Les fleurs animées - Tome 2

Part 15

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GREFFE EN COURONNE.--Elle ne se pratique que sur des sujets très-forts, sur un tronc coupé aux deux tiers de sa hauteur, par exemple. On pratique sur ce sujet, à l’aide d’un petit coin de bois, une ouverture entre le bois et l’écorce sur toute la circonférence; on place ensuite dans cette ouverture, et en forme de couronne, les greffes préparées comme pour greffer en fente, en ayant soin que l’écorce du sujet et celle des greffes se touchent, et on achève l’opération comme pour la greffe en fente.

GREFFE EN ÉCUSSON.--On ne pratique cette greffe que sur les arbres et arbrisseaux dont l’écorce se détache facilement. On pourra greffer de cette manière au printemps pendant la séve et en automne. Faite en automne, on la nomme _greffe à œil dormant_, parce qu’elle ne reprend qu’au printemps suivant; faite au printemps, pendant la séve, on l’appelle _greffe à œil poussant_, parce qu’elle pousse presque aussitôt: mais en général, celle pratiquée en automne réussit mieux.

Si l’on opère en novembre, on choisira pour prendre la greffe une branche de cette même année. Avec le tranchant du greffoir on incise l’écorce de cette branche en forme d’écusson, tout autour d’un œil bien nourri; puis, glissant le greffoir sous cet écusson, entre l’écorce et l’aubier, on le détache, on fait aussitôt sur le sujet deux incisions, l’une horizontale, un peu plus large que l’écusson; l’autre verticale, de manière que les deux incisions forment cette figure T, si l’on opère en automne, et celle-ci ⟘, si c’est au printemps. On glisse ensuite le greffoir sous l’écorce ainsi incisée jusqu’à l’aubier, et on la détache assez pour pouvoir glisser dessous l’écorce qui est la greffe, puis on coupe horizontalement la partie supérieure de cet écusson, de manière que l’écorce de la greffe et celle du sujet soient réunies. On fait ensuite, avec de la laine ou du chanvre, une ligature qui maintienne les choses en cet état, et que l’on aura soin de desserrer à mesure que le sujet grossira.

GREFFE EN APPROCHE.--Ce genre de greffe réussit sur tous les arbres et arbrisseaux, pourvu que greffe et sujet soient assez voisins pour pouvoir se toucher. Supposons, par exemple, qu’un lilas et un syringa soient assez voisins pour que l’on puisse mettre en contact une branche de l’un avec une branche de l’autre, il sera facile alors d’obtenir du lilas sur le syringa, et du syringa sur le lilas. Les branches étant autant que possible de grosseur égale, on incisera jusqu’à la moelle la branche de lilas et celle de syringa; on les appliquera et on les maintiendra l’une contre l’autre dans la partie incisée, à l’aide d’une ligature et du mastic composé comme il est dit plus haut. Si c’est le lilas qui doit produire du syringa, on coupera à quelques centimètres au-dessus de la ligature la branche du lilas qui est le sujet, afin de forcer la séve à monter dans la greffe; on fera la même chose dans le sens opposé, si l’on veut faire produire du lilas au syringa. Lorsque la soudure sera complète, on pourra couper la greffe au-dessous de la reprise, mais non tout d’un coup: on fera d’abord une entaille qu’on rendra successivement plus profonde jusqu’à ce que la section soit entière.

La greffe en approche peut se faire de mars en septembre; mais elle réussit mieux lorsque la séve monte que lorsqu’elle descend.

GREFFE ANGLAISE.--Pour que cette greffe réussisse, il faut que le sujet soit jeune, et que sujet et greffe soient de la même grosseur: l’un et l’autre sont coupés en biseau de même longueur et en sens inverse, afin de s’ajuster parfaitement; mais comme, malgré la ligature, la greffe pourrait glisser, on pratique à la partie correspondante du biseau de la tige une entaille ascendante, de manière que la greffe se trouve accrochée au sujet, et l’on termine comme pour la greffe en fente. Cette greffe ne réussit bien qu’au printemps.

GREFFE HERBACÉE.--C’est tout simplement la greffe en fente appliquée aux plantes herbacées ou aux plantes ligneuses alors qu’elles sont encore jeunes et molles. On l’emploie avec succès lorsque le sujet est dans toute sa force de végétation, c’est-à-dire un peu avant la floraison. Le sujet et la greffe étant très-tendres, il faut opérer avec beaucoup de dextérité; elle est d’ailleurs peu en usage pour les fleurs.

ÉDUCATION DES PLANTES

De graine, de rejeton, marcotte ou autrement, la plante est née. C’est maintenant surtout que la tendresse et les soins maternels lui sont nécessaires: un coup de vent peut suffire pour renverser, anéantir ces pauvres petits individus sortis de la terre pour sourire au soleil. Le mouvement de locomotion dont ils ne sont pas doués est pourtant indispensable à un grand nombre d’entre eux. C’est le moment, Mesdames, de leur tendre une main secourable pour leur faire quitter ce berceau où ils sont mal à l’aise, maintenant qu’ils commencent à grandir. Mais, prenez garde! quelque tendre que soit votre cœur, quelque douce que soit votre blanche main, il suffirait de la plus légère distraction pour que vous ayez à vous reprocher la mort de ces frêles enfants.

Dès que la plante obtenue par un des moyens indiqués plus haut, à l’exception de la greffe, a atteint une certaine force, il s’agit de la placer, soit en pleine terre, soit en caisse-parterre, ce qui est à peu près la même chose, soit en caisse ou en pot; c’est ce qu’on appelle _repiquage_, une des plus importantes opérations d’horticulture.

REPIQUAGE.--Soit que l’on ait semé en pleine terre, sur couches ou sur _capot_, ce qui est la même chose; soit, ainsi que nous venons de le dire, que le sujet vienne de marcotte, bouture, etc., il arrive un moment où il faut l’enlever pour le mettre plus à l’aise, à la place qu’il doit orner. Si les sujets à repiquer sont en pot, on casse ce dernier avec précaution, on divise la terre qu’il contient en autant de parties qu’il y a de sujets; on enlève chacun de ceux-ci avec la partie de terre qui lui est adhérente, on le met dans le trou préparé à le recevoir, et on arrose sur-le-champ. Lorsque le sujet qu’il s’agit de repiquer est en pleine terre, on l’enlève avec le transplantoir; mais si les plants n’étaient pas assez espacés, on les enlèverait collectivement en passant la houlette dessous, sauf à les séparer ensuite comme ceux semés en pot.

Les plantes robustes se transplantent à nu, c’est-à-dire qu’on les arrache tout simplement du lieu où elles sont pour les placer symétriquement dans un autre. Dans ces plantes, on retranche quelquefois le pivot de la racine, lorsqu’il est trop long, ce qui nuit à la reprise, et l’on ôte une partie du chevelu, quand il est trop abondant. Mais la règle est difficile à poser sur ce point, et le plus sage est de laisser les racines entières et de ne pas les blesser.

Il est bien entendu que chaque plante doit être repiquée dans la terre qui lui convient, laquelle aura été ameublie, et que les arrosements seront fréquents jusqu’à ce que la reprise soit complète.

TRANSPLANTATION.--On procède pour la transplantation à peu près de la même manière que pour le repiquage. Cette opération ne se fait avec succès que vers la fin de novembre. S’il s’agit de transplanter un arbuste ou un arbrisseau, on en coupe les branches; mais il ne faut pas toucher aux racines, et si, par accident, on en avait blessé quelques parties, il faudrait amputer sur-le-champ les parties lésées avec un instrument bien tranchant. Le mal, de cette manière, serait moins grand, mais il ne serait pas entièrement réparé. Les arbres toujours verts se transplantent en enlevant avec les racines la motte de terre qui les environne; on ne coupe pas les branches.

ARROSEMENTS.--Nous devons répéter ici que l’eau n’est pas moins nécessaire aux plantes que l’air et la lumière; mais toutes n’ont pas un égal besoin d’humidité, et il y a un grand nombre de gradations entre la plante qui naît, vit et est fécondée au fond des fleuves et celle qui végète sur les plus arides rochers. Nous ne pouvons indiquer qu’une règle générale qui consiste à n’arroser que fort peu les plantes grasses, charnues, spongieuses, et à arroser davantage, mais sans excès pourtant, les plantes fibreuses et ligneuses.

Dans l’hiver, on arrosera après le lever du soleil, afin que l’eau ne puisse être saisie par la gelée; dans l’été, au contraire, il faut arroser le soir, après le soleil couché, pour que l’eau ne s’évapore pas avant d’avoir pénétré dans la terre.

L’eau dont on se sert pour arroser doit avoir le même degré de chaleur que la température; si donc on se servait de l’eau d’un puits profond, il faudrait, avant de l’employer, l’exposer à l’air pendant plusieurs heures. L’eau de pluie est la plus favorable à la végétation. Ce n’est pas seulement le pied des plantes qu’il faut arroser, mais encore les tiges, les rameaux, les feuilles; les fleurs seules ne doivent pas recevoir d’eau.

RENCAISSAGE.--Rencaisser ou rempoter, c’est enlever une plante du vase où elle se trouve pour la placer dans un autre, afin d’en renouveler la terre. Une plante peut demeurer sans danger pendant deux ans dans le même vaisseau, et au maximum trois ans; mais alors il faut la rencaisser, ce qui se fait avec le plus de succès au commencement du printemps. Après avoir laissé un peu sécher la terre, on enlève la plante, on en secoue doucement les racines, on les ébarbe légèrement avec un instrument bien tranchant, puis on les enterre dans un autre vase préparé à cet effet; on arrose, et l’opération est terminée. Une autre opération, appelée _demi_-rempotage, consiste à enlever chaque année, au printemps, avec une houlette, le tiers ou la moitié de la terre contenue dans le pot, et à la remplacer par de la terre nouvelle de même espèce.

Lorsqu’une plante dépérit sans cause apparente, il faut la dépoter sur-le-champ, en examiner les racines, les laver soigneusement, et si l’on y découvre quelque plaie, retrancher la partie malade en la coupant le plus nettement possible. On rempote ensuite la plante, et si elle est délicate, on la met sur capot et sous cloche jusqu’à ce qu’elle ait repris assez de vigueur pour supporter l’air libre.

INSECTES

MOYENS DE LES DÉTRUIRE

Quatre sortes d’insectes sont particulièrement redoutables aux fleurs: ce sont les _pucerons_, les _fourmis_, les _kermès_ et les _tiquets_... Les pucerons sont surtout abondants dans les années humides; ils s’établissent à l’extrémité des rameaux, détruisent les feuilles et souvent les fleurs. S’ils n’apparaissent pas en trop grand nombre, on peut les détruire en les faisant tomber à l’aide d’une petite brosse, et même avec la barbe d’une plume; s’ils sont abondants, il faut arroser les rameaux dont ils se sont emparés avec une eau de savon légère.

Les fourmis sont plus difficiles à détruire, à cause de leur activité, qui fait qu’elles sont ici, là et ailleurs presque en même temps; mais il est facile de les empêcher d’envahir les plantes à tige: ce moyen consiste à entourer la tige, vers le milieu de sa hauteur, d’un assez large anneau de coton cardé qu’elles ne peuvent franchir. Lorsque le contact de l’air, de l’eau, de la poussière commence à durcir le coton, on le change. Cela n’est nécessaire que pour les plantes en pleine terre; quant à celles en pots et en caisses, il suffit de les placer dans un lieu que l’on environne d’eau.

Les kermès sont une sorte de punaises qui attaquent particulièrement les orangers; le meilleur et le plus sûr moyen pour s’en débarrasser est de laver la tige et les branches avec de l’eau claire et une brosse rude, et d’arroser les feuilles avec de l’eau de savon.

Les tiquets sont des insectes qui se logent le plus communément sur les lis; on les détruit en arrosant les plantes avec une décoction de tabac. Cette décoction seule suffirait pour détruire tous les insectes qui nuisent aux fleurs; mais il est un grand nombre de plantes qui ne pourraient supporter cet arrosement, qu’on ne doit employer que modérément et avec précaution.

TAILLE DES ARBUSTES

ARBRISSEAUX ET ARBRES

L’opération de la taille n’est importante que pour les arbres fruitiers; quant aux arbrisseaux et arbustes d’agrément, on ne les taille qu’en vue de leur donner la forme la plus agréable, et dans certains cas aussi pour accélérer la végétation. Il suffira donc ici d’en exposer les principes généraux que voici:

Les petites branches se taillent avec une serpette bien tranchante; la coupure doit être nette, sans mâchure ni égratignure sur les bords. L’endroit où s’est faite la solution de continuité doit être plane et être, autant que possible, à l’exposition du nord. Pour les grosses branches on peut employer la scie à main; mais on doit ensuite unir la surface avec la serpette ou tout autre instrument tranchant.

Quand on coupe une branche, il faut qu’il y ait au moins un œil au-dessous de l’endroit où se pratique l’amputation.

Il est important surtout de s’attacher à retrancher ce qu’on appelle les _branches gourmandes_, qui ne produisent rien, n’ont pas d’yeux et se développent avec rapidité aux dépens des branches productives.

L’époque la plus convenable pour la taille est la fin de février ou les premiers jours de mars.

Plus les branches d’un arbre ou arbrisseau croissent rapidement, moins elles donnent de fleurs et de fruits; la séve, montant trop vite, n’agit plus sur les boutons; on dit alors que l’arbre _s’emporte en bois_. Dans ce cas, il ne faut pas avoir recours à la taille, il est trop tard; cette opération ne pouvant jamais être faite avec succès que lorsque la séve est en repos. Mais il est un moyen bien simple d’empêcher que les rameaux prennent un trop grand développement: il suffit pour cela de pincer avec les ongles l’extrémité des rameaux qui ont une tendance à s’emporter. Cela ne diminue pas l’énergie de la séve, mais l’oblige à refluer sur les boutons.

Il arrive quelquefois que l’on est dans la nécessité de couper toutes les branches d’un arbrisseau, soit parce qu’on en veut changer la direction, soit qu’à la suite d’une maladie l’arbre n’ait plus assez de vigueur pour les supporter. Cette opération doit être faite avec beaucoup de soin, et de manière à ne pas arrêter tout à fait la végétation. Il faut, dans ce cas, laisser au sommet de la tige quelques-unes de ces petites branches appelées brindilles, garnies de boutons, sauf à supprimer ces brindilles plus tard, lorsque l’arbre aura repris une vigueur suffisante. Il est aussi nécessaire, après avoir coupé les plus grosses branches, de couvrir avec de la cire à greffer la place où l’amputation a été pratiquée.

L’opération appelée _tonte_ demande moins de soin; elle consiste à donner à un arbre ou arbuste une forme quelconque, à l’aide de grands ciseaux avec lesquels on coupe symétriquement les extrémités des branches. C’est par la tonte que les orangers du jardin des Tuileries, à Paris, et des principaux jardins publics, ont pris et conservent tous la même forme et ressemblent à des boules de feuillage. On peut par le même procédé avoir des arbustes en forme de pyramide, de gobelet, etc. Mais nous sommes loin d’approuver cette régularité, cette symétrie qui change l’aspect naturel des plantes, et leur enlève tout ce qu’elles ont d’agreste et de capricieux. C’est de la tyrannie, et aussi de la barbarie et de la cruauté, puisqu’en agissant ainsi on substitue sa volonté à celle de la nature, et qu’on fait souffrir l’opprimé en même temps qu’on lui enlève une partie de ses charmes. Taillez donc, mesdames, et ne tondez point; car tailler c’est guérir, et tondre c’est blesser.

Tels sont, belles lectrices, les éléments de cette science ou de cet art si facile à acquérir, et source intarissable de tant de pures jouissances dont tous les artifices de style seraient impuissants à donner une juste idée. Véritables Fleurs animées, c’est à vous qu’il appartient de faire vivre, de diriger et d’embellir ces sœurs, ces frêles et délicieuses compagnes que vous a données le ciel, après vous avoir douées de cette intime délicatesse qui vous en fait sentir tout le prix. L’amour des fleurs est inné dans le cœur de la femme, et nous ne doutons pas que beaucoup d’entre vous, mesdames, ne possèdent par intuition l’art de les cultiver. Nous ne laisserons pas néanmoins de vous donner quelques conseils sur la culture particulière de chacune des plus belles. Un bon avis est un œil dans la main, dit la sagesse des nations, et il n’est pas impossible qu’à la plus savante un peu d’aide fasse grand bien.

SECONDE PARTIE

CULTURE SPÉCIALE

DES PRINCIPALES FLEURS

INDIQUÉE PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE

Nous faisons ici l’abstraction de la botanique; nous ne rangeons donc pas les fleurs par tribus, par familles, par genres, mais simplement par ordre alphabétique. Il ne s’agit plus de compter les pistils, les étamines, les pétales; mais bien de savoir ce qu’il faut faire pour obtenir les plus belles variétés d’un individu, à quelque tribu, famille et genre qu’il appartienne. C’est ici de la science facile, dans laquelle on peut pénétrer avec le même succès, soit que l’on commence par la fin, le milieu ou le commencement; c’est un dictionnaire, ou plutôt un conseiller toujours disposé à rendre un bon office sans s’inquiéter de formes ou de méthodes.

Il ne serait pas impossible pourtant que la lecture s’en fît tout d’une haleine: nous vous avons raconté de plus grands miracles que celui-là, et encore ici trouverez-vous peut-être quelquefois le conteur sous l’écorce du jardinier. Espérons donc et commençons.

A

ACONIT.--On cultive trois variétés de cette plante, qui fleurit en juin; l’_aconit napel_, qui, sur une tige haute communément de plus d’un mètre, porte des fleurs en épi d’un beau bleu; l’_aconit à grandes feuilles_, dont les fleurs sont d’un bleu plus vif, et l’_aconit tue-loup_, qui donne des fleurs jaunes. Plantes à racines fibreuses.--Terre de bruyère.--Se multiplient par éclats.

ADONIDE D’ÉTÉ.--Plante annuelle qui se multiplie par graines semées en place, et donne, en juillet, de petites fleurs blanches, jaunes ou rouges, selon la variété. L’_adonide printanière_ est une autre espèce qui est vivace, fleurit en juillet et donne de très-belles fleurs jaunes. Cette dernière peut se multiplier par éclats; la terre de bruyère convient à toutes deux.

AIRELLE.--Arbuste dont on cultive plusieurs variétés. La plus remarquable est l’_airelle myrtille_, arbuste de soixante à soixante-dix centimètres de hauteur, donnant en mai des fleurs en grelot d’un rose pâle, et en août des baies semblables au raisin d’un goût très-agréable.--Terre de bruyère. On peut le reproduire par graines, rejetons et marcottes; mais ce dernier procédé est celui qui réussit le mieux. Des autres variétés remarquables de cette plante sont l’_airelle corymbifère_, qui atteint communément une hauteur d’un mètre et demi; l’_airelle veinée_, arbuste plus petit que le premier. La culture est la même pour toutes les variétés.

AMARANTE.--Charmante fleur annuelle dont on cultive deux variétés, l’_amarante en queue_, qui donne en juin des fleurs en épi très-allongé, et _amarante tricolore_, dont les fleurs sont réunies en paquet. Ces deux variétés se reproduisent par graines semées à la fin de mars sur couches ou sur capot.--Terre de bruyère mêlée de terre franche et de terreau.

AMARYLLIS.--Plante à oignons, fleurissant en septembre.--Terre de bruyère, multiplication par caïeux que l’on sépare des oignons tous les deux ans. Nombreuses variétés, dont les principales sont l’_amaryllis jaune_, la seule variété qui puisse s’accommoder d’une autre terre que celle de bruyère; l’_amaryllis dorée_, l’_amaryllis à fleurs en croix_, et l’_amaryllis de Guernesey_, admirable plante du Japon, jetée sur les côtes de l’île de Guernesey par une tempête, ainsi que nous l’avons dit plus haut, dans la _Botanique des Dames_.

AMÉTHYSTE.--Plante annuelle, qui donne en juin des fleurs bleues très-jolies. Multiplication par graines, semées aux premiers jours d’avril, en terre de bruyère mêlée de terreau.

AMOMON.--Joli arbrisseau dont la hauteur varie d’un mètre à un mètre et demi. Il donne en août des fleurs blanches, et en septembre des fruits rouges qui ont la forme de cerises, mais qui ne sont pas mangeables.--Terre légère.--Multiplication par marcottes et par semis faits fin de mars.--Beaucoup d’air; terre ameublie; arrosements modérés.

ANCOLIE.--On cultive l’_ancolie commune_ et l’_ancolie du Canada_. Toutes deux fleurissent en mai; la première donne des fleurs très-jolies, bleues ou roses; les fleurs de la seconde sont d’un beau jaune.--Terre de bruyère mêlée de terre franche. Multiplication par éclats, et par graines, qui doivent être semées aussitôt qu’elles sont mûres.

ANÉMONE.--Cette belle plante compte un grand nombre de variétés; les plus jolies sont celles dont les nuances sont pures et bien tranchées, depuis le bleu du ciel jusqu’au nacarat. On ne peut obtenir ces belles variétés que par le semis fait au commencement de mars sur terre franche recouverte de terreau. On arrose fréquemment. La plante, cette année, ne donne pas de fleurs. En juin ou au commencement de juillet, les feuilles se fanent; alors on déterre les pattes, et après les avoir fait sécher à l’ombre, on les replante en octobre, en observant de laisser entre chacune une distance de trois à quatre centimètres. Au mois d’avril suivant on obtient des fleurs; on forme alors une collection, qu’on plante chaque année en octobre. Il est mieux encore de faire deux collections et d’alterner la plantation, de sorte que la même collection ne donne des fleurs que tous les deux ans. Loin de nuire à la plante, ce repos d’une année la fortifie, et elle donne ensuite des fleurs admirables.--Terre franche.--Déterrer la plante en juillet et en séparer des tubercules nouveaux.

Les anémones cultivées en pots, dans les appartements, peuvent donner des fleurs au milieu de l’hiver; mais celles que l’on force ainsi ne se reproduisent plus; il faut donc se bien assurer des richesses que l’on possède avant de tuer ainsi la poule aux œufs d’or.

APOCYN.--Plante à racines fibreuses, qui donne en juillet de petites fleurs roses et blanches en forme de cloche. On nomme aussi cette plante _gobe-mouche_, parce que la fleur, exhalant une odeur de miel, attire les mouches qui se trouvent prises dans la matière visqueuse dont est enduit l’intérieur de la corolle.--Terre légère; multiplication par éclats en octobre, et par semis en mars.

ARMOISE OU CITRONELLE.--Joli arbuste de soixante à soixante-quinze centimètres de haut, donnant en août de charmantes petites fleurs en grappes, et dont les feuilles exhalent une odeur de citron des plus agréables. Se cultive en pots qu’il faut rentrer aux premiers froids.--Arrosements modérés. Terre franche mêlée de terre de bruyère.--Multiplication par semis; mais plus facilement par éclats au mois de mars.

ASCLÉPIADE.--Plante à racines fibreuses. En juillet, petites fleurs rouges exhalant un parfum de vanille assez prononcé.--Terre de bruyère; arrosements fréquents.--Multiplication par graines, et plus facilement par éclats, fin octobre.--Plusieurs variétés; même culture.

AUBÉPINE.--Il n’est personne qui ne connaisse ce charmant arbrisseau dont, vers la fin d’avril, le parfum embaume nos champs. Il n’y a presque rien à dire sur la culture de l’aubépine, qui croît spontanément dans toutes sortes de terre, au milieu des haies vives, sur la lisière des forêts, sur les coteaux les plus escarpés. Toutes les terres lui conviennent sous un climat tempéré; mais la terre franche est celle dans laquelle elle se plaît le mieux.

L’aubépine, cependant, ne peut être convenablement placée que dans un jardin d’une certaine étendue: les soins qu’on lui donne n’ajoutent rien à la délicieuse odeur qu’elle exhale; mais ses fleurs sont plus nombreuses; ses rameaux prennent un plus grand développement. C’est encore un emblème de l’innocence; mais c’est l’innocence agitée par l’espérance et la crainte; c’est l’innocence sous les armes.--Peu d’eau, beaucoup d’air.--Multiplication par boutures, marcottes, et plus facilement par graines semées aussitôt qu’elles sont mûres.