Le livre commode des adresses de Paris pour 1692, tome 2/2
Part 7
Luillier, Berthelot, de Ruaupallu, Arnaud, Turgis, Henault, Mouchy:
La Correspondance.
Les Achats.
Et les Comptes du Traité des Vivres de la Marine.
PROVINCES.
I.
Messieurs
Langlois, Vauxgé, de la Porte:
Directions[11] de Rouen, Caën et Allençon.
[11] La direction étoit le bureau spécial des finances pour chaque généralité.
II.
De Belloy, le Tellier, Blin:
Directions d’Amiens, Guises, Soissons[12] et l’Isle.
[12] Les directions de Guise et de Soissons furent remplacées, peu après, par celle de Saint-Quentin.
III.
Baugier, Luillier, de Turgis:
Directions de Dijon, Langres et Franche Comté.
IV.
Romanet, Cormery, Laugeois:
Directions de Chalons, Sedan, Lorraine et Alsace.
V.
Blin, de Lagny, Remond:
Direction de Lyon.
VI.
Saint Amant, Luillier, Mouchy:
Direction de Valence, Avignon et Marseille.
VII.
Le Juge, Delpesche, Berthelot:
Directions de Montpellier et Thoulouze.
VIII.
Grandval, Menon, Menault:
Directions de Bourdeaux et de Dax.
IX.
Germain, du Ruaupallu, Thomé:
Directions de la Rochelle et Charante.
X.
De Blair[13], Vallier, le Jariel:
[13] Melchior de Blair, d’abord simple intéressé dans les fermes. Il étoit arrivé à être fermier général, après deux missions qu’il avoit habilement remplies: l’une, en 1690, en Picardie; l’autre, en 1691, en Bretagne.
Directions d’Angers, Laval, le Mans et Bretagne.
XI.
Des Espoisses, Rancy, Dumas:
Directions d’Orléans et de Tours.
XII.
Martin, Germery, d’Apougny:
Directions de Bourges et Moulins, avec les Dépôts d’Auvergne, Limosin et la Marche.
La Manufacture Royale des Bandages de nouvelle invention[14], qui a toujours sa principale entrée par la rue de Guénégaud, communique d’ailleurs presentement avec la boutique de M. de Blegny le fils Apoticaire du Roy, sur le quay de Nesle à la Devise Royale[15], où l’on fera bien de s’adresser pour eviter la surprise de quelques imposteurs.
[14] L’industrie des bandages avoit été la première qu’eût exploitée Blegny. Aussi, ne manque-t-il pas d’y revenir sans cesse. _V._ plus haut.
[15] Il y avoit succédé, avec la même enseigne, à Delaunay, chirurgien herniaire, dont J. Lepaute a gravé l’adresse.
Ces Bandages ont des formes différentes selon les diverses dispositions des Malades et de leurs incommoditez; on y trouve à ressort, à visse, à charnieres ployantes, à champignons, à ceinture de Buffles, etc., mais telle que soit la conformation particuliere de chacun de ces Bandages, on y trouve cet avantage qu’ils retiennent parfaitement, et dans les plus impetueux mouvemens, les Décentes qui n’ont pû être arrêtées par aucune sorte de Bandages, et qu’ils conduisent à la guerison qu’on a coutume de tenter vainement par l’usage des bandages ordinaires.
On trouve au même lieu un livre et des mémoires curieux sur la guerison des Decentes[16], et sur le prix des Bandages et des Remedes.
[16] Voici le titre du livre de Blegny, donné déjà, d’ailleurs, dans l’_Introduction_, p. xlv: _l’Art de guérir les hernies de toute espèce dans les deux sexes, avec le remède du Roi_, in-12. La première édition parut en 1676, la seconde en 1693.
Messieurs l’Abbé de la Roque qui tenoit des Conférences rue de Guénegaud[17], et Legier qui étoit censeur de la Faculté de Medecine, sont décedez[18].
[17] Il a été parlé de lui plus haut, t. I, p. 128, au chapitre _Conférences_. L’époque de sa mort, qu’on ne savoit pas, peut être ainsi fixée à la fin de 1691.
[18] _V._ t. I, p. 151.
M. Frosne qui etoit Inspecteur des Batimens du Roy, a présentement un autre employ en Cour.
Les Droits et Bureaux des Chevaux de renvoy ont été suprimez[19].
[19] Ils étoient, on l’a vu, t. I, p. 108, à l’hôtel de Sens.
Le Sieur Marseilles Marchand rue Saint Denis qui vendoit des Cuirs dorez de Flandres, a manqué[20].
[20] Cette expression, pour dire faire banqueroute, commençoit à être employée. Dancourt s’en est servi dans les _Agioteurs_ (acte III, sc. VII), où un des personnages dit: «Son marchand est un fripon, elle a raison; il est prêt à manquer. Ses affaires périssent.»--D’autres reprirent le commerce mis en péril par la banqueroute de Marseilles. Liger, en effet, dit en 1715, dans son _Voyageur fidèle_, p. 366: «On vend des _Tapisseries de cuir doré_, rue St-Antoine, proche de la Bastille: celles de _cuir doré de Flandres_ se vendent dans la rue St-Denis, proche de la Sellette.»
BATIMENS DU ROY[1].
[1] Ici encore, nous trouverons beaucoup de noms déjà rencontrés plus haut, au chapitre des _Vérifications et Rapports des Jurez_ et ailleurs. Nous ne nous occuperons que des noms ou des détails nouveaux.
_Sur-intendant et ordonnateur general des Batimens et Jardins du Roy, et des Manufactures Royales des Gobelins._
Monsieur le Marquis de Villacerf ruë de l’Egout près la place Royal.
_Inspecteur Général, premier Architecte et Intendant des Batimens et Jardins de Sa Majesté._
Monsieur Mansard[2] rue des Tournelles[3], et encore pour Intendans Mrs de la Mothe, Coquart rue des Poulies, et Essein rue neuve des Petits Champs.
[2] Hardouin Mansard, architecte de Versailles, etc.
[3] L’hôtel, qu’il s’y étoit fait bâtir, auprès de celui de Ninon, existe encore en partie.
_Controlleurs en Charges._
Messieurs le Nostre aux Tuilleries, le Febvre au vieux Louvre, et Gabriel rue de Cléry.
_Intendans et Controlleurs par Commission des Batimens et Maisons Royales de Paris et de Versailles._
Messieurs de la Chapelle, Besse ancienne cour du Palais, et Lambert rue neuve des Petits Champs.
_Architectes ordinaires des Batimens de Sa Majesté._
Messieurs Dorbay rue des Poulies, Buland[4] rue saint Louis du Marais, de Coste[5] rue des Tournelles, et Perrault l’ainé place du Chevalier du Guet.
[4] Seroit-ce un arrière-petit-fils de Jean Bullant, architecte des Tuileries et d’Écouen? Il n’y a rien là d’impossible. Le fils de Bullant, Charles, fut entrepreneur de maçonnerie, et sa descendance dut rester dans le même métier.
[5] Robert de Cotte, qui succéda, en 1708, à Hardouin Mansart, son maître, comme premier architecte du Roi. Il existe à la Biblioth. Nat., cabinet des Estampes, un grand nombre de mémoires, devis, procès-verbaux de travaux faits à Paris ou dans les environs, qui viennent tous de Robert de Cotte. Ils furent acquis en 1821.
_Inspecteurs par Commission pour les Batimens des Maisons Royales de Paris._
Messieurs Fossier père et fils rue des Poullies, le Court aux Invalides, et l’Abbé au vieux Louvre.
_Trésoriers alternatifs des Batimens de Sa Majesté._
Messieurs de Mageinville rue Traversine qui est en exercice, et Manessier rue de Cléry.
Ceux qui entreprennent d’ailleurs pour les particuliers les plus considérables edifices pour la Maçonnerie, sont Mrs le Maistre, Maziere, Gabriel et Pipault ci devant désignez, Marcoult[6] rue neuve saint Honoré, Bergeron le jeune[7] butte saint Roch rue Royale, etc.
[6] Le _Ms._ du commis de Mansart, G. Marinier, sur les travaux de Versailles, sous Louis XIV, et les entrepreneurs qui y furent occupés, le nomme Gérard Marcou.
[7] Pierre Bergeron, d’après le même _Ms._
Les Entrepreneurs de Sa Majesté pour les autres parties d’Architecture, sont pour la Charpente Messieurs Malet[8] quartier saint Germain, la Porte rue de Seine près la Pitié, Aubert à saint Germain en Laye, et Poisson à la porte saint Antoine.
[8] G. Marinier l’appelle Jean Mallet. Il ne nomme pas les trois autres qui suivent.
Pour la Menuiserie Messieurs Rivet[9] rue du gros Chenet, Remy porte Montmartre, Verdeau cloitre saint Julien le Pauvre, Nivet quartier saint Germain, et la veuve Dionis porte de Richelieu[10].
[9] Antoine Rivet, selon G. Marinier. Il nomme ensuite Louis Rivet, sans doute son frère, dont Blegny pourroit bien avoir altéré le nom, en l’appelant deux lignes plus loin Nivet. En 1733, un Jacques Rivet étoit encore «menuisier ordinaire des bâtiments du Roy». Sa nièce Geneviève Papillon avoit épousé le célèbre vernisseur Robert Martin, dont le petit-fils fut Martin le chanteur si connu. (Jal, _Dict. crit._, p. 845 et 846.)
[10] Son mari, dont elle continuoit le métier, avoit fait bâtir un certain nombre de maisons, rue de Richelieu, entre autres celle qui touchoit à la maison du tailleur Bandelet, où mourut Molière. La famille des Dionis ou Dyonis, à laquelle on dut plusieurs savants célèbres du XVIIIe siècle, étoit ancienne à Paris. Plusieurs figurent, de 1472 à 1527, dans l’Épitaphier des Saints Innocents. (Le Beuf, _Hist. du diocèse de Paris_, édit. Cocheris, t. I, p. 198.)
Pour les Couvertures, M. Yvon, rue Montmartre[11].
[11] Dans le _Ms._ de Marinier, il est, comme ici, nommé tout seul. C’est donc cet Étienne Yvon qui eut, sous Louis XIV, l’entreprise générale des toitures des Palais Royaux.
Pour la Serrurerie, Messieurs Roger[12] aux Invalides, Boutet rue Frementeau, Haté place de Cambray, Fordrain à la Monnoye, et Lucas rue saint Nicaise.
[12] Pierre Roger, d’après le même _Ms._
Pour la Plomberie, M. Lucas[13] place du vieux Louvre.
[13] Il eut, lui aussi, tout seul, l’entreprise de la plomberie de Versailles et des autres palais, suivant G. Marinier, qui l’appelle Jacques Lucas.
Pour la Vitrerie, Messieurs Pougeois vieille rue du Temple, Gombault rue saint Thomas du Louvre, et la veuve Janson rue de l’Arbre sec.
Pour les Ouvrages de marbre, Messieurs Deschamps place du Carrousel, Baudin porte Montmartre, et Ergo porte Gaillon.
Pour les Peintures d’Ornemens, Messieurs Poisson fils à saint Germain en Laye, et le Febvre rue de Richelieu.
Pour la Doreure, M. des Oziers[14] à Versailles.
[14] Guillaume Desauziers.
Pour la Sculpture, Mrs Jouvenet rue des Jeuneurs[15], Mazeline[16] à la Ville neuve, Dieu[17] au Palais Brion[18], Lespingola[19] rue neuve saint Honoré, Maziere[20] place du Carrousel[21], Bonvalet à la Ville neuve, et Carlier rue Montmartre,
[15] Il étoit cousin du peintre célèbre, mais n’arriva pas à l’Académie. Il travailla pour le Roi, à Versailles, avec le Hongre. Son prénom étoit Noël.
[16] Pierre Mazelines. G. Marinier ne l’oublie pas parmi les sculpteurs employés à Versailles. Mazelines y travailla, lui aussi, avec le Hongre. Il étoit de Rouen, fut reçu de l’Académie le 7 juillet 1668, et mourut le 7 février 1708, à soixante-quinze ans.
[17] Antoine de Dieu, né à Paris en 1653, mort en 1727. Il y avoit une statue de lui à Saint-Germain-des-Prés, chapelle de saint Jérôme.
[18] Nous avons dit, t. I, p. 124, ce qu’étoit cette dépendance du Palais-Royal.
[19] Il vint de Rome, où il étoit de l’Académie de Saint-Luc, travailla à Versailles avec Nic. Coustou, fut reçu de l’Académie le 29 février 1676, en fut exclu pour cause d’absence prolongée, en 1694, et mourut le 10 juillet 1705.
[20] Il travailla aux sculptures des Tuileries.
[21] C’est rue des Orties-du-Louvre, derrière l’hôtel de Beringhen, qu’il logeoit, et non sur la place même du Carrousel. (_Arch. de l’Art françois_, t. III, p. 227.)
Pour le Pavé Messieurs Renoult rue de Grenelle saint Germain, Aubry rue de Seine[22], et Colin rue des Tournelles[23].
[22] Cet Aubry, paveur des bâtiments du Roi, étoit bien probablement de la famille de Léonard Aubry, qui, en 1643, avoit le même titre, et joua, ainsi que plusieurs des siens, un certain rôle dans l’histoire de Molière. C’est lui qui mit en état, sur les fossés de Nesle, les abords du Jeu de paume, où Molière donna ses premières représentations; et l’un de ses fils, Jean-Baptiste Aubry, qui s’étoit fait auteur de tragédies, _Démétrius_ et autres, qui existent _mss._ à la Biblioth. Nat., épousa Geneviève Béjard, sœur de Madelaine, dont Molière avoit épousé la fille. Cet Aubry, auteur tragique, qui se faisoit appeler sieur des Carrières, n’étoit pas moins devenu, comme son père, paveur des bâtiments du Roi. Il l’étoit, en 1677, lorsqu’il signa au contrat du second mariage d’Armande Béjard. Peut-être est-ce lui qui figure ici?
[23] Ici devroit être nommé Villiard, qui eut pendant vingt-six ans l’entreprise du pavage et des aqueducs à Versailles. Ses comptes existent à la Bibliothèque du Ministère de l’Intérieur en 3 vol. in-fol. sous ce titre: _Registre des Ouvriers qui ont travaillé pour le Roy suivant les ordres du seigneur surintendant des bastiments de Sa Majesté, sous la conduite du SIEUR VILLIARD_. Le Ier va de 1679 à 1696; le IIe, de 1697 à 1701; et le IIIe, de 1702 à 1705.
Les Juges établis pour connoître des matières concernant les Batimens du Roy et les edifices publics, sont Messieurs de l’Epine rue neuve des Petits Champs[24], et Villedo[25] rue saint Louis au Marais, qui sera en exercice pendant les années 1692 et 1693.
[24] De la même famille que ceux que nous avons vus plus haut parmi les experts jurés.
[25] Un des fils de Michel Villedot, qui fut un des entrepreneurs de l’aplanissement de la Butte des Moulins, dont une rue a gardé son nom. _V._ notre _Histoire_ de cette butte.
OUVRAGES EXQUIS
_De Peinture et de Sculpture._
Cet article a dû suivre celuy des Batimens du Roy, parce que presque tous les Peintres et Sculpteurs dont on va voir les noms et les adresses sont employez aux ouvrages de Sa Majesté, et sont membres de l’Academie Royale de Peinture et de Sculpture, dont il a été parlé dans l’article général des Academies.
C’est au Palais Brion où elle se tient qu’on peut recouvrer la liste de ceux qui la composent. Le degré de distinction dans lequel il faut nécessairement parvenir pour y être admis, est une preuve certaine de leur habileté; c’est pourquoy en quelque occasion que ce fût, il n’y auroit point à balancer sur le choix, si ce n’étoit que plusieurs d’entre eux ont des singuliers dans lesquels ils excellent principalement, par exemple entre les Peintres.
Pour l’Histoire Mrs Mignard[1] premier Peintre du Roy, Chancelier de l’Academie, et Directeur des Atteliers des Gobelins[2] rue de Richelieu[3]; Jouvenet[4] à l’un des Pavillons du Collége Mazarini[5], Hoüasse[6] au Cabinet du Roy[7]; Coüapel père et fils[8] aux Galeries du Louvre, Corneille l’aîné[9] rue des Petits Champs, Verdier aux Gobelins[10], Paillet rue neuve saint Eustache[11], Blanchard cul de sac saint Sauveur[12], Montagne rue du Vieux Colombier[13], Vernensal[14] rue saint Honoré, Hallé[15] rue sainte Marguerite, Boulogne l’aîné[16] rue sainte Anne, Boulogne le jeune rue des fossez Montmartre[17], Person place du Palais Royal[18], Vignon[19], rue du Petit Lion, etc.
[1] Pierre Mignard, trop célèbre, pour que nous ayons à dire ici autre chose de lui, que ses noms.
[2] Il avoit eu toutes ces charges, à quatre-vingts ans, en mars 1690, après la mort de Le Brun.
[3] _V._ sur cette maison, qu’il occupoit depuis longtemps, et où il mourut le 15 mai 1695, notre _Histoire de la Butte des Moulins_, p. 114-115.
[4] Jean Jouvenet, dont la célébrité nous dispensera aussi de longs détails. Né à Rouen, en 1644, il fut reçu de l’Académie le 27 mars 1675, et mourut le 5 avril 1717. Les douze apôtres de la coupole des Invalides sont de lui.
[5] Il y mourut. Ce pavillon étoit celui qui touche au quai Malaquais. L’adresse de Jouvenet est donnée ainsi sur l’acte de mort de l’une de ses filles, le 5 juin 1680: «Sur le quai Malaquais, dans le grand pavillon sur l’eau, au collége des Quatre-Nations.»
[6] René-Antoine Houasse, né à Paris en 1644, reçu de l’Académie le 15 avril 1713, mort le 27 mai 1710. Le Brun, dont il fut un des bons élèves, l’avoit marié à une de ses parentes. Il y avoit des tableaux de lui à Notre-Dame, Saint-Eustache, Saint-Côme, etc.
[7] Sa véritable adresse étoit celle-ci: «rue du Coq, au cabinet des tableaux du Roi». Il étoit garde de cette collection, première idée, au Louvre même, du musée du Louvre.
[8] Noël et Antoine Coypel: Noël, le père, né en 1628, reçu de l’Académie en 1663, et mort en 1707; et Antoine le fils, né en 1661, académicien en 1681, mort en 1722. Noël fut directeur de notre école de Rome, en 1692; et, à la mort de Mignard, premier peintre du Roi. Il y avoit de ses œuvres aux Invalides, au palais-Royal, à l’Assomption, aux Tuileries, au Louvre, à Versailles, etc. Antoine, qui avoit suivi son père à Rome, s’y perfectionna. Il devint aussi premier peintre du Roi, et directeur de l’Académie. Un de ses travaux les plus considérables à Paris fut la galerie d’Énée au Palais-Royal. On a de lui vingt discours sur la peinture.
[9] Michel Corneille, dont le père, peintre aussi, avoit eu le même prénom. Il fut de l’Académie en 1663, et mourut le 16 août 1708, à soixante-six ans. Il travailla aux Invalides, à Versailles, à Meudon, à Trianon, etc.
[10] François Verdier, qui fut de l’Académie en 1678, et mourut en 1730, à soixante-dix-neuf ans. Le Brun qui se l’étoit attaché en lui faisant épouser une de ses nièces, et le logeant aux Gobelins, le fit beaucoup travailler pour lui.
[11] Il fut de l’Académie, qu’il n’illustra guère, dès 1659, et mourut le 30 juin 1701, à soixante-quinze ans. Séb. Boudon avoit été son maître. On ne connoît guère de lui qu’un tableau, à Notre-Dame.
[12] Gabriel Blanchard, reçu de l’Académie en 1663, mort en 1704, à soixante-quinze ans. Il travailla pour Trianon, et, avec Lafosse et Vignon, au plafond des Tuileries. Il habitoit le cul-de-sac Saint-Sauveur depuis vingt ans. Il le quitta pour le Louvre, où il mourut garde du cabinet des tableaux.
[13] Nicolas de Plate-Montagne, que, par abréviation, l’on appeloit Montagne, fut de l’Académie en 1663, et mourut en 1706, à soixante-quinze ans. Il fit des tableaux pour les Gobelins, d’après des dessins de Jules Romain, travailla aux peintures de la galerie voûtée des Tuileries, et fit surtout beaucoup de portraits. Il habitoit la rue du Vieux-Colombier depuis 1660, et il y mourut.
[14] Guy-Louis Vernansal, qui fut reçu de l’Académie en 1688, et mourut le 9 avril 1729, à quatre-vingt-trois ans. Il y avoit un tableau de lui à Notre-Dame.
[15] Claude-Guy Hallé, élève de son père Daniel Hallé, mort en 1674. Il fut directeur de l’Académie, et mourut en 1736, à quatre-vingt-cinq ans. Ses tableaux étoient nombreux dans les églises de Paris. Il y en avoit à Notre-Dame, à Saint-Jacques-de-la-Boucherie, aux Filles du Saint-Sacrement, à Saint-Paul, à Saint-Sulpice, à Saint-André-des-Arts, etc.
[16] Bon Boulogne, reçu à l’Académie le 27 nov. 1677, mort le 16 mai 1717, à soixante-huit ans. Plusieurs de ses tableaux se trouvoient à Notre-Dame, aux Invalides, aux Chartreux, à l’Assomption, aux Petits-Pères. Le plafond de la Comédie françoise, rue des Fossés-Saint-Germain, étoit aussi de lui.
[17] Louis de Boulogne, frère cadet du précédent, et moins connu. Il fut toutefois de l’Académie, et même directeur. On travailla aux Gobelins sur des copies de Raphaël, qu’il avoit rapportées d’Italie. Il y avoit de ses ouvrages à la chapelle de Versailles, à Notre-Dame, aux Invalides, aux Chartreux, aux Petits-Pères. Les Boulogne, financiers du dernier siècle, descendoient de lui.
[18] Poerson. Nous avons parlé de lui, au chapitre des _Experts jurés_.
[19] Claude-François Vignon, reçu de l’Académie, le 6 décembre 1664, mort le 17 février 1703, à soixante-neuf ans. Il marqua moins que son père, Claude, dont il étoit l’élève, et que son frère Philippe, dont nous parlerons tout-à-l’heure.
Pour les Portraits Messieurs de Troyes[20], Rigault[21] et Fouché rue neuve des Petits Champs[22], l’Argilliere rue sainte Avoye[23], le Febvre Isle Notre Dame, le Febvre le jeune[24] rue de Richelieu, Vignon, rue saint André des Arcs[25], etc.
[20] François de Troy, né à Toulouse, en 1645, reçu de l’Académie le 6 octobre 1674, mort le 1er mai 1730. Il fit de beaux portraits, surtout de femmes, mais trop flattées, dit-on. Il n’en fut que mieux en cour.
[21] Hiacynthe Rigaud, le grand portraitiste du grand siècle, et du siècle suivant, car il peignit jusqu’à son dernier jour, et ne mourut qu’en 1743, à quatre-vingt-deux ans.
[22] L’appartement de Rigaud se trouvoit au coin de la rue des Petits-Champs et de la rue Louis-le-Grand. On y pouvoit voir une belle galerie de tableaux, principalement des siens. Il y mourut, ainsi que sa femme un an après lui.
[23] Il a été parlé de lui plus haut, t. I, p. 239, au chapitre _Commerce de Curiositez_.
[24] Ces deux Lefebvre sont sans doute les fils de Claude Lefebvre, portraitiste distingué, mort en 1675, et qui, l’un et l’autre, quoique ses élèves, furent des peintres médiocres, sur lesquels on ne sait rien. (Jal, _Dict. crit._, p. 758.)
[25] Philippe Vignon, frère de Claude-François nommé plus haut, et son aîné. Il fut reçu de l’Académie le 30 août 1686, et mourut le 7 sept. 1701, à soixante-sept ans. Il rivalisa presque, en son temps, de réputation avec Rigaud: «Quoique Rigaud, lisons-nous dans les _Portraits sérieux, galants et critiques_, 1696, in-18, _Avertissement_, soit reconnu très-habile pour le portrait, on ne méprise pas les peintures qui sortent du cabinet de Vignon.»
Pour les Batailles Messieurs Parrosel[26] rue du Coq, Martin[27] et le Comte aux Gobelins[28], etc.
[26] Joseph Parrocel, de Brignoles en Provence, reçu de l’Académie le 16 nov. 1676, mort à cinquante-six ans, le 1er mars 1704. Il peignit beaucoup de batailles, à grands fracas, et se vantoit d’être le peintre qui savoit le mieux tuer son homme. On voyoit des tableaux de lui aux Invalides, à l’hôtel de Toulouse, à Versailles.
[27] Jean-Baptiste Martin. Élève de La Hire, il dessina pour Vauban, travailla avec Van-Der-Meulen, et lui succéda comme «peintre des conquêtes». Il mourut aux Gobelins, le 8 oct. 1735, à soixante-dix-sept ans.
[28] Sauveur Le Conte, peintre provençal, qui travailla, comme Martin, avec Van-Der-Meulen. Le Brun l’avoit logé aux Gobelins, où il mourut n’ayant que trente-cinq ans, le 31 décembre 1694. Son acte de mort portoit: «peintre ordinaire des conquestes du Roy, dans l’hôtel des manufactures roy. des Gobelins.»
Pour les Païsages Messieurs Forest[29] et Hérault[30] place Dauphine[31], Allegrain rue Montmartre[32], Beville rue de la Tixeranderie[33], Armand rue Montorgueil[34].
[29] Jean Forest, reçu comme peintre paysagiste, le 26 mai 1674, à l’Académie, et mort le 17 mars 1712, à soixante-seize ans. Il étoit beau-frère de Lafosse, dont il avoit un peu la couleur aux tons roux. Sa fille aînée épousa Largillière.
[30] Nicolas-Antoine Hérault. Il avoit étudié à Rome, dans la manière de Guaspre et de Salvator. Il fut de l’Académie en 1670, et mourut en 1718, à soixante-quatorze ans passés.
[31] Hérault y logea jusqu’à sa mort, à l’enseigne «du Buis», faisant face au cheval de bronze.
[32] Étienne Allegrain, né à Paris, en 1645, reçu académicien le 4 décembre 1677, et mort le 2 avril 1736, à quatre-vingt-douze ans. Il peignit pour le roi, en 1688, «des vues et perspectives des bosquets et parterres du jardin de Versailles».
[33] Charles Béville, reçu comme paysagiste à l’Académie, le 5 juillet 1681, mourut à soixante-cinq ans, le 2 février 1716.
[34] Charles Armand. Il étoit de Bar-le-Duc. Il fut reçu de l’Académie, comme paysagiste, le 13 mai 1672, et mourut à quatre-vingt-cinq ans, le 18 février 1720.
Pour les Fleurs et les Animaux, Messieurs de Fontenay[35] près le Palais Royal, Huliot[36] rue Bourlabé, etc.