, ancienne.
Ahmar, Hamrâ ; rouge.
Abiodh, Beïdha ; blanc, blanche.
_Mellen_, _Mellet_ ; blanc, blanche.
Kahal, Kâhela ; noir, noire.
Asoued, Soûda, Sôda ; noir, noire.
Azreg, Zerga ; bleu, bleue.
Kebîr, Kebîra ; grand, grande.
Seghîr, Seghîra ; petit, petite.
Touîl, Touîla ; long, longue, profonde.
Asfer ; jaune.
* * * * *
[Note 8 : Les noms écrits en lettres _italiques_ appartiennent à la nomenclature berbère.]
[Note 9 : Mot des Berâber du Maroc.]
ERRATA.
* * * * *
CORRECTIONS GÉNÉRALES.
_Au lieu de_ : ’Abd-el-Kader, Adrar, Afahlehlé, Azel, Cheikh, Chorfa, Fez, Golea’, In-Ezzan, In-Sâlah, Ismayl, Kadhi, Kasba, Mehyaf, Sahara, Sanhâdja, Soudan, Targui, Tittaouin, Tlemsen.
_Lire_ : ’Abd-el-Qâder, Adrâr, Afahlêhlé, Azhel, Cheïkh, Chorfâ, Fâs, Golêa’a, In-Ezzân, In-Çâlah, Isma’yl, Qâdhi, Qaçba, Mehyâf, Çahara, Çanhâdja, Soûdân, Târgui, Tittaouîn, Tlemsân.
CORRECTIONS PARTICULIÈRES.
PAGES. _Au lieu de_ : _Lire_ :
III Milon, Millon.
6 Caillé, Caillié.
6 à 87 Marrès, Marès.
40 il y a retrouvé les il y a retrouvé quelques infusoires, infusoires.
43 pyrogénique, pyrogène.
58 redhîr, rhedîr.
75 Massif de Hâroûdj, Massif du Hâroûdj.
76 Freudenbourgh, Frendenburgh.
80 Gharbia, Gharbîya.
111 2 décembre, 20 décembre.
112 il y en a 325, il y en a 335.
149 Kerchoud, Kerchoûd.
161 CROTULARIA SAHARÆ, CROTALARIA SAHARÆ.
166 au Sud de Maroc, au Sud du Maroc.
183 1 mètre, 1/2 mètre.
190 _Var_, _var_.
191 ÆRVA, AERVA.
191 Abesgui, Abezgui.
192 Ouâdi-Sa’adan, Ouâdi-Sa’adâna.
194 Tîn-Fedjacuîn, Tîn-Fedjaouîn.
203 Comme le dîs du Tell, Comme le gueçob du Tell.
225 _begueur_, _beguer_.
225 _ihinkad_, _ihinkâd_.
226 _meçîci_, _meçîçi_.
227 _arhâtâ_, _arhâta_.
255 Abou l’’Abbâs, Aboû’l ’Abbâs.
262 (voir la planche ci-contre), (voir la pl. XI, fig. 1, page 252).
277 voi, voit.
290 ouasis, oasis.
339 du ménage, elle, du ménage, si elle.
388 (Pl. XXI), _iod_, _tegherit_, _iod_, _tegherît_, _iar_. _iar_,
390 (Pl. XXII), no , no 30.
403 _temankart_, _temankaït_.
404 _taftak_, _taftaq_.
405 _takkaouit_, _takhaouit_.
405 _îméki_, _îmekî_.
408 _tâserhmâlt_, _tâserhâlt_.
427 _tekhôrmit_, _tekôrmit_.
440 _amadjedol_, _amadjedâl_.
448 _amârhelaî_, _amârhelâi_.
458 passait par Telizzarhên, Anaï, passait par Anaï.
458 et conduit par, et conduits par.
463 Aiele, Alele.
496 Taibu des Ibôguelân, Tribu des Ibôguelân.
* * * * *
ADDITIONS.
* * * * *
Page 45 PLANORBIS DUVEYRIERI. Voir au supplément : _Mollusques fossiles_, page 25.
69 Douêssa est un point à l’Ouest de la route de M. le docteur Barth, entre El-Hesî et l’Ouâdi-ech-Chiâti, au Sud de la Hamâda-el-Homrâ, dans la Tripolitaine.
150 DIPLOTAXIS DUVEYRIERANA. Voir sa description au supplément : _Plantes nouvelles_, page 31.
161 CROTALARIA SAHARÆ. Voir sa description au supplément : _Plantes nouvelles_, page 33.
182 HYOSCYAMUS FALEZLEZ. Voir sa description au supplément : _Plantes nouvelles_, page 35.
229 Mollusques vivants déterminés après l’impression des _Touâreg du Nord_. Voir leur description au supplément, page 1 et suivantes.
458 La route garamantique qui passait par Telizzarhên était une autre voie que celle passant par Anaï.
* * * * *
TOUAREG DU NORD
* * * * *
LIVRE PREMIER.
DIVISIONS NATURELLES ET POLITIQUES. GÉOGRAPHIE PHYSIQUE. — SOL ET CLIMAT.
* * * * *
CHAPITRE PREMIER.
DIVISIONS ET LIMITES GÉNÉRALES DES CONFÉDÉRATIONS TOUÂREG.
Cette étude est restreinte aux Touâreg du Nord ; mais, pour la circonscrire dans les limites que je lui assigne, quelques lignes sur l’ensemble de la nationalité târguie[10], sur ses divisions territoriales et politiques, semblent un préliminaire indispensable.
Sous le nom général de Touâreg, nom d’origine arabe et adopté par les Européens, quoiqu’il soit repoussé par ceux auxquels il s’applique, on comprend quatre grandes divisions politiques correspondant à quatre grandes divisions territoriales, savoir :
La confédération des AZDJER ou Kêl-Azdjer[11], au _Nord-Est_, avec le plateau du _Tasîli du Nord_ et dépendances, pour patrie ;
La confédération des AHAGGÂR ou Kêl-Ahaggâr, au _Nord-Ouest_, dans le mont _Ahaggâr_ ou _Hoggâr_ des Arabes ;
La confédération d’AÏR ou Kêl-Aïr, plus généralement connue sous le nom de KÊL-OUÏ, au _Sud-Est_, dans le massif d’_Aïr_, également appelé _Azben_ ;
La confédération des AOUÉLIMMIDEN, au _Sud-Ouest_, dont le territoire comprend une portion montagneuse, l’_Adghagh_[12], et une portion plane, l’_Ahâouagh_.
Les Azdjer et les Ahaggâr constituent les Touâreg du Nord, comme les Aïr et Aouélimmiden ceux du Sud.
Ces derniers ayant été visités et étudiés avec beaucoup de soin par mon savant ami et protecteur, M. le Dr Barth[13], je n’ai pas à m’en occuper, estimant assez belle la part qui m’est dévolue, si je parviens à combler la lacune de l’exploration de mon illustre devancier.
Quoi qu’il en soit, je constate d’abord un caractère commun aux quatre confédérations des Touâreg ; c’est que chacune d’elles a adopté comme centre de sa vie politique un système isolé de montagnes, refuge de son indépendance et foyer de ses libertés.
Deux de ces massifs isolés, ceux occupés par les Touâreg du Nord, embrassent les points culminants du plateau central du Sahara et les points de partage des eaux entre le bassin de la Méditerranée et le bassin de l’Océan Atlantique ; les deux autres, à un gradin inférieur du plateau, appartiennent au bassin du Niger.
Entre les quatre massifs, s’étendent de vastes plaines, véritables déserts arides, tantôt sablonneuses, tantôt rocheuses, tantôt à sol crayeux, parfois affectant la formation alluvionnaire des bassins salins des _Sebkha_, le plus souvent se présentant sous la forme d’un sol caillouteux, très-dur, d’où le nom arabe de _Sahara_ qui signifie _terre dure_.
S’il est permis d’assigner à chaque confédération, comme étant son patrimoine propre, le massif de montagnes qu’elle occupe, il devient impossible d’indiquer, dans les plaines, là où commence, là où finit le territoire de chacune d’elles et de préciser les limites qui les séparent de leurs voisins non Touâreg.
Le droit de premier occupant, le seul à invoquer dans ces immenses terres de parcours, n’a de valeur sérieuse que s’il est appuyé sur une force capable de le faire respecter. Néanmoins, sous la réserve d’éventualités qui souvent substituent le fait brutal de l’invasion à la pratique pacifique d’usages consacrés par le temps, on peut assigner comme limites générales aux territoires occupés par les quatre confédérations Touâreg, savoir :
_Au Nord_, 1o une ligne droite partant d’El-Hesî dans le Hamâda-el-Homra de la Tripolitaine et allant à Ghadâmès ; 2o une ligne, également droite, partant de Ghadâmès et aboutissant à la limite Nord de la confédération indépendante du Touât ;
_A l’Ouest_, les rebords oriental et méridional du plateau de Tâdemâyt et la route des caravanes d’Aqabli à Timbouktou ;
_Au Sud_, une ligne partant de Timbouktou et aboutissant à Oungoua- Tsammit, au Nord de Zinder ;
_A l’Est_, d’abord une ligne parallèle à la route de Koûka à Mourzouk, mais d’un quart de degré à l’occident, puis la route directe de Mourzouk à Tripoli jusqu’à El-Hesî, où nous retrouvons le point de départ.
La limite septentrionale, sur laquelle je devrai revenir, sépare les Touâreg du Nord des tribus algériennes, les Souâfa, les Rouâgha et les Chaánba, avec lesquelles ils sont aujourd’hui en bonnes relations après de longues luttes que l’administration française a fait cesser.
La limite occidentale sépare d’abord les Ahaggâr des oasis du Touât ainsi que des tribus nomades qui en dépendent, entre autres les Oulâd- Bâ-Hammou ; puis elle place d’immenses déserts entre les Ahaggâr, les Aouélimmiden et les tribus nomades, arabes et berbères des rives de l’Océan Atlantique. Malgré la barrière d’affreuses solitudes que la Providence a placées entre des ennemis irréconciliables, ils parviennent néanmoins à se rencontrer quelquefois les armes à la main.
La limite méridionale, telle que je l’ai indiquée, est celle qui séparait autrefois les Touâreg du Sud de l’ancien empire de Zonghay ; mais, depuis quelques années, les Aouélimmiden ayant reconquis sur les Fellâta les deux rives du Niger, jadis occupées par les Zonghay, la limite doit être reportée plus au Sud.
La limite orientale sépare les Touâreg d’Aïr du peuple Teboû, et les Azdjer du Pachalik du Fezzân. En cette dernière partie, les Azdjer occupent des territoires appartenant à la Turquie, mais sans subir sa domination.