Part 12
PIE VI -- 6 PIE VII -- 7 LÉON XII -- 12 PIE VII -- 7 LÉON XII -- 12 PIE VIII -- 8 10 10 10 -- -- -- 23 29 30
Le 20 août 1823, Le 10 févr. 1829, Le 30 novemb. 1830, mort de Pie VII. mort de Léon XII. mort de Pie VIII.
Cette singularité était dans mes papiers depuis deux ou trois ans, quand j'ai trouvé dans le _Musée des familles_, nº de mai 1837, p. 237-240, un article intitulé ELECTION D'UN PAPE, dans lequel se lit le passage suivant:
«... Quand la mort de Léon XII vint réunir sur Pie VIII les suffrages des Cardinaux, l'opinion commune fut qu'il n'occuperait pas longtemps le Saint-Siège; et ce qui vint donner à cette opinion un certain poids parmi le peuple romain, très superstitieux de sa nature, c'est le calcul soit disant cabalistique qu'on faisait courir dans le public et qui fixait la mort du nouveau Pape à l'année 1830, (ce qui arriva).
»Voici ce calcul:
»On additionnait le chiffre placé après le nom du Pape régnant avec celui qui suivait le nom de son prédécesseur; puis en ajoutant le signe de mort équivalant pour eux à X, on arrivait à connaître l'année présumée du décès.
«Exemples:
»Pie (VI) et Pie (VII) + X = 23. »Pie (VII) et Léon (XII) + X = 29. »Léon (XII) et Pie (VII) + X = 30.
»Bien que le hasard ait vérifié, comme on le voit, plusieurs fois cette espèce de prophétie, l'existence du pape actuel (Grégoire XVI), qui aurait dû, d'après ce calcul, mourir en 1834, démontre qu'il n'est pas infaillible, (je parle du calcul); en effet, la combinaison pour ce Saint Père, était celle-ci:
»Pie (VIII) et Grégoire (XVI) + X = 34.»
Ceci est écrit en 1837.
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A la suite de ces rapprochements assez singuliers, disons un mot sur chacun des quatre Pontifes mentionnés ci-dessus et sur leur successeur actuel, le Pape régnant. Cette notice est simplement chronologique.
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PIE VI (Jean-Ange Braschi), élu Pape (le 253e) à Rome le 14 février 1775, est amené en France en 1798 par suite de malheureux événements arrivés à Rome[79]; sa résidence était fixée à Valence; il y meurt le 29 août de la même année 1798, âgé de 80 ans. Son Pontificat a duré 23 ans.
[Note 79: Le jeune Duphot, militaire français, fut tué à Rome dans une émeute le 28 décembre 1797. Aussitôt les troupes françaises qui étaient aux portes de la ville, s'en emparèrent. On se saisit de la personne de Pie VI; on le conduit d'abord à Sienne, puis dans une Chartreuse près de Florence; enfin on le transfère dans l'intérieur de la France. Ce vénérable vieillard traversa les Alpes et le Mont Genèvre, porté par quatre hommes, sans paraître ému des dangers d'une route escarpée et où il fut souvent presque suspendu sur les précipices. Ses cheveux aussi blancs que les neiges qui l'environnaient, étaient agités par un vent froid et piquant. Des hussards piémontais voulurent lui faire accepter leurs pelisses; Pie VI les remercia avec affection, mais il ne voulut jamais consentir à les en priver. Il n'y avait que quelques heures qu'il était arrivé à Briançon, lorsqu'un peuple immense rassemblé sous ses fenêtres, demanda à le voir. Les cris qui s'élevaient de la foule annonçaient souvent des intentions hostiles, et les menaces, les injures des uns se mêlaient aux expressions de respect et d'amour des autres. Dans cette circonstance, le Pontife hésita quelques instants à paraître; puis prenant son parti, et s'avançant lentement, appuyé sur deux Prêtres, et le corps affaissé sous les douleurs, il se montra à la multitude en s'écriant: _Ecce Homo_. Quel spectacle! ces paroles pénétrèrent tous les cœurs d'attendrissement, et ceux même qui étaient venus pour outrager le vénérable Pontife, se prosternèrent à ses pieds. A Gap, à Grenoble, à Voiron, il reçut les honneurs dûs à son rang. Quoique octogénaire, il déployait encore un courage supérieur à son infortune et à la fatigue d'un si long et si pénible voyage; mais à peine arrivé à Valence, où le Gouvernement avait fixé sa résidence, il y tomba malade; et après onze jours de souffrances, il y succomba le 29 août 1798. Son corps transporté à Rome, y fut reçu avec pompe le 17 février 1802, par Pie VII, assisté de dix-huit Cardinaux. Son cœur, renfermé dans une urne d'or, est à Valence où Napoléon a ordonné qu'on lui élevât un tombeau.]
PIE VII (Grégoire-Barnabé Chiaramonti) est élu Pape (le 254e) à Venise, le 14 mars 1800; il est couronné le 21 mars, fait son entrée solennelle à Rome le 3 juillet de la même année 1800; il y est mort le 20 août 1823, âgé de 83 ans. Son Pontificat a été de 23 ans comme celui de son prédécesseur; et comme lui, il a fait un voyage forcé en France, (nous parlons du dernier.)
LÉON XII (Annibal della Genga) est élu Pape (le 255e) à Rome, le 27 septembre 1823, et couronné le 6 octobre suivant; il est mort le 10 février 1829, âgé de 68 ans 5 mois et 2 jours. Son Pontificat a duré cinq ans et demi environ.
PIE VIII (François-Xavier Castiglioni) est élu Pape (le 256e) à Rome, le 21 mars 1829; il est mort le 30 novembre 1830, âgé de 69 ans; son Pontificat n'a duré que 21 mois.
GRÉGOIRE XVI (Maur Capellari) élu Pape (le 257e) à Rome le 2 février 1831, après 64 jours de vacance du siége, règne en ce moment. (Il est né à Bellune le 18 septembre 1765.)
AUTRES SINGULARITÉS SUR TROIS SOUVERAINS PONTIFES, SUR TROIS ROIS ET SUR TROIS REINES DE FRANCE.
1º Le Pape SERGIUS IV (_Petrus Os Porci_), élu en 1009, meurt le 29 mai 1012. Additionnez dans cette dernière date, les trois chiffres significatifs, vous y trouverez le nombre IV ou 4, désignant le rang qu'a occupé ce Pape parmi les Sergius. Il est le dernier qui a porté ce nom.
2º Le Pape BENOIT IX (Théophylacte, fils d'Albéric, comte de Tusculum), est élu en 1033; il est expulsé du Saint-Siège en 1044. Additionnez les chiffres de cette date, ils vous offriront IX ou 9, qui est celui du titre de ce Pape, parmi les quatorze Pontifes qui ont porté le nom de BENOIT.
3º Le Pape CLÉMENT XII, (Laurent Corsini) élu le 12 juillet 1730, meurt le 6 février 1740. Les chiffres de cette date offrent dans leur addition le nombre XII ou 12 attaché au nom de ce Pontife. Il y a eu quatorze Papes du nom de Clément.
Notez qu'il se trouve un 0 dans la date de la mort de chacun de ces Pontifes.
ROIS ET REINES DE FRANCE.
1º LOUIS IX est né à la Neuville en Beauvoisis (et non à Poissy), le 25 avril 1215. Additionnez les chiffres de cette date, 1, 2, 1, 5, vous trouverez 9 ou IX, nombre attaché au nom de ce prince.
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2º CHARLES VII, né à Paris le 22 février 1402 (V. St.). L'addition des chiffres de ce milliaire 1, 4 et 2, donne 7 ou VII.
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3º LOUIS XVIII, né le 17 novembre 1755; ces quatre derniers chiffres additionnés, 1, 7, 5, 5, donnent le nombre 18 ou XVIII, qui indique le rang que tient ce Prince parmi les Rois appelés LOUIS.
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Quant aux Reines de France, nous en trouvons aussi trois dont les noms offrent cette particularité: le nombre de lettres qui composent leurs noms est égal au nombre titulaire de leurs maris; ainsi,
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1º MARGUERITE de Bourgogne, mariée en 1305 à Louis X, compte 10 ou X lettres dans son nom; bien plus, par suite de sa mauvaise conduite, elle est étranglée avec une serviette au mois d'août 1315; l'addition des quatre chiffres offre également 10 ou X.
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2º ELIZABETH d'Autriche, mariée en 1570 à Charles IX, compte dans son nom 9 ou IX lettres.
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3º ANNE D'AUTRICHE, mariée en 1615 à Louis XIII, compte 13 ou XIII lettres dans son nom; et les quatre chiffres formant l'_année_ de son mariage (1615) donnent également 13 ou XIII.
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Nous ajouterons ici une petite particularité d'un autre genre, qui regarde les rois d'Angleterre qui ont occupé le trône pendant le XVIIIe siècle et au commencement du XIXe. Elle ne se rapporte ni à leur nom, ni à leur titre numéral, mais au jour de leur mort; tous ont fini un samedi, à l'exception de Guillaume IV qui est mort le 20 juin 1837. Voici la date précise de la mort des autres:
GUILLAUME III est mort le samedi 18 mars 1702. La reine ANNE, le samedi 1er août 1704. GEORGES Ier, le samedi 10 juin 1727. GEORGES II, le samedi 25 octobre 1760. GEORGES III, le samedi 30 janvier 1820. GEORGES IV, le samedi 26 juin 1830.
Nous n'avons aucune particularité de ce genre pour les reines d'Angleterre; mais nous observerons que, parmi les 35 Souverains qui ont régné dans ce pays depuis Guillaume le Conquérant, mort en 1087, on ne compte que 5 femmes qui ont porté la couronne, savoir:
MARIE, fille de Henri VIII, qui a régné du 6 juillet 1553, au 7 novembre 1558.
ELIZABETH, fille du même roi, du 7 novembre 1558, au 27 murs 1603.
MARIE, fille de Jacques II (avec son mari Guillaume III), du 12 février 1689, morte le 7 janvier 1695.
ANNE, fille de Jacques II, du 19 mars 1702 au 12 août 1714.
VICTORIA, fille du duc de Kent, du 20 juin 1837 au........
SINGULARITÉ NUMÉRIQUE EXTRAORDINAIRE.
Une chose vraiment déplorable en révolution (et cependant chose sans laquelle aucune révolution n'existerait), c'est la division des citoyens en partis, et surtout les dénominations injurieuses sous lesquelles chaque parti désigne ses adversaires. J'avoue franchement que, sincère ami de la paix, de la tranquillité, et totalement étranger à la politique, il m'a toujours répugné d'aborder un pareil sujet; et, certes, ce ne serait pas dans un livre consacré à de simples amusements littéraires, que je m'essaierais dans ce triste genre. Mais en 1831, il m'est tombé sous la main une plaisanterie numérique si extraordinaire, que, tout en blâmant le fond, je crois pouvoir la faire figurer parmi des singularités. Voici ce dont il est question.
L'ancienne Chambre des Députés, telle qu'elle existait en 1830 (composée alors de 402 membres), était divisée, comme l'ont été, le sont et le seront toutes les Chambres possibles, en deux partis. L'un, le plus nombreux (221 membres), se déclara fortement pour la révolution de juillet; l'autre, moins nombreux (181 membres), voyait cette révolution d'un œil beaucoup moins favorable. Il résulta de tout cela la charte et le trône constitutionnels qui rétablirent l'ordre fortement compromis dans les trois journées de juillet, et qui furent l'ouvrage de la majorité. Un anonyme, croyant trouver dans ces circonstances une espèce d'à-propos, s'avisa de désigner la portion la plus nombreuse de la Chambre (les 221) sous cette dénomination: _la queue de Robespierre_, et le plus petit nombre (les 181) sous celle-ci: _les honnêtes gens_. Jusqu'ici nous ne voyons dans la première dénomination qu'une injure, qui, pareille à toutes celles dont on a été si prodigue en révolutions, ne tire nullement à conséquence. Mais voici la singularité.
L'anonyme a donné aux vingt-cinq lettres de l'alphabet leur numéro d'ordre, c'est-à-dire, A 1, B 2, C 3, D 4, E 5, etc., jusqu'à Z 25; et ensuite écrivant verticalement à gauche, les mots _la queue de Robespierre_, avec le numéro d'ordre à chaque lettre, et de l'autre côté _les honnêtes gens_ avec le même numéro d'ordre aussi à chaque lettre, il a additionné les nombres de chaque colonne, et qu'a-t-il trouvé pour résultat? le nombre très-exact de 221 sous la colonne à gauche, et le nombre 181 sous la colonne à droite. Le tableau suivant offre la démonstration palpable de cette singularité:
1. 2. 3. 4. 5. 6. 7. 8. 9. 10. 11. 12. 13. 14. A B C D E F G H I J K L M N
15. 16. 17. 18. 19. 20. 21. 22. 23. 24. 25. O P Q R S T U V X Y Z
L 12 L 12 A 1 E 5 S 19 Q 17 U 21 H 8 E 5 O 15 U 21 N 14 E 5 N 14 Ê 5 D 4 T 20 E 5 E 5 S 19 R 18 O 15 G 7 B 2 E 5 E 5 N 14 S 19 S 19 P 16 ----- I 9 181 E 5 ===== R 18 { 221 R 18 Résumé { E 5 { 181 ---- ----- 221 Total 402
On avouera que rien n'est plus extraordinaire que le singulier rapprochement de ces lettres, de leurs nombres et du résultat total que l'addition présente pour chaque colonne. Il est difficile de concevoir comment le hasard a pu produire une pareille combinaison. La note qui m'en a été remise provenait de Lyon; d'autres prétendent que ce _rébus_ a pris naissance en Picardie.
QUESTION SUR L'ORIGINE D'UN USAGE SINGULIER.
Il a existé jadis certains usages qui paraissent bizarres, et dont l'origine obscure est bien digne d'exercer la sagacité de tous les savants. Du nombre de ces usages est celui que mettait en pratique autrefois le sonneur et carillonneur de l'église Saint-Gervais à Paris, homme dont la scrupuleuse exactitude a toujours été digne d'éloge. Voici le fait: tous les matins, il sonnait à cinq heures la première messe par CINQUANTE coups de cloche, ni plus ni moins; à cinq heures et demie, il sonnait la seconde messe par QUARANTE Coups; enfin à six heures, il sonnait la troisième par TRENTE coups.
D'où provenait cet antique usage aboli depuis la révolution? A-t-il été autorisé par concession des Papes ou des Rois? Est-il dû à quelque délibération des marguilliers ou des paroissiens? Est-ce la fondation de quelque ame pieuse? Ne doit-on l'attribuer qu'à l'esprit d'ordre du carillonneur? Pourquoi ces trois nombres 50, 40, 30? ils sont en proportion arithmétique; n'y aurait-il pas là quelque mystère? Les nombres cinq heures, cinq heures et demie et six heures, sont aussi en proportion arithmétique, mais en sens inverse; les coups de cloche vont en diminuant, et les heures en augmentant. On comprend facilement le rapport de 5 heures à 50 coups de cloche, c'est dix coups pour chaque heure qui s'est écoulée depuis minuit. Mais suivant la même proportion, il faudrait cinquante-cinq coups à cinq heures et demie, et soixante à six heures. Si à cinq heures et demie il sonnait 45 coups, et à six heures 40, ce serait la même proportion renversée. Mais encore une fois, pourquoi ces nombres 50, 40, 30?
Toutes nos recherches sur un sujet aussi élevé, aussi grave, aussi important, ayant été infructueuses, nous invitons toutes les Sociétés savantes des cinq ou six parties du Monde à s'occuper de la solution de ce problême.
MÉLANGES.
LE BAPTÊME, LE MARIAGE, LA MORT.
AMPHIGOURI ENIGMATIQUE.
Ces énigmes pourront donner quelques tortures Aux lecteurs d'aujourd'hui, même aux races futures.
1º BAPTÊME.
Il s'est fait à Birmingham, en mars 1825, un baptême où l'on a vu figurer deux pères, deux grands-pères, deux beaux-pères;--deux mères, deux grands-mères, deux belles-mères;--deux beaux-frères, deux belles-sœurs;--deux maris, deux femmes;--deux oncles, deux tantes.--Maintenant comptez bien sur vos doigts, vous trouverez-là VINGT-QUATRE personnes; et cependant il est très-certain qu'il n'y avait que QUATRE individus présents, et que le calcul n'en est pas moins très-exact et très-juste. Devinez!
2º MARIAGE.
Dans le comté de Lancaster, on a célébré en décembre 1818, deux mariages qui ont produit une singulière alliance: un gentleman s'est marié avec une dame; peu après, le frère de cette dame a épousé la fille de son mari née d'un premier lit. Les deux couples ont eu chacun un enfant; le premier une fille, et le second un garçon.--On demande maintenant quels sont les degrés de parenté qui ont existé entre ces six personnes, et combien il y en a? Pour faciliter la solution, nous dirons qu'il y en a seize bien comptés, bien exacts, et fort singuliers. Devinez!
3º LA MORT.
_Epitaphe._
Ci gît l'enfant, ci gît le père, Ci gît la sœur, ci gît le frère, Ci gît la femme et le mari, Et ne sont que deux corps ici!
On lisait cette célèbre épitaphe dans la collégiale d'Ecouis. Nous l'avons trouvée rapportée dans les _Observations sur la peinture sur verre et sur ses différents procédés_, par M. Alexandre Le Noir; _broch. in-8º de_ 27 p., _fig._ Ce n'est point la même que celle que nous avons donnée dans la seconde édition de nos _Amusements philologiques_, Dijon, 1824, _fort vol. in-8º_, p. 171. Celle-ci offrait trois personnes renfermées dans le même tombeau; celle que nous donnons aujourd'hui n'en offre que deux. Devinez!
AUTRES ANECDOTES SUR LE MARIAGE.
Nous avons trouvé dans un _Choix de curiosités_, trad. de l'anglais, 1822, _in-12_, une anecdote matrimoniale qui, par sa singularité, peut en quelque sorte rentrer dans celle dont nous venons de parler: nous allons d'abord la présenter sous la forme énigmatique:
Une dame anglaise a pu dire en toute vérité: «Mon père est mon fils, et moi je suis mère de ma mère; ma sœur est ma fille, et je suis la grand'mère de mon frère.»
Plus d'un lecteur sera sans doute embarrassé pour deviner cette énigme; il faut dire que sa solution tient à l'extrême bizarrerie des alliances qui en font le nœud, alliances qu'on ne trouverait guère qu'en Angleterre. Voici l'explication qu'en donne l'auteur du _Choix_, p. 83:
«Un certain M. Hardwood avait de sa première femme deux filles dont l'aînée fut mariée à Jean Coshick. Ce Jean Coshick avait de sa première femme une fille qu'épousa le vieil Hardwood, qui en eut un fils. Alors la seconde femme de Jean Coshick pouvait tenir le propos énigmatique que nous venons de citer.»
AUTRE MARIAGE.
Les journaux anglais du mois de juin 1836 rapportent l'anecdote suivante:
«Il y a quelque temps, un fait probablement unique dans son genre s'est passé à Cambden.
»Un homme veuf et déjà d'un certain âge devient amoureux d'une très-jeune fille et l'épouse.
»Peu après, le fils que ce veuf avait eu de son premier mariage devint amoureux de la mère de la nouvelle femme de son père, femme du reste à la fleur de l'âge; il lui offre sa main et l'épouse.
»Ainsi voilà un père gendre de son fils, et une épouse qui devient non-seulement belle-fille de son propre beau-fils, mais encore belle-mère de sa mère, qui elle-même se trouve être la belle-fille de sa fille, tandis que le mari de celle-ci est beau-père de sa belle-mère et beau-père de son père.
»Ce sera une bien autre confusion s'il vient un jour des enfants de ces deux mariages singuliers.»
AUTRE PROBLÊME GÉNÉALOGIQUE.
«Une veuve du comté d'Essex, âgée d'une quarantaine d'années, a épousé un jeune homme et est devenue mère. Le même jour la fille que cette veuve avait eue de son premier mariage s'est unie au père du jeune marié. Voici le résultat de ce double hymen si disproportionné pour les âges: la veuve est évidemment grand'mère par alliance de son mari, et bisaïeule de son propre fils. Maintenant comme le fils d'une bisaïeule est nécessairement le grand-père ou le grand-oncle des descendants qu'elle peut avoir, on demande si cet enfant à la mamelle n'est pas son propre grand-père.» (EXTRAIT du journal anglais L'_Essex-Herald_, 1837.)
MARIAGES.
_Quel est l'âge où la femme trouve le plus ordinairement à se marier?_
Un anglais a dressé un tableau de _mille_ mariages relevés sur les registres de l'Etat civil; et il l'a divisé en treize catégories renfermant chacune le nombre de mariages classés selon l'âge des mariées au moment où elles le contractaient; ainsi il a trouvé
32 Mariages L'épousée ayant de 14 à 15 ans. 101 ---- ---- de 16 à 17 ans. 219 ---- ---- de 18 à 19 ans. 233 ---- ---- de 20 à 21 ans. 165 ---- ---- de 22 à 23 ans. 102 ---- ---- de 24 à 25 ans. 60 ---- ---- de 26 à 27 ans. 45 ---- ---- de 28 à 29 ans. 18 ---- ---- de 30 à 31 ans. 14 ---- ---- de 32 à 33 ans. 8 ---- ---- de 34 à 35 ans. 2 ---- ---- de 36 à 37 ans. 1 ---- ---- de 38 à 39 ans.
On voit d'après ce tableau, que c'est depuis 16 à 17 ans jusqu'à l'âge de 24 et 25, que les femmes trouvent le plus à se marier; mais le nombre le plus considérable (233) est à l'âge de 20 à 21 ans.
SINGULIÈRE INSCRIPTION INDIENNE RELATIVE AU MARIAGE.
On lit sur la première porte de la ville d'Agra dans l'Hindoustan, l'inscription suivante écrite en gros caractères:
«Dans la première année du règne de l'empereur Julef, deux mille mariages furent cassés par le Magistrat, d'après le consentement réciproque des deux époux. L'Empereur apprit ces détails avec une telle indignation qu'il abolit le divorce dans ses Etats.
»Dans le cours de l'année suivante, le nombre des mariages à Agra diminua de trois mille, et celui des adultères augmenta de près de sept mille. Trois cents femmes furent brûlées vives pour avoir empoisonné leurs maris, et soixante-quinze maris le furent pour avoir assassiné leurs femmes. La quantité de meubles brisés et détruits dans l'intérieur des familles particulières, représentait une valeur de trois millions de roupies.
»L'Empereur se hâta de rétablir le divorce.»
Concluons de là que heureux sont les Etats qui, n'ayant jamais admis le divorce, ne sont dans le cas ni de l'abolir ni de le rétablir.
SIXIÈME OBJET.
DE LA GASTRONOMIE.