Le livre commode des adresses de Paris pour 1692, tome 1/2

Part 11

Chapter 113,503 wordsPublic domain

Mrs du Tillet, Place Roiale; Decaiman, Cloître Notre Dame; et Dongois[1], Cour du Palais.

[1] C’est le neveu de Boileau, dont nous avons déjà parlé plus haut.

_A la Tournelle Criminelle._

Mrs Dravet, Cloître Notre Dame; de la Baune, ruë Thibaut Thodé; Amiot, et Lancluse, rue de la Calandre.

_A la première Chambre des Enquêtes._

M. Mirebaut, à l’Hôtel des Ursins[2].

[2] Démoli à la fin du XVIIIe siècle, et remplacé par trois rues: la rue Haute, la rue du Milieu, la rue Basse des Ursins. Il devoit son nom au prévôt des Marchands, Juvénal des Ursins, à qui la ville l’avoit donné. Depuis longtemps, à l’époque dont il est question ici, on l’avoit divisé en appartements, occupés presque tous par des gens du Palais: Magistrats, greffiers, avocats. Sur le tableau de ceux-ci, pour 1693, on en compte trois dans cet hôtel. On a su par Valincourt que Racine y logeoit, lorsqu’il fit _les Plaideurs_; il y avoit pu observer ses principaux types sur place.

_à la Deuxième._

M. Joüannet, Cloître Notre Dame.

_à la troisième._

M. Menet, ruë Cristine.

_à la quatrième._

M. le Roi, ruë Pavée, près l’Hôtel de Bourgogne[3].

[3] L’hôtel de Bourgogne, occupé alors par le théâtre de la Comédie Italienne, s’étendoit de la rue Mauconseil, où se trouvoit sa principale entrée, jusqu’au derrière des maisons de la rue Pavée-Saint-Sauveur. Ce qui en reste, le curieux donjon de Jean-sans-peur, se voit encore dans la cour de l’une des maisons de cette rue.

_à la cinquième._

M. Masson, rue de la Calandre.

_à la première Chambre des Requestes du Palais._

Mrs Dupuis, rue Hautefueille, et Anet, rue Sainte Croix de la Bretonnerie.

_à la deuxième._

M. Aubry, rue des Noyers.

_A la Cour des Aydes._

M. Olivier, Isle Notre Dame.

_Au grand Conseil._

M. le Normand, Greffier en Chef, ruë des Vieux Augustins.

M. Guichard, Greffier Plumitif, dans l’enclos du grand Conseil[4].

[4] C’est-à-dire dans la cour de l’hôtel d’Aligre, rue Saint-Honoré, où nous avons vu, plus haut, que siégeoit le grand Conseil.

M. Presteville, Greffier garde Sacs, rue des Prouvaires.

_Aux Requestes de l’Hotel._

M. le Mazier, ruë de Bièvre[5].

[5] Il étoit parent de la famille Vitart, dont il est tant parlé dans la correspondance de Racine, et, par elle, il se trouvoit allié à celui-ci. L’avocat Le Mazier, qui n’étoit pas sans causes, car mauvaises ou bonnes il les plaidoit toutes, pour n’en pas gagner une, étoit de ses parents. On ne le connoît plus que par les vers où Boileau s’est moqué de lui. (_V._ la Sat. Ire et l’Epître II.)

_A la Chambre des Comptes._

M. Richer, à la pointe Saint Eustache.

_A la Cour des Monnoyes._

M. Hérardin, à l’Hôtel de la Monnoye.

_A la Prevôté de l’Hotel._

M. Baubiere Dechars, ruë Platriere.

_Au Châtelet._

M. Josse, Greffier en Chef, vieille ruë du Temple.

_Secretaires du Chatelet._

Mrs Doyard, ruë de la Tixeranderie, de la Rene, rue Beaubourg, Audinot, et Coligny, vieille rue du Temple.

_Au Parc Civil[6], et Prévoté._

[6] C’est ce qu’au Parlement on appeloit «le parquet.»--«On dit, lisons-nous dans le _Dictionn. de Trévoux_, qu’une chose a été faite et adjugée au parc civil du Châtelet: pour dire à l’ordinaire, à l’issue de l’audience.»

Mrs Moreau, place du Chevalier du Guet, et de Castes, ruë Neuve Saint Mederic.

_Pour les Déposts et Sentences sur Production de Parties._

Mrs Claude Tartel, rue des Assis, Charles Tartel, près l’Hotel de Ville, et Tixeran, rue de Montmorancy.

_Pour l’Expédition des Sentences sans production._

Mrs Menessiers, Cloître des Bernardins, du Four, ruë Saint Honoré, Tartel, rue des Assis, et Forbet, vieille rue du Temple.

_Pour les Deffauts aux Ordonnances._

Mrs Philipe Luce, rue Saint Martin, et Estienne Luce, rue Quinquempoix.

_Pour les Decrets._

M. François pour M. Favier sur le Quay de la Mégisserie.

_Pour les certifications des criées._

Mrs Magny, rue Hautefeüille, et Luce, ruë Quinquempoix.

_A la Chambre Civile._

Mrs Gaudion, vieille rue du Temple, Dupuis, ruë des Prouvaires, Nicolas et Pierre Tauxier, rue de la Tixeranderie.

_Au Criminel._

Mrs Galliot, ruë Saint Thomas du Louvre, du Jardin, ruë de Bièvre, Pariset, rue Saint Germain l’Auxerrois, et Lodet, ruë Pavée, prés l’Hôtel de Bourgogne.

_Pour les Inthimations._

M. Garnier, ruë du Figuier.

_Pour les Affirmations de Voyages[7]._

[7] Cet office avoit été créé par l’ordonnance de 1667, à l’effet de donner aux plaideurs venus de province acte de leurs voyages ainsi que du temps de leur séjour, et de leur permettre, s’ils gagnoient leur cause, de pouvoir faire taxer séjour et voyage.

M. Gaucher, ruë Trainée, près Saint Eustache.

_Pour le Greffe Criminel de Robe-courte._

M. Casson, ruë des Menetriers.

_Pour M. le Prevost de l’Isle._

M. le Marié, ruë des Anglois.

_Pour M. le Juge Auditeur._

M. Thiery, ruë Saint Martin.

_Pour la Geolle._

M. Vallon, ruë de la vieille Monnaye.

_Garde Scel._

Qui signe pour les Notaires interdits, et qui reçoit et scelle les Oppositions aux Décrets, et les Immatricules[8] des Notaires et Huissiers. M. Quinot, ruë Thibaut-Thodé.

[8] On appeloit ainsi les actes enregistrés.

_Pour le Sceel des Sentences du Chatelet et des Consuls._

M. le Cour, ruë de la Tixeranderie.

_Pour le Sceel des Expeditions des Notaires._

M... ruë Geoffroy-Lasnier.

_Au Trésor._

M. Gassot, ruë des Marmouzets.

_A l’Hotel de Ville._

M. Mitantier, à la Grève.

_A l’Amirauté._

M. Charrier, ruë Saint Jacques.

_A la Connétablie et Maréchaussée._

M. Lebert, ruë Galande.

_A l’Election._

M. Metayer, ruë des Blancs Manteaux.

_Eaux et Forêts._

Mrs Broquet, ruë de la Calandre, et le Noble, ruë Saint Bon.

_Au Bailliage du Palais._

M. Godin, ruë de la Calandre.

_Aux Consuls._

Mrs Verrier père et fils, Cloître Saint Mederic.

_A la Massonnerie._

M. Le Roy, ruë des Marmouzets.

_Au Bailliage du Temple._

M. Gilbert, au petit marché du Marais[9].

[9] Il existe encore rue de Bretagne, mais sous le nom de «Marché des Enfants rouges», qui lui vient du voisinage d’un ancien hospice d’enfants, fondé par François Ier et supprimé en 1772. Il communique avec la rue de Beauce par la ruelle des Oiseaux, près de laquelle Mlle de Scudéry vécut les dernières années de sa vie. Cette ruelle s’étoit d’abord appelée «petite rue Charlot.» (Sauval, t. II, p. 658.)

CONTRAINTES JUDICIAIRES.

On trouve les Huissiers Audianciers et autres de toutes les Cours et Jurisdictions, au lieu et à l’heure de chaque Audiance, pour l’execution des Arrests, Sentences, Décrets et Ordonnances des Magistrats et Juges ordinaires, pour raison de quoy on aura recours à l’article de la scéance des Tribunaux.

Les Huissiers du Grand Conseil ont un Bureau au pied du grand degré.

Les Barrières des Huissiers et Sergens du Chatelet, sont au marché neuf, au petit marché Saint Germain[1], à l’aile du pont Marie, à la pointe Saint Eustache, au coin Saint Jacques de l’Hôpital, au cimetiere Saint Jean, à la pointe Saint Honoré[2], devant l’Abbaye Saint Martin, à la place Maubert, ruë du petit Pont, ruë des Ecrivains.

[1] Il étoit tout près de l’enclos de la foire Saint-Germain.

[2] C’est-à-dire au carrefour de la rue Croix-des-Petits-Champs, de la rue de Grenelle et de la rue du Coq, aujourd’hui rue de Marengo. Le poste ou barrière des huissiers et sergents du Châtelet lui avoit fait donner le nom de «Barrière des Sergents», qu’il garda longtemps après que le poste eût été supprimé. L’enseigne des «Deux Sergents», qui ne vient que de disparoître, le rappeloit encore, mais avec une singulière variante: Au lieu de deux recors, on y voyoit deux sergents de l’ancienne garde impériale!--On trouve au t. 58, p. 179 de la _Collection Delamarre_, à la Biblioth. Nat., de curieux renseignements sur les _Barrières des Sergents_, depuis 1551 jusqu’à 1698.

Le Bureau des Huissiers à cheval[3] est sur le quay de la Mégisserie où l’on peut recouvrer leur liste, et où l’on peut apprendre le temps de leur départ pour chaque Province et Département.

[3] Comme les huissiers au Parlement, dits «huissiers à la chaîne», ils pouvoient instrumenter dans tout le royaume, et pour cela ils le prenoient de très-haut avec les autres, les simples huissiers à verge, _car_, dit le Marquis du _Joueur_ de Regnard:

Car huissier à cheval, c’est presque chevalier.

Un seul jour dans l’année, le lendemain de la Trinité, tous, huissiers à verge, huissiers priseurs, huissiers à cheval, se confondoient dans une même cavalcade, pour aller faire visite au prévôt de Paris, au premier président, au lieutenant civil, etc. Mercier s’en est moqué dans son Tableau de Paris, et Lemierre encore mieux au chant VIe de son poëme des _Fastes_:

Voyez-vous s’avancer, couverts de noirs manteaux, Ces roides écuyers juchés sur leurs chevaux, Cavalcade peu faite aux marches régulières, Qui vient parodier nos brigades guerrières, Et tenant mal les rangs, plus mal les étriers, Saisit au moindre choc le crin de ses coursiers.

Les Six vingt Huissiers seuls reservez d’entre les Huissiers à Verge par Edit du mois de Février 1691, pour la fonction de Priseurs et Vendeurs de biens meubles en la Ville, Fauxbourgs et Banlieu de Paris, ont leur bureau dans la Cour du Grand Chatelet, et sont compris dans la liste suivante:

Pierre Blanchans, ruë Saint Denis proche Saint Leu.

Jacques Taconnet, rue de l’Arbre-secq.

Antoine Bruneau, ruë Saint Denis devant le Sepulchre.

Alexandre Vaubelin, ruë de la Boucherie.

Gilles la Hogue, rue Saint Martin.

Jean Divry, ruë de Bièvre.

Claude de Cay, place Maubert.

Thomas Beccasse, rue des Noyers.

Pierre le Gagneur, rue du Temple.

Louis Malbeste[4], ruë du Plâtre proche la ruë des Noyers.

[4] Nous retrouvons ce nom grotesque porté du temps de Beaumarchais, par un avocat, qui sans doute descendoit de l’huissier nommé ici. On sait quel parti l’auteur de _Figaro_ en tira pour un des effets les plus comiques de ses _Mémoires_ contre Goezmann: «Il n’est rien, avons-nous dit dans la _Notice_, mise en tête de l’édition de ses _Œuvres_ (1876, gr. in-8, p. XXI), il n’est rien qui ne lui soit bon pour mettre les rieurs de son côté. Marin s’est-il moqué du nom du pauvre avocat Me Malbête, le seul que Beaumarchais ait trouvé pour signer son _Mémoire_, comme l’exige la loi; il lui retourne de la plus plaisante façon le nom dont il se moque: «le Gazetier de France, dit-il, se plaint de la fausseté des calomnies répandues dans un libelle signé Beaumarchais-Malbête, et il entreprend de se justifier par un petit manifeste signé Marin, qui n’est pas Malbête.»

Nicolas Fontaine, ruë Neuve Saint Mederic.

Jean Brunet, rue de la Tonnelerie.

Simon Monet, ruë Galande.

Pierre Vaillant, rue Saint Denis proche les Saints Innocens.

Guillaume Fournier, porte Saint Jacques.

Pierre Bertelot, rue des Boucheries, fauxbourg S. Germain.

Simon Mozac, _Fieffé_[5], rue vieille Monnoye.

[5] On appeloit huissier _fieffé_ celui qui avoit son office à charge de redevance, ce qui le rendoit héréditaire.

Laurent de la Place, ruë Saint Antoine.

François le Tourneur, rue de Bretagne.

Michel Faguet, ruë Saint Pierre aux Bœufs.

Alexandre Arnoult, ruë Parcheminerie.

Antoine le Moine, rue Saint Martin.

Charles Pinard, rue de la Huchette.

Pierre Hargenvilliers, rue Galande.

Pierre de Noleson, ruë Saint Antoine, devant la ruë des Barres.

François Clozier, rue Tixeranderie.

Brice Fleury, _Fieffé_, ruë du Crucifix Saint Jacques.

Antoine Marais, rue S. Antoine.

Nicolas Gaspard Boucault, cloître Saint Martin.

Jacques le Roy, ruë Tixeranderie.

Philippes Menard, ruë des Lombars.

Nicolas Gasté, rue Saint Antoine prés les Jésuites.

Bonaventure Guilliot, rue Saint Martin devant la rue aux Ours.

Jean Manet, rue des vieilles Audriettes.

Benjamin le Maistre, rue Aubri-boucher.

Jacques Giroux, rue Darnetal.

Laurent Mazier, rue Montmartre.

Henry Charpentier, rue Aubri-boucher.

Jacques Duval, à la Ville-neuve.

Guillaume Dupré, ruë de Bery, au Marais.

Nicolas Bauldry, rue des Barres.

Maurice Poteron, rue Crucifix Saint Jacques.

Michel Lyon, ruë vieille Monnoye.

Jean Caron, rue des Barres.

Pierre Langlois, ruë Saint Louis dans Lisle.

Philippes Veron, rue du Four Saint Honoré.

Pierre Desvaux, rue aux Ours.

Pierre Pinchon, rue Saint Jacques à l’entrée.

Louis Jacquemarc, rue Quinquempoix.

Pierre de Bréquigny, ruë Thibaut Thodé.

Jean Loyseau, rue des Boucheries Saint Germain.

Gilles Fournier, rue Saint Germain, attenant la Gabelle.

Nicolas Taconnet, rue de l’Arbre Secq.

Pierre Menne, rue de la Vannerie.

Jean Guesdon, place Maubert.

Antoine Dainnal, rue de la Savonnerie.

Charles Jacob, rue des Petits Champs.

Nicolas Deon, _Fieffé_, rue Tixeranderie.

Mathieu Pelouard, derriere le Palais Royal.

Jean Prevost, ruë Galande.

Jean Arnoult, ruë Saint Louis, prés Saint Roch.

Jean Mouillefert, ruë S. Denis.

Louis Raoult, ruë des Barres.

Louis Colas, vieille ruë du Temple.

Gabriel Nicolas Beauval, devant S. André des Arts.

Charles Baignard, rue S. Antoine, prés la Barrière.

François Traffons, ruë Bourtibourg.

Pierre Chambon, _Fieffé_, ruë Pierre au Lard.

Jean Dudoigt, rue des Tournelles, prés la porte S. Antoine.

Michel Roger, cloître S. Opportune.

Thomas Mandoüyt, porte S. Michel.

Jean du Brecq, ruë de la Calande, prés le Palais.

Glaude de la Haye, rue Ste Marguerite, devant l’Abbaye S. Germain.

Jacques Gohier, ruë de la Tixeranderie.

Pierre Tauxier, ruë de la petite Truanderie.

Yves de Boucquainville, rue S. Antoine, près l’Hôtel de Sully.

Hubert le Moyne, rue S. Honoré.

Dominique Theventin, ruë S. Antoine, devant la ruë Geoffroy Lasnier.

Noel Thibault, ruë de la Verrerie.

Jacques Martin, rue Quinquempoix.

François du Rot, rue des Lombards.

Pierre Morin, ruë Bourtibourg.

Joseph Alexis le Doyen, rue Tixeranderie.

Estienne Trilliau, rue Beaubourg.

Nicolas Cabaille, rue Madame.

Nicolas Remy, rue S. Denis.

Jean Henneguy, rue de la Calandre.

Estienne Arondeau, _Fieffé_, rue S. Jacques.

Jean Huvellier, rue Dauphine.

Sébastien Huré, rue des Arcis.

Gilles de Bauve, rue S. Honoré.

Pierre René Patin, rue S. Martin.

Jean Sebert, devant le Fort l’Evesque.

Pierre Paillet, rue S. Honoré.

Jean Maisondieu, rue des Noyers.

Pierre Massé, _Fieffé_, rue des Boucheries Saint Germain.

Gilbert Mouillard, ruë de la vieille Orangerie.

Jean Edme Ravillonnet, rue S. Antoine.

Jacques Robert de Cercellier, rue du Roi de Sicile.

Jacques Barbarin, rue Coustellerie.

Claude Dépoigny, rue Saint Martin.

Jean Coucet, rue des Mauvaises Parolles.

Leonard de Champagne, rue de la Bouclerie.

Joseph François le Normand, Pont Notre Dame.

Noel Avenet, ruë aux Maires.

Jacques Rioult, Marché aux Poirés.

Nicolas Henrion, ruë Michel le Comte.

Jean Simon Mozac, rue des Lombards.

Charles Coignet, rue de la Licorne.

Charles Flattier, ruë S. Antoine, prés la ruë Percée.

Charles Cappé, ruë S. Louis Isle Notre Dame.

Pierre le Gros, place de Grève.

Jean Baptiste Destrehan, ruë S. Antoine.

Nicolas Duval, devant S. Pierre aux Bœufs.

Pierre Brisset, rue du Mouton.

Claude Ronjault, nommé par Sa Majesté, au lieu d’Estienne Marlet.

Les particuliers pourroient se pourvoir en tout temps à l’ordinaire contre ceux d’entre les Huissiers à cheval et à verge du Châtelet qui auroient malversé; mais on peut plus sommairement et sans frais en porter plainte à M. le Lieutenant Civil, qui tient scéance à cet effet le surlendemain de la Trinité depuis huit heures du matin jusqu’à midy, et qui les fait appeller l’un après l’autre selon l’ordre de leur reception, pour repondre aux plaintes qui sont faites contre eux, et sur lesquelles mondit Sieur le Lieutenant Civil fait droit sur le champ, sans que l’Officier puisse se dispenser de satisfaire à sa condamnation; premierement parce qu’il est obligé sous paine d’amande, de repondre à l’appel de l’Huissier. Secondement, parce qu’il est mis en arrêt jusqu’à ce qu’il ait satisfait. On peut encore dans le courant de l’année rendre plaintes des malversations des Huissiers à cheval et à verge aux Officiers de leur Communauté, qui s’assemblent tous les Dimanches matin, dans le Cloître Ste Croix de la Bretonnerie.

BUREAUX PUBLICS.

Le Bureau General de la Douane est à l’Hôtel Seguier, ruë de Grenelle, dont la basse-cour où entrent les Roulliers est dans la ruë du Boulloy.

Le Bureau General des Aydes est dans la ruë des Barres, derriere S. Gervais, à l’Hôtel de Charny[1].

[1] Il s’appeloit d’abord _Hôtel des Barres_, comme la rue, à cause des _Moulins des barres du Temple_, qui étoient auprès sur la Seine. Le percement de la rue Louis-Philippe en emporta une partie, et le reste fut démoli vers le même temps. Le bureau des Aides ne quitta l’hôtel de Charny qu’un peu avant la Révolution. Il fut alors transféré rue de Choiseul dans un vaste bâtiment où nous avons vu l’administration de l’Enregistrement et des Domaines.

Le Bureau Général des Fermes du Tabac est ruë Betisy, à l’Hotel d’Anjou.

Le Bureau Général pour la Marque des Chapeaux est ruë neuve Saint Mederic[2].

[2] «Dans la rue Sainte-Croix de la Bretonnerie.» (Edit. 1691, p. 7.)--Sans cette marque, les chapeaux de castor étoient considérés comme contrebande. Elle n’avoit été qu’un prétexte à l’établissement d’offices de marqueurs, achetés surtout par des chapeliers enrichis. (_Correspond. des Contrôl. génér._, nº 767.) En 1694, elle fut supprimée à Lyon, et remplacée par une augmentation des droits de douane sur les chapeaux. (_Id._, nº 1372.)

Les Bureaux des Papiers et Parchemins timbrez sont dans la Cour de la Moignon[3], ruë Galande, ruë de Bussy, ruë S. Germain l’Auxerrois[4], ruë des petits Champs, ruë de la Vannerie, et ruë des Barres, à l’Hotel de Charny.

[3] «Cour neuve du Palais.» (Edit. 1691, p. 7.)

[4] «Rue des Fossés-Saint-Germain-l’Auxerrois.» _Id._--Les parchemins et papiers timbrés constituoient une sorte de ferme, dont à la fin du règne de Louis XIV le fameux Deschiens fut le principal traitant, ce qui lui valut cette épigramme citée par Jamet dans ses _Stromates_, t. II, p. 1797:

On l’a toujours bien dit le papier souffre tout, Et, quoi que sa candeur marque son innocence, Le Roi lui fait porter les armes de la France, Et le donne à Deschiens qui le barbouille tout.

Le Bureau des petits Domaines pour les droits des places et eschoppes des lieux publics, est ruë Saint Germain l’Auxerrois au coin de la rue Thibaut Thodé.

Les Bureaux du Contrôle des Exploits, sont rue Galande[5], cour de la Moignon, ruë de la Poterie, ruë de Bussy, ruë d’Orléans, ruë du petit Lion, ruë Saint Antoine, ruë du Monceau Saint Gervais et dans l’enclos du grand Châtelet.

[5] A la suite dans l’édit. précédente, p. 7: «Cul de Sac de la foire Saint-Germain.»

Le Bureau de M. Bertin, Receveur Général des Parties Casuelles[6], est rue neuve Saint Augustin.

[6] On appeloit «parties casuelles» les droits de finance que devoit payer annuellement tout détenteur d’un office vénal non héréditaire, s’il vouloit le conserver à sa veuve et à ses enfants.--Nous retrouverons Bertin qui en étoit alors le trésorier, parmi «les fameux curieux.»

Le Bureau général des Chevaux de renvoy et de louage est à l’Hotel de Sens[7], prés l’Ave Maria.

[7] Nous en parlerons plus loin, à propos du coche de Lyon qui en partoit.

Le Bureau de la Compagnie des Indes Orientales est dans la rue Pavée, prés[8] l’Hôtel de Bourgogne[9].

[8] «Derrière», édit. 1691, p. 61.

[9] La Compagnie des Indes Orientales avoit été créée par Colbert pour faire le commerce avec les côtes de l’Indoustan. Elle avoit le privilége exclusif des toiles fines des Indes, peintes ou blanches, mais toutes soumises à la _marque_, sous peine d’être saisies et brûlées comme marchandises de contrebande (ordonnance du 8 février 1687). Ce commerce se faisoit souvent par échanges: pour les toiles des Indes importées, on exportoit nos draps du Languedoc. (_Correspond. administr. de Louis XIV_, t. III, p. 654 et 660.)

Celui des Indes Occidentales[10] est dans la rue Saint Martin, devant Saint Julien des Menêtriers.

[10] La Compagnie des Indes Occidentales commerçait avec l’Amérique, où nous possédions alors le Canada, l’Acadie, Terre-Neuve, la Louisiane. Son commerce se faisoit surtout par les navires de Saint-Malo, et exploitoit de préférence les peaux de castor et les matières d’or et d’argent. (_Correspond. des Contrôleurs généraux_, nº 665.)--C’étoit, comme l’autre compagnie, une création de Colbert, mais toutes deux, depuis sa mort, étoient bien déchues. (Isambert, _Anciennes lois françoises_, t. XVIII, p. 35, 38, et 211.)

Le Bureau du Voier du Roi est dans la rue de Grenelle, quartier Saint Honoré.

Celui de la Manufacture des Buffles est ruë Neuve Saint Mederic, chez M. Jabac[11].

[11] Il s’agit des peaux de buffles préparées, dont on faisoit pour l’armée des juste-au-corps, des colletins, etc. Jabach, que nous retrouverons plus loin, avoit établi à Corbeil, pour leur préparation, la meilleure manufacture qu’il y en eût en France, aussi n’est-il pas étonnant qu’elle eût son bureau chez lui, à Paris: «Celle de Corbeil, lisons-nous dans le _Dict. univ. du Commerce_ de Savary, t. I, col. 1132, est la plus considérable, et les peaux qui s’y apprêtent sont réputées les meilleures. On en doit l’établissement au sieur Jabac, natif de Cologne, qui les avoit poussées à la dernière perfection.»

Celui de la Manufacture des Marroquins et Vaches rouges façon de Levant est sur le Quay de l’Ecolle[12].

[12] C’est sans doute «la manufacture de maroquin et de peau de chagrin», dont la comtesse de Beuvron avoit obtenu le brevet, vers le même temps. (_Corresp. administ. de Louis XIV_, t. III, introd. p. LV.)

Celui des Jurez Crieurs est rue Neuve Saint Médéric.

Celui des Vendeurs de foin[13] est sur le Quai des Ormes.

[13] Leur vrai titre étoit «Juré peseur et compteur de la marchandise de foin», comme on le voit par une épitaphe que rapporte M. Cocheris dans son édit. de l’_Histoire du Diocèse de Paris_ de l’abbé Le Beuf, in-8, t. I, p. 238.

Les Commissionnaires Facteurs de toutes marchandises ont des Bureaux ruë de la Mortellerie, sur le port de la Grève, sur le quay de l’Ecole, etc.

Les Jurez Mouleurs et Aides Mouleurs de Bois[14], ont aussi leurs Bureaux par tout où l’on fait commerce de bois à bruler, quay de la Grève, quay de la Tournelle, quay de l’Ecole, quay de la Grenouillière, porte Saint Antoine, etc.