Les mutations du livre

Chapter 15

Chapter 153,433 wordsPublic domain

Autre exemple, très différent, et dû cette fois à une initiative individuelle: le site Rubriques à Bac. Créé en 1998 par Gérard Fourestier, diplômé en science politique et professeur de français à Nice, le site regroupe des bases de données à destination des lycéens et des étudiants. ELLIT (Eléments de littérature) propose des centaines d’articles sur la littérature française du 12e siècle à nos jours, ainsi qu’un répertoire d’auteurs. RELINTER (Relations internationales) recense 2.000 liens sur le monde contemporain depuis 1945. Ces deux bases de données sont accessibles par souscription, avec version de démonstration en accès libre. Lancé en juin 2001 dans le prolongement d’ELLIT, la base de données Bac-L (baccalauréat section lettres) est en accès libre.

En octobre 2000, Gérard Fourestier raconte: «Rubriques à Bac a été créé pour répondre au besoin de trouver sur le net, en un lieu unique, l’essentiel, suffisamment détaillé et abordable par le grand public, dans le but: a) de se forger avant tout une culture tout en préparant à des examens probatoires à des études de lettres - c’est la raison d’ELLIT (Eléments de littérature), base de données en littérature française; b) de comprendre le monde dans lequel nous vivons en en connaissant les tenants et les aboutissants, d’où RELINTER (Relations internationales). J’ai développé ces deux matières car elles correspondent à des études que j’ai, entre autres, faites en leur temps, et parce qu’il se trouve que, depuis une dizaine d’années, j’exerce des fonctions de professeur dans l’enseignement public (18 établissements de la 6e aux terminales de toutes sections et de tous types d’établissements). (...)

Mon activité liée à internet consiste tout d’abord à en sélectionner les outils, puis à savoir les manier pour la mise en ligne de mes travaux et, comme tout a un coût et doit avoir une certaine rentabilité, organiser le commercial qui permette de dégager les recettes indispensables ; sans parler du butinage indispensable pour la recherche d’informations qui seront ensuite traitées. (...) Mon initiative à propos d’internet n’est pas directement liée à mes fonctions de professeur. J’ai simplement voulu répondre à un besoin plus général et non pas étroitement scolaire, voire universitaire. Débarrassé des contraintes du programme, puisque j’agis en mon nom et pour mon compte et non "es-qualité", mais tout en donnant la matière grise qui me paraît indispensable pour mieux faire une tête qu’à la bien remplir, je laisse à d’autres le soin de ne préparer qu’à l’examen.»

Les recettes de Rubriques à Bac sont consacrées à la réalisation de projets éducatifs en Afrique. Par la suite, Gérard Fourestier aimerait développer des bases de données dans d’autres domaines, par exemple l’analyse sociétale, l’analyse sémantique ou l’écologie.

= Payant versus gratuit

Bases de données payantes à destination des organismes et des particuliers qui en ont les moyens, ou bases de données gratuites à la disposition de tous? Au début des années 2000, les outils dont on dispose pour créer et gérer des bases textuelles à moindres frais permettent de pencher vers la deuxième solution, tout au moins lorsqu’il existe une véritable volonté dans ce sens.

Emilie Devriendt, élève professeur à l’Ecole normale supérieure (ENS) de Paris, écrit en juin 2001: «L’avenir me semble prometteur en matière de publications de ressources en ligne, même si, en France tout au moins, bon nombre de résistances, inhérentes aux systèmes universitaire et éditorial, ne risquent pas de céder du jour au lendemain (dans dix, vingt ans, peut-être ?). Ce qui me donne confiance, malgré tout, c’est la conviction de la nécessité pratique d’internet. J’ai du mal à croire qu’à terme, un chercheur puisse se passer de cette gigantesque bibliothèque, de ce formidable outil. Ce qui ne veut pas dire que les nouvelles pratiques de recherche liées à internet ne doivent pas être réfléchies, mesurées à l’aune de méthodologies plus traditionnelles, bien au contraire. Il y a une histoire de l’"outillage", du travail intellectuel, où internet devrait avoir sa place.»

Professeur au département d’études françaises de l’Université de Toronto, Russon Wooldridge est le créateur de ressources littéraires librement accessibles en ligne. En 2001, sa tâche se trouve facilitée par TACTweb (TACT: text analysis computing tools). Développé par John Bradley, informaticien au King’s College London (Royaume-Uni), et par Geoffrey Rockwell, professeur à la McMaster University (Canada), TACTweb est un logiciel de recherche de données textuelles en ligne. En mai 2001, Russon Wooldridge explique: «La dernière version de TACTweb permet dorénavant de construire des bases interactives importantes comme les dictionnaires de la Renaissance (Estienne et Nicot ; base RenDico), les deux principales éditions du Dictionnaire de l’Académie française (1694 et 1835), les collections de la Bibliothèque électronique de Lisieux (base LexoTor), les oeuvres complètes de Maupassant, ou encore les théâtres complets de Corneille, Molière, Racine, Marivaux et Beaumarchais (base théâtre 17e-18e). À la différence de grosses bases comme Frantext ou ARTFL nécessitant l’intervention d’informaticiens professionnels, d’équipes de gestion et de logiciels coûteux, TACTweb, qui est un gratuiciel que l’on peut décharger en ligne et installer soi-même, peut être géré par le chercheur individuel créateur de ressources textuelles en ligne.»

Autre exemple, le projet HyperNietzsche, lancé en 2000 sous la direction de Paolo d’Iorio, chargé de recherches à l’Institut des textes et manuscrits modernes (ITEM) du CNRS. Ce projet expérimental «vise à créer une infrastructure de travail collectif en réseau, lit-on sur le site web. Cette infrastructure sera d’abord appliquée et testée sur l’oeuvre de Nietzsche, pour être ensuite généralisable à d’autres auteurs, à l’étude d’une période historique ou d’un fonds d’archive, ou à l’analyse d’un problème philosophique. Il ne s’agit donc pas seulement d’un projet de numérisation et de mise en réseau d’un ensemble de textes et d’études sur Nietzsche, ni d’une édition électronique conçue comme un produit confectionné et offert à la consultation, mais plutôt d’un instrument de travail permettant à une communauté savante délocalisée de travailler de façon coopérative et cumulative et de publier les résultats de son travail en réseau, à l’échelle de la planète. Il ne s’agit pas seulement d’une bibliothèque de textes électroniques en ligne, plus ou moins bien indexée, accompagnée d’un moteur de recherche par mots-clés ou en texte intégral. C’est un véritable système hypertextuel qui permet tout d’abord de disposer les textes et les manuscrits de Nietzsche selon des ordonnancements chronologiques, génétiques ou thématiques, et surtout d’activer un ensemble de liens hypertextuels qui relient les sources primaires aux essais critiques produits par les chercheurs.» Le texte intégral consacré à la présentation du projet est disponible pendant deux ans en accès libre sur le site des PUF (Presses universitaires de France). Son équivalent imprimé est publié en octobre 2000 dans la série «Ecritures électroniques» de la collection «Que sais-je?».

En février 2003, Emilie Devriendt fait à nouveau le point: «Dans ce domaine que l’on appelle parfois l’informatique littéraire, deux aspects du texte électronique m’intéressent plus particulièrement, dans une perspective d’enseignement ou de recherche: la publication de ressources textuelles, par exemple littéraires, sur le web au format texte ou au format image (exemple: Gallica ou la Bibliothèque électronique de Lisieux); la publication de bases de données textuelles interactives, c’est à dire d’outils de recherche et d’analyse linguistique appliqués à des textes électroniques donnés (exemple: la Nefbase du Net des études françaises ou, si l’on veut citer une banque de données payante, Frantext). Aujourd’hui ce type de ressources est relativement bien développé (même si aucune "explosion" ne semble avoir eu lieu si l’on compare la situation actuelle à celle d’il y a deux ou trois ans). En revanche, on ne peut véritablement mesurer les usages qui en sont faits.»

8.3. Catalogues collectifs

= Premiers pas

Par le passé, on a pu reprocher aux catalogues de bibliothèques d’être austères, peu conviviaux, et surtout de donner les références du document mais en aucun cas l’accès au contenu. Depuis qu’ils sont disponibles sur l’internet, les catalogues sont moins austères et plus conviviaux. Et surtout - rêve de tous qui commence à devenir réalité - ils permettent l’accès aux documents eux-mêmes : textes et images dans un premier temps, extraits sonores et vidéos dans un deuxième temps. En 1998, les 2.500 oeuvres de l’Universal Library sont accessibles par le biais d’un système expérimental (ESS: experimental search system) intégré ensuite au catalogue en ligne de la Library of Congress.

L’avenir des catalogues en réseau tient à l’harmonisation du format MARC (machine readable cataloguing) par le biais de l’UNIMARC (universal machine readable cataloguing). Créé en 1977 par l’IFLA (International Federation of Library Associations), le format UNIMARC est un format universel permettant le stockage et l’échange de notices bibliographiques au moyen d’une codification des différentes parties de la notice (auteur, titre, éditeur, etc.) pour traitement informatique. Ce format favorise les échanges de données entre la vingtaine de formats MARC existants, qui correspondent chacun à une pratique nationale de catalogage (INTERMARC en France, UKMARC au Royaume-Uni, USMARC aux Etats-Unis, CAN/MARC au Canada, etc.). Les notices dans le format MARC d’origine sont d’abord converties au format UNIMARC avant d’être converties à nouveau dans le format MARC de destination. UNIMARC peut aussi être utilisé comme standard pour le développement de nouveaux formats MARC.

Dans le monde anglophone, la British Library (qui utilise UKMARC), la Library of Congress (qui utilise USMARC) et la Bibliothèque nationale du Canada (qui utilise CAN/MARC) décident d’harmoniser leurs formats MARC nationaux. Un programme de trois ans (décembre 1995 - décembre 1998) permet de mettre au point un format MARC commun aux trois bibliothèques.

Parallèlement, en 1996, dans le cadre de son Programme des bibliothèques, la Commission européenne promeut l’utilisation du format UNIMARC comme format commun d’échange entre tous les formats MARC utilisés dans les pays de l'Union européenne. Le groupe de travail correspondant étudie aussi les problèmes posés par les différentes polices de caractères, ainsi que la manière d’harmoniser le format bibliographique, tout comme le format du document lui-même pour les documents disponibles en ligne.

A la fin des années 1990, de plus en plus de catalogues sont disponibles sur le web, moyennant une interface spécifique. L’usager a souvent le choix entre deux types de recherche, simple et avancée, et il peut sélectionner plusieurs critères complémentaires tels que le nombre de notices souhaitées ou bien le mode de classement. A réception du résultat, il dispose de plusieurs pages de notices abrégées ou complètes. Les notices sélectionnées peuvent être copiées, imprimées, sauvegardées ou bien envoyées par courriel. Des liens hypertextes permettent de passer facilement d’une requête à l’autre.

Ces catalogues utilisent le protocole Z39.50, un standard de communication permettant de chercher et récupérer des informations bibliographiques dans des bases de données en ligne. Ce protocole est d'abord utilisé par le WAIS (wide area information servers), un système de recherche créé au début des années 1990 pour consulter les index de bases de données situées sur des serveurs consultables à distance, avant l'apparition des moteurs de recherche sur le web. La version du Z39.50 en cours (norme ISO 23950: 1998) est utilisée par les grands catalogues de bibliothèques disponibles sur le web, notamment par celui de la Library of Congress. Ce protocole est également promu par la Commission européenne pour favoriser son utilisation dans les pays de l’Union européenne.

Tous deux en accès libre, les catalogues de la British Library et de la Library of Congress sont d’excellents outils bibliographiques à l’échelon mondial. En mai 1997, la British Library lance son OPAC 97 (OPAC: online public access catalogue), un catalogue en ligne permettant l’accès aux catalogues de ses principales collections à Londres et à Boston Spa, soit 150 millions de documents rassemblés depuis 250 ans. Catalogue expérimental, l’OPAC 97 est ensuite remplacé par sa version définitive, le BLPC (British Library public catalogue). Quant au catalogue de la Library of Congress, avec menus en anglais et en espagnol, il s’agit du plus important catalogue en ligne au monde, avec un grand nombre de notices en français.

Les catalogues collectifs visent à faire connaître les ressources disponibles à l’échelon local, régional, national et international. C'est le cas par exemple du Catalogue collectif de France (CCFr), mis en chantier en juillet 1997, qui permet de «trouver des informations détaillées sur les bibliothèques françaises, leurs collections et leurs fonds (anciens, locaux ou spécifiques), connaître précisément les services qu’elles rendent et interroger leur catalogue en ligne». A terme, annonce-t-on en 1998, il permettra aussi de «localiser des ouvrages (documents imprimés, audio, vidéo, multimédia) dans les principales bibliothèques et demander le prêt ou la reproduction» de documents qui seront remis à l’usager dans la bibliothèque de son choix. C’est chose faite en novembre 2002. En juillet 2001, la gestion du CCFr est confiée à la Bibliothèque nationale de France (BnF). Le CCFr regroupe les catalogues de la BnF et des bibliothèques universitaires, ainsi que les catalogues des fonds anciens (avant 1811) et locaux des bibliothèques municipales et spécialisées. En décembre 2006, le CCFr permet de localiser 15 millions de documents dans 160 bibliothèques françaises.

= WorldCat et RedLightGreen

L’internet facilite la gestion de catalogues collectifs mondiaux. Le but premier de ces catalogues est d’éviter de cataloguer à nouveau un document déjà catalogué par une bibliothèque partenaire. Si le catalogueur trouve la notice du livre qu’il est censé cataloguer, il la copie pour l’inclure dans le catalogue de sa propre bibliothèque. S’il ne trouve pas la notice, il la crée, et cette notice est aussitôt disponible pour les catalogueurs officiant dans d'autres bibliothèques. Ce pari osé est tenté par deux associations, l’OCLC (Online Computer Library Center) dès 1971 et le RLG (Research Libraries Group) dès 1980. Quelque trente ans plus tard, l’OCLC et le RLG gèrent de gigantesques bases bibliographiques alimentées par leurs adhérents, permettant ainsi aux bibliothécaires d’unir leurs forces par-delà les frontières.

Fondée en 1967 dans l’Ohio (Etats-Unis), l’OCLC gère l’OCLC Online Union Catalog, débuté en 1971 pour desservir les bibliothèques universitaires de l’Etat de l’Ohio. Ce catalogue collectif s’étend ensuite à tout le pays, puis au monde entier. Désormais appelé WorldCat, et disponible sur abonnement payant, il comprend en 1998 38 millions de notices en 370 langues, avec translittération pour les caractères non romains des langues JACKPHY (japonais, arabe, chinois, coréen, persan, hébreu et yiddish). L’accroissement annuel est de 2 millions de notices. WorldCat utilise huit formats bibliographiques correspondant aux catégories suivantes: livres, périodiques, documents visuels, cartes et plans, documents mixtes, enregistrements sonores, partitions, documents informatiques. En 2005, 61 millions de notices bibliographiques produites par 9.000 bibliothèques et centres de documentation sont disponibles dans 400 langues. En 2006, 73 millions de notices provenant de 10.000 bibliothèques dans 112 pays permettent de localiser un milliard de documents. Une notice type contient la description du document ainsi que des informations sur son contenu: table des matières, résumé, couverture, illustrations et courte biographie de l’auteur.

Devenue la plus grande base mondiale de données bibliographiques, WorldCat migre progressivement sur le web, d’abord en rendant la consultation des notices possible par le biais de plusieurs moteurs de recherche (Yahoo!, Google et bien d’autres), puis en lançant en août 2006 une version web (bêta) de WorldCat en accès libre, avec en sus un accès direct aux documents électroniques des bibliothèques membres: livres du domaine public, articles, photos, livres audio, musique et vidéos.

Fondé en 1980 en Californie, avec une antenne à New York, le RLG (Research Library Group, qui devient ensuite le Research Libraries Group) se donne pour but d’améliorer l’accès à l’information dans le domaine de l’enseignement et de la recherche. Le RLG débute son propre catalogue sous le nom de RLIN (Research Libraries Information Network). Contrairement à WorldCat qui n'accepte qu'une notice par document, RLIN accepte plusieurs notices pour un même document. En 1998, RLIN comprend 82 millions de notices dans 365 langues, avec des notices translittérées pour les documents publiés dans les langues JACKPHY et en cyrillique. Des centaines de dépôts d’archives, bibliothèques de musées, bibliothèques universitaires, bibliothèques publiques, bibliothèques de droit, bibliothèques techniques, bibliothèques d’entreprise et bibliothèques d’art utilisent RLIN pour le catalogage, le prêt inter-bibliothèques et le contrôle des archives et des manuscrits. Une des spécialités de RLIN est l’histoire de l’art. Alimentée par 65 bibliothèques spécialisées, une section spécifique comprend 100.000 notices de catalogues d’expositions et 168.500 notices de documents iconographiques (photographies, diapositives, dessins, estampes et affiches). Cette section inclut aussi les 110.000 notices de la base bibliographique Scipio, consacrée aux catalogues de ventes.

En 2003, RLIN change de nom pour devenir le RLG Union Catalog, qui comprend désormais 126 millions de notices bibliographiques correspondant à 42 millions de documents (livres, cartes, manuscrits, films, bandes sonores, etc.). Au printemps 2004, une version web du catalogue est disponible en accès libre sous le nom de RedLightGreen, suite à une phase pilote lancée à l’automne 2003. La mise en ligne de RedLightGreen inaugure une ère nouvelle. C’est en effet la première fois qu’un catalogue collectif mondial est en accès libre. Destiné en premier lieu aux étudiants du premier cycle universitaire, RedLightGreen propose 130 millions de notices, avec des liens vers des informations spécifiques aux bibliothèques d’un campus donné (cote, version en ligne si celle-ci existe, etc.). Après trois ans d’activité, en novembre 2006, les usagers sont invités à utiliser WorldCat, dont la version web (bêta) est en accès libre depuis août 2006. A la même date, le RLG est intégré à OCLC.

8.4. Chronologie

* Cette chronologie ne prétend pas à l’exhaustivité.

1967: Fondation d’OCLC (Online Computer Library Center).

1971: Débuts de l’OCLC Online Union Catalog, qui deviendra WorldCat.

1977: Lancement de l’UNIMARC, format universel de catalogage.

1980: Débuts du RLG (Research Libraries Group) et de son catalogue RLIN (Research Libraries Information Network).

1994: Travlang, répertoire de dictionnaires de langues créé par Michael Martin.

1994 (janvier): Annuaire de l’UREC (Unité réseaux du CNRS).

1995: Frantext, base textuelle de l’Institut national de la langue française (INaLF).

1995: A Web of Online Dictionaries, créé par Robert Beard.

1996: Adoption de l’UNIMARC par la Communauté européenne.

1996: Site de recherches et activités littéraires de Patrick Rebollar.

1996: Une Autre Terre, portail de science-fiction, créé par Fabrice Lhomme.

1996 (juin): Zazieweb, site d’actualité littéraire créé par Isabelle Aveline.

1997 (mai): OPAC (online public access catalogue) de la British Library.

1997 (juillet): Débuts du Catalogue collectif de France (CCFr).

1997 (décembre): Outils linguistiques de la société de traduction Logos.

1998: Rubriques à Bac, site créé par Gérard Fourestier.

1998: ESS (experimental search system) de la Library of Congress.

1999: yourDictionary.com, portail cofondé par Robert Beard.

1999 (décembre): WebEncyclo, première encyclopédie francophone en accès libre.

1999 (décembre): Britannica.com, première encyclopédie anglophone en accès libre.

1999 (décembre): Mise en ligne de l’Encyclopaedia Universalis.

2000: Mise en ligne du Quid.

2000: HyperNietzsche, lancé sous la direction de Paolo d’Iorio.

2000 (mars): Mise en ligne de l’Oxford English Dictionary.

2000 (septembre): L’encyclopédie Encarta de Microsoft en accès libre.

2000 (septembre): Mise en ligne du Grand dictionnaire terminologique (GDT) par l'Office québécois de la langue française (OQLF).

2001 (janvier): Laboratoire ATILF (Analyse et traitement informatique de la langue française).

2001 (janvier): Wikipedia, grande encyclopédie coopérative fondée par Jimmy Wales et Larry Sanger.

2003: RLIN devient le RLG Union Catalog, puis le RedLightGreen.

2004 (printemps): RedLightGreen, premier catalogue collectif mondial en accès libre.

2006 (août): Le catalogue collectif mondial WorldCat en accès libre en version bêta.

2006 (novembre): Disparition de RedLightGreen, et fusion du RLG avec l’OCLC.

2007 (mars): Citizendium, grande encyclopédie collaborative en ligne fondée par Larry Sanger.

2007 (mai): Encyclopedia of Life, grande encyclopédie collaborative des sciences de la vie fondée par un consortium.

9. LE LIVRE NUMERIQUE

[9.1. Formats de lecture / PDF - Adobe Reader / OeB (Open eBook) / LIT - Microsoft Reader / PRC - Mobipocket Reader / PDB - Palm Reader / BRF (braille format) / DAISY - livre audio // 9.2. Une tâche titanesque / Une voie tracée par la presse / Divers canaux de diffusion / Une progression régulière // 9.3. Chronologie]

Si le livre numérique commercial naît en mai 1998, il ne se développe véritablement qu’à compter du deuxième semestre 2000, en tant que mode de diffusion complémentaire de l’imprimé. De plus en plus de titres sont disponibles en deux versions, imprimée et numérique, puis, au fil des ans, uniquement en version numérique. Tout comme la version imprimée, la version numérique se décline en plusieurs formats, y compris au format braille et audio. En 2007, on compte des dizaines de milliers de livres numériques lisibles sur ordinateur, PDA, téléphone, smartphone et tablette électronique.

9.1. Formats de lecture

Un format de lecture correspond à un logiciel donné. Un logiciel de lecture permet de lire à l’écran un livre numérique tout en bénéficiant des fonctionnalités suivantes: navigation hypertexte au sein du livre ou vers le web, changement de la taille et de la police des caractères, surlignage de certains passages, recherche de mots dans l’ensemble du texte, ajout de signets ou de notes personnelles, choix de l’affichage en mode paysage ou portrait, agrandissement des figures et graphiques, sommaire affiché en permanence, et enfin formatage automatique du livre et de sa pagination en fonction de la taille de l’écran (ce qu’on appelle le reflowing). Lancés en 2001 pour contrôler l’accès aux livres numériques sous droits, des systèmes de DRM (digital rights management) permettent la gestion des droits numériques en fonction des consignes données par l’éditeur.

= PDF / Adobe Reader