Part 16
AZALÉE.--Très-bel arbrisseau dont la hauteur dépasse quelquefois un mètre et demi, fleurissant en mai. Ses fleurs, d’un doux parfum, ressemblant un peu à celles du chèvrefeuille, sont de différentes couleurs, selon la variété.--Terre de bruyère; arrosements fréquents.--Multiplication par semis, par marcottes et rejetons, en mars.
B
BAGUENAUDIER.--Grand arbrisseau de pleine terre, de trois à quatre mètres de haut, qui ne se cultive que dans les jardins d’une certaine étendue. Nous en avons pourtant vu quelquefois de fort jolis dans de grandes caisses-parterres.--Fleurs jaunes en grappes en juin.--Terre franche.--Multiplication par rejetons œilletons, marcottes; arrosements modérés.--Plusieurs variétés; même culture.
BALSAMINE.--Plante à racines tubéreuses, annuelle, dont les jolies fleurs, de toutes couleurs, selon la variété, s’épanouissent en juillet.--Terre franche; arrosements modérés.--Multiplication par graines semées fin mars et repiquées en mai.
BASILIC.--Plante annuelle, remarquable seulement par son odeur agréable. Fleurit en mai et se multiplie par graines semées en avril sur terreau.--Plusieurs espèces; même culture pour toutes.
BELLE-DE-JOUR.--Charmante plante annuelle qui fleurit en juillet. Fleurs nombreuses, jaunes à la gorge, blanches au milieu et bleues sur les bords.--Multiplication par graines semées en place en avril.--Arrosements modérés. Cette fleur s’ouvre dès que le jour paraît, et se ferme un peu après le coucher du soleil, phénomène auquel elle doit son nom, et qu’on a vainement tenté d’expliquer.
BELLE-DE-NUIT.--Fleurit en juillet, fleurs nombreuses et de diverses couleurs, odorantes ou inodores, selon la variété. C’est une des plus jolies plantes annuelles. On la sème à la fin de mars en place.--Terre légère; arrosements modérés. Ses fleurs, qui présentent la forme d’un entonnoir, s’ouvrent à la fin du jour et se ferment au soleil levant.
BIGNONE.--Ce joli arbuste atteint assez communément une hauteur d’un mètre et demi; les fleurs, qui s’épanouissent en juin, sont brunes en dehors et d’un beau jaune en dedans. Il n’est pas impossible de le multiplier par graines, mais cela est très-difficile, et le semis ne lève que la deuxième année; encore faut-il le tenir sur capot et en avoir les plus grands soins. Le plus sûr et le plus simple est de le multiplier par éclats, par boutures ou par marcottes.--Terre légère; arrosements fréquents.--Deux variétés; même culture.
BOULE DE NEIGE.--Très-bel arbrisseau, fort commun dans les jardins d’agrément; il donne, en mai, de jolies fleurs en boule et d’un blanc de neige.--Terre franche; de l’ombre et un peu d’arrosement.--Multiplication facile par rejetons et boutures.
BOUTON D’OR.--Charmante petite fleur de la famille des renonculacées, qui s’épanouit en juin, et présente la forme d’un bouton du plus beau jaune. Elle se multiplie le plus communément par l’éclat des racines.--Terre franche, arrosements fréquents.
BRUYÈRES.--Jolis arbustes, d’un effet très-agréable dans les appartements. Culture en pot ou en caisse mobile; en orangerie ou en serre pendant l’hiver.--Multiplication par éclats ou par marcottes.--Nombreuses variétés, même culture.
BUGLOSE.--Plante à racines fibreuses, donnant en avril de petites fleurs bleues d’un aspect très-agréable.--Multiplication par graines, ou mieux par éclats.--Terre de bruyère; arrosements modérés.
C
CAMÉLIAS.--Les camélias, qu’on appelait d’abord _roses du Japon_, sont aujourd’hui la fleur la plus en vogue dans l’aristocratie.
Le camélier ou camélia est un très-bel arbrisseau toujours vert, donnant, en février, des fleurs superbes, rouges, blanches ou roses, selon la variété; mais parfaitement inodores.--En serre, d’octobre en mai.--Terre de bruyère mélangée d’un tiers de terre franche et d’un peu de terreau. Il faut le tenir près des fenêtres, car le défaut de lumière le ferait infailliblement périr. Beaucoup d’eau en été et peu en hiver.--Multiplication par graines sur capot et sous cloche; par boutures, qui reprennent très-facilement, et par marcottes qu’on ne peut serrer qu’au bout de deux ans.
Bien que cette fleur soit réellement très-belle, mérite-t-elle la vogue dont elle jouit? Nous pensons, en conscience, qu’elle ne doit cette faveur qu’à la difficulté de la culture. Quoi qu’il en soit, les camélias sont devenus une partie indispensable des toilettes de bal, et certains amateurs ont renouvelé de nos jours, à propos de cette plante, les folies des amateurs de tulipes du siècle précédent. Tout récemment, un procès s’est engagé devant le tribunal de commerce de Paris à propos de deux camélias vendus ONZE MILLE FRANCS. L’acquéreur n’avait acheté ces arbustes, alors à la Nouvelle-Orléans, que sur les dessins qui lui en avaient été donnés: le marché conclu, les camélias arrivèrent à grands frais de l’Amérique. Ils étaient en fleurs, l’acquéreur refusa de les recevoir, prétendant que les fleurs différaient de celles qui lui avaient été montrées sur le papier; mais il fut condamné à prendre livraison et à payer. Cœurs sensibles, ne vous hâtez pas trop de le plaindre: le procès avait eu du retentissement; tous les journaux en avaient rapporté les détails; tout le monde voulut voir ces deux arbustes déposés au Jardin-d’Hiver des Champs-Élysées; les recettes, pour droit d’entrée dans cet établissement doublèrent, et les fleurs que portaient ces deux camélias, vendues au détail, produisirent quatre mille francs! Dans dix ans, les mêmes arbrisseaux se donneront pour trente sous sur les marchés aux fleurs de Paris; dans le pays des roses, le règne du camélia ne peut être que passager.
CAMPANULE.--Plante vivace, à racines fibreuses, se multipliant par graines ou par éclats, et donnant en juin de très-jolies fleurs en forme de cloche, de toutes couleurs, selon les variétés.--Terre franche, mêlée de terre de bruyère. Arrosements fréquents en été.
CAPUCINE.--Jolie plante grimpante qui, à cause du peu de soin qu’elle demande, est l’ornement ordinaire de la fenêtre du pauvre.--Belle verdure, charmantes fleurs. Multiplication par graines, semées en place, au mois d’avril. Il suffit de l’arroser fréquemment pour qu’elle réussisse, à quelque exposition qu’elle soit.
Bien plus jolie que beaucoup d’autres, cette modeste fleur est dédaignée des heureux du jour; il est vrai que la pauvreté a de grands torts: ses faveurs sont à qui les veut, et elles ne coûtent rien!
CENTAURÉE ODORANTE.--En août, fleurs grosses, ayant la forme du bleuet; de couleurs diverses, selon la variété.--Terre franche, multiplication par graines, en février.--Quelques variétés sont vivaces, comme la _centaurée de montagne_, la _centaurée_ blanche, et quelques autres. Ces dernières se multiplient par éclats séparés au mois d’octobre.
CHÈVREFEUILLE.--Charmant arbuste grimpant, hôte des forêts, où il prodigue son délicieux parfum en récompense de l’appui des arbres à hautes tiges autour desquels il s’enroule, et dont la mort seule peut le séparer. Il fait aussi l’ornement des plus beaux jardins; mais si la culture ne lui ôte rien, elle n’augmente pas non plus ses qualités.--Terre légère, peu d’eau. Multiplication par boutures et marcottes, en automne.--Plusieurs variétés; même culture pour toutes.
CHRYSANTHÈME.--Arbuste qui commence à fleurir en avril, et qui ne cesse de donner, pendant la plus grande partie de l’année, des fleurs à rayons blancs.--Terre de bruyère mêlée de terre franche et d’un peu de terreau. Arrosements fréquents.--Reproduction difficile par graines, mais très-facile par boutures, de mai en septembre.
CIERGE DU PÉROU.--Fleurs superbes en août, blanches ou rouges, selon la variété, n’ayant pas moins de cinquante centimètres de circonférence, et exhalant une odeur des plus agréables.--Terre franche; arrosements dans les plus grandes chaleurs de l’été seulement. Multiplication par boutures, qu’il faut couper huit ou dix jours avant de les planter.
CLÉMATITE.--Joli arbuste grimpant, donnant, de juillet en septembre, des fleurs innombrables, d’un doux parfum, et ne demandant point de soins particuliers. Au centre de la France, la clématite est le principal ornement extérieur de la chaumière du pauvre; on la sème sans façon dans le premier coin venu, et dès la première année elle s’attache aux murailles de la demeure à l’abri de laquelle on l’a placée; puis elle s’élève doucement, semblant caresser les modestes murailles qui la protègent, et elle finit par couvrir le toit rustique, d’où ses délicieuses émanations s’étendent au loin. La clématite est une de ces fleurs qu’il est impossible de ne pas aimer. Qui croirait qu’une si douce et si innocente fleur ait pu être la cause première d’un grand crime!
C’était en 1808. Mme la baronne de Cauville, entièrement ruinée par la Révolution, vivait avec son jeune fils, âgé de douze ans, dans une modeste chaumière, au village de Bazincourt (Eure). Le curé du village, noble et digne vieillard, fort instruit, avait pris en amitié le jeune de Cauville, et s’était chargé de faire son éducation; il venait en outre de son mieux à l’aide de la mère, qui ne possédait plus qu’un revenu de quelques centaines de francs, insuffisant pour subvenir à ses besoins. Mais le bon curé était pauvre lui-même, et la baronne souffrait; elle était d’ailleurs frappée au cœur par de cuisants chagrins: l’échafaud avait dévoré son père, son mari, la plus grande partie de sa famille, dont les derniers membres étaient morts sur la terre d’exil.
Le mal faisait des progrès rapides; Mme de Cauville fut bientôt dans un tel état de faiblesse qu’elle dut garder le lit. C’était au mois de juin; Arthur de Cauville ne quittait le chevet du lit de sa mère que pour préparer les remèdes prescrits par le médecin, et aller chercher pour la malade les fleurs qu’elle aimait.
--Mon Dieu! dit un jour cette dernière, que ce monsieur Guiron est heureux d’avoir cette belle clématite que je vois d’ici grimper sur le toit de sa maison, et dont le doux parfum arrive jusqu’à mon lit! Que j’aurais de plaisir à voir et sentir de plus près une branche de cette jolie plante!
Un quart d’heure après, Arthur sollicitait de son voisin Guiron la permission de cueillir quelques branches de sa clématite. Mais Guiron était un de ces hommes sans cœur, ne comprenant que les plaisirs matériels en rapport avec ses appétits grossiers.
--Autrefois, monsieur le baron, répondit-il avec ironie, un personnage comme vous ne m’eût rien demandé; il eût pris mon bien sans se donner la peine de dire gare!... Aujourd’hui que les choses sont changées, chacun doit garder ce qu’il a: la clématite m’appartient, et je défends à tous les barons du monde d’y toucher.
--Monsieur, je vous en prie, dit le jeune homme dont deux larmes qu’il n’avait pu retenir sillonnaient les joues, c’est un désir de malade, de mourante peut-être!...
--Eh bien! est-ce que c’est un brimborion comme ça qui l’empêchera de mourir?... Laissez-moi donc tranquille avec vos singeries.
Arthur se retira la rougeur sur le front et le désespoir dans le cœur. Il ne dit rien à sa mère de l’humiliation qu’il venait de subir, et comme la baronne continuait à manifester le désir d’avoir une branche de clématite, il lui dit qu’il irait voir M. Guiron, leur voisin, vers la fin du jour, et que probablement il obtiendrait la permission de couper quelques tiges de ce joli arbuste.
Le soir venu, le jeune homme sort de sa demeure; il monte sur un petit mur, du faîte duquel il peut atteindre la clématite tant enviée: il en coupe promptement plusieurs branches, et, heureux de cet innocent larcin, il se dispose à se retirer par le même chemin, lorsque Guiron, qui a entendu quelque bruit, sort armé d’un fusil, et fait feu sur le jeune homme. Pas un cri, pas un gémissement ne se fait entendre; Arthur regagne la chambre de sa mère; il remet entre les mains de la malade les branches de clématite qu’il vient de dérober, et presque aussitôt il tombe sans avoir pu prononcer un mot. Exaltée par l’amour maternel, Mme de Cauville recouvre assez de force pour s’élancer hors du lit: elle essaie de relever son fils; elle l’interroge en lui prodiguant les noms les plus tendres; mais Arthur ne peut l’entendre: atteint d’une balle en pleine poitrine, c’était par un effort surhumain qu’il avait pu arriver jusqu’à sa mère; en tombant il avait rendu le dernier soupir.
En reconnaissant toute l’étendue de son malheur, l’infortunée ne fit point retentir sa chaumière de cris et de sanglots; elle s’assit près du corps inanimé de son fils, le prit dans ses bras, le serra contre son cœur, et expira. Ce fut en cet état que, le lendemain, les deux cadavres furent trouvés par le digne curé, seul ami qui restât à ces infortunés.
Le meurtrier, livré à la justice, fut absous comme s’étant trouvé en cas de légitime défense!
COBÆA.--Plante grimpante dont le beau feuillage vert couvre admirablement les berceaux des jardins, ou forme des tonnelles de l’aspect le plus pittoresque. De juin en septembre, fleurs jaunes et violettes, très-belles, mais qui sont presque aussitôt fanées qu’épanouies. C’est encore une des consolatrices du pauvre; c’est aux fenêtres des mansardes et des greniers qu’elle se montre le plus communément. Elle ne demande pas plus de soins que la capucine, sa compagne ordinaire.--Terre franche. Multiplication par graines semées en place; arrosements fréquents.
COLOQUINTE.--Cette plante annuelle, de la famille des cucurbitacées, n’est remarquable qu’à cause de la bizarrerie de son fruit, qui est fort gros, et affecte la forme d’une bouteille, d’une massue, d’une poire, d’une boule, etc., fruit qui, étant vidé, desséché, peut servir à plusieurs ouvrages domestiques.--Multiplication par graines semées vers le milieu de mars, sur capot et sous cloche; arrosements fréquents. Lorsque la tige a acquis une certaine étendue, on la pince à l’extrémité, afin que le fruit grossisse. Ce fruit doit être recueilli en septembre.
CORBEILLE DORÉE.--Plante à racines fibreuses, donnant, en mai, de petites fleurs réunies en bouquets d’un beau jaune doré.--Terre franche. Multiplication par graines, et mieux par éclats faits en automne.
COURONNE IMPÉRIALE.--Plante à oignons, dont les larges et belles fleurs, ordinairement d’un beau rouge, paraissent en avril, et forment une couronne à un ou deux rangs au sommet de la tige.--Terre franche; beaucoup d’eau. Multiplication par graines, et mieux par caïeux, séparés de l’oignon tous les trois ans, en mai ou juin, et replantés aussitôt.
CROCUS OU SAFRAN PRINTANIER.--Plante à oignons, donnant, en février, des fleurs de diverses couleurs, selon la variété.--Terre franche; arrosements fréquents. Multiplication par caïeux détachés, en mai ou juin, tous les trois ou quatre ans, et replantés sur-le-champ.
CROIX DE JÉRUSALEM.--En juin, jolies fleurs à cinq pétales, ressemblant à une croix de Malte, de diverses couleurs, selon la variété. Plante fibreuse, se multipliant par graines, boutures et marcottes, et mieux par éclats faits au mois de novembre.--Terre franche; arrosements abondants.
CUPIDONE.--En juillet, fleurs d’un beau bleu.--Terre de bruyère; peu d’eau. Multiplication par éclats.
CYTISE.--Arbuste dont les fleurs, qui paraissent en juin, sont d’un très-beau jaune.--Terre légère; très-peu d’eau. Multiplication par graines et par éclats.
D
DAHLIA.--Cette fleur, qui malheureusement n’a aucun parfum, est l’une des plus belles que l’on connaisse. Elle est produite par une plante à racines tubéreuses, d’une culture très-facile, puisqu’il suffit de relever les tubercules avant les grands froids pour les replanter en terre franche au mois d’avril. Les fleurs qui s’épanouissent depuis la fin de juillet jusqu’aux derniers jours d’octobre, ont quelquefois jusqu’à vingt-cinq centimètres de circonférence, et présentent les couleurs les plus belles et les plus variées. Le nombre des variétés de cette belle fleur est de plus de trois cents. On en cultive, au jardin du Luxembourg, à Paris, une des plus belles collections qui se puissent voir. Les tiges ont assez communément d’un mètre à un mètre et demi de haut, et c’est quelque chose d’admirable que l’aspect de cette mer de fleurs de toutes nuances ondulant sous la brise. Il n’y a point aujourd’hui de parterre possible sans dahlias.
On nous apprend que des essais faits récemment à Chambéry, il résulte que les tubercules du dahlia, cuits d’une certaine manière, sont un mets délicieux. Mais nous avons trop de raisons de douter de la capacité culinaire de ces mangeurs de châtaignes pour prendre cela au sérieux.
DALÉA.--Plante à racines fibreuses, donnant en juillet des fleurs en épi, petites, d’un rouge violet.--Terre légère, arrosements modérés. Multiplication par graines semées en avril.
DAPHNÉ.--Arbuste de serre, d’un mètre de haut, donnant en janvier de petites fleurs vertes d’une couleur agréable.--Terre de bruyère mêlée de terre franche; arrosements fréquents, mais peu abondants. Multiplication par graines semées sur capot et sous cloche aussitôt leur maturité, et repiquées en pot.
DATURA.--Très-bel arbrisseau, dont les fleurs d’un blanc de neige s’épanouissent en août et exhalent une odeur des plus agréables.--Terre de bruyère, point d’eau l’hiver, très-peu l’été. Multiplication par marcottes.--Le moindre froid pouvant être fatal à cette jolie plante, il faut la rentrer de bonne heure, ne la sortir qu’en mai, et la placer de manière à ce que la lumière ne lui manque pas.
DIGITALE.--En août, jolies fleurs en épi, de diverses couleurs, selon la variété.--Terre franche mêlée de terreau; arrosements modérés. Multiplication par œilletons, en automne, ou par graines semées aussitôt leur maturité.
E
ÉPI DE LA VIERGE.--Fleurs à oignons, donnant en juin des fleurs blanches en étoiles ou en épi.--Terre franche mêlée de terre de bruyère; arrosements fréquents. Multiplication par caïeux séparés tous les trois ans et replantés en automne.--Plusieurs variétés, même culture.
F
FARAGELLE.--Plante à racines fibreuses. En septembre, fleurs rougeâtres.--Terre de bruyère; peu d’eau.--Multiplication par éclats au printemps.
FLEUR DE LA PASSION OU GRENADILLE BLEUE.--Arbuste dont la tige a communément sept à huit mètres de longueur; il donne, en août, des fleurs bleues d’une forme bizarre, dans lesquelles, l’imagination aidant pour beaucoup, comme il arrive toujours en pareil cas, on a cru voir tous les instruments de la Passion: couronne, lance, clous, marteau, échelle, etc. On peut former avec cet arbuste de très-jolis berceaux.--Terre légère; beaucoup d’eau. Multiplication par marcottes, boutures et rejetons.
FRAGON.--En décembre, petites fleurs blanches surgissant à la surface supérieure des feuilles, qui sont piquantes.--Terre franche, arrosements fréquents. Multiplication par graines et par éclats.
FRAXINELLE.--Plante singulière, exhalant, dans les temps chauds et secs, une sorte de gaz qui s’enflamme lorsqu’on en approche une lumière.--En juillet, de belles et grandes fleurs purpurines en grappes.--Multiplication très-facile par graines semées en août, ou par éclats faits en novembre.
G
GENTIANE.--En mai, grandes fleurs d’un bleu clair. Terre de bruyère; arrosements fréquents et abondants.--Multiplication par graines aussitôt leur maturité, ou par éclats en novembre.
GÉRANIER OU GÉRANIUM.--Joli arbuste dont on cultive un grand nombre de variétés, les unes inodores, d’autres exhalant le parfum le plus suave, et d’autres encore répandant une odeur fétide, mais rachetant ce défaut par des fleurs du plus vif éclat.--Terre franche; beaucoup d’air et de lumière; peu d’eau.--Multiplication par boutures qui demandent de grands soins: elles se font en avril, dans des pots placés sur capot et sous cloche que l’on soulève graduellement, jusqu’à ce que la plante ait acquis assez de force pour supporter l’air libre et être ensuite transplantée.
Il y a des espèces à racines tuberculeuses dont la multiplication est plus facile. On coupe les tubercules de manière à ce que chaque morceau soit pourvu d’un œil; on les plante en pot, et l’on arrose un peu.
GIROFLÉE.--Jolie plante à racines fibreuses, donnant, en juin, de belles fleurs en grappes, jaunes, blanches, rouges ou violettes, selon la variété, et exhalant une odeur très-agréable. Les principales variétés se multiplient par graines semées en terre franche mêlée de terreau; on enlève les sujets quand ils sont assez forts et on les met en place. Arrosements fréquents. Quelques variétés peuvent se reproduire par boutures, particulièrement celle appelée _variable_, dont les fleurs, d’abord blanches, deviennent jaunes ensuite, puis rouges. Cette dernière variété est vivace.
Nous ne parlerons pas ici de la giroflée des murailles, qui ne demande aucun soin, n’exige aucune culture: un peu de poussière, une goutte d’eau dans la fente d’un vieux mur lézardé, de l’air, du soleil et la rosée du ciel, c’est tout ce qu’il lui faut pour devenir belle et jeter autour d’elle son suave parfum. C’est encore une amie du pauvre qui se trouverait mal à son aise dans un riche parterre.
GLACIALE.--Les grosses tiges de cette plante annuelle sont garnies de globules transparents remplis d’une eau très-limpide, de telle sorte que, pendant les grandes chaleurs, elles semblent couvertes de glace. C’est là, du reste, tout son mérite, les petites fleurs blanches qu’elle donne en août étant insignifiantes.--Multiplication par graine semée en avril sur un terrain bien fumé, pour être repiquées en juin.
GLAIEUL.--Plante à oignons, fleurissant en mai; fleurs roses, blanches ou rouges, selon la variété. On lève les oignons fin de juin; on les garde dans un endroit sec jusqu’aux derniers jours de septembre. On en détache alors les caïeux qu’on replante aussitôt.--Terre franche, mêlée de terre de bruyère; arrosements modérés.
GLOBULAIRE.--En juin, fleurs bleues, petites, mais se réunissant en globe, et d’un assez joli effet. Plantes à racines fibreuses.--Terre légère.--Multiplication par éclats.
GRENADIER.--Belles fleurs rouges en août. Il se cultive en caisse comme les orangers.--Terre franche, arrosements fréquents; en serre d’octobre en avril.--Multiplication par marcottes et boutures.--Plusieurs variétés; même culture.
GUEULE DE LOUP OU MUFLIER.--Plante à racines fibreuses, dont les fleurs, paraissant en mai, sont rouges ou blanches, selon la variété, et sont en forme de mufle.--Terre franche, arrosements modérés.--Multiplication facile par graines semées en mars, ou par éclats en automne.
H
HARICOT D’ESPAGNE.--Deux espèces: l’une donnant en juin de belles fleurs rouges non odorantes; l’autre, en juin également, des fleurs plus grandes et d’une odeur agréable. Toutes deux se sèment au commencement du printemps en terre légère. L’espèce à grandes fleurs se multiplie aussi par marcottes et boutures. Cette espèce étant vivace, doit être semée en pots, afin d’être mise en serre aux premiers froids.
HÉLIOTROPE.--Arbuste donnant, de la fin de juillet en septembre, de petites fleurs violettes en bouquets d’un parfum doux et agréable.--Terre de bruyère, arrosements fréquents en été, peu ou point en hiver.--Multiplication par graines, et mieux par boutures placées sur capot et sous cloche jusqu’à parfaite reprise.
HELLÉBORE.--En février, fleurs jaunes peu odorantes. Cette plante, à racines fibreuses, ne craint pas le froid, et elle demande peu de soins; en outre, elle fleurit au milieu de l’hiver, ce qui suffit pour la faire rechercher.--Deux variétés.--Multiplication par éclats, au commencement de l’hiver.
HÉMÉROCALE.--Charmante fleur qui ressemble au lis et dont l’odeur n’est pas moins suave que celle de ce roi du parterre. Plusieurs variétés, qui, toutes, fleurissent en juin.--Terre de bruyère; arrosements modérés.--Multiplication par caïeux séparés et replantés en automne. En serre jusqu’au printemps.