Le livre commode des adresses de Paris pour 1692, tome 2/2

Part 24

Chapter 243,906 wordsPublic domain

[416] C’est-à-dire, affranchi de la nécessité de fournir le cheval, le sommier.

[417] C’était le double chez le roi. Le sommier de vaisselle touchoit 600 l. Il en avoit même eu longtemps 660, comme le sommier de bouteilles.

[418] C’est-à-dire, nourri à la Cour.

10. Deux grands chevaux de carrosse poil noir, du prix de 300 liv.

11. Une charge de peintre à la garde robbe du Roy[419], qui jouit de tous les privilèges, aux gages de 60 liv. par an, du prix de 1,000 liv.

[419] Nous n’avons pas trouvé mention de cette charge, dont l’exiguïté des appointements dit le peu d’importance, dans les _États de France_ de cette époque.

12. Une maison à porte cochere scize à Argenteuil, proche la rivière, en deux corps de logis, avec cour, puis, et jardin d’un arpent clos de murs, du prix de 4,000 liv. On donnera au Bureau un estat au long de la dite maison.

13. Une maison à porte cochère en cette ville, au quartier S. André des Arcs, en trois corps de logis, grande basse cour, remise de carrosses, et autres commoditez, du prix d’environ 40,000 liv., louée à présent 1,800 liv.

14. Une tapisserie de verdure de Flandres, en sept pièces, de dix huit aulnes trois quarts de tour, doublée tant plain que vuide, sur deux aulnes deux tiers de haut, avec six soubassemens de fenestre mesme tapisserie; un lit de six pieds de long, sa housse de tabis[420] vert, garni d’un somier de paille, matelat, lit de plume, couverture d’Angleterre, huit fauteuils, et quatre chaises avec leurs housses, moitié mesme tabit, moitié d’une tapisserie à l’éguille couleur de roze, une fontaine de cuivre, et une garniture de feu fort poly, le tout du prix d’environ 800 liv. A vendre séparément ou ensemble.

[420] C’étoit ce que nous appelons «moire» aujourd’hui. Nous l’avions emprunté aux Orientaux qui le nomment _ôtabé_ et le mélangent de coton.

15. Une tapisserie de verdure de Flandre, neuve en six pièces, de dix-huit aulnes et demy de tour, sur deux aulnes, deux tiers de hault, du prix de 900 liv.

16. La Terre et Seigneurie de la Vallée, située dans la province du Berry, à dix lieues de Bourges et sept de Gien, entre Cosne et Sanserre[421], à deux lieues de la rivière de Loire, le revenu de la dite terre consistant en droits seigneuriaux, terrage, rentes, tuillerie, estangs, garennes, six fermes, et plusieurs autres héritages dépendant de la dite Terre, du prix de 80,000 liv. Le revenu estant de 4,000 liv. à le faire valoir par ses mains, et de 3,000 liv. de bail à ferme. On fournira au Bureau un estat au long d’icelle.

[421] La Vallée est aujourd’hui une petite commune du canton de Lormes dans la Nièvre.

17. Une maison a porte cochere, scize à Cormeil, trois lieues de Paris, en deux corps de logis, cour, puits, et jardin derrière; attenant lequel il y a une grange à foin; le tout du prix de 4,000 liv. On donnera au Bureau un estat au long de la dite maison.

18. Cinq cens arpens de bois taillis, d’environ dix ans de coupe, scituez à une lieue du port de Nogent sur Seine, en deux coupes égales; l’on affermera le tout, ou une seule coupe, à commencer au mois d’octobre prochain; ou si on veut en achepter le produit tous les ans, on le vendra, et du tout on fera bonne composition.

19. Une charge d’ayde de Panneterie chez le Roy[422], qui jouit de tous les privilèges aux gages fixes de 225 liv.[423] et 150 liv. de profits, le tout payez reglement à la fin du quartier de Juillet pendant lequel on sert[424] et est nourry, pour 5,000 liv.

[422] Il y avoit chez le roi douze de ces aides dans la panneterie-commun.

[423] Ces gages avoient été longtemps de 300 livres.

[424] Il seroit plus clair de dire que celui qui veut ici vendre sa charge servoit pendant le quartier de juillet.

20. Une charge de garde du Roy en la prevosté de l’hostel[425], sous la charge de Monsieur le Marquis de Sourches, grand prevost de France[426], qui jouit de tous les privileges, aux gages de 272 liv. 10 sols[427], à servir pendant le quartier de Janvier, du prix de 3,050 liv.

[425] Ces gardes étoient au nombre de cent, y compris les douze qui portoient le titre d’exempts.

[426] V. sur lui, t. I, p. 74.

[427] «Ils ont, dit l’_État de France_, 1692, in-12, p. 444, qui leur attribue les mêmes gages, 60 livres d’extraordinaires et quelques gratifications lorsque S. M. touche les malades.» V. sur cette cérémonie t. I, p. 21.

21. La Terre et Seigneurie de Cléry, scize à douze lieues de Paris[428], consistant en chasteau pour le Seigneur, et appartement séparé pour le Fermier, clos fermé de murs, jardins, prez, terres, bois, et autres choses en dépendant, mesmes les droits honorifiques, du prix d’environ 25,000 liv.

[428] Il reste de cette seigneurie un hameau du canton de Marines dans l’arrondissement de Pontoise. Les seigneurs de Cléry, qui avoient leur importance dans cette contrée, possédoient aussi un hôtel à Paris, rue Montmartre. C’est sur son emplacement que fut ouverte, en 1633, la rue qui porte encore leur nom. En 1688, quand «la terre et seigneurie» furent mises en vente, comme nous le voyons ici, Claude de Poissy, chevalier, en étoit seigneur.

22. Une belle maison couverte d’ardoise, à porte cochere, scize sur le bord de la rivière entre Brie et Corbeil, tres bien bastie, et où il y a plusieurs beaux et magnifiques logements, avec une chapelle, grande basse cour, jardin, enclos de huit arpens fermé de murs, prez, terre, bois taillis et haute fustaye, canal, vivier, et generalement toutes les autres commoditez qu’on peut souhaiter, du prix d’environ 30,000 liv. On aura au Bureau un estat au long de la dite maison.

23. Une chaise bourgeoise de porteur[429] presque neuve, garnie de brocatelle[430], avec une crépine de soye, d’environ 70 liv.

[429] La chaise de porteur ou à porteur «bourgeoise» se distinguoit des autres parce qu’elle étoit sans armoiries.

[430] Étoffe de fil et de laine, qui se fabriquoit en Flandre et qu’on appeloit aussi soit _mazeline_, soit _étoffe de l’apport-Paris_, à cause du grand commerce qui s’en faisoit dans ce quartier-là.

_Demandes à achepter._

24. On demande à achetter une maison logeable en fief ou roture[431], avec clos, jardin, prez, terres labourables d’environ 20,000 liv., mais il ne faut pas qu’elle soit plus éloignée de 4, 5 ou 6 lieues de Paris.

[431] C’est-à-dire, sans aucun titre ni droit seigneurial.

25. Une tapisserie verdure, Flandre ou Auvergne[432], de dix huit jusqu’à vingt quatre aulnes de tour plus ou moins, sur deux aulnes et demy d’hauteur, bonne et de hazard.

[432] Les manufactures des tapisseries d’Auvergne étoient une création de Colbert qui faisoit une rude concurrence à celles de Felletin, comme on le voit par un arrêt du Conseil du 21 août 1691 sur les droits d’entrée. Jabach, qui les avoit visitées pour Colbert, en 1688, lui en avoit rendu le meilleur compte. (_Corresp._ de Colbert, t. V, p. 520.)

26. On demande à achepter une terre en fief à dix ou douze lieues de Paris, où il y ait maison logeable, clos ou jardin, terres labourables, prez et bois, du prix d’environ 5,000 liv.

27. Une tapisserie verdure de Flandre, ou Auvergne, qui ait depuis seize jusqu’à dix huict aulnes de tour, plus ou moins, de l’hauteur ordinaire, avec un bureau propre et en estat de servir à un marchand, le tout bon et de hazard.

28. Une charge chez le Roy de 15,000 à 16,000 liv., à condition que le vendeur se chargera de l’agréément et reception de l’achepteur, et qu’il luy remettra toutes les pièces nécessaires en main.

29. Une maison en fief ou roture qui soit logeable, et où il y a clos ou jardin, prez, terres, vignes et bois, proche la rivière de Seine en montant, ou sur le chemin de Paris à Orléans, distante de Paris depuis cinq jusqu’à huit lieues, et dans l’élection de Paris, d’environ 10,000 liv.

30. Deux garçons allemands de l’âge de vingt deux ans, qui ont fait toutes leurs estudes, et dont l’un sçait jouer du clavessin et du violon, demandent condition, soit valet de chambre[433], ou précepteur pour enseigner le latin et l’allemand[434].

[433] A cette époque, valets de chambre ou laquais jouoient presque tous du violon. De cette façon, lorsqu’ils avoient fini leur service, on savoit, aux dépens de ses oreilles il est vrai, ce qu’ils faisoient. L’Olive, le valet du _Grondeur_, joue du violon. V. acte I, sc. 1; et aussi Lemontey, _Hist. de la Régence_, t. II, p. 319.

[434] Nos guerres avec l’Allemagne avoient rendu cette étude assez ordinaire dans les grandes familles. La Bruyère, par exemple, savoit l’allemand et l’avoit enseigné à son élève, petit-fils de Condé.

31. Une tapisserie d’Auvergne depuis quatorze jusqu’à dix sept aulnes de tour, plus ou moins, sur deux aulnes et demie d’hauteur, avec un miroir glace de Venize de 25 à 30 pouces de haut, le tout bon et de hazard.

_Advis généraux._

Un particulier donne advis au public qu’il possede un secret admirable et indubitable pour guérir toutes sortes de diarées, dissenteries, et flux epatique, qui ne demande a estre satisfait qu’après parfaite guérison des maladies.

Un autre particulier guérit la goute, paralisie, ydropisie, rumatismes, toutes sortes de fièvres, et les maux vénériens, sans qu’on soit obligé de garder la chambre.

Un particulier enseigne le toisé et l’arpentage, les fractions de fractions, le négoce, et change étranger, et l’arithmétique en toutes ses parties pour toutes sortes de professions étrangères, et autres, en un mois de temps, lorsqu’on saura les quatre règles. Plus les rédactions des poids et mesures étrangères, et autres, les évaluations, racine carrée et cube, règles de canonier, de navire et autres vaisseaux, la construction du carré magique[435] par progression géométrique en proportion double, la carte[436], et plusieurs autres sciences, et du tout donne des leçons par écrit.

[435] On appeloit ainsi un carré formé de plusieurs cases, dans lesquelles on plaçoit des nombres dont la somme prise en tous sens étoit la même.

[436] C’est le nom qu’on donnoit à la géographie. Pour dire qu’on l’avoit apprise, on disoit, selon Richelet, qu’on savoit «la carte». Il est aisé de comprendre, d’après cela, la locution populaire: «perdre la carte».

Ceux qui auront quelque chose à commercer, vendre, achepter, troquer, ou loüer, prendront la peine s’ils ne veulent pas venir eux mesmes au Bureau, d’envoyer un Laquais avec un Mémoire instructif, et on leur donnera satisfaction.

Ceux qui ont de grandes maisons dans Paris, ou à la campagne, et qui faute de les rendre publiques demeurent à les louer, parce que la pluspart des gens de qualité, et autres, ne lisent pas les affiches qui sont au coing des rues, n’auront qu’à envoyer le mémoire au Bureau, pour estre mis sur la liste.

Les maistres des auberges, des académies, des écoles, des sciences, des messageries, et autres qui souhaitent de rendre leurs establissements publics, n’auront qu’à envoyer au Bureau leurs qualitez, leurs enseignes, lieu et demeure, et l’on les enregistrera, pour estre dans la suite indiquez aux estrangers, et à ceux qui viendront s’en informer au Bureau.

Les Huissiers qui doivent aller en campagne dans les Provinces, viendront le déclarer au Bureau, et l’on leur envoyera les gens qui ont à faire dans les dites provinces pour s’emboucher[437] avec eux[438].

[437] Pour «s’aboucher», mot qui n’avoit encore cours que chez les gens de distinction et dans les livres.

[438] Un passage du _Journal_ de Colletet, à la date du 3 octobre 1676, nous donne l’explication de celui-ci sur les singuliers trafics des Huissiers, qui, lorsque les affaires chômoient à Paris, en achetoient en province pour s’entretenir la main: «_Comme il y a_, dit Colletet, _des gens qui se plaisent dans la sollicitation des affaires, et qui en acheptent mesmes quand les leurs sont finies de peur de languir dans l’oysiveté, et pour y gagner leurs peines: nous leur donnons avis_, notamment si ce sont des Huissiers, qui font des courses à la campagne, _que nous leur ferons vendre à bon compte divers billets, cédulles et promesses, dont ils pourront faire leur profit, de particuliers encore vivants, deubs pour nourriture, logement et entretien, au payement de quoy plusieurs sont condamnez par sentence des Consuls_.»

Ceux qu’ils veulent achepter ou vendre des rentes, emprunter de l’argent et en placer, vendre des maisons et héritages, soit à Paris ou à la campagne, s’adresseront au Bureau.

Ceux qui ont des Bénéfices à permuter et à donner à ferme, des charges à vendre ou à achepter, soit à Paris ou en Province, des bois à couper, des estangs à pescher, et qui font faire des inventaires forcés ou volontaires, prendront la peine de le venir déclarer au Bureau, ou envoyer un Mémoire instructif, et l’on en advertira le public par la liste.

Ceux qui arrivent à Paris, et ceux qui en veulent partir soit pour voyager ou autrement, et qui ont besoin de plusieurs personnes pour faire leur trein, peuvent s’adresser au Bureau, et on leur en envoyera sur le champ de toutes les tailles, qualité et condition qu’ils les demanderont[439].

[439] Sur ces valets de louage, v. plus haut, p. 50.

Ceux qui écriront des lettres au Bureau en acquitteront le port, faute de quoy on ne les recevra point, parce que l’on s’en voit trop chargé jusqu’à présent.

Les Etrangers qui doivent arriver à Paris avec équipage, pourront s’adresser au Bureau, mesme par lettre demander ce qu’ils ont à faire, soit pour logement, domestiques, ou autres choses.

Et généralement tous ceux qui veulent rendre quelque chose publique, chercher ou indiquer, et qui d’ordinaire font mettre des affiches aux coings des rues, qui ne sont veües que de très peu de gens, et d’ailleurs déchirées et recouvertes les unes par les autres en peu de temps, au lieu de faire la depense pour l’affiche, n’auront qu’à envoyer les mémoires au Bureau, et l’on les mettra sur la liste, que l’on imprimera régulièrement tous les quinze jours, et que l’on vendra et distribuera de mesme que les Gazettes[440].

[440] Beaucoup de gens répugnoient à se voir affichés et ne devoient, par suite, recourir qu’avec plus d’empressement aux avantages des feuilles d’adresses. Colletet annonce dans son _Journal_ du 11 sept. 1676 une personne qui étoit dans ce cas. «_Honneste homme_, dit-il, _qui sçait la langue latine et l’italienne de mesme, et qui ne peut se résoudre à voir son nom dans les affiches publiques, s’offre aux honnestes gens qui auront des livres italiens ou manuscrits à traduire fidèlement, d’y travailler quels que difficiles qu’ils soient; de montrer cette Langue à quiconque désirera l’apprendre..._»

On sçaura au Bureau le nom des personnes qui veulent tant vendre qu’achepter.

_Le Bureau est dans l’enclos du Palais, Cour de la Moignon, du costé du Quay des Morfondus._

LISTE GÉNÉRALE

DU

BUREAU D’ADRESSE ET DE RENCONTRE

ESTABLI PAR PRIVILÈGE DU ROY

_en la Place Dauphine_.

_Du 1 Mars 1689[441]._

[441] V. notre _Introduction_, p. xlj. C’est par mégarde que nous y avons dit que les _Listes du Bureau d’adresse_ recommencèrent à paroître en février 1689. Ce n’est qu’au mois de mars, dont nous reproduisons ici le numéro, qu’elles reprirent.

Le Bureau d’adresse et de rencontre se rétablit avec tant de succès, et devient d’une si grande utilité au Public que l’expérience fait encore juger favorablement de ceux qui en furent les autheurs.

En effet Paris par son immensité estant regardé comme la patrie commune de tout le royaume, et s’y trouvant des gens de toutes les Nations non-seulement dans le commerce general, mais dans le particulier, tout devint également intéressé à découvrir ce qui tombe dans la nécessité du service, et dans le dessein du commerce.

C’est de là qu’on a pris grands soins de rétablir le Bureau d’adresse et de rencontre, que les guerres et le mauvais usage de ceux qui en ont eu cy-devant l’administration, avoient rendu comme odieux au Public; mais les réglements qu’on y a faits depuis y ont étably le bon ordre, la fidélité et le secret, de sorte qu’on y peut venir à présent de confiance, soit pour vendre, acheter, échanger, affermer ou autrement, soit pour le choix des gens de quelque nature et qualité qu’on les puisse souhaiter dans le domestique, ou, pour les domestiques, pour le choix des conditions. Les Commis du Bureau n’entrent de leur chef dans aucune affaire, toutes leurs occupations se renferment à recevoir les avis et déclarations de ceux qui se présenteront au Bureau, lequel n’est estably que pour l’indication purement et simplement.

_A Vendre._

1. Six chevaux de carrosse gris blanc de six à huit ans avec leur harnois de roussy doré[442], du prix de 3,500 liv.

[442] Cuir de Russie. V. plus haut, p. 37.

2. Une charge de juré aulneur et visiteur de toiles[443] de la Ville, Fauxbourgs et Banlieue de Paris, avec les émoluments et bourse commune[444], du prix de 12,500 liv. y compris la réception.

[443] Son office étoit d’auner les toiles, treillis, canevas, pour voir s’ils étoient bien de la mesure réglementaire. A chaque visite ils touchoient un droit. V. sur ces sortes d’offices jurés, t. I, p. 110.

[444] Elle se formoit de ce que chaque membre de la corporation devoit abandonner sur ce qu’il avoit perçu. Tous avoient ensuite, quel qu’eût été leur apport, droit au partage qui se faisoit à des époques déterminées.

3. Une maison scize en cette Ville, rue Geoffroy-Langevin, du prix d’environ 8,000 liv.

4. Pour 50 à 60,000 liv. de rente en principal sur l’Hôtel de Ville[445], en plusieurs contractz creez au denier dix huit[446]: il y a bonnes seuretez pour l’acquisition.

[445] V. plus haut, sur les rentes de l’Hôtel-de-Ville, t. I, p. 42-46.

[446] Un peu moins de six pour cent. V. une note un peu plus haut, p. 334.

5. Un grand carrosse couppé[447] avec ses glaces, garny de velours cramoisi; les harnois de deux chevaux de roussi bien dorez, de mesme que le carrosse monté sur un trein, le tout presque neuf, du prix de 1,500 liv.

[447] Moitié du grand carrosse que, pour cela, nous appelons encore aujourd’hui «un coupé».

6. Un grand carrosse à deux fonds avec ses glaces garny de velours cramoisy fort propre, d’environ 600 liv.

7. Une charge de garde en la connestablie de Messieurs les mareschaux de France[448], qui jouit de tous les privilèges, aux gages fixes de 200 l. avec les émoluments lors qu’on sert, du prix d’environ 1,800 liv.

[448] C’est un de ces gardes qui, venant dire dans le _Misanthrope_:

Messieurs les Maréchaux dont j’ai commandement,

met le holà dans la dispute entre Alceste et Oronte. La Connétablie avoit ses audiences réglées le mercredi et le samedi dans l’enclos du Palais, à la Table de marbre. V. plus haut, t. I, p. 85.

8. Une terre en fief située près d’Etampes, qui ne releve que du Roy, consistant en maison à porte cochere, jardin, clos, terres labourables, prez, bois taillis, censives, droit de chasse, et autres, du prix d’environ 35,000 liv.

9. Une grande maison à porte cochère, rue de la Verrerie, du prix d’environ 40,000 liv.

10. Deux petites maisons en cette ville, rue neuve du Ponceau[449], louées 200 l. On les vendra sur le pied du denier vingt, argent comptant, et échangera mesme contre quelque rente ou maison de campagne; et s’il convient donner du retour, on le fera.

[449] On appeloit ainsi la partie la plus récemment ouverte de la rue du Ponceau, qui donnoit sur la rue Saint-Martin. L’autre extrémité, où se trouvoit le petit pont sur l’égout, auquel la rue devoit son nom, s’appeloit déjà «le ponceau Saint-Denis» en 1391.

11. Plusieurs maisons à porte cochere bien bâties, grand jardin et terre scize au lieu du Roulle[450], ayant veue sur la grande ruë, à vendre ensemble ou séparément et en toutes seuretez, avec honneste composition.

[450] Le Roule n’étoit encore qu’un village de banlieue. C’est en 1722 seulement qu’il devint faubourg de Paris. V. _Archives hospitalières_, Hôtel-Dieu, t. I, p. 253, nº 3271.

12. Une fort belle et bonne Pandule sonnante[451], du prix de quinze pistolles.

[451] Richelet écrit «pendule», mais ajoute: «prononcez pandule». L’invention due à Huyghens et que l’abbé Hautefeuille lui disputoit remontait à 1657. Or Huyghens ayant alors vingt-huit ans, et Hautefeuille dix seulement, la querelle de revendication tomboit d’elle-même.

13. Une charge de lieutenant des Eauës et Forests à Senlis, aux gages et droicts y attribuez, du prix d’environ 5,000 liv.

14. Une maison à porte cochere bâtie à neuf, size au lieu de Clamard près Issy, jardin d’un arpent clos de murs, et autres fort belles commoditez, du prix d’environ 4,000 liv.

15. Plusieurs meubles, tableaux, montres, diamants et autres bijoux, dont on fera bonne composition ensemble ou séparément.

16. Un contract de constitution de rente de 6,000 liv. en principal, fait à Paris, créé au denier vingt, deuë par un particulier Officier au Parlement de Guyenne, et dont on aura bon compte.

17. Une maison au faubourg St. Marcel, rue de l’Oursine, du prix d’environ 6,000 liv.

18. Un coffre fort bon et de hazard dont on fera bonne composition.

19. Une tanture tapisserie de Flandre en sept pièces, tirant 24 aulnes sur 3 aulnes et demie de haut, representant l’histoire de Jules César, du prix d’environ 6,500 liv.

20. Une autre tanture tapisserie de Flandre, tirant 23 aulnes, de la mesme hauteur, representant l’histoire d’Alexandre, du prix d’environ 7,000 liv.[452].

[452] C’étoit une des tapisseries les plus à la mode. Le prix en montoit quelquefois plus haut qu’on ne le voit ici: «J’ai, dit la Tapissière, deux des plus belles garnitures de chambre qui se puissent voir, il y en a pour deux grandes salles; ce sont _les Conquestes d’Alexandre contre Darius_, sur le même modèle qu’ont été faites celles dont le Roy a fait présent au duc de Lorraine, mais elles nous coûtent quinze mille livres.» _L’art de plumer la poule sans crier_, 1710, in-12, p. 82.--Nous trouvons dans le _Journal_ de Colletet une tapisserie dont le prix est encore plus élevé: «_Nous savons_, dit-il, à la date du 28 octobre 1676, _une superbe tenture de tapisserie, à personnages de piété, relevée d’or et de soie: Elle a plus de quarante aunes de tour, et plus de quatre de hauteur; on ne la fait que vingt-cinq mille livres, quoy qu’elle en vale plus de quarante mille..._»

21. Une grande maison à porte cochere size en cette ville, ayant veue sur les rues Jean Lointier[453] et des Deux Boules, du prix d’environ trente mille liv. dont on en constituëra, s’il est convenu, la moitié, et prendra en payement pour l’autre une charge chez le Roy convenable à un gentilhomme ou de l’argent. Plus pour environ 25,000 écus de terre au païs du Perche, près la ville de Belesme, dont il y en a une seigneuriale qui ne releve que du Roy; on les échangera mesme contre d’autres terres près de Paris, charge comme dessus, ou d’une d’auditeur des Comptes.

[453] C’est le vrai nom de la rue que par corruption on appela plus tard Jean-Lantier; elle le portoit dès le XIIe siècle.

22. Une maison à porte cochere très belle et bien bâtie, size au lieu de Pacy[454], avec jardin d’un arpent clos de murs, et autres commoditez, du prix de 6,000 liv.

[454] On écrivoit ainsi le plus souvent le nom de Passy près Paris, comme on écrit encore du reste Pacy-sur-Eure, Pacy-sur-Armançon.

23. Une maison à porte cochère size en cette ville, rue de la Champverrerie[455], du prix d’environ dix mil livres. Il y a bonnes seuretez pour l’acquisition.

[455] Lisez «de la Chanvrerie».