Le livre commode des adresses de Paris pour 1692, tome 1/2
Part 10
Celle des Officiers du Grenier à Sel, qui ont leur siege au Carrefour des trois Maries.
L’Officialité, la Justice Notre-Dame, la Temporalité et la Chambre de Jurisdiction de M. le Chantre, qui se tiennent à l’Archeveché et au Cloitre Notre Dame.
Enfin la Justice du Temple, et celle de saint Jean de Latran, qui se tiennent dans les enclos de ces deux Prieurez[4].
[4] L’enclos de Saint-Jean de Latran, siége de la commanderie des Hospitaliers de Saint-Jean, qui relevoit de l’ordre de Malte, se trouvoit place Cambray; en face du Collége de France, et s’étendoit jusqu’à la rue Saint-Jean de Beauvais, où étoit la Chapelle. La Tour d’entrée qui étoit sur la place et qu’on appela dans les derniers temps _Tour Bichat_, du nom du célèbre médecin qui s’y étoit fait un cabinet pour ses expériences anatomiques, n’a été détruite qu’en 1855.
L’Ouverture du Parlement se fait le lendemain de la Saint Martin, auquel jour la Cour après avoir assisté en Robes rouges à la Messe solennelle qui se dit dans la grand’Salle du Palais[5], reçoit le Serment des Avocats et Procureurs.
[5] L’autel de Saint-Nicolas, qui étoit, en effet, dans la Grand’salle, et où l’on disoit chaque jour la messe.
Messieurs les Avocats Generaux, font leurs harangues à la Cour le Lundi de la huitaine franche d’après la Saint Martin.
Les Mercuriales[6] se font par M. le Procureur Général, le même jour et le lendemain de la Quasimodo.
[6] C’est ce que nous appelons _discours de rentrée_. Il ne faut pas les confondre avec les anciennes _mercuriales_, que le Procureur général avoit le droit d’adresser, dans les assemblées du mercredi--leur nom en étoit venu--comme observations et remontrances aux Magistrats sur leur conduite, et la façon dont ils administroient la justice.
Depuis Pâques jusqu’aux Vacations qui arrivent le sixieme Septembre, lors qu’une Fête arrive le Jeudi on plaide le Vendredi à la grand Chambre.
Tous les jours ouvrables depuis la Saint Martin jusqu’au Careme, la Cour se leve le matin à 10 et de relevée à quatre heures.
Pendant le Careme et jusqu’à la fin du Parlement, elle se leve le matin à onze heures, et de relevée à cinq.
Le Mardi-gras, le Vendredi de l’Octave de Paques, et le jour de la saint Nicolas[7] en Mai, la Cour se leve le matin à neuf heures et n’entre point de relevée[8].
[7] C’étoit un patron très-fêté au Palais, où nous venons de voir qu’il avoit son autel dans la Grand’salle.
[8] L’_Almanach royal_ de 1702, p. 66-67, après avoir donné ce détail, ajoute: «Delà vient le proverbe: _Quand la Cour se lève matin, elle dort l’après dînée_.»
Nosseigneurs de la grand Chambre du Parlement, tiennent les grandes Audiances de Robes rouges sur les hauts Sieges, les Lundis, les Mardis, et les Jeudis, depuis huit heures du matin jusqu’à dix; et celles de Robes noires de relevée les Mardis pour les causes du Role, et les Vendredis pour celles des Placets[9].
[9] Le _placet_ étoit une démarche succincte, par écrit, pour obtenir justice. Le mot vient du latin _placere_, plaire.
Les Audiances ordinaires de la grand Chambre qui se tiennent sur les bas Sieges en Robes noires, sont données les Mercredis, Vendredis, et Samedis, outre les petites Audiances qui se donnent tous les jours à l’exception des Lundis depuis sept jusqu’à huit heures du matin.
Nosdits Seigneurs donnent encore Audiance à la Tournelle civile tous les jours depuis dix heures jusqu’à midi; à la grande Tournelle criminelle le samedi, et à la petite Tournelle criminelle le Mercredi, et le Vendredi depuis 8 jusqu’à dix heures[10].
[10] On appeloit ces juridictions _tournelles_, parce qu’elles avoient d’abord été établies au Palais dans les deux tours jumelles qui flanquent l’entrée de la _Conciergerie_ sur le Quai. Sauval (t. III, p. 407) donne l’extrait d’un compte de 1472 où on lit: «A... charpentier, pour la réparation par lui faite en deux tournelles estant au Palais du côté de la rive de la Seine, l’une appelée la Tournelle civile, et l’autre la Tournelle criminelle.»
Les Audiances de la première et de la deuxième Chambre des Enquestes, se tiennent le Mercredi et le Samedi, celles de la cinquième les Lundis et Jeudis, et celles de la quatrième le Mardi et le Vendredi.
Nosseigneurs les gens du Roy, tiennent tous les matins leurs Audiances au Parquet où ils jugent les affaires qui leurs sont renvoyées, les conflits d’entre les Chambres du Parlement, etc., et où Nosseigneurs les Avocats Généraux prennent communication par les Avocats et Monseigneur le Procureur Général par les Substituts de toutes les affaires dans lesquelles ils doivent conclure.
La Tournelle où Mrs les Avocats Généraux vont alternativement de trois en trois mois est composée de six Conseillers de la Grand Chambre, et de huit des Enquestes; c’est de quoi Mrs les Doyens de la Grand Chambre et de la première Chambre des Enquêtes se peuvent dispenser.
Tous les jours ouvrables ausquels il n’y a point d’Audiances de relevée excepté la veille de la Fete Dieu et la veille de la Notre Dame d’Aoust, la Cour juge de Commissaires les Procez de Rapport.
La Séance de Grace pour les Prisonniers, se tient la surveille de Noel, le Mardi de la Semaine Sainte, la surveille de la Pentecote, la veille de la Saint Simon Saint Jude.
Le premier Rolle qui se plaide est pour la Province de Vermandois, il commence après la Saint Martin et finit au dernier Décembre.
Celui du Bailliage d’Amiens va jusques au quinze Janvier, et celui du Bailliage de Senlis jusqu’à la fin du même mois.
Le Roolle de Paris commence après la Chandeleur, et continue tout le Careme, quelque fois même après Paques, au gré de Monseigneur le premier Président.
Le Roolle de Champagne et de Brie, commence après la Quasimodo et finit en Mai, quelques fois au commencement, d’autres fois au quinze et souvent à la fin.
Le Roolle de Poitou se plaide pendant le reste de Mai, et tout le mois de Juin.
Le Roolle de Lion, pendant la premiere quinzaine de Juillet.
Le Roole de Chartres dure le reste des Plaidoiries, excepté les deux derniers jours dont l’un est pour le Roolle d’Angoumois, et l’autre pour les présentations.
Les Lundis et Mardis on plaide du Roolle ordinaire des Provinces et Bailliages, les Jeudis matins et les Mardis et Vendredis de relevée du Roolle extraordinaire.
Nosseigneurs des Requestes de l’Hotel du Roy, et Nosseigneurs des Requestes du Palais, donnent leurs Audiances, les Lundis et Jeudis, depuis dix heures du matin jusqu’à midi, et les Mardis et Vendredis, depuis deux heures de relevée jusqu’à cinq[11].
[11] «A compter, lit-on dans l’_Almanach royal_, à compter du jour de la rentrée jusqu’au mois de mars; et, depuis le premier mars, les audianciers commencent à pareille heure jusqu’à six. Quelques fois, ajoute encore l’Almanach, nos Seigneurs des Requêtes de l’hôtel donnent des audiances extraordinaires de relevée, pendant un tems, dont ils font avertir à la communauté des Procureurs.»
Les Audiances de la Chancelerie du Palais tiennent les Mercredis et Samedis du matin.
Nosseigneurs du grand Conseil du Roy, donnent Audiance les Lundis, Mardis, Jeudis et Vendredis, depuis neuf heures jusqu’à midi, et jugent les Procez de Rapport les Mercredis et Samedis, pendant que Nosseigneurs les gens du Roy, jugent au Parquet les affaires qui leurs sont envoyées, et prennent communication les autres jours des affaires dans lesquelles ils doivent conclure.
Nosseigneurs de la Chambre des Comptes tiennent tous les jours leurs Audiances depuis neuf heures du matin jusqu’à onze, et de relevée depuis deux heures jusqu’à cinq.
Nosseigneurs de la Cour des Aydes, donnent leurs Audiances en la première Chambre, les Lundis, Mardis, Jeudis, et Vendredis, et dans la deuxième et troisième Chambre les Mercredis, Vendredis et Samedis.
Les Plaidoiries du Roolle ordinaire de la Cour des Aydes, sont les Mercredis et Vendredis matin, et pour l’extraordinaire le Lundi de relevée depuis le mois de Décembre jusqu’à la fin de Mai.
Les Audiances de la Cour des Monnoyes, se tiennent le Mercredi et le Samedi.
A l’égard du Siège Présidial du Châtelet, on plaide à la Prévoté, au Parc Civil, au Présidial, et aux Auditeurs, tous les jours de la semaine à l’exception du Lundi; à la Chambre Civile le Mercredi et le Samedi, à la Police, au Criminel, et en la Chambre de M. le Procureur du Roy, le Mardi et le Vendredi.
Il y a plusieurs Sièges dans l’enclos du Palais, qui ont leurs Audiances réglées le Mercredi et le Samedi, à sçavoir: l’Amirauté, la Chambre du Trésor, le Bailliage du Palais, la Chambre Souveraine des Décimes, la Connétablie, la Maçonnerie et la Table de Marbre, qui tient encore des Audiances le Lundi et le Jeudi, pour juger au Souverain.
Messieurs les Prévosts des Marchands et Eschevins de la Ville de Paris, donnent Audiance les Mardis, Mercredis, Vendredis et Samedi du matin.
Mrs les Juges et Consuls des Marchands, tiennent trois jours de la semaine leurs Audiances les Lundis, Mercredis, et Vendredis du matin et de relevée.
Les Officiers de l’Election donnent Audiance tous les jours, depuis neuf heures jusqu’à midi, et ceux du Grenier à Sel seulement le Mercredi et le Samedi.
On tient Audiance le Mercredi, et le Samedi à l’Officialité et à la Justice Nostre-Dame; le Lundi à midi à la Temporalité, et le Jeudi de relevée à la Justice de Monsieur le Chantre.
L’Audiance de la Chambre Royale de l’Arsenal, se tient tous les Lundis matins, et celle des Poudres et Salpestres tous les Samedis de relevée.
Celle du Bailliage du Temple, se tient le Samedi à trois heures de relevée.
La Jurisdiction du Bailliage de S. Jean de Latran se tient le Lundi à trois heures de relevée.
VACATIONS DES TRIBUNAUX.
PARLEMENT.
La Cour vaque depuis le 6. Septembre jusqu’au lendemain de la Saint Martin, c’est à dire jusqu’au 12. Novembre, du moins si on en excepte la Chambre des Vacations qui est préposée pour les matières provisoires et autres qui requièrent célérité. Elle ne dure que depuis le 7. Septembre jusqu’au 27. Octobre, en sorte que depuis ce jour jusqu’au 12. Novembre, il ne se fait aucun Acte de Judicature au Palais.
La Cour vaque aussi dans le reste de l’année tous les Dimanches et Fêtes solennelles, et encore en Décembre le 6. jour de la Saint Nicolas, en Janvier le 23. Fête de Saint Hilaire, et le 28. Fête de Saint Charlemagne, en Mars le 19. Fête de Saint Joseph seulement le matin, le 22. pour la Procession Générale de la reduction de Paris[1], et le 25. Fête de l’Annonciation Notre Dame, en Mai le 2. Fête de Saint Gatien, en Juin un jour de choix pour le Lundi ou Foire de Saint Denis, en Juillet le 22. Fête de la Magdelaine, et le 28. Fête de Sainte Anne, en Aoust le 16. Fête de Saint Roch[2].
[1] Cet anniversaire de l’entrée d’Henri IV dans Paris, le 22 mars 1594, fut célébré jusqu’à la Révolution.
[2] La veille même des grandes fêtes, le Palais étoit fermé. Louis XIV supprima ce supplément de vacances fériées: «L’on entre, dit l’_Almanach royal_ de 1702, la veille de toutes les festes, depuis l’ordonnance de 1667.»
La Cour vaque pareillement le jour des Cendres, et depuis le Mercredi de la Semaine Sainte jusqu’au lendemain de la Quasimodo, si ce n’est le Vendredi de l’Octave de Paques elle va à Notre-Dame.
La Chambre des Vacations vaque les 23 et 24. Septembre quoique non Fetez, et encore en Octobre un jour de choix pour la Foire de Saint Denis, et le 18. Fête de Saint Luc.
Quand le Dimanche ou l’une des Fêtes Mobiles, arrive un des jours ci-dessus marquez, la Vacation de la Cour est remise au lendemain.
Le 15. Aoust passé on ne plaide plus à la grand’Chambre à huy ouvert.
Les Requêtes du Palais qui sont du Corps de Parlement et qui vaquent les mêmes jours, ne commencent néanmoins leurs Vacations que le 15. Septembre.
DOCTEURS ET LICENTIEZ EN DROIT.
_Professeurs des Ecoles._
M. de Loy, aux Ecolles, rue des Carmes[1].
[1] Michel De Loy, de qui l’on a un éloge en latin de Pierre Hallé, lecteur en grec au Collége royal, puis professeur en droit canon, mort en 1689. De Loy étoit fils du professeur de l’Université pour lequel Corneille avoit fait des vers, le félicitant de son panégyrique de M. de Bellièvre prononcé, en 1658, au Collége de La Marche. (_V. Œuvres de Corneille_, édit. Marty-Laveaux, t. X, p. 131.)
M. Baudin[2], même lieu[3].
[2] Jacques Baudin, qui mourut cette année même 1692. Il avoit eu beaucoup de réputation comme professeur. _V._ à ce sujet les additions de Ferrière au livre de Taisand: _Vies des plus célèbres Jurisconsultes_, 1737, in-4º, p. 590, et les _Mémoires sur le Collége royal_, par l’abbé Goujet, t. III, p. 420.
[3] C’est-à-dire aux Ecoles de Droit. Elles avoient leur principale entrée rebâtie monumentalement, en 1675, rue Saint-Jean de Beauvais, en face de la maison à l’enseigne de l’_Olivier_, rendue si célèbre par l’imprimerie des Etienne; mais elles perçoient par derrière jusqu’à la rue des Carmes, où se trouvoient les logements des plus anciens professeurs.
M. Cuiniez, même lieu[4].
[4] Son vrai nom étoit Cugnet. Il avoit épousé une des filles de son collègue Baudin. Son éloge se trouve aussi dans les _Additions_ de Ferrière, p. 695.
M. Mongin, rue de Bièvre.
M. Colson, rue Saint Jean de Beauvais.
M. le Gendre, rue des Noyers[5].
[5] Ces six professeurs enseignoient le droit romain, c’est-à-dire le droit civil, et le droit canonique.
_En Droit François[6]._
[6] Cette chaire de droit françois n’existoit que depuis 1680.
M. de Launay, ruë des Massons[7].
[7] François De Launay, qui mourut l’année suivante, 1693. Son éloge parut alors dans le _Journal des Savants_, t. XXXVIe.
_Docteurs agrégez._
M. Piolin, ruë des Assis.
M. du Ru, ruë Saint Jean de Beauvais.
M. Amiot, même ruë[8].
[8] Il étoit, comme Cugnet, gendre de Baudin. On trouve aussi son éloge dans les _Additions_ de Ferrière au livre de Taisand, p. 595.
M. des Barrières, même ruë.
M. Hulin, même ruë.
M. Sachet, même ruë.
M. Bonnamour, ruë Galande.
M. l’Escuyer, ruë Pierre Sarrasin.
M. Pavoine, ruë Saint Jaques.
M. Basthide, ruë du Plâtre.
M. Porsely, ruë du Foüare.
_Licentiez Immatriculez du Parlement._
On peut recouvrer la Liste des Avocats Plaidans et Consultans au Palais, chez Charles de Sercy, Libraire dans la grand Salle à la bonne Foy couronnée.
Ceux qui sont dénommez en cette Liste sont gens généralement reqammandables par leur condition et par leur éloquence par exemple pour les Consultations, Mrs Billard, ruë de Savoye[9]. Sonnet, rue du Battoir. Issaly, rue des Rats. Husson[10], ruë Bourtibourg. Le Verrier, ruë du Jardinet. Raviere, ruë des Deux Portes. Chappé, rue de l’Observance. Du Pré, ruë des Cordeliers. Sever[11], même ruë. De Riparfond[12], rue de la Harpe. Braquet, Cloître Notre Dame, etc. Pour les Plaidoïers Mrs Chardon[13], ruë des deux Portes. De Nivelle, ruë de la Bucherie[14]. Robert de S. Martin, rue Haute-feuille. Baille, rue du Cimetiere Saint André des Arts. Hérard, rue de Savoye. De Retz, près Saint Jean en Grève. Du Mont[15], ruë du Jardinet, etc. Pour les Matières Benéficiales Mrs Nouët[16], montagne Saint Geneviève. Sachot[17], ruë de l’Eperon. Ferrand, rue Saint Loüis du Marais. Du Chesne, ruë de Bièvre. Et pour les matières qui sont traitées au Trésor, Fiefs, Aubaines et Confiscations, M. Mouffle, ruë des mauvaises paroles, etc.
[9] C’est ce terrible avocat Billard, qui fit tant de bruit pour empêcher les Comédiens, que le voisinage du collége Mazarin faisoit chasser du théâtre Guénegaud--aujourd’hui passage du Pont-Neuf--de venir s’installer dans la rue de Savoie. Louvois leur étoit favorable, car, ainsi qu’on l’apprend par une lettre de Racine à Boileau, il s’étoit même fait donner le plan du lieu «où ils vouloient bâtir dans la rue de Savoie»; mais Billard, avec ses cris, l’emporta, à la grande joie de son quartier, du reste: «Tous les Bourgeois, dit encore Racine, trouvent fort étrange qu’on vienne leur embarrasser leur rue. M. Billard surtout qui se trouveroit vis-à-vis de la porte du parterre, crie fort haut; et, quand on lui a voulu dire qu’il en auroit plus de commodité pour s’aller divertir, il a répondu fort tragiquement: «Je ne veux point me divertir.»--Il avoit de la réputation. Une de ses causes les plus brillantes avoit été, en 1675, celle d’une servante, épousée par le fils du riche marchand de la _Herse d’Or_, au faubourg Saint-Germain, dont on vouloit faire casser le mariage. (_Journal des Audiences_, t. III, p. 70.)
[10] Martin Husson. Il figuroit déjà au tableau des avocats, en 1643. Le traité _de Advocato_ est de lui.
[11] Nous le trouvons, vers ce temps-là, plaidant avec succès dans une affaire de succession. (_Journal des Audiences_, t. II, p. 79-80.)
[12] Etienne Gabriau de Riparfond, inscrit, dès le 13 juin 1661, au tableau des avocats. Une de ses plus belles affaires fut, comme on peut le voir dans le _Journal des Audiences_ (t. III, p. 101), celle des religieuses de Sainte Catherine, qu’il gagna. Il mourut en 1724, léguant aux avocats du Parlement sa bibliothèque, qui fut pour la leur un premier fond. On peut consulter sur lui l’_Histoire des Avocats au Parlement_ de Fournel, t. II, p. 408; et _la Bibliothèque du Poitou_ par Dreux du Radier, t. IV, p. 335. La Conférence des avocats possède son portrait en robe rouge. C’est un don de Dupin aîné en 1831.
[13] L’abbé Goujet (_Biblioth. franç._, t. II, p. 367) nous le donne comme ayant eu une grande réputation, mais qui s’effaça vite.
[14] Louis de Nivelle, inscrit au tableau depuis le 2 décembre 1657: «Il peut, dit l’abbé Goujet (_id._, p. 369), passer pour très-bon avocat. Il est savant, il a du génie et du bon sens.» D’Aguesseau ne l’appeloit que le grand Nivelle. C’est lui qui avoit défendu la Brinvilliers. Ses plaidoyers n’ont pas été conservés, ce qui étoit un des regrets de l’abbé Goujet. (_Id._, p. 330.)
[15] Jacques-François Dumont, avocat inscrit, depuis le 4 juillet 1667. L’abbé de Villiers, dans une note de sa 3e Epître, livre Ier, le cite comme un des célèbres. Il vient de blâmer Lulli de ce qu’il fait chanter la tragédie au théâtre, et il ajoute:
Si cet usage plaît, s’il est autorisé Chevalier ou _Dumont_ pourroit s’être avisé En plaidant les moyens que sa partie expose D’en mettre en airs les droits, et de chanter sa cause.
Dans l’affaire Beausergent, qui fut célèbre en 1689, il avoit plaidé contre Beausergent. (Guyot de Pitaval, _Causes célèbres_, t. III, p. 194-196.)--Quand il mourut en 1718, _le Mercure_ du mois de mai lui consacra un article, p. 187, où on lisoit qu’il fut «pendant cinquante ans l’aigle du Palais.»
[16] Il ne plaidoit pas, il s’en faut, que les affaires ecclésiastiques. Nous le trouvons, en effet, le 18 février 1677, dans une cause dont l’espèce étoit au moins scabreuse. C’est celle du cas d’impuissance du marquis de Langey, de laquelle il résulta que défense fut faite aux Juges d’ordonner pour ces sortes d’affaires «la preuve par le Congrès.» Pageau plaida pour le marquis, Blondeau et Nouet pour la partie adverse. (_Journal des Audiences_, t. III, p. 195.) D’après une note de Brillon, dans son _Théophraste moderne_ (1701, in-12), c’est l’avocat Nouet qu’il y auroit peint sous le nom de Téocrine dans ce passage flatteur: «Téocrine n’a que sa chevelure naturelle, une robe très-simple, point de laquais, point de carrosse, mais beaucoup de talent pour sa profession.» D’Aguesseau cita Nouet comme un modèle dans sa mercuriale de rentrée, en 1699.
[17] La protection de son frère l’abbé Sachot, grand directeur de dévotes, dont il est parlé dans les _Mémoires_ de l’abbé Legendre (p. 59-60), l’avoit poussé vers ces affaires ecclésiastiques. Comme Nouet, il ne s’y tenoit pas exclusivement. Il plaida par exemple, mais sans succès, pour la duchesse de Mazarin contre son mari, dans un procès dont nous reparlerons à la note suivante.
Quelques uns de ces celèbres sont particulièrement habituez au grand Conseil, comme Mrs de Monchant, Cloître Saint Mederic. Vaillant, rue de Savoye. Eurard, Cloître Saint Germain l’Auxerrois[18]. Laurent, ruë de la Monnoye. Chaudet, rue Quinquempoix. Doremieux, rue Bailleul, etc. Ou à la Cour des Aydes, comme Mrs Merlin, ruë de la Verrerie. De Tessé, rue de la Colombe. Martinet[19], rue Hautefeuille, etc. Ou au Châtelet, comme Mrs Maurice, ruë des Prouvaires. Guérin, rue S. Martin. Gondault[20], rue de Glatigny. Polliac, ruë de la Bucherie. Barbier, rue du Platre[21], etc.
[18] Lisez Errard (Claude). Inscrit au tableau, depuis le 24 août 1664. Il gagna, en 1691, la cause des trois frères aînés Le Boultz, que le père avoit réduits à leur légitime, pour avantager leur puîné; mais son triomphe fut l’affaire du duc et de la duchesse de Mazarin, dont nous venons de dire un mot. Il plaida pour le duc contre sa femme, l’intrigante Hortense Mancini, qu’il voulut qu’on déclarât à cause de sa conduite déchue et privée de sa dot. Il demanda aussi que provisoirement elle fût mise au moins dans un couvent, ce que lui accorda la Cour. On sait que Saint-Evremond lui répliqua par un _Memoire_ qui est dans ses _Œuvres_ (t. V, p. 355, et VI, p. 500). Les plaidoyers d’Errard furent recueillis en 1694. (_Journal des Savants_, 16 avril 1695.)
[19] Nous ne savons rien de lui, sinon qu’il étoit bel esprit, et qu’il fit cette épigramme sur le petit Jacques Corbin qui avoit plaidé sa première cause à quatorze ans:
Vidimus attonito puerum garrire senatu. Bis pueri, puerum qui stupuere senes.
[20] Edme Condault et non Gondault, avocat depuis le 31 janvier 1659.
[21] C’est le père de l’avocat Edmond-Jean-François Barbier, dont on a un si curieux _Journal_ sur la Régence et le règne de Louis XV. Il ne logeoit pas encore rue du Plâtre, mais rue Galande, quand son fils étoit né le 16 janvier 1689.
SECRETAIRES ET GREFFIERS DU CONSEIL, DES COURS SOUVERAINES, ET DES JURISDICTIONS SUBALTERNES.
_Les Secretaires des Finances sont_
Pour le quartier de Janvier, M. Roüillet, rue de Grenelle à Saint Germain des Prez.
Pour celui d’Avril, M. Coquille, ruë Sainte Croix de la Bretonnerie.
Pour celui de Juillet, M. Ranchin, rue des petits Champs.
Et pour celui d’Octobre, M. de Laistre, ruë Saint Honoré près la ruë des Prouvaires.
_Les Secretaires et Greffiers du Conseil privé sont_
Pour le quartier de Janvier, M. Planton, rue Saint Honoré prés les Feüillans.
Pour celui d’Avril, M. Dumas, rue Beaubourg.
Pour celui de Juillet, M. des Vieux, Cloître Saint Germain l’Auxerrois.
Et pour celui d’Octobre, M. Pecquot, rue des Blancs Manteaux.
_Les Commis au Greffe du Conseil privé sont_
Pour le quartier de Janvier, M. Langlié, rue du grand Chantier.
Pour celui d’Avril, M. Danirelle, rue Pastourelle.
Pour celui de Juillet, M. Akaquia[1], rue des deux écus.
[1] Ce nom bizarre n’étoit que la traduction grecque de celui de «Sans-Malice.» C’est un médecin de François Ier, qui l’avoit le premier traduit ainsi, et ses descendants, dont étoit sans doute le commis au greffe, qui figure ici, l’avoient gardé sous cette forme.
Et pour celui d’Octobre, M. Chesnelon, rue Pastourelle.
_Les Greffiers gardes Sacs[2] du Conseil privé sont_
[2] C’est-à-dire «porte-dossiers.» On mettoit alors les pièces de procédure en des sacs pendus à la ceinture.
Pour le quartier de Janvier, M. Sifflet.
Pour celui d’Avril, M. Denis.
Pour celui de Juillet, M. de la Nouë.
Et pour celui d’Octobre, M. Duc, tous quatre ruë Saint André.
Les Greffiers Conservateurs des Hipothèques ont leur Bureau ruë de la Verrerie.
GREFFIERS DU PARLEMENT.
_A la grand’Chambre, sont_