Le dernier rapport d'un Européen sur Ghât et les Touareg de l'Aïr

Part 13

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[Note 151 : Les rapports des Kel-Guérès avec les Kel-Ouï d’Aïr sont des plus curieux. « Bien qu’ils soient nominalement les uns et les autres sous la suzeraineté du sultan d’Agadès, ils sont très souvent en guerre, et ne font d’armistice que lorsque leurs intérêts commerciaux l’exigent. Alors les Kel-Ouï apportent le sel de Bilma à Agadès et l’échangent auprès des Kel-Guérès contre les produits du Soudan. Les Kel-Guérès ne restent que peu de jours à Agadès, et retournent ensuite dans leur région de l’Ader. » (E. de Bary, lettre citée, p. 251.)]

[Note 152 : Ce renseignement n’était pas plus exact que l’autre. Erwin de Bary découvrit plus tard qu’il n’y avait pas eu de successeur, par l’excellente raison que le sultan n’était pas mort. Il avait simplement fait un séjour à Sokoto pour recueillir la succession d’une de ses femmes.]

[Note 153 : La question de savoir d’où vient l’eau des salines de Bilma est actuellement insoluble.

Rohlfs mentionne un courant souterrain allant d’est en ouest (_Quer durch Afrika_, I, p. 249). Nachtigal et Monteil ne parlent que d’une nappe abondante, très proche de la surface du sol.]

[Note 154 : Richardson (_A Narrative of a Mission to Central-Africa_, p. 117) et Barth (_Reisen_, I, p. 572) nous ont décrit l’_Aïri_ ou caravane du sel que les Kel-Ouï organisent chaque année pour chercher le sel de l’oasis de Bilma. Mais on n’avait jusqu’ici aucun détail sur l’itinéraire suivi. Barth donne seulement un itinéraire d’Agadès à Bilma, par une route plus méridionale et plus pénible encore, puisqu’on y compte huit jours de marche sans eau (_Reisen_, I, p. 532).]

[Note 155 : Voir plus haut p. 124.]

[Note 156 : Cette décadence n’est pas récente : elle a commencé dès la fin du siècle dernier. Alors, dit Barth, la majeure partie des habitants émigra à Katsena, à Tessaoua, à Maradé et à Kano. Agadès, qui, d’après l’évaluation faite par Barth sur place, a pu contenir jusqu’à 50.000 âmes, n’en comptait plus qu’environ 7000 en 1850 (_Reisen_, I, p. 518-520).]

[Note 157 : On peut se demander si cette crainte était réelle. Voir p. 172, ce que dit l’auteur des rapports du hadj Bilkhou avec le sultan d’Agadès.]

[Note 158 : Infidèle.]

[Note 159 : Ce nom ne figure ni dans le _Catalogue_ Foureau, ni dans celui d’Ascherson.]

[Note 160 : On voit qu’en 1877 les esclaves continuaient à être un des articles principaux du commerce transsaharien à Ghât. Avant même d’arriver dans cette ville, E. de Bary en avait eu d’ailleurs la preuve. Le 3 octobre 1876, dans l’oued Lajâl, il avait vu passer un de ces convois d’esclaves, qui allait de Ghât en Tripolitaine. Le 1er septembre, son compagnon de voyage, le marchand tripolitain Mustapha Sammit, associé avec un Italien pour le commerce du Soudan, avait vendu un nègre sans en faire mystère. (Reisebriefe aus Nord-Afrika, _Zeitsch. der Gesellsch. für Erdkunde_, 1877, XII, p. 167 et XV, p. 56.)]

[Note 161 : Acacia gommier (_Acacia tortilis_, ou _Acacia Seyal_).]

[Note 162 : Evidemment le _tadjdjart_ de Duveyrier, qui le signale dans l’Ahaggar (_les Touareg du Nord_, p. 166).]

[Note 163 : Espèce non déterminée.]

[Note 164 : Située d’après Barth à cinq jours d’Agadès (_Reisen_, I, p. 527).]

[Note 165 : La Teguidda de Barth, située à trois journées de marche d’Ingal et à cinq journées dans l’ouest-sud-ouest d’Agadès. Barth dit également qu’on y recueille du sel de très bonne qualité et a cru pouvoir l’identifier avec la ville de Takedda, célèbre au XIVe siècle par ses mines de cuivre (Ibn-Batoutah). Mais ni Barth, ni Duveyrier, ni E. de Bary n’ont recueilli la moindre information au sujet de cette ancienne cité et de ces mines. Il y a là un intéressant problème réservé aux explorateurs de l’avenir.]

[Note 166 : Probablement Alimsar, qui, d’après les récentes informations du lieutenant de vaisseau Hourst, fut le prédécesseur de l’amenokal actuel des Aouélimiden (_la Mission Hourst_, p. 229).]

[Note 167 : Nom donné par les gens de l’Aïr aux Taïtoq de l’Adrar Ahenet.]

[Note 168 : Touareg du Fezzan.]

[Note 169 : Voir plus haut, p. 107.]

[Note 170 : Allusion à une information curieuse fournie à Duveyrier par des Tibbous. Il existerait à Anaï, sur la hamada, à peu près à mi-chemin entre la route de Ghât à l’Aïr et la route de Bilma, des traces de roues et des sculptures rupestres « représentant un convoi de chars traînés par des bœufs à bosse et conduits par des hommes » (_les Touareg du Nord_, p. 458). E. de Bary revient plus loin sur cette question.]

[Note 171 : On remarquera le changement d’humeur du cheikh, depuis que le voyageur avait décidé de retourner à Ghât, au lieu d’aller vers le sud.]

[Note 172 : Duveyrier avait signalé de même, d’après ses informateurs, des ruisseaux permanents dans le haut de l’Ahaggar (_les Touareg du Nord_, p. 88). On sait que la mission Flatters avait trouvé un filet d’eau et des poissons dans l’oued Amguid, sur le Haut-Igharghar (_Documents relatifs à la mission Flatters_, Paris, 1885, p. 330). Rien ne montre mieux l’action bienfaisante des montagnes, qui jouent le rôle de condensateurs dans le désert.]

[Note 173 : L’Aïr est jusqu’ici la seule oasis saharienne où le lion ait été signalé. On ne l’a retrouvé qu’au Soudan, au delà des plateaux arides qui séparent le Soudan de l’Aïr.]

[Note 174 : Observation de grande importance pour l’histoire des races de l’Afrique dans l’antiquité. En effet, sur un mur du temple de Medinet-Habou, près de Thèbes, on voit Ramsès III amenant devant Ammon et la déesse Moût, parmi d’autres vaincus, les représentants enchaînés des peuplades libyennes de l’ouest, lesquels ont tous, d’un côté de la tête, la longue tresse ou boucle recourbée, tombant sur le cou par-devant l’oreille (de Rougé). De tous les peuples dont les anciens Egyptiens nous ont conservé l’image, _ceux-là seuls sont ornés de cette coiffure singulière_. D’autre part, nous savons par Hérodote que les Maxyes, une des principales tribus libyennes, avaient coutume de tresser leurs cheveux sur le côté droit de la tête (_Histoires_, IV, chap. 191), et l’on s’accorde à reconnaître en ces Maxyes la tribu des Machouach, la principale de celles qui, sous Ramsès III, envahirent l’Egypte. La facilité avec laquelle les sons _s_, _z_, _ch_ se substituent l’un à l’autre dans les dialectes berbères, avait permis de se demander si ces Machouach, Maxyes, ces barbares de l’Ouest n’étaient pas tout simplement des Mazigh, des Berbères. Et le général Faidherbe remarquait à ce sujet que les Zenaga, restes d’une antique tribu berbère, qui occupait le Sahara occidental au moyen âge, ont conservé l’emploi de la tresse libyenne. D’autre part, la chronique mzabite d’Abou-Zakaria, publiée par M. Masqueray, nous montre le fils de l’imam de la vieille cité berbère de Tahert (Tiaret) occupé à faire tresser ses cheveux par sa sœur. Mais ces indices étaient trop peu nombreux pour qu’on en pût tirer une conclusion positive.

Jusqu’ici, on n’avait pu constater chez les Touareg la survivance d’une pareille coutume. L’observation d’Erwin de Bary, suivie d’une autre plus précise (voir le 6 juin), prend d’autant plus d’importance que les Kel-Fadé sont une des tribus touareg chez qui la pureté de la race n’a pas été altérée (Barth, I, p. 384). Erwin de Bary a vu un peu plus tard (13 août) des Ifoghas d’Es-Souk coiffés de même. Or, Es-Souk (Tadmekka), au nord-est du coude du Niger, est désignée comme un des endroits où les Touareg étaient primitivement établis. Il est assurément significatif de voir que l’usage de la tresse libyenne s’est conservé précisément chez les tribus touareg restées en place, ou indemnes de toute intrusion de sang étranger.]

[Note 175 : Tombeau de pierres brutes. Voir plus haut.]

[Note 176 : Il s’agit soit de la grande tribu des Beraber, qui a ses terrains de parcours dans le Sahara marocain, soit plutôt de la tribu arabe des Berabich, qui tient la route des caravanes entre Araouan et Tombouctou. Les Berabich sont en hostilité constante avec les Touareg Hoggar, et notamment avec les Taïtoq. La participation des Ifoghas à cette razzia est une nouvelle preuve des instincts pillards de cette tribu, dont Duveyrier avait fait trop exclusivement une communauté de marabouts pacifiques, qui ne portent les armes que pour se défendre.]

[Note 177 : _Tarakate_ du _Catalogue_ Foureau. _Grewia spec. ?_]

[Note 178 : Dans le Tibesti.]

[Note 179 : Nom inconnu.]

[Note 180 : _Balanites aegyptiaca_ Del.]

[Note 181 : M. Foureau cite en effet dans son vocabulaire une solanée (_Solanum sodomaeum_) qui porte le nom arabe de _tefah-en-noum_ (p. 43).]

[Note 182 : Barth a observé une crue semblable à la date du 1er septembre (_Reisen_, I, p. 356).]

[Note 183 : Le texte original ne permet pas de savoir si ces tresses pendent du même côté de la tête.]

[Note 184 : Barth écrit Arar dans son livre, Adar sur sa carte. Il parle également de la puissance de leur cavalerie (I, p. 388). L’Adar est situé au nord du Sokoto, et certains auteurs le mettent à tort au nombre des provinces de cet empire : les Kel-Guérès n’ont jamais cessé d’être parfaitement indépendants.]

[Note 185 : C’est une opinion courante dans l’Aïr, car Barth avait déjà recueilli la même information : « Toutes les vallées descendant vers l’ouest s’élargissent dès qu’elles sortent de la montagne, et se perdent peu à peu, sans se réunir (_Reisen_, I. p. 587). Mais il faut tenir compte de l’ignorance relative des habitants de l’Aïr, ayant peu ou point de rapports avec leurs voisins de l’ouest. Et si l’on considère que le cheikh Othman des Ifoghas avait donné à Duveyrier une version contraire (selon lui, l’oued Tafassasset recevait dans son cours inférieur de nombreux affluents venant de l’Aïr), on ne peut regarder la question comme tranchée.]

[Note 186 : Les Kel-Atarar de Barth. Barth dit seulement qu’ils habitent au voisinage d’Agadès et n’ont pas la meilleure réputation (_Reisen_, I, p. 382).]

[Note 187 : Richardson et Barth avaient dit la même chose : « La caravane du sel, écrit Richardson, est pour l’Aïr une question de vie ou de mort... Sans ce sel (qu’on échange contre les vivres du Soudan), la population se verrait bientôt dans l’alternative de périr ou d’émigrer au Soudan. » (_A Narrative of a Mission to Central-Africa_, II, p. 138). « On pourrait planter beaucoup plus de mil, mais la culture, restreinte aux fonds étroits des vallées, ne pourra jamais fournir assez de grains pour les besoins de ceux qui les habitent. » (Barth, I, p. 588.)]

[Note 188 : Espèce non déterminée.]

[Note 189 : Voir plus haut, p. 161.]

[Note 190 : _Rhezer_ n’est pas un nom propre. On appelle Kel-Rhezer ou Kel-Rhazar, « gens de la vallée », les habitants de la grande vallée de Seloufiet et Tintarhodé (Barth, I, p. 380).]

[Note 191 : C’est pour cela sans doute que Hadj Bilkhou empêcha le voyageur d’aller à Agadès.]

[Note 192 : En faisant dresser la note des vivres qu’on lui avait fournis, avec l’intention de la solder une fois revenu à Ghât, E. de Bary ne tenait nul compte des coutumes sahariennes, qui veulent qu’un homme bien élevé ne paye pas les vivres qu’on lui offre, mais réponde par un cadeau de valeur supérieure à ce qu’on lui a offert.]

[Note 193 : Ou Tekindouhir.]

[Note 194 : Voir plus loin, appendice I.]

[Note 195 : Il y a très peu de juifs au Sahara ; c’est à peine si l’on en trouve quelques-uns au Touât, et ce Touareg de l’Aïr n’en avait peut-être jamais vu.]

[Note 196 : Il eût été intéressant de savoir quels pouvaient être ces livres, qui avaient pénétré jusque dans l’Aïr.]

[Note 197 : _Acacia albida_ Del. Espèce du Soudan.]

[Note 198 : Ces hostilités entre Hoggar et Aouélimiden semblent fréquentes. Barth, en 1853, avait déjà entendu parler d’une grande razzia opérée par 400 Aouélimiden chez les Hoggar (_Reisen_, IV, p. 503). En 1862, Duveyrier apprenait qu’il y avait « en ce moment trêve d’hostilités, mais plutôt tendance à l’antipathie. » (_Les Touareg du Nord_, p. 371.) En 1881, Kenan-ag-Tissi, un des Taïtoq internés plus tard en Algérie, a fait partie d’une razzia dirigée contre les Aouélimiden, qui avaient précédemment razzié les Taïtoq (Bissuel, _les Touareg de l’Ouest_, p. 7). Aujourd’hui que nous sommes établis à Tombouctou, on pourrait essayer d’utiliser cette antipathie ancienne des Aouélimiden contre les Hoggar.]

[Note 199 : Emir des Hoggar.]

[Note 200 : Ceci prouve l’erreur de certains auteurs, qui transforment le sultan d’Agadès en vassal du sultan de Sokoto. Le chef d’Agadès ménage son puissant voisin, mais ne lui doit pas obéissance. E. de Bary a défini plus haut (p. 159) le genre de respect que les Touareg d’Aïr professent pour ce « commandeur des croyants ». En 1886, Staudinger a dit très nettement la même chose : « Le souverain de Sokoto ne possède aucune autorité réelle, ni même apparente sur la partie de l’Aïr où est située Agadès. En général, les farouches Touareg peuvent bien, il est vrai, lui payer une redevance commerciale lorsqu’ils vont commercer dans son royaume, mais ils sont aussi dangereux qu’indispensables, et les Haoussa ont intérêt à les ménager » (_In Herzen der Haussaländer_, Berlin, 1889, p. 518).]

[Note 201 : L’auteur l’appelle ailleurs Sidi-eg-Guerradji.]

[Note 202 : Erwin de Bary parle plus loin d’une de ces tribus (p. 181).]

[Note 203 : Les Touareg du Nord donnent d’autres explications. D’après eux l’institution des _Imrhad_ ou vassaux date de l’époque où le Sahara méridional était encore exposé aux invasions des rois noirs. C’est alors que des familles faibles auraient réclamé la protection des guerriers berbères, en se constituant leurs sujets. D’autres _Imrhad_, ceux de couleur, tirent leur origine d’esclaves noires, et comme, d’après la coutume targuie, l’enfant suit la condition de sa mère, la condition d’imrhad aurait été pour lui une sorte d’affranchissement. Enfin, les Touareg avouent que certaines tribus d’Imrhad blancs sont simplement des congénères asservis par la force des armes. (Duveyrier, _les Touareg du Nord_, p. 336-337.)]

[Note 204 : Barth cite la tribu des Kel-Aguelal, sans savoir qu’elle se confond avec celle des Kel-Rhazar (I, p. 380).]

[Note 205 : Il y a d’autres exemples de tribus arabes établies au milieu des Touareg, dont elles deviennent alors les vassales. C’est ainsi que les Sekakna et les Mazil, qui fournissent des chameaux aux caravanes entre le Touât et Tombouctou, sont des Arabes vivant sous la protection des Touareg Taïtoq (Bissuel, _les Touareg de l’Ouest_, p. 24.)]

[Note 206 : Nous avons supprimé ici et aux pages suivantes une série d’indications de route et d’informations sur l’Adamaoua, qui n’ont plus d’intérêt aujourd’hui.]

[Note 207 : _Calotropis procera_.]

[Note 208 : C’est la première fois qu’il est fait mention par un voyageur de razzias d’esclaves exécutées sur des populations de race blanche. On sait que le Koran défend formellement de réduire en esclavage les musulmans. Les serfs de cette partie reculée du Sahara seraient-ils encore regardés comme à demi païens ? Il n’y en aurait pas moins là une violation flagrante des coutumes touareg ; les _Imrhad_, dit Duveyrier, se transmettent par héritage ou donation, mais ne se vendent pas, c’est ce qui les distingue de l’esclave.]

[Note 209 : Cette occupation n’a jamais été réalisée. Lorsqu’en 1892 le colonel Monteil a passé à Bilma, l’oasis était toujours encore gouvernée par un chef Tibbou, sous la dépendance des Kel-Ouï d’Aïr.]

[Note 210 : Voir Barth, _Reisen_, I, p. 599. La coutume d’engraisser les femmes par une nourriture appropriée est un trait de mœurs nègres, et non berbères.]

[Note 211 : Cette information est certainement plus vraisemblable que celle relatée plus haut, p. 142.]

[Note 212 : Ceci semble indiquer que les phénomènes diluviens de ruissellement, qui ont été si intenses dans le Sahara septentrional, n’ont pas non plus fait défaut dans le Sahara méridional. Voir plus loin une observation analogue.]

[Note 213 : Il s’agit ici d’une fraction des Ifoghas, les N’Iguedadh, restée campée aux environs de son lieu d’origine Tadmekket ou Es-Souk, une des plus anciennes places de commerce du Sahara, aujourd’hui en ruines. Il est curieux de constater que ces Touareg restés en place sont de ceux qui ont gardé l’usage de la tresse berbère. (Voir plus haut, p. 157.)]

[Note 214 : Taxe de protection.]

[Note 215 : Cette déférence des nobles pour l’hôte du marabout est très digne de remarque. En somme, E. de Bary a eu affaire dans l’Aïr à trois sortes de pouvoirs différents :

1o Le _serki-n-touraoua_, représentant du sultan d’Agadès, homme peu estimé, dont le seul rôle était de percevoir la taxe des caravanes pour son maître, et qui, à l’égard du voyageur, s’est conduit en simple brigand ; le chef touareg dont il avait violé l’hospitalité lui aurait certainement fait rendre gorge, si le rusé compère n’avait quitté Agadès pour faire un tour au Soudan ;

2o Le cheikh Bilkhou, sans fonction officielle, mais qui, dans ce monde du désert, où la fonction n’est rien, et où l’ascendant personnel est tout, est devenu, en 1877, le chef le plus influent des Kel-Ouï d’Aïr ; c’est lui qui, en des circonstances critiques, les a menés à la guerre contre les Aouélimiden et les Ouled-Sliman (voir p. 127). Quant à l’_amenokal_ ou sultan légal des Kel-Ouï, qui déjà du temps de Barth n’était que l’ombre d’un prince (« _das Schattenbild eines Fürsten_ »), son rôle, en 1877, est tellement effacé, que de Bary ne le nomme pas une seule fois dans son journal de voyage ; c’est seulement par une de ses lettres que nous apprenons qu’il s’appelle Anastafidet et qu’il réside à Asodi (_Verhandl. der Gesellsch. für Erdkunde_, 1877, IV, p. 251) ;

3o Les marabouts Kel-Rhezer de Tintarhodé et de Tin-Telloust, qui semblent, en 1877, les personnages les plus influents de tout l’Aïr. C’est chez eux (p. 121) qu’on délibère, après le scandale causé par le _serki-n-touraoua_ ; chez eux qu’on trouve le bien-être et la richesse ; ce sont eux qui, de leur propre mouvement, vont négocier la paix entre Kel-Ouï et Hoggar, et même entre Hoggar et Azdjer. Il serait imprudent de juger la situation politique actuelle d’après ce qui s’est passé il y a vingt et un ans, mais il est probable qu’une mission transsaharienne aura à compter avant tout avec ces marabouts de l’Aïr.]

[Note 216 : Ce qui indique combien ces pillards invétérés attachent d’importance à rester en bons termes avec le Touât, qui est leur lieu de ravitaillement.]

[Note 217 : Les Azdjer de leur côté ne faisaient pas preuve de moins d’audace. En décembre 1876, une bande d’Oraghen et d’Imanghasaten alliés s’était avancée jusqu’aux portes d’Insalah, avait attaqué une caravane de Hoggar qui en revenait avec des vivres, tué 15 hommes et enlevé 400 chameaux. Le même mois, une autre bande avait pénétré par Dider dans l’Ahaggar, enlevé 200 chameaux des Taïtoq, et tué 5 hommes, dont un frère de Sidi-eg-Guerradji. Ces 5 hommes s’étaient trouvés en face de 150 Azdjer : ils n’en furent pas moins tués. Dans ces razzias, les vainqueurs ne font pas de prisonniers. (E. de Bary, lettre adressée au président de la Soc. de Géog. de Berlin, _Verhandl. der Gesellsch. für Erdkunde_, 1877, IV, p. 250.)]

[Note 218 : Allusion à une information recueillie par Duveyrier au sujet de cette ancienne route de Djerma à l’Aïr : « A Anaï, dit-il, la voie, _avec ses anciennes ornières_, est encore assez caractérisée pour que des Tébous, mes informateurs, qui en arrivaient, n’aient laissé dans mon esprit aucun doute à ce sujet. D’ailleurs, ajoutaient-ils, les anciens ont pris la peine de buriner dans le roc, sur une des berges de la voie, des tableaux représentant un convoi de chars, avec des roues, traînés par des bœufs à bosse et conduits par des hommes » (_Les Touareg du Nord_, p. 458.) Duveyrier en concluait que c’était la route carrossable suivie par l’armée romaine lorsqu’elle était allée de Garama à l’Agisymba. Malheureusement, la déclaration du cheikh des Ihadanaren ne permet pas de conclure d’une façon aussi nette. Les Tébous sont des informateurs sujets à caution, et il n’est pas impossible que, pressés de question, ils n’en aient dit plus qu’ils n’avaient vu. De Bary, pas plus que Richardson et Barth, n’a vu de trace du passage des Romains dans l’Aïr. En tout cas, l’exploration de cette route d’Anaï constitue un des plus intéressants desiderata de la géographie ancienne de l’Afrique.]

[Note 219 : Ce ne serait donc pas le léopard, qui est bien connu dans les pays du Soudan, et qui porte le nom de _damousa_ (pluriel _damissa_ chez les Haoussa du Sokoto). (Staudinger, _Im Herzen der Haussaländer_, p. 693.)]

[Note 220 : Sultan du Gober.]

[Note 221 : Il est impossible de rien déduire de cette description, qui rappelle par certains traits l’hyène, et par d’autres la panthère ou le serval. Staudinger dit qu’en dehors des peaux de léopard les Touareg d’Aïr apportent au Soudan des dépouilles d’autres félins, dont il n’a pas pu déterminer l’espèce : « Quelques-unes m’ont semblé avoir appartenu au lynx du désert, d’autres à une sorte de serval ou de guépard. » (Ouv. cité, p. 693.)]

[Note 222 : Overweg distinguait toutefois, entre l’oued El-Hassi et l’oued Châti, des grès bruns ferrugineux et des grès à cassure blanche, seulement revêtus d’une mince carapace noire, ferrugineuse, dans les parties exposées à l’air. (Geognostische Bemerkungen auf der Reise von Philippeville über Tunis nach Tripoli, und von hier nach Marzuk in Fezzan, _Zeitsch. der d. Geol. Gesellsch._ 1851, III, p. 101).]

[Note 223 : Il y en a de semblables au milieu de la large vallée d’érosion de l’oued Châti (Overweg, art. cité, p. 102).]

[Note 224 : Publiée par ce dernier dans la _Zeitsch. der Gesellsch. für Erdk._, 1878, XIII, p. 350. Cette lettre est en quelque sorte la conclusion des observations botaniques faites par l’auteur jusqu’au 11 avril. La netteté de ces vues donne la mesure de ce qu’il aurait pu faire, s’il avait eu le temps de mettre en œuvre ses autres matériaux. Le professeur Ascherson a enrichi le texte de quelques remarques précieuses, que nous reproduisons en les signalant par la lettre A.]

[Note 225 : D’après Duveyrier (_les Touareg du Nord_, p. 225) et R. Hartmann (_Zeitsch. der Gesellsch. für Erdk._, 1868, III, p. 56), _fehed_, _fehad_ est le nom arabe des guépards (_Felis jubata_). (A.)]

[Note 226 : Probablement un _Hyrax_. Klunzinger (_Bilder aus Oberägypten_, p. 241) et Schweinfurth ont signalé une espèce de ce genre (_Hyrax syriacus_ Schreb.) dans le désert arabique. (A.)]

[Note 227 : Je puis certifier la même chose. Jamais je n’ai été incommodé par cet insecte dans les oasis du désert libyque, tandis que c’était trop souvent le cas dans les demeures de la vallée du Nil. (A.)]

[Note 228 : Le sédra de la Tripolitaine et celui de l’Aïr représentent certainement deux espèces différentes du genre _Zizyphus_ : 1o _Zizyphus Lotus_ Lmk. ; 2o _Z. Spina Christi_ L., déjà connu au Fezzan sous le nom kanori de _korna_. (A.)]

[Note 229 : Probablement une _Boscia_ (_Boscia senegalensis_ Lmk. ?) _Cf._, Schweinfurth, _Zeitsch. für allg. Erdk._, 1865, XIX, p. 389 et suiv. (A.)]

[Note 230 : Sans aucun doute le palmier-doum (_Hyphaene Thebaïca_ Mart) dont Barth mentionne la présence dans l’Aïr (I, p. 349, 419). Ce voyageur remarque qu’il n’a pu savoir le nom indigène de l’arbre. Ce nom de _Faraoun_, qui rappelle d’une façon si évidente (tout au moins dans l’esprit des indigènes) l’origine égyptienne de la plante, est très digne d’attention. (A.)