Le livre commode des adresses de Paris pour 1692, tome 1/2

Part 9

Chapter 93,686 wordsPublic domain

[5] Il s’agit de l’hôtel Lambert, situé en effet dans «la même» Ile, tout près de l’hôtel Bretonvilliers. Le Vau le construisit pour Nicolas Lambert, dit «le riche», suivant Tallemant, grand-père de celui qui figure ici, et comme lui président des comptes. Il y eut de sa part en le faisant bâtir un peu de dépit contre Bretonvilliers, par qui, selon Tallemant encore, il s’étoit laissé enlever la riche héritière Elisabeth Perrot. Vaincu par lui sur le terrain du mariage, il voulut l’emporter contre lui sur un autre, celui des constructions, en se bâtissant un hôtel plus beau que celui que Bretonvilliers tenoit de son père. Il n’y réussit pas. L’hôtel Lambert, tout superbe qu’il fût, avec ses peintures de Romanelli, de Lebrun et de Lesueur, resta, comme magnificence des bâtiments, étendue et point de vue, inférieur à son voisin. G. Brice, édit. de 1701, t. I, p. 388-391, en a donné une intéressante description, et il existe, sous le nom de _galerie Lambert_, une collection de gravures de Picard, datées de 1740, qui reproduisent les peintures qu’y avoient faites Lebrun et Lesueur. L’hôtel, qui fut plus tard la propriété du fermier général Dupin, où Voltaire logea avec Mme du Châtelet, etc., appartient aujourd’hui, depuis 1842, à la famille Czartoriski.

M. Paris[6], rue neuve Saint Paul.

[6] Il avoit succédé à son père, l’un des députés de la Chambre des comptes aux conférences de Rueil, pendant la Fronde (_Gazette de France_, 6 mars 1649).

M. Rezé[7], rue des Bourdonnois.

[7] De la même famille que le président des requêtes Bernard de Rezé, que nous avons vu plus haut.

M. Rossignol[8], près les Filles Saint Thomas.

[8] Il avoit eu sa charge, en octobre 1688, par l’influence de Louvois, à la mort de M. Dupré. Il étoit fils de Rossignol, qui avoit été si utile à Richelieu, puis à Mazarin, par sa facilité à déchiffrer les écritures secrètes. (_Historiettes de Tallemant_, édit. P. Paris, t. II, p. 33-34.) Son fils avoit hérité de son savoir. «C’étoit, dit Dangeau (14 octobre 1705), à l’époque de sa mort, le plus grand déchiffreur de l’Europe.» Peut-être M. Paulin Paris a-t-il raison, lorsque parlant du père, qui avoit eu si bien le premier _la clé_ de toutes les écritures cachées, il dit: «Je croirois assez que de cet habile homme vient le nom de _rossignols_, donnés aux clés _passe-partout_.» Notes sur Tallemant, t. II, p. 94.

M. le Vassan[9], rue neuve Sainte Geneviève.

[9] Lisez de Vassan.

M. Brunet de Monferrant[10], rue des Francs-Bourgeois.

[10] Il avoit acheté une des nouvelles charges 100,000 écus, «comme le roi, dit Dangeau, les a fixées.» Un beau portrait de lui gravé par P. Drevet, d’après F. de Troye, se trouve en tête des _Nouvelles remarques, ou réflexions critiques, morales et historiques_, par l’abbé Bordelon, vol. in-12 publié en 1695, qui lui est dédié.

M. Gilbert[11], rue de Torigny.

[11] Louis-Charles Gilbert, qui occupoit cette charge de président à la Chambre des Comptes, depuis 1691. Il étoit fils du marchand Gilbert, qui vendoit du drap, près des Saints Innocents, à l’enseigne des _Rats_, et à qui sa grosse fortune avoit valu de pouvoir marier sa fille Jeanne au Conseiller d’Etat, Fleuriau d’Armenonville, dont il a été parlé plus haut. Ce mariage avoit été beaucoup remarqué et chansonné. (V. _le Chansonnier_ ms. de Maurepas, t. VII, p. 43 et 275.) Le président Gilbert étoit des plus entendus. Il fit notamment un rapport célèbre, qui donna gain de cause au Roi contre le duc de Bouillon dans un important procès. (Dangeau, 9 avril 1715.) Il étoit aussi fort riche. En 1705, son fils avoit pu acheter 55,000 livres le régiment de Chamillart.

M. Tambonneau[12], rue de l’Université[13].

[12] Son père, auquel il succéda, comme président des Comptes, en 1684, a, dans Tallemant, son _historiette_, où ni lui ni sa femme ne sont fort bien traités. (Edit. P. Paris, t. VII, p. 80, etc.) Le fils, avant d’avoir sa charge, avoit dès 1657 été conseiller au Parlement, puis envoyé extraordinaire à Cologne, et ambassadeur en Suisse. Il mourut, ayant environ quatre-vingt-huit ans, au mois de novembre 1719.

[13] Il habitoit «cette belle maison auprès du Pré aux Clers», comme dit Tallemant, que Le Vau avoit bâtie pour son père, et qu’on voit déjà figurée, en 1652, sur le plan Gomboust. Elle est décrite par G. Brice (édit. de 1701, t. II, p. 267), avec son ordre dorique en pilastres, sa cour «d’une étendue considérable», ses appartements doubles, et son jardin où, ajoute G. Brice, «La Quintinie fameux jardinier du Roy a fait son apprentissage.» Tambonneau la vendit longtemps avant de mourir. En février 1698, il entra en marché avec M. le comte de Marsan, et après quelques difficultés à propos de la propriété d’une moitié de jardin, qui sont curieusement racontées dans les _Annales de la Cour et de Paris_, t. I, 221, l’affaire s’arrangea. Tambonneau avoit, paroît-il, besoin de vendre. Le prix fut de 235,000 livres, mais l’on calcula qu’avec les réparations à faire, et l’achèvement de quelques parties, l’hôtel ne monteroit pas à moins de 100,000 écus (Dangeau, 5 fév. 1698). En 1710, le comte de Marsan le vendit à M. de Matignon. Quatorze ans après son petit-fils, le prince de Pons, le racheta, et le garda toute sa vie. On ne l’a démoli qu’en 1845, pour percer la rue _Neuve de l’Université_, dont le nom actuel est rue du _Pré aux Clercs_, et qui par sa longueur, de la rue de l’Université à la rue Saint-Guillaume, permet d’apprécier ce qu’étoit l’étendue de ce magnifique hôtel.

M. Robert[14], rue Neuve Saint Augustin.

[14] Louis Robert de Fortille. Nous nous étonnons qu’il figure ici, car il avoit, deux ans auparavant, le 20 décembre 1690, donné démission de sa charge pour payer ses dettes, à la suite d’énormes pertes au jeu. (Dangeau, 20 déc. 1690.) C’étoit un des plus gros joueurs de Paris. On veut que La Bruyère l’ait eu en vue dans le _75e Caractère_ de son chapitre _des Biens de fortune_: «Mille gens se ruinent au jeu...» Un jour, chez Lauzun, il avoit perdu contre le prince Philippe dix mille pistoles «qu’il paya, sans vouloir de composition», dit Dangeau (13 août 1686). Il étoit parent de Louvois, dont il avoit très-énergiquement secondé les projets en Hollande, comme intendant des places conquises. (C. Rousset, _Hist. de Louvois_, t. I, p. 435.) L’Espine, des bâtiments du roi, que nous trouverons plus loin, étoit son beau-père.

M. Larcher[15], Couture Sainte Catherine.

[15] Pierre Larcher, marquis d’Esternay, qui fut président à la Chambre des Comptes, de 1651 à 1700, époque où il se démit en faveur de son fils. Il passoit pour avoir été le conseiller de la princesse de Carignan, pour la rédaction de ce fameux testament par lequel trois de ses enfants étoient déshérités.

_La Charge d’Avocat Général vacante._

_Procureur Général._

M. Roüillé[16], près l’Hôtel d’Angoulesme.

[16] Il ne quitta cette charge qu’en juin 1701, pour celle de Directeur des finances, moyennant 800,000 livres payées au Trésor. Elle venoit d’être créée en double. Armenonville eut l’une, comme on l’a vu plus haut, Rouillé eut l’autre. Il passoit pour ami des lettres. Sénecé lui a adressé une de ses épigrammes qui finit ainsi:

A vous qui reconciliez Les Muses avec les finances.

_Requestes de l’Hôtel du Roy._

M. De Fortia[17], premier Président, rue de Baune, près le Pont royal.

[17] Bernard de Fortia, doyen des maîtres des requêtes de l’Hôtel. Il mourut le 20 octobre 1694.

_Procureur Général._

M. Maboulle[18], rue de Sorbonne.

[18] Il occupoit cette charge, depuis vingt ans, par la cession que lui en avoit faite Nicolas Foucault, qui en parle ainsi dans ses _Mémoires_ (in-4º, p. 16): «1672. Le 1er janvier, j’ai passé ma procuration _ad resignandum_ de la charge de procureur général des requêtes de l’hôtel à M. Maboul, en exécution du traité fait avec lui de ladite charge, moyennant 78,000 livres, dont il s’est obligé à payer 38,000 livres comptant. Le même jour, je lui ai rendu les provisions en main.»

COURS DES MONNOYES.

_Premier Président._

M. Colignon de Champigny[1], rue S. Thomas du Louvre.

[1] Il venoit de succéder à son père Nicolas Cottignon--et non Colignon--de Chauvry, mort le 22 mars 1692, à 83 ans, et qui cumuloit cette charge à la Cour des Monnoies, avec celle de généalogiste du roi.

_Autres Présidens._

M. Cousin[2], rue de Guenegaud.

[2] Louis Cousin, que ses traductions des principaux auteurs byzantins publiées sous différents titres, de 1672 à 1683, firent nommer de l’Académie françoise, le 19 mai 1697. Il mourut en mars 1707.

M. Feydeau, Isle Notre Dame.

M. de Lochefontaine, rue de Guénégaud.

M. Hourlier[3], Porte Saint Michel.

[3] Claude Hourlier, que nous trouverons plus loin, bailli du Palais.

M. le Vacher, à l’Arsenac.

M. Desbiais, rue Sainte Avoye.

M. Faudet[4], rue Barbette.

[4] Lisez Faudel. Il avoit épousé la fille de Zacharie Morel, maître de la Chambre aux deniers. Suivant les _Clés_ de La Bruyère, c’est à sa femme qu’il seroit fait allusion dans le _28e Caractère_ du chapitre de _Quelques usages_: «la fille d’Aristippe est malade...» Le président Faudel mourut en septembre 1707.

_Avocats Generaux._

M. Guillaine, ruë d’Enfer.

M. Hurez, ruë Quinquempoix.

_Procureur General._

M. de Selles, rue des fossez Montmartre.

AMIRAUTÉ.

M. le Comte de Thoulouse, Grand Amiral en Cour.

Les Charges de Lieutenants Généraux et Particuliers, de Conseillers et d’Avocats du Roy, vacantes.

M. Jacob, Procureur du Roy, rue Perdue.

CHASTELET.

_Prevost de Paris[1]._

[1] Le prévôt de Paris y étoit le représentant de l’autorité et de la justice royale, mais depuis la création de la Lieutenance de police en 1666, sa charge s’y étoit singulièrement amoindrie.

M. de Bullion[2], ruë Platrière[3].

[2] Le marquis de Bullion, fils du surintendant Claude de Bullion, qui s’étoit fait sous Richelieu une si grosse fortune. Le marquis avoit prêté serment au Parlement, comme prévôt de Paris, le 22 mai 1685. Cette charge rapportoit 8,000 livres, il l’avoit payée 50,000 écus. Toute diminuée qu’elle fût, elle avoit son importance, surtout comme prestige d’autorité: «les arrêts du Châtelet, écrit Dangeau (20 octobre 1684), se rendent au nom du prévôt de Paris, et le lieutenant civil est à son égard ce que sont les lieutenants généraux dans les présidiaux, à l’égard du grand bailli ou du sénéchal de la Province.» Le marquis de Bullion mourut fou, en 1721, dans une de ses maisons de la Beauce, où on l’avoit enfermé. «Un de ses cadets, écrit Saint-Simon, étoit dès lors prévôt de Paris, sur sa démission.» (_Mémoires_, in-18, t. XI, p. 397.)

[3] Il habitoit l’hôtel que Le Vau avoit bâti pour Claude de Bullion, de 1630 à 1634, et qui existe encore en partie au nº 3 de la rue Jean-Jacques Rousseau, ancienne rue Platrière. On y lit toujours au-dessus de la porte: _Hôtel Bullion_. Il fut longtemps un des plus beaux du quartier et des environs. (_V._ notre _Histoire de la Butte des Moulins_, p. 95.) Il perçoit jusqu’à la rue Coq-Héron. C’est même de ce côté-là que s’en trouvoient la galerie basse, avec sa série des douze mois peinte par Blanchard, et la galerie haute, où Simon Vouet avoit peint, en 1634, les aventures d’Ulysse. Cette partie fut détachée de l’hôtel dans la seconde moitié du XVIIIe siècle. La loge maçonnique de _Saint Jean d’Ecosse_ s’y établit en 1779, dans la galerie même de Vouet, qui étoit encore très-bien conservée. L’autre partie, sur la rue Platrière, étoit devenue ce qu’elle resta longtemps, presque jusqu’à nos jours: l’hôtel des ventes. De nombreux locataires l’occupoient. On voyoit entre autres écriteaux sur la porte, en 1789, suivant _le Provincial à Paris_ (Quartier du Louvre, p. 134): «M. Taima dentiste.» C’étoit le père du grand tragédien.

_Lieutenant Civil._

M. le Camus[4], ruë de Paradis.

[4] Frère du président à la Cour des aides, dont nous avons parlé plus haut. Il avoit commencé par être maître des requêtes, puis intendant d’Auvergne. C’est depuis le 4 septembre 1671 qu’il étoit lieutenant civil. Lorsqu’en 1684 les juridictions du grand et du petit Châtelet, qui avoit aussi son lieutenant civil, furent réunies, sa charge, devenue plus importante, puisqu’elle restoit seule, lui fut conservée. C’étoit, suivant Saint-Simon, un fort honnête homme, mais, ajoute-t-il (t. V, p. 342), «glorieux à un point qu’on en rioit, et qu’on en avoit pitié.» Il étoit frère du premier président de la Cour des Aides, et du cardinal Le Camus, et quand il disoit: «Mon frère le Cardinal», il se rengorgeoit que c’étoit un plaisir.

_Lieutenant General de Police._

M. de la Reynie[5], rue du Boulloy.

[5] La charge de Lieutenant de police avoit été créée pour lui en 1666. Il l’occupa jusqu’à ce qu’en 1697 le roi l’en eût déchargé sur sa demande. Il ne garda que la place de Conseiller d’Etat, qu’il avoit depuis 1680. Il étoit né à Limoges le 25 mai 1625, de Nicolas de la Reynie, qui depuis 1608 y étoit conseiller du roi en la sénéchaussée et siége présidial. Lui-même commença dans un présidial, celui de Bordeaux, où il fut président en 1646. Il devint ensuite Maître des requêtes, en 1661, puis enfin, cinq ans après, lieutenant de police. Il mourut le 24 juin 1709, à quatre-vingt-quatre ans. Il fut enterré sans aucune pompe, au petit cimetière Saint-Joseph, «ainsi qu’il l’avoit demandé.» (_Mercure_, juin 1709, p. 297.)

_Lieutenant Criminel._

M. d’Effila[6], rue de la Verrerie.

[6] Lisez Deffita. Il avoit, en 1666, succédé dans cette charge à Tardieu, si fameux par son avarice, et dont Boileau a rappelé l’assassinat dans sa Xe satire. Deffita, qui avoit d’abord été procureur du roi des requêtes de l’hôtel, charge qu’il céda à Nicolas Foucault, pour devenir lieutenant criminel, conserva ce dernier emploi jusqu’à sa mort à la fin de novembre 1700. Nicolas Le Comte lui succéda le 1er février suivant.

_Lieutenans Particuliers._

Mrs du Martray[7], rue du Mail, et Pasquier, rue Bourlabbé.

[7] Il étoit gendre de Félix, premier chirurgien du roi, qui lui fit avoir en 1699 une pension de 500 écus. (Dangeau, 17 octobre 1684, et 14 juillet 1699.)

_Lieutenant Criminel de Robe Courte._

M. Bachelier du Moncel, rue de Clery.

_Prevost de l’Isle de France[8]._

[8] C’étoit le titre que prenoit le prévôt des maréchaux, dont la juridiction s’étendoit sur toute l’Ile de France. Un autre prévôt siégeoit à Melun, pour le reste de la généralité de Paris.

M. Francine de Grand Maison[9], rue des Prouvaires.

[9] Il étoit frère de Francine, qui avoit épousé une sœur de Lulli, et qui devint, après celui-ci, directeur de l’Opéra. Francine de Grandmaison se démit de sa charge en faveur de son fils, qui la céda lui-même, mais fort tard, en 1718. «Suivant l’usage, écrit Dangeau (12 novembre 1718), son successeur fut installé à la table de marbre par MM. les maréchaux de France.»

_Chevalier du Guet._

M. Chopin, rue de la Verrerie.

_Juge Auditeur._

M. Testebone, rue Saint Antoine.

_Avocats du Roy._

M. Brochard, rue Haute-fueille.

M. Leschassier[10], rue du Jardinet.

[10] Il étoit frère du supérieur du séminaire de Saint-Sulpice, et de Mlle Lechassier dont nous avons vu plus haut les grandes aumônes. Il mourut à 84 ans, le 12 août 1725.

M. Mallet, rue Neuve Saint Mederic.

_Procureur du Roy._

M. Robert[11], rue Sainte Avoye.

[11] Claude Robert. Il étoit depuis longtemps attaché à la juridiction du Châtelet, où il avoit commencé par être lieutenant particulier. Il y a deux lettres de lui dans _la Correspondance des contrôleurs généraux_, publiée par M. de Boislisle.

PREVOSTÉ DE L’HOSTEL DU ROY[12].

[12] Tribunal que présidoit le grand prévôt. Il jugeoit les délits et procès survenus entre les gens de cour, et de plus tous les crimes commis à Paris, lorsque le roi y résidoit.

_Grand Prevost._

M. de Sourches[13], rue de l’Université.

[13] Louis-François du Bouchet, marquis de Sourches, avoit eu de son père la survivance de la grande prévôté, le 15 septembre 1649. Il fut, avant d’en être titulaire, conseiller d’Etat, colonel du régiment d’infanterie qui portoit son nom, major général de M. de Luxembourg en Hollande, gouverneur du Maine et du Perche. Il se démit de la grande prévôté, le 25 août 1714, en faveur de son fils, et mourut le 4 mars 1716. Il a laissé des _Mémoires_ qui sont du Dangeau développé et du Saint-Simon éteint. Le troisième volume, qui comprend les années 1685 et 1686, a seul été publié en 1836 par M. Adelhm Bernier, d’après le manuscrit trouvé par lui un peu auparavant, et qui provenoit de la bibliothèque du président Roland, vendue en 1834. Le reste existe au château de Sourches, propriété du duc Descars.

_Lieutenans Generaux._

M. Barbier, cul de Sac Saint Sauveur.

M. Cornu de Noyon, rue Poupée.

_Procureur du Roy._

M. Colinet, prés Saint Gervais.

CHAMBRE DU TRÉSOR.

_Lieutenant General._

M. Vigneron, rue Jean Lointier.

_Procureur du Roy._

M. le Sec de Saint Martin, rue de la Harpe.

CONNESTABLIE ET MARESCHAUSSÉE.

_Lieutenant General._

M. de Ladarel, rue du Puis, près les Blancs Manteaux.

_Lieutenant Particulier._

M. Favart, rue Saint Honoré.

_Procureur du Roy._

M. de la Fond, rue Saint Martin.

HOSTEL DE VILLE.

_Prevost des Marchands._

M. de Fourcy[1], rue du Jour[2].

[1] Le même que nous avons vu plus haut parmi les conseillers d’Etat de semestre.

[2] Lisez rue de Jouy, comme plus haut, p. 51.

_Eschevins[3]._

[3] Il y en avoit seize et non pas quatre seulement. Ceux qui suivent ne figurent ici que parce qu’ils avoient été les derniers élus en 1690 ou 1691.

M. de la Leu[4], rue Saint Denis.

[4] Il étoit conseiller du Roi et notaire au Châtelet. L’une de ses filles épousa le fermier général Dupleix de Bacquancourt, et l’autre Verani de Varennes, receveur des tailles de l’élection de Montdidier. (_Mercure_, sept. 1734, p. 2089.)

M. Tardif[5], rue Saint Honoré.

[5] Il étoit, de plus, conseiller de ville. Son élection datoit de 1691.

M. Chauvin[6], rue Saint Denis.

[6] Son titre de _quartenier_, c’est-à-dire d’officier de police, chargé de faire respecter dans son quartier l’autorité municipale, ne l’avoit pas empêché, ce qui étoit rare, à cause du double emploi, d’arriver à l’échevinage, en 1690.

M. Savalette[7], rue Saint Antoine.

[7] Notaire au Châtelet. Il étoit fils du fameux vinaigrier de la rue Beaubourg, Savalette, dont l’histoire un peu arrangée par Le Noble, dans son _Gage touché_, 1711, in-12, p. 83, servit de sujet à Mercier pour sa pièce, _la Brouette du Vinaigrier_.

_Procureurs du Roy._

M. Titon, rue Sainte Avoye.

M. Girard Substitud, Quay Pelletier.

JUGE ET CONSULS DES MARCHANDS.

_Grand Juge._

M. Clerambault, rue Jean Loinctier.

_Consuls._

M. Rosseau, Chevalier du Guet.

M. Arnot, rue Saint G. Lauxerrois.

M. Convert, Quay des Orfèvres.

M. la Roze, rue de la Cossonnerie; lesquels Juge et Conseils seront chargez le 27 Janvier de la presente Année 1692.

EAUX ET FORESTS.

_Lieutenant General._

M. Brachet, ruë Saint Martin.

_Lieutenant Particulier._

M. Goupy, rue Sainte Avoye.

_Avocat General._

M. de l’Hommeau, vieille rue du Temple.

_Procureur General._

M. Menard, rue Perdue.

ELECTION[1].

[1] Juridiction des _Élus_, c’est-à-dire des magistrats, chargés par voie d’élection d’assister les commissaires royaux dans la levée des Aides, et la répartition des Tailles. Ils avoient en outre la garde des deniers qui en provenoient. Les _pays d’État_ n’avoient pas d’Élus, aussi appeloit-on, pour les distinguer, _pays d’Élection_ ceux qui en avoient. Paris figuroit dans le nombre, avec un personnel considérable: un président, un lieutenant, un assesseur, vingt conseillers, un avocat du Roi et un procureur du Roi, un substitut et un greffier en chef. Les deux principaux de cette magistrature figurent seuls ici.

_Président._

M. de Chevriere, rue Saint André.

_Procureur du Roy._

M. de Chenedé[2], rue des Billettes.

[2] Joachim de Chénedé, qui, après avoir été conseiller au présidial d’Angers, et maire de la ville, fut successivement conseiller, avocat et procureur du Roi, en l’Élection de Paris. Il avoit épousé la fille de Bachelier, premier valet de la garde-robe du Roi. Il mourut le 8 avril 1694.

BAILLIAGE DU PALAIS.

_Bailly._

M. Hourlier[3], porte Saint Michel.

[3] Claude Hourlier, que nous avons vu plus haut président de la Cour des Monnoies. Il avoit, comme bailli du Palais, droit d’inspections sur toutes les boutiques qui s’y trouvoient, entre autres celles des libraires du perron de la Sainte-Chapelle, et des galeries _Mercière_ et _des Prisonniers_. C’est ce qui fait comprendre pourquoi Thomas Quinet, à qui Molière avoit cédé son privilége pour la publication du _Dépit amoureux_, le dédia à M. Hourlier. Celui-ci mourut en juillet 1700.

_Procureur du Roy._

M. Robert, rue Sainte Avoye.

MASSONNERIE.

_Lieutenant General._

M. de l’Espine[4], prés Saint Roch.

[4] Beau-père du président Robert, dont il a été parlé plus haut. Il avoit, en 1667, donné «l’avis et plan pour l’aplanissement de la _Butte des Moulins_ ou _Saint Roch_», ce qui lui avoit permis de s’y faire une belle part dans les terrains à construire. (_V._ notre _Histoire de la Butte des Moulins_, 1877, in-18, p. 81, 84.)

SCEANCES DES TRIBUNAUX, ET JURISDICTIONS DE PARIS.

Les Tribunaux sont au dedans, ou hors de l’enclos du Palais.

Ceux qui sont dans l’enclos du Palais, sont le Parlement, la Chambre des Comptes, la Cour des Aydes, la Cour des Monnoyes, l’Amirauté, les Requestes de l’Hotel, les Requestes du Palais, la Chancellerie du Palais. Le Bureau des Trésoriers de France, la Chambre Souveraine, des Decimes, l’Amirauté, la Table de Marbre, Eaux et Forests, la Chambre du Trésor, l’Election, le Bailliage du Palais[1] et la Maçonnerie.

[1] L’_Almanach royal_, pour 1702, p. 65, ajoute ici: «la Bazoche, qui est la juridiction des clercs.»

Ceux qui sont hors l’enclos du Palais sont, le grand Conseil du Roy, et la Prevosté de l’Hotel de Sa Majesté, qui tiennent leurs Seances à l’Hotel d’Aligre, rue Saint Honoré, et rue Bailleul[2].

[2] Le grand Conseil dut quitter, sous Louis XV, l’hôtel d’Aligre qui menaçoit ruine. Il fut alors installé au Louvre, dans la partie qui longe le jardin de l’Infante. Il ne reste de l’hôtel d’Aligre, rue Saint-Honoré, qu’une cour, qui la met en communication avec la rue Bailleul, et qu’on appelle passage d’Aligre.

Les Prevost des Marchands et Eschevins, qui ont leur siége à l’Hôtel de Ville.

Les Juge et Consuls des Marchands, qui tiennent leurs Audiances au Cloitre Saint Mederic[3].

[3] C’est-à-dire Saint-Merry. La maison des Juges Consuls, qui servit, après eux, au Tribunal de Commerce, jusqu’à ce qu’on l’eût transféré à la Bourse, existe encore en partie dans la rue du Cloître, telle qu’elle avoit été reconstruite sous Louis XV. M. de Crissé dans ses _Souvenirs du vieux Paris_, 1836, in-fol., pl. 26, a donné une lithographie exacte de l’escalier qui en est le reste le plus curieux.

La Jurisdiction des Poudres et Artillerie, et celle de la Chambre Royale, qui se tiennent à l’Arsenal.

La Justice des Garennes et Chasses, qui se tient aux Galleries du Louvre.