Les fleurs animées - Tome 2

Part 19

Chapter 193,641 wordsPublic domain

SAFRAN.--Plante bulbeuse dont les fleurs jaunes, blanches, grises ou bleues, selon la variété, s’épanouissent en février.--Terre franche, mêlée de terre de bruyère; peu d’eau.--Multiplication par caïeux, qu’il ne faut détacher que tous les trois ou quatre ans en juin et qu’on replante en juillet, en laissant entre eux une distance de cinq à six centimètres.

SAINFOIN A BOUQUET.--Plante peu remarquable, donnant en juillet des fleurs rouges en épis.--Terre légère.--Multiplication par graines semées en avril.

SANGUINAIRE.--Cette plante, originaire du Canada, ne porte qu’une seule feuille en forme de cœur, dont les nervures sont rouges. Ses fleurs, blanches et de moyenne grandeur, paraissent en avril.--Terre franche; arrosements modérés.--Multiplication par éclats de racines, en automne.

SANSÉVIÈRE.--Jolie plante donnant en mai et en août de nombreuses fleurs roses en épis, très-odorantes.--Deux espèces; même culture: terre de bruyère, peu d’eau.--Multiplication par graines semées fin mars ou par œilletons.

SARETTE.--Plante à racines fibreuses, dont les fleurs en épis, rouges ou lilas, selon la variété, paraissent en septembre et octobre.--Terre franche.--Multiplication par graines semées fin octobre, on peut aussi multiplier cette plante par éclats de racines, mais seulement quand elle a atteint une certaine force, c’est-à-dire la troisième ou la quatrième année.

SAUGE.--On en cultive plusieurs espèces qui toutes fleurissent en juillet, août, septembre et octobre. Fleurs roses, bleues ou d’un beau rouge, selon l’espèce.--même culture pour toutes: terre franche mêlée de terre de bruyère et de terreau; peu d’eau; en serre l’hiver.--Multiplication par graines semées en octobre et tenues chaudement, ou par boutures, au printemps.

SAXIFRAGE.--Très-belle plante dont on cultive plusieurs espèces, donnant toutes, en mai, de jolies fleurs rouges, blanches ou roses, selon l’espèce.--Toutes se cultivent de la même manière: terre de bruyère, en pots, afin de les mettre en serre pendant l’hiver.--Multiplication par éclats, en avril.

SCABIEUSE OU FLEUR DE VEUVE.--Jolies fleurs d’un rouge foncé, veloutées et d’un parfum très-agréable.--Terre légère.--Multiplication par graines, semées en avril. On en cultive plusieurs espèces, dont quelques-unes sont vivaces, comme la _scabieuse des Alpes_ et la _scabieuse de Crète_; ces dernières peuvent se multiplier par éclats et par boutures. Toutes fleurissent en juillet.

SCEAU DE SALOMON.--Plantes à racines fibreuses, donnant, en avril, de belles fleurs blanches pendantes. Plusieurs espèces.--Même culture pour toutes: terre franche; arrosements fréquents.--Multiplication par éclats de racines en automne, ou par graines semées au commencement de mars.

SCILLE.--On en cultive de plusieurs espèces, qui toutes fleurissent en avril, mais dont les fleurs ne se ressemblent pas et qui demandent des soins différents. Plusieurs, comme la _scille du Pérou_, la _scille maritime_, la _scille à deux feuilles_ doivent être mises en terre de bruyère et en pots pour être rentrées l’hiver. D’autres, comme la _scille d’Italie_, la _scille agréable_, qu’on appelle aussi _jacinthe étoilée_, se plaisent mieux en pleine terre. Les fleurs de presque toutes les espèces sont bleues; mais elles diffèrent par la forme: les unes sont en épis, d’autres en grappes, d’autres encore en ombelles, etc. Plusieurs sont inodores, quelques-unes ont un parfum à peu près semblable à celui de l’aubépine. Toutes se multiplient par caïeux, séparés des oignons tous les deux ans.

SEDUM.--Jolies fleurs rouges ou roses, en juin, d’une odeur de rose très-prononcée, cette odeur s’exhalant soit de la fleur, soit de la racine, selon la variété. Il y a pourtant quelques variétés inodores.--Terre de bruyère pour toutes; peu ou point d’eau; exposition du midi.--Multiplication par boutures, par éclats ou par graines.

SÉNEÇON.--On en cultive deux espèces qui se subdivisent en plusieurs variétés. Le _séneçon d’Afrique_ donne de très-belles fleurs rouges, simples ou doubles, selon la variété. La variété simple se multiplie par graines semées dans les premiers jours du printemps; la variété double se multiplie par boutures. L’espèce dite à _feuilles d’Adonis_, dont les fleurs sont d’un beau jaune, se multiplie par éclats de racines, en octobre.

SENSITIVE.--Cette plante, connue de tout le monde, n’est remarquable que par les divers mouvements qu’elle exécute. Pendant la nuit, les feuilles de la sensitive sont accolées les unes aux autres, près des pétioles; au jour elles reprennent leur état ordinaire, comme si elles sortaient d’un profond sommeil. (V. _Sommeil des Plantes_, BOTANIQUE DES DAMES, _première partie_.)

La sensitive éprouve d’une manière toute particulière ce besoin que les plantes ont, plus que tous les êtres organisés, des rayons du soleil. Son feuillage en suit généralement la direction, et, en observant avec soin, on aperçoit un changement continuel de position dans toutes ses feuilles. La sensitive exécute, en outre, un mouvement de plication plus singulier: quand une feuille se ferme, soit par le contact d’un corps étranger, soit par la privation de la lumière, son pétiole se rapproche du rameau et fait avec lui un angle plus aigu qu’auparavant. Lorsque l’attouchement est très-fort, on voit successivement toutes les parties de la plante se resserrer. Néanmoins, les mouvements des folioles, des feuilles et des rameaux sont indépendants les uns des autres, et il est possible de toucher le rameau si délicatement que lui seul reçoive une impression de mouvement. Mais il faut, pour cela, qu’en se pliant, le rameau n’aille pas porter ses feuilles contre quelque autre partie de la plante, car elle s’en ressentirait au même instant. Les parties de la plante qui se sont fermées se rouvrent ensuite et reprennent le premier état; le temps nécessaire pour cela est inégal, selon la vigueur de la plante, la saison et l’heure du jour.

Jusqu’à présent on n’a pas donné une explication satisfaisante de ce phénomène, non plus que de tant d’autres mystères dont Voltaire a dit:

Réaumur, dont la main si savante et si sûre A percé tant de fois la nuit de la nature, M’apprendra-t-il jamais par quels subtils ressorts L’éternel artisan fait végéter les corps? Pourquoi l’aspic affreux, le tigre, la panthère, N’ont jamais adouci leur cruel caractère? Et que, reconnaissant la main qui le nourrit, Le chien meurt en léchant le maître qu’il chérit? D’où vient qu’avec cent pieds qui semblent inutiles, Cet insecte tremblant traîne ses pas débiles? Pourquoi ce ver changeant se bâtit un tombeau, S’enterre, ressuscite avec un corps nouveau, Et le front couronné, tout brillant d’étincelles, S’élance dans les airs en déployant ses ailes? Le sage Du Faï, parmi ses plants divers, Végétaux rassemblés des bouts de l’univers, Me dira-t-il pourquoi la tendre sensitive Se flétrit sous nos mains, honteuse et fugitive?

Personne ne l’a dit, mais peut-être le dira-t-on quelque jour. En attendant nous dirons, nous, que la sensitive est un arbuste indispensable dans un parterre.--Terre de bruyère, peu d’eau; en serre dès les premiers froids.--Multiplication par boutures, marcottes et rejetons.

SEPTAS.--Plante à racines tubéreuses, originaire d’Amérique, mais naturalisée depuis longtemps dans notre climat.--En août, fleurs rouges en ombelles, blanches à l’intérieur.--Terre de bruyère, peu d’eau.--Multiplication par bulbes levées en octobre et mises en vente vers le milieu de mars.

SILÈNE.--C’est au genre de cette fleur qu’appartient l’_attrape-mouche_ dont nous avons dit les propriétés dans la BOTANIQUE. A l’exception de cette sensibilité que les diverses espèces possèdent à un degré plus ou moins élevé, les silènes sont des fleurs qui n’ont rien de remarquable. Rouges ou blanches, selon la variété, ces plantes fleurissent en juin, sont annuelles et se multiplient par graines semées au printemps, en terre franche. Elles sont inodores, une seule exceptée, dont les fleurs sont d’un rouge vif, et qu’il faut mettre en pot afin de pouvoir la rentrer en hiver, cette espèce étant vivace.

SILPHIUM.--Plante vivace dont la fleur, qui s’épanouit en septembre, ressemble à celle des soleils. La tige de quelques silphiums atteint une hauteur de six mètres; mais cette fleur n’est remarquable que par son étendue.--Terre franche; arrosements modérés.--Multiplication par éclats de racines et plus sûrement par graines semées au mois d’avril.

SOLDANELLE.--C’est une petite plante des Alpes qui réunit deux avantages: elle est vivace et fleurit en mars, c’est-à-dire à l’époque où la terre est encore presque nue. Ses fleurs, rouges ou blanches, selon la variété, sont d’un effet très-agréable bien qu’elles soient petites. N’est-il pas naturel de se sentir quelque préférence pour ces pauvres petites fleurettes que font éclore les premiers rayons du doux soleil de printemps, et qui viennent les premières égayer nos regards et nous annoncer une vie nouvelle, au risque d’être anéanties avant le temps par le terrible vent du nord, qui se fait encore si fréquemment sentir à cette époque?... De grâce, Mesdames, ayez un peu de pitié pour ces petites audacieuses; donnez-leur une terre légère mêlée d’un peu de terreau; placez-les à l’exposition du midi, afin que le soleil qu’elles aiment les vivifie, et recueillez leur graine en avril ou mai pour la semer en octobre, en pots, afin de pouvoir les rentrer pendant les plus grands froids. Les soldanelles peuvent aussi se multiplier par éclats de racines.

SOLEIL.--Grande et belle plante annuelle, dont les fleurs jaunes, radiées, commencent à se montrer dans les premiers jours d’août, et n’ont pas moins, quelquefois, d’un mètre de circonférence, tandis que la tige s’élève à une hauteur de trois à quatre mètres. Cette fleur, comme presque toutes les autres, semble suivre le cours du soleil et se tourne de manière à en recevoir constamment les rayons.

Il est peu de plantes plus majestueuses que celle-là, et pourtant on la dédaigne, elle est souvent exclue des parterres où sont admises une foule d’autres qui sont bien loin d’avoir son éclat et sa majesté. D’où vient cela? Serait-ce que le soleil est une fleur inodore? Mais la tulipe, le dahlia ne sont pas plus favorisés sous ce rapport, et le dahlia, la tulipe, exigent des soins dont le soleil se passe parfaitement.--C’est, dit-on, une plante vulgaire...--Vulgaire, pourquoi? Comment! vous osez faire un crime à cette immense corolle si justement appelée _soleil_, de sa facilité à naître, à grandir? Il est vrai que pour une _belle_ elle se contente de peu; un coin de cour dépavé lui suffit; que l’on jette une graine, en avril, à la place du pavé absent, c’est assez. Eh bien! c’est là, il nous semble, être belle et bonne à la fois, qualités qui se trouvent, hélas! trop rarement réunies... A ces causes, Mesdames, nous vous demandons grâce pour cette belle fleur; vous lui consacrerez quelque superbe territoire, trois ou quatre fois grand comme la main; vous l’arroserez peu ou point, et vous en recueillerez, vers la fin de septembre, la graine, grosse, abondante et délicieuse, dont vous pourrez faire d’excellent orgeat pour vos soirées.

SOUCI.--Fleurs jaunes paraissant à la fin d’avril. C’est une plante peu remarquable; mais sa culture est facile, et elle jette de la variété dans un parterre. On la multiplie par graines semées en mars sur une terre franche, et recouvertes d’un peu de terreau.--Deux espèces, l’une jaune safranée; l’autre blanche, qui a la singulière propriété de se fermer lorsque l’atmosphère est humide.--Même culture pour toutes deux.

SOWERBÉE.--Jolie plante dont la tige ressemble à un jonc, et dont les fleurs, en bouquets, d’un beau rouge pourpre, s’épanouissent en mai.--Terre de bruyère, arrosements modérés. En pots, afin de pouvoir être rentrée l’hiver.--Multiplication par graines.

SPAROXIS.--Fleurs violettes ou jaunes, selon l’espèce, grandes et belles, s’épanouissant en avril.--Terre de bruyère; peu d’eau.--Multiplication par caïeux détachés en juillet et plantés en octobre.--En serre pendant l’hiver.

SPIGÈLE.--En juin, fleurs en épis d’un beau rouge à l’extérieur et jaunes en dedans. Cette plante demande beaucoup de soins; il lui faut de la terre de bruyère pure, des arrosements peu abondants, mais fréquents.--Multiplication par graines.

SPIRÉE.--En juillet, fleurs en bouquets, simples ou doubles, blanches ou roses, odorantes ou inodores, selon l’espèce.--Terre franche, arrosements modérés.--Multiplication par graines, par tubercules, ou par éclats de racines.

STACHYS.--Jolie plante donnant, en juillet, des fleurs en épis d’un beau rouge.--Terre de bruyère mélangée de terreau; peu d’eau.--Multiplication par éclats de racines, en automne. Cette plante doit être rentrée dès les premiers froids et placée de manière à ne pas manquer de lumière.

STATICÉ.--Petites fleurs qui paraissent en juillet, rouges et néanmoins peu apparentes. On en cultive de plusieurs espèces, toutes assez délicates, et c’est à peu près leur seul mérite.--Terre légère, peu d’eau; en serre pendant l’hiver.--Multiplication par éclats de racines, en octobre, ou par graines, au printemps.

STÉVIE.--On cultive sept ou huit espèces de cette jolie plante, qui toutes sont vivaces, à l’exception d’une seule, et donnent, en juillet, de très-belles fleurs blanches, roses ou violettes.--Terre de bruyère, arrosements peu fréquents.--Multiplication par graines, semées sur capot, au printemps, pour être repiquées en juin.--En serre l’hiver.

STRAMOINE.--On en cultive de deux espèces qui diffèrent beaucoup l’une de l’autre: le _stramoine cornu_ et le _stramoine en arbre_. Le premier est une fort jolie plante annuelle, dont les grandes et belles fleurs blanches, qui s’épanouissent en août, exhalent une odeur très-agréable.--Terre légère, beaucoup d’eau.--Multiplication par graines, semées au printemps.--Le stramoine en arbre est un joli arbrisseau, dont les fleurs blanches, qui paraissent également en août, ont quelquefois jusqu’à trente-cinq centimètres de longueur, et dont l’odeur est aussi des plus agréables. Cet arbrisseau exige beaucoup de soins: il lui faut une terre légère, peu d’eau, jamais de froid, beaucoup de lumière et un air fréquemment renouvelé.

SWERTIA.--Plante vivace, dont les fleurs bleues, en étoiles, paraissent en juin. Elle demande peu de soins; toute terre lui convient.--Multiplication par éclats de racines et par graines, semées en août ou septembre.

SYMPHORICARPOS.--Fleurs roses en grappes, qui s’épanouissent vers la fin de mars, et auxquelles succèdent des fruits blancs et gros comme des perles. Cette plante est d’un joli effet dans un parterre.--Terre légère, arrosements modérés.--Multiplication par éclats.

SYRINGA.--Très-bel arbrisseau, dont les jolies fleurs blanches, qui paraissent en juin, exhalent une odeur des plus agréables, mais dont l’intensité dans un appartement de peu d’étendue cause des maux de tête, et peut même asphyxier. On en cultive aussi une espèce qui est entièrement inodore.--Même culture pour toutes deux: terre franche, exposition du nord ou de l’ouest.--Multiplication par marcottes, boutures, rejetons, éclats de racines. Quoique fort joli, cet arbrisseau n’est convenablement placé que dans un jardin d’une assez grande étendue.

T

TABAC.--Nous ne sommes pas assez injuste pour ne pas le reconnaître, le tabac est une plante fort innocente en apparence, qui se multiplie par graines semées au printemps, et dont les fleurs, qui s’épanouissent en septembre, exhalent une odeur assez semblable à celle du jasmin (celles du tabac ondulé). Mais qu’est-ce que ce chétif mérite du tabac, en comparaison des maux affreux qu’il répand sur toute la surface du globe!... Nous l’avons déjà dit, le tabac est une horrible lèpre qui s’étend sans cesse, et qui est mille fois plus funeste qu’une invasion de Barbares. C’est un affreux poison qui empeste l’air que nous respirons, qui engourdit les sens, qui étouffe l’imagination. Il n’est pas de crimes, de méfaits horribles, monstrueux, que le tabac n’ait commis ou qu’il n’ait fait commettre: c’est par lui que tous les liens sociaux sont relâchés; c’est lui qui abrutit le peuple, qui déprave le goût. C’est le tabac qui rendit souvent le grand Frédéric cruel; c’est lui qui a aidé les geôliers anglais à tuer Napoléon. Grâce à lui, les plus belles dents se carient, l’haleine la plus douce devient fétide, les narines s’élargissent, se tuméfient, le regard se ternit, la voix se voile, l’appétit s’éteint; les désirs s’émoussent, la pensée s’alourdit... Et pourtant il s’est trouvé des poètes pour chanter cette nauséabonde substance!...

De grâce donc, Mesdames, point de tabac, même en fleur; on ne saurait prendre trop de soin pour se garantir des mauvaises influences.

TAGÉTÈS ou GRAND ŒILLET-D’INDE.--Grandes et belles fleurs jaunes ou blanches, simples ou doubles, selon la variété, qui s’épanouissent en septembre. C’est une fleur commune, mais d’un assez joli effet quand elle est accompagnée.--Terre légère, arrosements abondants.--Multiplication de graines, semées en avril, pour repiquer les plants en mai ou juin.

THLASPI.--Plante de serre; jolies fleurs blanches, en janvier.--Terre de bruyère, très-peu d’eau.--Multiplication par boutures et par rejetons, levés en juillet. Cette plante doit être rentrée avant les premiers froids.

THUYA.--Arbrisseau toujours vert, mais qui n’a que ce mérite. Il sert à orner les terrasses et les cours, et il ne craint ni le froid ni l’humidité.--Multiplication par boutures et par marcottes.

THYM.--Plante commune, à petites fleurs rouges, qui paraissent en juin, et qui exhalent, de même que toutes les autres parties de la plante, une odeur aromatique des plus agréables. On en cultive plusieurs variétés dont on fait surtout les bordures, à cause du peu de soin que demande cette bonne et jolie petite plante, qui se contente de la place qu’on lui accorde, du terrain dans lequel on la pose, et qui, malgré le vent et l’orage, les glaces de l’hiver et les ardeurs du soleil de l’été, ne cesse de montrer ses petites branches vertes, et de prodiguer son parfum. Par malheur, les artistes culinaires se sont emparés depuis des siècles de ce précieux aromate, et cela l’a fait dédaigner par les amateurs de fleurs. C’est une injustice criante, contre laquelle nous protestons de toutes nos forces. Depuis quand cesse-t-on d’être aimable par cela seul qu’on est utile? Nous demandons pour le thym une réhabilitation complète.--Multiplication par éclats de racines, en tout temps; mais de préférence en automne.

THYMÉLÉE DES ALPES.--Fleurs roses, qui s’épanouissent en janvier, ce qui est leur principal mérite. L’arbrisseau qui les porte ne dépasse presque jamais un mètre de hauteur.--Terre de bruyère, arrosements fréquents et peu abondants.--Multiplication par graines. On peut aussi multiplier les arbrisseaux par boutures et par marcottes; mais elles ne réussissent que difficilement.

TIGRIDIE.--Très-jolie plante à racines bulbeuses, fleurissant en août, et dont les fleurs violettes, jaunes et rouges, offrent l’aspect le plus agréable.--Terre de bruyère.--Multiplication par caïeux détachés tous les deux ou trois ans.--En serre aux premiers froids.

TRACHÉLIE.--En août, jolies petites fleurs, d’un beau bleu, qui sont d’un effet très-agréable dans un parterre. Plante vivace, qui redoute le froid.--Terre de bruyère pure, très-peu d’eau.--Multiplication par graines, semées fin septembre, sur capot et sous cloche, ou par boutures, traitées de la même manière.

TRIFOLIUM.--Bel arbuste, dont les fleurs jaunes, qui paraissent en mai, sont nombreuses et fort jolies.--Terre de bruyère, mêlée de terre franche.--Multiplication par graines, semées aussitôt leur maturité, par boutures et par marcottes.

TRILLIE.--Plante à racines fibreuses, qui fleurit en avril. Ses fleurs, d’un rouge foncé, sont peu remarquables.--Terre légère.--Multiplication par éclats de racines, en automne, ou par graines, en juin.

TRITOMA.--Grandes et belles fleurs en épis, d’un rouge éclatant, couronnant au mois d’août une tige d’un mètre de haut.--Terre de bruyère, arrosements modérés.--Multiplication par graines.

TROLLE.--En avril, les fleurs jaunes.--Terre légère, peu d’eau.--Multiplication par éclats de racines, en automne, ou par graines, semées en mars.

TUBÉREUSE.--Plante à racines bulbeuses, donnant en juillet de belles fleurs blanches en épis, d’un parfum délicieux.--Terre de bruyère, mélangée de terreau; arrosements fréquents et abondants.--Multiplication par graines.

TULIPE.--Il y a encore des amateurs qui poussent jusqu’au fanatisme l’amour de cette belle fleur, ainsi que nous l’avons dit ailleurs.

Au mois de septembre, on plante les oignons ou les caïeux, dans une terre franche, mélangée d’un peu de terreau, et bien ameublie, à la profondeur de sept à huit centimètres, et à quinze centimètres de distance les uns des autres. On arrose modérément. La fleur paraît en avril, et il faut alors, autant que possible, la garantir du soleil. Lorsque la fleur est passée, et que la tige commence à se fléchir, on arrache les oignons, que l’on nettoie avec soin; on en sépare les caïeux, et on les garde dans un endroit sec pour les replanter au mois de septembre suivant.

V

VALAIRE.--En mai, fleur d’un rouge foncé, inodores et peu remarquables.--Terre de bruyère.--En serre l’hiver.--Multiplication par graines et par éclats de racines.

VALÉRIANE.--Plante des Pyrénées, à racines fibreuses, donnant en juin des fleurs rouges, blanches ou violettes, selon la variété, et toutes d’un très-bel effet.--Terre de bruyère.--Multiplication par éclats de racines, au mois d’octobre.

VARAIRE.--C’est une assez jolie plante, qui fleurit en juin. On en cultive quatre espèces différentes: la noire, la blanche, la verte et la jaune.--Même culture pour toutes.--Terre franche, exposition de l’ouest, arrosements fréquents.--Multiplication par graines semées en avril.

VÉLAR.--En mai, fleurs jaunes peu remarquables.--Terre de bruyère.--Multiplication par graines et par éclats.

VELTHEMIA.--Belle plante de serre, qui fleurit en mars, et dont les fleurs en grappes rouges et jaunes sont d’un bel effet.--Terre de bruyère, mêlée de terreau, peu d’eau.--Multiplication par caïeux, détachés tous les deux ans, ou par graines.

VERGE D’OR.--Plante à racines fibreuses, donnant, en août, des fleurs jaunes, petites, mais nombreuses, et d’un aspect agréable.--Terre de bruyère.--Multiplication par éclats, en octobre.

VÉRONIQUE.--En août, fleurs bleues, blanches ou d’un rose pâle, selon la variété.--Terre légère, arrosements fréquents.--Multiplication par éclats de racines, en octobre, ou par graines, semées en avril.

VERVEINE DE MIQUELON.--Plante bisannuelle, dont les petites fleurs en épis, d’un beau rouge, paraissent en avril.--Terre légère.--Multiplication par graines.

VIEUSSEUXIE.--Plante à racines bulbeuses, dont les fleurs blanches, tachetées de bleu et bordées de noir, s’épanouissent en mai.--Terre de bruyère, mélangée de terreau, peu d’eau.--Multiplication par caïeux.

VIGNE-VIERGE.--Arbrisseau grimpant, dont le feuillage, d’un beau vert, forme de fort jolis berceaux.--Terre franche.--Multiplication par boutures et marcottes.

VILLARSIE.--Jolie fleur, d’un beau jaune, qui s’épanouit en juin.--Terre de bruyère et terreau, beaucoup d’eau.--Multiplication par éclats de racines.

VIOLETTE.--Charmante fleur, emblème du mérite modeste, qui pousse partout, sur la lisière d’un bois, le revers d’un fossé, au pied d’une haie, sans culture et sans soins, et qui n’annonce sa présence que par le parfum qu’elle exhale. Toute espèce de terre lui convient, et elle se multiplie par graines et par racines.

Y